00:00Cette information de dernière minute qu'il faut qu'on vous donne, Thierry, Paris et Londres co-présideront mardi,
00:07donc après-demain, une réunion de ministres de la Défense, et il sera question justement du Détroit d'Hormuz.
00:13Oui, c'est la suite de la mise en place de cette coalition qui comprend plusieurs dizaines de pays maintenant,
00:19voir comment elle va pratiquement avancer, comment elle peut et elle doit s'organiser, qui fait quoi,
00:25puisque c'est une réunion, vous le disiez, au niveau des ministres de la Défense.
00:28Alors je rappelle que l'idée défendue par le président de la République à nouveau aujourd'hui et par la
00:32France
00:32depuis le début et le lancement de cette coalition consiste à dire qu'il faut d'ores et déjà se
00:39placer dans le contexte
00:40où ce conflit entre l'Iran, les États-Unis et Israël est terminé et garantir de manière pérenne la liberté
00:49de circulation dans le Détroit d'Hormuz.
00:50Et qu'on a toutes les raisons de penser que cet accord entre Iran, États-Unis et Israël ne suffira
00:56pas
00:56et qu'il faudra donc une force internationale pour venir garantir cette sécurité.
01:01Et c'est ça le thème de cette réunion.
01:03C'est la mission neutre dont parlait Emmanuel Macron à la Mia Viril, c'est ça ?
01:06Oui, c'est ça.
01:07Est-ce qu'il faut y voir une réponse à la menace iranienne ?
01:11On rappelle qu'aujourd'hui les gardiens de la Révolution ont menacé la France notamment
01:15d'une réponse immédiate si le Charles de Gaulle venait à s'approcher trop près des côtes ?
01:20C'est une façon de dire qu'on continue, on déroule notre plan et notre marche.
01:28Encore une fois, c'est une réponse iranienne à une menace qui n'existe pas aujourd'hui.
01:34Néanmoins, quand l'Iran menace, il faut être évidemment attentif.
01:37Donc on y est attentif, c'est évident.
01:39Et en même temps qu'on dit, les préparatifs vont continuer à avancer,
01:43les réunions vont continuer de se tenir pour que ce dispositif,
01:45au moment où il sera pertinent, puisse se développer et se mettre en place.
01:50Général Sidos, voilà ce que dit le ministre britannique de la Défense à ce sujet.
01:54Lors de la réunion de mardi, notre rôle sera de veiller.
01:55Est-ce que nous ne nous contentions pas de parler mais que nous soyons prêts à agir ?
01:58Il est sur le même registre que le chef de l'État en fait.
02:00Oui, de toute façon, au moins nous on a un gouvernement cohérent, c'est pas comme l'Iran.
02:05Et encore l'Iran, c'est une petite remarque,
02:07on a beaucoup vu parler les gardiens de la révolution au moment,
02:09et là on voit beaucoup parler les gens de l'armée.
02:11Donc en fait, les deux structures de force tiennent le système.
02:16Mais effectivement, nous on est très cohérents.
02:19Bon, là on a, avec le porte-avions, on a fait un signe quand même très visible.
02:23On était restés quand même très invisibles,
02:25en particulier avec l'action de nos rafales aux Émirats arabes uniques.
02:29Ils avaient été quand même très efficaces.
02:30Ils avaient quand même bien combattu.
02:32Et Londres a le MH Dragon, MH S Dragon, c'est ça ?
02:36Pour ?
02:37Justement, nous on a mis le porte-avions, et eux ils ont le...
02:40Les Anglais, ils ont voulu le destroyer.
02:42Il ne faut pas se réjouir de la faiblesse de la Royal Navy.
02:45Surtout pas.
02:47Un militaire français pourrait toujours se réjouir que la Royal Navy soit très faible.
02:51Non, il ne faut pas, parce que maintenant on est dans une cohérence européenne,
02:54et on a besoin de la Royal Navy.
02:55Bon, ça c'est le drame, malheureusement, du manque de budget chez les Britanniques.
