Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Générique
00:04Bonsoir à tous, bonsoir Olivier Truchot.
00:06Bonsoir Alain, bonsoir à tous.
00:0845ème jour de guerre, édition spéciale toujours avec le détroit d'Hormuz
00:11qui focalise toute l'attention, ce blocus décrété par les Américains,
00:15blocus des navires partant ou arrivant vers les ports iraniens.
00:20Une entrave de la circulation qui est dénoncée par la Chine, par les Nations Unies,
00:24la France et la Grande-Bretagne aussi, et l'avertissement de Donald Trump.
00:27Attention, si un navire s'amuse à nous défier, il sera détruit.
00:32Ça c'est ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz en Tanté,
00:35au moment même où on se parle avec ce stock de navires qui est toujours là.
00:39On va aller aux Etats-Unis retrouver Axel Meunier en direct pour BFM TV
00:42parce que ça y est Axel, avant de retrouver l'ensemble de nos envoyés spéciaux,
00:47de nos correspondants dans la région, Axel Meunier, le blocus est enclenché.
00:52– Oui, effectivement, Donald Trump, à travers un message, l'a confirmé implicitement.
01:01Il vient de publier un « Truth Social » sur son réseau social.
01:05Et c'est une manière implicite de dire que le blocus est désormais effectif.
01:09Parce qu'il faut le dire, depuis ce matin,
01:11ni la Maison-Blanche ni le Pentagone n'ont communiqué sur le sujet.
01:14Alors Donald Trump aussi continue de menacer.
01:18Il dit que si jamais les petits bateaux d'action rapide, d'attaque rapide
01:23dont dispose la marine iranienne, venaient à s'approcher de ce blocus américain,
01:28eh bien à ce moment-là, dit-il, ils seront immédiatement détruits.
01:32Cela dit plusieurs choses.
01:33D'abord, cela dit que contrairement à ce que clame Donald Trump depuis le début,
01:38depuis plusieurs semaines en tout cas,
01:39la marine iranienne dispose encore de ressources, dispose encore de navires.
01:43Et la deuxième chose, c'est qu'il continue de menacer l'Iran,
01:48de mettre la pression sur Téhéran.
01:50Et ça, c'est un ton belliqueux qu'on lui connaît depuis plusieurs jours
01:55et qu'il ne cesse d'utiliser pour montrer les muscles,
01:58pour mettre la pression probablement,
02:00pour essayer de mettre les États-Unis dans une position de force vis-à-vis des négociations.
02:06Parce que oui, en coulisses, malgré tout, l'effort diplomatique se poursuit.
02:10C'est confirmé par plusieurs médias américains,
02:13mais aussi des titres de presse du Moyen-Orient
02:15qui estiment que les pays médiateurs, notamment le Pakistan,
02:19continuent de travailler d'arrache-pied pour essayer de faire communiquer Téhéran et Washington
02:24et qu'il pourrait même y avoir des pourparlers dans les prochains jours
02:28à voir si le blocus naval pourrait empêcher tout cela,
02:33entraîner une escalade militaire et évidemment une bataille navale.
02:37Mais ce n'est probablement pas ce que souhaite la Maison-Blanche à l'heure actuelle.
02:40Voilà, Axel Mouni en direct des États-Unis pour BFM TV.
02:43Alors on va essayer de comprendre ce qui va se passer dans le détroit d'Hormuz,
02:47l'enjeu du détroit d'Hormuz.
02:48C'est avec le général Pélistrandi, notre consultant défense pour BFM TV.
02:53Donc le blocus, qu'est-ce qu'un blocus et que va-t-il se passer, général ?
02:57Alors le blocus, c'est en fait interdire à des bateaux tiers ou d'une partie adverse
03:03de franchir une ligne et d'aller vers le pays avec lequel on est en conflit.
03:11Et donc ce blocus, en fait, pour les Américains, c'est en quelque sorte empêcher
03:16que des navires venant, voilà, rentrent via le détroit d'Hormuz pour aller en Iran
03:24mais surtout pour empêcher que des bateaux ayant chargé par exemple des hydrocarbures,
03:29vous voyez, ici en Iran, passent par le détroit d'Hormuz pour aller amener leur cargaison
03:34quelque part, peut-être en Chine ou en Inde.
03:37Et donc, par là, vous avez la flotte américaine qui est là et qui est prête à agir.
03:43Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en fait, on a une vision, dire, intégrale de tous les
03:48mouvements.
03:49Les Américains ont les moyens de savoir, de pouvoir identifier tous les bateaux,
03:53ceux qui partent, que ce soit des petits bateaux, des gros bateaux.
03:57La question, après, c'est, une fois que l'on a identifié des bateaux qui, a priori, par exemple,
04:03chercheraient à quitter, à amener leur cargaison, qu'est-ce qu'on fait ?
04:08Alors, les Américains ont les moyens d'intercepter ces bateaux.
04:11La problématique n'est pas, en fait, tellement d'ordre militaire.
04:14C'est assez facile de prendre un pétrolier.
04:17Vous allez envoyer une équipe à partir d'un hélicoptère qui va prendre le contrôle du bateau.
04:21Le problème, il n'est pas militaire.
04:23Le problème, il est d'ordre juridique et politique.
04:27Justement, nous sommes avec Maître Lodgétière.
04:30Bonjour.
04:31C'est complètement illégal, ce que fait, parce que vous êtes spécialiste du droit maritime, ce que font les Américains.
04:34C'est assez compliqué.
04:36Il y a des arguments dans les deux sens.
04:38Vous savez, le droit, c'est jamais blanc, c'est jamais noir.
04:40D'abord, je voudrais apporter une petite précision sur la présentation éclairante que vous avez faite, le général, à l
04:47'heure actuelle.
04:48Et tout à l'heure, je voyais sur cette carte en direct, on a la carte en direct des mouvements
04:52des navires.
04:53Et parmi ces navires, il y en a un, c'est un navire qui s'appelle l'Elpis.
04:57Et l'Elpis, c'est un navire de la flotte fantôme, en quelque sorte, qui a chargé du pétrole dans
05:03un port iranien,
05:04qui bat pavillon des Comores et qui est en train de sortir du Détroit.
