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  • il y a 2 heures
Ce jeudi 9 avril, la baisse des impôts de production en Europe et en France, qui reste cependant le deuxième pays européen le plus taxé après la Suède, selon le baromètre 2026 de l'Institut Montaigne, a été évoquée par Raphaël Legendre dans son édito, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Raphaël, on va revenir sur les questions d'impôts de production avec vous.
00:03L'Institut Montaigne publie avec le cabinet Forvis-Mazar son cinquième baromètre sur les impôts de production avec des résultats
00:09en trompe-l'œil.
00:10Oui, alors j'ai une bonne nouvelle ce matin, j'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
00:14J'ai une bonne, une mauvaise et une très mauvaise nouvelle.
00:17Ça s'aggrave au fur et à mesure.
00:18Alors on va commencer par la bonne quand même.
00:20La bonne c'est que les impôts de production baissent en Europe et même en France.
00:24Pourquoi c'est une bonne nouvelle ?
00:25Parce que les impôts de production, c'est ce qu'il y a, il faut l'expliquer,
00:28de plus nocif pour les entreprises.
00:31C'est les taxes que les entreprises payent avant même qu'elles aient réalisé le premier euro.
00:37Deux bénéfices, c'est la taxe sur les salaires, c'est les impôts fonciers.
00:40Ça augmente les risques de faillite en temps de crise
00:44et ces impôts empêchent les TPE et les PME de grandir en augmentant leur point de rentabilité.
00:51Voilà, tout ça est largement documenté par les études économiques.
00:55Et donc, en Europe, ces impôts de production, selon le baromètre de l'Institut Montaigne,
01:00ils sont passés de 2,4 à 2% du PIB.
01:04C'est une première bonne nouvelle.
01:06En moyenne, bien sûr.
01:07En France, ils sont passés de 3,8 à 3,6.
01:10Donc c'est une petite baisse.
01:11C'est toujours ça de prix.
01:12Sauf que, sauf que, explique l'Institut Montaigne,
01:15c'est que c'est une baisse en trompe-l'œil.
01:17Une baisse qui n'est due qu'à la fin de certaines taxes exceptionnelles
01:22qu'on avait eues sur l'énergie, les taxes de crise.
01:25Tiens, tiens, tiens, on en reparle aujourd'hui.
01:27Et notamment, en fait, à l'arrêt des contributions bancaires
01:33au fonds de résolution unique.
01:36Donc, ce n'est pas véritablement une baisse structurelle.
01:38On n'a pas allégé les impôts de production sur les entreprises.
01:43Et d'ailleurs, on a eu le débat lors du dernier PLF.
01:46On sait que les entreprises attendent toujours une nouvelle baisse de la CVE qui n'arrive pas.
01:50Alors, la mauvaise nouvelle, mais bon, on ne va pas tomber de sa chaise,
01:53c'est que la France est toujours le mauvais élève.
01:55Et oui, effectivement, la France reste une anomalie dans le paysage européen.
02:01On a beau, Emmanuel Macron a beau avoir promis 10 milliards d'euros de baisse en 2020,
02:05on est toujours le deuxième pays européen le plus taxé en matière d'impôts de production.
02:11On est derrière la Suède.
02:12Sauf qu'en Suède, c'est un modèle très particulier.
02:14Ils payent leur modèle social.
02:17Les allocations sociales sont payées par les impôts de production,
02:20alors que nous, on a à la fois les impôts de production les plus élevés
02:25et en plus les cotisations sociales les plus élevées d'Europe.
02:29C'est un peu la double peine.
02:31Donc, on reste le deuxième pays le plus taxé.
02:33Et de loin, en France, c'est trois fois la médiane européenne.
02:37La médiane européenne, c'est 1,2 point de PIB pour les impôts de production.
02:40On est à 3,6.
02:43C'est 104 milliards d'euros de prélèvement.
02:47Quand l'Italie, par exemple, qui a à peu près le même PIB par tête que la France,
02:50c'est 60 milliards seulement.
02:53L'Allemagne, avec un PIB qui est une fois et demie celui de la France,
02:58c'est quatre fois moins d'impôts de production.
03:02Il ne faut pas s'étonner dans ce cas-là qu'on ait un véritable problème de compétitivité
03:06avec notre voisin allemand.
03:08Ils ont baissé quand même les impôts de production ?
03:10Oui, c'est vrai qu'on a réduit un peu la CVAE.
03:12C'est très bien.
03:12Mais de l'autre côté, on a augmenté tous les impôts, les impôts locaux,
03:15les taxes sur la masse salariale, les contributions pour financer les retraites.
03:21Aujourd'hui, les impôts de production, c'est 135 taxes différentes.
03:27C'est évidemment ce qui explique les quarts d'imposition,
03:30notamment entre la France et l'Allemagne.
03:3210 points de PIB d'impôts sur les entreprises en Allemagne.
03:3515 en France, c'est absolument colossal, c'est 50% de plus.
03:40Et tant qu'on n'aura pas réduit les dépenses qui vont avec ces impôts,
03:46ces impôts, ils financent les collectivités locales, les transports, les retraites,
03:51les dépenses sociales, je vous rappelle que c'est 60% de la hausse des dépenses publiques
03:54l'année prochaine, on n'y arrivera pas à réduire ces impôts de production
03:58avec une conséquence très concrète, c'est que les décisions d'investissement
04:02se feront ailleurs. C'est ça la très mauvaise nouvelle.
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