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  • il y a 19 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Revenons, si vous voulez bien, sur l'une des informations de la soirée, puisqu'on apprenait il y a quelques
00:04minutes que des propositions avaient été faites de part et d'autre pour tenter un accord, une sortie de crise.
00:11Vous les voyez à l'écran, ces propositions s'affichaient, et notamment ce cessez-le-feu. Les États-Unis, Laurence
00:18Haim, on vous retrouve en Floride, où se trouve en ce moment Donald Trump, les États-Unis proposent un cessez
00:24-le-feu de deux mois.
00:25– Oui, évidemment, ce n'est pas confirmé côté américain, cette information vous est parvenue, il nous est parvenue par
00:33le côté iranien.
00:35Et pour le moment, ici en Floride, depuis hier soir, à part jouer au golf et aller chez le dentiste,
00:40Donald Trump et les siens restent totalement invisibles.
00:43Alors Donald Trump a passé la journée ici à Mar-a-Lago, avec Valentine Rippe qui m'accompagne, nous nous
00:48trouvons.
00:49Mar-a-Lago, c'est ce club privé, vous le voyez, beaucoup de voitures, beaucoup de membres de Mar-a
00:55-Lago qui aiment chaque week-end essayer de côtoyer le président américain.
00:59On a vu le convoi présidentiel de Donald Trump revenir de chez le dentiste.
01:04Ce matin, Donald Trump a joué au golf et on est vraiment complètement décalé par rapport à l'anxiété de
01:09la situation internationale qu'on couvre tous pour BFM.
01:12Ce que je peux vous dire, c'est que pour le moment, dans le planning officiel, Donald Trump doit partir
01:17ce soir à Miami dans quelques instants, à peu près une heure de trajet.
01:22Et ensuite, il dormira sur son club de golf à côté de Miami avant demain d'aller en famille assister,
01:30selon son programme officiel, à un championnat de golf.
01:33Pour le moment, aucune précision si Donald Trump va officiellement réagir à ce que disent les Iraniens.
01:39Et en tout cas, dans la proposition iranienne, de manière sérieuse et journalistique, Donald Trump n'a cessé de répéter
01:46depuis 48 heures à ses supporters, aux milliardaires,
01:49qu'il fallait absolument que s'il y a un accord, le nucléaire soit dans cet accord.
01:54Dans la proposition iranienne, à notre connaissance telle qu'on le décrit depuis quelques instants, le mot nucléaire n'est
01:59pas mentionné.
02:00Laurence, une toute petite dernière question, puisque vous avez suivi ce meeting à Villages devant sa base MAGA, Donald Trump.
02:07On voit, et vous les avez interrogés, c'est sur Porter hier, que quoi qu'il arrive, elle est prête
02:11à le suivre.
02:12Peut-elle néanmoins, à votre avis, continuer à le suivre, Donald Trump, en cas de poursuite de frappes puissantes, massives,
02:19dans cette guerre ?
02:22Alors, c'est une très bonne question, Anne, parce que pas forcément.
02:26Et c'est ça qui est intéressant, c'est que la base MAGA, elle soutient toujours Donald Trump.
02:30Elle adore Donald Trump et elle adore le show que fait Donald Trump à chacun de ses meetings.
02:35Et hier, c'était vraiment encore une fois un show, il a dansé au YMCA.
02:38À un moment donné, il a imité sur le problème, il a imité quelqu'un qui faisait des haltères en
02:45relançant la polémique sur un athlète LGBT.
02:49Il aime faire des shows, il aime rassurer la base sur des thèmes qui sont chers à la base MAGA.
02:54Mais la guerre en Iran, elle n'est pas du tout populaire et tous les sondages le montrent.
02:58Il y a l'essence qui est très chère.
02:59C'est très important pour les Américains qui prennent beaucoup leur voiture pour aller au travail.
03:04Le coût de la nourriture n'a pas baissé.
03:06Il y a vraiment une disparité économique entre des gens, oui, qui ont des investissements à Wall Street et qui
03:11gagnent beaucoup d'argent.
03:12Mais une classe moyenne de plus en plus paupérisée.
03:15Et cette base MAGA qui n'est pas riche, qui a voté pour Donald Trump.
03:18Et c'est pour ça que Donald Trump le sait bien et n'arrête pas de dire à ses conseillers.
03:23Il faut que la guerre en Iran se termine le plus vite possible.
03:26Essayons de trouver une solution.
03:27Et c'est une situation un peu compliquée parce que la base MAGA, encore une fois, traumatisée par la guerre
03:32en Irak, traumatisée par la guerre en Afghanistan,
03:35eh bien la guerre en Iran, elle n'est pas du tout populaire dans la base MAGA.
03:38– Merci beaucoup, Laurent Saïm, avec Valentine Ribes.
03:42Il y a des priorités dans la vie et vous le savez, le golf pour Donald Trump, c'est une
03:46priorité.
03:47Regardez ces photos prises aujourd'hui.
03:50Donc le président, voilà, qui est parti faire du golf.
03:52Il y a quand même un décalage, Jean-Claude Beaujour, assez sidérant entre un président qui est en guerre
03:57et puis qui prend, disons-le, du bon temps.
04:00Regardez-le, il a l'air heureux.
04:01Il prend la pause.
04:02Il y a quoi dans la tête de Donald Trump ?
04:03Il est déterminé à obtenir un accord ou alors résigné à se dire, de toute façon, cette guerre, elle va
04:09continuer ?
04:09– Je crois que le président fait de la communication.
04:11C'est peut-être de la communication de guerre, mais de la communication.
04:15Deux choses, tout à l'heure…
04:17– Ça, c'est un président qui vous paraît inquiet, ça ?
04:18– Il fait de la communication parce qu'il doit rassurer.
04:22Dans le courant de la semaine, son secrétaire à la Défense est allé devant la commission des forces armées du
04:30Congrès
04:31pour expliquer l'objectif globalement, comme si on ne l'avait pas compris
04:36ou parce qu'on n'avait vraiment pas compris l'objectif de l'opération.
04:44Et Piquex-7 a redit à plusieurs reprises, il a dit, mais vous savez, le risque, c'est le nucléaire.
04:51Qu'est-ce que vous croyez ? Une guerre n'est pas, ça n'a rien agréable.
04:55Regardez, est-ce que vous préférez avoir une bonne guerre ?
04:58Bref, donc on aura bien compris, alors même que certaines guerres prennent plusieurs mois,
05:03plusieurs années contre l'enjeu, finalement c'est rien.
05:05Donc le président montre qu'il est à la tête, qu'il n'est pas inquiet,
05:10il faut qu'il rassure, il faut qu'il rassure sa base, c'est ce qu'il fait.
05:14Est-ce qu'il va y parvenir ?
05:16Je ne suis pas convaincu, en tout cas pas vis-à-vis de la base,
05:18mais par rapport à l'opinion de la majorité des Américains.
05:21On a vu, on est d'accord sur les sondages qui lui sont mauvais.
05:25Seulement 34%, on le rappelle, le code de popularité.
05:28Et Laurence vient de dire une chose qui est très simple,
05:30c'est-à-dire que c'est bien la communication,
05:33mais ce qui va compter pour l'électeur, j'ai envie de dire, l'électeur X,
05:38c'est lorsqu'il passe au supermarché.
05:40C'est le prix du galon, le galon d'essence ?
05:42Puisque Donald Trump est en Floride, là,
05:45c'est à la caisse du Publix ou du CFR,
05:48vous voyez, j'ai donné deux marques, pas de concurrence.
05:51Ce sont quoi, des supermarchés américains ?
05:52Oui, ce sont les supermarchés américains.
05:53Pour les non-initiés dont c'est parti, par exemple,
05:55je n'avais jamais parlé.
05:56C'est le Publix, c'est la facture,
06:00c'est ce que ça va leur coûter,
06:01c'est le galon, c'est l'essence,
06:03parce qu'on prend la voiture pour tout,
06:04c'est cela qui va être une réalité,
06:06et cette réalité-là, il va probablement devoir l'affronter
06:09à partir de l'été,
06:11puis à l'automne, ça risque de s'accélérer,
06:14s'il n'arrive pas avec des résultats très concrets.
06:16C'est le moment des mid-terms, notamment.
06:17Pierre Bertolot, la balle est ce soir dans le camp des États-Unis.
06:20Voilà ce qu'affirme l'Iran,
06:21c'est le vice-ministre iranien des affaires étrangères
06:23qui a pris la parole,
06:24en disant toutefois que l'Iran était pleinement prêt
06:27à faire face à toute agression,
06:29mais d'aller aussi sur le terrain de la diplomatie.
06:30Est-ce que quand vous voyez les propositions iraniennes,
06:33vous vous dites qu'ils ont fait un pas en avant ce soir ?
06:36Encore une fois, on a l'impression que les exigences
06:40empêchent toute perspective diplomatique,
06:43mais ils ne sont pas hostiles par principe
06:46à un règlement pacifique, si on peut dire,
06:50puisqu'on a vu qu'ils avaient accepté d'aller à Islamabad.
06:55C'est que les Américains, au contraire,
06:57qui ont quitté la négociation.
06:59Donc, de ce point de vue-là,
07:01il n'y a pas d'hostilité de principe.
07:03Si on revient à l'accord sur le JCPOA,
07:06donc sous Obama...
