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  • il y a 1 jour
Aujourd'hui, c'est au tour du Général Vincent Desportes, ancien directeur de l'École de guerre, auteur de "Stratégie : Les essentiels", aux Éditions Odile Jacob, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00RMC face aux grandes gueules
00:04C'est le général Vincent Desportes, musique militaire bien sûr, qui est face au GG.
00:10Bon général, bonjour, bonjour.
00:11Ça, ça vous plaît ? J'adore.
00:13Bon, c'est de la vraie musique ça, enfin.
00:14Ben oui, enfin.
00:15Stratégie, les essentiels, c'est le titre de votre dernier ouvrage, La pensée et l'action, chez Odile Jacob.
00:21Ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz n'est pas rassurant.
00:24Est-ce que la guerre a repris finalement avec ces cargos qui sont visés,
00:27un cargo français visé par le régime iranien
00:30et un cargo américain qui a été arraisonné par les Américains ?
00:33Non, moi je ne crois pas que la guerre ait repris.
00:36Moi je pense que des deux côtés, on a envie d'arrêter,
00:39mais qu'on est en train de faire monter des enchères.
00:41Ensuite, on a eu le clown de service à Washington
00:44qui après que les Iraniens aient réouvert,
00:47le détroit, eux, ne l'ont pas réouvert, si vous voulez.
00:51Le clown de Washington, pour qu'on comprenne bien, c'est Donald Trump.
00:54En gros.
00:55Vous ne l'aimez pas beaucoup ?
00:56Mais c'est pas que je ne l'aime pas beaucoup.
00:57Il nous casse le monde.
00:59Ensuite, il n'arrive pas à trouver de solution.
01:01Il n'a rien compris à ce qu'était la diplomatie.
01:04Il ne va pas négocier.
01:06Il va demander une reddition sans condition.
01:08Ce qui est dans la culture américaine, que je connais bien, c'est comme ça.
01:12Et donc, ce type-là, dans cette guerre-là,
01:16il a fait exactement ce que Churchill disait des Américains.
01:21Il disait que les Américains, ça essaye sans mauvaise solution
01:23et à la fin, ça en trouve une.
01:25Le problème, c'est que quand vous faites comme ça,
01:27c'est que quand vous agissez sans stratégie,
01:29c'est quand même très compliqué de se sortir du foutoir que vous avez organisé.
01:33Vous pensez quand même que les pourparlers vont pouvoir reprendre dans ce contexte ?
01:36Alors moi, je pense qu'ils vont reprendre parce que les uns et les autres,
01:40les deux partis, ont besoin, pour des raisons différentes,
01:43pour des raisons politiques du côté de Trump, bien sûr.
01:46Il est de plus en plus attiré.
01:48Il se rapproche des mi-termes.
01:49On sait que ce matin, il n'y a que 36% de la population américaine qui le soutient.
01:54Ça ne fait pas assez pour garder la chambre des représentants et il en a besoin.
01:59Les Iraniens ont besoin au moins de temps pour se refaire,
02:02après la très très grosse claque militaire qu'ils ont pris pendant un mois et demi.
02:07Et le problème des gardiens de la Révolution, qui sont aux affaires maintenant,
02:12c'est de rester au pouvoir.
02:13Or, si l'Iran est trop cassé par une deuxième vague de bombardements,
02:17on va vers une crise économique terrible qui pourrait entraîner leur crise économique
02:20qui, d'ailleurs, est accentuée par le blocus.
02:22Parce que j'imagine que ce blocus va commencer à leur faire du mal, aux Iraniens.
02:26Bien sûr, bien sûr.
02:27Alors, on dit que l'argent perdu tous les jours se compte par centaines de millions,
02:324,5 paraît-il.
02:33Donc, c'est quand même beaucoup d'argent.
02:36On dit aussi que les Iraniens avaient accumulé des ressources qui leur permettent de tenir.
02:41Mais on voit bien aujourd'hui que ça ne peut pas durer très longtemps.
02:45Alors, selon les chroniqueurs, ça peut durer entre un mois et trois mois.
02:50Mais on voit bien qu'il y a aussi une date butoir.
02:52Pour les deux, on s'approche du moment où, quoi qu'il arrive, on devra arrêter.
02:57Le cessez-le-feu s'arrête dans la nuit de mardi à mercredi, officiellement.
03:01Absolument.
03:02Nous ne serions pas très surpris si Trump leur a longé de 10, 15 jours ou plus,
03:06puisqu'il le fait à chaque fois.
03:08Mais encore faut-il que les conditions aient été créées et que des deux côtés,
03:12effectivement, Trump se dit, bon, j'y vais.
