- il y a 8 heures
Hugo Clément, journaliste à France Télévision ("Quelle époque" et "Sur le Front"), producteur du podcast "Safe Pace" consacré aux sports d’endurance. Guillaume Dietsch, agrégé d'EPS, enseignant en STAPS à l’université Paris-Est Créteil, auteur de "Les jeunes et le sport" (De Boeck Supérieur).
Retrouvez « Le débat de la grande matinale » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-du-7-10
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00:00C'est l'heure du débat du jour.
00:03Aujourd'hui c'est 80-90 km, tranquille, sortie courte, je ne bois plus, je ne fume plus de cigarettes,
00:11j'ai arrêté la drogue,
00:12je n'ai plus d'amis, j'ai quitté ma femme et j'ai abandonné mes enfants, mais j'ai
00:16trouvé le running quoi.
00:19Dimanche, marathon de Paris, 60 000 coureurs venus du monde entier dans les rues de la capitale.
00:25Le running connaît en France un essor spectaculaire, sur fond de mutations numériques, montres connectées, écouteurs sans fil,
00:33mais aussi nouvelles applis, intelligences artificielles, réseaux sociaux, notamment Strava, on va vous expliquer pour ceux qui ne connaissent pas.
00:40Nos performances se calculent en temps réel et se partagent, pour le meilleur ou pour le pire, c'est la
00:46question qu'on se pose ce matin.
00:47Enfin, les bons outils pour se faire du bien ou de quoi rendre tout le monde zinzin.
00:56Et donc, nous discutons course à pied avec Hugo Clément, bonjour Hugo.
01:00Bonjour Sonia.
01:01Journaliste à France Télévisions, enfin vous l'avez entendu pendant quelques années à ce micro de la matinale,
01:06il découvre le nouveau studio d'ailleurs.
01:07Ouais, c'est grand, c'est beau.
01:08Voilà, on vous retrouve dans Quelle Époque ?
01:11Évidemment le samedi soir, les documentaires sur le front, et aussi producteur du podcast Safe...
01:17Non, Safe Pace.
01:19Safe Pace, exactement.
01:20Safe Pace, consacré au sport d'endurance.
01:23Face à vous, Guillaume Ditch, bonjour.
01:24Bonjour.
01:25Alors, vous êtes agrégé d'EPS, vous êtes enseignant en STAPS, ce sont les sciences et techniques des activités physiques
01:31et sportives à l'université de Paris-Créteil.
01:34Vous êtes auteur de ce livre, je l'avais là sous la main, le voici, Les jeunes et le sport,
01:39qui est paru chez De Boque et De Boque Supérieure.
01:43Voilà, et c'est l'occasion aussi de saluer le travail de Jean Brossier, qui prépare tous les jours ce
01:50débat.
01:51Et qui prépare le marathon de Paris.
01:54Pas vous, Hugo ?
01:55Non, moi je fais le marathon d'Annecy dans dix jours.
01:56Dans dix jours, que vous êtes lâche, vous fuyez devant la difficulté, c'est ça ?
02:01Non, alors c'est pas tout à fait faux, parce qu'il y a moins de dénivelé positif à Annecy
02:05qu'à Paris.
02:05Donc je fuis un peu le dénivelé positif, mais je vais surtout chercher le bonheur des montagnes.
02:09Très bien, oui c'est vrai que courir à Paris...
02:11Voilà, on va quand même donner quelques chiffres qui sont totalement spectaculaires.
02:1613 millions de Français, un adulte sur quatre qui déclare sa donnée à la course à pied,
02:21contre 7 millions et demi en 2017.
02:24Mieux, on comptait en 2025, selon la Fédération française d'athlétisme, plus de 4 millions de finishers.
02:30C'est-à-dire 4 millions de résultats à l'ensemble des courses organisées en France.
02:34Mais ça veut dire les trails, ça veut dire les crosses, et c'était seulement 3 millions en 2024.
02:41Guillaume Ditch, c'est donc un boom incontestable.
02:44Là-dessus, tout le monde est d'accord ?
02:45Ah oui, sur les chiffres, c'est un phénomène qui est massif, il y a une massification.
02:49On pourra peut-être discuter de la différence entre la course à pied,
02:52puisque sur les 12 millions, c'est une pratique qui n'est pas forcément régulière.
02:55Mais aujourd'hui, on a 6 à 7 millions qui sont sur une pratique régulière,
02:58donc au moins une fois par semaine.
