- il y a 11 heures
L'intelligence artificielle transforme la guerre, mais transforme-t-elle aussi notre démocratie ? Lors du forum Guerres & Paix organisé par Le Point, Hugo Micheron, cofondateur d'Arlequin AI et Jean-Baptiste Colas, conseiller auprès du délégué général pour l’armement), interrogés par Clément Pétrault, évoquent l'émergence d'un nouveau « pouvoir algorithmique ».
Ils analysent les conséquences de ces ruptures technologiques sur l'éthique du soldat, la souveraineté nationale et la responsabilité politique.
Au programme de cette conférence :
- L’ère de la guerre conative : apprendre à décider et à agir dans un environnement saturé de données numériques.
- Souveraineté française et européenne : les initiatives de la DGA et de la recherche française pour ne pas subir la domination des algorithmes étrangers.
- L’IA non générative : pourquoi la précision mathématique et l'absence de biais sont vitales pour le renseignement et l'action militaire.
- Le précédent iranien : analyse d'une opération éclair montrant l'intégration des logiciels de pointe.
L'ensemble des conférences Guerres & Paix sont à retrouver en podcast sur www.lepoint.fr/podcasts/
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- Souveraineté française et européenne : les initiatives de la DGA et de la recherche française pour ne pas subir la domination des algorithmes étrangers.
- L’IA non générative : pourquoi la précision mathématique et l'absence de biais sont vitales pour le renseignement et l'action militaire.
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NewsTranscription
00:00L'intelligence artificielle s'invite sur le champ de bataille promettant d'accélérer les décisions, mais soulevant l'immense défi
00:06de l'automatisation de la chaîne létale.
00:09Plongée au cœur d'une guerre, où l'IA redessine toutes les règles, avec Hugo Micheron, cofondateur d'Harlequin AI,
00:15et Jean-Baptiste Collat, conseiller auprès du délégué général pour l'armement.
00:18Ils répondent aux questions ciselées de Clément Petreau, directeur délégué de la rédaction du Point, et le tout sous vos
00:24applaudissements.
00:26Merci, merci beaucoup cher Boris, merci à tous d'être parmi nous aujourd'hui.
00:32Je vous propose qu'on rentre directement dans le sujet avec vous Hugo Micheron, que les lecteurs du Point connaissent
00:39bien depuis un certain temps,
00:41et notamment ont bien connu il y a quelques années pour son expertise sur le djihadisme.
00:46Et aujourd'hui on vous retrouve autour de cette table ronde sur un sujet d'intelligence artificielle.
00:52Est-ce que vous pourriez nous expliquer comment on passe du djihadisme à l'intelligence artificielle ?
00:58Parce que ce n'est quand même pas complètement intuitif comme affaire.
01:01Et pourtant je considérerais presque que c'est la même chose.
01:04Expliquez-vous.
01:05Le premier élément c'est, je me suis posé la question de la nécessité de construire des outils d'IA
01:12à partir du djihadisme.
01:14Et à partir d'un point qui est très clair, qu'on a tous vécu, assez traumatique,
01:19qui est l'attentat contre Samuel Paty.
01:22J'avais passé 12 ans auparavant à travailler sur le djihadisme,
01:26en vivant en Syrie, en apprenant l'arabe, en interviewant des centaines de djihadistes en prison,
01:32en Belgique, un peu partout en Europe, en Angleterre, etc.
01:36Et là on avait un attentat qui commençait dans une salle de classe,
01:40qui aurait pu être totalement un incident dont on n'aurait jamais entendu parler, localisé à cette salle de classe,
01:44mais qui est monté en ligne, qui a été amplifié en ligne et qui termine par un attentat dramatique,
01:50qui sidère le pays et qui a des conséquences politiques considérables et sécuritaires évidemment.
01:56Et cette expertise que j'avais construite sur le terrain, finalement là ne pouvait pas me servir,
02:00puisque le sujet finalement avait été sur le terrain numérique, dans lequel on ne peut pas se rendre physiquement.
02:06Et donc il fallait construire les outils.
02:07Donc c'est toute la dimension algorithmique, on va dire, de l'idéologie qui conduit à l'action.
02:12Absolument. Le deuxième point qui est très important, qui est lié à ça et qui est le monde dans lequel
02:16on vit,
02:17et je pense que tout le monde en a conscience désormais, c'est qu'on vit dans un monde qui
02:23est très largement hybridé.
02:24Hybridé entre le monde humain et le monde des IA et des algorithmes.
02:29Deux exemples très clairs et très courts.
02:32Aujourd'hui, c'est évidemment, quand vous utilisez une IA, cette IA a été entraînée sur des données colossales,
02:42qui sont des données humaines.
02:43Et donc il y a une influence de l'homme sur ces machines à partir de la donnée d'entraînement.
02:47Si on utilise de la donnée d'entraînement américaine ou russe, on n'aura pas les mêmes résultats en sortie.
02:51C'est pour ça qu'il y a des modèles chinois, des modèles français, des modèles américains.
02:54Mais aussi en sortie, quand vous utilisez par exemple Twitter, si vous êtes sur Twitter et que vous connaissez l
03:00'IA de Twitter qui s'appelle Grock,
03:01vous voyez bien que vous pouvez échanger avec elle et on voit bien qu'en fait cette IA va avoir
03:06potentiellement une capacité d'influer sur l'opinion qu'on se fait d'un fait.
03:10Et donc on est déjà dans un monde hybridé entre l'intelligence artificielle et l'humain et il va falloir
03:15des IA pour comprendre cette hybridation.
03:17Donc voilà, pour moi c'est le prolongement.
03:19S'il y a des sciences sociales, il y a des sciences sociales qui doivent être hybrides et c'est
03:22tout le but.
03:23Merci beaucoup. Jean-Baptiste Collat, vous êtes conseiller auprès du délégué général pour l'armement.
03:29Donc si j'ai bien compris, votre mission consiste à accompagner la recherche et le développement notamment d'armement et
03:36de tout ce qui est matériel pour l'armée et les militaires.
03:41On voit qu'il y a une évolution qui est très marquée et très significative en ce moment sur l
03:46'immédiateté, sur les drones, sur les IA,
03:49que tout ça est en train de percuter complètement les codes de la guerre.
03:52Et vous travaillez sur des temporalités qui sont extrêmement différentes.
03:55C'est-à-dire que vous pouvez avoir un projet comme le Rafale qui va prendre 10 ans et demander
04:01des investissements absolument colossaux.
04:03Et aussi avoir besoin de travailler sur des IA qui vont être déployés en quelques semaines, quelques mois peut-être,
04:09et qui vont demander beaucoup plus d'agilité.
04:11Comment est-ce qu'on gère ces nouvelles temporalités ? Et est-ce que vous avez le sentiment d'être
04:16prêt à ça ?
04:19Déjà, merci pour cette longue question. J'espère que je vais apporter une réponse courte, la plus courte possible.
04:24Merci au Point pour son invitation.
04:26Merci à vous.
04:27Merci pour cet événement Guerre et Paix. Alors en effet, je pense que depuis quelques années, quelques mois, voire quelques
04:33semaines,
04:34la guerre se réinvite dans le débat médiatique dans l'arène mondiale.
04:40Mais l'âme de la DGA, c'est justement d'être prêt dans la durée.
04:44Et donc la DGA n'a pas attendu qu'on soit en situation de guerre pour préparer ces matériels, préparer
04:49les équipements qui feront que la France continuera à gagner demain.
04:53Et là où vous avez raison, c'est qu'il y a un vrai paradigme aujourd'hui entre le temps
04:57long et l'immédiateté de la guerre.
