00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:05Il est 7h41, Sud Radio vous explique pourquoi, sur une boucle WhatsApp,
00:12après ce qui s'est passé et le meurtre de Quentin à Lyon,
00:15eh bien il y a des profs de Sciences Po qui ont justifié en quelque sorte la mort de Quentin,
00:20une révélation du Figaro en fin de semaine,
00:23ces nazillons ont récolté ce qu'ils cherchaient.
00:27Voilà ce que l'on a pu lire.
00:30Avec des professeurs qui défendent l'idée que le lynchage de Quentin de Ranck était mérité.
00:35Nous sommes avec Patrick Martin Genier, qui est professeur à Sciences Po Paris.
00:41Bonjour, merci d'être avec nous Patrick Martin Genier.
00:45Bonjour à vous.
00:47Vous avez pris connaissance aussi de ces propos.
00:50Est-ce que vous avez été choqué par les commentaires de ces collègues ?
00:54Écoutez, on ne peut qu'être choqué de ce qui se passe,
00:57ce qui revient à justifier un lynchage collectif, un meurtre collectif, un assassinat.
01:03Bien évidemment que des enseignants à Sciences Po qui sont, je pense, des intervenants extérieurs.
01:09Ce genre de propos est absolument inacceptable car ça revient à justifier une violence politique.
01:15Personne ne devrait pouvoir mourir pour ces idées politiques.
01:19Non seulement ça justifie la violence politique,
01:21mais on justifie a posteriori ce qui a été un véritable lynchage, un véritable meurtre.
01:27Oui, c'est ça.
01:28Alors, je précise que ce n'était pas une boucle et une discussion administrée par Sciences Po.
01:34C'était un groupe, entre guillemets, informel.
01:36Il ne faut pas évidemment tout confondre.
01:39Mais tout de même, ça relate quand même une certaine, peut-être, complaisance de certains enseignants.
01:49Notamment, on en parle beaucoup à Sciences Po.
01:52Il y a eu des conférences qui étaient ambiguës depuis quelques années, Patrick Martin-Jeunier.
02:01Oui, je crois que malheureusement, il y a eu un laissé-aller.
02:04Il y a eu une sorte de tolérance, vous savez.
02:06J'étais à Sciences Po, quand j'y allais l'année dernière, au plus fort de la crise à Gaza,
02:12au plus fort de la guerre à Gaza.
02:14Il y avait encore des otages israéliens aux mains de l'organisation terroriste.
02:19Et on défilait, on dansait même, j'allais dire, en faveur de la cause palestinienne,
02:23mais pas uniquement.
02:24Il y avait des gens qui étaient proie masse là-dedans.
02:26Et malheureusement, il y a eu une sorte de tolérance fautive
02:29vis-à-vis de ce genre d'action.
02:32Et certes, là, vous l'avez dit, c'est une boucle tout à fait informelle,
02:37mais c'est totalement inacceptable de voir que des enseignants à Sciences Po,
02:41cette vénérable institution qui forme les dirigeants de la République,
02:45aient pu laisser se développer ce genre d'action.
02:47C'est tout à fait inacceptable.
02:49D'autant qu'on trouve là-dedans un prof d'économie,
02:52et puis aussi un professeur de sport.
02:54Ce ne sont pas du tout les valeurs du sport.
02:56Donc oui, il y a eu une tolérance fautive.
02:58Je crois que l'administration Sciences Po n'a peut-être pas été assez attentive.
03:02Mais je crois que l'actuelle direction est maintenant bien plus attentive sur ce genre de choses.
03:06Il faut absolument interdire ce genre de débordement.
03:10Et j'espère que la direction de Sciences Po,
03:12même si elle n'est pas directement responsable de cela,
03:15va réagir parce que c'est totalement contraire,
03:18non seulement aux règles les plus élémentaires de respect d'une victime,
03:22mais aussi aux règles déontologiques des enseignants.
03:24Oui. Alors, est-ce que, quelque part, on récolte ce qu'on a laissé pendant des années,
03:30peut-être, proliférer, notamment à Sciences Po ?