03:00Et quand on parle de démocratisation ?
03:02Là, je pense qu'elle est un peu plus relative.
03:04Alors certes, il y a quand même un élément très intéressant,
03:06c'est qu'au-delà de ces chiffres, il y a une féminisation.
03:09Donc on arrive à toucher d'autres publics.
03:10Donc ça, on est quasiment à parité.
03:1248% de femmes, je crois.
03:14Pendant très longtemps, c'était un sport masculin, le running ?
03:17Oui, il y avait une inégalité très forte, en tout cas sur le genre.
03:20Alors tout n'a pas été résolu, mais ça, c'est une avancée sociale majeure.
03:23Là où je nuance un peu ces éléments,
03:25c'est que ça reste comme un marqueur social aujourd'hui.
03:29Donc en fonction d'un milieu social, d'un capital aussi économique.
03:32Et aussi d'une autre variable, c'est le temps.
03:34Le temps à disposition.
03:35Parce que lorsqu'on parle d'un marathon, alors d'un trail, d'un ultra-trail,
03:38ça demande quand même une préparation.
03:40Colossale.
03:41Importante.
03:41Et là, on a quand même des inégalités encore fortes.
03:43Même si, comme vous le disiez, il y a des avancées assez significatives.
03:46Oui, on peut en parler ça, Hugo Clément.
03:48Quand on se prépare à des épreuves type marathon,
03:51concrètement, ça signifie quoi dans l'emploi du temps d'une semaine ?
03:53Ça prend du temps.
03:55Après, ça ne veut tout et rien dire préparer un marathon.
03:56Entre les gens qui veulent simplement finir un marathon
03:59et les gens qui veulent faire une performance chronométrique sur un marathon,
04:02ça ne va pas du tout être la même préparation.
04:03Vous pouvez très bien finir un marathon en courant,
04:06j'allais dire seulement trois fois par semaine.
04:08Si vous allez chercher un chronomètre autour des trois heures,
04:12voire sous les trois heures, voire sous les trois heures trente,
04:14là, il va falloir mettre plus de volume, plus de régularité.
04:17Moi, par exemple, je cours à peu près 110 km par semaine
04:20en phase de préparation haute de marathon.
04:22Donc, ça fait entre 8, 9 et 10 heures de course à peu près par semaine.
04:25Oui, Guillaume Ditch, c'est ce que vous dites.
04:26C'est-à-dire qu'il y a quand même beaucoup de gens qui travaillent
04:28ou qui ont la charge de leurs enfants.
04:30Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
04:31Non, je ne suis pas d'accord avec ce discours sur le temps
04:34qui serait une inégalité, quelque part.
04:37Dans le sens où, moi, j'ai des enfants,
04:40une fille en bas âge, je travaille beaucoup.
04:42Je pense que le temps, c'est la manière dont on décide de l'utiliser.
04:45Quand on regarde le temps que passent les Françaises et les Français aujourd'hui
04:50devant des plateformes à regarder des séries,
04:52sur leur téléphone, à scroller sur les réseaux sociaux,
04:55trouver 3, 4 heures, 5 heures par semaine pour faire du sport
04:58au lieu de faire autre chose, c'est assez facile.
05:01C'est simplement une question de...
05:02Il y a des gens qui font une heure et demie de RER
05:04ou de train pour aller travailler le matin.
05:05Bien sûr.
05:06Il y a aussi des gens qui font une heure et demie de RER
05:07et de train pour aller travailler le matin
05:08et qui trouvent une heure dans la journée pour aller courir.
05:10Donc, c'est aussi la manière dont on décide d'utiliser son temps.
05:14On peut travailler beaucoup et avoir des enfants
05:16et dédier une partie de son temps au sport.
05:18Guillaume, bien sûr.
05:19Je pense que...
05:19Alors, j'entends effectivement l'argument du temps d'écran
05:22qui est en augmentation.
05:23Mais si on reste sur cet élément,
05:24je pense que c'est un discours qui peut être un peu culpabilisant
05:27pour notamment des familles et, je pense, aux mères isolées.
05:30Parce qu'aujourd'hui, dans les modes de vie
05:32et des modes de famille qui évoluent,
05:34quand je parle de temps, il y a quand même la nécessité,
05:36lorsqu'on est une mère isolée,
05:38ou un papa aussi isolé,
05:39de pouvoir, certes, avoir un temps pour soi,
05:41pour une activité physique régulière,
05:43en plus du travail et de la charge mentale,
05:45mais aussi la nécessité, peut-être aussi,
05:47de pouvoir accompagner ses enfants
05:48parce qu'il y a aussi la transmission pour la jeunesse.
