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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00De retour sur le plateau de BFM, grand soir avec l'autre grande actualité de ce dimanche soir, c'est
00:05la défaite, défaite surprise de Viktor Orban en Hongrie.
00:09Regardez ces images en direct, images de cette foule immense réunies à Budapest dans le cœur de la ville puisque
00:17les Hongrois étaient appelés aux urnes aujourd'hui pour les élections législatives.
00:20Viktor Orban, 62 ans, a donc été battu ce soir par son opposant, conservateur pro-européen, Peter Magyar, 45 ans,
00:28cela faisait, on le disait, 16 ans qu'il était Premier ministre à la fermeture des bureaux de vote à
00:3219h.
00:33Il se disait même, Viktor Orban, profondément optimiste.
00:36Oui, alors c'était son candidat, son opposant, Peter Magyar, qui se disait profondément optimiste, bien évidemment.
00:41Viktor Orban, lui, il reconnaît sa défaite et vous allez l'entendre, de quelle manière il parle de défaite douloureuse,
00:48Viktor Orban.
00:51Ni la responsabilité, ni l'opportunité de gouverner ne nous ont été données. J'ai félicité le parti gagnant.
01:01Image donc de cette foule en Hongrie ce soir à Budapest, Bertrand Galichet.
01:07C'est une surprise, Viktor Orban, après 16 ans de pouvoir où finalement on pouvait s'y attendre, sa cote
01:14de popularité avait sensiblement baissé ces dernières années, ces derniers mois.
01:19Alors ça n'est pas une surprise si on a fait confiance au sondage qui donnait quand même Peter Magyar
01:25vainqueur.
01:26La question qui reste en suspens ce soir, d'après les dernières informations que j'ai, c'est que Magyar
01:32aurait les deux tiers de voix au Parlement,
01:35donc ça veut dire une majorité absolue, ce qui lui permettrait de changer véritablement le visage de la Hongrie.
01:41On s'attendait à un tel écart entre les deux candidats ?
01:43Alors les sondages étaient quand même assez favorables et assez clairs, mais ce qui finalement retenait les Hongrois dans leur
01:51enthousiasme,
01:52c'est le fait qu'Orban avait installé un système qui semblait contrôler le pays.
01:57Un système à qui est à sa cause ?
01:58Ad vitam. Et donc voilà, on craignait que les élections ne soient pas aussi sincères et transparentes qu'elles auraient
02:04pu l'être.
02:05Et qu'elles ont été, semble-t-il, puisque ce résultat semble finalement refléter véritablement la majorité de la volonté
02:14du peuple hongrois
02:16qui ce soir finalement renoue avec l'Europe, c'est vrai, mais en sachant que Peter Magyar n'est pas
02:22un européiste,
02:23c'est un pro-européen, député européen, donc qui veut entretenir de bonnes relations avec l'Europe,
02:30mais c'est quand même d'une certaine façon un souverainiste et il tient à l'identité de la Hongrie.
02:35Ça je crois qu'il ne faut pas se tromper sur la nature finalement de sa ligne politique.
02:40– Regardez ces images de cette foule en direct de Budapest en Hongrie, on a aperçu tout à l'heure
02:45le Parlement hongrois,
02:46nous sommes en direct avec François Calfon, merci d'être avec nous François Calfon, député, on le rappelle, européen, PS
02:52Place Publique.
02:53C'est la victoire de l'Europe ce soir, la victoire de Peter Magyar ?
02:58– C'est d'abord la victoire de l'ancrage européen des Hongrois.
03:02Depuis quelques semaines, M. Orban tenait des propos délirants, n'est-ce pas, sur Zelensky et l'Ukraine.
03:09– Les liens avérés de son ministre des Affaires étrangères avec M. Lavrov dans une conversation
03:15ont été une mémoire douloureuse pour les Hongrois parce que ceux-ci se rappellent de 56 des tanks soviétiques d
03:23'ambulapest
03:24et ils ont refusé, d'ailleurs c'est au cri de les Russes dehors qu'ils ont voté massivement pour
03:30Peter Magyar.
