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Dans un contexte géopolitique en pleine mutation, l'innovation scientifique devient le nouveau champ de bataille de la souveraineté française. Lors de cette conférence organisée par Le Point, Laura Chaubard, Directrice générale de l'École polytechnique, échange avec Guillaume Grallet sur le rôle crucial de la recherche et de l'innovation dans la défense nationale.

L’Innovation de Défense : Au-delà de l’aspect purement militaire, comment les avancées en mécanique des fluides, en matériaux ou en IA révolutionnent les capacités de nos armées.

Recherche et Dualité : L’importance des centres de recherche interdisciplinaires (IA, quantique, spatial) et les partenariats avec des acteurs industriels majeurs comme Thales ou Safran.

La Guerre des Talents : Comment la France attire et retient les meilleurs ingénieurs et chercheurs face à la concurrence internationale, notamment dans les secteurs de l'IA et de la souveraineté technologique.

L'IA sur le Champ de Bataille : Débats sur l'autonomisation des armes, la place de l'humain dans la boucle de décision et la responsabilité éthique des ingénieurs.

🎙️ Intervenants :
Laura Chaubard : Directrice générale de l'École polytechnique (Institut Polytechnique de Paris).

Modérateur : Guillaume Grallet, rédacteur en chef du service Tech et Sciences au Point.

#Guerres #Défense #Sécurité #LePoint #Sciences #Innovation #Formation

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Transcription
00:01...
00:14Face au bouleversement stratégique actuel,
00:16la première ligne de défense s'écrit aujourd'hui dans nos laboratoires
00:19pour comprendre très concrètement comment la recherche et l'innovation
00:23arment la France de demain.
00:24Nous accueillons Laura Chobard, directrice générale de l'école Polytechnique.
00:28Elle échange tout de suite avec Guillaume Gralet,
00:30rédacteur en chef tech et sciences du Point,
00:32et le tout sous vos applaudissements nourris, mesdames, messieurs.
00:40Merci beaucoup, Boris.
00:41On est extrêmement contents au Point à plusieurs titres.
00:44D'abord parce que, Laura, vous êtes ici chez vous.
00:47On voulait vous remercier, Boris, Guéry, Clément, qui sont dans la salle,
00:51parce que ça fait plusieurs années que vous venez aux conférences du Point.
00:55La toute première fois, c'était à Futurapolis, à Toulouse.
00:57Et depuis, vous avez toujours été à nos côtés.
01:00On trouve ça extrêmement intéressant d'avoir votre témoignage.
01:03Je vais tout de suite aller dans le vif du sujet en rappelant très rapidement
01:09que vous avez été la plus jeune générale de France.
01:11Vous avez un doctorat en algorithmie.
01:13On reviendra là-dessus parce qu'on va parler de transfert technologique, de recherche.
01:18Mais la toute première question, c'était sur l'innovation de défense.
01:20Qu'est-ce que c'est exactement ?
01:22Est-ce que ça existe vraiment ?
01:23Parce qu'on voit différentes technologies, l'eau spatiale, par exemple, qui sont mobilisées.
01:28Qu'est-ce que c'est pour vous, Laura ?
01:30Merci. Merci de l'accueil et de l'invitation.
01:32Bonjour à toutes et à tous.
01:35C'est vrai que ça dépend un peu d'où on se place.
01:37Parce que la défense, ce n'est pas un domaine scientifique.
01:40Ce n'est pas un domaine technologique.
01:41Et la défense, elle a même besoin d'être nourrie des innovations dans à peu près tous les domaines,
01:48de la mécanique des fluides jusqu'à l'intelligence artificielle.
01:52Donc, est-ce qu'il y a quelque chose de spécifique à l'innovation de défense ?
01:56Je dirais que ce n'est pas un domaine scientifique et technologique.
01:58En revanche, ce sont des usages spécifiques.
02:00Et c'est un marché spécifique.
02:03Un marché principalement étatique, réglementé, avec des cycles particuliers, des acteurs particuliers.
02:10Et c'est donc plutôt dans le chemin d'une innovation, dans les process qui vont permettre de faire émerger,
02:16depuis les laboratoires jusqu'au champ de bataille, les innovations nécessaires à nos armées,
02:21que se trouve la spécificité d'innovation de défense.