07:08En 2015 ?
07:09Voilà, exactement.
07:10C'était après un long processus diplomatique.
07:13Donc, on sait qu'ils ont des diplomates,
07:16souvent d'ailleurs plutôt habiles,
07:17à certains niveaux, on pourrait dire.
07:19Mais est-ce que ça a été une erreur ?
07:20Je fais encore une parenthèse.
07:21On vous pose souvent cette question
07:22de la part de Donald Trump
07:23de déchirer cet accord en 2018.
07:27On verra.
07:28Si on revient à quelque chose qui ressemble,
07:30on pourra dire que oui.
07:33Si au final, on a quelque chose qui est mieux
07:35du point de vue américain, non.
07:37Donc, pour l'instant, on ne sait pas.
07:38Mais en tout cas, c'est clair qu'on a plutôt une escalade des tensions
07:43depuis que, effectivement, cet accord a été déchiré.
07:47Donc, de ce point de vue-là, on peut être sceptique.
07:49Et la stratégie, justement, maximale de pression et de sanctions
07:53qui avait été mise en place par Trump à la suite de cet accord
07:58qui avait été, effectivement, déchiré par les États-Unis,
08:01semble-t-il, n'a pas fonctionné, puisqu'elle a porté des coups,
08:05effectivement, au régime iranien, mais sans totalement l'affaiblir.
08:08Et au contraire, elle a peut-être en partie radicalisé
08:12avec une capacité de résistance, sinon de résilience.
08:16Donc, on verra.
08:17Mais il y a deux camps qui s'opposent.
08:19Certains disent, non, Trump a eu raison parce que le régime iranien
08:23est dissimulateur par essence et que, donc, il fallait un peu dévoiler
08:29cette supercherie.
08:30Et puis, il y en a qui disent que, non, finalement, c'était un accord imparfait.
08:34Obama n'a jamais prétendu que son accord était parfait.
08:36Oui, c'est vrai.
08:37Mais il disait au moins qu'il y avait un accord.
08:38Et Obama n'avait d'ailleurs pas levé toutes les sanctions.
08:40Il ne faut pas l'oublier.
08:42Mais il considérait que dans la situation, et pour éviter ce qui est en train
08:46de se passer actuellement, donc un affrontement, effectivement,
08:51extrêmement violent, eh bien, la meilleure solution, c'était encore
08:54le JCPOA, malgré ses lacunes, malgré ses défauts.
08:57Obama n'a jamais prétendu que c'était parfait.
09:00Mais il disait que c'était un moindre mal.
09:02Trump a dit que, dès le départ, c'était un mauvais accord.
09:05On verra dans les mois qui viennent qui a raison.
09:09Jérôme Poirot, on découvre ce soir ces différentes propositions
09:12de part et d'autre.
09:13On comprend aussi que, finalement, les discussions n'ont jamais cessé
09:17entre les États-Unis et l'Iran.
09:18C'est-à-dire qu'il y a les images de propagande d'un côté.
09:20Il y a cette réunion à Islamabad qui est un échec, présenté comme tel en tout cas.
09:23Mais en coulisses, on continue de discuter.
09:27Oui, bien sûr.
09:27Mais des discussions, ce ne sont pas des négociations.
09:30C'est-à-dire qu'il y a toutes sortes de contacts pour sonder l'autre partie,
09:35pour éventuellement faire des propositions, pour voir quel est le processus
09:40qui pourrait permettre qu'il y ait un accord sur le fait qu'il y ait des négociations
09:44et non pas sur le résultat des négociations.
09:47Donc ça, c'est le jeu normal de la diplomatie secrète,
09:50qui est mené soit par les diplomates eux-mêmes,
09:52mais très souvent par les services de renseignement.
09:55Je crois qu'on oublie un peu rapidement que, dans cette affaire du nucléaire,
09:59ce n'est pas un tête-à-tête entre les Américains et les Iraniens.
10:03C'est un jeu à trois.
10:04Et depuis toujours, depuis que le programme nucléaire iranien est sur les rails,
10:10Israël joue un rôle considérable, évidemment, dans ces affaires.
10:14Et les décisions qui ont été prises par les présidents américains successifs
10:18l'ont toujours été en étroite collaboration avec le Premier ministre israélien.
10:26Cette affaire ne peut pas se résoudre dans un tête-à-tête américano-iranien.
10:31C'est impossible, puisqu'on dit que le programme nucléaire est existentiel pour le régime iranien.
10:38Le programme nucléaire potentiel iranien est tout aussi existentiel pour l'État d'Israël.
10:43– Mais je me posais la question, vous dites que ce n'est pas seulement un tête-à-tête.
10:45Pourquoi, Pierre Barthelot, par exemple, on n'a pas convoqué Mascate, la capitale d'Omane ?
10:50Parce qu'eux, depuis très longtemps, ils alertent aussi sur le problème du nucléaire iranien.
10:53On aurait pu aussi les inviter.
10:54– Oui, oui, tout à fait, mais on a fait le choix de déplacer la perspective de négociation à Islamabad
11:01parce que derrière, il y a les Chinois.
11:03Donc c'est ça aussi, on a introduit un autre acteur.
11:05Vous parliez à juste titre de l'acteur israélien, mais il y a un acteur caché.
11:11Voilà, je fais une référence imagée à l'imam caché dans le chiisme.
11:15L'acteur caché, c'est la Chine.
11:18Si l'Iran ne s'est pas effondré économiquement toutes ces années, c'est grâce à la Chine.
11:23Il ne faut pas l'oublier, sans le soutien chinois.
11:26Voilà, donc ça, cet acteur est présent, vous l'avez rappelé tout à l'heure,
11:29au niveau militaire ou en capacité de renseignement.
11:32Donc on fait introduire un nouvel…
11:33– Tout en étant un client des pays du Golfe ?
11:35– Voilà, et l'avantage, pourquoi c'est un bon médiateur ?
11:38– Potentiellement, parce que, un, ils ont l'oreille de la Chine.
11:42Deuxièmement, effectivement, ils s'entendent bien avec plusieurs pays du Golfe,
11:46notamment le Qatar ou l'Arabie Saoudite, et accessoirement avec les Américains.
11:52Donc c'est ça l'intérêt aussi du Pakistan.
11:55Donc Oman avait, vous avez raison, un peu également cette situation,
11:59mais l'implication chinoise à Oman, elle est très limitée.
12:03– Oui, c'est vrai.
12:03– Donc c'est ça l'avantage de la carte pakistanaise.
12:08Et avec, en toile de fond, cette potentielle alliance sunnite
12:12qui viendrait prendre le relais des États-Unis,
12:15auquel ces deux engageraient, pour mieux se concentrer,
12:19justement, sur la Chine.
12:20– Jean-Paul a évoqué tout à l'heure l'influence d'Israël
12:24sur les discussions autour du nucléaire.
12:26Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dit hier
12:29que si l'uranium n'était pas récupéré,
12:31cette guerre serait considérée comme un échec.
12:33Est-ce qu'Israël peut encore avoir aujourd'hui une influence
12:37sur ce que va faire Donald Trump et sur ce que doit faire Donald Trump ?
12:41– Un, il a raison finalement, parce que c'était l'objectif premier.
12:46– C'était le premier postulat, évidemment.
12:47– Et les Iraniens ont posé aussi comme objectif la destruction d'Israël.
12:53Donc il est évident que pour lui, s'il n'y a pas au moins cela,
12:56c'est un échec.
12:57Un, deux, est-ce que le gouvernement israélien peut encore poser sur les États-Unis,
13:03en tout cas peut encore discuter avec, en faisant un peu pression sur le président américain ?
13:07Oui, oui, parce qu'il le peut encore.
13:11Et puis, j'ai envie de dire, dans le prolongement de ce qui vient d'être dit,
13:15on a beaucoup discuté au cours de ces dernières semaines,
13:18comme si effectivement il ne s'agissait que des États-Unis et de l'Iran.
13:22pour autant, il y a finalement la Terre entière, je vais caricaturer,
13:27la Terre entière est à, non pas à la table des négociations,
13:31mais nous sommes des acteurs cachés, que l'on parle ou pas,
13:35avec une puissance et une influence relative en fonction,
13:38mais il est évident qu'une grande puissance comme la Chine, comme la Russie,
13:43et puis on oublie aussi les pays du Sud qui ne disent rien,
13:46mais ici ou là, qui jouent même de manière dormante, qui ont une fonction.
13:50– Ah oui, si on appelle les briques sous le souple,
13:52– Mais oui, le Sud global, il y a des enjeux ici ou là
13:55qui font que finalement, la Terre entière est autour de cette négociation
14:00avec des enjeux considérables, et c'est la raison pour laquelle
14:02on est dans quelque chose d'un peu inédit,
14:06et le détoile d'Hormuz étant un révélateur,
14:09cristallise un peu cette nouvelle négociation qui est quasiment planétaire.
14:13– Oui, allez, pardon.
14:16– Est-ce que cette guerre, Pierre Berthelot, a perturbé aussi les relations israélo-américaines ?
14:20On se souvient qu'il y a eu différentes phases dans la guerre,
14:22notamment à un moment donné quand on disait que Benjamin Netanyahou avait pris un peu l'initiative
14:26de cibler par exemple les usines énergétiques, les dépôts pétroliers,
14:31à un moment donné où il y avait eu toutes ces images que ne voulait pas,
14:33que ne souhaitait pas voir Donald Trump, avec ces nuages de fumée, ces panaches de fumée.
