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  • il y a 5 minutes
Avec Arthur Kenigsberg, Spécialiste de l'Europe Centrale et Fondateur du think tank d'Euro Créative



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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-04-12##

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Transcription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:067h46 sur Sud Radio, on vous explique ce matin, la Hongrie, une élection particulière avec peut-être une fin de
00:11règne de Victor Orban.
00:13Bonjour Arthur Königsberg.
00:15Bonjour Maxime Liedot.
00:16Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes spécialiste de l'Europe centrale et fondateur du think tank
00:20d'Eurocréative.
00:21Une première question très simple pour que tous ceux qui se réveillent dans notre compagnie comprennent.
00:24Qu'est-ce qui fait que cette année particulièrement, et ce dimanche, l'élection législative pour Victor Orban, Premier ministre
00:30Hongrie, au pouvoir depuis 16 ans, est un enjeu à risque ?
00:35C'est un enjeu à risque pour Victor Orban, parce que pour la première fois depuis sa réélection en 2010,
00:41donc il y a plus de 16 ans,
00:42Victor Orban est donné dans la grande majorité des sondages et dans la totalité des sondages indépendants,
00:47perdant de cette élection. Son principal opposant, et qui est même d'ailleurs son seul concurrent crédible dans cette campagne
00:55législative,
00:57Peter Maguiar, est donné à plus de 10-15% au-dessus du parti de Victor Orban, le Fides, pour
01:05une raison.
01:06C'est parce que Peter Maguiar, en réalité, est un ancien du Fides, le parti de Victor Orban,
01:12et qu'il fait une campagne politique sur des thèmes qui lui font terriblement mal.
01:17Mais alors, dans ce cas-là, vous en parliez, qu'est-ce que ce nouvel opposant, Peter Maguiar, ancien du
01:23Serral, vous le disiez,
01:24qu'est-ce qu'il a pour lui, qu'est-ce qui fait à ce point trembler le système ?
01:27Vous parliez tout d'un coup de thèmes de campagne qui font excessivement mal, en tout cas à Orban.
01:31Quels sont-ils ? C'est quoi ? C'est l'économie ? C'est la culture ? C'est
01:34le rapport à la Russie qui est important ?
01:36On y reviendra. C'est la place de la Hongrie dans l'Union Européenne ? C'est quoi ces thèmes
01:40?
01:42Oui, alors, comme vous le disiez, Peter Maguiar est un ancien du système d'Orban.
01:46C'était un ancien du parti. C'est quelqu'un qui connaît très bien le régime d'Orban de l
01:52'intérieur.
01:53Il a été marié à la ministre de la Justice d'Orban, Judith Varga.
01:57C'est quelqu'un qui connaît très bien ce système et qui sait sur quel point appuyer pour lui faire
02:03mal.
02:03Et lui ne fait pas une campagne, justement, sur les thèmes de la politique étrangère hongroise.
02:09Très peu sur l'Union Européenne. Très peu, en réalité, sur la fédération de Russie.
02:14Ce sont des thèmes de politique intérieure qu'il déploie.
02:18La lutte contre la corruption, le rétablissement de l'État de droit et surtout l'arrêt de la détérioration des
02:24services publics.
02:25Et c'est là-dessus qu'il gagne énormément en popularité en allant, depuis 2024, dans les écoles, dans les
02:32hôpitaux, dans les prisons,
02:35dénoncer cette détérioration des infrastructures ferroviaires, routières, qui est palpable au quotidien pour les Hongrois
02:42et qui est, en réalité, le résultat d'un système de corruption mis en place par le régime Orban depuis
02:492010-2014.
02:50Et ça, c'est palpable aujourd'hui pour les Hongrois.
02:53Et ce n'est pas une campagne très théorique, c'est une campagne de terrain avec des thèmes très palpables
02:59au quotidien pour les Hongrois.
03:00Et forcément, qui touche les électeurs. Sur cet aspect économique, on y reviendra.