02:25Et puis, on parle beaucoup de dualité.
02:27Vous en parlez dans le spatial.
02:29Je pense que, et ce n'est pas nouveau,
02:31toute innovation, toute recherche scientifique
02:35dont on perçoit qu'elle procure un avantage stratégique à ceux qui la détiennent
02:41deviennent, tôt ou tard, des enjeux de puissance et des enjeux de puissance militaire également.
02:47Merci beaucoup.
02:48Alors, la place exacte de l'école polytechnique dans ce vaste écosystème d'innovation de défense,
02:53vous avez beaucoup transformé l'école polytechnique.
02:57Quelle est sa place ? Quel est son rôle ?
02:59Alors, les liens de l'école polytechnique avec la défense, ils ne sont pas nouveaux.
03:05L'école polytechnique a été créée par la Première République.
03:09Et très vite, Napoléon lui donne un statut militaire parce qu'il a besoin d'innovation
03:12dans les guerres qu'il a entreprises, d'innovation sur le champ de bataille.
03:19Nos élèves ingénieurs ont toujours un statut militaire pendant leur formation.
03:31Mais ces liens, ils se resserrent aujourd'hui et concernent l'ensemble des activités de l'école.
03:38Les activités de formation, je l'ai déjà dit parce qu'au travers de ce vecteur défense,
03:42on veut transmettre à nos élèves le sens de l'engagement, le sens du collectif,
03:48savoir se dépasser pour un objectif qui nous dépasse individuellement,
03:54savoir se mettre au service d'un collectif plus grand que soi,
04:00au travers évidemment de la recherche,
04:03puisque nous avons créé au sein de l'Institut polytechnique de Paris
04:08un centre interdisciplinaire d'études de défense et de sécurité
04:11qui catalyse l'ensemble des projets de recherche qui ont un intérêt pour la défense
04:15et qui est monté en partenariat avec l'Agence d'innovation de défense.
04:19Et puis parce qu'on commence à agréger autour de ce centre
04:23des équipes mixtes entre le ministère des Armées
04:26et nos laboratoires de recherche publics
04:29autour de l'intelligence artificielle de défense.
04:33Le pôle recherche de l'AMIAD est installé sur notre campus.
04:36Le lab quantique de défense est en train de s'installer sur le campus de l'Ixe.
04:40Tout ça forme un ensemble avec un positionnement assez unique
04:43en France et en Europe à la croisée de l'excellence scientifique
04:47et des enjeux de défense.
04:48Et on aura la chance d'avoir Bertrand Rondepierre
04:50en tout début d'après-midi en interview ici.
04:53Donc ce que vous nous dites Laura,
04:55c'est que vous êtes historiquement lié au ministère des Armées
04:57mais vous avez multiplié à travers effectivement
05:01une collaboration avec l'Agence d'innovation
05:04mais aussi vous avez créé des centres de recherche
05:06avec des acteurs privés comme Thalès par exemple.
05:10Qu'est-ce que vous y faites concrètement
05:12et en quoi ça peut vous aider ?
05:15Alors c'est cet institut de défense
05:18qui est en train de voir le jour
05:19qui agrège l'ensemble de ces activités
05:21évidemment avec des partenaires industriels
05:23puisque je le disais,
05:24ce qui caractérise cette chaîne d'innovation défense
05:26c'est le continuum entre la recherche fondamentale,
05:30l'action de l'État dans la simulation de l'innovation
05:34et on pourra y revenir,
05:36l'action notamment de la Direction générale pour l'armement
05:38et puis les chaînes industrielles
05:42et les acteurs industriels
05:43qui produisent les capacités pour nos armées.
05:47L'école polytechnique est historiquement entourée,
05:52a des liens forts avec les acteurs économiques
05:54quels qu'ils soient, publics comme privés
05:56et avec les industriels de défense.
05:58Nous avons un laboratoire commun
06:00avec Safran sur le spatial,
06:02beaucoup de projets avec Thalès
06:04notamment sur les matériaux.
06:06Là aussi ce sont des thématiques
06:07complètement duales
06:09mais qui renforcent aussi
06:11l'innovation de défense.
06:13Excellent.
06:13Alors le transfert technologique,
06:16c'est-à-dire toute cette recherche fondamentale,
06:20comment vous la gérez ?