04:59Mais ça se travaille par notamment les activités logicielles, le numérique.
05:04Et on voit bien qu'aujourd'hui, un système d'armes, il n'est performant que par le logiciel qui
05:12va lui permettre de donner ses effets.
05:14Et il n'y a pas un système aujourd'hui militaire qui n'embarque pas du numérique.
05:20Et l'IA n'est que le prolongement de ces systèmes numériques.
05:23Et donc ce qui fait aujourd'hui qu'on arrive à garder la cadence, c'est que oui, certes, on
05:28fabrique des matériels qui ont une durée de vie de 30, 40, 50, 60 ans,
05:31mais on les fait et on les conçoit comme étant évolutifs.
05:35Et donc l'exemple du Rafale, par exemple, c'est on va arriver à la cinquième version du Rafale.
05:39Ce n'est pas le même que celui de 1986.
05:41Évidemment, ce n'est pas le même logiciel qu'il y a à l'intérieur.
05:44Vous parlez de logiciel, je vous propose qu'on rentre un petit peu dans le code.
05:47Avec votre affaire Hugo Micheron, vous avez donc développé une technologie qui s'appelle Udex.
05:53que vous avez tout de suite désignée comme étant une IA non générative.
05:57Alors pour ceux qui sont un petit peu familiarisés avec les questions des intelligences artificielles,
06:01les modèles génératifs sont des modèles prédictifs, algorithmiques.
06:05Donc vous avez choisi une technologie qui, au fond, n'a pas de biais, qui ne se trompe pas.
06:10Si j'ai bien compris, est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu la technique, très brièvement,
06:14et l'intérêt d'employer une telle technique ?
06:16Oui, absolument.
06:18Alors peut-être que dans la salle, vous avez au moins entendu parler,
06:21voire essayer des modèles d'IA générative du type ChatGPT, ou d'autres, ou Mistral, ou Claude.
06:27Voilà, donc vous posez une question, et ces outils vous apportent une réponse,
06:30et vous avez sans doute remarqué, si vous l'utilisez depuis un peu plus d'un an,
06:34la rapidité avec laquelle ces modèles ont évolué, et sont aujourd'hui très impressionnants.
06:40C'est-à-dire qu'ils ne font pas que générer des réponses, ils résonnent aussi très bien.
06:44Le problème, c'est que ces LLM, donc ces modèles de langage, n'ont pas été construits pour de l
06:50'analyse systématique.
06:51Ils ont été construits pour générer.
06:53Et le modèle derrière est assez simple, ce n'est pas très compliqué de comprendre la machine.
06:57Bon, ce n'est pas besoin de faire un cours d'ingénierie ici, mais en gros, il y a énormément
07:02de données
07:02qui ont été utilisées, à vrai dire, toutes les données du web, donc toutes les données de Wikipédia, etc.,
07:07qui ont été prises par ces entreprises pour entraîner leurs modèles,
07:12qui vont du coup intégrer l'intégralité du savoir disponible,
07:16et si bien que quand vous leur posez une question, ils sont capables,
07:19à travers une suite algorithmique mathématique, de comprendre que la réponse la plus probable,
07:25y compris quand ils vous répondent sur 25 pages, c'est celle-là.
07:28Donc derrière, c'est un modèle mathématique de probabilité, qui est une version,
07:32je vais être très schématique, très, très, très améliorée, de vos textos,
07:36quand vous dites, j'arrive dans 5, et ils vous proposent minutes, vous voyez ?
07:40Sauf que là, au lieu de vous dire un mot, quand vous dites,
07:43où est-ce que je peux trouver le meilleur truc, il va être capable de faire tout un raisonnement.
07:48Ça, c'est lié qui existe.
07:50Moi, en venant des sciences sociales, ce qui m'intéressait, ce n'était pas forcément ces modèles-là.
07:54Ce n'est pas la prédiction.
07:55Non, ce n'est pas la prédiction du prochain mot, même si c'est très utile par ailleurs.
07:58Ce qui nous intéressait, c'était de comprendre les schémas, les patterns,
08:03les liens de causalité dans des jeux de données.
08:05Je vais vous prendre des exemples très clairs.
08:09CLLM, du fait qu'ils soient probabilistes, ils ont une marge d'erreur qui est très forte.
08:1310-15%.
08:14Alors, ce n'est pas fort quand on demande où est-ce qu'on peut aller acheter du pain.
08:17Il s'agit de choisir une cible.
08:19Voilà.
08:19C'est plus compliqué.
08:20Une cible pour l'IA militaire, ou tout simplement comprendre des phénomènes extrêmement complexes
08:23où il ne faut pas se tromper.
08:24Et dans la recherche, dans le journalisme, c'est la même chose.
08:27On doit prouver les résultats.
08:29Le modèle de génération vous apporte une réponse.
08:31Vous devez la croire.
08:32Vous ne savez pas comment il est arrivé à cette réponse.
08:34Elle est non-reproductible.
08:35Elle est non-reproductible.
08:37Nous, ce qu'on voulait, ce n'était pas des modèles qu'on entraîne.
08:40Donc, pas besoin de données d'entraînement, pas besoin d'aller se gaver sur Internet.
08:44Du coup, pas besoin de beaucoup d'investissement,
08:46parce que pas besoin de beaucoup de puissance de calcul.
08:49Et donc, nous, c'est un petit peu l'inverse.
08:50Si vous voulez, si on considère que l'IA générative, c'est comme un souffleur qui produit, vous voyez, du
08:55contenu,
08:56nous, ça serait plutôt un aspirateur.
08:58C'est-à-dire, en gros, on donne de la donnée qu'on veut analyser.
09:01Nos modèles vont détecter tous les éléments d'information.
09:04Exactement.
09:05Tous les éléments d'information, tous les liens de causalité.
09:08Et sur cette base-là, ils vont nous dire quels sont les signaux.
09:10Donc, si on met 20 millions de tweets dedans, pour prendre un exemple facile à comprendre,
09:15le modèle va être capable, en quelques minutes, de nous dire, sur les 20 millions de tweets,
09:20voilà qui dit quoi, quand, comment.
09:23Et du coup, la personne derrière comprend très rapidement le pourquoi.
09:26Et ça, sans un fait raid de biais, ce qui est difficile à comprendre pour l'intelligence humaine,
09:31mais du coup, extrêmement complémentaire.
09:33Et donc, pour parler en termes moellebéquien,
09:36je pense que je peux devant le public du coin.
09:38Allez-y, allez-y.
09:39La donnée devient un territoire, et nous, on en produit la carte systématique,
09:43une carte navigable, dans laquelle on peut zoomer, dézoomer,
09:46voir les dynamiques d'ensemble, ou au contraire, arriver de façon très, très resserrée.
09:50Et c'est ça, l'IA non-supervisé, qu'on développe, qui sont les modèles propriétaires d'Arlequin.
09:53Une carte, merci pour cette belle métaphore.
09:56Jean-Baptiste Collat, vous avez fait partie d'un projet absolument génial,
09:59qui est la Red Team, et qui est devenue Radar.
10:02Je crois, depuis, vous allez nous expliquer un petit peu,
10:04mais globalement, vous avez fait travailler des auteurs,
10:07vous avez bossé sur des hypothèses, des scénarios de science-fiction.
10:12Et qu'est-ce qui vous a le plus percuté, ébranlé, on va dire,
10:16dans tous vos travaux de recherche et de projection
10:20que vous avez menés ces dernières années avec cette équipe incroyable ?