05:08On le voit en train de sortir du Détroit, il est dans la petite pointe en haut.
05:12Et la question qui va se poser, c'est que va-t-il se passer avec ce navire ?
05:15Peut-être qu'on va avoir, d'ici deux heures, d'ici trois heures, concrètement, un arraisonnement,
05:22comme on l'a déjà eu au Venezuela, par les Américains, d'un navire.
05:25D'un navire appartenant à la flotte fantôme russe, ce qu'on a fait en France avec les Français, d
05:30'ailleurs.
05:30Il faut essayer de quoi il s'agit, la flotte fantôme.
05:32Effectivement, vous avez raison.
05:33Les sanctions qui s'appliquent en Russie, les sanctions qui s'appliquent en Iran,
05:38ont rendu difficile le transport d'hydrocarbures.
05:41C'est compliqué pour les Russes de transporter des hydrocarbures russes,
05:44c'est compliqué pour les Iraniens.
05:45Et c'est créé, en fait, une flotte parallèle d'armateurs,
05:50souvent détenus dans des pavillons de libre immatriculation,
05:54souvent via des sociétés écrans, qui vont accepter de transporter ces cargaisons qui sont sanctionnées.
06:01Pour, bien évidemment, une rémunération assez élevée.
06:05Et on a ça avec l'Iran.
06:06Et à l'heure actuelle, des études ont été faites aux États-Unis.
06:10Et on s'est aperçu qu'au mois de mars,
06:12eh bien, il y avait une hausse des exportations de pétrole brut iranien.
06:18Alors, certes, il y a une baisse du trafic, mais qui a été compensée par la hausse des cours du
06:22pétrole.
06:23Et donc, on a comme ça des navires qui contournent les sanctions.
06:26Depuis le début de la guerre, on s'est aperçu qu'il y a quelques navires,
06:30immatriculés généralement dans des États peu recommandables, qui sont passés.
06:34Alors, Général Jean-Claude Allard, bonsoir.
06:36Quand Donald Trump dit sur son réseau social,
06:39tout navire iranien s'approchant du blocus sera éliminé.
06:44Ça veut dire quoi, éliminé ?
06:45Ça veut dire qu'il a l'intention de le couler,
06:48mais ça ne veut pas dire que ça sera fait.
06:50Il pourrait couler des bateaux ?
06:52Directement.
06:53Écoutez, vous entendez toujours,
06:57traduit littéralement, c'est qu'il veut le couler,
06:59et traduit réellement, c'est que ça ne sera pas fait.
07:01Et puis voilà, c'est simplement ça.
07:03Alors, s'il ne le fera pas, qu'est-ce qu'il compte faire ?
07:07Arraisonner un bateau, ça veut dire quoi ?
07:08Je pense qu'il va demander, c'est ce qu'a expliqué Gérald Pellistrandi,
07:12ils vont demander à ce que sa marine empêche les bateaux d'avancer,
07:19les arraisonnent et essaient de les bloquer physiquement
07:23en étant à bord pour s'emparer du contrôle du bateau,
07:27si le bateau ne veut pas en tempérer.
07:30Mais enfin, là, on est dans la boue de trajectoire.
07:33En fait, en amont, il y a déjà un premier blocage de ce détroit,
07:38qui est le blocage des assurances.
07:40C'est pour ça qu'il y a une flotte fantôme.
07:42C'est-à-dire que son blocage, c'est j'accepte, je refuse que les bateaux
07:49qui travaillent pour les Iraniens passent, et je laisse passer les autres.
07:53Donc c'est déjà le premier point.
07:55Or, dans ce point, il faut que les assureurs acceptent d'assurer ces bateaux.
07:59Or, le minage des détroits, dont on sait qu'il est fait dans certaines zones,
08:05et le risque que les Pazarans utilisent leurs armes, leurs missiles courtes portées,
08:14et leurs bateaux et leurs saumarins, parce qu'ils ont des petits saumarins de poche,
08:18pour couler ces bateaux, existe.
08:21Donc ce qu'il faudra examiner, surtout dans ce blocus,
08:23c'est, premièrement, est-ce que le flux des bateaux autorisés ou autorisables va passer ?
08:29Vous dites qu'il y a un premier blocus, c'est celui des assurances.
08:31D'ailleurs, très peu de bateaux passent à présent.
08:36Combien on en a de bateaux, on le sait, précisément ou pas ?
08:38Qui passent jour après jour ?
08:39Non, non, là, en ce moment, stockés...
08:41Ah, on en a un peu plus de 900.
08:42On en a un peu plus de 900.
08:44Et en fait, l'enjeu ici, c'est pas tant un blocage par les assurances,
08:46parce qu'un assureur va vous faire payer un premium,
08:49c'est-à-dire une prime d'assurance très chère, si le risque est très élevé.
08:51Là, ce qu'on voit, en fait, et pour s'en rendre compte,
08:54il faut regarder ce que propose Lloyd's List, par exemple,
08:57basé à Londres, qui, effectivement, fait la liste de toutes ces choses-là,
09:00l'idée, c'est que les armateurs ne demandent même pas de prime d'assurance,
09:02parce que les armateurs ne veulent eux-mêmes pas passer.
09:05Pourquoi les armateurs ne veulent pas passer ?
09:06Parce que, justement, il n'y a pas de lisibilité politique,
09:09ni d'un côté, c'est-à-dire les États-Unis,
09:11ni du côté iranien, premièrement.
09:13Deuxièmement, le risque est évidemment trop grand.
09:14Même s'il y a le cessez-le-feu qui arrive à tenir,
09:17on voit bien que ce cessez-le-feu, de fait,
09:19ne lève pas les risques liés, par exemple, aux mines.
09:22Et le dernier point, c'est que, tout simplement,
09:24on a beaucoup de flottes qui, malheureusement,
09:27les équipages ne sont plus à bord des bateaux.
09:28Mais l'idée, c'est de faire plier les autorités iraniennes
09:31de la part de Donald Trump.
09:33Justement, quelles sont les conséquences économiques
09:36pour l'Iran immédiate,
09:39si ce blocus tient, là, pour plusieurs jours ?
