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  • il y a 9 heures
Avec Pierre Mathiot, professeur des universités en science politique, missionné par Jean-Michel Blanquer pour réformer le baccalauréat en 2018 et Louise Tourret, productrice de l’émission « Être et savoir » sur France Culture, autrice de « Le meilleur pour nos enfants ? » (ed de l’Atelier, 2025). À retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-mardi-24-mars-2026-3932236

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00:02C'est l'heure de vérité pour Rosalie.
00:05Ok, déjà deux propositions.
00:08Sur ses neuf vœux, elle a déjà reçu deux oui, un non et six sont toujours en attente.
00:14Il y a une licence de relation internationale que j'aimerais vraiment avoir.
00:17Pour l'instant, je suis sur liste d'attente, mais quand je regarde ma position, je me dis que ça
00:20pourrait normalement marcher.
00:23Voilà, vous avez peut-être reconnu l'épreuve Parcoursup et dans Parcoursup,
00:29qu'est-ce qu'il y a que les enfants en ce moment et peut-être les parents avec eux
00:33sont en train de rédiger en transpirant jour et nuit des lettres de motivation ?
00:41Et la question que je pose ce matin, c'est qui écrit les lettres de motivation des enfants ?
00:46Il en faut des palanqués pour Parcoursup au lycée, idem pour mon master à l'université.
00:52Est-ce que c'est les parents des familles culturellement privilégiées qui planchent ?
00:57Est-ce que c'est Tchad-JPT ? Est-ce que ce critère de recrutement a encore un sens pour
01:02les enseignants qui doivent trier les candidatures ?
01:04France Inter, la grande matinale, Sonia de Villers.
01:09Alors, j'ai le plaisir d'en débattre avec Pierre Mathiot, bonjour.
01:12Bonjour.
01:12Vous êtes professeur des universités en sciences politiques, vous avez été le directeur de l'Institut des études politiques de
01:20Lille, Sciences Po Lille.
01:21Comme on dit, vous avez été aussi missionné par Jean-Michel Blanquer pour réformer le baccalauréat en 2018.
01:27Vous êtes un peu monsieur Parcoursup.
01:29Vous l'avez été.
01:30Plus le bac, je me suis un petit peu curé de Parcoursup, mais tout ça n'est pas de ma
01:34faute.
01:34Tout n'est pas de votre faute.
01:36Il y a des choses bien dans tout ça aussi.
01:38Louise Touré, bonjour.
01:40Bonjour.
01:41Louise, qui est donc notre consoeur productrice de France Culture, qui nous fait régulièrement l'amitié de venir sur France
01:46Inter dans ce débat.
01:48Vous animez Être et Savoir chez nos camarades et vous êtes aussi l'autrice de cet ouvrage intitulé Le meilleur
01:55pour nos enfants, point d'interrogation, paru en 2025 aux éditions de l'atelier.
02:00Justement, dans votre livre, Louise, vous avez consacré tout un chapitre à cette question des lettres de motivation sur Parcoursup.
02:07Quelle place elles occupent dans Parcoursup ? Est-ce qu'elles sont obligatoires ?
02:10Alors, ça dépend des formations, mais si on concourt à une formation pour laquelle il faut en écrire une, je
02:17conseille quand même d'en écrire une.
02:18Donc, oui, oui, si on ne passe pas outre la demande de lettres de motivation, même si on sait que
02:23parfois, elles ne sont pas lues.
02:24Parce que dans les grandes universités, parfois, elles ne sont pas lues.
02:26Alors ça, on va en partir, mais c'est fréquemment demandé ?
02:28Oui, oui, bien sûr.
02:29C'est fréquemment demandé.
02:29C'est fréquemment demandé.
02:30Après, c'est difficile d'avoir une vue sur les milliers et milliers de formations qui sont sur Parcoursup.
02:36Donc, voilà, mais si elles sont demandées, ce n'est pas forcément mauvais signe.