10:24Alors, en effet, une initiative qui avait été lancée à l'époque par l'Agence de l'innovation de défense,
10:28Emmanuel Kiva, qui est poursuivie aujourd'hui par le délégué général, pour le moment, Patrick Payou,
10:33et qui vise à mieux comprendre, avec le monde civil, et pas que le monde militaire,
10:39les nouvelles ruptures de demain.
10:41Et donc, l'intelligence artificielle, le numérique, sont au cœur de ces ruptures.
10:45Et ce qui a été présenté dans des scénarios de menace,
10:48alors une partie de ces scénarios sont classifiés,
10:50et désolé, on ne pourra pas en parler aujourd'hui,
10:52mais une autre partie est sur Internet,
10:54on a voulu les diffuser pour intéresser justement la société civile,
10:58les start-up, les laboratoires de recherche, à ces enjeux-là.
11:01Et le premier enjeu qu'on a vu émerger,
11:04c'est évidemment le brouillard de la donnée.
11:06Du brouillard de la guerre au brouillard de la donnée,
11:08c'est cette fusion quasiment impossible
11:12de l'ensemble des données qui sont produites sur le champ de bataille,
11:15qui amène à une folie du doute,
11:18et une incapacité à être sûr qu'on prend la bonne décision.
11:21Alors j'ai envie de dire, ce n'est pas nouveau.
11:23Le domaine militaire, c'est le domaine de l'incertitude.
11:25Et donc ces scénarios-là, ils nous ont montré à quel point l'incertitude
11:29pouvait être un facteur dimensionnant encore plus fort
11:32par le numérique et par l'intelligence artificielle dans nos scénarios de menace.
11:35– Très bien, merci beaucoup.
11:38Hugo, je vous propose qu'on enchaîne avec un petit exemple,
11:44puisque l'Iran vient de traverser une séquence de bouleversement
11:47évidemment que tout le monde connaît.
11:49Est-ce que vos algorithmes ont vu quelque chose
11:53avant que cela n'arrive, même si on n'est pas sur de la prédiction ?
11:57Est-ce que vous êtes capables, à tout le moins,
12:00rétrospectivement d'analyser les signaux
12:03et qui étaient capables de montrer que quelque chose
12:05est en train de se passer, notamment dans la rue et sur les réseaux sociaux ?
12:09– Alors c'est une question qui est très importante,
12:11parce que j'imagine qu'elle fait aussi écho à des préoccupations militaires.
12:15Avant de prédire, il faut d'abord savoir ce qui se passe.
12:17Et ça, c'est toujours, toujours, toujours le point de départ.
12:20Nous, nos modèles sont très bons à déjà vous dire de façon très claire
12:23quelles sont les dynamiques en cours.
12:25Là, en l'occurrence, sur l'Iran, on n'avait pas de projet en cours
12:27sur ce sujet spécifique.
12:29Par contre, depuis la guerre, ce qui est très sûr,
12:32c'est qu'on sait ce qui se passe, par exemple,
12:33dans l'espace informationnel.
12:35C'est-à-dire, qu'est-ce qui...
12:36– Racontez-nous en quelques mots, quand même.
12:38– Eh bien, en quelques mots, déjà, ce qui est très intéressant,
12:42c'est que tous les acteurs impliqués,
12:43que ce soit les États-Unis, Israël, l'Iran et ses proxys,
12:48aujourd'hui, mais depuis plusieurs années,
12:49je pense que Jean-Baptiste Colas pourra vous le dire
12:51de façon très claire,
12:53sont surinvestis dans ce qu'on appelle désormais
12:55la guerre informationnelle.
12:56C'est-à-dire qu'ils ont une capacité,
12:58non seulement à faire la guerre avec des armes balistiques,
13:03des drones, etc.,
13:05mais en plus, ils ont des troupes,
13:07et à vrai dire, parfois, des robots,
13:08qui vont être capables de formuler des narratifs,
13:12comme on dit aujourd'hui,
13:13une mise en récit de la guerre,
13:15dans un sens qui soit compatible
13:16avec leurs intérêts directs.
13:18Et donc, la guerre se prolonge très directement aussi
13:20à travers l'interprétation qu'on va faire de cette guerre.
13:23Les Etats-Unis, on l'a vu,
13:25donc ça passe aussi bien par les médias actuels,
13:27qu'on connaît tous, la télé,
13:29que par les réseaux sociaux.
13:30Ils ont beaucoup joué sur ce qu'on appelle,
13:32pardonnez-moi l'anglicisme,
13:33la gamification.
13:34On transforme en jouets, la guerre.
13:36Donc, on montre des images qui sont dignes des jeux vidéo,
13:38qui la rendent beaucoup plus agréable, quelque part.
13:41On ne voit plus simplement des gens se faire éliminer,
13:43mais on voit une explosion très spectaculaire
13:45qui rappelle des images de jeux vidéo.
13:47Donc, il y a une mise en distanciation.
13:48L'Iran a des proxys pour venir expliquer
13:51que c'est non seulement une très grande erreur américaine,
13:54mais qu'ils vont faire payer au monde un prix colossal de tout ça.
13:58Et donc, ça, c'est un premier élément.
13:59On a au milieu de ça des acteurs non étatiques
14:01comme les djihadistes,
14:02qui, eux, très discrets, on les voit beaucoup moins,
14:04mais se réjouissent beaucoup de cette guerre.
14:06Alors, comme souvent,
14:07quand il y a des conflits entre des ennemis déclarés,
14:09des djihadistes, ils s'en réjouissent.
14:10Mais voilà, ça, cet espace informationnel,
14:13pour moi, il n'est pas déjà différent
14:15de l'espace de la guerre, puisqu'il en est,
14:17et son prolongement, et il a une influence directe.
14:19On voit très bien comment, aujourd'hui,
14:21Trump cherche une porte de sortie honorable
14:23dans le discours à la situation qui se joue.
14:25Après, il y aurait tout un tas d'autres applications militaires
14:28qui pourraient aussi aller vers de la prédiction.
14:30Mais pour ça, il faut de la bonne donnée source
14:31et c'est d'autres cas d'usage.
14:32– Il va falloir travailler les militaires encore.
14:35Jean-Baptiste Collab,
14:36petite question en rebond à ce que vous disiez tout à l'heure.
14:40On voit que la surcouche d'IA, finalement,
14:43est une surcouche logicielle de prise de décision
14:46ou d'accompagnement à la prise de décision
14:48et qui peut se greffer sur un matériel, par exemple, existant.
14:52Si ces outils arrivent à dissiper ce brouillard de guerre
14:56et à rendre plus clairvoyants les combattants
14:59et, finalement, même à prendre des décisions pour eux,
15:02que leur reste-t-il ?
15:04Sont-ils des simples exécutants ?
15:07Je sais qu'on va y revenir avec notamment les histoires de Palantir,
15:11mais est-ce que c'est quelque chose sur lequel vous réfléchissez ?
15:16– Oui, c'est au cœur de la réflexion, en effet, des armées actuellement.
15:20La chaîne de décision et la responsabilité du commandement,
15:24aujourd'hui, ne doivent pas pâtir de l'arrivée de ces nouvelles technologies.
15:28Donc il y a une réflexion sur la manière dont on doit comprendre
15:31comment on traite cette information
15:32et comment on valide les propositions qui sont faites aux militaires
15:36sur des cibles ou sur des choix qui peuvent être technologiques,
15:40scientifiques, industriels.
15:42En fait, au fur et à mesure des révolutions militaires,
15:45on l'a vu au XXe siècle avec l'arrivée notamment de la radiocommunication,
15:48ça a changé la manière de comprendre le champ de bataille.
15:51L'arrivée du numérique, avec la première guerre du Golfe,
15:54notamment, qui a montré l'info-valorisation,
15:56les premiers pas d'info-valorisation.