09:41Alors, déjà, la première question, c'est
09:42est-ce que ce blocus va tenir ?
09:44Alors, vous vous posez la question tout à l'heure.
09:45On sait que Donald Trump peut, effectivement,
09:47frapper et couler des navires,
09:49parce que c'est exactement ce qu'il a fait
09:50il y a plusieurs mois dans la Caraïbe.
09:52Il précise les navires d'attaque rapide.
09:55Il n'a pas dit tous les navires.
09:56Oui, oui, oui.
09:56Non, mais souvenez-vous.
09:57Il l'a fait, il l'a déjà non conventionné.
09:59Souvenez-vous, dans la Caraïbe,
10:01au large du Venezuela et dans les eaux
10:02de plus en plus proches, évidemment,
10:04de la partie nord de la Caraïbe,
10:06les États-Unis frappaient les bateaux
10:08de narcotrafiquants, sans aucune sommation,
10:10en dehors de tout droit international,
10:12et ça ne posait pas de problème.
10:13À l'administration, on ne trouvera pas, j'entends.
10:15Donc, ici, on peut se poser la question
10:17sur des navires qui sont des petites prises politiques.
10:20Typiquement, vous avez un navire qui n'est pas
10:21un navire iranien, un navire qui n'est pas chinois,
10:24mais un navire qui est d'un pavillon de complaisance
10:26et qui s'est servi en pétrole ou en gaz iranien
10:29et qui l'exporte en dehors du étroit d'Orbouz.
10:31Fondamentalement, ça, ça peut être une prise politique,
10:34c'est-à-dire qu'on va frapper, on va couler le bateau
10:36parce que, politiquement, ça ne va pas coûter cher.
10:37Et ça envoie un signal.
10:38Mais, mais, mais, mais, mais,
10:40quoi qu'il en arrive, c'est-à-dire que le moindre bateau coulé
10:43sera, de toute manière, effectivement, un signal
10:45et vous avez, effectivement, un certain nombre d'États,
10:48à commencer par la Chine, à commencer par l'Inde
10:50et bien d'autres, qui, de fait, disent très clairement
10:52« Attention, si vous frappez le moindre navire,
10:54de fait, on va avoir des représentations. »
10:56Mais quelles conséquences pour l'Iran, concrètement ?
10:58Le fait de ne plus faire passer de pétrole
11:00par ce détroit d'Orbouz ?
11:01C'est énorme, parce que l'Iran continue à exporter
11:04quand même, depuis l'île de Kars,
11:05qu'on voit tout à fait, ou de la carte,
11:07donc au nord-ouest du Golfe Persique,
11:1098% de son pétrole par cette île,
11:12donc ça fait à peu près 1,5 million de barils le jour.
11:15Si ça s'arrête, c'est dramatique pour les passes d'Aran.
11:17Et c'est intéressant de voir que le curseur du régime
11:19est passé d'un régime, on va dire, plutôt religieux
11:22à un régime militaro-religieux, voire totalement militaire,
11:25avec Ralibaf, qui est à Islamabad,
11:27donc le chef des passes d'Aran maintenant,
11:29bien sûr avec Robard et encore d'autres chefs de Bazar.
11:31Ce sont maintenant les gardiens de la Révolution.
11:33Les gardiens de la Révolution qui contrôlent,
11:34pour répondre à votre question,
11:3560% de l'économie de l'Iran,
11:38et c'est 80% de recettes qui viennent des hydrocarbures.
11:41Donc, je dirais qu'il y a les deux côtés,
11:44parce que les passes d'Aran ont intérêt pour eux-mêmes,
11:46les 200 000 hommes, la parentèle,
11:48les hommes qui sont affiliés, les bazaris,
11:49donc les grands commerçants du bazar.
11:51C'est un grand commerçant, d'ailleurs, du bazar,
11:53un bazari, donc, qui avait donné une prime,
11:55entre autres, de 60 000 dollars, vous savez,
11:57pour extraire le deuxième pilote, etc.
11:59Il y a quand même des gros intérêts économiques en jeu.
12:02En même temps, c'est un pays,
12:04enfin, un régime plutôt islamique, radical,
12:06qui est en 1979, un an après,
12:08il y a eu une longue guerre entre l'Iran et l'Irak,
12:108 ans de guerre, 80 à 88,
12:13et la guerre des pétroliers a commencé en 82.
12:15Le régime a tenu 8 ans,
12:17au prix de 1 million de morts des deux côtés,
12:19un côté irakien comme côté, enfin, au total,
12:21avec le côté iranien.
12:22Donc, il n'y a, je ne dirais pas, une résilience,
12:24mais il y a une forme d'économie de subsistance ou de guerre.
12:27Mais ce régime-là...
12:28On vit quand même difficilement, déjà,
12:30avec une inflation record.
12:32Totalement.
12:32Le thoman est totalement dévalué.
12:34De toute façon, il n'y a plus de change.
12:35Auparavant, ça se passait beaucoup avec les pays du Golfe,
12:37dont Dubaï.
12:38Il y avait des dizaines de milliers d'Iraniens à Dubaï.
12:41Il y avait plusieurs centaines d'entreprises,
12:42on parle de 8 000 entreprises iranières qui étaient à Dubaï,
12:44dont des banques,
12:45qui servaient de chambre de compensation, grosso modo,
12:47pour recevoir les échanges monétaires
12:50qui n'étaient plus codifiés par le système international.
12:52Donc, il y a quand même beaucoup de pertes pour les passes d'Aral,
12:55mais en même temps, c'est un régime qui peut tenir.
12:57Troisièmement, et le New York Times en parlait,
12:59Trump croit encore à la révolte populaire.
13:01Moi, je n'y crois pas pour l'instant,
13:03parce qu'il y a eu 30 000 morts, voire 40 000 morts,
13:05comme me le disent les amis iraniens,
13:07les 8 et 9 janvier.
13:08C'est à ce moment-là, évidemment, qu'il fallait intervenir.
13:10Là, c'est un peu trop tard.