02:39Après, quand elles ne sont pas demandées, c'est soit des très grosses structures ou alors des écoles payantes, qui
02:47recrutent sur d'autres critères.
02:48On a compris, archi-payantes.
02:50Combien de lettres de motivation, en moyenne, un lycéen doit fournir pour Parcoursup?
02:55Il y a 10 vœux, mais à l'intérieur des 10 vœux, il y a des sous-vœux.
03:00Donc, en fait, si à chaque sous-vœux, on doit faire une lettre de motivation, on va très vite vers
03:05les 50-60 lettres de motivation.
03:08Alors, je n'ai pas compté, mais c'est vrai que pour les filières sélectives, par exemple, si on demande
03:13une prépa, on concourt à toutes les prépas de son secteur.
03:18Donc, si on demande, je ne sais pas, prépa BL, pour prendre un exemple que j'ai fréquenté, et ce
03:23n'est pas ça qui a été fait par l'enfant à laquelle je pense,
03:26ça faisait beaucoup de lettres de motivation.
03:29On fait un peu des copiés-collés, quand même.
03:30On fait des copiés-collés.
03:31Mais ça, ce n'est pas grave.
03:32C'est normal de dire, parce qu'on est censé parler de soi et pourquoi on veut faire cette formation.
03:37Donc, on explique, on raconte ce qu'on a fait et puis on essaye de se distinguer.
03:43Et à mon avis, c'est là où est tout le problème.
03:44Après, c'est 1 500 signes, normalement.
03:47Moi, je trouve que c'est plutôt bon signe, mais certaines prépas demandent plus.
03:51Moi, j'avais vu des formations où je voulais jusqu'à 35 000 signes.
03:55Si on écrit 35 000 signes, il faut nous payer, c'est trop.
03:57Pierre Mathieu, dans l'esprit, une lettre de motivation, à quoi ça sert, concrètement ?
04:01À distinguer entre des candidats, normalement.
04:05À faire la différence.
04:06À faire la différence.
04:07Le problème, ça vient d'être dit par Louise, c'est que d'abord, les lettres se ressemblent.
04:12Parce qu'évidemment, on fait un peu les mêmes lettres quand on candidate à des formations qui se ressemblent,
04:15notamment des prépas.
04:16On fait les mêmes lettres, mais on change l'intitulé du lycée.
04:18Mais globalement, c'est un peu la même lettre qu'on fait.
04:21Dans les autres formations, on ne sait pas trop, effectivement, si c'est demandé ou pas.
04:26En fait, c'est possible de le faire sur Parcoursup.
04:28Donc, beaucoup de formations, ça fait partie du package.
04:30Demande, en fait, une lettre de motivation.
04:32La grande question, il y a deux questions, en fait.
04:33C'est qui la réalise et comment elle est réalisée ?
04:35Et est-ce qu'elle est lue et quelle place elle occupe dans le processus ?
04:38Alors, on va commencer par qui l'écrit.
04:40Soyons honnêtes, qui l'écrit ?
04:42Alors, Louise Touré, qui écrit les lettres de motivation ?
04:45Sans sonder les reins et les cœurs, on peut penser qu'on se fait beaucoup aider
04:48par les outils d'écriture automatique.
04:51C'est un GPT et les consorts.
04:52Ou d'autres, Perdoxity, Mistral, ce que vous voulez.
04:55En tout cas, ça peut être une aide, mais il faut bien se relire.
04:59Parce que sinon, on va donner une lettre extrêmement standardisée
05:03avec des accroches qui sont toujours les mêmes
05:05et qui sont hyper vite repérées par les profs.
05:07Donc ça, c'est...
05:09Vous confirmez, hyper vite repérée par les profs ?
05:11Oui, oui, mais c'est un mauvais plan.
05:13De toute façon, c'est toujours repéré par les profs.
05:15On repère que ce soit par les parents, que ce soit des adultes.