03:30Oui bien sûr que c'est un ancrage européen qu'a choisi la Hongrie, rejetant la Russie de Poutine ou
03:36l'Amérique de Trump.
03:37Et je le dis au passage puisque je suis parlementaire européen, le Fidesz, le parti d'Orban siège au Parlement
03:43européen
03:44avec le Rassemblement national. Donc je veux dire que c'est aussi une défaite de toutes ces…
03:48– La défaite d'ailleurs.
03:49– Oui bien sûr, c'est M. Bardella et la représente de M. Orban qui siège ensemble dans le groupe
03:55Les Patriotes.
03:55Donc c'est une défaite pour l'extrême droite européenne ce soir, ce qui est plutôt un bon signe.
03:59Et je crois que ce soir les Hongrois, ça a été dit par votre commentateur, sont surpris quelque part
04:06que le processus électoral n'ait pas été entamé et entaché d'irrégularités
04:11qui auraient remis en cause cette majorité européenne, cet ancrage européen de la Hongrie.
04:18Je crois que les Hongrois y tenaient beaucoup ce soir.
04:20– Marine Le Pen qui est allée, précisons-le, soutenir même Victor Orban en mars dernier
04:25avec d'autres dirigeants nationalistes européens.
04:29Ulysse Gosset, quand Ursula von der Leyen dit ce soir que le cœur de l'Europe bat de nouveau en
04:37Hongrie,
04:37ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça va faciliter la discussion avec ce pays
04:41qui bloquait de nombreuses décisions ces dernières années ?
04:44– Ça veut dire que Victor Orban était devenu la bête noire de l'Union européenne
04:48et en particulier de Ursula von der Leyen.
04:51Vous savez comment on dit félicitations en hongrois ?
04:53– Non.
04:54– Gratulok.
04:54Et donc, gratulok, c'est ce que disent tous les Européens convaincus d'Ursula von der Leyen
05:00au chancelier allemand, Mörz, à Emmanuel Macron.
05:04– Pedro Sanchez à l'instant.
05:05– Pedro Sanchez aussi.
05:06– Salut la victoire de l'Europe et des valeurs européennes, le Premier ministre fait sa gueule.
05:09– Parce qu'il était devenu, si vous voulez, un blocage.
05:12C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y avait un Conseil européen,
05:15notamment sur les décisions fondamentales comme l'aide à l'Ukraine,
05:18Victor Orban bloquait et menaçait soit de quitter l'Europe,
05:23soit de bloquer complètement les aides.
05:27Et à chaque fois, il fallait le convaincre, lui expliquer
05:30et lui, en échange, demandait des subventions, etc.
05:33Et donc, il y avait une forme de chantage hongrois, si j'ose dire, sous son mandat.
05:38Mais oui, c'est une bonne nouvelle pour les Européens.
05:42En même temps, il faut bien avoir conscience que ce n'est pas non plus un basculement de la droite
05:47vers la gauche.
05:48C'est Peter Maguire, c'est un député qui appartenait au parti de Victor Orban.
05:55– C'est un conservateur aussi.
05:56– C'est un conservateur libéral, mais qui est convaincu qu'il faut restaurer l'état de droit,
06:03l'indépendance de la presse, qu'il faut augmenter les allocations familiales,
06:07qu'il faut augmenter les retraites.
06:09Bref, il faut changer beaucoup de choses face à ce Victor Orban,
06:13qui était devenu un dirigeant très autoritaire.
06:15– Il y a eu beaucoup de zones d'ombre, parce qu'on lui a posé la question
06:17pendant la campagne sur la communauté LGBT, il est resté assez vague.
06:21On attend de voir aussi.
06:22Ce n'est pas, comme vous l'avez dit, un affrontement entre un gauchiste et un nationaliste.
06:27– Non, c'était d'une certaine manière une bataille à l'intérieur du camp conservateur.