13:12On va dire qu'il va se passer quand même un petit peu de temps
13:14avant que les Iraniens puissent à nouveau se révolter dans la rue.
13:18Et ça, ça n'a pas été paramétré, on va dire, par Trump,
13:20alors que la CIA le savait parfaitement
13:24et avait informé, bien sûr, la Maison Blanche.
13:26Vous y ajoutez quelque chose ?
13:27Oui, c'est qu'on a déjà 160 millions de barils de pétrole iranien
13:30qui sont déjà en mer, dans plus d'une centaine de navires
13:34qui font des tours sur eux-mêmes,
13:35depuis des jours et des jours et des semaines et des semaines,
13:37et qui, de fait, ne demandent qu'une chose,
13:38c'est de sortir du Détroit.
13:40Donc ici, c'était très intéressant de voir le message du SYNCOM,
13:43donc du commandement central états-unien,
13:45disant qu'il pourrait y avoir une période de grâce,
13:46c'est-à-dire les bateaux qui sont actuellement en Iran
13:49sur des ports iraniens et qui veulent exporter des marchandises,
13:52pourraient, s'ils quittaient dans les deux heures,
13:54après le message, si je me souviens bien,
13:55sous le contrôle de Louis Gosset,
13:56avoir une période de grâce, c'est-à-dire sortir du blocus
13:59sans être inquiété.
14:01Donc, en fait, on a déjà pour l'Iran
14:03160 millions de barils de pétrole
14:05qui sont en mer et qui attendent de sortir.
14:07Et ce qui arrange les clients de l'Iran,
14:08dans ces cas-là, bien évidemment,
14:09et fait un peu baisser la tension.
14:10Avant de continuer notre discussion,
14:12je voudrais qu'on aille à Abu Dhabi
14:14retrouver Boris Karlamov en direct pour BFMTV,
14:16parce que les pays du Golfe des Émirats arabes unis
14:20ne sont guère enchantés par cette espèce de bataille navale
14:23et de ses éventuelles conséquences, bien sûr.
14:29Absolument, conséquence de ce blocus dans le détroit d'Hormuz.
14:32L'Iran met la pression sur les pays du Golfe.
14:34Il avertit qu'aucun port du Golfe ne sera en sécurité
14:37si les siens sont menacés.
14:39C'est Téhéran qui menace donc de s'en prendre
14:41aux infrastructures portuaires de ces pays du Golfe
14:44avec un point d'inquiétude ici aux Émirats arabes unis
14:47qui concerne les infrastructures pétrolières
14:49du port de Fujairah qui se situe à l'est du pays.
14:53Un port ultra stratégique qui a déjà été la cible
14:57d'attaque de drones, c'était le mois dernier.
14:59Ce port pétrolier, il est le seul terminal pétrolier
15:02émirati donnant de l'autre côté du détroit d'Hormuz.
15:07Les prochaines heures ici s'annoncent donc cruciales
15:09alors que cela fait désormais cinq jours.
15:11qu'aucun missile, qu'aucun drone iranien
15:14n'a été lancé sur les Émirats arabes unis.
15:18Une vie qui a quasiment repris aujourd'hui
15:21avec des habitants qui sont de plus en plus nombreux
15:23à accéder aux bords de mer ou à se balader dans les rues.
15:27Mais tous espèrent ici que cette situation d'accalmie
15:29va perdurer dans le temps malgré les menaces de l'Iran.
15:33Il n'y a pas que les Émirats arabes unis
15:34qui sont sous pression ce soir.
15:36Il y a également par exemple le Qatar.
15:37Le Qatar qui appelle justement à ne pas utiliser les voies maritimes
15:41comme des moyens de pression ou de marchandage.
15:44On sera bien évidemment très attentifs aux prochaines heures ici
15:47aux Émirats arabes unis alors que la nuit est en train de tomber sur Abu Dhabi.
15:51– Boris Karlamov avec Margot Savulis-Gosset.
15:54Donc c'est tension maximale dans le golfe ici, le détroit d'Hormuz.
16:00– Avec un paradoxe quand même, c'est que le Premier ministre
16:02Paksistanet rappelle que le cessez-le-feu tient pour l'instant
16:04entre l'Iran et les États-Unis.
16:06– Oui, trois choses.
16:07La première, vous demandiez combien de tankers ont passé
16:09le détroit d'Hormuz aujourd'hui.
16:10Deux, un chargé de gaz iranien et l'autre de pétrole
16:17destiné aux Émirats arabes unis.
16:19– Ça c'était avant le début du blocus.
16:20– C'était avant l'ultimatum, avant le blocus.
16:24Deuxièmement, c'est vrai qu'il y a un cessez-le-feu qui tient
16:28et que Trump lui-même a dit qu'il tenait.
16:30Donc le cessez-le-feu est toujours en vigueur.
16:33Troisièmement, le blocus ne va pas être mis en œuvre immédiatement.
16:37Ça va prendre plusieurs heures, si ce n'est plusieurs jours,
16:39avant qu'il ne soit effectif et que les ports iraniens
16:42soient effectivement bloqués.
16:44Donc il y a toujours une marge de manœuvre.
16:46Et c'est pour ça que c'est intéressant cette période actuelle
16:48parce qu'en fait, on sent que des deux côtés,
16:50il est possible que la négociation reprenne.
16:52En tout cas, il y a des signaux qui sont adressés dans ce sens,
16:55du côté américain comme du côté iranien.
16:58On essaie de comprendre exactement pourquoi
17:00il y a eu un clash à Islamabad pendant le week-end,
17:02pourquoi la négociation s'est brutalement interrompue
17:06alors que le dialogue était plutôt, je dirais,
17:08apaisé entre guillemets, alors que ce sont deux pays en guerre.
17:11Il y avait, je dirais, des deux côtés, une volonté de discuter.
17:14Et puis tout d'un coup, ça s'est un peu brouillé
17:17et finalement, G.D. Vance a décidé de repartir.
17:20Pourquoi ? Qu'est-ce qui a eu lieu exactement ?
17:22Vous savez que pendant la négociation,
17:24le vice-président américain a téléphoné au moins 12 fois
17:27à Donald Trump pour faire le point avec lui, échanger, etc.