02:58Mais chez nous aussi, il y a un manque de budget.
03:00On n'a pas assez de frégates.
03:01Ça, c'est une réalité.
03:02Alors, on a envoyé le porte-avions, parce qu'en fait, c'est ce qui est visible,
03:06ce qui est lourd.
03:07Mais en même temps, vous voyez, c'est un handicap.
03:09Parce que tout de suite, on a la réponse des Iraniens pour dire,
03:11attendez, votre porte-avions, c'est comme les porte-avions américains,
03:15il n'est pas là pour faire des ronds dans l'eau.
03:17Bon, alors après, voilà.
03:18Et là, on est obligé, par plein de discours,
03:21de neutraliser le message qu'on a envoyé.
03:24Vous voyez, c'est ça, en disant, mais non, mais non,
03:25on n'a pas du tout l'intention d'aller dans le 2-3 d'Hormuz.
03:27Mais pourtant, si, on l'a dit.
03:28On en a parlé au début du 2-3 d'Hormuz.
03:30Donc, vous voyez, on est obligé de faire plein de corrections.
03:33Donc, effectivement, là, il va falloir communiquer sur ce bateau,
03:36beaucoup, pour dire où il est, où il n'est pas, effectivement,
03:39et quelles sont ses missions et quelles ne sont pas ses missions.
03:42Et donc là, là aussi, nous, on est dans une impasse de l'emploi,
03:45de notre matériel qui a été contrecarré de notre mission,
03:48qui a été contrecarré par le discours iranien.
03:50Ils sont très forts, finalement.
03:51Ils répondent assez rapidement dans cette fameuse guerre de communication.
03:55Ils ont des mots qui font mal.
03:56Notre porte-avions, il n'est pas tout seul.
03:58Il y a une frégate avec.
03:58Oui, il y a plusieurs frégates.
03:59Et comme bulle aérienne protectrice, il n'y a pas.
04:01Oui, oui, bien sûr.
04:02De ce qu'on a vu, il y a une frégate anti-aérienne,
04:04une frégate FREM multimission.
04:06Et on avait aussi une ou peut-être deux frégates dans la zone, également.
04:10Donc, il y en a d'autres.
04:11Et puis, il est prévu qu'il y ait des frégates européennes.
04:13Alors là, effectivement, c'est le navire amiral européen.
04:17Mais de toute façon, les autres Européens seront très prudents.
04:20Personne n'ira affronter les missiles anti-navirs iraniens.
04:23Ça, c'est une chose qui est certaine.
04:25Et puis, effectivement, la mission, au moins, elle est claire,
04:27mais il faudra le répéter.
04:28Et on a un sous-marin aussi ?
04:29Il y a forcément un sous-marin.
04:31Forcément, forcément.
04:33C'est évident.
04:34On ne le dira pas, mais forcément.
04:37Alors, on n'en a pas beaucoup.
04:39Malheureusement, là aussi.
04:40On en a combien ?
04:41On en a six d'attaques.
04:44À propulsion nucléaire d'attaques,
04:46c'est-à-dire qui tirent des torpilles contre d'autres bateaux.
04:48On en a six, donc ça veut dire sur six,
04:50il n'y en a pas tant que ça qui sont disponibles.
04:52Toute cette armada générale, une fois qu'elle arrive sur place,
04:55qu'est-ce qu'on fait ?
04:56On attend que ça se débloque,
04:58on attend que le Détroit se débloque,
04:59on attend qu'un accord.
05:00Je rappelle qu'Emmanuel Macron ne dit pas d'opération sans accord.
05:04Il faut faire attention à la notion de sur place.
05:07En fait, ce qu'a dit Emmanuel Macron,
05:09parce qu'il y a eu une réunion d'État-major,
05:10qui a préparé cette force navale,
05:13qui sera sans doute complétée par plusieurs membres.
05:17On parle probablement de 40.
05:19Je pense qu'il n'y en a qu'une vingtaine qui en verront des bateaux,
05:21et comme l'a rappelé Philippe, avec une grande prudence,
05:23parce que chacun…
05:24Les autres donneront un peu d'argent, c'est ça ?