14:37– On nous dit qu'effectivement, ils n'auraient pas été totalement coordonnés,
14:42ça semble quand même assez improbable.
14:44Par contre, l'inquiétude, entre guillemets, pour la suite, pour Israël, c'est l'après-guerre,
14:50parce que le risque, c'est qu'ils se retrouvent un peu isolés finalement.
14:54Les accords d'Abraham, ils avaient vocation à être étendus,
14:58notamment un acteur clé incontournable qui est l'Arabie saoudite.
15:01Tant qu'il n'y a pas d'avancée sur le volet palestinien, les Saoudiens ne bougeront pas.
15:05Donc ça, c'est un problème.
15:07Ensuite, au niveau de l'opinion publique américaine,
15:10on voit que le soutien à Israël a quand même beaucoup chuté,
15:13et par rapport à Gaza, et par rapport à ce qui vient de se passer.
15:18Puisque dans l'opinion, les médias ont rapporté que finalement,
15:22Netanyahou a un peu manipulé Trump.
15:24Donc ça, si ce soutien chute vis-à-vis d'Israël dans l'opinion publique,
15:30ce sera de plus en plus difficile de continuer à avoir ce soutien inconditionnel
15:35ou cette relation spéciale.
15:37Donc, de ce point de vue-là, peut-être que les Israéliens
15:40prennent quand même un risque à l'avenir de ne plus avoir un soutien aussi important
15:45des États-Unis et de se retrouver finalement isolés dans leur position.
15:51– Oui, mais le soutien reste quand même très appuyé par Washington
15:54et même le Congrès, quel que soit.
15:57– D'accord, mais il y a l'opinion publique.
15:58– Oui, aussi, oui, bien sûr.
16:00– On verra au Congrès, est-ce que ceux qui sont liés à l'IPAC
16:03vont avoir aussi bons scores que ceux qui sont plus indépendants de l'IPAC ?
16:08– On suivra ça en tout cas, une certitude ce soir,
16:10c'est que les discussions se poursuivent de part et d'autre dans les deux camps.
16:15C'est l'agence TASNIM qui nous révèle que des propositions ont été faites
16:19côté iranien, côté américain.
16:21On vous retrouve en Floride, Laurent Sain,
16:23puisque c'est là que le président Donald Trump passe le week-end,
16:26les États-Unis qui notamment proposent deux mois de cessez-le-feu.
16:31– Ce qui est très intéressant, c'est qu'évidemment,
16:33on l'apprend par d'autres canaux que le canal officiel de la Maison-Blanche
16:37et de Donald Trump lui-même.
16:38Alors, Donald Trump n'a cessé de dire qu'il pourrait anéantir l'Iran,
16:42ramener l'Iran à l'âge de pierre,
16:44si jamais l'Iran n'acceptait pas ces propositions.
16:47Et Donald Trump, depuis une semaine, ne cesse de répéter
16:50que ce qui est important, c'est que l'Iran n'obtienne jamais l'arme nucléaire.
16:54Donc cette proposition, qui a été fuitée par les Iraniens,
16:57évidemment surprend les observateurs, les journalistes,
17:01mais aussi le monde de Washington.
17:03Je vous signale que Donald Trump, depuis vendredi,
17:06n'a plus légalement l'autorisation du Congrès de continuer la guerre.
17:10Et on sent bien que le président américain veut terminer au plus vite.
17:13On n'a pas encore ici à Mar-a-Lago, où il se trouve derrière moi,
17:19deux commentaires de Donald Trump.
17:21Mais on suit ça avec Valentine Ribbe au plus près.
17:24– Laurence Haïm avec Valentine Ribbe en direct de Palm Beach.
17:29Imaginons que la proposition américaine,
17:32c'est-à-dire ce cessez-le-feu de deux mois,
17:34est refusée par les Iraniens.
17:35Est-ce que là, Trump passe à l'acte dans les deux, trois jours qui viennent ?
17:38– Non, pas forcément.
17:39– On continue ?
17:39– Ce n'est pas aussi simple que ça.
17:41Mais en revanche, par contre, les Iraniens vont être dans une position délicate.
17:45Parce que c'est à ce moment-là, c'est eux qui auront à nouveau le mauvais rôle
17:49en refusant effectivement la main tendue par Trump.
17:51– Vous pensez qu'ils peuvent accepter là ce cessez-le-feu ?
17:53Dans la situation dans laquelle ils sont, de ce cessez-le-feu de deux mois ?
17:57– À court terme, c'est plutôt une bonne chose pour eux.
17:59Parce que ça veut dire théoriquement qu'il n'y a pas reprise des offensives.
18:03– Oui, mais quand ils disent, par exemple, dans les Trois-Dormous,
18:04là, pour l'instant, il y a eu la violation de ce cessez-le-feu
18:06parce qu'il y a ce blocus américain, vous voyez ?
18:08Ça a été de raisonner un peu comme eux.
18:09– Oui, après, ce qui est intéressant, c'est qu'il peut y avoir des gestes
18:12qui peuvent être faits, qui peuvent aller dans le bon sens.
18:15Il ne faut pas oublier que pendant la guerre, pendant les 40 jours,
18:17les Américains avaient levé les sanctions sur le pétrole iranien exporté.
18:21Donc ce qui est quand même assez surprenant, c'est-à-dire indirectement,
18:23ils acceptaient que leur ennemi soit financé.
18:27Donc on peut imaginer qu'il y ait des gestes de bonne volonté
18:30qui soient faits par les Américains.
18:32– Mais là, quel pourrait être le geste de bonne volonté américaine
18:35qui pourrait être fait, là ?
18:36– Il y a plusieurs possibilités.
18:38Ça pourrait être que, par exemple, leur flotte recule un petit peu
18:41dans le détroit d'Ormous, c'est-à-dire qu'on garde un blocus,
18:44mais ils seraient quand même beaucoup moins restrictifs.
18:47C'est une possibilité.
18:49On pourrait accepter l'exportation de marchandises iraniennes,
18:52mais non stratégiques, à caractère humanitaire,
18:55pour nourrir la population iranienne,
18:57ce qui, au passage, serait une bonne chose
18:58pour la communication américaine,
19:00pour montrer qu'on n'est pas là pour affamer le peuple iranien.
19:04Donc il y a une marge assez vaste, finalement,
19:08d'ouvertures qui sont possibles pour aller vers une des escalades.
19:12Donc ça, de ce point de vue-là,
19:13c'est les Américains qui ont plutôt la main,
19:15parce que c'est quand même eux qui contrôlent beaucoup de choses.
19:18Donc il y a des possibilités,
19:19mais effectivement, on va attendre la réponse iranienne,
19:22elle va être intéressante.
19:23Soit ils seront intransigeants,
19:24et à ce moment-là, à mon avis,
19:25ce sera une erreur de leur part,
19:27soit ils pourront dire oui,
19:28mais avec quelques signes d'ouverture.
19:31– Vous voyez qu'en cherchant bien,
19:32on arrive à trouver quand même
19:33des terrains où on peut faire…
19:38Tout n'est pas fermé dans cette histoire-là.
19:40Et aucun, encore une fois, dans mon opinion,
19:43aucun n'a intérêt à relancer les frappes maintenant.
19:46– Justement, on va poser la question,
19:48on va voir ce qu'en pense un ancien militaire.
19:50Bonsoir, Guillaume Ancel.
19:52Lieutenant-colonel Guillaume Ancel,
19:54on apprend donc ce soir qu'il y a de nouvelles propositions
19:57de part et d'autre.
19:58L'Iran demande la fin des combats sur tous les fronts,
20:00demande aux États-Unis de libérer la zone,
20:03et les États-Unis proposent un cessez-le-feu de deux mois.
20:06Les Iraniens veulent tout régler en 30 jours.
20:08Comment ? Quel est votre avis ce soir sur ces propositions ?
20:11Est-ce que ça va dans le bon sens ?
20:14– Très clairement, on est sortis de l'option
20:18« tout à la guerre » que défendait Pitex-7
20:21et qui a donné lieu à cette guerre des 40 jours,
20:24qui s'est terminée finalement le 8 avril,
20:26qui a été d'une violence inouïe,
20:2725 000 frappes, c'est considérable.
20:30Mais depuis le 8 avril, depuis trois semaines maintenant,
20:34on voit bien qu'on est rentré dans une autre phase,
20:37celle de la négociation,
20:38parce que même si les protagonistes se sont invectivés et menacés,
20:43ils évitent soigneusement de reprendre une confrontation armée.
20:46Donc pour l'instant, leur objectif, c'est très clairement
20:51d'arriver à discuter des négociations
20:53qui ont souvent été interrompues,
20:55mais jamais les discussions.
20:57En fait, ils sont toujours restés en contact,
20:59et en permanence, comme le rappelait Pierre tout à l'heure,
21:01ils essayent de se refiler un peu le bébé
21:03pour dire « maintenant c'est à l'autre de réagir ».
21:06Mais on voit très bien que, dans tous les cas,
21:08ce qu'ils cherchent maintenant,
21:10c'est un accord qui leur permet de sortir définitivement de cette guerre.
21:14Ce sera la fin du deuxième temps de ce conflit.