03:04On a parlé d'un côté de Viktor Orban, de l'autre de son opposant,
03:07qui a, pour l'instant, dans les sondages, en tout cas, toutes les chances de gagner, Peter Maguire.
03:11Il y a aussi un détail important sur lequel j'aimerais vous interroger, Arthur Genitzberg,
03:15qui est qu'on aperçoit beaucoup d'affiches électorales pour Viktor Orban,
03:19qui représentent le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
03:22Est-ce qu'on peut expliquer aux auditeurs pourquoi cette affiche est aussi présente ?
03:26Pourquoi la figure du président ukrainien, dans cette campagne, donne l'impression d'être absolument omniprésente ?
03:33Oui, Viktor Orban, depuis 2014 environ, a besoin, pour chaque élection, d'une sorte de tête de Turc.
03:40Il installe un match politique à l'intérieur de la campagne législative pour piéger ses opposants.
03:46Traditionnellement, c'était la figure de George Soros, ce milliardaire d'origine hongroise,
03:53qui financerait des élites ultra-libérales, etc.
03:57Pro-immigration, etc.
03:59Voilà, exactement.
04:00Et là, en réalité, il ne peut plus appuyer sur cette figure.
04:03Donc, il se sert à la fois de la figure de Volodymyr Zelensky, donc le président ukrainien,
04:08et celle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
04:12pour installer un match de, en quelque sorte, Viktor Orban du parti Pro-Pay,
04:18du parti du camp pro-hongrois, de celui qui protège absolument les intérêts économiques et stratégiques hongrois
04:28face aux manipulations supposées de Zelensky et de von der Leyen.
04:33Et ça, c'était fait dans un unique but qui était de piéger son opposant politique.
04:39Il voulait emmener sur le terrain de la guerre d'Ukraine Peter Magyar.
04:43Mais visiblement, ce qu'il n'a pas pris.
04:46Il n'y est pas allé.
04:48Il avait tenté, il y a déjà un an, quand il a vu qu'il dégringolait un peu dans les
04:52sondages,
04:53d'emmener Peter Magyar sur les thèmes LGBT et de l'immigration.
04:58Pareil, encore une fois, Magyar n'y est pas allé.
05:01Voilà.
05:02Et donc, ce terrain de la guerre d'Ukraine pouvait être un carburant électoral pour Orban,
05:09avec ce petit son de cloche qui était
05:11« L'argent des Hongrois ne doit pas aller aux Ukrainiens à la guerre d'Ukraine
05:16et l'Ukraine ne doit pas nous emmener dans la guerre. »
05:19Et ça, ça pouvait marcher si Magyar, effectivement, s'était jeté dans ce débat.
05:24Il y est très peu allé.
05:25Et on vous avait plusieurs fois, durant votre dernière réponse,
05:29évoqué le cas d'Ursula von der Leyen.
05:31Dans ce cas-là, je vais en venir à ma question suivante.
05:34Est-ce qu'on peut dire, est-ce qu'on est d'accord ?
05:36Est-ce que vous êtes d'accord, vous, Arthur Königsberg, pour nous dire que c'est une élection
05:39qui aura forcément des répercussions, quoi qu'il arrive d'ailleurs, européenne et peut-être même mondiale ?
05:44Parce qu'on sait que les relations avec le reste des pays de l'Europe sont quand même exécrables.
05:48On se souvient aussi de sa visite à Orban en Chine et en Russie,
05:52quand il avait pris la présidence du Conseil de l'Union européenne en 2024.
05:56Oui, c'est en tout cas au niveau mondial, il ne faut peut-être pas exagérer les enjeux de ce
06:03scrutin,
06:03même si on voit qu'Orban reçoit des soutiens appuyés à la fois de Moscou,
06:08plus ou moins de Pékin et en tout cas de Washington cette semaine,
06:11avec le déplacement du vice-président américain.
06:13J.D. Evans et de Marco Rubio encore au début de l'année.
06:16Exactement, et de vidéos de soutien direct de Donald Trump à Viktor Orban.
06:21Pour une chose, c'est qu'Orban, pour les Trumpistes et le mouvement MAGA, est une figure tutélaire.
