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Peut-on encore dire non au « Dry January » ? Nathan Devers, philosophe et essayiste, producteur de « Sans préjuger » sur France culture.
Myriam Savy, directrice du plaidoyer et de la communication de l’association Addictions France.
Retrouvez « Le débat de la grande matinale » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-du-7-10
Myriam Savy, directrice du plaidoyer et de la communication de l’association Addictions France.
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00:00Nous voici à mi-parcours du Dry January, le mois sans alcool.
00:07C'est la 7e édition en France de ce défi.
00:114,5 millions de participants l'année dernière, le succès est donc croissant.
00:16Alors maintenant que chacun a fait son choix, s'abstenir ou ne pas s'abstenir en janvier,
00:21quand diriez-vous que nous vivons dans une société plus saine,
00:25qui affronte enfin la dépendance à l'alcool,
00:27ou que nous devons intégrer une énième injonction culpabilisante ?
00:31Peut-on parler d'hygiénisme ? Peut-on critiquer cet hygiénisme ou non ?
00:36Peut-on encore dire non au Dry January ?
00:40France Inter, la grande matinale, Sonia de Villers.
00:45J'ai le plaisir d'en discuter ce matin avec Nathan Devers, bonjour.
00:48Bonjour.
00:48Philosophe et séiste, producteur de l'émission « Sans préjugés » chez nos confrères de France Culture.
00:53Et avec Myriam Savy, bonjour.
00:55Bonjour.
00:55Directrice du plaidoyer et de la communication de l'association Addiction France.
01:02Myriam Savy, Addiction France fait évidemment partie des associations qui soutiennent le Dry January,
01:07ou Défi de Janvier.
01:11Est-ce que vous voulez d'abord juste faire une petite mise au point,
01:15avant qu'on parle interdiction, modération, injonction, culpabilisation,
01:20enfin qu'on discute de la France dans laquelle on vit ?
01:22Est-ce que vous voulez d'abord faire une petite mise au point sur les bienfaits en termes de santé du Dry January ?
01:29Est-ce que vous vous préconisez ?
01:31Oui, alors nous on préfère parler de défi de janvier,
01:33puisqu'en fait c'est vraiment de ça qu'il s'agit,
01:35c'est de se lancer un défi à soi-même pendant le mois de janvier,
01:38d'essayer de faire une pause dans sa consommation d'alcool,
01:41et de constater les bienfaits qu'on peut en tirer,
01:44mais aussi les difficultés qu'on peut avoir à ne pas boire d'alcool,
01:48difficultés qui sont liées parfois un peu à la pression sociale,
01:51ou aux habitudes qui font qu'aujourd'hui encore,
01:54l'alcool est très présent dans la société.
01:56Ça c'est intéressant, c'est-à-dire qu'à votre avis,
01:58aujourd'hui de quel côté se trouve l'injonction ?
02:01On a passé un petit son où on entend des Français dire
02:03« on vit au pays de l'interdit, aujourd'hui la France c'est le pays des interdits ».
02:07De quel côté se trouve l'injonction selon vous ?
02:10Sur l'alcool en tout cas,
02:12Boire ou pas boire ?
02:13Qu'est-ce qui domine aujourd'hui en France ?
02:15Au niveau des pouvoirs publics et des discours politiques,
02:17on a plutôt une injonction à boire,
02:19et surtout de ne pas embêter les Français avec leur consommation d'alcool.
02:24Cette campagne du défi de janvier, vous l'avez dit,
02:26elle est portée par des associations,
02:28elle est faite sans aucun soutien public,
02:30parce que justement, avoir une campagne qui soit positive,
02:32qui soit ludique, sur un enjeu extrêmement important de santé publique,
02:35l'alcool aujourd'hui c'est toujours 41 000 morts,
02:38et bien c'est inconcevable pour le gouvernement de pouvoir soutenir cette opération.
02:43Et donc il est temps de revoir ça,
02:45et de faire en sorte qu'effectivement,
02:46les messages de santé publique,
02:48les messages de prévention,
02:49sur le fait que l'alcool est un produit à risque,
02:52et bien c'est important qu'aujourd'hui,
02:53enfin il y ait des réelles politiques de prévention en la matière.
02:56Donc pour vous, la culpabilité n'a pas changé de camp ?
03:00C'est-à-dire qu'on culpabilise quand on ne boit pas alors que tout le monde boit,
03:04et non pas, on ne culpabilise pas parce qu'on boit,
03:07alors que de plus en plus de gens ont arrêté de boire.