21:18– Guillaume Ancel, est-ce que vous voyez,
21:20et vous avez écouté dans notre conversation ce que disait Pierre Berthelot,
21:23est-ce que vous voyez à un moment qu'il pourrait y avoir des gestes faits
21:25de la part, par exemple, des Américains dans ce détroit d'Hormuz,
21:28à savoir, par exemple, on recule un peu le blocage,
21:31on laisse passer des navires iraniens à caractère humanitaire.
21:34Est-ce que vous voyez ces gestes qui pourraient être faits, là, prochainement ?
21:38– Je n'en suis pas sûr, parce que je pense que Donald Trump a bien compris
21:43que le détroit d'Hormuz était un formidable levier pour étouffer le régime iranien,
21:49qui est beaucoup plus sensible à ce blocage qu'aux frappes militaires.
21:54Les frappes militaires ont eu un effet pendant un temps,
21:56mais comme l'histoire nous l'a toujours appris,
21:59elles finissent par être assez limitées dans leurs conséquences.
22:02On se rappelle, par exemple, de l'exemple tragique de la guerre du Vietnam,
22:07où il y a eu des bombardements absolument colossaux,
22:09mais qui n'ont jamais fait plier le Nord-Vietnam.
22:12Et là, on a l'exemple de l'Ukraine,
22:15qui depuis quatre ans est sous un bombardement incessant de la Russie,
22:18mais dont on n'a jamais vu le gouvernement Zelensky
22:21aller demander sa capitulation.
22:24Donc on voit bien que, comment dire,
22:27les effets militaires de toute façon sont limités,
22:30et que par conséquent, le fait que Donald Trump ait trouvé
22:34un autre levier de pression sur l'Iran,
22:37fait qu'à mon avis, il s'en passera qu'au dernier moment,
22:41quand il aura trouvé un accord assez satisfaisant
22:45sur le point central de la discussion,
22:47qui est clairement le nucléaire.
22:49Et à ce moment-là, le détroit d'Orbouz se libérera assez naturellement.
22:52Mais je ne suis pas sûr qu'il y ait des gestes intermédiaires,
22:55je peux me tromper, c'est peut-être Pierre qui a raison.
22:57– On note qu'il n'est pas question ce soir de nucléaire, en tout cas.
23:01Guillaume Ancel, on répète depuis plusieurs semaines
23:03que Donald Trump veut mettre un terme rapidement à cette guerre.
23:06Là, ce soir, il propose deux mois de cesser le feu.
23:08Donc finalement, il s'inscrit dans une action qui est plutôt longue,
23:12ça nous emmène début juillet.
23:14Ça contredit le président qui voudrait rapidement sortir de l'impasse.
23:19– Alors, il faut faire attention à l'échelle du temps.
23:23Si par exemple, on reprend comme référence la guerre en Ukraine,
23:25plus de quatre années.
23:27Là, ça fait trois semaines qu'on discute.
23:29Et ce conflit, finalement, on n'a quelque part que deux mois.
23:32– Mais c'est Donald Trump lui-même, Guillaume Ancel,
23:35qui avait fixé cette échéance.
23:37Et on répète qu'il y a le mondial de football qui arrive,
23:40l'anniversaire des États-Unis.
23:42Voilà, mais finalement, ce sera un président en guerre.
23:44– Tout à fait.
23:45Mais ce qu'on peut estimer à ce stade,
23:47c'est que le président américain a un grand intérêt
23:50à sortir de ce conflit avant l'été.
23:53Alors, si on regarde bien, il reste deux mois.
23:56En fait, il reste le mois de mai et le mois de juin
23:58pour trouver un accord qui ne soit pas trop défavorable.
24:01À mon avis, l'accord sera imparfait,
24:04notamment sur le nucléaire.
24:06Mais ça permettra à Donald Trump de dire
24:09qu'il a terminé cette claire,
24:10qu'il l'a commencé et qu'il l'a terminée.
24:13Je pense qu'un accord sera trouvé dans les semaines qui viennent.
24:17Est-ce que c'est une ? Est-ce que c'est cinq ?
24:18C'est impossible de le dire à ce stade.
24:20Ça va dépendre des concessions que sont prêtes à faire les Iraniens aussi,
24:24dont on se rappelle qu'ils ne sont pas d'accord entre eux.
24:28Une partie des gardiens de la révolution ne veut absolument pas négocier.
24:32Une autre, que je vais qualifier de plus raisonnable,
24:34a bien compris qu'en dehors de prendre des coups,
24:36ils ne peuvent pas exiger grand-chose,
24:38sauf à montrer qu'ils font perdre du temps
24:41et de la patience à Donald Trump.
24:43Mais finalement, quand on regarde d'un tout petit peu plus,
24:46avec un tout petit peu plus de distance,
24:47on voit bien que les deux protagonistes,
24:50les gardiens de la révolution et Donald Trump,
24:52ont intérêt à conclure ces guerres.
24:54Et d'ailleurs, ils ne montrent absolument pas de signe
24:57de vouloir la reprendre, bien au contraire.
25:00Guillaume Ancel, vous écrivez sur votre blog
25:02« Ne pas subir » que Trump attendrait,
25:04un peu à la façon de Poutine,
25:05la soumission de sa proie.
25:06Est-ce que vous voyez des signes de soumission
25:08de la part des Iraniens à venir ?
25:10Tout à l'heure, on avait Michel Dzerzhansky sur ce plateau
25:11qui citait Bloomberg et qui nous disait
25:13qu'il n'y avait plus que 22 jours au niveau pétrolier
25:16de réserve visiblement d'attente pour les Iraniens.
25:19Passer ce délai à Djen Kepoura.
25:21Est-ce que vous voyez des signes de soumission ?
25:23Soumission, je dis bien, et pas concession arrivée ?
25:26Non, justement, il n'y a pas pour l'instant de soumission.
25:29Et c'est la grande difficulté de Vladimir Poutine en Ukraine
25:33et de Donald Trump en Iran.
25:35C'est qu'ils croyaient qu'ils allaient obtenir une rédition
25:39des gouvernements qui étaient leurs cibles.
25:41Et ça n'est pas le cas.
25:42Ni Zelensky, ni les gardiens de la Révolution de l'Iran,
25:45je ne fais absolument pas de comparaison entre les deux,
25:47je ne parle que de leur situation militaire,
25:49ne montrent qu'ils sont prêts à capituler.
25:52Au contraire, ils veulent résister.
25:54Et c'est ça qui met en difficulté la négociation de Donald Trump,
25:57qui a été un peu aveuglée par l'expérience du Venezuela,
26:01où clairement, en 24 heures, manifestement,
26:05le gouvernement vénézuélien s'est effondré.
26:07Et puis il y a sans doute eu beaucoup d'arrangements financiers
26:10et de corruption pour s'assurer qu'il ferait désormais
26:14ce que voulaient les États-Unis.
26:15Ça a probablement grisé Donald Trump,
26:18qui a pensé que sur les conseils de Pitexet,
26:21son secrétaire d'État à la guerre,
26:23après une telle campagne de bombardement,
26:25et d'ailleurs, Donald Trump l'a répété à plusieurs reprises,
26:28les Iraniens viendraient le supplier de s'arrêter
26:30et d'obtenir un accord.
26:32Ça n'est pas le cas.
26:34Certes, il a décapité une partie du régime
26:37des gardiens de la Révolution,
26:38mais on voit bien que ce régime s'est régénéré,
26:41en quelque sorte,
26:42et parfois avec des éléments plus durs
26:44que ceux qui étaient au pouvoir,
26:45et qu'ils n'ont absolument pas l'intention
26:47de faire une reddition sans condition.
26:50C'est ça qui rend difficile la négociation,
26:52et c'est pour ça qu'elle est aussi longue
26:55parce que probablement que Donald Trump
26:57espérait la plier en deux semaines.
26:59Vous restez avec nous, Guillaume Ancel.
27:01Jean-Claude, bonjour, bonsoir.
27:03Guillaume Ancel citait le Venezuela,
27:04situation réglée en 24 heures pour Donald Trump.
27:07On lui avait promis au début à Donald Trump
27:09une action rapide en Iran.
27:11Ce sera massif et rapide.
27:12Est-ce qu'il est ce soir rattrapé par la réalité,
27:15le président américain,
27:15en proposant deux mois de cesser le feu ?
27:17Par une double réalité.
27:18La réalité géographique, la réalité politique.
27:21La réalité géographique, tout d'abord,
27:23le Venezuela, c'est l'arrière-cour des États-Unis
27:26avec une configuration qui n'a rien à voir
27:29avec l'Iran, le détroit d'Hormuz.
27:32Ça, c'est la première chose,
27:33c'est la réalité géographique.
27:35Ensuite, une réalité politique.
27:37Pas la même culture,
27:39ce ne sont pas les mêmes...
27:40Ce n'est pas le même personnel politique,
27:42ce n'est vraiment pas la même culture.
27:45Là, il y a des gens qui sont effectivement dans leurs affaires
27:49et à partir du moment où les choses peuvent tourner,
27:51elles tournent alors que,
27:52et ça vient d'être rappelé,
27:54les gardiens de la révolution,
27:55ce sont des combattants.
27:58Il y a une dimension spirituelle,
28:00il y a tout ce qu'on veut et c'est très loin.