05:20En fait, il y a l'élève qui écrit lui-même,
05:23avec l'aide de l'IA, avec l'aide des parents
05:25et avec l'aide des coachs rémunérés pour le faire,
05:27notamment dans les catégories sociales aisées.
05:30Et ça, ça se voit tout de suite, en fait ?
05:31Pas tout de suite, tout de suite.
05:33En fait, je pense que s'il y avait un conseil à donner ce matin,
05:36c'est qu'en fait, moi, je pense que quand un élève écrit vraiment sa lettre,
05:39y compris avec des fautes et des instituts de style,
05:43en fait, c'est probablement ce qui sera préféré.
05:45Par les enseignants qui lisent en se disant,
05:46il y a une forme de sincérité là qu'on préfère.
05:48Mais quand on est un parent vraiment aguerri,
05:50on sait aussi qu'on va laisser des aspérités qui font style réel.
05:53Vous voyez, ça va assez loin,
05:54parce que l'écriture, c'est quelque chose d'assez complexe.
05:56Mais moi, ce n'est pas ça que j'attaque.
05:57Parce qu'écrire une lettre où on dit ce qu'on a fait au lycée,
06:00pourquoi on l'a fait,
06:01et pourquoi on a envie de faire cette formation,
06:03à la limite.
06:04Mais ça pourrait tenir en quatre lignes,
06:05ça pourrait même être un petit questionnaire.
06:07Le problème, c'est cette idée de faire la promotion de soi-même,
06:12se vendre en quelque sorte,
06:13devenir un produit.
06:14On est en concurrence avec les autres
06:15et on doit expliquer combien on est meilleur
06:17et faire un truc un peu marketing à son propre endroit.
06:20Ça, c'est une logique que je trouve hyper délétère.
06:22Je trouve ça bizarre que ça soit la conclusion de la scolarité.
06:25Parce qu'on est très éloigné des enjeux du savoir.
06:28Parce qu'on est très éloigné de, finalement,
06:30qu'est-ce qu'ils nous portent pour faire des études ?
06:35Qu'est-ce qu'on attend de la vie ?
06:37Quels sont ces espoirs ?
06:38On parle de gens qui ont 17, 18 ans
06:40et on leur demande de se couler dans le monde du travail,
06:43parce que c'est les standards du monde professionnel,
06:47avec cette idée qu'on est un peu auto-entrepreneur de soi-même.
06:50Ça a été vachement bien étudié par des sociologues.
06:52Je pense toujours à Boltanski, Chiapello.
06:54Je finis juste.
06:56C'est dans le nouvel esprit du capitalisme.
06:58Mais c'est à quel moment tout repose sur l'individu
07:01qui doit toujours travailler sur lui-même
07:02pour être la meilleure version qu'il peut proposer.
07:05Et il y a un truc hyper artificiel dans cette manière de faire.
07:09Je pense que c'est même un peu cynique.
07:10C'est même un peu cynique, éventuellement.
07:13Mais est-ce qu'il n'y a pas des choses intéressantes à prendre là-dedans, Pierre Mathieu ?
07:17C'est-à-dire que, justement, c'est la dernière étape avant la sortie du lycée.
07:22Est-ce qu'apprendre à faire une lettre de motivation en 1500 signes avec des codes ?
07:26C'est-à-dire qu'on ne tutoie pas son interlocuteur, on se présente de telle et telle manière,
07:31on met en avant la formation en disant pourquoi on veut la faire.
07:34Est-ce qu'au fond, ce n'est pas un apprentissage, Louise Touré a raison,
07:37de la vie professionnelle et du monde de l'entreprise et du travail qui nous attend derrière.
07:41Mais pourquoi pas s'y faire à ce moment-là ?
07:43Oui, vous avez raison. Mais moi, je pense qu'il y a deux problèmes.
07:45Je ne suis vraiment pas en désaccord avec Louise.
07:46Il y a deux problèmes. C'est d'un côté qu'on n'est pas préparé à ça.
07:49Vous avez raison. Apprendre à écrire une lettre en 1500 signes, c'est un exercice.