15:58Et là, on rentre dans une nouvelle révolution
15:59qui est celle de l'intelligence artificielle.
16:01Et ce qu'il faut comprendre, c'est que le soldat doit faire évoluer
16:05sa manière d'analyser la donnée, d'analyser ces sujets-là.
16:08Et donc, jusqu'à présent, on parlait de situations offensives et défensives.
16:13Eh bien, il y a un nouveau paradigme qui est en train d'arriver,
16:16qui est le conatif.
16:17Et c'est quoi le conatif ?
16:18C'est la manière de percevoir l'information
16:21et de construire un cheminement de décision
16:23dans un écrasement temporel.
16:26Et donc, ce côté conatif, aujourd'hui,
16:28c'est un des enjeux de la guerre de demain,
16:31pouvoir décider dans ce flux d'informations,
16:34malgré ce flux d'informations,
16:36tout en respectant la responsabilité du commandement.
16:39Très bien.
16:40Je vous propose qu'on parle d'une entreprise
16:44qu'on désigne comme étant un peu l'entreprise démoniaque du moment,
16:48qui est souvent appelée comme ça,
16:50qui est Palantir,
16:50qui est donc une entreprise américaine
16:52qui a été fondée par Peter Thiel,
16:54que l'on sait être assez libertarien.
16:58Hugo Michon, je sais que vous avez finalement une ambition
17:02qui est un peu de remplacer Palantir,
17:05qui s'est un peu immiscée dans pas mal de systèmes d'information étatique.
17:09Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu
17:11de cette entreprise
17:13et de pourquoi il ne faut pas forcément lui faire aveuglément confiance ?
17:18Ou en tout cas, pourquoi vous, vous travaillez à une alternative ?
17:20Oui, une alternative dans tous les sens du terme d'ailleurs,
17:23puisque une alternative aussi éthique
17:25et dans le rapport à la donnée.
17:26Palantir s'est fait connaître
17:29pour un certain nombre de succès
17:30qui va de la participation à la traque de Ben Laden
17:34dernièrement à l'utilisation de leur modèle
17:36pour localiser et finalement tuer Khamenei,
17:42mais plus négativement
17:43pour avoir un rapport, on va dire, assez lâche
17:48au contrôle de la donnée de ses clients
17:49et notamment quand ses clients étaient des Etats alliés des Etats-Unis.
17:52Donc c'est une entreprise américaine
17:54qui a énormément réussi,
17:56qui a maintenant plus de 20 ans,
17:58mais qui est au cœur aujourd'hui
18:00des réflexions autour de la question de souveraineté.
18:02Et ce qui est sûr,
18:03c'est que si une alternative européenne émerge,
18:07déjà elle doit faire autre chose,
18:09elle doit avoir une autre approche de l'IA
18:11et je pense notamment qu'il y a une possibilité
18:15à travers la révolution de l'IA
18:17qui depuis 2-3 ans permet à des acteurs,
18:18comme on dit, natifs de l'IA
18:20de proposer autre chose.
18:21Et il ne faut jamais oublier
18:22qu'aussi impressionnante que soit cette entreprise,
18:25ils ont une technologie qui est plus ancienne,
18:27ce qui veut dire qu'ils ont des infrastructures numériques
18:30qui sont pré-IA
18:31et donc aujourd'hui,
18:33ils subissent aussi la révolution de l'IA
18:34en devant réinjecter de l'IA
18:36dans des modèles qui n'ont pas été pensés pour.
18:38Et pour, encore une fois,
18:39essayer de vous prendre des exemples très concrets,
18:41c'est comme si vous faisiez de la tuyauterie en bois,
18:44c'est moins à propos que si vous utilisez les bons métaux.
18:49Et donc, il y a une prime aussi aux derniers arrivants
18:52à condition de trouver la technologie
18:54et c'est pour ça que nous,
18:55on travaille sur nos types de modèles non supervisés.
18:59On est les seuls à l'échelle européenne
19:01et à vrai dire mondiale
19:02à industrialiser ça de cette façon.
19:04Mais ça, c'est pour dire que
19:06quand on parle de guerre aujourd'hui,
19:08beaucoup plus qu'avant,
19:09on parle aussi d'entreprises.
19:10Vous mentionnez Palantir,
19:12on peut aussi parler d'Enthropic
19:13qui crée le modèle de langage Cloud.
19:15C'est une entreprise rivale de ChatGPT et d'OpenAI.
19:19Oui, qui n'est pas complètement d'accord
19:20avec l'usage qui est fait de son modèle.
19:23Exactement, mais qui sont aujourd'hui probablement
19:24qui proposent le meilleur modèle au monde en la matière.
19:27Donc, ils sont presque incontournables
19:28pour l'industrie de défense américaine.
19:31Il faudrait aussi parler d'Enduril
19:33qui fait des drones
19:33et qui a été monté par d'anciens de Palantir.
19:37Enfin bref, il y a une industrie de la défense américaine
19:38qui a toujours existé,
19:40mais qui désormais a un pouvoir considérable
19:42sur le cours des choses et des opérations.
19:45Jean-Baptiste Collard,
19:46on voit que Maven Smart System,
19:48qui est donc le programme qui a été lancé par Palantir,
19:50en 2017,
19:52l'objectif affiché,
19:54c'était remplacer 2000 soldats
19:55par une vingtaine d'hommes
19:56capables de prendre 1000 décisions de ciblage en une heure
19:58pour accélérer la chaîne létale.
20:02Est-ce que, finalement,
20:05on doit tendre vers ce genre de solution ?
20:08Est-ce qu'il faut s'y résigner ?
20:09Est-ce qu'on est prêt ?
20:10Est-ce qu'on a les outils pour le faire ?
20:13Comment on intègre ce genre de réflexion
20:16quand on travaille à la DGA ?
20:19Oui, alors,
20:20ça c'est le verbatim de l'industriel
20:22que vous avez cité,
20:23qui n'est pas forcément le même verbatim que...
20:25Un peu brutal.
20:26Voilà, mais ils vendent leurs solutions.
20:28Voilà, ils vendent leur soupe,
20:29ils ont raison.
20:30Mais, donc oui,
20:31évidemment,
20:31ces réflexions sont au cœur
20:32et la DGA travaille
20:34aux standards de l'OTAN
20:35et travaille sur des équipements,
20:37évidemment,
20:38qui servent l'ensemble de l'Alliance
20:40et la France est assez leader,
20:41notamment dans le domaine numérique,
20:42sur ces sujets-là.
20:44Ce qu'il faut comprendre,
20:45et on en revient
20:46à la petite incise
20:48que j'ai faite tout à l'heure
20:49sur le co-natif,
20:50c'est que ces 20 opérateurs
20:52qui vont prendre des décisions,
20:53ils ne sont pas
20:54ou ils ne doivent pas être formés
20:56à la prise de commandement
20:57comme le sont
20:58les militaires avant.
21:00Et donc,
21:00il y a un enjeu
21:01de formation
21:02de la chaîne de commandement
21:04à cette temporalité.
21:05Et en fait,
21:06on est capable
21:07de prendre des décisions rapidement
21:09si on est formé
21:10à les prendre
21:10et si on a des garde-fous,
21:12y compris éthiques,
21:14y compris de responsabilité
21:15de la chaîne de commandement
21:16et d'avoir un bouton rouge
21:17qui dit là,
21:18les points ne sont pas alignés
21:19et je ne prends pas la décision.
21:20Et donc,
21:21à partir du moment
21:22où on a des portes de sortie
21:23claires dans la chaîne de décision
21:25et des points d'inflexion,
21:26on est capable
21:27de décider rapidement.