28:02Donc ça, il est rattrapé dans la réalité.
28:05Ensuite, les Iraniens ont eu plus de 47 ans
28:08pour se préparer au conflit.
28:10Donc il est aussi rattrapé par une réalité pratique.
28:13Enfin, ils ont peut-être un petit peu l'habitude de négocier.
28:18Non seulement ils s'y sont préparés,
28:19mais ils ont vu comment les choses se passent ailleurs.
28:22Ils ont des alliés, la Russie,
28:27ils ont un certain nombre d'alliés tout autour
28:29et ils savent très bien comment jouer avec,
28:32à la fois l'opinion interne et l'opinion internationale.
28:35Souvenez-vous, tout à l'heure,
28:36les Iraniens disaient,
28:37vous voyez bien, on fait des propositions.
28:40Donc on est aussi pour la paix.
28:42On est prêts à faire la guerre,
28:44mais on est aussi là pour la paix.
28:46C'est bien une façon de dire à la communauté internationale,
28:49parce qu'il faut penser aux pays du Sud,
28:53c'est une façon de dire,
28:55vous voyez, nous ne sommes pas les méchants
28:57dont parlent les États-Unis.
28:58Donc il y a tout ça que savent jouer
29:00les Iraniens.
29:02Dernier élément, le temps.
29:03Vous l'avez dit,
29:05Donald Trump a pensé que ça pourrait se faire
29:07en très peu de temps.
29:08Il a été aveuglé non seulement par l'épisode vénézuélien,
29:11mais il a été aveuglé par ses engagements de campagne,
29:14puisqu'il a toujours dit,
29:15j'irai vite en quelques jours pour l'Ukraine, etc.
29:18Donc il est rattrapé par une réalité
29:21qui est une réalité que les militaires expliquent,
29:24que nous savons.
29:24Et si les militaires le savent et que nous, nous savons.
29:27Je pense que le président des États-Unis le savait.
29:29Mais il a tendance à minorer probablement,
29:31à ne pas trop penser à sa bonne étoile,
29:33et à se dire, au fond,
29:34la vie des affaires, c'est un peu comme ça.
29:36Il est poussé aussi par sa base.
29:38Il ne faut pas l'oublier.
29:38Il est poussé par une base qui dit,
29:40nous, on veut des résultats, on est fort.
29:42Il y a une culture de la réussite
29:45où on fait fi d'une dimension culturelle,
29:49de l'histoire, de la réalité,
29:50le peuple peur, Perse.
29:52On évoque un certain nombre de mots
29:54qui sont sidérants.
29:56On veut raser toute une civilisation.
30:00On le ramène à l'âge de pierre.
30:01À l'âge de pierre.
30:01C'est sidérant.
30:02C'est sidérant parce que poussé par des propos
30:05de campagne qui ne sont pas acceptables.
30:07Et là, pour le coup, il est vraiment rattrapé.
30:09Et on y reviendra dans un instant
30:10avec Laurence Haïm.
30:11Mahan Taraj, lieutenant-colonel Guillaume Ancène,
30:14parlait des dissonances au sein du régime.
30:16Est-ce qu'on se dit que si on arrive
30:17à l'éviction d'Arachi, ça ira mieux ?
30:20Je vous explique pourquoi Pézéchikian et Galibaf,
30:21vous avez dû le savoir,
30:22donc Pézéchikian, le président et Galibaf
30:24qui était chargé des négociations,
30:25président du Parlement aussi,
30:27justement, en veulent à Abbas Arachi
30:29qui serait désigné comme un petit pion
30:30de l'homme fort des gardiens de la Révolution,
30:32Ahmad Vaidi.
30:33Ils veulent un peu le dégager.
30:34Est-ce que si on dégage Arachi,
30:36là, ça ira mieux au niveau des négociations
30:37ou pas du tout ?
30:38Écoutez, là, c'est vraiment des jeux
30:39au sein du pouvoir pour...
30:42En réalité, que ce soit ce que M. Ancel
30:46appelait les plus durs versus les moins durs,
30:50ils sont tous alignés sur une seule
30:52et même stratégie, c'est leur survie.
30:55Et la survie du régime dépend du nucléaire.
30:58Pour vous, il n'y a pas d'homme fort
30:59et de plus pragmatique ?
31:01Alors, il peut y avoir, si vous voulez,
31:03au sein de ce régime,
31:06une faction qui serait tentée
31:08de faire quelques concessions,
31:09peut-être tactiques,
31:10mais des concessions stratégiques
31:12sur l'essentiel, non.
31:14Vraiment, je pense que...
31:15Enfin, c'est la survie, véritablement.
31:17C'est une question, une menace existentielle,
31:19pour reprendre ce terme.
31:22Et donc, le nucléaire, aujourd'hui,
31:24le régime iranien,
31:26peu importe qui au sein du régime,
31:29ne lâchera pas ce point-là.
31:31Et c'est pour ça qu'en réalité,
31:32la stratégie du régime, pour moi,
31:34c'est de gagner du temps
31:35pour assurer sa survie.
31:37Et cette situation actuelle intermédiaire...
31:39Et donc, ils le font avec leur proposition,
31:40là, ce soir ?
31:40Oui, absolument, ils gagnent du temps.
31:43Ça a toujours été...
31:44Ça le dérange parfaitement.
31:46Ils savent que c'est inacceptable.
31:47Ils savent que c'est inacceptable.
31:49Et donc, la situation actuelle
31:52de ni guerre ni paix
31:54est une situation qui convient au régime.
31:56Enfin, je pense que le régime,
31:58ça lui convient.
31:59Pourquoi ?
32:00Parce qu'il arrive à se maintenir au pouvoir ainsi.
32:02Il arrive à maintenir une situation
32:05à l'intérieur du pays,
32:06avec ses forces répressives mobilisées
32:08pour contenir le prochain soulèvement populaire.
32:13C'est une situation, finalement,
32:15qui permet au régime de s'en sortir.
32:17Finalement, il s'accomode de se cesser.
32:19Oui, exactement.
32:21Le régime iranien, ça lui convient.
32:22Je pense que les États-Unis veulent un accord.
32:25Comme l'a dit M. Ancel,
32:26l'accord sera nécessairement imparfait,
32:28parce que le régime iranien ne lâchera pas
32:31sur le nucléaire.
32:33Et le nucléaire, c'est le sujet clé
32:34pour les États-Unis, pour Donald Trump.
32:36Guillaume Ancel, vous êtes toujours avec nous.
32:38En cas d'accord, il sera,
32:40vous le disiez, forcément imparfait.
32:42Sur quelles bases peuvent tenter de s'entendre
32:46aujourd'hui, ce soir, au vu de ce qu'on constate ce soir,
32:49avec des propositions de part et d'autre
32:51qui semblent inacceptables, en tout cas pour l'autre partie ?
32:53Sur quoi peuvent-ils s'accorder ?
32:55En fait, ce qui est compliqué sur le nucléaire,
32:58c'est que le régime iranien a montré sa duplicité
33:02pendant presque 50 ans.
33:04C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a eu un conflit
33:07ou une intervention, on a réalisé qu'ils avaient construit
33:10des bases secrètes souterraines,
33:13qu'ils avaient réussi à camoufler une partie de leur activité.
33:16Et par conséquent, il n'y a pas de raison
33:18qu'ils ne recommenceront pas s'ils ont toujours
33:20cette motivation, d'une part, d'acquérir une arme nucléaire,
33:24et je le rappelle, un objectif politique affiché
33:27de détruire Israël.
33:29Arme nucléaire, Israël, le danger est là.
33:32Donc comment garantir que ce régime
33:35renonce réellement à disposer d'une arme nucléaire
33:38qui lui permettrait d'aller justement détruire
33:42une grande partie d'Israël directement,
33:45ou plutôt par le biais d'un intermédiaire
33:47pour ne pas reconnaître que c'est eux qui l'auraient fait ?
33:49Eh bien c'est ça qu'il est très difficile de garantir.
33:52On voit par exemple qu'avec la guerre des 12 jours
33:55menée en juin 2025, c'est-à-dire il y a moins d'un an,
33:58les Américains croyaient avoir mis fin au processus iranien
34:03de fabrication d'une arme nucléaire,
34:05et en fait moins d'un an après, ils ont été obligés
34:07de se raviser et de lancer une autre offensive.
34:09Pourquoi ? Parce que personne ne sait aller vérifier
34:13ce qui se passe dans des installations souterraines.
34:16J'ai moi-même dirigé des bombardements et été bombardé,
34:19je peux vous assurer qu'il y a un endroit où on est totalement aveugle,
34:22ce sont toutes les emprises souterraines.
34:24À moins d'arriver à envoyer quelqu'un sur place
34:27ou d'avoir des drones qui permettent de rentrer
34:30à l'intérieur de l'installation,
34:32vous savez que vous avez tapé l'installation,
34:34mais vous ne savez absolument pas ce que vous avez détruit.
34:37Typiquement, les 440 kg d'uranium enrichis,
34:40personne ne sait s'ils sont volatilisés sous une montagne
34:44ou s'ils sont quasiment intactes et prêts à être réutilisés
34:47dans un autre cadre.
34:48Donc cette question du nucléaire restera toujours imparfaite
34:52tant qu'on aura un régime iranien
34:55dont l'objectif affiché est de détruire Israël
34:58et de disposer d'une art nucléaire,
35:00les deux étant malheureusement assez cohérents.