07:53Oui, c'est un exercice.
07:54Malheureusement, dans les établissements...
07:55Très codifié dans la vie professionnelle.
07:56Oui, absolument. Mais dans les établissements, en fait, il n'y a pas véritablement d'accompagnement.
07:59Donc, il y a une prime donnée à certains établissements.
08:02Certains établissements, pas tous.
08:03On voit un peu lesquels.
08:05Il y a de la prime donnée à des coachs qui vont apprendre aux enfants à le faire
08:08ou alors à des parents qui savent faire des lèvres de motivation.
08:10Ça s'est répandu énormément, les coachs.
08:12Énorme.
08:13Je pense que si j'avais voulu gagner vraiment beaucoup ma vie,
08:16après avoir quitté mes fonctions en restant du bac, je serais devenu coach.
08:19Et c'est un phénomène assez récent ?
08:21C'est un phénomène assez récent ?
08:22Oui, une dizaine d'années.
08:24Ça a vraiment pris un essor très important.
08:28Il y a aussi des livres sur cette question avec des tarifs.
08:32Maintenant, il y a des articles.
08:33J'avais fait une revue de presse.
08:34On trouve des conseils pour choisir le meilleur coach, mais c'est très très cher.
08:38C'est très très cher.
08:39Le coach accompagne votre enfant tout au long de sa terminale
08:43pour l'aider à se repérer dans le parcours sup, faire ses choix,
08:46mais aussi les lettres de motivation et les dossiers de motivation.
08:49Je redonde ce que disait Louise Touré tout à l'heure.
08:52Il y a aussi une autre chose quand on se présente en 1500 signes,
08:56c'est qu'il y a aussi une forme d'inégalité entre ce qu'on a raconté de sa motivation.
09:00Vous allez avoir des gens qui vont dire je veux devenir diplomate
09:03parce que j'ai vécu à l'étranger pendant dix ans avec papa et maman.
09:07Vous voyez ce que je veux dire ?
09:07J'ai eu la chance de faire un voyage autour du monde lorsque j'avais 15 ans.
09:11J'ai découvert d'autres civilisations qui m'intéressent et je voudrais devenir diplomate.
09:14Puis à l'autre bout de la chaîne sociale, vous allez avoir des gens qui n'ont pas malheureusement grand
09:18-chose à raconter.
09:19Je pense que ça, c'est très largement neutralisé dans l'enseignement supérieur.
09:23C'est-à-dire que les collègues qui lisent ces lettres, qui ont pris l'habitude de les lire depuis
09:25que Parcoursup existe,
09:27ont appris à neutraliser cette dimension de surcharge des CV.
09:32Effectivement, de gamins qui ont 17 ou 18 ans...
09:34Non mais attendez, moi je vous pose une question.
09:35Il y a un million de bacheliers.
09:37Non, non, moins.
09:38Un peu moins.
09:39600 000.
09:40Bon, d'accord.
09:41600 000, d'accord.
09:42Mais comme ils ont tous plusieurs vœux à faire, ça fait une quantité astronomique.
09:467 millions de vœux.
09:47Astronomique, 7 millions, voilà.
09:487 millions de vœux.
09:50Mais ce que je veux dire, c'est que, admettons qu'on supprime ces lettres de motivation,
09:54j'entends les critiques de Louise Touré,
09:57j'entends les limites que vous voyez à cet exercice Pierre Mathieu,
10:00même si vous y voyez aussi des avantages.
10:01Si on les supprime, comment on distingue les enfants les uns des autres ?
10:05Comment on les choisit ?
10:07Mais ce n'est pas un « girl games ».
10:09Non mais à un moment, il n'y a pas de la place pour tout le monde.
10:12Justement, c'est bien le problème.
10:13C'est qu'il n'y a pas de la place pour tout le monde.
10:14Donc il faut faire de la place pour tout le monde.
10:15On ferme des places à l'université.
10:17100% des universités sont aujourd'hui en déficit.