03:15Parce que l'autre solution, c'est de commettre des crimes de guerre
03:18qu'il a annoncé qu'il allait réaliser dans les semaines à venir.
03:22Il a dit, je vais détruire toutes les installations, tous les ports civils.
03:25Ça s'appelle des crimes de guerre.
03:26Convention de Genève de 1949 et traité de Tokyo en 1998, si vous voulez.
03:33Donc ça s'appelle des crimes de guerre.
03:35Et donc, soit il continue, mais il rentre totalement dans une démarche qu'il ne dominera plus,
03:42soit il arrive à négocier.
03:43Donc je le répète, et je crois que la plupart des observateurs sont à peu près d'accord avec moi,
03:49les deux ont intérêt à négocier.
03:51Mais personne ne veut perdre la face, et ce n'est pas des bons négociateurs,
03:56dans ce sens où les Iraniens, on le sait, tergiversent, ne veulent pas déboucher vraiment,
03:59et pas trop vite.
04:02Et quant aux Américains, ils ne négocient pas, puisqu'ils veulent la réédition sans condition.
04:06– Qu'est-ce que vous feriez, vous, si vous étiez chef d'état-major de l'armée américaine,
04:11qu'est-ce que vous feriez une fois qu'on pétrait dans ce merdier ?
04:15Comment feriez-vous pour en sortir ?
04:17– Alors, at the first place, comme dirait les Américains, je ne serais pas allé dans ce merdier-là.
04:21Et peut-être que Daken a eu du courage, parce qu'il a dit au président Trump avant le début
04:27de la guerre.
04:28– Expliquez de qui vous parlez.
04:29– Alors, c'est le chef d'état-major des armées américaines, qui a dit, voilà ce qui risque de
04:33se passer.
04:33Mais il n'a pas pris position, il aurait peut-être pu prendre position.
04:36Moi, je me rappelle, j'étais diplomate à l'ambassade de France à Washington à ce moment-là,
04:42le général Franck, qui a dit à bouche-fils, n'y va pas, là, tu rentres dans un foutoir.
04:47Et d'ailleurs, le foutoir, vous le savez, n'est toujours pas terminé, la guerre en Irak, 23 ans après.
04:52Et donc là, je pense qu'à un moment donné, le chef militaire, il se soumet ou il se démet.
04:56Et peut-être que dans cette affaire-là, il aurait dû se démettre.
04:59– Le problème, c'est qu'il a été choisi par Trump, pourquoi ?
05:02Parce qu'il a remplacé quelqu'un que Trump a viré.
05:05Et donc, il a été choisi parce que c'était un fidèle parmi les fidèles.
05:08Et que donc, ayant été choisi comme fidèle parmi les fidèles, il est resté…
05:11– Oui, mais une fois qu'on en est là, une fois que c'est fait là, dans la situation
05:15actuelle,
05:15qu'est-ce qu'ils peuvent faire ? Est-ce qu'ils s'en vont, tout simplement ?
05:18Ils retirent les troupes et on laisse les Iraniens reprendre le cours normal de leur existence ?
05:25Qu'est-ce qu'on fait ?
05:26– Alors, d'abord, notons qu'on est dans cette situation-là,
05:30non seulement parce que cette guerre n'a pas été pensée au niveau stratégique,
05:33mais également parce que Trump, lui-même, en 2018, a cassé le JCPOA.
05:38Et au mieux, c'est-à-dire le traité qui avait été négocié pendant de longues années
05:43entre Français, Allemands, États-Unis, Chine également.
05:49Si Trump n'avait pas cassé en 2008 cette affaire-là, on n'en serait pas là.
05:53D'accord ? Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
05:55De toute façon, on ne sortira de cette affaire-là que par la diplomatie.
05:59Il faut bien comprendre, une fois pour toutes, que les guerres d'aujourd'hui ne s'arrêtent jamais.
06:03Les guerres pouvaient s'arrêter avant,
06:04quand elles étaient un dialogue entre deux autorités politiques.
06:08Aujourd'hui, il y a eu une espèce de socialisation de la guerre
06:10qui fait que la guerre, finalement, elle appartient au peuple,
06:13comme elle a appartenu au peuple vietnamien, au peuple iranien, au peuple afghan, si vous voulez.
06:18Donc, cette guerre ne s'arrêtera pas par la force militaire.
06:23Elle s'arrêtera par les négociations.
06:25Sauf si le régime était tombé.