06:21Est-ce que ça prend beaucoup de temps
06:22pour aller sur les zones de combat ?
06:24Est-ce que c'est souvent de la recherche
06:25sur le temps long
06:26qui prend beaucoup d'argent,
06:27beaucoup de temps ?
06:28Ou est-ce que ça s'accélère en fait ?
06:30Parce qu'on voit de plus en plus
06:31une accélération du rythme technologique
06:33si on regarde l'intelligence artificielle par exemple.
06:36Oui, alors le chemin du laboratoire
06:39jusqu'à l'application,
06:40il n'est jamais facile.
06:41du laboratoire jusqu'au champ de bataille,
06:44il est très particulier
06:45puisque c'est un domaine
06:48à la fois très régulé
06:49dans lequel les applications industrielles
06:53sont particulières,
06:54ont des rythmes longs
06:56des marchés de défense,
06:58ont des cadres extrêmement régulés
07:01et souvent on travaille
07:02à faire de toutes petites séries.
07:04Donc c'est pour ça
07:05qu'il y a un accompagnement
07:06très particulier
07:07de la chaîne d'innovation
07:08par le ministère des Armées
07:09et par la DGA.
07:11c'est un domaine qui investit
07:12dans sa R&D
07:14dès la recherche académique
07:16et qui accompagne
07:17les acteurs
07:19PME, start-up
07:20et grands groupes
07:21dans leur chemin de R&D.
07:25Mais c'est un secteur
07:26qui a beaucoup d'atouts aussi
07:27en matière d'innovation.
07:29D'abord, c'est un secteur
07:30où l'État est acheteur
07:33et massivement acheteur.
07:34Je crois que c'est
07:3530 milliards de commandes
07:36en 2025
07:38pour la Direction générale
07:39de l'armement.
07:40Donc ça, ça lui procure
07:41une capacité de prescription
07:43et d'orientation
07:45de la R&D,
07:47qu'elle soit académique
07:48ou industrielle,
07:49très forte,
07:50mais aussi de retour
07:51d'expérimentation,
07:52de boucle courte
07:53puisque les utilisateurs
07:55sont au sein de l'État.
07:56C'est aussi un acteur
07:58qui possède un terrain
07:59d'expérimentation
07:59et ça, dans le développement
08:00d'innovation,
08:02quand on arrive
08:02au stade du prototype,
08:04il y a peu de domaines,
08:06peut-être la santé
08:07en est un autre,
08:08où l'État peut procurer
08:09son propre terrain
08:10d'expérimentation
08:11et c'est un accélérateur
08:12pour les entreprises innovantes.
08:18Et puis après,
08:18c'est un domaine
08:19très particulier
08:19parce qu'il cohabite
08:20et on l'a vu un peu
08:21dans le film,
08:23à la fois de très gros objets,
08:25un porte-avion,
08:26un rafale
08:27qui ont des cycles
08:28de plusieurs décennies
08:30et dans lesquels
08:32il faut pourtant arriver
08:33à aménager
08:34des canaux d'injection
08:35de l'innovation
08:36dans des cycles
08:37beaucoup plus courts.
08:38On imagine que
08:39les parties logicielles
08:41du rafale,
08:43elles ne peuvent pas
08:43attendre 50 ans
08:44pour être mises à jour.
08:45Donc il faut arriver
08:46à la fois techniquement
08:47mais aussi
08:49dans l'architecture
08:52financière,
08:52contractuelle du programme
08:53à injecter
08:55régulièrement
08:56cette innovation.
08:57C'est toute la logique
08:57de standard d'ailleurs
08:58qui a été développée
08:59sur Rafale.
09:01Et on imagine bien
09:02qu'aujourd'hui
09:04les études sont lancées
09:05pour concevoir
09:06la France libre.
09:08C'est un bâtiment
09:10qui va devoir
09:12avoir une utilisation
09:13là aussi
09:14de plusieurs décennies
09:15de 50 ans.
09:16Donc il faut arriver
09:16à anticiper
09:17dans le temps long
09:19à la fois
09:20les compétences nécessaires
09:21et les innovations
09:22qui vont être intégrées
09:22dans ce programme.