21:28Et un militaire,
21:29par défaut,
21:30ce qui fait que vous gagnez
21:31ou pas une action,
21:32c'est le temps.
21:32Vous avez une seconde d'avance
21:34sur votre avance,
21:34vous gagnez.
21:35C'est toujours été
21:35une question de temps,
21:36le combat.
21:37Et donc,
21:37on est juste en train
21:38de compresser encore plus
21:40cette temporalité du combat
21:41et donc,
21:42les opérateurs
21:43qui auront ces chaînes
21:44de décision face à eux,
21:45il faut qu'ils soient formés
21:46à cette nouvelle dimension
21:48conative.
21:49Donc,
21:49en fait,
21:49on délègue
21:50et on accélère l'analyse
21:51pour pouvoir laisser
21:52la décision opérer
21:53par un être humain.
21:55Tout à fait.
21:56Hugo,
21:57vous voulez dire ?
21:57C'est un sujet
21:59qui est très intéressant
21:59parce qu'on peut peut-être
22:00l'exemplifier
22:01dans le dernier épisode
22:03en Iran
22:04pour que tout le monde
22:06voit ce dont on parle
22:07et la portée
22:08de ces transformations
22:08sur le champ de bataille
22:10mais en fait aussi
22:10derrière,
22:11sur nos sociétés.
22:12Il a fallu
22:13dix ans
22:14après le 11 septembre 2001
22:16pour traquer,
22:17trouver
22:18et lancer une opération
22:19qui allait neutraliser
22:20Ben Laden
22:21dans laquelle d'ailleurs
22:22Palantir a eu
22:23une implication
22:24très secondaire,
22:24un petit rôle.
22:25Le gros de l'implication
22:26c'est la CIA,
22:27le renseignement humain,
22:28etc.
22:29Dix années.
22:30Il a fallu
22:31une heure
22:31pour localiser,
22:34envoyer les opérations
22:35et tuer Khamenei
22:36en 2026
22:37et on va décrire
22:39cette opération
22:39qui est incroyable.
22:40Avec le dispositif ?
22:41Alors le dispositif,
22:43en tout cas,
22:43oui,
22:44toutes les...
22:44Connus en tout cas,
22:45ce qui est connu.
22:45Exactement.
22:47Au début de la guerre,
22:49donc il y a un mois,
22:50l'Iran a décidé,
22:52déjà ce qui montre
22:53aussi l'intégration
22:55de la supériorité
22:55technologique américaine
22:56par l'Iran,
22:58l'Iran a accepté
23:01volontairement
23:02de couper
23:02les communications
23:03téléphoniques,
23:04couper les communications
23:05internet
23:05et ils avaient
23:06un brouilleur
23:07de radars,
23:08de satellites russes.
23:09Donc en gros,
23:10ils se sont mis
23:10dans le noir
23:10en fermant les yeux
23:11en disant
23:12personne ne va nous trouver.
23:13Vous voyez,
23:13c'est déjà,
23:14on n'est pas sur l'offensive
23:15quand on en est là
23:16à ce niveau-là.
23:17Donc,
23:18premier élément.
23:18Deuxième élément,
23:19les Etats-Unis ont envoyé
23:20un groupe de commandos
23:21qui a atterri au sol,
23:23pas pour tuer Khamenei
23:24comme ça avait été le cas
23:25avec Ben Laden,
23:26mais pour déployer
23:26un truc qui fait
23:27la moitié de la table ici,
23:29donc même pas un mètre carré,
23:31un petit modèle
23:32qui s'appelle
23:32l'UAT-222
23:34qui,
23:35il y a six mois encore,
23:36n'existait pas,
23:37un peu plus,
23:37huit mois n'existait pas.
23:39C'était l'équivalent de ça,
23:40c'était un satellite
23:41qu'on met sur un camion
23:43et qui fait
23:43cinq mètres par quatre.
23:45Là,
23:45ça tient dans un sac à dos
23:46d'un commando.
23:48Ils l'ont déployé au sol,
23:50ça a empêché,
23:51enfin ça a rétabli
23:52la connexion
23:53avec les satellites américains,
23:54donc Rodan inopérant
23:56tous les brouilleurs
23:56de radars russes.
23:58Et là,
23:58vous avez une constellation
23:58de 450 satellites américains
24:01de Starshield,
24:02la version militaire
24:03de Starlink,
24:04l'entreprise d'Elon Musk,
24:06qui a pu,
24:07donc,
24:07qui voyait clair,
24:08collecter de l'information
24:09en direct au sol
24:10en voyant très clair
24:11sur tout ce qui se joue
24:13renvoyant ces données-là
24:14à un modèle
24:15de Palantir,
24:16le fameux,
24:17avec des opérateurs
24:18qui traitaient
24:19cette information
24:19en temps réel,
24:20plus toutes les notes
24:21qu'ils avaient déjà collectées
24:23sur les habitudes,
24:24les déplacements
24:24de Rameneh,
24:25les caméras de circulation,
24:27plus l'intelligence israélienne,
24:29etc.
24:29dans le système,
24:30qui a ensuite donné ça
24:31à Claude,
24:32le modèle de langage
24:33d'entropie,
24:34qui a fait trois simulations
24:35sur où est-ce que
24:36devait se tenir
24:38probablement
24:38la réunion
24:39avec Rameneh
24:40et les responsables iraniens,
24:41trois cibles,
24:42des jets israéliens
24:43qui tournaient depuis une heure
24:44en l'air,
24:45qui reçoivent les trois cibles,
24:46qui vont striker,
24:49qui vont bombarder
24:50ces éléments
24:50et dans l'une des trois,
24:51on a Rameneh
24:52et 25 responsables iraniens
24:53et ça,
24:54ça s'est fait
24:55en moins d'une heure
24:55entre eux,
24:56ils ont ouvert
24:58la boîte de Wi-Fi
24:59si vous voulez
25:00de votre maison
25:01pour commencer
25:01la boxe,
25:02ils ont installé la boxe
25:04à,
25:04ils ont tué Rameneh.
25:06Ça,
25:07ça s'appelle
25:07le passage à l'échelle.
25:08Ce qui est incroyable,
25:09c'est que
25:10dans le même moment
25:10et sous votre contrôle,
25:12Jean-Baptiste,
25:13il y a également
25:14eu ces 1000 frappes
25:15en moins de 24 heures
25:18américaines,
25:18c'est-à-dire
25:18il y a aussi
25:19un passage à l'échelle
25:19en volume
25:20et évidemment,
25:21là où ça reste
25:22la détermination des cibles
25:23et détermination des cibles
25:24et en 24 heures,
25:25ils ont été capables
25:26de frapper 1000 cibles
25:26très rapidement
25:27et évidemment,
25:28ce qui risque de se passer,
25:29l'évolution,
25:30la direction
25:31dans laquelle ça va,
25:32c'est qu'ils soient capables
25:32de faire les deux
25:33en même temps,
25:33c'est-à-dire
25:34non pas tuer une personne
25:35en une heure
25:35mais dans tuer 1000
25:37en une heure
25:37et ça,
25:38c'est le passage à l'échelle
25:39et c'est là
25:39où on va se poser la question
25:41de savoir
25:41ce qu'est l'avenir
25:43de la guerre
25:44et notamment,
25:45combien de secondes
25:46va être laissée
25:47à l'humain
25:48pour la décision,
25:49là je crois
25:49que dans certains modèles
25:51américains,
25:51c'est 20 secondes
25:52pour décider
25:52si c'est la bonne cible,
25:54moi je mets plus de temps
25:55pour choisir
25:55ma salade au supermarché.
25:57Et c'est 20 secondes
25:58sinon la machine choisie ?