17:31Côté iranien, c'était plus compliqué
17:33parce que pour téléphoner d'Islamabad à Téhéran,
17:36sur des lignes sécurisées, avec des dirigeants qui se cachent
17:38par peur d'être éliminés par des frappes israéliennes,
17:40c'est beaucoup plus compliqué.
17:42Donc, à quel moment G.D. Vance a mis le poing sur la table
17:45en disant soit vous acceptez, soit je m'en vais ?
17:48Et les Iraniens qui étaient à Islamabad
17:50n'étaient pas forcément en mesure de répondre précisément.
17:53Et on voit que cette situation fait que, en réalité,
17:56oui, il y a un blocus qui va être mis en œuvre, progressivement,
17:59avec, comme ça a été dit, une période de grâce
18:01pour permettre aux bateaux qui étaient déjà dans les ports d'en sortir.
18:05Donc, ce n'est pas, je dirais, un blocus à 100% total
18:08aujourd'hui.
18:09C'est le début d'un processus, d'une potentielle escalade,
18:13parce qu'effectivement, si des bateaux américains
18:16se positionnent devant les ports,
18:19eh bien, il peut y avoir une réponse de l'Iran,
18:20une réponse militaire.
18:21Et puis, il ne faut pas oublier un facteur, quand même,
18:23c'est que, du côté d'Israël,
18:25Benjamin Netanyahou a clairement dit que, lui,
18:27il était prêt à reprendre les activités, la guerre, en fait,
18:31les bombardements sur l'Iran, à n'importe quel moment.
18:34Donc, il y a toujours une double menace
18:36d'intervention israélienne et américaine,
18:39et en même temps, une période qui va durer jusqu'au 21 avril.
18:42– Peut-être un espoir de reprise de négociations,
18:43mais ce blocus ne concerne pas seulement l'Iran,
18:45concerne tous les pays qui commercent,
18:47et notamment la Chine, l'Inde.
18:49Alors, comment les Chinois vont réagir
18:51si ce blocus se met en place et est dur ?
18:54– C'est le test ultime, justement.
18:56Si on a un navire chinois, effectivement, qui sort d'Iran
18:58et que les États-Unis ne font rien,
19:00de fait, est-ce qu'on peut dire que ce blocus est crédible ?
19:02– Est-ce qu'on sait s'il y en a, déjà ?
19:04Est-ce qu'il y a des navires chinois qui sont là ?
19:06– Il y a un navire chinois au début de la guerre,
19:08au début du blocus, un navire chinois est passé
19:10en indiquant qu'il était chinois.
19:12– D'accord.
19:13– Et il y a de plus en plus un lien économique
19:16entre, d'une part, l'Iran, fournisseur de pétrole pour la Chine,
19:20qui, en même temps, lui fournit des biens manufacturés.
19:22Et vous savez, on a parlé du péage,
19:24puisqu'il y a encore quelques jours, les Iraniens disaient,
19:26voilà, vous voulez passer le Détroit, vous payez un péage.
19:30Et on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de paiements
19:32qui ont été faits en yuan, en monnaie chinoise.
19:35Donc, il serait intéressant de voir, effectivement,
19:37quelle sera la réaction de la Chine,
19:38puisque la Chine a besoin de l'Iran pour son énergie
19:41et l'Iran a besoin de la Chine pour ses produits manufacturés.
19:43– Mais la Chine ne peut pas laisser longtemps se faire ce peu plus.
19:46– Oui, on est dans le premier round de négociations
19:48qui s'est achevé, comme le disait Ulysse Gosset à Istanbul,
19:51brutalement, et Trump a dit « 21 heures, c'est long ».
19:54C'est un peu risible quand on voit ce qu'a justifié
19:57l'accord sur le nucléaire de 2015.
19:59Deux ans au minimum, avec cinq pays derrière,
20:01de très bons experts nucléaires,
20:03et l'accord a été déchéré littéralement par Trump
20:07trois ans plus tard, 2018.
20:08Après, on est dans une deuxième phase,
20:10qui est le rapport de force.
20:11La troisième phase, ce sera peut-être
20:12le deuxième round de négociations
20:13que veulent les Chinois pour répondre à votre question.
20:16On montre ses muscles,
20:17il y a le blocus, le contre-blocus,
20:19et chacun comprend évidemment
20:21qu'on est dans une guerre multidimensionnelle.
20:23Il y a le militaire par définition,
20:24il y a l'économique.
20:25Et la Chine, évidemment, est très inquiète.
20:27La Chine est vraiment paranoïaque
20:29depuis la première guerre du Golfe,
20:3090-91, sur tout ce qui est axé,
20:33ou la sortie plus tôt du Golfe Persique.
20:36C'était paramétré par les Chinois.
20:37Les Chinois importent 70% de leur pétrole,
20:40du monde entier,
20:41principalement des pays du Golfe et l'Iran.
20:43– Le pétrole iranien ne peut passer
20:45que par l'étroit d'Hormuz.
20:46– Ah bah oui, absolument.
20:46– Voilà, mais c'est important de le dire,
20:48il n'y a pas d'autres moyens.
20:49– Il y a un peu de paille par le nord,
20:53par la Turquie,
20:54mais une grande partie passe.
20:55Il y a le paille dans la mer Rouge,
20:57il y a le Pakistan et la Turquie en particulier.
20:58– Il y a le Golfe d'Omant,
20:59il y a un port sur le Golfe d'Omant
21:01et la Caspienne.
21:02– Il y a la mer Caspienne.
21:03– Donc les Iraiens peuvent contourner alors ?
21:05– Oui, mais c'est important,
21:06et la majorité de la production
21:08se passe au nord-ouest.
21:10Là exactement, d'ailleurs,
21:10dans la région ont été récupérés,
21:12ont été récupérés les deux pilotes,
21:13c'est le Rousistan.
21:1380% du pétrole vient de là.
21:16Donc principalement, évidemment,
21:17c'est la mer comme source de...