09:24Et puis Cohabit,
09:25et on le voit très bien
09:26sur le terrain ukrainien,
09:27à côté de ces gros objets
09:29qui sont indispensables
09:30et notamment indispensables
09:31à notre dissuasion,
09:33des objets
09:35au temps de développement,
09:37au temps d'évolution
09:37beaucoup plus court
09:38et l'exemple parfait
09:39c'est les drones,
09:40les drones légers
09:41dont on voit
09:42que l'innovation
09:43elle est dans des cycles
09:44de quelques mois,
09:46à la fois de quelques semaines
09:47sur les champs de bataille.
09:49et ça, ça demande
09:50des façons de faire,
09:51des processus,
09:52des processus de financement,
09:53d'achat complètement différents
09:55et tout l'enjeu aujourd'hui
09:57pour les armées,
09:59pour la DGA
09:59mais aussi pour les laboratoires
10:02c'est de concilier
10:03ces deux cycles
10:09sans privilégier
10:09le court terme au long terme.
10:11C'est très important
10:11de maintenir les compétences,
10:14les projets de recherche
10:15dans le long terme
10:16mais en étant réactif
10:17face aux évolutions
10:18sur le champ de bataille.
10:19On a vu effectivement en Ukraine
10:20la débrouillardise,
10:22le système D
10:22qui a permis effectivement
10:23de mettre au point
10:24ces armes asymétriques
10:25c'est-à-dire qu'en dehors
10:26d'un cycle de production
10:28plus court
10:29on avait des armes
10:30qui coûtent beaucoup moins cher
10:31qui peuvent faire
10:32beaucoup beaucoup de dégâts.
10:34Alors on dit souvent
10:34que pour qu'on ait
10:35des start-up,
10:36des champions français,
10:38européens
10:39il nous faut ces commandes
10:40dont vous avez parlé Laura
10:41il nous faut le financement
10:42le long terme
10:43ça c'est vraiment le Graal
10:44et puis il faut savoir aussi
10:46retenir les talents
10:47et moi ce qui m'a surpris,
10:50étonné
10:51c'est lorsqu'on voyage
10:53lorsqu'on peut faire des reportages
10:54on voit ces champions mondiaux
10:56on voit à quel point
10:57les polytechniciens français
10:59sont courtisés, convoités
11:02personnes comme Sam Altman
11:03par exemple
11:03d'Open Air
11:04et la maison mère du JGPT
11:06son rêve c'était
11:06entre autres
11:07de recruter des polytechniciens
11:10comment vous arrivez
11:11dans cette guerre des talents
11:13à attirer les meilleurs
11:14je sais que vous avez
11:15beaucoup d'étudiants étrangers
11:16mais à les garder
11:17à faire en sorte
11:18qu'ils s'épanouissent
11:19qu'ils créent des champions
11:20européens
11:21oui d'abord
11:23on peut se féliciter
11:24de ce succès
11:25du modèle d'ingénieur
11:26à la française
11:27qui est à la fois
11:28très fortement reconnu
11:29par les entreprises
11:30du monde entier
11:31ces ingénieurs
11:32pluridisciplinaires
11:33qui ne se sont pas spécialisés
11:34très tôt
11:35qui continuent à faire des maths
11:36de la physique
11:37de l'informatique
11:38de l'économie
11:38de la biologie
11:39de la chimie
11:40des sciences humaines
11:41et sociales
11:43du sport et des langues
11:44et ça assez tard
11:45c'est complètement atypique
11:46dans le paysage
11:47de l'enseignement supérieur
11:50international
11:51mais en même temps
11:52ça a fait ses preuves
11:54la preuve
11:55effectivement
11:56la photo de famille
11:57des polytechniciens
11:59des polytechniciens
12:00dans l'IA
12:00est absolument fantastique
12:01dans le monde entier
12:02et le quantique
12:05est juste derrière
12:05c'est à dire que
12:08cette spécificité
12:09d'avoir une base mathématique
12:11extrêmement solide
12:12et puis derrière
12:13une pluridisciplinarité
12:15elle explique pas mal
12:16et c'est pas propre
12:18à l'école polytechnique
12:18elle explique le succès
12:20des français
12:21en matière d'IA
12:22en matière de quantique