25:59C'est ça ?
25:59On ne sait pas.
26:00On ne sait pas.
26:00Non, d'accord.
26:01Jean-Baptiste Collat,
26:02sur le passage à l'échelle,
26:03j'imagine que c'est quelque chose
26:04qui vous travaille beaucoup
26:06en ce moment.
26:07Est-ce qu'on est prêt
26:09pour un passage à l'échelle ?
26:10Est-ce qu'on se rend bien compte
26:11de ce qui est en train
26:12de se jouer en ce moment ?
26:14Alors je pense que oui,
26:15on se rend bien compte.
26:16En témoignent notamment
26:17et sur ce sujet
26:18de passage à l'échelle,
26:19les enjeux de souveraineté,
26:21souveraineté française
26:22et européenne
26:23et le lancement
26:24en décembre,
26:25donc il y a trois mois à peine,
26:28d'une chaire
26:28des hautes études
26:29pour la souveraineté
26:29avec l'Institut Polytechnique
26:31de Paris,
26:32l'Université Paris Sciences et Lettres
26:33et le SCP Business School.
26:35Trois établissements de renom
26:36avec une dimension mondiale
26:38et une reconnaissance
26:39de leurs travaux
26:40qui s'associent à la DGA
26:41pour dire il faut penser
26:42ce passage à l'échelle
26:43y compris dans les domaines numériques
26:45en mélangeant
26:46les sciences humaines et sociales
26:47et les sciences dures,
26:48des mathématiciens
26:49avec des historiens,
26:50avec des sociologues,
26:51avec des anthropologues.
26:52Et on voit bien
26:53que cette prise de conscience
26:54elle est centrale.
26:55La DGA qui lance
26:56cette initiative de recherche
26:58elle est à la pointe
27:00de ces enjeux-là
27:01avec une expertise technique
27:02de très haut niveau
27:02et nous avons au sein
27:04de la Direction Générale
27:05de l'Armement
27:05une agence
27:06de l'innovation de défense,
27:07une direction
27:08de l'industrie de défense
27:09qui va justement permettre
27:10d'aller au contact
27:11de nos industriels
27:12pour les aider
27:13à passer à l'échelle
27:14sur des questions
27:15de production,
27:16sur des questions
27:16d'intégration justement
27:17de l'intelligence artificielle
27:19dans leur système
27:20et puis on a également
27:21une agence
27:22de l'intelligence artificielle
27:23de défense,
27:24la MIAD,
27:24qui travaille sur ces enjeux.
27:26Donc on n'est pas du tout aveugle,
27:28on est très conscient
27:29par contre il y a un sujet
27:30en France et en Europe
27:31c'est le passage à l'échelle
27:32et donc c'est la question
27:33de la souveraineté
27:33et on se retrouve sur les manches
27:35pour travailler sur ce passage
27:35à l'échelle et la souveraineté.
27:37Et sommes-nous aussi prêts
27:38dans notre tête
27:39parce que c'est un peu
27:39la question qu'on se pose
27:41dans les préparations.
27:44On a évoqué un peu
27:45le grand débat
27:45que vous avez analysé,
27:46vous avez fait passer vos IA
27:47sur les comptes rendus
27:48du grand débat.
27:49Vous nous direz
27:51pourquoi vous avez fait ça
27:52mais aussi
27:53il y avait une dimension
27:54algorithmique déjà
27:55sur les gilets jaunes,
27:56sur les mouvements
27:56des gilets jaunes et au fond
27:57on a à faire face
27:58à des états
28:00qui n'ont pas beaucoup
28:01de scrupules
28:02sur le plan algorithmique.
28:05Est-ce qu'au fond
28:06une démocratie
28:07peut vraiment
28:08en gagner
28:10ce type de combat
28:11sans se renier un peu ?
28:14Donc les deux pans
28:14de la question
28:15sur le grand débat,
28:16effectivement c'est
28:17un très bon cas d'usage.
28:18Alors évidemment
28:18c'est en dehors
28:19de mon champ d'expertise
28:20mais là il s'est présenté
28:22à nous comme étant
28:22assez naturel
28:23parce que c'était
28:24vraiment un cas d'usage
28:24auquel notre technologie
28:25répondait.
28:26Je vous resitue
28:27le sujet.
28:28Les contributions
28:29en ligne du grand débat
28:30c'est 400 000 répondants
28:32qui répondent
28:33à 80 questions
28:35et ils y répondent
28:37c'est des questions
28:37assez ouvertes
28:38parfois en trois lignes
28:39et puis parfois
28:40en une page etc.
28:42Donc ça fait
28:4232 millions
28:43de réponses
28:44à traiter
28:45avec des formats
28:46très différents
28:46et énormément
28:47de diversité
28:48dans les réponses.
28:49C'est ce qu'on appelle
28:49de la très haute
28:50dimensionnalité.
28:51Il y a eu
28:52beaucoup de bruit
28:53autour de mobilisation
28:56autour de l'absence.
28:58Alors il y a eu
28:58des restitutions
28:59et différents instituts
29:00de sondage
29:01et conseils
29:01qui ont restitué
29:02une partie.
29:03Il y a eu beaucoup
29:03de travaux à l'époque.
29:03Il y a eu beaucoup
29:04de travaux
29:05mais sur ces 32 millions
29:06et sur ces 32 millions
29:10il n'y a rien eu
29:11qui traite l'intégralité.