21:19On ne peut pas sortir pas les races,
21:20– Pour ceux qui nous suivent,
21:21qui disent il y a blocus,
21:23on imagine, on a mis bataille navale,
21:25les navires américains
21:27rentrons dans le détroit d'Hormuz,
21:29il y en a un qui bouge,
21:30boum, on le torpille, on le pilote.
21:34Ce n'est pas comme ça que ça va se passer.
21:36Comment est-ce que la flotte américaine
21:37va se positionner, surveiller
21:40du point de vue militaire alors ?
21:42– C'est toute la complexité,
21:43et je pense que c'est les raisons, d'ailleurs,
21:45pour lesquelles il y a des bateaux,
21:47le Sankom laisse passer des bateaux
21:50en disant vous allez passer.
21:51Il faut quand même bien comprendre une chose,
21:53c'est que que le politique dise
21:55vous allez me bloquer le détroit d'Hormuz,
21:57il y a 1000 bateaux qui doivent passer,
21:59normalement il en passe 100 par jour,
22:01et comment le Central Command met ça à neuf,
22:05c'est excessivement compliqué,
22:06il faut arriver à...
22:07La première étape à faire,
22:09c'est arriver à filtrer les bateaux,
22:11savoir quels sont les bons,
22:12quels sont les mauvais,
22:13vous en avez une centaine devant vous,
22:15vous disposez de quoi ?
22:16Vous disposez des deux destroyers
22:18qui sont rentrés dans le Golfe,
22:20et de quatre navires côtiers
22:23qui sont basés dans les pays du Golfe.
22:27Donc avec tout ça,
22:28il faut mettre sur pied une opération
22:30qui va consister,
22:31un, à surveiller le dispositif
22:35mis en place par l'organisation
22:37maritime internationale AIS,
22:39qui est obligatoire sur les bateaux,
22:41donc ils doivent mettre en route
22:45un système qui automatiquement
22:47donne le nom du bateau,
22:49sa cargaison, son port de destination,
22:51son port de départ, etc.
22:53Et donc la première tri va être
22:56de trier ceux qui allument ça
22:58et qu'on peut identifier,
22:59et ceux qu'on n'identifie pas.
23:01Après ceux qu'on n'identifie pas
23:02dans tout cet espace,
23:03il faut les trouver.
23:04Donc il va y avoir une couverture aérienne
23:07et des radars qui vont identifier,
23:11enfin pas identifier,
23:12mais spotter ces bateaux,
23:13savoir exactement où ils sont.
23:14On va regarder leur immatriculation,
23:16savoir où ils sont par satellite.
23:17Et ensuite, il y a le commandement
23:18de l'opération qui va donner l'ordre
23:20à l'une des frégates armées
23:23d'hélicoptères ou autres
23:24d'aller arisonner l'un des bateaux.
23:26Quand on l'arisonne,
23:27ça veut dire qu'on prend
23:28le commandement du bateau ?
23:29On dépose l'équipage
23:31et c'est un milliard.
23:32Après, vous avez tout ce déroulé
23:37des opérations avant.
23:38Ce n'est pas une herse de gendarmerie
23:40sur une route départementale.
23:42C'est des milliers de bateaux.
23:44Et admettons qu'il y ait plusieurs bateaux.
23:47Alors, attendez,
23:47il y a une précision
23:48qu'il faut donner aux téléspectateurs.
23:51Ce n'est pas le blocus
23:52de tous les trois d'en-main.
23:53Comme vous l'avez dit,
23:54c'est le blocage des ports.
23:56Oui, des ports irrémiens.
23:57Ça veut dire qu'on peut bloquer les ports
23:59et laisser passer un certain nombre
24:00pour les bâtiments.
24:01Ensuite, comment les Américains
24:02peuvent-ils faire ?
24:03D'abord, il faut rappeler
24:04que ça prendra du temps.
24:05Et ça a été dit.
24:06Ça ne va pas se faire en un jour.
24:08Ça lèche une marge de négociation, etc.
24:10Mais le jour où ça arrive,
24:12on peut avoir des moyens aériens.
24:14C'est-à-dire pas simplement
24:15des bateaux de guerre,
24:16mais des moyens aériens
24:17qui, par exemple,
24:19donnent des coups de semonce
24:21en tirant à côté des bateaux
24:22qui pourraient éventuellement sortir
24:24ou à l'entrée des ports.
24:25Ça peut être d'abord
24:26une mise en garde.
24:27Ensuite, s'il y a une poursuite
24:29du mouvement, ça peut aller plus loin.
24:31Donc, ça va prendre beaucoup de temps.
24:32On a bien compris.
24:33Mais quel est l'objectif
24:34de Donald Trump avec ce blocus ?
24:37Attendez, c'est la reprise
24:38des négociations,
24:39mais avec des Iraniens
24:41qui seraient dans l'optique
24:42d'accepter toutes les conditions américaines.
24:44Quel est l'objectif ?
24:45C'est d'abord un signal politique
24:47adressé à l'Iran et au monde
24:49pour dire
24:49nous n'accepterons pas
24:50le blocage du détroit d'Orban.
24:52Il faut rétablir
24:53la liberté de navigation.
24:55Ça, c'est l'affirmation claire.
24:56Ensuite, la mise en place
24:57du brocus, on va voir.
24:59Mais le message, il est très clair.
25:00Donc, il veut débloquer le détroit
25:02en le bloquant.
25:03Et c'est une façon aussi
25:05de dire aussi pour Trump,
25:07aux Iraniens,
25:08vous voyez de quoi je suis capable,
25:09donc vous avez intérêt
25:10à revenir à la table de négociation.
25:12C'est du rapport de force.
25:14C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
25:15Première round de négociation,
25:16rapport de force aujourd'hui
25:17et peut-être deuxième round
25:18un peu plus tard,
25:19que veut la Chine ?
25:20En revanche, dans cette deuxième phase,
25:22il y a des grands risques.
25:22Il peut y avoir des dérapages.
25:24Bien sûr, si jamais
25:25il y a un arraisonnement d'un bateau.
25:26Alors, il y a le bateau
25:27sous pavillon de complaisance
25:28à destination de la Chine ou de l'Inde
25:30ou le bateau à pavillon chinois,
25:32ce qui est plus grave.