12:23et dans d'autres
12:24en matière de spatial
12:25et dans d'autres
12:26disciplines technologiques
12:30sur la guerre des talents
12:31sur la guerre des talents
12:34pendant très longtemps
12:35la France
12:37l'excellence
12:38en formation scientifique
12:39de la France
12:40était reconnue
12:41par les employeurs
12:43mais pas
12:44par le milieu universitaire
12:45ni par les étudiants
12:47eux-mêmes
12:47les étudiants européens
12:48n'avaient pas l'idée
12:49de venir faire
12:51des études scientifiques
12:52de haut niveau
12:53en France
12:53pour une raison
12:54assez simple
12:56d'abord
12:57il n'y avait pas
12:57de formation
12:57de très haut niveau
12:58en anglais
13:01et le couple franco-allemand
13:02est fait de telle manière
13:03qu'il y a peu de français
13:04qui parlent allemand
13:04et peu d'allemands
13:05qui parlent français
13:06pour ne parler que de ça
13:07et pour parler des pays nordiques
13:08aussi
13:09la barrière de la langue
13:10était un frein
13:11et par ailleurs
13:12notre système
13:13là aussi
13:14qui a fait ses preuves
13:15mais de classe prépa
13:16grandes écoles
13:17est aligné
13:18avec à peu près rien
13:20ni en Europe
13:23ni dans le monde
13:24donc les échanges
13:25savoir les passerelles
13:27sont plus compliqués
13:28que d'aller faire
13:30un bachelor
13:31ou un master
13:32dans un pays européen
13:34et un master
13:36dans un autre
13:36donc ça
13:37ça explique
13:39que pendant longtemps
13:40on a été
13:40handicapé
13:41dans la capacité
13:42à attirer
13:43des talents
13:44internationaux
13:45européens
13:46en France
13:46pour faire des sciences
13:47alors ça a changé
13:48l'école politique
13:50a été assez pionnière
13:51dans ce domaine
13:52mais aujourd'hui
13:54on est suivi
13:55par beaucoup
13:55d'écoles d'ingénieurs
13:56qui ont créé
13:57à la fois des formations
13:58de bachelor
13:58des formations de master
13:59qui sont alignées
14:00sur les standards
14:01internationaux
14:02qui sont enseignées
14:02en anglais
14:03et qui maintiennent
14:04ce niveau d'exigence
14:05et d'excellence
14:06française
14:07aujourd'hui
14:08on accueille
14:0940% d'étudiants
14:10internationaux
14:11dans l'ensemble
14:11de nos cursus
14:12et parmi ces 80%
14:14d'étudiants internationaux
14:15il y en a 80%
14:16qui restent en France
14:17pour leur premier emploi
14:1896% en Europe
14:20donc on est plutôt
14:22dans un phénomène
14:23d'attractivité
14:24aujourd'hui
14:24qui est tardif
14:26parce qu'on s'est développé
14:29tardivement
14:30mais on attire
14:31plutôt des talents
14:32pour nos élèves français
14:34là aussi
14:35ils sont 80%
14:36à rester en France
14:3620% à commencer
14:37leur carrière
14:38à l'étranger
14:39mais on en voit aussi
14:40certains qui reviennent
14:42Arthur Mench
14:43en étant l'exemple
14:43le plus spectaculaire
14:46exactement
14:46c'est super nouvel
14:47je rappelle très rapidement
14:48que l'école d'ingénieurs
14:49traditionnels
14:50si j'ai envie de dire
14:51les premières années
14:52les cours sont en français
14:53en deuxième année
14:54français anglais
14:55en troisième année
14:56en anglais
14:56et aujourd'hui
14:58l'école polytechnique
14:59c'est 4000 étudiants
15:00donc on ne s'en rend pas
15:02forcément compte
15:03IPP
15:03l'institut polytechnique de Paris
15:0512 000 à peu près
15:06donc on est dans des grandeurs
15:08à peu près similaires
15:09comparables
15:10à l'EPFL
15:11par exemple
15:11c'est à dire qu'on joue
15:13dans la cour des grands
15:14j'avais une question
15:16à vous poser
15:17sur l'intelligence artificielle
15:19parce que c'est un peu
15:20mon dada
15:20mais je voulais dire
15:22avec Boris
15:22qu'on pourra prendre
15:23quelques questions