29:12Je le maintiens
29:13et je sais que ça a déplu
29:15à certains
29:15mais je le maintiens
29:16parce qu'on a quand même
29:17regardé s'il y avait eu
29:18une restitution intégrale
29:20de l'analyse
29:20de ces 32 millions
29:21de réponses
29:21et la réponse c'est non
29:22pour une seule
29:23et bonne raison
29:23c'est que
29:24et ce n'était pas
29:25un problème politique
29:26les gens qui s'en plaignaient
29:27disaient c'est parce que
29:27le gouvernement ne veut pas
29:28parce que la présidence
29:29de la République ne veut pas
29:30le sujet était technique
29:31et technologique
29:32on n'avait pas d'outil
29:33qui pouvait traiter
29:3432 millions de réponses
29:35à la fois
29:36et ça c'est typiquement
29:37vous prenez ces éléments-là
29:38vous les mettez
29:39dans la plateforme d'Arlequin
29:40il fait l'équivalent
29:41d'un scan
29:42comme il y aurait
29:43un scan médical
29:44et il va détecter
29:45toutes les réponses
29:46et l'intérêt
29:46c'est que sans qu'on lui pose
29:48la moindre question
29:49on ne lui dit pas
29:49qu'est-ce que pensent
29:50les Français
29:50on lui dit voilà
29:51ce que les Français
29:51ont répondu
29:52et là il va dire
29:53sur la base de toutes
29:54ces réponses
29:54se dégage une typologie
29:56particulière de répondants
29:58sur la base
29:59de ces 80 questions
30:00et les questions
30:00qui vont être différenciantes
30:02ça va être celle-ci
30:02celle-ci
30:03qui est un peu
30:04si vous voulez
30:04le travail du sondeur
30:05sauf que là
30:06il est fait
30:06sans qu'on applique
30:07une typologie préétablie
30:09la typologie émerge
30:10sur un échantillon gigantesque
30:11sur un échantillon gigantesque
30:13mais sur la dimension
30:13algorithme
30:14vous avez repéré
30:15des influences algorithmes
30:17absolument
30:17mais en fait
30:18je vais aller plus loin
30:20le monde dans lequel
30:21on rentre
30:21le monde qu'on constate tous
30:23c'est ce qui fait
30:24qu'on se sent dépassé
30:25peut-être la raison même
30:26pour laquelle il y a
30:27autant de monde aujourd'hui
30:28à votre super événement
30:30qui m'est lié
30:31au coeur des réflexions
30:33c'est parce qu'on comprend bien
30:34que l'algorithmie
30:35est un nouveau pouvoir
30:37et donc jusque là
30:38ce qu'on a construit
30:39comme développement
30:39des sociétés
30:40c'était autour du pouvoir
30:41législatif
30:42du pouvoir judiciaire
30:43et du pouvoir exécutif
30:45et des contre-pouvoirs
30:46la presse évidemment
30:47si c'est pas un quatrième pouvoir
30:48c'est un contre-pouvoir
30:49les syndicats
30:51les associations
30:52de la société civile
30:53d'accord
30:54il y a un nouveau pouvoir
30:55qui a émergé
30:56qui est le pouvoir algorithmique
30:57quand Elon Musk
30:59peut décider tout seul
31:01de changer la nature
31:02du code de Twitter
31:03pour promouvoir
31:04des tweets pro-Trump
31:05y compris les siens
31:06qui ont été vus
31:0717 milliards de fois
31:08dans la campagne
31:10présidentielle américaine
31:1117 milliards de fois
31:12alors que dans le même moment
31:13à la seconde près
31:14les propos des candidats
31:16étaient chronométrés
31:16à la télé
31:17mais Trump peut changer
31:18trois lignes de deux
31:19mais on a la même chose
31:20en France
31:20avec l'ARCOM
31:21et donc c'est un nouveau pouvoir
31:23qui est algorithmique
31:24et donc qui dit nouveau pouvoir
31:25dit nouveau contre-pouvoir
31:26et mon sentiment
31:28c'est qu'on est loin
31:29d'être aussi mal barré
31:31qu'on le dit
31:31à condition
31:34de construire
31:35les algorithmes de contrôle
31:36et ça
31:37c'est de l'innovation
31:38et ça par ailleurs
31:40ce sont des modèles
31:41non supervisés
31:42et c'est ça
31:42sur lesquels on se pense
31:43parce qu'une fois
31:44qu'on a des algorithmes
31:45qui ne sont pas biaisés
31:46ils vont pouvoir contrôler
31:47les biais des autres
31:47donc voilà
31:48le cadre démocratique
31:50pour être protégé
31:50si on s'équipe
31:52ça vaut pour l'armée
31:53mais en fait
31:53ça vaut pour tous les champs
31:54de la société
31:57Jean-Baptiste Collat
31:58merci beaucoup
31:59sur l'innovation
32:00on voit qu'on est très bon
32:01pour innover en France
32:02on n'est pas très bon
32:03pour industrialiser
32:04or là on a quand même
32:05des enjeux d'agilité
32:06de rapidité
32:07de réactivité
32:08qui sont absolument énormes
32:10est-ce que
32:11vous pouvez nous garantir
32:13aujourd'hui
32:13que tous les sujets
32:15dont on parle maintenant
32:16ne vont pas rester
32:17à l'état
32:18de concept
32:20dans un carton
32:21alors une innovation
32:23c'est quelque chose
32:25qui au départ
32:27est une idée
32:27et pour que ça devienne
32:29une innovation
32:29cette idée
32:30elle doit rencontrer
32:30trois terrains
32:31d'accord
32:31elle doit rencontrer
32:33les usages
32:34elle doit rencontrer
32:35une capacité technologique
32:37à la réaliser
32:37et surtout
32:38elle doit rencontrer
32:40un financement
32:40une rentabilité
32:42et ce qu'on voit
32:43avec les domaines
32:44de l'intelligence artificielle
32:45c'est que ce sont
32:46des technologies
32:46éminemment duales
32:48et donc aujourd'hui
32:49on peut difficilement
32:51penser
32:52développer un système
32:54innovant
32:54militaire
32:55dans le domaine
32:56du numérique
32:56sans qu'il ait son pendant
32:58et son application
32:58dans le domaine civil
32:59donc la bonne nouvelle
33:01c'est que s'il y a
33:02un marché dans le civil
33:03alors ça peut servir
33:05le militaire
33:05et que donc
33:06si une entreprise
33:07trouve de la croissance
33:09en termes numériques
33:10et IA
33:10dans le domaine civil
33:11alors le militaire
33:13sera correctement servi
33:14et parce que l'innovation
33:16aujourd'hui
33:16elle est essentiellement
33:17tournée dans le numérique
33:18en tout cas vers le domaine civil
33:19donc on a
33:20aujourd'hui
33:21dans le passage à l'échelle
33:23de ces technologies là
33:23avant tout
33:24on doit changer les mentalités
33:26on doit moins peut-être
33:28normaliser
33:29plus ouvrir
33:30et moins protéger
33:31les algorithmes
33:32pour les rendre
33:32plus opérants
33:33tout en protégeant
33:34le citoyen européen
33:36mais on voit bien
33:36qu'il y a cette dichotomie
33:37aujourd'hui
33:38donc oui
33:38le passage à l'échelle
33:39est possible
33:39si on soutient correctement
33:41aussi la partie civile
33:43de ces applications là
33:44avec un point fort
33:46et l'année dernière
33:48le ministère de l'économie
33:49et des finances
33:50et le ministère des armées
33:51avaient lancé l'initiative
33:52de place
33:53pour permettre justement
33:54aux investisseurs
33:56de mieux
33:57comprendre
33:58les enjeux
33:59de financement
34:00de la défense
34:01match retour le 9 avril
34:02donc en fait
34:03il y a vraiment des choses
34:04qui se passent aujourd'hui
34:05pour faire prendre conscience
34:06que l'investissement
34:07dans ce passage à l'échelle
34:09du numérique
34:10il est vital
34:11pour la France
34:11et pour l'Europe
34:12merci
34:13le temps file
34:13à une vitesse folle
34:15on va vous remercier
34:16on va prendre quelques questions
34:17dans le public
34:17on peut déjà vous applaudir
34:19merci beaucoup
34:19merci
34:20c'est passionnant
34:23ici on va vous passer un micro
34:25il y a plein de questions
34:26tout de suite
34:27je pense qu'on aura le temps
34:28pour trois questions
34:28on va générer de la frustration
34:29mais vous pouvez vous entretenir
34:31avec
34:31on pourra générer des réponses aussi
34:32oui
34:34j'ai une question pour monsieur Kola
34:35j'ai travaillé déjà aussi
34:37dans un ancien temps