03:09Oui, et les personnes qui ne boivent pas ressentent encore cette pression sociale,
03:13même s'il y a quand même une évolution.
03:15Et c'est ça aussi le succès de ce défi de janvier,
03:18c'est que même sans soutien public,
03:19au niveau des Français, on voit clairement une évolution.
03:22Quand on interroge les Français,
03:24ils ne sont plus d'un Français sur deux à dire
03:26qu'ils aimeraient bien faire le défi de janvier,
03:28ils l'ont dit au mois de décembre.
03:30Et on voit aussi chez les jeunes générations
03:32que c'est plus de 70% des moins de 35 ans
03:35qui se disaient prêts à faire le défi pendant le mois de janvier.
03:38C'est ce qu'il aime Nathan Devers,
03:39c'est les moins de 35 ans.
03:41C'est examiner les générations qui arrivent,
03:44et la France, c'est la société qu'elle nous prépare.
03:48Nathan Devers, depuis quelques années,
03:49vous tenez dans le débat public
03:50des positions qu'on peut qualifier d'anti-hygiénistes.
03:54Qu'est-ce que c'est que l'anti-hygiénisme ?
03:56Exactement.
03:56Alors l'anti-hygiénisme,
03:57ce n'est pas le contraire de la santé,
03:59ce n'est évidemment pas la contestation de la science,
04:02ce n'est évidemment pas...
04:03Ça c'est important quand même de le préciser.
04:05Ça me semble majeur parce qu'on vit dans une époque où...
04:06Il ne s'agit pas de s'opposer à la médecine et à la science,
04:10ni d'en nier les constats scientifiques.
04:13Bien entendu,
04:14et ce n'est évidemment pas non plus la négation des dangers
04:17d'un certain nombre de substances,
04:18de l'alcool, du tabac,
04:20de ce qu'on appelle les drogues, etc.
04:21C'est s'opposer, je dirais, à la manière dont ces dangers
04:25donnent lieu à des logiques de prohibition.
04:27Et en l'occurrence, moi d'ailleurs,
04:29sur la question du dry january,
04:30je ne le fais pas moi-même,
04:31j'ai malheureusement quelques amis qui le font.
04:33Mais...
04:34J'ai malheureusement quelques amis qui le font.
04:36C'est avec ironie.
04:37Mais en tout cas, j'observe bien,
04:39moi ça ne me dérange...
04:40Non seulement ça ne me dérange pas,
04:41mais je trouve ça plutôt salutaire,
04:42que ce soit un mouvement qui soit spontané,
04:45qui vienne de la société,
04:46qui ne soit pas imposé par le pouvoir politique,
04:48et qui ne cherche absolument pas à remettre en cause
04:51les pratiques de ceux qui vont dire
04:52« moi je ne veux pas participer au dry january ».
04:54Et je pense d'ailleurs qu'on pourrait s'en inspirer
04:56concernant les autres substances.
04:58Ou que ce soit le tabac,
04:59et que ce soit surtout les drogues vraiment
05:02qui sont interdites, qui sont prohibées.
05:04Là, vous avez concernant l'alcool de façon générale,
05:07dans le débat public,
05:08quelque chose qui me semble-t-il est sain,
05:09à savoir des médecins qui répètent,
05:11et ils ont raison de le faire,
05:12que c'est extrêmement dangereux,
05:14que c'est canchérigène,
05:15que ça cause des décès, etc.
05:16Mais c'est à la liberté de chacun,
05:17et c'est au choix de chacun.
05:18C'est ça qui compte pour vous.
05:20C'est ça qui compte,
05:20et on ne supprime pas, in fine, la liberté.
05:23Même si c'est une liberté limitée.
05:24Alors pourquoi vous parlez de prohibition,
05:26de climat de prohibition ?
05:27Pas sur le dry january,
05:29et je ne l'inclurai pas là-dedans.
05:31En revanche, là où je pourrais avoir
05:32une réticence sur le dry january,
05:34c'est moins sur la prohibition,
05:35que sur la petite philosophie latente
05:37que ça accompagne.
05:39La valorisation d'une vie faite de modération,
05:43d'une vie faite d'abstinence,
05:45et d'une vie surtout
05:46qui aurait fait l'économie
05:47d'un instinct,
05:49qui me semble-t-il est un instinct central,
05:51qui est l'instinct de l'ivresse.