05:25Non, non, ils vont participer, mais avec des navires,
05:27mais quand ils verront que ça se passe bien.
05:29Ils vont attendre de voir d'abord ce qui se passe
05:31pour les Français et les Britanniques.
05:32Mais il y a déjà des navires qui sont en déplacement.
05:36Ils ne vont pas approcher du détroit d'Ormuz.
05:39Ils ne vont pas approcher des côtes iraniennes.
05:40Parce que ce serait risqué inutilement de se faire frapper.
05:43Et finalement, c'est le message qu'envoyait les Iraniens.
05:46On n'avait rien à voir ici,
05:47tant qu'on n'en a pas fini avec notre affrontement.
05:50Le vrai risque, en fait, c'est celui qu'on évoquait tout à l'heure
05:53d'une paix hybride.
05:54C'est-à-dire que si on ne trouvait pas un vrai accord
05:56entre l'Iran et les États-Unis,
05:58on sera dans une période extrêmement ambiguë, d'incertitude.
06:02Et là, il faudra escorter les navigations commerciales,
06:05parce que sinon, les compagnies maritimes vont dire
06:07mais nous, on ne se risque pas
06:09si quelque part, on n'a pas des vigiles avec nous.
06:11Mais c'est à condition qu'il y ait au moins
06:13un accord imparfait entre les États-Unis et l'Iran.
06:17Et là, le déploiement, à ce moment-là,
06:19ira sur place, c'est-à-dire proche du détroit d'Ormuz
06:22pour que les avions soient apportés.
06:23Aujourd'hui, ils sont hors de portée, les Iraniens.
06:26Jean-Paul Beaujean.
06:27Il y a un instant, vous avez posé la question
06:28de savoir finalement qui gagne,
06:31à quel moment on gagne
06:33et qui peut dire qui a gagné quoi.
06:35Moi, je pense que
06:36le qui gagne, il faut bien se rendre compte
06:39que, d'une certaine manière,
06:41les Iraniens seront parvenus à faire deux choses.
06:43Tout d'abord, on risque de s'enliser.
06:46Et précisément, si on a une paix un peu bâtarde,
06:49on risque de s'enliser dans le conflit
06:51ou de s'enliser dans une période conflictuelle,
06:54en tout cas d'instabilité,
06:56qui ne favorisera pas un commerce équitable.
06:59Parce que, comme je viens de le dire,
07:01personne ne risquera, ne se risquera
07:03à aller lancer des navires,
07:06des bâtiments qui valent plus de 500 millions de dollars
07:09avec toutes les autres conséquences qu'on imagine
07:12dans une période instable,
07:13ou alors ça coûtera excessivement cher.
07:15Donc, de ce point de vue,
07:17c'est un point côté iranien.
07:19Deuxième élément, là, pour le coup, qui gagne.
07:21Même si, côté occidental et notamment américain,
07:25la force est plutôt du côté occidental.
07:27Et on voit bien, même s'il y a un appoint français,
07:30même si le président dit, on n'intervient pas,
07:32c'est pour le cas où.
07:33On voit bien qu'ensemble, il y a une force
07:35qui est inconsidérable
07:36et que les Iraniens ne font pas le point.
07:38Pour autant, ils seront parvenus
07:41à nous obliger à nous enliser dans ce conflit.
07:45Et c'est précisément ce que ne voulait pas,
07:47un, le président américain,
07:48et ce que ne voulait pas le président français,
07:50puisqu'il nous avait dit
07:53que ce n'est pas notre guerre.
07:54En d'autres termes, on n'allait pas dans ce conflit.
07:57Donc, l'un dans l'autre,
07:58il y a malheureusement, à ce jeu-là,
08:00je dirais plutôt, la balle est plutôt du côté iranien.
08:03Ce qui ne veut pas dire que Donald Trump
08:04ne dispose pas encore d'une marge de manœuvre
08:06comme on l'a indiqué sur le plan militaire.
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