35:03Restez encore avec nous, Guillaume Ancel.
35:05On va repartir tout de suite à Palm Beach, en Floride,
35:07pour trouver Laurence Haïm,
35:08parce que c'est ça la nouveauté, en fait.
35:11Du soir, c'est ces Américains qui veulent maintenant
35:14cesser le feu de deux mois.
35:17C'est la proposition de Donald Trump ce soir, Laurence.
35:22Oui, absolument, et d'une certaine manière,
35:24il y a quand même une communication de la guerre
35:26qu'il faut décrypter.
35:27C'est assez surréaliste, parce que depuis hier soir,
35:29Donald Trump et les siens sont complètement silencieux.
35:33Aucune apparition devant la presse,
35:36aucun tweet à part cette nuit,
35:38beaucoup de choses pour critiquer encore et toujours
35:40les démocrates.
35:42Mais sur l'Iran, depuis hier soir,
35:43le président Trump ne dit rien.
35:45Il est enfermé ici, à Mar-a-Lago, où on est,
35:47avec Valentin Ribes, et vous le voyez,
35:49c'est un ciel bleu, c'est les palmiers.
35:51Et c'est vraiment complètement disconnecté
35:54de la réalité et de l'angoisse que le monde traverse.
35:58Et il faut le dire, on n'a jamais vécu cela
36:00dans une crise internationale.
36:02Lorsqu'on appelle le bureau du vice-président Vance,
36:04lorsqu'on téléphone à la Maison Blanche,
36:06lorsqu'on essaye d'avoir des conseillers,
36:08c'est le silence absolu.
36:10Alors, dans la proposition iranienne,
36:11il faut quand même noter deux choses importantes.
36:13Depuis qu'on suit Donald Trump hier matin
36:16avec Valentin Ribes en Floride,
36:18le président ne cessait de répéter
36:19qu'il n'y aurait pas d'accord avec les Iraniens
36:22si les Iraniens ne cédaient pas,
36:24les Iraniens ne cédaient pas sur le nucléaire.
36:27C'est vraiment ce qu'il martèle à ses supporters,
36:29à ses amis milliardaires.
36:30Et pour le moment, dans la proposition iranienne
36:32et donc dans ce cessez-le-feu de deux mois,
36:35on n'a pas visiblement le mot nucléaire qui apparaît.
36:38Ce sera sans doute un point de divergence.
36:41Laurence.
36:42– Laurence, vous qui connaissez bien,
36:44qui suivez Donald Trump depuis longtemps
36:47et notamment durant toute cette crise,
36:49on a beaucoup évoqué sa cote de popularité
36:52qui est au plus bas en ce moment,
36:55qui n'a jamais été aussi faible.
36:56Est-ce qu'il faut y voir un lien
36:57avec la proposition de ce soir
36:59et peut-être le fait que Donald Trump
37:01veuille accélérer
37:02et en tout cas,
37:04semble ce soir réclamer encore du temps ?
37:07– C'est une très bonne question
37:10parce que dans les faits,
37:11sur la cote de popularité de Donald Trump,
37:13il y a deux choses.
37:14D'abord, lorsqu'il est arrivé au pouvoir,
37:16Donald Trump était vraiment populaire.
37:18C'était un président
37:19pour lequel une partie de l'Amérique avait voté.
37:22Et là, il est en dessous des 40%
37:24dans la moyenne de tous les sondages
37:26d'opinions favorables
37:27entre 37 à 40%.
37:29Alors, vous allez me dire,
37:30c'est beaucoup,
37:30mais en fait,
37:31ce n'est pas du tout beaucoup
37:32pour un président en exercice
37:33après seulement un an
37:35d'arrivée à la Maison-Blanche.
37:37La deuxième chose,
37:38c'est qu'on voit aussi dans tous les sondages
37:39que 70% des Américains
37:42ne veulent pas de cette guerre.
37:43Et ça, pour Donald Trump,
37:44ça devient quelque chose de très embêtant.
37:46Et il le répète,
37:47il dit, voilà, ça va aller mieux,
37:49faites-moi confiance,
37:50le prix de l'essence,
37:51on va y arriver.
37:52Regardez ce qu'on a fait au Venezuela.
37:54Il cite toujours le Venezuela comme exemple.
37:56Il tient depuis 24 heures
37:57à rassurer les Américains
37:58qui ne veulent pas de cette guerre.
38:00Je vous rappelle qu'il y a un traumatisme américain
38:02sur la guerre en Irak,
38:03sur la guerre en Afghanistan.
38:04Ensuite, on est quand même,
38:06et c'est ça qui est surprenant,
38:07mais dans quelque chose
38:08sur une crise aussi importante
38:10de fou.
38:11Par exemple,
38:12depuis qu'on suit Donald Trump
38:13ce matin avec Valentin Ribes,
38:15eh bien, on a vu Donald Trump
38:18au golf à Jupiter.
38:20Il est allé jouer au golf sans caméra,
38:22mais maintenant,
38:23il y a un de ses amis
38:24qui s'appelle le docteur Eric Capra,
38:26qui vient de poster
38:27sur les réseaux sociaux
38:28ces images du président
38:30très détendu jouant au golf.
38:32Là, il est enfermé derrière moi
38:33à Mar-a-Lago.
38:34Il y a les supporters
38:35qui l'acclament quand il passe.
38:37Ce soir, il part à Miami
38:38et demain, il va encore aller
38:41à un championnat de golf
38:43avec sa famille qui l'attend.
38:45Et on a l'impression
38:46qu'on est dans un week-end
38:47de vacances à Palm Beach.
38:48Donc, quand même,
38:49une situation internationale,
38:51il faut le rappeler,
38:51extrêmement tendue.
38:52Laurent Saïman, direct de Palm Beach
38:54en Floride
38:55avec Valentine Reeves.
38:56Lieutenant-colonel Guillaume Ancel,
38:58vous êtes toujours avec nous.
38:59On voudrait réécouter
39:00et vous soumettre
39:01ce qu'a dit à nouveau
39:02Donald Trump hier
39:03concernant les possibilités,
39:05bien évidemment,
39:05concernant le défaut d'accord.
39:07Qu'adviendrait-il
39:08en cas de défaut d'accord ?
39:09Réponse de Donald Trump hier
39:10devant sa base Maga,
39:12devant les villages,
39:13les fameux villages
39:14qui lui sont acquis,
39:15cette communauté Maga en Floride.
39:16Écoutons Donald Trump.
39:17Il y a différentes options.
39:19Est-ce que l'on veut
39:19tout simplement détruire l'Iran,
39:21les terminer pour toujours
39:22ou est-ce qu'on veut
39:23essayer de conclure un accord ?
39:24Voilà les deux options.
39:25Est-ce que vous voulez
39:26les anéantir ?
39:27Je ne préférerais pas.
39:30D'un point de vue humain,
39:31évidemment, je ne préfère pas.
39:33Mais on pourrait y aller
39:35et les détruire,
39:36les anéantir totalement.
39:37C'est possible.
39:38Mais on peut également
39:38trouver notre solution.
39:40Guillaume Ancel,
39:41une forme de charité chrétienne.
39:42D'un point de vue humain,
39:43il n'a pas envie
39:43de les anéantir Donald Trump
39:45mais il est prêt quand même
39:47à reprendre les frappes.
39:48Et puis ce soir,
39:49un cessez-le-feu de deux mois.
39:51C'est la dernière proposition.
39:52Qu'est-ce qu'il faut comprendre
39:53si on se met dans la tête
39:54du président américain ?
39:56Je vais reprendre
39:57ce que nous a dit
39:58Laurent Saïm
39:59en direct là-bas aux Etats-Unis
40:00qui me semble très important.
40:02C'est que Donald Trump
40:03s'est enfermé
40:04dans une forme de déni.
40:05Le fait que pendant
40:06pratiquement 48 heures,
40:08il n'ait pas tweeté
40:09sur le sujet iralien
40:10est en soi
40:11une performance de sa part.
40:13Ce qui est intéressant,
40:15c'est de constater
40:16d'un point de vue militaire
40:17que les Américains
40:19sont dans une impasse
40:20parce qu'après avoir fait
40:2125 000 frappes,
40:23ce qui encore une fois
40:23est considérable,
40:24en réalité,
40:25ils n'ont quasiment
40:25plus de cibles militaires
40:26à frapper
40:28et ça n'a pas donné
40:29les effets escomptés.
40:31Ce qui fait que
40:31Pitt,
40:32excède son secrétaire d'État
40:34à la Défense,
40:35s'est complètement
40:36décrédibilisé,
40:37y compris quand il est passé
40:38devant le Congrès
40:39parce qu'on dépasse
40:40les 60 jours
40:42d'engagement militaire
40:44en Iran
40:44et que par ailleurs,
40:46maintenant,
40:46on est dans le temps
40:47de Marco Rubio,
40:48son secrétaire d'État,
40:49son ministre des Affaires
40:50étrangères,
40:50il est entièrement acquis
40:52au fait que désormais,
40:53il faut négocier.
40:54Et s'il se tait,
40:56c'est sans doute
40:56parce que Marco Rubio
40:57a obtenu de lui
40:58qu'il ne mette pas
41:00d'huile sur le feu
41:01et qu'il laisse enfin
41:03les diplomates discuter.