05:52L'ivresse ne passe pas obligatoirement
05:54par l'alcool,
05:55mais Nietzsche,
05:56dans la naissance de la tragédie,
05:58célébrait la beauté de cet instinct
06:00qui nous fait un moment sortir de nous-mêmes,
06:02où l'individuation se dissout,
06:05où on a l'impression de retrouver
06:06l'unité primitive de la nature,
06:08où toutes les barrières de la vie,
06:10les barrières entre moi et les autres,
06:11les barrières entre moi et mes limites,
06:13les barrières entre moi et le monde,
06:14les barrières entre moi et la nature,
06:16tout ça se supprime.
06:17Et Nietzsche de célébrer
06:18l'évangile universel de l'harmonie.
06:20C'est ça, me semble-t-il,
06:21qui fait le sel,
06:22la beauté,
06:23l'intensité,
06:24la fougue de la vie.
06:25Myriam Savy,
06:27vous,
06:28les bras vous entendent
06:29qu'on continue de valoriser
06:31les comportements à risque,
06:32qu'on continue de valoriser
06:34l'ivresse en 2026,
06:37quand on tient compte,
06:38justement,
06:39de la science,
06:40de la médecine,
06:40de la santé publique ?
06:42Oui,
06:42alors ce que nous,
06:43on dit à Addiction France
06:44sur la question,
06:46évidemment,
06:46de l'ensemble des drogues
06:48et aussi de l'alcool,
06:50c'est qu'il est important
06:50que les personnes,
06:51elles puissent faire des choix
06:52éclairés pour leur santé.
06:53Mais est-ce qu'aujourd'hui,
06:54on leur permet vraiment
06:55de faire des choix éclairés
06:56pour leur santé
06:57en matière d'alcool ?
06:58Il y a encore une méconnaissance
07:00des risques liés aux produits.
07:01J'ai dit que ça progressait,
07:02mais il y a encore
07:03toute une frange de la population
07:04qui pense,
07:05un quart des Français
07:06qui pensent que boire du vin,
07:08ça protège des risques
07:08de cancer du sein,
07:09par exemple,
07:10alors que c'est un facteur
07:11de risque avéré
07:11de risque de cancer du sein.
07:16Et donc,
07:17pour pouvoir faire
07:17des choix éclairés,
07:18il faut être dans une société
07:20où les produits
07:21ne sont pas valorisés.
07:23Et aujourd'hui,
07:24ce que l'on a vis-à-vis
07:24de l'alcool,
07:25c'est des produits
07:26qui sont affichés partout.
07:30Il y a une publicité
07:31vraiment importante
07:32malgré la loi Evin.
07:34On est sur des produits
07:35qui sont accessibles
07:36parce qu'en fait,
07:37les prix ne sont pas
07:37très élevés.
07:39Et ils sont aussi accessibles
07:40parce qu'en fait,
07:41finalement,
07:41on se dit que
07:42même pour les mineurs,
07:44eh bien,
07:45vendre de l'alcool,
07:46ce n'est pas très grave.
07:47Et nous,
07:47on a fait des enquêtes
07:47et on voit bien
07:48que quand on est
07:49un jeune mineur,
07:50on peut très facilement
07:51acheter de l'alcool
07:52dans un magasin.
07:53Et je vous demande
07:54de rebondir.
07:55C'est-à-dire que là
07:55où Nathan Devers
07:56se félicite
07:57que le Dry January,
07:58le mois sans alcool,
07:59ne soit pas une initiative
08:00portée par l'État
08:02ni par les pouvoirs publics
08:03mais vraiment
08:04quelque chose
08:04laissé à la liberté
08:05de chacun.
08:06Vous,
08:06vous vous en désolez ?
08:08Ce dont je me désole,
08:10c'est qu'en fait,
08:11effectivement,
08:11c'est un défi.
08:12Donc,
08:12on se le met à soi-même,
08:13on n'oblige personne
08:14de faire un défi.
08:15Et d'ailleurs,
08:16ça contrebalance aussi
08:17les discours
08:17par rapport à l'usage
08:18des drogues
08:19où il faudrait
08:19que les gens,
08:20en fait,
08:21on les prenne dans la rue
08:21et on les enferme
08:22pour qu'ils arrêtent
08:23de consommer des drogues,
08:25ça ne fonctionne pas.
08:26Donc,
08:26clairement,
08:26sur l'alcool,
08:27c'est pareil.
