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  • il y a 21 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00L'Iran qui paye le prix de cette guerre, mais c'est le monde entier en réalité qui paye le
00:04prix de cette guerre.
00:05Le prix de la guerre, justement, regardez, c'est la une demain de nos confrères de la tribune dimanche.
00:10La France, notamment la France, n'est pas belligérante dans ce conflit, et pourtant elle paye le prix de cette
00:16guerre,
00:16et on le constate, vous le constatez probablement chaque jour à la pompe.
00:19Faut-il plafonner les prix du Carpuran ? Il y a plusieurs voix qui s'élèvent, vous le savez, pour
00:24légiférer dans ce sens.
00:25Le Premier ministre lui préfère inciter Total Energy, ce sera lire dans la tribune demain, à un plafonnement généreux.
00:31Voilà les mots rapportés par nos confrères.
00:33Le bon sens est un plafonnement généreux qui peut redevenir intéressant pour les consommateurs français,
00:38alors qu'une grande partie de la classe politique le presse de mettre en place une taxation des super profits.
00:42Rappelons que Total a vu son bénéfice net bondir de 51% au premier trimestre, conséquence de l'envol des
00:48prix du pétrole.
00:50Bonsoir Philippe Erlin.
00:51Bonsoir.
00:52Inciter plutôt que contraindre, c'est la bonne solution ça ?
00:55C'est une menace, mais en fait le fait qu'un gouvernement menace sa grande entreprise,
00:59qui est une entreprise formidable, parce que la France a quand même la chance d'avoir une grande entreprise pétrolière.
01:05Donc le fait que le gouvernement menace en demandant des prix à la pompe peu élevés, sinon ce serait une
01:11taxation des profits.
01:13Mais alors quand il dit plafonnement généreux, on rappelle que Total plafonne actuellement en France,
01:16le prix de l'essence en plomb à 1,99, celui du diesel à 2,09 par litre.
01:20Qu'est-ce que peut faire de plus Total, quand le Premier ministre l'a dit plafonnement généreux ?
01:24Alors il s'attend peut-être à ce que Total baisse ses prix-là, mais d'où vient l'argent
01:28?
01:28C'est-à-dire qu'il faut comprendre que les bénéfices Total ne viennent pas de la France,
01:31ils viennent des pays d'extraction, de production que Total a.
01:35Et encore une fois, on a la chance d'avoir une entreprise qui a cette capacité, qui a ses ressources.
01:40Et nous, la seule chose à laquelle on pense, c'est de lui taper dessus.
01:43Donc là, vous dites que ce n'est pas la bonne solution de plafonner encore ?
01:46Non, mais c'est plus tout ça à l'état de faire des efforts.
01:48Si l'essence est très chère, d'ailleurs, quand vous regardez le prix de l'essence en France et dans
01:52les autres pays européens,
01:53vous voyez que c'est beaucoup plus élevé en France.
01:55Parce que nous, on parle de baisse de la TVA, mais ce n'est pas la bonne solution.
01:59Oui, justement, expliquez-nous comment se décompose un prix à la pompe.
02:02C'est-à-dire, on parle de la TVA, mais il y a aussi 30 à 40% de taxes
02:05sur les produits pétroliers.
02:06Mais il y a une assise, alors une assise plus une TVA sur l'assise,
02:11mais en fait, l'assise, c'est un prix fixe, c'est-à-dire c'est 80 centimes.
02:14Quand on prend l'assise plus la TVA sur l'assise, mais la TVA, elle est fixe parce qu'elle
02:18repose sur l'assise.
02:19Donc, il y a en tout 80 centimes.
02:21Donc, si le baril de pétrole était à 0 dollar, on paierait quand même l'essence 80 centimes.
02:26Enfin, plus les frais de distribution et de raffinage.
02:28C'est ça, en fait, qui pèse.
02:30Et en fait, moi, ce que je dis, c'est que l'État, il se goiffe tout le temps.
02:32Parce que ce n'est pas seulement en ce moment où il y a une hausse des prix.
02:35Même quand le baril est à un prix normal ou même quand il est faible,
02:39cette assise-là, ça fait qu'il y a des milliards qui rentrent dans les caisses de l'État.
02:42Donc, vous dites que ce n'est pas paradoxal de demander à une grande entreprise de faire des efforts
02:45quand l'État n'agit pas sur ces fameuses taxes-là, c'est ça ?
02:48C'est à l'État de faire des efforts.
02:49C'est l'État français qui doit faire des efforts.
02:51Je rappelle que l'année dernière, en 2025, les prélèvements obligatoires ont augmenté de 51 milliards d'euros.
02:56Et après, on s'étonne que la croissance au premier trimestre est de 0%, évidemment.
03:01Il y a tellement de taxes et d'impôts.
03:03Nos entreprises sont tellement défavorisées par rapport aux entreprises étrangères
03:05que ce n'est plus possible de travailler, ce n'est plus possible de faire de la croissance.
03:09Donc, le danger, c'est ça.
03:10C'est qu'il faut diminuer les dépenses publiques, diminuer les taxes pour tout le monde
03:13plutôt que de prendre un bouc émissaire comme Total,
03:17lui dire « vous avez des milliards, donnez-les-nous ».