03:36On l'a vu, il y avait eu un sondage il y a quelques années,
03:38on voyait que beaucoup des personnes,
03:41enfin, ce n'est pas si vieux, même, il y a eu un comptage,
03:44qu'on invitait beaucoup plus des gens de gauche et d'extrême-gauche
03:48que des gens dits de droite, des politiques à l'intérieur de l'enceinte.
03:53Autrement dit, tous les gens qui n'étaient pas à gauche
03:56n'étaient pas forcément les bienvenus dans l'enceinte de Sciences Po
03:59pour tenir des conférences.
04:01Alors, c'est peut-être un peu caricatural, ce que je dis,
04:03mais c'est ce qui est ressorti, quand même, à travers une comptabilité.
04:08Oui, a priori, c'est vrai qu'il y a beaucoup d'enseignants,
04:13beaucoup d'étudiants de gauche, vous savez,
04:15moi-même, j'ai été étudiant à Sciences Po il y a 40 ans,
04:18mais ce n'était pas du tout la même chose, vous voyez.
04:20Chacun se partageait la parole,
04:22on respectait les affichages pour les uns et pour les autres,
04:26et c'est vrai qu'au cours des dix dernières années,
04:28on a vu, en quelque sorte, l'extrême-gauche proliférer sans contrôle,
04:32et puis, oui, d'une certaine façon,
04:34Sciences Po a été gangrenée par l'extrême-gauche
04:37depuis une dizaine d'années,
04:38et on n'a peut-être pas fait suffisamment attention
04:40sur la qualité des intervenants qui venaient à Sciences Po Paris,
04:44mais aussi Sciences Po Lyon.
04:46La venue de Rima Hassan est particulièrement scandaleuse,
04:49avec les propos qu'elle a tenus depuis quelques années.
04:51Donc, je crois qu'il y a eu à laisser aller
04:54un manque, effectivement, de contrôle des intervenants à Sciences Po,
04:59car la liberté académique veut qu'on respecte,
05:02et bien que chacun puisse s'exprimer,
05:04mais il y a eu à laisser aller,
05:06il y a eu une sorte de tolérance vis-à-vis de l'extrême-gauche,
05:09et c'est cela que Sciences Po doit reprendre en main aujourd'hui.
05:12Oui, c'est ça, avec le directeur, d'ailleurs, de Sciences Po,
05:15qui a manifesté à plusieurs reprises depuis sa nomination,
05:19sa volonté, justement, de limiter cette expression
05:22de discours politique extrémiste, bien sûr.
05:26Et puis même, juste un dernier mot,
05:28est-ce que vous, vous êtes favorable à ce qu'il y ait toujours
05:30des politiques qui viennent à l'intérieur de Sciences Po,
05:32pour tenir des conférences ?
05:34Mais, bien sûr, vous savez, ça a toujours été le cas,
05:37moi, je me rappelle de l'élection présidentielle de 1981,
05:41lorsque j'étais jeune étudiant à Sciences Po,
05:43tout le monde venait s'exprimer,
05:44François Mitterrand, Michel Rocard,
05:46mais aussi des gens de droite qui étaient candidats,
05:48Raymond Barre, lui-même, était enseignant à Sciences Po,
05:51mais c'était à un autre niveau, bien à un autre niveau.
05:54C'était des gens qui respectaient les valeurs de la République,
05:56de droite comme de gauche,
05:58et c'est ça, aujourd'hui, effectivement.
06:00On continue à respecter cette liberté académique,
06:02c'est une excellente chose,
06:03mais il y a des seuils au-delà desquels,
06:06naturellement, il ne faut pas aller.
06:07Dès lors, vous tenez des propos absolument inacceptables
06:10par rapport aux valeurs de la République.
06:11Merci beaucoup, Patrick Martin-Jeunier,
06:14professeur, donc, justement, à Sciences Po,
06:16d'être intervenu ce matin sur Sud Radio.
Commentaires