15:24de la salle
15:24dans quelques instants
15:26ce qui me fascine
15:27et là c'est à la docteur
15:29en algorithmie
15:30que je m'adresse
15:30c'est en quoi
15:33l'intelligence artificielle
15:34change la donne
15:35dans l'innovation de défense
15:36on a vu un débat
15:38on voit bien
15:38dans l'accélération technologique
15:40bien sûr
15:40et puis il y a eu ce débat
15:42mondial
15:43qui est très intéressant
15:44je trouve
15:45avec un bras de fer
15:45vous allez nous dire
15:47ce que vous pensez
15:47des arguments
15:47entre la société anthropique
15:49donc la maison mère
15:49de Claude
15:50le concurrent de ChatGPT
15:52de Perplexity
15:54refuser un contrat
15:55au début de la guerre
15:56en Iran
15:57avec le ministère
15:59de la défense
15:59ou de la guerre
16:00ça dépend des moments américains
16:02en disant
16:02moi je ne veux pas
16:03que mon IA
16:04serve à la surveillance de masse
16:06ou qu'il n'y ait plus
16:07l'homme dans la décision
16:08et le fait de garder
16:10l'homme dans la décision
16:13est-ce que c'est encore possible
16:14en temps d'accélération
16:16et quelle réflexion
16:18ça peut nous amener
16:19sur la responsabilité aussi
16:20cette intelligence artificielle
16:22il y a beaucoup de questions
16:23dans votre question
16:23exactement
16:24mais sur cette question
16:25de l'homme dans la boucle
16:26j'avoue que c'est une formule
16:28qui ne me convainc pas
16:29parce que
16:32pour être simpliste
16:37vous branchez
16:39une mitraillette
16:39sur un
16:40sur un
16:44pardon
16:45quelque chose
16:45qui bouge tout seul
16:46vous n'avez pas
16:47l'intelligence artificielle
16:48mais vous n'avez pas
16:48l'homme dans la boucle
16:49non plus
16:51donc cette notion
16:52d'automatisation
16:54elle n'est pas propre
16:55à l'intelligence artificielle
16:56et l'homme dans la boucle
16:57ça ne suffit pas
16:58à dire
16:58ce qu'on veut maintenir
17:01dans la chaîne
17:02de commandement
17:02et de responsabilité
17:03parce que c'est ça
17:03la question
17:04c'est dans une action militaire
17:06mais ça se pose aussi
17:07dans les entreprises
17:08les entreprises se posent
17:09cette question
17:10comment
17:11de l'IA
17:11il va y en avoir
17:12partout
17:12il y en a déjà
17:13beaucoup
17:14mais comment je garantis
17:15que je maintiens
17:16une chaîne de responsabilité humaine
17:18qu'à chaque décision
17:19je sais dire
17:19qui est responsable
17:20qu'il ait utilisé
17:21ou pas l'IA
17:23il se sente responsable
17:24de la qualité
17:24de ce qu'il produit
17:25de la décision
17:26qu'il a prise
17:26et des conséquences
17:27qu'elle entraîne
17:28donc c'est vraiment
17:29je pense
17:29dans ces termes là
17:31qu'il faut penser
17:31dans la défense
17:32évidemment
17:32parce que les actions
17:34ont des conséquences
17:36sur la sécurité
17:37des biens
17:37des personnes
17:38mais également
17:39dans le reste
17:39de la société
17:40en matière de santé
17:41en matière de transport
17:43la chaîne de responsabilité
17:45plus que l'humain
17:46dans la boucle
17:46parce qu'en fait
17:48les phénomènes
17:49d'automatisation
17:49ils existent déjà
17:52la question c'est
17:52comment on délègue
17:54on décide
17:54et on prend la responsabilité
17:55de cette automatisation
17:57merci beaucoup
17:58j'ai plein de questions
17:59mais on va déjà
17:59prendre certaines
18:00de la salle
18:01on va déjà applaudir
18:03madame Chobard
18:03ouais bravo
18:09un courageux
18:10une courageuse
18:11qui se lance
18:11on lève la main
18:12monsieur derrière
18:13on vous apporte
18:13tout de suite
18:13un micro
18:14vous pouvez vous lever
18:15pour qu'on vous voit bien
18:15dans toute votre superbe
18:17et on vous écoute
18:17pour la première question