10:20C'est ça le problème.
10:21Donc en fait, ce que vous critiquez,
10:23c'est pas la question de la lettre de Motivato.
10:28En réalité, c'est la question de la sélection
10:31et du nombre de places et de l'accès aux études supérieures.
10:33Pas seulement la sélection.
10:34L'idée que c'est la lutte des places.
10:37L'idée que tout est compétition.
10:39L'idée qu'on ne cherche pas à faire progresser les gens,
10:43mais à prendre des gens déjà tout près.
10:45Donc finalement, c'est facile.
10:47On n'a qu'à recruter que des enfants d'agrégés de maths
10:49et d'agrégés de lettres,
10:50qui sont déjà parfaitement outillés
10:52et qui sont d'ailleurs déjà les meilleurs diplômés
10:55et puis pas s'occuper des autres.
10:56C'est ça le projet de société ?
10:57Le projet de société, c'est de faire étudier des gens
11:00pour qu'ils s'améliorent
11:01et qu'ils trouvent du travail
11:02et des choses à faire dans leur vie.
11:04D'abord parce qu'en fait, dans le système,
11:06c'est un processus d'affectation des élèves
11:08dans l'enseignement supérieur.
11:08Il y a des endroits où il y a de la place.
11:10Il y a des endroits où il n'y a pas de place
11:11parce qu'effectivement, il y a beaucoup d'élèves
11:12qui veulent aller dans certains types de formations.
11:14Il y a des endroits où, en fait,
11:18ce n'est pas par rapport au nombre de places
11:20qu'on peut proposer
11:20parce qu'il y a des mécanismes...
11:22Alors, Louis Souré dirait de marché,
11:24de préférence d'élèves
11:25d'aller vers tel type de cursus
11:26par rapport à tel autre type de cursus.
11:27C'est pareil au niveau du master.
11:29Il y a une demande abondante
11:30pour certains cursus dans certains établissements.
11:32Il y a d'autres établissements
11:33qui sont en manque d'élèves
11:34et qui recrutent sans pratiquement garder les dossiers.
11:36Non, mais il n'y a pas que ça.
11:36Mais attendez...
11:37Il n'y a pas que ça.
11:38La réduction des places à l'université,
11:40le définancement de l'université,
11:42ce n'est pas moi qui le dis,
11:42c'est le président de l'université.
11:44En attendant, le système est tel qu'il est.
11:46On ne va quand même pas choisir
11:47et sélectionner des lycéens
11:50uniquement sur des notes.
11:52Parce que c'est ça.
11:53Parce que le problème,
11:53c'est que si on enlève les lettres de motivation,
11:57admettons qu'on supprime les lettres de motivation,
11:58j'imagine qu'on ne peut pas faire passer
12:00d'entretien individuel à chaque élève.
12:03C'est absolument inimaginable
12:04en termes de logistique, de temps, etc.
12:07Donc, ça veut dire qu'un élève
12:08n'est plus qu'une colonne de chiffres, de notes
12:11ou éventuellement une adresse postale,
12:13savoir de là où il vient,
12:14ou éventuellement un lycée plus ou moins coté
12:17ou une fac plus ou moins coté pour mon master ?
12:19La question de la lettre de motivation,
12:20en fait, on ne sait pas.
12:21On arrive à peu près à savoir
12:22combien d'établissements en demandent une,
12:24donc beaucoup,
12:24mais on ne sait pas la place qu'elle occupe
12:26dans le processus de recrutement.
12:28C'est une information parmi d'autres.
12:30Mais en réalité, d'abord,
12:31les collègues de l'enseignement supérieur diront
12:33oui, bien sûr, on lit les lettres de motivation.
12:34Mais comme ça a été dit au début de notre échange,
12:36il y a beaucoup de cursus
12:37dans lesquels il y a tellement de candidats
12:39que les collègues n'ont pas le temps
12:40de lire les lettres de motivation.
12:41Vous voyez ce que je veux dire ?