06:28Parce qu'on peut imaginer que le scénario qu'on a vendu à Donald Trump
06:31et qui était très positif, c'est voilà, on bombarde quelques jours,
06:36le régime s'effondre, la population prend le pouvoir,
06:39et derrière, on part sur une nouvelle étape à écrire, un nouveau chapitre à écrire.
06:44Ça, ça s'appelle du rêve éveillé.
06:46Parce que quand vous regardez, justement, les guerres américaines,
06:50il y a eu un accord, et puis deux ans après,
06:53les vietnamiennes du Nord sont venus regarder la guerre en Irak.
06:57On a dit, on va bombarder et on va produire la paix,
07:00non seulement mais une très très belle démocratie geversonienne à Bagdad.
07:03Et en Afghanistan, c'est exactement la même chose, si vous voulez.
07:06Ça n'arrive jamais.
07:07Ça n'arrive jamais.
07:08Ça ne peut pas arriver, cette affaire-là.
07:11Donc, c'est pour ça que, ce qui est très étonnant,
07:13moi je connais assez bien les militaires américains,
07:15j'étais deux ans dans le US Army,
07:16j'ai fait l'école des généraux américains,
07:18ces gens-là pensent bien, ils pensent bien,
07:20mais à un moment donné, quelqu'un a manqué de courage politique,
07:23il faut dire, ne rentre pas à nouveau dans cette affaire-là.
07:26Ou alors, il fallait faire de la stratégie.
07:28On a compris, encore une fois, que la veine jugulaire iranienne,
07:32c'était le détroit d'Hormuz.
07:33Alors, il fallait la serrer tout de suite.
07:35Alors, on pouvait monter une opération autour du détroit d'Hormuz.
07:37Finalement, c'était plus efficace de bloquer le détroit d'Hormuz tout de suite
07:39que de bombarder, en fait.
07:41Mais évidemment...
07:42Après, ça déstabilise aussi le marché du pétrole.
07:45Mais il est déstabilisé de fait.
07:47Et je pense que là, enfin, après, c'est facile de dire derrière.
07:50Mais néanmoins, vous savez, et vous le lisez évidemment dans mon ouvrage,
07:54le stratège va chercher les points de meilleur rendement.
07:57Et le point de meilleur rendement, visiblement,
07:59ce n'était pas de bombarder pendant cinq semaines.
08:01C'est là, en quelques jours, le détroit d'Hormuz a tout changé.
08:03Donc, on voit bien qu'on avait un point de vulnérabilité
08:05qui pouvait lui mettre attaqué avec des moyens beaucoup plus faibles.
08:09Il fallait en même temps prendre tous les moyens pour protéger les pays du Golfe
08:13en se concentrant sur cette affaire-là.
08:14Et là, on avait quelque chose à faire qui aurait été vraiment stratégique et intelligente.
08:19Alors, moi, j'ai deux questions.
08:20D'abord, la première question, c'est...
08:22Est-ce que les positions de Trump aux États-Unis,
08:27au niveau de la population, qu'est-ce que ça donne ?
08:29Est-ce que les Américains suivent ?
08:31Et ensuite, est-ce que cette guerre
08:35ne met pas en danger plus que prévu la sécurité d'Israël ?
08:44Comment les Américains suivent ou pas ?
08:46D'accord. Alors, je vais vous le dire.
08:47Je vais vous le dire parce que les chiffres de ce matin,
08:49c'est qu'il n'y a plus que 36% de la population américaine
08:52qui soutient cette guerre.
08:53Donc, c'est quand même assez clair.
08:55Et quand vous allez au mi-terme dans peu de temps,
08:56il faut qu'il trouve une solution.
08:58C'est pour ça que lui, il veut s'en sortir, si vous voulez.
09:00Bon. Et est-ce que ça ne met pas plus en danger des Israéliens ?
09:03Alors, je dirais que c'était peut-être à eux d'y réfléchir avant.
09:05Parce qu'on ne peut pas évacuer l'hypothèse qui est la mienne.
09:08C'est que quand même, c'est Netanyahou qui a poussé Trump
09:13dans cette affaire-là sur un motif d'ailleurs essentiellement technique.
09:16Le 28 février au matin, on a tous les chefs,
09:19on tue tous les chefs et la guerre est terminée.
09:21Bon. Évidemment, ça n'a pas marché.
09:23Donc, oui, ça met en danger.
09:26Mais je crois que là, ils ont créé cette situation-là.
09:28Les Israéliens ne peuvent pas dire le contraire.
09:30Et d'autre part, il y a toujours cette vision qu'on trouve
09:34chez un certain nombre de ministres israéens,
09:37ministres des Finances, ministres de la Sécurité, je crois,
09:39cette idée du grand Israël.