41:05Mais la discussion
41:06ne sera pas facile.
41:07L'option militaire,
41:08pour moi,
41:09est quasiment inexistante
41:10à ce stade
41:11parce qu'elle n'est plus
41:13pertinente.
41:14Guillaume Ancel,
41:15avant qu'on vous pose
41:16une dernière question,
41:16il y avait Jérôme Boireau
41:17qui n'était pas d'accord
41:18avec vous sur le délit
41:19de Donald Trump,
41:20c'est ça ?
41:21Oui,
41:21bonsoir Guillaume.
41:22Je me demande
41:23ce qui vous permet,
41:24quels sont les éléments
41:25vraiment tangibles
41:26qui vous permettent
41:27de considérer
41:28que Donald Trump
41:29et les Etats-Unis
41:30sont dans une impasse.
41:31Ce n'est pas parce
41:32qu'il y a un cessez-le-feu.
41:32Il faut d'ailleurs rappeler
41:34que le cessez-le-feu
41:34a été imposé
41:36par les Etats-Unis.
41:37Ce ne sont pas les Iraniens
41:38qui ont décidé
41:38d'un cessez-le-feu.
41:39Et donc les Etats-Unis
41:40peuvent reprendre
41:41les frappes,
41:42toutes sortes de frappes
41:43pour quelques jours,
41:44peut-être même
41:45quelques heures,
41:46à tout moment.
41:47Cette carte-là
41:47est une carte maîtresse,
41:48me semble-t-il.
41:50Alors,
41:51là où je ne rejoins pas
41:53Jérôme,
41:54c'est que,
41:55bien sûr que les Américains
41:56peuvent reprendre
41:56des frappes.
41:57Ils ont les bases
41:58et le déploiement de forces
42:00qui leur permettraient
42:01de relancer des frappes.
42:02Mais ils ont
42:03trois difficultés.
42:04La première,
42:05c'est qu'ils savent
42:06difficilement lutter
42:07contre les ripostes iraniennes
42:09avec un engin
42:10complètement basique
42:12et plus sophistiqué
42:13que sont les drones
42:14contre les pays du Golfe.
42:15Et ça,
42:16ils ont été
42:16très déstabilisés
42:18de voir
42:19qu'ils ont très bien
42:20intercepté
42:21les missiles iraniens,
42:22qui ont fait finalement
42:23relativement peu de dégâts,
42:24mais qu'ils ont
42:25beaucoup de mal
42:25à lutter contre
42:26les drones
42:27qui ont attaqué
42:28des installations civiles
42:30dans les pays du Golfe.
42:31La deuxième chose,
42:32c'est qu'avec
42:33leurs attaques militaires,
42:34qui sont essentiellement
42:35des bombardements,
42:36pour ne pas dire
42:36pour l'essentiel
42:38des bombardements,
42:39en fait,
42:40ils ne savent pas
42:40attaquer plus
42:41les capacités militaires
42:43des Iraniens.
42:43Et notamment,
42:44les drones sont
42:45physiquement indestructibles
42:47parce qu'ils sont
42:48beaucoup trop nombreux
42:49et je peux les cacher
42:50à l'arrière
42:51d'une camionnette
42:52ou dans un garage.
42:53Et puis,
42:54la troisième chose
42:54qui est importante,
42:56c'est que les Américains
42:57ont utilisé
42:58énormément de munitions,
42:59de munitions relativement sensibles,
43:01qu'ils ont fait venir
43:02de leurs dépôts logistiques
43:04du monde entier,
43:04et que même s'ils remettaient
43:06le couvert
43:06et que,
43:07admettons qu'ils repartent
43:08pour 25 000 frappes,
43:09eh bien,
43:10en réalité,
43:10les militaires américains
43:12disent qu'ils ne savent
43:14pas très bien
43:14quels effets supplémentaires
43:16ils obtiendraient,
43:17sauf à s'attaquer
43:19à des infrastructures civiles,
43:21c'est-à-dire
43:22des installations énergétiques
43:23ou des ponts,
43:26des voies ferrées,
43:27et à ce moment-là,
43:28ce sont des crimes de guerre.
43:30Alors,
43:30Guillaume,
43:30en celle-ci,
43:31les téléspectateurs
43:32nous rejoignent.
43:32Pour résumer,
43:33s'il n'y a pas d'accord,
43:34que va faire Trump ?
43:34Vous avez certainement lu
43:36Axios qui nous parlait
43:37du briefing de 45 minutes
43:39fait à Donald Trump
43:40avec trois options,
43:41notamment la reprise
43:42des frappes fortes et puissantes,
43:44la prise d'une partie
43:45du contrôle du détroit d'Hormuz,
43:46ou alors la sécurisation
43:48des 440 kg d'uranium,
43:51sécurisation,
43:52ou après,
43:52dilution et transport.
43:54Qu'en pensez-vous ?
43:55Est-ce qu'il peut y avoir
43:56une autre alternative ?
43:58Alors,
43:59en fait,
43:59si vous examinez bien
44:00ces trois options,
44:01sur la première reprise
44:02des frappes,
44:03le problème,
44:04c'est pour obtenir quoi ?
44:05C'est-à-dire que
44:06si c'est pour frapper
44:07et que le régime
44:08des gardiens
44:09de la révolution résiste,
44:11ils sont en difficulté.
44:13Faire débarquer des troupes
44:14sur la côte iranienne,
44:16alors là,
44:16c'est prendre le risque
44:17de pertes américaines importantes.
44:19Or,
44:19vous l'avez rappelé,
44:20Jean-Claude l'a redit
44:21tout à l'heure,
44:22les Américains sont très hostiles
44:23à cette guerre.
44:25Et si en plus,
44:25il y avait des pertes américaines,
44:26ce serait difficile.
44:27Quant à envoyer
44:28une équipe
44:29des forces spéciales
44:30sécuriser les 440 kilos
44:32qui sont probablement
44:34ensevelis
44:35sous une montagne
44:36en Iran,
44:38c'est quasiment impossible,
44:39sauf à faire en sorte
44:41que ces forces spéciales
44:42soient engagées
44:43par des troupes
44:44au sol iraniennes.
44:45Et là aussi,
44:46c'est des pertes assurées
44:47au bout de cette opération.
44:48Ce qui veut dire
44:49que dans les options
44:50proposées par le Pentagone,
44:52en réalité,
44:53ce que disent les militaires,
44:54c'est oui,
44:54on peut remettre le couvert,
44:56mais ça ne changera rien
44:57à la situation politique.
44:58Et c'est pour ça
44:59que je me permets
45:00d'avancer
45:01que les Américains
45:02sont dans une impasse militaire,
45:03ce qui explique
45:04le fait que Donald Trump
45:05prenne cette décision
45:06de prolonger
45:07ou en tout cas
45:08de proposer
45:09une trêve
45:10pendant au moins deux mois,
45:11c'est-à-dire
45:11de donner le temps
45:12à la discussion
45:13et à la diplomatie.
45:14quelque part,
45:15c'est l'échec
45:16de Pitexet,
45:17le secrétaire d'État
45:18à la guerre.
45:18Pierre Berthelot,
45:19le cessez-le-feu
45:20de deux mois,
45:21donc ça,
45:21on l'apprend ce soir,
45:22la proposition
45:23qu'ont fait
45:23les Américains
45:24la semaine dernière,
45:2530 jours,
45:25réclament eux,
45:26les Iraniens.
45:27Ce qui veut dire
45:28que probablement,
45:29dans les heures
45:29et les jours
45:30qui viennent,
45:31pas de frappe,
45:32mais en forme
45:33de statu quo ?
45:34Oui,
45:35parce que,
45:35comme l'a rappelé
45:36Guillaume Ancel,
45:37je pense qu'il y a
45:38une impasse stratégique
45:39américaine
45:39en ce sens que,
45:40je ne dis pas
45:41qu'il n'y aura pas
45:41des frappes,
45:42mais je suis très sceptique
45:43sur le fait
45:44que ça puisse recommencer
45:45à la même échelle,
45:47c'est-à-dire,
45:47je ne pense pas
45:47qu'on va partir
45:48sur 30-40 jours,
45:50ça,
45:50ça me paraît quand même
45:51très très compliqué,
45:52donc c'est vrai,
45:53ils sont un peu coincés,
45:54donc qu'est-ce qu'il reste ?
45:55Il reste des frappes courtes
45:56pour frapper très fort,
45:57comme vous l'avez dit tout à l'heure.
45:58Ça,
45:58c'est l'option numéro 1.
45:59Voilà,
45:59c'est l'option numéro 1.
46:01Est-ce que ce sera suffisant ?
46:03C'est difficile à dire.
46:04La deuxième option,
46:10que j'ai souligné tout à l'heure,
46:11il n'est pas totalement étanche,
46:14en espérant
46:14un affaiblissement progressif
46:17du régime
46:17qui serait plus enclin
46:19à négocier
46:21de manière plus satisfaisante,
46:22notamment sur le nucléaire.
46:24C'est pas ce qu'on voit du tout,
46:25pardon,
46:26c'est pas ce qu'on voit du tout ce soir
46:27dans les propositions
46:28que semblent formuler les Iraniens.
46:31Oui, mais encore une fois,
46:31c'est le jeu.