03:18Écoutez justement ce que dit à ce propos Marine Le Pen.
03:22Marine Le Pen a été en déplacement à Sens aujourd'hui.
03:24Et elle demande, elle aussi, à l'État de faire un effort.
03:28On l'écoute et puis on en parle après.
03:32On apporte depuis 5 ans déjà, c'est que c'est de 20 à 50, la TVA, sur l'énergie.
03:37Parce que l'énergie, c'est un bien de première nécessité.
03:40Et on le voit d'ailleurs dans la crise d'achète.
03:42On voit très bien qu'à ce moment où le carburant explose,
03:45les gens ne peuvent pas me rayer, ne peuvent plus avoir une vie sociale,
03:49notamment pour les fins de mois.
03:50Et il en est de même pour le gaz, il en est de même pour le fuel.
03:54Et donc il faut avoir une action pérenne sur ce sujet.
03:58Et il n'y a que la baisse de la TVA qui peut apporter cette réponse.
04:02Baisser la TVA, mais est-ce que l'État aujourd'hui,
04:06dans l'État où il se trouve, pardon, financièrement,
04:09exsangue, a les moyens de baisser la TVA sur 40 ans ?
04:11L'État n'est pas exsangue, l'État vit sur le dos des Français.
04:14C'est ça qu'il faut voir quand on compare les prédémoisatoires en France
04:16qui sont de l'ordre de 48% du PIB.
04:18C'est-à-dire sur toutes les recherches qui sont créées en France
04:21par les entreprises, par les salariés, par...
04:23L'État en prend la moitié.
04:24Mais pardon, mais ça veut dire baisser la TVA sur le carburant,
04:27ça veut dire absence de recettes,
04:29et donc ça veut dire nouvelle coupe budgétaire.
04:31Il va bien falloir le trouver, cet argent.
04:33Mais il faut baisser la...
04:33Nouvelle cure d'austérité, probablement.
04:35Non, non, parce que l'austérité, ça veut dire on tape sur les Français.
04:38Non, non, c'est l'État qui doit faire de l'austérité.
04:40Voilà, et qui ne le fait pas.
04:42Je rappelle, tous les pays développés,
04:44après les années 90,
04:46ont fait à différentes périodes des efforts,
04:48que ce soit le Canada, la Suède, l'Allemagne,
04:49début des années 2000, bon, tous les États ont réussi
04:52à faire des réformes pour baisser
04:54la dépense publique et contenir le déficit.
04:56Voilà, sauf la France. La France est le seul pays
04:58où on n'a pas pu se mettre autour du table
05:00et faire des recettes
05:02qui sont un peu amères au début, mais qui payent ensuite.
05:04Parce que ça part de la croissance.
05:06Là, on voit en ce moment, on est à croissance zéro,
05:08le chômage est en train de remonter.
05:09Comment on va s'en sortir de ça ?
05:11Ça avait baissé sur le trimestre, sauf qu'en mars, ça a exposé de 1,1%.
05:14Nous dit-on, et si on regarde les chômeurs
05:15de catégorie abaissées, on est sur le plus haut
05:18depuis 2019, effectivement.
05:19Voilà, donc on est coincé économiquement
05:21et on n'a plus de ressources.
05:22Donc il faut faire la seule recette
05:25qu'on n'a pas faite encore, c'est-à-dire dans la dépense publique.
05:27Philippe Charles, merci d'être avec nous.
05:28Vous êtes expert en questions énergétiques et pétrolières.
05:31Quelle serait la bonne solution ?
05:33On vous rappelle que le Premier ministre, Sébastien Lecornu,
05:35encourage Total, on en parlait,
05:36à un plafonnement généreux des prix à la pompe,
05:38ce que Total fait déjà.
05:40Alors après, tout s'entend...
05:43Tout est dans le généreux.
05:43Tout est dans le généreux, effectivement.
05:45Qu'est-ce qu'on pourrait faire à la fin des années 90 ?
05:47Par exemple, on avait bloqué les prix
05:49et les marges des raffineurs producteurs
05:50au moment du choc pétrolier.
05:52Est-ce qu'on pourrait refaire ça à nouveau, par exemple ?
05:54Alors d'abord, une petite correction, d'ailleurs,
05:56par rapport à ce que vous avez dit.
05:57Total n'a pas...
05:59Donc les plafonds, c'est bien 1,99 pour l'ESP95,
06:03mais c'est 2,25 pour le diesel.
06:06Les 2,09 que vous mentionnez,
06:08c'est en fait uniquement pour les clients de Total
06:10en matière de gaz et d'électricité.
06:12Donc il faut bien préciser,
06:13c'est pour une partie relativement faible de la population.
06:17– Le groupe annonce effectivement qu'il mettra aussi en place
06:21des opérations spéciales pendant les week-ends
06:24et les ponts du mois de mai.
06:25Vous estimez que ce n'est pas suffisant ?
06:27– Pardon, vous estimez que ce n'est pas suffisant ?
06:28– Le diesel, comme c'est marqué, c'est bien 2,25 et pas 2,09.