18:19bonjour
18:20il y a quelques semaines
18:21Pete Esguet
18:22le ministre de la guerre
18:24américain
18:24a fait un discours
18:26chez SpaceX
18:27il a dit
18:27il faut être innovant
18:30il l'a dit
18:30de façon assez brutale
18:32Lockheed Martin
18:33Northrop Gooman
18:34et Boeing
18:35ça suffit
18:36il faut des programmes
18:36agiles
18:37vous avez parlé
18:37des cycles courts
18:40d'un autre côté
18:41l'Europe avait dit
18:42on fournira
18:43un million d'obus
18:44à l'Ukraine
18:45mais les cycles
18:46de commandes
18:47enfin les bons de commandes
18:49pour fabriquer
18:50un obus
18:50ça prend des mois
18:52enfin quand je dis
18:52des mois
18:53peut-être des années
18:55comme on n'a pas livré
18:55il y a des chances
18:56que ce ne soit pas financé
18:57donc est-ce qu'on a
18:58une posture
18:59est-ce que vous observez
19:00un changement de posture
19:01de tous les acteurs
19:03pour être aussi
19:04agile et innovant
19:05dans la gestion
19:08de ces cycles
19:10alors je pense que
19:11la réponse appartient
19:13plutôt à la direction
19:14générale d'armement
19:14et sur le spatial
19:15à d'autres intervenants
19:17que je vois dans la salle
19:18qui vont prendre la parole
19:19un peu plus tard
19:20oui il y aura loisir
19:21dans la journée
19:21de répondre à toutes ces questions
19:22et notamment celle
19:23que vous avez évoquée
19:24sur l'IA
19:24à 11h15
19:25il y aura tout un débat
19:27mais oui
19:28il y a un changement
19:29de rythme très fort
19:30dans l'industrie de défense
19:31il ne faut pas
19:33les commandes
19:34elles sont passées
19:35encore une fois
19:3538 milliards de commandes
19:36en 2025
19:37c'est un record absolu
19:40sans changer le format
19:42d'ailleurs
19:42de la direction générale
19:43de l'armement
19:43donc c'est une performance
19:44aussi
19:44après c'est toute une chaîne
19:46d'approvisionnement
19:47donc c'est pas parce que
19:47les commandes sont passées
19:48au prime
19:49qu'elles arrivent
19:49dans les PME
19:51mais ça
19:52ça va se décliner
19:53dans les prochains mois
19:54donc il y a un vrai
19:55changement de régime
19:57une autre question
19:58qui se lance
20:00profiter de la présence
20:01de madame Chobard
20:04vraiment pas de courageux
20:05si madame
20:06on vous apporte le micro
20:07de façon à ce que
20:08celles et ceux qui nous suivent
20:09en streaming
20:10puissent entendre
20:10votre question
20:12merci
20:12bonjour
20:13merci pour votre intervention
20:14j'aurais aimé savoir
20:15quelle est la part
20:16des financements européens
20:20dans la recherche
20:21et développement
20:22et comment vous
20:23mettez tout ça en place
20:25alors elle est de plus en plus
20:28importante
20:31à l'école polytechnique
20:33on est particulièrement friands
20:36des bourses d'excellence
20:36qui s'appellent les ERC
20:37European Research Council
20:39qui sont attachés
20:41donc à un chercheur
20:42pour un projet d'excellence
20:43et qui lui permettent
20:44une grande liberté
20:45par les montants
20:46et par la manière
20:47dont il a de disposer
20:49de cet argent
20:49donc c'est
20:52ça a été un peu inspiré
20:54d'ailleurs des programmes
20:55d'ARPA
20:55de responsabiliser
20:57un chercheur
21:00d'exception
21:01sur un budget
21:02pendant 5 ans
21:02donc ça
21:03l'X en est parmi
21:05les tout premiers
21:07bénéficiaires
21:07en France
21:08et on s'est structuré
21:10pour accompagner
21:11les fermes
21:12pour faire de la veille
21:13du lobbying
21:13et surtout de l'accompagnement
21:15dans le montage de projet
21:15parce que c'est des montages
21:17un petit peu complexes
21:18voilà
21:19il faut qu'on
21:20renforce encore
21:21cet aspect
21:21puisque
21:23notamment sur les dispositifs