05:50Et aujourd'hui, nos sociétés, je pense qu'elles sont assez ambivalentes
05:52parce qu'on a un boom, une massification, c'est clair,
05:55avec ce qu'on a dit, des chiffres qui sont hallucinants,
05:58finalement, 1 sur 5 qui pratiquent la course à pied.
06:00Donc, ça, c'est assez incroyable.
06:02Les réseaux sociaux, de manière très positive,
06:05justement, mettent en visibilité ce phénomène de la course à pied.
06:08Et pour autant, on a une génération qui n'a jamais été aussi sédentaire,
06:12avec des inégalités assez importantes, comme je vous disais.
06:15Donc, c'est assez paradoxal.
06:16Et surtout, ce que j'aimerais dire pour finir,
06:19c'est qu'on a certaines pratiques intensives
06:21où, finalement, on a des personnes qui ont une journée
06:23qui est très compressée, un temps qui s'accélère,
06:25et on va avoir une pratique intensive
06:27qui vient parfois compenser différentes problématiques liées au travail.
06:31Donc, on a aussi une société qui cherche le bonheur
06:33et, en même temps, qui a des pratiques de santé mentale.
06:36On va en parler, justement, parce que cette pratique du sport,
06:39elle est de plus en plus connectée.
06:41Et ça, pour le coup, c'est massif aussi.
06:43Tout à fait.
06:43C'est massif aussi.
06:45Il y a différentes formes de connexions.
06:47Est-ce qu'on peut parler de ce que je pourrais appeler des gadgets,
06:50pour aller vite,
06:51mais globalement, qui sont devenus bien plus
06:53que des gadgets Hugo Clément ?
06:55C'est devenu vraiment des outils
06:57qui accompagnent la pratique du sport.
07:00Oui, on a le phénomène des montres, notamment.
07:03Je pense que c'est le plus gros phénomène sur la course à pied.
07:06Aujourd'hui, quasiment tous les gens
07:07qui pratiquent la course à pied ont une montre
07:10pour suivre leur activité pendant qu'ils courent.
07:13Ça permet d'avoir des données.
07:14Ça permet aussi de comparer ces données aux autres.
07:17Et c'est vrai que la course à pied,
07:18qui est quand même à l'origine un sport très solitaire,
07:20la plupart des gens, il y a 20-30 ans,
07:23quand ils allaient courir,
07:24il n'y a qu'eux qui savaient combien de kilomètres
07:25ils avaient couru, à quelle vitesse.
07:27Et donc, c'était très solitaire.
07:28Et je pense que la possibilité aujourd'hui
07:30de comparer ses performances
07:32ou son volume de course à pied
07:34avec ses amis, avec ses proches, avec sa famille...
07:36Parce qu'on les partage sur des applis,
07:38comme Srava, par exemple.
07:39Et parce qu'on en parle aussi beaucoup plus.
07:40Parce que la notion de volume d'entraînement
07:43et d'allure de course
07:45est beaucoup plus vulgarisée aujourd'hui
07:47qu'elle ne l'était il y a 20 ans.
07:49Et ça donne une notion un peu collective
07:51à la course à pied.
07:52C'est-à-dire que d'un sport très solitaire,
07:53très individuel,
07:54on arrive à avoir des données
07:56qui nous permettent de comparer très facilement
07:58nos...
07:58Vous, ça vous enchante ?
07:59Parce que je vous vois avec un grand sourire.
08:01En fait, moi, si vous voulez,
08:02ce qui me terrifie,
08:03c'est la sédentarité.
08:05C'est le constat que font les cardiologues.
08:08Les jeunes, aujourd'hui,
08:09les enfants en France
08:10ont perdu en 40 ans
08:1225% de leur capacité cardiovasculaire.
08:14Ça, c'est ce que dit
08:15la Société française de cardiologie.
08:17Or, on sait que
08:18ce qu'on appelle la VO2max,
08:20c'est-à-dire la capacité du corps
08:21à consommer l'oxygène,
08:22est aujourd'hui un marqueur de mortalité
08:25parmi les plus fiables
08:26de ceux dont dispose la médecine.
08:28Donc, c'est une catastrophe, en fait,
08:29ce qui se passe.