09:40Et je crois, et on le comprend, il y a une réflexion,
09:44enfin une pensée israélienne,
09:46qui n'est peut-être pas majoritaire, mais qui est importante,
09:48mais qui est de dire qu'on va agrandir le territoire
09:50pour être de moins en moins en danger.
09:51À mon avis, il y a peu de chances qu'ils lâchent la zone au sud du Litanie.
09:55Ils ont pris une partie non négligeable de la Syrie.
09:58Et Netanyahou et beaucoup d'Israéliens pensent d'ailleurs
10:01qu'il faut en passer par là.
10:04Oui, ça les met en danger, mais on voit bien d'ailleurs
10:06que la population israélienne est encore largement derrière.
10:09– Après, Israël est menacée directement par l'Iran depuis des années.
10:12– Oui, c'est ce que je voulais dire, on ne peut pas l'évacuer, ça.
10:13– À la limite, Israël a plus de raisons d'en vouloir à l'Iran
10:18que les Américains par rapport aux menaces sur le nucléaire,
10:22sur les missiles, menaces de destruction.
10:24Et sur le financement des proxys comme le Hezbollah ou le Hamas.
10:27– Mais bien sûr, on le comprend bien.
10:29– C'est pour ça que les…
10:30– Le 7 octobre a tout changé pour Israël ?
10:33– A beaucoup changé.
10:35Et ce qui est sûr justement, c'est que les Israéliens, eux, font de la stratégie
10:38parce qu'ils ont un objectif.
10:39– Ils font de la stratégie.
10:40– Ils font de la stratégie, alors que les Américains sont suiveurs
10:43et n'ont pas vraiment d'objectif.
10:45C'est un peu la difficulté.
10:47Et c'est vrai que l'Iran est une menace existentielle,
10:50mais on était quand même arrivés à peu près en 2018
10:53à une situation qui pouvait évoluer.
10:55– On a vu qu'ils avaient menti puisqu'il y a des stocks d'uranium cachés.
10:58– Non mais ils ont menti, mais non.
10:59Enfin, ils ont menti.
11:00Je ne vous dis pas que les Iraniens, moi je ne suis pas fan à l'Iranien, attention.
11:03Enfin, Hezbollah.
11:04Pas Hezbollah, je veux dire du régime.
11:07– Enfin, ils financent quand même le terrorisme.
11:09– Mais bien sûr.
11:10– Même sur l'uranium, pardon, mais sur l'uranium.
11:12– Non mais sur l'uranium, c'est bien à partir de 2018
11:14que ce stock-là a été créé.
11:15Ce n'est pas avant.
11:17Et si le JCPOA n'avait pas été rejeté par Bush,
11:21on n'en serait pas là.
11:22– Le JCPOA, c'est l'accord sur le nucléaire iranien
11:26qui avait permis à une époque,
11:28il faut rappeler à nos auditeurs,
11:30qui avait quand même permis à une époque de réouvrir l'Iran,
11:32de commencer à commercer entre les pays.
11:35Est-ce que vous ne pensez pas qu'une piste comme ça,
11:36elle est plus fonctionnelle que la guerre ?
11:39– Moi, je le pense infiniment.
11:41– À cette époque-là, les cadres français de nos entreprises
11:44allaient tous en Iran pour ouvrir des marchés.
11:45– Air France de nouveau avait mis des vols pour Terran.
11:46– Et après, ils sont partis d'un coup à cause des Etats-Unis.
11:49– Mais bien sûr, ça ne veut pas dire qu'il fallait être faible avec l'Iran,
11:52il fallait être très fort, surveillé, etc.
11:55Mais quand vous êtes soldat, vous savez bien
11:58que la guerre n'est jamais le meilleur moyen.
12:01Et que la guerre, on doit toujours,
12:02ça c'est la vieille rapport entre la morale et la guerre,
12:07la guerre doit être le dernier argument, on le dit.
12:09– Oui, Gérard Desportes, on veut tout et son contraire.
12:11Pardon, mais quand les Iraniens sont sortis dans la rue
12:15et qu'ils ont été très durement réprimés par le régime,
12:18on dit entre 30 et 40 000 morts en 48 heures.
12:22C'est-à-dire que le régime a tiré sur sa propre population
12:25et a fait un carnage.
12:27Pardon, mais à ce moment-là, j'entendais les gens dire
12:29« Qu'est-ce que fait Trump ? Pourquoi il n'attaque pas ?
12:32Pourquoi il ne les aide pas ?
12:33À ce moment-là, pourquoi il ne bombarde pas ?