08:27Il faut que les gens
08:29aient envie
08:29de faire ce défi.
08:32Par contre,
08:32le fait qu'il n'y ait
08:33absolument aucun soutien public
08:35fait qu'on ne touche pas
08:36l'ensemble de la population
08:37et qu'il y a toute une partie
08:39de la population,
08:40notamment les plus précaires,
08:42qui ne sont pas sensibilisés
08:44à ces campagnes de prévention,
08:45le défi de janvier
08:46et d'autres.
08:47Et ça,
08:47c'est un vrai problème.
08:48Nathan Devers,
08:49vous vous constatez
08:51néanmoins
08:52une forme de puritanisme
08:54qui s'installe
08:55et surtout,
08:57comment dire,
08:57une tendance
08:58à toute une jeunesse
09:00à prendre soin d'elle-même,
09:01à chercher à vivre
09:02sans s'abîmer.
09:04Exactement.
09:05Je pense qu'il y a
09:06deux symptômes
09:06de ce puritanisme.
09:07Le premier symptôme,
09:09c'est quand on essaye
09:10d'interdire à l'individu
09:12de se mettre en danger
09:14lui-même.
09:15Il me semble très important
09:16de faire cette distinction.
09:17En démocratie,
09:18en société,
09:19je n'ai pas à mettre en danger
09:20la santé d'autrui.
09:21Par exemple,
09:22en tant que fumeur,
09:22le tabagisme passif,
09:24c'est le fait
09:25que ma pratique de fumeur
09:26va nuire
09:27aux poumons d'autrui.
09:28Sur l'alcool,
09:29on pourrait dire
09:29qu'il y a un peu
09:29la même chose
09:30parce qu'en effet,
09:30cette pression sociale,
09:32quand vous êtes
09:32dans des milieux sociaux
09:33où on boit énormément
09:34d'alcool,
09:34l'individu qui arrive
09:36dans ce milieu social
09:37et qui peut-être
09:38initialement est
09:38complètement sombre
09:39va peut-être avoir
09:40cette incitation
09:40comme ça à boire.
09:41Donc ça,
09:41c'est un sujet
09:42et il faut le voir en face
09:43et c'est très important.
09:44En revanche,
09:45le puritanisme,
09:46c'est quand l'individu
09:48qui est conscient des risques,
09:49qui sait ce que c'est
09:50aussi bien sur l'alcool
09:50que sur les drogues
09:51que sur le tabac
09:53et qui n'est pas du tout
09:54dans une logique
09:54de mettre en danger
09:55la santé de qui que ce soit,
09:57on va lui rendre
09:57la vie impossible
09:58pour qu'il arrête.
09:59Alors,
09:59sur les drogues,
10:00c'est tout simplement
10:01la prohibition,
10:01l'interdiction.
10:02Je ne suis pas favorable
10:03à la manière
10:04dont cette interdiction a lieu.
10:05Je pense qu'elle a
10:05des effets contre-productifs.
10:07Sur le tabac,
10:08ce n'est pas une interdiction
10:08mais en tout cas,
10:09c'est une hausse continuelle
10:11des prix,
10:12des mesures
10:15pour vraiment reléguer
10:16les fumeurs
10:17dans des coins
10:18où ils sont presque
10:19marge de la société.
10:20Ceux dont se félicitent
10:21Myriam Savé.
10:22Et sur l'alcool,
10:24je trouve que les choses
10:25fonctionnent de façon
10:25assez saine.
10:26Ça veut dire que tout le...
10:27Peut-être qu'il y a
10:28de la désinformation,
10:28vous avez raison,
10:29il y a de la désinformation
10:30encore, etc.
10:31Et ça, il faut la combattre.
10:32Globalement, on sait
10:32que l'alcool est extrêmement dangereux.
10:34On a raison, encore une fois,
10:35de le répéter
10:36et c'est très très important.
10:38Et pour autant,
10:39on n'est pas en train
10:40de vouloir comme ça
10:40supprimer
10:41l'existence de l'alcool.
10:45Et le deuxième symptôme
10:46du puritanisme,
10:47c'est cette conception
10:48latente, diffuse
10:50de la vie bonne
10:51comme une vie
10:52sans excès,
10:53sans intensité,
10:54sans sortie de soi,
10:55sans risque,
10:56sans cet état
10:57où on sort de soi
10:57qui est l'ivresse
10:58et qui, me semble-t-il,
10:59a une très belle police.