06:32Alors si on regarde pourquoi est-ce que ce...
06:36Comment dirais-je ?
06:37On a choisi...
06:37Total a choisi 2,25 et 1,99.
06:40C'est tout simplement parce que ce sont les moyennes
06:42du dernier mois et qu'on anticipe très probablement
06:46dans l'avenir une hausse de prix.
06:48Et donc si vous voulez, si Total, hypothèse d'école,
06:52mettait le diesel à 2,10 et le SP95 à 1,90,
06:57on pourrait se trouver devant une situation
06:59où ils pratiquent ces prix.
07:01Et donc un, concurrence déloyale vis-à-vis de ces concurrents
07:05qui ne peuvent pas faire les mêmes ristournes
07:07parce qu'il y a beaucoup de distributeurs
07:10qui ne vivent que de la distribution
07:11et qui ne peuvent pas compenser leur perte en distribution
07:14par le raffinage ou bien l'extraction pétrolière.
07:19Deuxièmement, ça voudrait dire que Total est à perte
07:22et ce qui est aussi interdit par la législation.
07:27Donc moi, la proposition que je fais,
07:29je ne suis pas trop d'accord,
07:31même si ce que Philippe Erlin dit
07:32sur la baisse de la dépense publique est vrai,
07:35mais cela étant, on est dans une situation politique
07:37où malheureusement, on ne peut pas englober tout ça
07:40dans un grand programme de baisse de dépense publique.
07:43Donc moi, je préférerais, c'est suspendre pour l'instant
07:46les certificats d'économie d'énergie,
07:48c'est-à-dire ces prélèvements
07:49qui servent à la transition énergétique
07:52et qui peuvent, disons, attendre
07:54et qui comptent environ pour 17 centimes d'euros
07:58à la fois sur le diesel et sur le SP95.
08:02Donc ça équivaudrait un petit peu moins
08:05que la baisse de la TVA de 20% à 5,5%.
08:09Mais par contre, ça permet à l'État
08:12de ne pas perdre entre 12 et 15 milliards d'euros.
08:15Philippe Erlin, est-ce que vous nous dites ce soir
08:18que le pétrole peut retrouver ses niveaux d'avant la guerre ?
08:22Ou alors, vous dites à ceux qui nous regardent
08:24qu'il va falloir s'habituer à payer son essence
08:26et à faire son plein plus cher avec des niveaux comme cela ?
08:28Il y a peu de chances, parce que le cycle de Trump,
08:30c'est quand même de faire tomber le régime.
08:32Parce que comme il veut régler le problème nucléaire,
08:33ça peut se faire quand on tombe le régime.
08:35Donc peu d'espoir d'ici l'été.
08:36Voilà, donc la guerre, ou en tout cas les pressions,
08:39vont continuer pour notamment le blocage
08:41des Trois-Dormuz.
08:43Donc il y a peu de chances que le baril baisse.
08:45Alors c'est vrai ce que disait Philippe Charlaise,
08:47avant même de parler de baisse de la dépense publique,
08:50où là c'est plus compliqué, ça prend du temps,
08:52le simple fait de suspendre tout ce qui relève
08:54en fait de la transition énergétique,
08:56donc les CEE, les certificats d'économie d'énergie,
08:58c'est un mécanisme où l'État oblige
09:00ceux qui produisent des énergies fossiles
09:04à faire des aides à des personnes pour décarboner,
09:08et en échange, elles se payent sur ce qu'elles vendent,
09:11donc ça fait 15 à 20 centimes sur l'essence.
09:13Et il faudrait le faire aussi sur tout le reste,
09:16sur l'électricité, par exemple,
09:17il faudrait stopper l'installation d'éoliennes,
09:19parce que si le prix de l'électricité augmente,
09:20c'est parce qu'on installe beaucoup d'éoliennes,
09:22donc il faudra au moins stopper,
09:23et puis reporter ce débat-là à la présidentielle,
09:25où on pourra vraiment débattre de la transition énergétique,
09:28et puis on pourrait,
09:29d'ailleurs le gouvernement l'a un peu fait sur les DPE,
09:32parce que s'il avait appliqué la loi avec les DPE,
09:35les logements G ne pouvaient plus être loués cette année,
09:38et ça aurait amené des dizaines de milliers de logements
09:40à sortir du marché,
09:41ce qui aurait été catastrophique.
09:42Alors la situation du logement est déjà catastrophique,
09:45mais là ça aurait vraiment accentué les choses,
09:47il a suspendu,
09:48alors il a changé le mode de calcul du chauffage électrique,
09:51et puis il dit aux gens,
09:53si vous faites des travaux dans trois ans,
09:54vous pouvez continuer de dévouer,
09:55bon, en fait il est en train de suspendre,
09:57parce qu'il comprend qu'il fasse des contraintes pas possibles,
09:59donc il faut qu'il fasse la même chose sur les CEE,
10:01et c'est effectivement une façon d'apporter
10:0315 à 20 centimes de moins tout de suite
10:06pour les Français.
10:06C'est une solution efficace pour les Français.
10:09Merci beaucoup Philippe Erlin.
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