12:34Pour que les Iraniens puissent se libérer ? »
12:36Et puis maintenant, on dit à Trump,
12:38« Il faut arrêter cette guerre qui ne sert à rien. »
12:41Alors peut-être qu'effectivement, il fallait que les Américains
12:43aident précisément à ce moment-là la population iranienne
12:47en aidant à faire tomber le régime.
12:49– Mais alors, mais alors…
12:50– Et dans ce cas-là, aujourd'hui, on serait tous à applaudir
12:51en disant « Trump, quelle stratégie formidable ! »
12:54– Ah oui, on ne peut pas le dire maintenant.
12:55Est-ce que vous pensez vraiment, M. Truchot,
12:57que la population iranienne ait été un millième de seconde
13:00dans la pensée de Trump ?
13:02Je ne le pense pas.
13:02Pas plus que la population vénézuélienne.
13:05– Oui, mais je connais en revanche beaucoup d'Iraniens, même sur place,
13:08qui souhaitaient cette intervention militaire.
13:10– Bien sûr, parce qu'ils ne comprenaient pas.
13:11– Parce qu'ils sont désespérés.
13:12Ils se disent, finalement, la seule façon de s'en sortir,
13:14c'est les bombardements israéliens et américains.
13:17– Non, mais justement, ce n'est pas les bombardements.
13:19C'était possible, il fallait monter une stratégie, si vous voulez.
13:22Il fallait qu'il y ait des troupes locales.
13:24C'était possible de les monter, capables d'aller prendre le pouvoir.
13:28Vous savez, vous ne gagnez jamais la guerre en bombardant.
13:30Ça, c'est depuis qu'on s'est bombardés,
13:32on sait qu'on ne gagne pas la guerre en bombardant.
13:34Et donc, il fallait qu'il y ait,
13:35et vous gagnez toujours la guerre avec des troupes au sol.
13:37Parce qu'à la fin, il faut bien planter vos drapeaux
13:39ou le drapeau de l'autre, si vous voulez.
13:40Et là, il n'y a personne pour le faire.
13:42– Est-ce que vous pensez Trump capable d'envoyer des troupes au sol ?
13:44– Alors, attends une seconde, ça aurait pu être organisé.
13:45Ça aurait pu être organisé, mais avant,
13:47dans l'ensemble d'une grande stratégie.
13:49Et ça, ça n'a pas été fait, je vous écoute.
13:51– Non, est-ce que vous pensez Trump capable
13:52d'envoyer des troupes au sol ?
13:53– Non, non, pour une bonne raison.
13:56– Il y a un passif, il y a des dossiers là-dessus.
13:58– Ce n'est pas possible pour deux raisons, si vous voulez.
14:03La première raison, c'est que quand vous envoyez des troupes au sol,
14:06vous le faites ou vous ne le faites pas.
14:07Mais si vous le faites, vous le faites vraiment.
14:09Ce qui a été fait, acteur ou à raison,
14:11dans les deux guerres d'Irak, 90 et 2003.
14:15Et là, ils ont envoyé 250 000 personnes.
14:17Et pour mettre 250 000 soldats de l'armée de terre en place,
14:23il faut six mois.
14:24Donc ça, ça nous amène au mi-terme.
14:26Ça nous amène au mi-terme.
14:27Et après la guerre, elle prend encore six mois.
14:29Donc on est dans un autre schéma.
14:31Je ne dis pas que ça ne se fera pas,
14:32mais dans les conditions politiques actuelles
14:35dans lesquelles se trouve Trump, ça ne se fera pas.
14:37– L'engagement de Trump, ce n'était pas pour sauver
14:40la population du régime iranien.
14:42Ce n'était pas sa priorité.
14:43– Mais ce n'était même pas dans sa vision.
14:45– Oui, ce n'était même pas dans sa vision.
14:47– Il l'aurait pu, mais c'était possible.
14:49– Ça aurait été autre chose.
14:50C'était une autre guerre.
14:51– C'était une autre guerre.
14:52Il fallait la faire autrement.
14:54– Allez, d'autres questions, Général Desportes.
14:56Au 3216, n'hésitez pas à nous appeler.
14:58C'est le Général Vincent Desportes qui est face aux grandes gueules.
15:00On parle de l'Iran, de la guerre.
15:02Tiens, on parlera aussi de la position française.
15:04Bon, on a du mal à la définir.
15:06Est-elle équilibrée ?
15:08Est-ce que la France devrait aider les Américains
15:10à se sortir de ce bourbier ?
15:11A tout de suite sur RMC, RMC Story.