06:31On peut dire que Peter Maguire, c'est plutôt quelqu'un qui est de centre droit,
06:35mais qui, comme beaucoup de Hongrois, n'était pas du tout d'accord
06:38avec les orientations de Victor Orban relative, encore une fois très important,
06:44à l'état de droit, au contrôle de la presse, à l'encadrement des juges,
06:51donc à la mise sous surveillance de la justice,
06:53et aussi à la corruption du régime qui était devenue, je dirais, omniprésente
06:58et qui favorisait notamment des proches de Victor Orban.
07:01Il y avait une forme de gouvernement clannique en Hongrie
07:06qui était devenue extrêmement importante
07:09et qui expliquait le rejet et la dissidence de Peter Maguire de son propre parti.
07:16Mais ce qu'il faut dire ce soir, ce qui est très important,
07:18qu'on soit pour ou contre, c'est que Victor Orban a tout de suite appelé son opposant.
07:23– Alors les résultats ne sont pas définis.
07:24– Il l'a félicité alors qu'on n'a pas encore les résultats.
07:27Et ça, c'est une bonne nouvelle pour la démocratie en général.
07:30J'ajoute une chose, c'est que cette victoire, on va devoir la mesurer, je dirais, au vote près
07:35parce que tout va se jouer ensuite au Parlement.
07:38S'il obtient les deux tiers des sièges, alors il pourra gouverner comme il l'entend
07:42en appliquant ces réformes.
07:44S'il a juste la majorité, ça ne suffira pas.
07:46Et donc, ça sera difficile pour lui de gouverner.
07:48Donc, tout n'est pas encore joué au-delà du symbole de cette victoire.
07:51– Bertrand Galichet, sa campagne à Victor Orban a été très agressive.
07:55Il affirmait récemment que sa défaite entraînerait, je le cite,
07:57son pays dans la guerre aux côtés de l'Ukraine.
08:00C'est vrai qu'il en a pris pour son grade, Volodymyr Zelensky,
08:03ces derniers jours, ces dernières semaines, de la part de Victor Orban.
08:06– Mais c'était aussi pour discréditer son adversaire.
08:11Orban a beaucoup joué sur cette corde sensible pour les Hongrois
08:14qui ne veulent pas, évidemment, être entraînés dans une guerre contre l'Ukraine.
08:17Et à chaque meeting, Orban soulignait que si c'était Magyar qui arrivait aux commandes du pays,
08:25eh bien, le côté aide européenne sans limite à l'Ukraine prendrait le pas.
08:34Et à chaque fois, Magyar était obligé de revenir sur ses déclarations en disant,
08:38« Mais non, pas du tout, moi je ne suis pas pour une aide sans condition à l'Ukraine,
08:43en tout cas pas d'aide militaire. »
08:46Sur le côté illibéral du régime qui vient de s'achever là,
08:49vous vous souvenez peut-être qu'il y avait eu cette réflexion célèbre
08:54de l'ancien président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker,
08:57qui avait accueilli un jour à Bruxelles Victor Orban en lui disant « Salut dictateur ! »
09:03Et c'était devant les micros et les caméras.
09:05Alors c'était un clin d'œil, évidemment, mais ça reflétait quand même
09:09cette espèce de gêne qui existait au sein de l'Union européenne,
09:13d'avoir un personnage qui était en dehors des clous sur la démocratie
09:20et sur les pratiques démocratiques généralement respectées dans le reste de l'Europe.
09:25Et qui s'est radicalisé au fil des années aussi dans son pays,
09:28alors qu'on continue de voir, regardez, cette foule avec le gagnant,
09:32puisque c'est lui, Victor Maguire, qu'on voit ici à l'écran,
09:36donc 45 ans, ce candidat conservateur, ancien compagnon de route
09:41il y a quelques années de Victor Orban, puis qui s'en est détaché,
09:44aujourd'hui pro-européen, la présidente de la Commission,
09:49Ursula von der Leyen, qui félicite la Hongrie et qui dit ce soir
09:53que le cœur de l'Europe bat de nouveau en Hongrie.