34:38vous avez évoqué l'OTAN
34:40pour les coopérations
34:41dans le domaine de l'IA
34:44juste évoqué
34:45est-ce que ça se passe bien
34:47au sein de l'OTAN
34:48malgré les redondades
34:50de Trump
34:51et de son administration
34:52quid des autres coopérations
34:54qu'il y a au sein de l'OTAN
34:55et en bilatéral
34:56comment ça se passe
34:57avec les américains
34:58malgré l'administration Trump
35:01merci monsieur Kola
35:02merci pour votre question
35:04alors vous n'êtes pas sans savoir
35:06que le commandement militaire
35:08le numéro 2 du commandement militaire
35:10de l'OTAN
35:10c'est un français
35:11c'est l'amiral Vendier
35:12et c'est le patron
35:13de la transformation
35:14et de l'innovation de l'OTAN
35:16donc oui ça se passe bien
35:18oui il y a énormément de choses à faire
35:20la France est présente
35:22au quotidien sur ces enjeux là
35:25il y a des enjeux de normalisation
35:27et d'interopérabilité
35:28et aujourd'hui évidemment
35:29quand ce sont essentiellement
35:31les américains
35:32qui fournissent les systèmes
35:33et les hommes
35:34dans la réponse otanienne
35:35il faut être interopérable avec eux
35:37donc il y a des impératifs
35:38de technologiques
35:40sur lesquels on ne peut pas faire l'impasse
35:41et quand c'est américain
35:42c'est américain
35:43par contre on a un savoir-faire français
35:45et on a une capacité française
35:47à être interopérable
35:48avec ces systèmes
35:48et donc oui
35:50évidemment ça se passe bien
35:51au sein de l'OTAN
35:51et heureusement
35:52parce que c'est une garantie
35:53de sécurité fondamentale
35:55et très importante pour l'Europe
35:58une autre question
36:00monsieur on va vous donner
36:00un micro tout de suite
36:02monsieur devant
36:06on vous écoute
36:06oui merci
36:08bonjour
36:08oui c'est pour une question
36:09autour d'Anthropic
36:11aux US
36:12avec deux événements
36:13ces dernières semaines
36:13le fait qu'ils aient été bannis
36:15des marchés américains
36:16et plus récemment
36:17la publication des codes
36:19qu'est-ce qu'elle est
36:19votre analyse
36:20et l'interprétation
36:21de ce qui s'est passé
36:23Hugo
36:23peut-être resituer
36:24ces deux événements
36:26Anthropic
36:26encore une fois
36:27c'est une entreprise rivale
36:28de OpenAI
36:29qui a été d'ailleurs
36:30fondée par
36:31d'anciens d'OpenAI
36:32notamment Dario Amodei
36:33son directeur
36:34et donc
36:35il y a eu un bras de fer
36:37à la fin février
36:39entre Donald Trump
36:41et cette entreprise
36:42parce que
36:43l'entreprise
36:45avait mis
36:46deux limites
36:47à l'utilisation
36:48de ces modèles
36:49pour l'usage militaire
36:50et des renseignements
36:52c'était
36:52pas d'utilisation
36:54pour des
36:55justement
36:56dans des modèles tueurs
36:57et deuxième élément
36:58pas de
37:00d'utilisation
37:01pour la surveillance
37:02de masse
37:02et l'argument
37:03derrière
37:03que je trouve
37:04assez raisonnable
37:05de Dario Amodei
37:06c'était de dire
37:07ce sont des modèles
37:08probabilistes
37:09or on est sur
37:10des situations
37:10où le 1%
37:12d'erreurs
37:13conduit à des erreurs
37:15dramatiques
37:16à commencer par
37:16des vies humaines
37:17qui sont bouleversées
37:18par la surveillance
37:19de masse
37:19ou par
37:20des frappes
37:21qu'elles n'ont pas
37:22a priori
37:22dont elles n'étaient pas
37:23la cible
37:23donc si on industrialise
37:25et qu'on passe à l'échelle
37:26avec 10-15%
37:27d'erreurs
37:28c'est à peu près
37:28le ratio normal
37:30d'un LLM
37:30je vous laisse imaginer
37:32ce que c'est
37:32sur 1000 frappes
37:33déjà
37:34la destruction de masse
37:36et la violence de masse
37:37remplaceraient vite
37:38des frappes chirurgicales
37:39et donc
37:39ça c'est été
37:40la limite
37:41et évidemment
37:42il ne fait pas bon
37:43qu'on contrariait
37:44trop l'exécutif américain
37:46en ce moment
37:46donc la menace
37:47a été de les retirer
37:48des contrats
37:48ils l'ont fait
37:49mais avec
37:50une réaction
37:53au sein du Pentagone
37:53qui est assez intéressante
37:54ils ont dit
37:54il ne faudrait pas trop
37:55qu'on nous coupe
37:56d'entropiques
37:56et de Claude
37:57parce que leurs modèles
37:58sont un peu partout
37:58et ce sont les meilleurs
37:59et là aussi
38:00la différence
38:00entre un modèle
38:01qui est très bon
38:02comme ChatGPT
38:03et un modèle
38:03qui est excellent
38:03comme Claude
38:04elle est considérable
38:06en fait à l'échelle
38:06et donc
38:07on a un rapport
38:08de force
38:08qui n'a pas été
38:09totalement perdu
38:10ils ont perdu
38:10des contrats
38:11certes
38:11ils ont gagné
38:12en visibilité
38:12de l'autre
38:13mais vous voyez
38:14deux ou trois semaines
38:15plus tard
38:15Claude était utilisé
38:16par Palantir
38:17pour localiser
38:18Thuey Khamenei
38:18ce qui là aussi
38:19n'est pas tout à fait
38:21sûr que ce soit
38:22aligné avec
38:22la position d'un modèle
38:24que je viens de vous résumer
38:25donc on voit bien
38:26en fait
38:26comment ces usages
38:28de toute façon
38:28l'adoption de ces usages
38:29se fait partout
38:31et comment
38:33derrière
38:33on a des entreprises
38:34qui aujourd'hui
38:35sont
38:35alors certes
38:38dépendantes
38:38d'un État
38:39etc
38:39mais commencent
38:40à avoir leur mot à dire
38:41sur
38:42et un rapport de force
38:43qui ne perdent pas toujours
38:44y compris
38:45quand ils définissent
38:46l'exécutif américain
38:47et y compris
38:48quand ils sont en prise
38:49avec
38:50la dépendance
38:51on ne sait pas exactement
38:52dans quel sens
38:53elles se portent
38:53ils ont perdu des contrats
38:54peut-être plusieurs milliards
38:55mais la boîte
38:57est en expansion
38:58à l'inverse
38:59retirer cloud
39:00partout
39:00au département de l'État
39:01je pense
39:02ça mettra en incapacité
39:03un certain nombre
39:04de services très importants
39:06Est-ce qu'on a
39:07une dernière question
39:08très rapidement
39:09oui monsieur
39:10on aura 52 secondes
39:12pour répondre
39:12Juste
39:13est-ce que vous pourriez
39:14un update
39:15sur le dernier développement
39:16en Ukraine
39:17sur les essais
39:18de drones
39:18et donc la délégation
39:20de choix de target
39:21etc
39:24très rapidement
39:24alors
39:25oui les essais de drones
39:26il n'y a pas que
39:27les essais de drones
39:27c'est en fait
39:28la capacité à embarquer
39:30de l'intelligence artificielle
39:31de manière déconnectée
39:31vous savez qu'en Ukraine
39:32le champ de bataille
39:33est entièrement
39:34brouillé
39:35donc on a des drones filaires
39:36on a des drones
39:38totalement autonomes
39:39et donc
39:40voilà
39:40ce qui n'est pas forcément
39:42aujourd'hui
39:43l'ambition de la France
39:44d'avoir des modèles
39:45laitaux autonomes
39:47il y a d'autres territoires
39:48d'opérations
39:48sur lesquels
39:49oui en effet
39:49de l'intelligence artificielle
39:51totalement embarquée
39:52déconnectée du réseau
39:54fait des choix de cibles
39:55et c'est ce qu'on observe
39:56et le fait
39:57en effet
39:58en essais de drones
39:58donc il y a aujourd'hui
40:00un changement de paradigme
40:01aussi dans les choix
40:01de la guerre
40:02notamment
40:02de l'autorisation
40:04ou pas
40:04d'ouvrir le feu
40:05qui
40:06dans certains théâtres
40:07et c'est pas pour l'armée française
40:08en tout cas
40:10n'intègre plus
40:11une chaîne de commandement
40:12et de responsabilité
40:12qui soit très claire
40:14merci encore
40:15à nos invités
40:16qu'on applaudit chaleureusement
40:17merci à vous
40:46merci beaucoup
40:48– Sous-titrage FR 2021
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