15:27– Le Général Vincent Desportes est face aux grandes gueules
15:31ce matin sur RMC, RMC Story, face à Zor Habitant,
15:34Flora Guebali et Charles Consigny.
15:38Général Desportes, est la France dans tout ça ?
15:41Quelle est la position française ?
15:42Alors, elle se veut équilibrée.
15:44On dit qu'on n'est pas dans cette guerre.
15:46Mais est-ce qu'il ne serait pas temps, finalement,
15:47d'aider nos amis américains à sortir de ce bourbier ?
15:50– Alors moi, je crois, si vous voulez,
15:52on ne peut pas avoir été méprisé et injurié
15:54par le président Trump pendant des mois et des mois
15:56qui a même voulu s'emparer d'une petite partie d'Europe
15:59qui s'appelle le Groenland
16:00et ensuite, au coup de sifflet, arriver.
16:02Les Américains sont habitués à ce que les Européens
16:04soient des vassaux.
16:06– Sont le garde à vous.
16:07– Sont le garde à vous.
16:08Et effectivement, on l'a été,
16:10parce qu'on l'a bien voulu énormément.
16:12Mais on a bien compris aujourd'hui
16:13qu'au fond, il y a un schisme occidental
16:15et qu'il y a les Américains d'un côté
16:17et nous, d'autre part.
16:18Donc, on n'a pas à arriver comme ça au coup de sifflet.
16:21D'autre part, bien sûr, nous avons des moyens militaires
16:24qui sont très loin, nous, Européens, d'être négligeables
16:26et la France en particulier.
16:28Mais c'est rien par rapport aux moyens américains.
16:30Si on n'est pas, on ne sera jamais un game changer
16:32dans cette affaire-là.
16:33Donc, on n'a pas à venir.
16:34Nous ne sommes pas des supplétifs.
16:36Moi, j'ai été très frappé par la guerre en Afghanistan
16:38qui était la plus longue guerre européenne.
16:40On a eu 30 000 soldats au combat
16:43pendant 12 ans ou 13 ans.
16:45– 30 000 soldats français.
16:46– Soldats français au combat.
16:48Et on n'a jamais eu droit à la parole dans cette affaire-là.
16:51On était vraiment considérés comme des supplétifs.
16:54C'est-à-dire que les Américains prenaient soin
16:55de répartir les bataillons allemands, français, espagnols,
16:58un peu partout,
16:59de manière à ce que ce soit toujours un chef américain
17:01qui gagne.
17:02Nous, en tactique, on a été très bons.
17:03La stratégie était mauvaise.
17:05Mais la stratégie a été faite par Trump.
17:06Donc, moi, je crois qu'il ne faut pas tomber dans le piège
17:08d'un truc qui n'a pas marché
17:10et d'être l'outil de la rapporte.
17:10– Oui, mais en même temps, je voudrais regarder sur le Liban.
17:12On est exclus alors qu'on a des relations
17:16très anciennes avec le Liban.
17:18On a l'impression qu'on n'existe plus
17:20alors qu'on aurait peut-être une carte à jouer.
17:22Alors, est-ce que parce que c'est nos propres manquements,
17:25on n'a pas réussi non plus
17:26à aider le Liban
17:27à sortir sa dépendance au Hezbollah ?
17:30Est-ce qu'on n'a pas aussi manqué
17:32parfois un peu de volonté ?
17:33– Moi, je crois…
17:34– On est volonté dans les mots.
17:35Emmanuel Macron, quand il va à Beyrouth,
17:37il est très volontaire.
17:37Mais enfin, ensuite, il s'y s'y passe derrière.
17:39– Non, mais il n'y a pas que dans les mots.
17:40D'abord, nous sommes le plus gros contingent,
17:44sauf, si je me trompe,
17:45je ne crois pas, français,
17:46et le plus gros contingent de la finule.
17:48Nous sommes le pays européen
17:50qui apportons le plus d'aide au Liban.
17:52– La finule, elle a servi à quoi, la finule, sur place ?
17:54On n'a pas désarmé le Hezbollah.
17:57Malheureusement, elle est la cible de tir.
17:58On a perdu un soldat français,
17:59c'est sans doute d'ailleurs le Hezbollah
18:00qui l'aurait tué.
18:02– La finule, ce n'est pas une force
18:06qui a été chargée.
18:07Elle n'est pas équipée
18:08pour aller désarmer le Hezbollah.
18:09On a bien compris,
18:10puisque même l'Israélien n'y arrive pas,
18:12que c'est vraiment une guerre.
18:13Elle n'a pas été faite pour ça.