09:56Effectivement, Volodymyr Zelensky doit être peut-être soulagé ce soir,
10:00je ne sais pas, en tout cas il doit se féliciter aussi de cette victoire.
10:02Pour Vladimir Poutine, ça devient plus compliqué,
10:04il n'a plus d'allié aujourd'hui en Europe ou pas ?
10:06Il perd un allié important au sein de l'Union Européenne,
10:10c'est-à-dire qu'il avait, je dirais, sa voix au sein de l'Union Européenne,
10:17puisque Orban bloquait quasiment toutes les décisions qui étaient hostiles à la Russie.
10:22Or, l'Europe d'une façon générale est aujourd'hui en opposition avec Poutine
10:28sur l'Ukraine et sur bien d'autres choses.
10:30Orban était le seul, finalement, interlocuteur, le seul à pouvoir lui parler.
10:33C'était le plus important, c'était le chef de file des illibéraux, comme on dit aujourd'hui.
10:39Mais ce n'est pas simplement une défaite pour Poutine,
10:42c'est aussi une défaite pour Donald Trump.
10:44Oui, on se rappelle que Judy Van s'était venu mardi à Budapest
10:47et qu'il avait dit, si jamais la Hongrie d'Orban gagne, on l'aidera économiquement.
10:52Absolument, et Trump avait dit, je ferai un chèque de 10 milliards de dollars s'il gagne.
10:56C'était une façon de dire aux Hongrois, votez pour Victor Orban, ça n'a pas fonctionné.
11:00Mais comme si Donald Trump pouvait penser qu'on achetait ainsi les voix des Hongrois.
11:05Mais c'est ce qu'il avait en tête, visiblement, ça avait marché au Chili, souvenez-vous.
11:09Mais donc, si vous voulez, l'idée, c'est que, en fait,
11:12Victor Orban n'avait pas vu venir cet opposant de l'intérieur, si j'ose dire.
11:16Il en avait bien compris qu'il s'était un peu détaché de lui,
11:20qu'il avait créé son propre parti.
11:21Mais pour lui, c'était quand même un souverainiste hongrois qui était, au fond, assez d'accord avec lui.
11:27Mais c'est la dérive autoritaire de Victor Orban,
11:29c'est sa vassalisation avec la Russie qui a fait qu'il y a eu un mécontentement grandissant
11:36et pas simplement sur la gauche.
11:37Mais le chômage aussi est pris en hausse qui progresse.
11:40Une inflation très forte.
11:40Une inflation de plus de 50% depuis quelques années.
11:44Oui, une très forte inflation qui contrastait avec les débuts de Victor Orban,
11:47où il avait réussi à relancer l'économie, à faire augmenter les salaires.
11:50C'était un peu l'âge d'or et il en avait largement bénéficié.
11:53Il faut rappeler qu'il avait été très, très confortablement élu.
11:56C'était un véritable plébiscite au début.
11:58Mais il y a aussi l'usure du pouvoir.
12:00Vous avez dit, le nouveau à 45 ans, Orban en a 62.
12:05C'est une nouvelle génération qui arrive au pouvoir.
12:07Est-ce que cette élection a pu se jouer sur le thème de l'Europe ?
12:11Parce que là, ce que je vois sur les images, c'est beaucoup de drapeaux hongrois,
12:14peu de drapeaux européens.
12:16Est-ce que l'Europe a été si déterminant ?
12:19On dit qu'il y a un candidat pro-européen et un qui était moins attaché.
12:22Non, non, ils sont tous les deux européens, mais ils sont tous les deux souverainistes.
12:27Et d'ailleurs, le fait qu'ils se promènent comme ça avec un drapeau hongrois,
12:30c'est un symbole très fort.
12:32C'est ce que j'ai dit.
12:33Qui affiche sa souveraineté.
12:35Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne croient pas non plus en l'Europe.
