00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:05Il est 7h14, c'est à la une, une enquête ouverte après une bagarre entre un professeur et des élèves
00:12d'un lycée.
00:12Ça s'est passé à Montpellier, avec cet enseignant qui s'est battu parce que des élèves faisaient trop de
00:22bruit dans un couloir.
00:23Il a voulu qu'ils aillent plus loin et puis il a sorti son téléphone pour les filmer, d'où
00:29cette bagarre.
00:30Nous sommes avec Karim Elwardy, le président du syndicat des lycées et collèges pour l'académie de Montpellier.
00:36Bonjour.
00:38Bonjour, bonjour, monsieur Roger, bonjour à toutes.
00:40Bon, j'ai résumé ce qui s'est passé.
00:42C'est ce que l'on sait pour l'instant de ce qui s'est passé, justement, parce qu'il
00:45y a une enquête qui est ouverte,
00:48notamment par le... une enquête est ouverte pour, évidemment, essayer de savoir précisément.
00:57Alors, vous avez mal présenté les choses, mais bon, c'est normal, vous êtes à distance.
01:02Vous parlez de bagarre.
01:04En tout premier lieu, je voudrais quand même, au nom du SNALC, saluer le courage,
01:09premièrement, de l'AESH, une AESH AMEL qui est intervenue pour mettre fin au lynchage.
01:15Alors, certains parlent d'altercation, moi, je suis désolé, il s'agit d'un lynchage pur et dur.
01:21Et pour le SNALC, cet enseignant a eu un geste proportionné d'autodéfense face à un lynchage, lui,
01:29qui est totalement disproportionné des élèves.
01:32Et le SNALC, quand même, pointe du doigt, la lâcheté, la couardise des élèves qui filment et qui rient,
01:40ce qui les rend complices.
01:43Et à ce titre, le SNALC réclame des sanctions exemplaires,
01:45à la fois pour les auteurs des actes de violence qui sont illégitimes,
01:51et des sanctions exemplaires envers les élèves qui filment.
01:55Je rappelle que pour le SNALC, rien ne justifie, rien ne justifie qu'on lève la main sur un agent
02:01dépositaire de l'autorité publique.
02:03Je le dis et je le répète en boucle, parce qu'il faut que ça rentre dans la tête des
02:07citoyens français.
02:08– Oui, mais sur ce qui s'est passé, qu'est-ce que l'on sait ?
02:13C'est ce que j'ai dit quand même, c'est-à-dire qu'il y avait des élèves dans
02:15un couloir qui faisaient en fait trop de bruit,
02:18et l'enseignant qui, lui, leur a demandé d'aller plus loin,
02:22et qui a dit, moi je vous filme sinon, quoi.
02:25C'est ça, et puis les élèves qui lui sont tombés dessus.
02:28– Non, il faut être précis dans l'effet.
02:32– Bien sûr, c'est pour ça que je vous pose la question.
02:35– Voilà, je vous remercie de me laisser la parole, je vous remercie de me poser cette question,
02:40parce qu'il y a des familles, des parents qui commentent, etc.
02:43Il faut repartir d'un premier point qui est celui du courage de cet enseignant.
02:48N'importe qui serait passé, la tête baissée, et laisser le bordel se généraliser,
02:53on réclame à des élèves de retirer leurs écouteurs,
02:56ils ne vous écoutent pas, de rétablir du calme, ils ne vous écoutent pas.
03:01Qu'est-ce que vous faites ? Vous demandez l'identité de ces élèves,
03:04puisque vous ne pouvez plus rentrer dans un lycée sans présenter la carte région
03:07où se trouve votre identité.
03:09Les gamins le déclinent, ils refusent d'obtempérer.
03:13Donc cet enseignant a eu l'intelligence de dire,
03:16je vais prendre une photo pour la transmettre à la vie scolaire.
03:20C'est là que les gamins pètent les boulons,
03:23qu'il y en a un qui commence à le tirer par le bras,
03:25à vouloir lui prendre le téléphone,
03:27l'autre qui lui met une pichinette sur la lunette,
03:29donc les lunettes tombent à terre, au moment où il se relève,
03:32il veut essayer de se défendre,
03:34et là s'en suit un lynchage qui est scandaleux.
03:38Alors il y a eu l'annonce d'une enquête flash.
03:45Oui, pas que ça.
03:48Notamment ça, et puis Édouard Cheffray, le ministre,
03:51qui demande lui l'ouverture d'une enquête administrative.
03:54Qu'est-ce que vous lui répondez ?
03:56Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
03:57Alors, moi je tiens quand même à saluer la rapidité d'exécution
04:02des services académiques et ministériels,
04:05parce qu'ils ont diligenté une enquête flash,
04:07mais aussi ils ont mandaté des équipes mobiles de sécurité,
04:11pour ramener de la sécurité aux abords,
04:13puisque vous le savez, il y a des lycéens qui appellent à un blocus,
04:16tous les lycéens de Montpellier qui appellent à un blocus.