12:42Donc pour partie,
12:43je pense que dans les classes prépa,
12:44c'est lu après admissibilité sur les notes.
12:47C'est ça.
12:47Ce qu'on garde dans le...
12:48Il y a un premier tri qui est purement quantitatif.
12:49Et là, on lit les lettres
12:50parce qu'on a moins de lettres à lire
12:51et tous les profs les lisent.
12:52En gros, pour aller vite.
12:53Mais après, vous voyez,
12:53c'est très difficile d'apprécier
12:54parce qu'on met une note
12:55et une lettre de motivation.
12:56Mais nous, on n'en faisait pas.
12:56Dès lors qu'on sait qu'il y a des biais.
12:57Mais en fait, ça, on ne le sait pas.
12:59Le parcours sub est assez transparent
13:01sur les procédures de sélection.
13:02En revanche, cette dimension-là,
13:03on ne sait pas si effectivement
13:04la place qu'occupe la lettre de motivation
13:06en pourcentage, en quelque sorte,
13:08de l'appréciation.
13:09On ne sait pas.
13:09Un tout petit mot sur mon master
13:11qui vient juste de clôturer.
13:13Enfin, les résultats n'ont pas encore été donnés.
13:15Mais les dossiers sont terminés.
13:17Donc, il y a plein d'étudiants de L3,
13:19c'est-à-dire la troisième année de licence,
13:21qui ont planché.
13:22C'est des lettres de motivation plus costauds,
13:24entre une et trois pages.
13:25On est loin des 1 500 signes.
13:28Ce qui change, je pense,
13:29si je puis me permettre,
13:29ce qui change, c'est que probablement,
13:30là, pour le coup,
13:31c'est moins écrit par les parents
13:32ou par les coaches,
13:33parce que les élèves ont déjà
13:33trois ou quatre ans d'ancienneté
13:35dans le système.
13:36Et puis, surtout, ce qu'ils auraient demandé,
13:37c'est un peu de raconter
13:38ce qu'ils ont fait
13:39pendant leurs trois années de licence.
13:41Après, le problème de la lecture,
13:43à nouveau, des lettres,
13:44se repose parce qu'il y a des formations,
13:46pas toutes,
13:46mais certaines formations
13:47sont extrêmement demandées.
13:49Il y a des centaines de...
13:501 000 candidatures pour 20 places.
13:511 000, c'est pas.
13:52Et donc, là, à nouveau,
13:53se pose la question,
13:54non pas de la mauvaise volonté
13:55des enseignants,
13:55les collègues voudraient lire les lettres,
13:56mais ils n'ont pas nécessairement
13:57le temps de les lire.
13:58Et donc, à ce moment-là,
13:59qu'est-ce qui revient,
14:00c'est de quelle licence venez-vous ?
14:02Quelle note avez-vous obtenue ?
14:03Donc, quelque part,
14:04on retombe sur la même
14:05problématique que le parcours.
14:05Mais en master, on a un projet.
14:07C'est quand même différent
14:08que d'être bachelier
14:09où on est...
14:10On a plus souvent un projet.
14:11Tout frais,
14:11c'est des petits poussins
14:12et il faut quand même voir
14:14si ça ne les sur-sélectionne pas
14:16aussi socialement.
14:17C'est quand même
14:17une question à se poser.
14:19C'est la fin de ce débat.
14:20Louise Touré,
14:21Pierre Mathieu,
14:22qui écrit les lettres de motivation
14:23de nos enfants ?
14:25Et faut-il, oui ou non,
14:26des lettres de motivation
14:27pour sélectionner les enfants ?
14:28Faut-il, en fait,
14:29sélectionner les enfants ?
14:30Nous, on n'en avait pas
14:31des lettres de motivation.
14:31C'était ça la question
14:32posée, Louise Touré.
14:33Merci.
14:34Vous restez avec nous
14:34dans un instant.
14:35Charline Vanhoen et Kerdaphné Burk.

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