12:38C'est-à-dire que c'est une nation, la Hongrie, souveraine, qui fait partie de l'Union Européenne.
12:45Et qui peut afficher sa différence.
12:48Ça ne veut pas dire que ça sera toujours facile pour les négociations avec Bruxelles.
12:55Il y a eu quand même, pendant le règne de Viktor Orban, une très grande défiance et une très grande
13:01critique à l'égard de l'Union Européenne.
13:04Mais il faut dire qu'il y avait la question de l'Ukraine, mais il y avait aussi la question
13:07de l'utilisation des fonds européens,
13:09qui sont très nombreux.
13:10À chaque fois qu'il y avait un conflit avec Orban...
13:12Et il y en a eu, je sais s'il y en a eu.
13:14Oui, il demandait plus d'argent et plus de fonds.
13:18La question, c'est comment étaient utilisés ces fonds ?
13:20Et c'est là qu'on a découvert qu'il y avait beaucoup de corruption, beaucoup de favoritisme.
13:25Encore une fois, une culture du clan qui favorisait ses proches.
13:28Et puis, il y avait beaucoup d'atteintes à l'État de droit.
13:32La mise sous cloche de la presse, qui a évidemment suscité les critiques de l'Union Européenne.
13:40Mais donc, c'est une victoire importante.
13:43C'est un changement de règne, un changement de Premier ministre.
13:49Mais on va devoir mesurer au plus près comment il gouverne
13:54et quels sont concrètement ses premiers pas en direction de l'Europe.
13:57Alors qu'on voit là le Parlement hongrois, Bertrand Galiché.
14:00On dit qu'il a été plutôt habile, très très présent sur les réseaux sociaux pendant toute sa campagne.
14:05Peter Maguire, ça a pu l'aider.
14:07Ça a aussi ce côté de parler aux jeunes, à la population qui n'était pas forcément inquise à Viktor
14:12Orban ?
14:12Bien sûr. Et c'est effectivement lié aussi à son âge et à la différence d'âge avec Viktor Orban.
14:18C'est une autre génération, finalement.
14:20Et donc, ça compte beaucoup, notamment pour la jeunesse.
14:24Mais même si, sur le fond, il faut aussi le rappeler,
14:28les questions sociétales ne sont pas si antagonistes, finalement, entre les deux candidats.
14:36Et ce qui les sépare, c'est plus le rétablissement de l'État de droit
14:40et c'est plus la perspective, finalement, de retrouver un cadre de croissance et de prospérité pour la Hongrie qui
14:47en a besoin.
14:48Et on est en ligne avec le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad.
14:52Bonsoir, merci d'être avec nous sur BFM TV.
14:56Une première réaction après la défaite de Viktor Orban et la victoire de Peter Maguire que vous aviez rencontrée, je
15:04crois.
15:05Oui, tout à fait. J'ai rencontré Peter Maguire à Budapest avec le président de la République fin 2024.
15:12On a évidemment suivi de très près cette élection qui était cruciale à la fois pour la démocratie hongroise,
15:17le peuple hongrois et bien sûr pour l'avenir de l'Union européenne.
15:20C'est une victoire très impressionnante qui a été remportée par Peter Maguire.
15:25Je tiens évidemment à le féliciter.
15:27On va beaucoup travailler avec la Hongrie, bien sûr, sur des sujets comme le soutien à l'Ukraine,
15:33comme l'avenir de la construction européenne, comme la relation bilatérale et l'amitié entre nos deux nations.
15:38Donc c'est une élection historique, importante, à la fois pour la Hongrie, pour l'avenir de la démocratie en
15:45Europe
15:45et pour la relation entre nos deux pays.
15:48Benjamin Haddad, vous qui vous êtes souvent rendu en Ukraine, c'est aussi une sorte de victoire pour les Ukrainiens
15:54quand on sait que Viktor Orban a fait sa campagne anti-Ukraine, anti-Zelensky, avec des mots assez durs.