08:30Quand vous avez l'étude
08:31qui est sortie il n'y a pas longtemps,
08:32relayée par le ministère
08:33de l'Éducation nationale,
08:34qui dit que la moitié
08:35des élèves de 6e
08:36sont incapables
08:37de courir plus de 5 minutes.
08:39La moitié des élèves de 6e
08:40n'arrivent pas à courir
08:41plus de 5 minutes.
08:41C'est une catastrophe sanitaire.
08:43Et pour vous, le réseau social,
08:45cette manière de mettre en scène
08:46le sport, le bien que ça fait,
08:47de partager les performances,
08:49d'en discuter, etc.,
08:50c'est une émulation.
08:52C'est une émulation.
08:52Le fait d'avoir des influenceurs
08:54aujourd'hui qui émergent,
08:55qui sont 100% dédiés
08:57à la pratique sportive,
08:58qui incitent les jeunes
08:59à faire du sport.
09:00Moi, je ne vois que du positif
09:01là-dedans.
09:02Je préfère avoir ce type
09:03d'influenceurs
09:03plutôt que des gens
09:04qui sont à Dubaï
09:05et qui vendent des produits
09:07bas de gamme
09:08pour arnaquer leur audience.
09:09On est d'accord,
09:10mais Guillaume Ditch,
09:11vous avez quand même
09:11un regard un peu plus réservé
09:13sur cette mise en scène
09:15et sur ce culte
09:16de la performance.
09:17Il faut quand même le dire.
09:19Là-dedans,
09:19il y a un culte de la performance.
09:20Le culte du dépassement de soi.
09:21Pas forcément de la performance
09:22parce qu'il y a beaucoup
09:23d'influenceurs
09:24qui mettent aussi en avant
09:25simplement le fait
09:26de se dépasser.
09:27Il y a des influenceuses
09:28sur la question du running
09:29qui ne font pas
09:30des performances incroyables
09:32mais qui expliquent juste
09:33voilà, moi, je me dépasse.
09:34Je vais faire des courses
09:34que je ne pensais pas
09:35être capable de faire.
09:36Vous avez un regard
09:37un petit peu plus critique.
09:39J'ai un regard,
09:39mais les études en fait
09:41très actuelles
09:42sur l'usage
09:43des objets connectés
09:44notamment l'application Strava.
09:46Comme vient de le dire
09:47Hugo Clément,
09:48il y a une dimension
09:48très positive
09:49parce qu'aujourd'hui
09:50quand Hugo Clément
09:51il parle de pratiques solitaires
09:52il est vrai.
09:53Finalement, je dirais
09:54qu'on court seul
09:55mais ensemble
09:55parce qu'à travers
09:56les réseaux sociaux
09:57on peut justement
09:59à travers des communautés aussi
10:01pouvoir courir,
10:03se retrouver,
10:03mettre en visibilité
10:04des performances.
10:05Aujourd'hui,
10:05vous avez des run clubs
10:06donc il y a une reconfiguration
10:07qui est très intéressante.
10:08Avant d'en venir
10:09au regard social
10:10et au jugement
10:11auquel on se soumet
10:13vous qui justement
10:14êtes prof en STAPS
10:15est-ce que c'est
10:16une meilleure manière
10:17aussi de connaître
10:18les limites de son corps
10:19et de mieux calculer
10:21la dose d'effort
10:22qu'on peut lui infliger ?
10:23Est-ce qu'on se blesse moins ?
10:25Parce que ça fait partie
10:26de vos grandes problématiques
10:27à vous enseignants.
10:29Déjà ce qui est évidemment
10:30intéressant
10:30c'est que ça permet
10:31tout de même
10:31d'avoir un suivi
10:33quand même de l'entraînement
10:34de ses progrès
10:35et on démocratise
10:36quand même justement
10:37ce suivi
10:37à travers les applications
10:38à travers des IA.
10:40Le risque peut-être
10:41c'est là où je limite
10:41c'est que lorsqu'on a
10:42une dépendance
10:43justement à l'application
10:44et qu'on n'est plus capable
10:45de s'écouter
10:47et notamment
10:47ses propres sensations
10:48c'est là où les médecins
10:49du sport vous diraient
10:50justement qu'il y a
10:50des phénomènes
10:51de surentraînement
10:52et de blessures.
10:53Vous le constatez ça Hugo ?
10:54Il y a évidemment
10:55des phénomènes
10:55de surentraînement
10:56qui sont quand même
10:57assez marginaux
10:57pour tomber en surentraînement
10:59il faut quand même
10:59mettre une dose
11:00d'entraînement
11:01assez importante.