04:18Moi j'appelle les lycéens à rester chez eux à l'école,
04:21d'étudier plutôt que d'aller foutre le bordel devant un établissement.
04:25Moi je tiens à saluer pour une fois, c'est pas une habitude au SNALC,
04:31de saluer la sortie du ministre qui a réagi avec fermeté
04:34et qui a apporté son soutien à la communauté éducative.
04:38Alors c'est rare, je le dis, parce que pour une fois on a agi,
04:42et on verra vendredi ce que dira l'enquête et ce que diront les inspecteurs.
04:47Alors moi ce qui me perturbe, ce qui perturbe le SNALC,
04:52c'est que certains continuent de dire qu'on manque de moyens.
04:57Oui certes, certes, certes, je rappelle qu'on est dans un bon lycée de Montpellier.
05:01Alors oui, on pourra pendant 300 ans dire qu'il manque des moyens,
05:05mettre un AED pour chaque élève.
05:06Moi je dis, le SNALC rappelle que nous pouvons agir dès à présent,
05:10en rappelant certaines règles.
05:12Les parents éduquent, les enseignants instruisent.
05:15Et pour ceux qui n'ont pas de parents,
05:18il faut mettre en place des dispositifs de suivi
05:20avec des personnels médico-sociaux et des psychologues scolaires.
05:23Je le dis pour le SNALC, rien ne justifie la violence.
05:28Il faut mettre fin à la banalisation de cette violence.
05:31On peut faire des choses très rapidement,
05:34revoir les règlements intérieurs des établissements,
05:37lancer, grâce à vous et à tous les médias qui sont là depuis vendredi,
05:41lancer un débat transpolitique, transpartisan,
05:44sur l'usage des smartphones et la connexion au réseau.
05:49Il faut redonner aux personnels de direction du temps pour les missions humaines.
05:53Recevoir les gamins, recevoir les enseignants.
05:56Pour le SNALC, je le rappelle, l'école doit redevenir la priorité de la nation.
06:00Et cela passe en premier lieu par la sécurisation de ses agents.
06:05Enseignants, AESH, AED, personnels de direction,
06:08picoleques scolaires, infirmiers, personnels de direction.
06:10Le SNALC, lui, respectera les positions de chacun.
06:13Mais il ne tolérera jamais que l'on trouve ou que l'on cherche des excuses.
06:18La violence n'a pas sa place.
06:20Et l'autorité, ça passe par le respect de chacun.
06:23Monsieur Roger, vous qui êtes certainement de ma génération,
06:27vous qui êtes certainement de ma génération,
06:29est-ce que vous pouvez imaginer que moi ou vous,
06:34on ait levé la main sur une enseignante dans les années 80 ou dans les années 90 ?
06:40Non.
06:40Est-ce que vous pouvez l'imaginer ?
06:42Ben non.
06:44Pourquoi ? Pourquoi, monsieur ?
06:46Parce que vous et moi, peut-être qu'on a été éduqués.
06:49Peut-être.
06:50Peut-être.
06:51Je me trompe.
06:51Peut-être qu'on se disait que le maître, c'est le symbole de l'autorité.
06:55Peut-être.
06:55Et pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, on se permet de frapper des familles,
07:00de légitimer et troisièmement de filmer ?
07:03C'est un scandale, monsieur Roger.
07:05J'espère que dans les médias, à force de le redire et de le redire,
07:09on posera un débat public.
07:10Et j'en appelle à notre président de la République.
07:13Il faut qu'il arrête son blabla sur les rythmes scolaires,
07:16sur la réduction des vacances.
07:18Qu'il ramène de la sécurisation aux agents dépositaires de l'autorité publique.
07:22C'est une priorité.
07:24Et ensuite, il faut lancer un débat sur la santé mentale des élèves et des enfants
07:28depuis la sortie du Covid.
07:30Les gamins pètent les boulons dans des endroits où ils n'ont pas à les péter.
07:34Nous sommes dans le Sud.
07:35Il fait beau.
07:36Il ne manque que de rien.
07:38Donc, on ne peut pas justifier l'injustifiable.
07:41Merci en tout cas pour, écoutez, cette prise de parole très claire, très cash.
07:47C'est du parle en vrai.
07:48C'est sur Sud Radio.
07:50Et on va suivre ça, Karim Elwardy.
07:52Évidemment qu'on va suivre ce qui se passe et du côté des résultats de l'enquête.
07:56Et on comprend complètement votre colère après ce qui s'est passé.
08:01Merci d'être intervenu ce matin sur Sud Radio.
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