16:00Fidesz, donc le parti de Viktor Orban, était la seule garantie, disait-il, pour que notre argent n'alle pas
16:05à Kiev ou multinationales
16:06et que nos fils ne partent pas à la guerre.
16:10Vous avez tout à fait raison.
16:11Viktor Orban avait fait une campagne vraiment centrée sur la question de l'Ukraine,
16:16avec beaucoup d'attaques personnelles, à la fois contre le président Zelensky,
16:20mais aussi d'ailleurs contre les dirigeants européens plus généralement.
16:23Clairement, cette stratégie, ce discours anti-européen, anti-ukrainien a été désavoué en masse par le peuple hongrois.
16:30On sait que la Hongrie a souvent bloqué un certain nombre d'initiatives, que ce soit sur l'élargissement.
16:37Là, on est en train de finaliser un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine,
16:43à la fois sur le soutien économique et militaire, pour donner de la visibilité aux Ukrainiens
16:46dans leur résistance contre la Russie sur les deux prochaines années.
16:49La Hongrie, pourtant, avait soutenu en principe ce prêt en décembre, mais depuis s'y opposer.
16:55Donc, pour continuer à créer du consensus en Europe et continuer à soutenir notre souveraineté,
17:00nos intérêts, notamment dans le soutien à l'Ukraine, là aussi, c'est une étape importante.
17:06Merci beaucoup, Benjamin Haddad.
17:08Et on peut citer à l'instant la première réaction.
17:11On parlait du camp nationaliste en Europe, la première réaction de Jordan Bardella,
17:15le président du Rassemblement national, Ulysse, qui dit, je cite,
17:19« Victor Orban est un grand patriote qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de l'Hongrie ».
17:23Bref, il rend hommage à Victor Orban.
17:25Espérons de son successeur, Peter Maguire, donc vous voyez ici à l'écran,
17:29qu'il gouverne dans l'intérêt exclusif de son pays et de son peuple.
17:32Le camp illibéral auquel fait partie le Rassemblement national perd ce soir un allié de poids.
17:37Oui, c'est très clair.
17:40Et d'ailleurs, pendant la campagne, vous vous souvenez qu'il y a eu un grand meeting organisé par Victor
17:44Orban à Budapest
17:46et qui avait rassemblé tous les mouvements, les nationalistes conservateurs, patriotes, entre guillemets,
17:53dont le Rassemblement national.
17:55Mais pas simplement, parce qu'il y avait eu pendant ce meeting,
17:58il y avait eu le président argentin, Javier Milley,
18:01il y avait le premier ministre de Géorgie, le premier dirigeant serbe de Bosnie-Herzégovine
18:08et également l'allemande Alice Wedel du parti AFD d'extrême droite
18:13et l'autrichien Herbert Kickel.
18:15Donc il avait en fait internationalisé, si vous voulez, sa campagne
18:20avec le soutien des principaux dirigeants des partis souverainistes ou nationalistes européens.
18:28Donc on comprend la réaction de Jordane Bardella aujourd'hui.
18:32C'est une défaite pour Marine Le Pen et pour Jordane Bardella.
18:34On le comprend bien dans ses mots, effectivement.
18:35Voilà.
18:37Mais encore une fois, il faut être prudent sur l'avenir
18:39parce que ce n'est pas un renversement complet.
18:43Peter Maga avait eu des mots très durs sur Orban.
18:46Il avait parlé de système criminel.
18:48Il y a eu un scandale qui s'appelait l'Orban Gate, comme Victor Orban,
18:53qui était le suivant.
18:55Les services de renseignement du pouvoir avaient infiltré
18:59les réseaux informatiques du parti de Peter Maga.
19:03Et cette affaire avait été révélée pendant la campagne.
19:07Et donc c'est un véritable scandale d'État.
19:09Et ça, ça avait beaucoup, beaucoup déçu les Hongrois.
19:12Et c'est l'une des raisons notamment pour lesquelles,
19:14aujourd'hui, la victoire de l'opposant est si nette.
19:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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