11:01Non mais moi je connais
11:01des gens qui préparent
11:02le marathon avec Tchad GPT
11:03qui soumettent leur performance
11:05à Tchad GPT
11:06et qui demandent à Tchad GPT
11:07ce qu'ils peuvent courir
11:08le lendemain.
11:08Alors moi ce que je conseille
11:09aux gens en général
11:10dans Safe Pace
11:11c'est ce qu'on conseille
11:11c'est quand on en a
11:12la possibilité
11:13c'est de se faire suivre
11:14par un coach
11:14ou un entraîneur
11:15mais évidemment ça coûte cher
11:16donc tout le monde
11:16ne peut pas se permettre ça
11:17donc c'est sûr qu'à défaut
11:19il y a des applications
11:19de coaching pas chères
11:21accessibles voire gratuites
11:23où les conseils
11:24qui sont donnés
11:25sont souvent pas mauvais
11:26parce qu'en fait
11:27c'est assez simple
11:28c'est la progressivité
11:29c'est-à-dire ne pas
11:30s'entraîner trop fort
11:31trop vite
11:32parce que là
11:32on va se blesser
11:33c'est la régularité
11:34et c'est d'avoir un objectif
11:36et de s'entraîner
11:37en fonction de cette
11:38Guillaume Ditch
11:38parlons aussi
11:40de cette mise en scène
11:41de soi
11:42qui fait qu'on soumet
11:43ses performances
11:44au regard des autres
11:45est-ce que ça
11:46comment dire
11:47est-ce que ça crée
11:47des nouvelles normes sociales
11:48est-ce que ces nouvelles normes sociales
11:50sont des injonctions
11:51est-ce que ça crée
11:52des complexes
11:53est-ce que ça crée
11:54une honte de son corps
11:55une haine de soi
11:56comme on a vu
11:57les réseaux sociaux
11:58pouvoir fabriquer ça
11:59avec la minceur
12:00la muscu
12:01chez les petits garçons
12:02et les petites filles
12:03ou chez les ados
12:04et les ados
12:04les réseaux sociaux
12:05notamment la génération Z
12:06dont on parle souvent
12:07en fin des années 90
12:08ça a amené
12:10un rapport au sport
12:11qui est totalement différent
12:11avec des collègues
12:12on utilise le terme
12:13d'extimité
12:14c'est quoi
12:15l'extimité
12:15c'est à l'inverse
12:16de l'intimité
12:17justement
12:18c'est quel fragment
12:20quelle partie de soi
12:21on met en scène
12:22on met en visibilité
12:23donc pour le sport connecté
12:25c'est la performance
12:26les efforts
12:27parfois nos doutes aussi
12:28nos échecs
12:29mais aussi
12:30avec comme finalité
12:31une forme d'approbation sociale
12:33et encore une fois
12:34il y a une dimension
12:34d'abord positive
12:35ce que disait Hugo Clément
12:36donc dans l'idée
12:37de se comparer
12:37c'est pas forcément négatif
12:39parce que ça peut permettre
12:40effectivement
12:41de rechercher des progrès
12:42un suivi de ses performances
12:44la dimension un peu plus négative
12:45ce qui est relevé
12:46dans les études
12:46c'est que pour certains
12:47ils voient une forme
12:48de pression sociale
12:49de jugement
12:49et quand je parlais
12:51de dépendance
12:51et quand vous parlez
12:53de normes sociales
12:54on voit quand même
12:55le diktat de la performance
12:56et peut-être principalement
12:58pour celles et ceux
12:59qui n'ont pas cette pratique
13:01physique et sportive
13:01qui n'ont pas bénéficié
13:03d'un capital culturel
13:04parce qu'aujourd'hui
13:04quand on parle
13:05d'usage de l'application
13:06j'entends la démocratisation
13:07et ça c'est très bien
13:08mais on n'est pas tous
13:09à égalité
13:10dans cet usage
13:11c'est pour ça que
13:12une IA
13:13ou peut-être un entraîneur
13:14un coach
13:14ou un enseignant
13:15il peut nous accompagner
13:16dans cet usage
13:17un peu plus raisonné
13:18Hugo, Clément
13:18oui mais moi
13:19ce qui me fait sourire
13:20sur cette question
13:21de la performance
13:21c'est qu'on pointe du doigt
13:23la performance
13:23quand il s'agit de performance
13:24je parle du jugement des autres
13:26et quand on est un ado
13:27de 15, 16, 17 ans
13:29bien sûr
13:30mais c'est le cas
13:30dans tous les domaines
13:31de la vie
13:31en fait c'est le cas
13:32dans tous les domaines
13:33de la vie
13:33la performance
13:34est valorisée
13:35en musique
13:37quand vous sortez
13:37d'une grande école
13:38vous êtes valorisé
13:39socialement
13:40par rapport à quelqu'un
13:41qui a fait des études
13:42qui ne sont pas considérées
13:43comme valorisantes
13:44et donc c'est le cas partout
13:45et je trouve que
13:46quand il y a question
13:47de sport
13:48on pointe plus du doigt
13:49cette question
13:51de comparaison
13:52ou de pression sociale
13:54alors qu'elle est présente
13:55pour toutes les autres matières
13:56quelque part
13:57à l'école
13:57il y a beaucoup
13:58de profs d'EPS
14:00moi j'en côtoie beaucoup
14:01il se trouve que mon papa
14:02a travaillé avec Guillaume Ditch
14:04ah bon ?