18:14Elle a été faite pour séparer, au contraire,
18:16des contingents qui voulaient se faire la guerre.
18:20Je note que le président Aoun
18:22a très largement dit
18:24que la France était importante
18:25et encore maintenant.
18:27Alors maintenant,
18:28qui a dit la France,
18:28vous ne venez pas ?
18:29C'est qui ?
18:29C'est le Premier ministre Netanyahou.
18:32Pourquoi ?
18:32Parce que la France a eu le courage
18:34de reconnaître Gaza comme État,
18:36comme maintenant de nombreux pays européens.
18:39Et je crois que c'est bien.
18:40Moi, je crois que la France et l'Europe,
18:42parce qu'on ne peut pas dissocier
18:43la France de l'Europe,
18:45eh bien elle doit se tenir droit dans ses bottes.
18:47Ce qui nous différencie des États-Unis,
18:50c'est le respect d'un certain nombre
18:53de valeurs occidentales
18:54et le respect du droit international
18:56que tant Netanyahou que Trump
18:59ou que Poutine bafouent tous les jours.
19:01Moi, je crois qu'il faut soutenir
19:02à ce qu'il nous a fait,
19:03c'est-à-dire le droit et les valeurs.
19:04Dans ce cas-là, il faut être moins dépendant
19:05des Américains.
19:06Notre armée reste encore très dépendante
19:08des Américains.
19:11Certains canons ne peuvent pas être utilisés.
19:13Ceux qu'on envoie en Ukraine
19:14sans que les Américains donnent leur autorisation.
19:18Il faut sortir de cette dépendance.
19:19Vous avez mille fois raison.
19:21Et c'est pour ça, mais vous avez noté,
19:22vous me posez la question,
19:23mais vous connaissez une partie de la réponse,
19:25peut-être plus.
19:25Vous savez très bien que l'Europe
19:27est en train d'essayer de construire
19:29son autonomie.
19:31Et elle avance à grands pas.
19:33Elle a une difficulté, vous le savez,
19:34c'est qu'il n'y a pas un décideur,
19:36il y en a 27.
19:37Et c'est pour ça aussi
19:37qu'il faudra rapidement changer
19:39la gouvernance de l'Union
19:41avec son machin tripartite,
19:43la Commission, le Conseil et le Parlement.
19:46Ça ne marche pas, ce truc-là.
19:48Donc on voit bien que la France
19:49a absolument besoin de l'Europe,
19:50mais pas de cette Europe-là.
19:52Une Europe qui permette d'avancer
19:53dans les grands projets
19:54avec l'autonomie industrielle,
19:56l'autonomie numérique...
19:57Et l'autonomie militaire.
19:58L'autonomie militaire, bien sûr.
19:59C'est la première.
20:00Mais il n'y a pas d'autonomie militaire
20:02si vous n'avez pas d'autonomie industrielle.
20:03On voit bien que tout ça est lié.
20:05Les projets avancent,
20:06en particulier depuis la création
20:07du groupe E6 en janvier,
20:09avec les grands pays européens
20:10qui ont la volonté d'avancer
20:12sur les grandes voies de l'autonomie.
20:15Une question de Zorin, à ce qu'on aura.
20:18Quand on vous écoute,
20:20on se demande si justement,
20:21en France par exemple,
20:23dans les stratégies que vous évoquez,
20:25et vous avez une très grande expérience,
20:27ce qui est incroyable,
20:29c'est que vous déroulez des stratégies
20:31avec des solutions
20:32que même les non-initiés peuvent comprendre.
20:35On vous comprend parfaitement.
20:37Et pourtant,
20:38lorsqu'on est dans le pouvoir,
20:40lorsque le pouvoir doit trouver des solutions,
20:43elles ne sont pas là.
20:44Qu'est-ce qui se passe
20:45quand des gens comme vous,
20:46avec tant d'expérience,
20:47et vous êtes nombreux,
20:49vous venez de parler de l'Europe,
20:51de son mode de fonctionnement,
20:53et de la manière dont l'Europe est agencée,
20:55et qui ne marche pas.
20:57Et pourtant,
20:58vous proposez des solutions qui marchent,
21:00et qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné,
21:01ceux qui marchent
21:02n'arrivent jamais au pouvoir
21:03pour être mis en œuvre ?
21:05C'est un vrai problème quand même.
21:06Alors le jamais n'est pas tout à fait vrai,
21:07et c'est mon deuxième point.
21:08Mais mon premier point,
21:10c'est que la stratégie
21:11suppose le recul et le temps long.