46:31Il y a quand même des lignes rouges
46:33que les Américains
46:34ne peuvent pas accepter.
46:35Non, mais c'est le jeu,
46:36c'est le jeu,
46:37c'est normal.
46:38Depuis le départ,
46:39ils veulent montrer,
46:40dans cette guerre asymétrique,
46:41qui sont forts,
46:42alors qu'ils sont quand même
46:44relativement plus vulnérables
46:45sur le fond que les Américains.
46:47Mais ils veulent montrer
46:48cette image de puissance
46:49et de force.
46:50Donc, bien sûr,
46:50ils ne vont pas aller en disant
46:52on est d'accord
46:53pour ceci, pour cela.
46:54Donc, ils ont une position
46:55d'exigence très élevée.
46:56Mais encore une fois,
46:58ils peuvent faire des concessions
46:59sur le nucléaire.
47:00Il faut revenir à ce qu'il y avait
47:01avant le 28 février,
47:02les négociations d'Omane,
47:03où ils avaient dit
47:04oui sur le nucléaire,
47:05on est prêt à donner
47:07partie ou totalité
47:08du stock d'uranium enrichi
47:09qui pourrait être confiée
47:11à un tiers,
47:12à savoir la Russie.
47:13Et sur le reste,
47:14soit ça serait dilué
47:16progressivement.
47:16Donc, il y a quand même,
47:18ce n'est pas une intransigeance.
47:18Là, vous pensez qu'aujourd'hui,
47:19après 63 jours de guerre,
47:20on peut revenir
47:21à ce qu'il y avait
47:22à ce moment-là ?
47:22de la possibilité.
47:23Ben oui.
47:24D'où le coup de fil
47:25entre Trump et Poutine
47:27qui a eu lieu.
47:27Peut-être qu'ils en ont parlé.
47:29Finalement, on risque
47:30d'arriver à ça.
47:30Vous avez vu ce que dit Israël,
47:32que si on ne parvient pas
47:33à détruire ces 400 kilos,
47:35on considérera que finalement,
47:37cette guerre est un échec.
47:38Oui.
47:38Donc, c'est pour ça que si
47:39on revient à la solution d'Omane,
47:42je pense que là,
47:43il y aura...
47:44Moi, je pensais...
47:45Il aime le show.
47:46On est aux Etats-Unis.
47:47C'est Hollywood.
47:48Il faut du sonnant
47:49et trébuchant.
47:49Il faut les caméras,
47:51encore une fois,
47:52qui filment les mallettes
47:54où il y a l'uranium enrichi.
47:56Vous voyez ?
47:57Les fioles.
47:58Les fioles.
47:59Voilà.
47:59Il vous vend plutôt des mallettes.
48:01Non, mais des mallettes
48:01ou en tout cas des...
48:02Voilà.
48:03Le problème, c'est qu'on ne sait pas
48:04où il est pour l'instant.
48:06Il va falloir le trouver.
48:07Si on a cette image,
48:09les conteneurs
48:09avec l'uranium enrichi
48:10transférés dans un avion
48:12qui arrive à Moscou,
48:13Trump dira...
48:14Vous voyez ?
48:14J'ai fait ce qu'aucun président
48:16n'a réussi à faire.
48:17Contre 40 ans,
48:18je suis le plus beau,
48:19je suis le plus fort.
48:19Pardon, mais je ne pense pas
48:21que cette solution
48:21va résoudre le problème.
48:24Parce que, comme on l'a dit,
48:25le régime iranien
48:27a toujours caché
48:27ses intentions militaires
48:31quant au développement
48:32de la bombe nucléaire.
48:34Il faut se rappeler quand même
48:35que c'est en 2002.
48:37C'est grâce au service
48:39de renseignement
48:40du Conseil national
48:41de la résistance iranienne
48:41et Moujadine du peuple
48:42veut dire effectivement
48:43que ce sont eux
48:44qui ont révélé
48:45au monde entier
48:46l'existence
48:47de ce programme
48:48clandestin nucléaire
48:49visant à l'obtention
48:51de la bombe nucléaire.
48:53Donc, le régime
48:54a toujours caché
48:55ses intentions
48:55et a toujours menti
48:56même au cours
48:58des négociations
48:59qui ont eu lieu,
49:00même avec le 10 et Pioé.
49:01Je suis d'accord avec vous
49:03que ça ne va pas résoudre
49:04le fond.
49:04Mais Trump, il aura sa victoire
49:06et c'est la condition
49:07pour en finir.
49:08Oui, mais ça ne va pas
49:08résoudre le problème.
49:10Ce problème, en fait,
49:11c'est-à-dire que, quand même,
49:12l'accord,
49:13si on aboutit à un accord,
49:14il sera imparfait
49:15parce qu'il ne va pas résoudre
49:16le problème de fond
49:17et le problème de fond,
49:18il y a l'existence même
49:19de ce régime
49:22qui vise à obtenir
49:23cette bombe nucléaire
49:24pour assurer sa survie
49:26et la façon
49:29de régler ce problème
49:31pour obtenir
49:32une paix durable,
49:33c'est véritablement
49:34la fin de ce régime
49:35mais la fin de ce régime
49:36ne peut arriver
49:36avec une intervention
49:38militaire étrangère.
49:40C'est à la main
49:41du peuple iranien
49:42et de sa résistance
49:43à l'intérieur de l'Iran
49:44d'obtenir la fin de ce régime
49:46et qui nous permettra
49:48d'aboutir à une paix durable.
49:49Alors, je vous donne
49:50la parole à tous.
49:51Après, on va écouter
49:51Donald Trump justement
49:52sur les personnes
49:54avec qui négocier.
49:55Voilà ce que disait
49:56Donald Trump
49:57hier encore en Floride.
49:59Comme vous le savez,
50:00en Iran,
50:01les dirigeants sont
50:03dans la confusion
50:04la plus totale.
50:05Les dirigeants
50:05ne s'entendent pas.
50:06Ils sont totalement perdus.
50:08Ils ne savent pas
50:08ce qui se passe.
50:09La plus grande partie
50:10de leur armée
50:11a été détruite.
50:13Nous venons d'échanger
50:14avec l'Iran
50:14et nous allons voir
50:15ce qu'il en ressort.
50:16Mais ce que j'aimerais dire,
50:17c'est que je ne suis pas
50:18satisfait de la situation
50:19et des résultats
50:19pour l'instant.
50:20Le régime iranien
50:22est en ordre dispersé.
50:23Guillaume Ancel dit
50:23Donald Trump.
50:24Hier soir,
50:24il a même dit
50:25qu'il n'y avait plus
50:25de dirigeants
50:25tout simplement en Iran.
50:27Alors avec qui discuter ?
50:29C'est la question ?
50:30Alors,
50:30si vous voulez devenir dingue,
50:32vous suivez
50:33les propositions
50:34de Donald Trump
50:34parce qu'honnêtement,
50:36au bout de 24 heures,
50:37il perd absolument
50:38tout le monde.
50:39C'est hallucinant.
50:40Bien sûr qu'il y a
50:41des dirigeants iraniens.
50:42La question est de savoir
50:44est-ce qu'ils s'entendent
50:45entre eux ?
50:46Il n'y a qu'une certitude,
50:48c'est que le guide suprême,
50:49le fils de Romain Haïn,
50:51n'a été vu et entendu
50:52par personne.
50:54Et donc,
50:54on ne sait pas
50:55si c'est un symbole
50:57dont se servent
50:58d'autres gardiens
50:59de la révolution
51:00ou si réellement,
51:01il y a quelqu'un
51:02qui est encore
51:02l'arbitre final,
51:04finalement,
51:05de la stratégie iranienne.
51:06Mais comme on l'a dit
51:07tout à l'heure,
51:08qui me semble
51:09très intéressant,
51:10c'est qu'il faut se souvenir
51:10que le régime iranien
51:11joue sa survie.
51:13Et par conséquent,
51:15ces acteurs
51:15sont les gardiens
51:17de la révolution
51:17qui dirigent aujourd'hui
51:18l'Iran,
51:19non plus les Mollahs.
51:20Ils feront tout
51:20pour conserver le pouvoir
51:22parce que le pouvoir,
51:22c'est la vie pour eux.
51:23C'est l'essentiel
51:25de la richesse
51:26qu'ils ont captée.
51:27Ils ont martyrisé
51:28une grande partie
51:29de la population iranienne
51:30pendant ces décennies.
51:31Et par conséquent,
51:32si jamais ils perdaient
51:33le pouvoir,
51:33c'est clair qu'ils seront pendus,
51:35eux, à leur tour.
51:36Ils feront tout
51:37pour garder le pouvoir,
51:38y compris en faisant
51:40quelques concessions.
51:41Ça n'est absolument pas,
51:43comment dire,
51:44déraisonnable
51:44de leur part
51:45d'envisager cela.
51:47Mais il y a bien
51:48un pouvoir en face.
51:49Et d'ailleurs,
51:50depuis que cette guerre
51:52a commencé,
51:53les Américains
51:54n'ont jamais cessé
51:55de discuter
51:56avec le pouvoir iranien.
51:58Même quand ils font semblant
51:59de se faire la gueule
52:00au Pakistan
52:00et qu'ils ne se rejoignent pas
52:02ou qu'il ne reste
52:02que 24 heures ensemble,
52:04en permanence,
52:05ils discutent ensemble.
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