25:32Après, réplique de la part
25:34de cette marine non conventionnelle
25:36dont on n'est très peu à parler.
25:37Il y a des centaines d'embarcations.
25:38Si on regarde l'île de Kéchem
25:40qu'on voit sur la carte,
25:41vous savez, c'est une espèce
25:41de grand rectangle.
25:43C'est 130 km de long.
25:45C'est grand comme la moitié
25:45d'un département français,
25:47comme la Côte d'Or ou la Corrèze,
25:48on va dire ça rapidement.
25:49Et ce sont les mêmes montagnes
25:51qu'Omane en face.
25:52Et là, vous avez, dit-on,
25:54des centaines d'embarcations
25:55qui sont là.
25:56Alors, il y a des Zodiacs.
25:56Ce sont vraiment des copies
25:57de Zodiacs français.
25:58Le Zodiacs français fait de 2 à 9 mètres.
26:00Le Zodiac iranien fait 5 à 6 mètres.
26:02C'est des bateaux rapides
26:04qui peuvent être dronisés, d'ailleurs,
26:06mais principalement...
26:06C'est ce qui a menacé Donald Trump.
26:08Il a dit, on l'explose.
26:09Absolument.
26:10Après, il y a la vedette Zolfara.
26:12Alors, c'est des vedettes
26:13qui font 16 mètres de long.
26:14Ce n'est pas très grand.
26:16Discrétion, mobilité
26:16et super rapidité.
26:18C'est des engins,
26:19on va parler en kilomètres par,
26:20qui vont jusqu'à 4.
26:21Ils sont armés, ces vedettes ?
26:22Ils sont armés.
26:23Il y a de la Dachaka,
26:24donc c'est la Doucette,
26:24mais surtout des canons de 106
26:25ou des canons de mortier.
26:27Donc, c'est quand même pas mal.
26:27Et là, ça peut être dronisé,
26:29donc télécommandé.
26:30Et évidemment,
26:30avec les gardiens de l'évolution
26:32qui sont des chahèdes potentiels,
26:34des martyrs potentiels,
26:34c'est tout à fait possible
26:35que ces marines,
26:37cette marine non-conventionnelle,
26:38puissent taper des bateaux absolument,
26:40sortant de ces cadres,
26:41de ces abris de Kechem
26:42qui sont pratiquement irrepérables.
26:44Donc, c'est ça l'inquiétude.
26:45J'ai plus l'inquiétude là-dessus.
26:47Absolument, l'escalade,
26:48que des mines.
26:49Le New York Times disait
26:50qu'il y avait une douzaine de mines.
26:51Est-ce qu'elles y sont, ces fiches humides
26:51ou pas, dans le détroit d'Or ?
26:57Le gouvernement iranien a fait un plan
26:59où il y a une zone interdite
27:01disant voilà, là, on a miné.
27:02Voilà, et là, il y a des inconvénients
27:04parce qu'on ne sait pas où c'est
27:05et c'est valable, évidemment,
27:06dans les deux cas,
27:06y compris pour les bateaux.
27:07Sinon, la menace suffit.
27:09On pense néanmoins que le fait
27:10que deux destroyers américains
27:12fassent route dans le détroit
27:13laissent penser
27:14que soit par des drones sous-marins,
27:16soit par d'autres moyens,
27:17les Américains ont un peu nettoyé la zone.
27:21Je pense qu'ils ont suivi l'itinéraire
27:24qu'a fixé l'Iran pour passer.
27:27Et qui est un itinéraire
27:29qui emprunte et qui ont emprunté
27:31les bateaux qu'on a cités,
27:33qui deux ou trois par jour passent par là.
27:35Donc, ils sont passés
27:36pour montrer la possibilité
27:38de pouvoir passer
27:39et ne pas être attaqués
27:40par tout ce système.
27:42Le détroit d'Ormousse
27:43est très facilement tenu
27:45avec toutes les crêtes nord,
27:47pullules d'armes
27:49et de missiles très court de portée
27:51qui peuvent être tirés
27:53sur les navires,
27:54au ras des flots
27:55et qui sont quasiment indétectables
27:57au radar.
27:58Ça, ça n'a pas été éliminé
27:59par les Américains, là ?
28:00Ils ont beaucoup bombardé.
28:02Ça fait 15 jours qu'ils bombardent.
28:04C'est d'ailleurs là
28:05où ils ont eu un avion
28:06qui a été touché.
28:07Parce qu'ils bombardent de près
28:09toutes ces cavités
28:10et ces bancaires
28:12où se trouvent
28:13des systèmes d'attaques
28:16de courte portée,
28:18mais suffisantes
28:18puisqu'il faut pouvoir tirer
28:21à 20 kilomètres,
28:22ce qui est trois fois rien
28:23avec les armements modernes.
28:24Personne n'a intérêt ce soir
28:25à cette escalade,
28:27finalement, quand même.
28:28Tout le monde a...
28:29Personne, personne,
28:30parce qu'il y a le commerce
28:32des produits pétroliers.
28:34Deuxièmement,
28:34il y a le commerce des engrais.
28:36Les engrais...
28:36Il y a 46% des engrais chimiques
28:39à base durée, par exemple.
28:40Il y a des entrants
28:41pour faire des potations.
28:42Tout ça est transformé
28:43dans des superbes usines
28:45pétrochimiques du Golpe
28:46parce que, évidemment,
28:47les produits souffrés
28:48et le pétrole sont sur place.
28:49Et ça impacte quoi ?
28:51Il y avait un papier
28:51très intéressant
28:52dans la Carnegie Foundation,
28:53une fondation américaine
28:54il y a 15 jours là-dessus,
28:55en disant que les pays impactés,
28:56ce sont les pays du Sud,
28:57les pays d'Afrique,
28:58les pays d'Asie, etc.
28:59Avec un surenchérissement
29:01du prix des engrais nécessaires.
29:03Deuxièmement,
29:03un problème de récolte
29:04dans les semaines qui viennent,
29:05enfin, d'ensemencement, pardon.
29:07Et troisièmement,
29:08un problème de récolte
29:09dans les mois qui viennent
29:09en septembre et en octobre.