14:04oui mon père était prof
14:05en STAPS
14:06bon bref
14:06il y a beaucoup de profs d'EPS
14:08sauf que vous connaissez
14:09Hugo
14:09les ravages que peuvent faire
14:11quand même
14:11la mise en scène du corps
14:13du corps parfait
14:14du corps muscle
14:14bien sûr
14:15ceci des sens
14:16ceci des tailles
14:17ceci des abus
14:17je trouve que dans la course à pied
14:19et sur les contenus
14:21de course à pied
14:21sur les réseaux sociaux
14:22justement
14:22on n'est pas du tout dans ça
14:23et je trouve qu'on est
14:25justement dans une bienveillance
14:26beaucoup plus importante
14:28que dans d'autres disciplines sportives
14:29notamment dans les disciplines
14:30de musculation
14:31où l'apparence
14:33a plus d'importance
14:35sur les réseaux sociaux
14:36et que si vous allez
14:36sur les courses
14:38les marathons
14:38les trails
14:38vous allez voir
14:39qu'il y a une vraie bienveillance
14:41que les gens se dépassent ensemble
14:42et que quelles que soient
14:43les physiques
14:44y compris les physiques
14:45qui peuvent être moins valorisées
14:47socialement
14:47et bien ils sont poussés
14:48ils sont soutenus
14:49par ces communautés
14:51évidemment parfois
14:51il y a des gens
14:52qui sont un peu
14:54idiots
14:54désagréables
14:55qui font des comparaisons
14:56mais c'est pas la majorité
14:57loin de là
14:57non mais quand je dis
14:58qu'il y a une nuance à apporter
15:00c'est pas justement négatif
15:01c'est alerter aussi
15:02la jeunesse
15:03mais aussi les coachs
15:04et les créateurs de contenu
15:05sur cette idée
15:05qu'à travers effectivement
15:07la course à pied
15:07on a besoin aussi
15:08de mettre en scène
15:10justement
15:10en visibilité
15:11des corps aussi ordinaires
15:12et pas uniquement
15:13sur une norme de minceur
15:15et c'est déjà le cas
15:17franchement c'est déjà le cas
15:17ça s'ouvre
15:19je suis d'accord
15:20mais pour autant
15:20même sur les filles
15:21on a encore des difficultés
15:23justement de sortir
15:23ce diktat
15:24pas que de la performance
15:25mais un peu du corps parfait
15:26et je crois que le toujours plus
15:28et cette recherche
15:29de perfectibilité
15:30presque infinie
15:31elle devrait aussi
15:32nous questionner
15:33sur cette quête
15:33parfois
15:34nous souhaitons néanmoins
15:35bonne chance
15:36aux 60 000 coureurs
15:38qui vont nous rejoindre
15:39à Paris
15:39dimanche
15:40peu importe le sport
15:42c'est qu'ils en fassent
15:42bonne chance
15:43pour le marathon
15:43d'Annecy
15:45merci Guillaume Ditch
15:46merci Hugo Clément
15:47d'avoir débattu
15:47de cette question
15:48passionnante
15:49les jeunes
15:49et le sport
15:49et SafePay
15:50c'est dispo
15:51sur toutes les plateformes
15:51et sur Youtube
15:52et ben voilà
15:53merci Guillaume Ditch
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