21:24qui financent
21:25la recherche
21:26dual
21:27la recherche de défense
21:28mais aussi sur le prochain
21:29cadre européen
21:30les budgets français
21:33en matière de recherche
21:34n'ont pas forcément
21:34augmenté
21:35dans les prochaines années
21:36France 2030
21:38a apporté
21:38beaucoup de ressources
21:39mais qui vont progressivement
21:41se tarir
21:43donc il faut qu'on redouble
21:44d'efforts
21:44pour être présent
21:46au niveau européen
21:48et
21:52les français
21:52ne sont pas
21:53spontanément
21:54très bons
21:54à ça
21:55le taux de retour
21:56sur les projets
21:57européens
21:58de la France
21:59historiquement
21:59n'est pas très bon
22:00donc il faut qu'on se muscle
22:01y compris sur les instruments
22:03défense
22:04dont la France a été
22:04la première promotrice
22:07il faut qu'on veille
22:08à ce qu'elle bénéficie
22:09aussi
22:10à la recherche
22:11et à l'innovation
22:12française
22:13on va prendre une dernière question
22:15oui monsieur
22:16on va vous passer le micro
22:21et on vous écoute
22:23bonjour
22:23dans la génération actuelle
22:24d'élèves ingénieurs
22:25que vous avez à l'X
22:26français
22:27européens
22:27voire non européens
22:29comment percevez-vous
22:30leur sensibilité
22:31vis-à-vis des questions
22:32de défense
22:32de souveraineté
22:34d'énergie
22:34et de climat
22:35qui sont des problèmes
22:36sociétaux importants
22:37est-ce que vous avez senti
22:38une évolution
22:38par rapport aux générations
22:39d'il y a 5 ans
22:4010 ans
22:40ou à la vôtre en particulier
22:43alors oui
22:43j'ai une référence
22:44bien plus ancienne
22:45que 5 ans
22:46ou 10 ans
22:48alors d'abord
22:48je les sens
22:50beaucoup plus informés
22:51sur l'état du monde
22:52que nous ne l'étions
22:54il y a
22:55j'ose même pas dire
22:56le chiffre
22:58mais il y a 25
22:58à force de dire
23:0025-30 ans
23:02beaucoup plus
23:03préoccupés
23:04par l'état du monde
23:04que ce soit
23:05par la crise climatique
23:06par les tensions
23:08géopolitiques
23:08on peut pas vraiment
23:09leur en vouloir
23:11mais aussi du coup
23:12beaucoup plus orientés
23:14d'abord vers l'action collective
23:16ils sont moins centrés
23:18sur leur parcours individuel
23:20d'étudiants
23:21de jeunes professionnels
23:23de jeunes ingénieurs
23:25et puis
23:27de trouver l'endroit
23:29où ils vont avoir
23:29des leviers pour agir
23:30alors chacun
23:32chacun fait des choix différents
23:34ça peut être
23:35et on le constate
23:37un regain d'intérêt
23:38pour l'action publique
23:39les concours de l'état
23:40recrutent très bien
23:41en ce moment
23:42les armées aussi
23:44ça peut être
23:48s'impliquer
23:49dans l'industrie
23:52en se disant
23:52que c'est là
23:53qu'il y a
23:53les leviers
23:54les plus forts
23:55notamment
23:55pour changer
23:56le modèle de production
23:57et aller vers
23:58une économie
23:59moins carbonée
24:00ça peut être aussi
24:01à l'inverse
24:03tenter
24:04l'aventure
24:05entrepreneuriale
24:06assez tôt
24:07après leur diplôme
24:08en disant
24:08que dans une structure
24:09plus petite
24:09ils auront plus
24:10de marge de manœuvre
24:11mais en tout cas
24:12cette préoccupation
24:13d'avoir les leviers
24:15d'être un endroit
24:15où ils ont des leviers
24:16pour agir
24:17elle est très présente
24:18dans les promotions
24:20actuelles
24:21et évidemment
24:22les sujets
24:24environnementaux
24:25sont ici
24:26très présents
24:27dans les préoccupations
24:28de nos élèves ingénieurs
24:29et dans leur formation
24:30et dans leur formation
24:31de nos élèves ingénieurs
24:34et dans leur formation
24:35de nos élèves ingénieurs
24:36de nos élèves ingénieurs
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