29:11Donc, on voit bien
29:12c'est à la fois la Chine
29:14que tout ça repose
29:15sur un détroit dans le monde.
29:17C'est ce que les gens découvrent aussi.
29:19C'est que finalement,
29:20il n'y a pas que le pétrole,
29:21il y a les engrais.
29:22Deuxièmement,
29:23il y a un autre détroit
29:24qui est très intéressant,
29:25qui est une autre voie navigable,
29:27naturelle,
29:27comme on dit,
29:27en droit maritime international.
29:29C'est le détroit de Bab-e-Mandeb
29:30qui est en bas de la péninsule d'Arabie.
29:31Le détroit des outils.
29:32Je ne suis pas sur la voie.
29:34En arabe,
29:35c'est-à-dire la porte des larmes
29:36entre Djibouti et le Yémen.
29:37Les outils ne sont pas loin,
29:38effectivement.
29:38la passe 10% du commerce mondial
29:41des marchandises et pas que du pétrole.
29:43Donc, si les outils rentrent
29:45en ligne de compte
29:45sur le décret d'Iraniens,
29:47ça va être très grave.
29:48Pour l'instant,
29:49ils sont restés en retrait.
29:50Absolument.
29:51Ils ont bougé d'ailleurs
29:52quand même plusieurs jours
29:53après le début de la guerre
29:54du 28 février.
29:55Donc, vous voyez un peu
29:55l'implication mondiale
29:56sur l'économie,
29:57sur les engrais,
29:58sur la culture
29:58et surtout sur les pays du Sud,
30:00donc l'économie globale,
30:01effectivement.
30:01Je voudrais dire...
30:02Un mot avant qu'on n'aille en Israël.
30:04Il ne faut pas non plus
30:05qu'on oublie l'impact humain
30:06parce qu'il y a 20 000 marins
30:07qui sont coincés
30:08à l'heure actuelle
30:09dans le Golfe.
30:11Avec les problèmes psychologiques
30:13qu'ils ont,
30:14la détresse humaine qu'il y a.
30:16Donc, c'est quand même
30:16quelque chose
30:17qu'il faut garder à l'esprit
30:18et qu'il faut prendre en compte.
30:19On va en Israël
30:19retrouver Anjil Ouatta
30:20pour BFMT
30:21parce que là,
30:22on est focalisé bien sûr
30:23sur l'Iran,
30:25sur les États-Unis
30:26et ce blocus
30:27du détroit d'Harmouz.
30:28Mais il y a d'autres négociations
30:29qui doivent commencer aussi
30:30entre le Liban et Israël,
30:32toujours sur fond de bombardement.
30:33Anjil.
30:36Effectivement.
30:37Et oui,
30:37les Israéliens,
30:38pour l'instant,
30:38sont focalisés
30:39sur les opérations
30:41face au Hezbollah libanais.
30:42Ça, c'est une certitude
30:44depuis plusieurs jours.
30:45La guerre continue toujours.
30:47On a ici une trêve
30:48et un cessez-le-feu
30:49qui est effectif,
30:50qui est réel,
30:51qui est respecté
30:51de part et d'autre
30:52avec l'Iran
30:53contrairement à ce qui se passe
30:55depuis plus de 40 jours.
30:57En revanche,
30:57avec le Hezbollah,
30:58ça ne s'est jamais arrêté.
30:59Si bien qu'aujourd'hui encore,
31:01il y a eu
31:01de nombreuses opérations
31:03militaires
31:03face à ce groupe
31:05dans le sud du Liban.
31:07Il y a la ville
31:08de Bin-Jébel
31:08qui représente
31:09un enjeu stratégique
31:10extrêmement important
31:11pour les Israéliens.
31:12Ils l'ont encerclé
31:13ces derniers jours
31:13et sont encore
31:14désormais en train
31:15de faire des opérations
31:17à cet endroit-là.
31:19Et puis,
31:19il y a également
31:20les roquettes
31:21et les drones
31:22qui sont globalement
31:23en grande majorité
31:24interceptés
31:25dans les communes
31:26du nord du pays.
31:27Mais cela se poursuit
31:28et je vous le disais,
31:29il y a de nombreuses alertes
31:30qui ont retenti
31:31aujourd'hui
31:31dans le nord du pays.
31:33Ce que l'on peut ajouter
31:34simplement,
31:34c'est que ces négociations
31:35s'inscrivent dans un cadre
31:36qui reste,
31:37malgré les déclarations
31:39d'intention
31:39des uns et des autres,
31:40un peu floues
31:41parce qu'on le sait,
31:42il y a la volonté
31:43effectivement de discuter
31:44avec le gouvernement libanais.
31:46En revanche,
31:46quand on discute
31:47avec les Israéliens ici,
31:49on se rend bien compte
31:49que très peu de gens
31:50placent de l'espoir
31:51dans ces négociations
31:52tout simplement
31:52parce que,
31:53pour la plupart des gens,
31:54l'ennemi,
31:55ce n'est pas le Liban,
31:56ce n'est pas
31:57le gouvernement libanais,
31:58non,
31:59c'est exclusivement
32:00le Hezbollah.
32:00Voilà donc pourquoi
32:01a été annoncé
32:03à plusieurs reprises,
32:03notamment par
32:04Benyamin Netanyahou
32:05qu'il n'y aura
32:05de toute façon pas
32:06de cesser le feu
32:07avec le Hezbollah
32:08mais que ces négociations
32:10auront bel et bien lieu
32:11demain.
32:12Vous dire ce qui
32:12leur ressortira,
32:13vous dire si cela
32:14représente un espoir
32:15pour les populations,
32:17que ce soit d'un côté
32:17ou de l'autre
32:18de la frontière.
32:19Aujourd'hui,
32:19c'est totalement impossible.
32:21En revanche,
32:21ce que l'on sait,
32:22c'est que certaines personnes
32:22les attendent tout de même
32:24de pied ferme
32:24mais que vous le voyez,
32:25les opérations militaires,
32:26elles,
32:27ne se sont pas arrêtées
32:28pour autant.
Commentaires

Recommandations