11:01Donc c'est une vie chiante ?
11:02Vous diriez comme
11:03mon ami Léa Salamé
11:04à qui ça a complètement échappé
11:08face à un invité
11:09dans quelle époque
11:10qui lui disait
11:10j'ai arrêté de boire
11:11qui lui a répondu
11:12vous êtes chiant.
11:12Vous vous dites ça aussi ?
11:13C'est très intéressant
11:14cette histoire justement.
11:15Elle s'est excusée après
11:16parce que ça a créé
11:17un tollé énorme
11:19et elle l'a regrettée.
11:21Et on se rend compte
11:22que ça devient
11:23éminemment subversif
11:24de dire que,
11:26alors elle l'a dit
11:27à l'oral,
11:28peut-être que c'était
11:28pas le bon mot,
11:28mais que de dire que
11:29personnellement,
11:30on peut trouver
11:30que la vie
11:31est plus marrante
11:32si elle est vécue
11:33avec de l'ivresse.
11:34Ça devient subversif
11:35et ça suscite une polémique.
11:36C'était une anecdote
11:37qui était, je crois,
11:38intéressante.
11:39Je pense que c'était
11:39plutôt l'inverse.
11:40C'était de pouvoir dire
11:41que quand on ne boit pas,
11:42on n'est pas drôle,
11:42on n'est pas un bon vivant,
11:43on ne peut pas avoir
11:44des temps de privilégier
11:46avec ses amis.
11:47L'objectif d'Addiction France
11:48et de toutes les associations
11:49qui sont membres du collectif
11:50du Défi de Janvier,
11:51c'est évidemment pas
11:52d'arriver à la prohibition,
11:54mais face à des personnes
11:55qui sont en grande difficulté
11:56avec l'alcool,
11:57nous, Addiction France,
11:57on accompagne 90 000 personnes
12:00qui ont des problèmes
12:00d'addiction
12:01et l'alcool,
12:02c'est la moitié des personnes.
12:03Donc c'est aujourd'hui
12:04une vraie drogue
12:06qui rend les gens malades.
12:08Et donc de pouvoir
12:09de leur dire à ces personnes
12:10que si elles ne boivent
12:11plus jamais d'alcool,
12:13eh bien en fait,
12:13elles n'arriveront plus
12:14à trouver le sel de la vie.
12:16C'est extrêmement réducteur.
12:18Et toutes ces personnes
12:18qui vous écoutent aujourd'hui,
12:19je pense qu'elles ne sont pas
12:20d'accord avec vous.
12:21Et moi, je ne suis pas d'accord
12:21avec vous de dire
12:22qu'il faut absolument
12:23de l'alcool
12:24pour pouvoir profiter de la vie.
12:25Mais j'ai absolument pas dit ça.
12:27Moi, les personnes
12:28qui veulent arrêter de boire,
12:29vraiment, grand bien leur fassent.
12:32Tant mieux pour elles.
12:32Le libertaire que je suis
12:33ne va pas leur dire
12:34qu'il faut boire.
12:35Mais peut-être que c'est un peu tôt.
12:36Mais moi, mon sujet,
12:38c'est Baudelaire.
12:39Il faut toujours être ivre.
12:41Tout est là.
12:42C'est l'unique question.
12:43Pour ne pas sentir
12:44l'horrible fardeau du temps
12:45qui brise vos épaules,
12:46il faut vous enivrer sans trêve.
12:47De quoi ?
12:48De vin, de poésie
12:49ou de vertu à votre guise.
12:51Mais être ivre.
12:51Peu importe de quoi.
12:53Nathan Devers,
12:54qui cite Baudelaire,
12:55Myriam Savy,
12:56Addiction de France.
12:57Merci tous les deux
12:58d'avoir confronté
12:59vos points de vue.
13:00Parce qu'évidemment,
13:01on parle d'alcool,
13:01on parle de la vie,
13:02on parle de la société française
13:04telle qu'elle évolue
13:04et telle qu'elle se présente
13:06à nos yeux.
13:06On peut peut-être
13:07refaire le point
13:07à la fin du Dry Januari
13:09avec vous deux,
13:09si vous voulez.
13:10Avec plaisir.
13:10Merci à tous les deux
13:11de vous.
13:12Restez avec nous.
13:12La grande matinale continue.
13:14Merci à vous.
13:15Merci à vous.
13:15Merci à vous.
13:15Merci à vous.
13:15Merci à vous.
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