06:27C'est celui que Steve Bannon, l'un des idéologues Trumpistes, avait désigné comme Trump avant Trump.
06:34C'est le premier à avoir installé un régime de démocratie illibérale dans les anciennes, entre guillemets, démocraties libérales.
06:43Donc c'est une figure importante.
06:45Mais au niveau européen, oui, quoi qu'il arrive, ça aura d'énormes répercussions.
06:49S'il perd et que ce régime est défait, l'Union européenne voit le principal régime de blocage systématique de
06:59l'aide européenne à l'Ukraine être balayé.
07:02Orban et son régime ont systématiquement essayé de bloquer tous les trains de sanctions vis-à-vis de l'économie
07:11russe ces derniers mois,
07:13depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine le 24 février 2022.
07:16Et ces dernières semaines, ce régime tente de bloquer cet emprunt commun européen d'aide financière à l'Ukraine de
07:2790 milliards d'euros en posant son veto.
07:29Si ce régime est défait, non pas que Magyar soit un neurophile ou un véritable pro-ukrainien,
07:38mais en tout cas, ce sera sans doute un peu plus souple.
07:41Ce sera beaucoup plus souple.
07:44Effectivement, il n'est pas, contrairement à Orban, sous influence directe de la Fédération de Russie.
07:50Et pour terminer aussi, une question de l'ordre économique.
07:54On sait visiblement à quel point elle est le centre de cette campagne, notamment via le succès de son opposant,
07:59Orban.
07:59On sait aussi que toute l'ambiguïté de Victor Orban a été fabriquée vis-à-vis de l'UE.
08:05Mais ça aussi, ça lui a aussi, lui, permis personnellement de se, il faut le dire, gaver de subventions pendant
08:12des années.
08:12C'est plus de 56 milliards d'euros en près de 20 ans, c'est-à-dire entre 2004 et
08:162024.
08:17Ça aussi, pour l'Union européenne, ça va être déterminant.
08:20Oui, c'est déterminant et il faut souligner qu'il y a à peu près entre 17 et 19 milliards
08:26d'euros destinés à la Hongrie
08:29qui dorment, ou en tout cas qui sont gelés à Bruxelles pour le moment, pour le non-respect de l
08:35'état de droit de Victor Orban depuis 2022.
08:38L'Union européenne bloque ces fonds structurels européens destinés à la Hongrie,
08:43parce que le régime ne respecte plus l'état de droit en matière constitutionnelle,
08:47en matière d'indépendance de la justice.
08:50Mais effectivement, ce qui est palpable aujourd'hui pour une grande majorité de Hongrois,
08:56c'est que le régime d'Orban, pas Orban tout seul, encore une fois, il faut parler d'un régime,
09:01effectivement s'est gavé sur ces subventions et ces fonds structurels européens,
09:08avec effectivement une poignée, on désigne à peu près une vingtaine de proches d'Orban
09:13qui se sont considérablement enrichis ces dernières années,
09:16en gagnant les appels d'offres publiques,
09:20donc tout ce qui est infrastructures de routes, ferroviaires, les constructions de stades, etc.
09:27Il y a une partie de ce système qui s'est considérablement enrichie,
09:30et aujourd'hui ça se voit, d'autant plus qu'effectivement d'un point de vue économique,
09:34la situation n'est pas bonne, l'inflation y est très grande,
09:38le ministre de l'économie ne parvient pas à la résorber malgré de larges promesses,
09:42et oui, il y a un mécontentement général autour de la bonne gouvernance et de l'économie hongroise.
09:48Et visiblement, ce sera un scrutin à suivre,
09:51parce que certains thèmes vont à nouveau remonter au point peut-être de faire gagner l'opposant à Victor Orban.
09:56Merci beaucoup Arthur Gönigsberg d'avoir été avec nous, spécialiste de l'Europe centrale,
10:00et fondateur du think tank d'Eurocréatif,
10:03que je recommande vivement quand on s'intéresse à toutes ces questions.
10:05Merci.
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