21:12Et on voit bien
21:13que c'est une des faiblesse des démocraties,
21:15c'est qu'elles sont happées par le quotidien,
21:17happées par le municipal,
21:18happées par...
21:19etc.
21:19Donc les politiques ont beaucoup de mal
21:22à se séparer du quotidien
21:23pour faire de la stratégie.
21:24Ensuite,
21:26il y a une formule
21:27que j'aime beaucoup
21:27qui est de Nicolas Baverez d'ailleurs,
21:29et qui dit au fond,
21:30il y a eu des présidents,
21:32il y a eu deux sortes de présidents
21:33de la cinquième.
21:33Il y a ceux qui ont gouverné
21:34pour la France
21:35et ceux qui ont gouverné
21:36pour les Français.
21:37Et pour la France,
21:38il y en a eu trois,
21:39évidemment le plus grand d'entre eux
21:40c'est Charles de Gaulle,
21:41qui lui avançait pour la France,
21:43et puis Pompidou
21:44et Giscard d'Estaing
21:45un peu moins.
21:45Et ensuite,
21:46on a gouverné pour les Français.
21:47Et je crois que c'est important.
21:48La stratégie,
21:49et je le dis dans mon livre,
21:51il n'y a pas de résultat en stratégie,
21:53il n'y a que des résultats en teux.
21:54Si je fais en sorte
21:56que la France tienne,
21:57alors les Français en bénéficieront.
21:58Mais si je vise directement
21:59le bonheur du consommateur,
22:01ça ne marchera pas.
22:02Et donc,
22:02il y a cette capacité là
22:04qui est extrêmement importante.
22:05Laura,
22:06écoutez David au 32-16.
22:07Moi,
22:08je voulais qu'on parle
22:08un peu de votre livre
22:09parce que vous définissez
22:11la stratégie
22:12comme la préparation
22:13de l'avenir,
22:13si je vous paraphrase un peu.
22:15Mais vous citez,
22:15l'avenir,
22:16ce n'est pas ce qui va arriver,
22:17mais ce que nous allons en faire.
22:18C'est Bergson,
22:19non ?
22:20Comment ?
22:20C'est Bergson.
22:22Je ne vole pas Bergson.
22:23Il est cité.
22:24Il cite.
22:25C'est une très belle phrase de stratégie.
22:27Il semblerait que votre livre,
22:29ce soit un manuel d'action politique,
22:30puisque la politique
22:31n'est que le désir d'avenir,
22:32n'est que la préparation
22:33des lendemains.
22:34Et d'ailleurs,
22:35le désir d'avenir,
22:35c'est marrant
22:36parce que ça a été
22:36un slogan politique
22:38de Ségolène Royal.
22:40Et pour autant,
22:41on voit que la stratégie
22:42n'est nulle part en politique.
22:44Alors, effectivement,
22:45on n'a pas d'Assemblée nationale
22:46qui nous permette
22:46vraiment de gouverner.
22:48Comment vous expliquez
22:49que la stratégie
22:50ait autant quitté
22:51l'action publique ?
22:52Alors,
22:53c'est un peu pour ça
22:53que j'ai écrit.
22:54Moi, j'ai écrit beaucoup
22:55le livre de stratégie.
22:55Mais là,
22:56j'ai voulu écrire
22:56un livre simple
22:57qu'on lit en une heure et demie
22:59et qui donne l'essentiel
23:01de la pensée stratégique.
23:02Comment faire ?
23:02Moi, je parle beaucoup
23:03autant de stratégie
23:04que d'attitude stratégique.
23:05D'ailleurs,
23:06je passe un chapitre
23:06sur l'attitude stratégique.
23:08Qu'est-ce que c'est
23:08que de prendre un problème
23:09de manière stratégique ?
23:11Voilà.
23:12Et c'est parce que,
23:12eh bien,
23:15ça paraît très compliqué.
23:16Les gens ont peur
23:17du terme de stratégie.
23:18Faire de la stratégie,
23:19d'ailleurs,
23:19ils ne font pas
23:19la différence
23:20entre la tactique
23:21et la stratégie.
23:22Et on enseigne
23:23très peu la stratégie.
23:24Moi,
23:24j'ai dirigé l'école de guet
23:25où on forme
23:26les futurs généraux
23:27et les futurs amiraux.
23:28En gros,
23:28c'est la véritable
23:29seule grande école
23:33Moi, j'interviens beaucoup.
23:34Je dirige un cabinet
23:35de conseil en stratégie
23:36pour les entreprises.
23:37Je m'aperçois
23:37que les entreprises
23:38connaissent bien,
23:39mais ils n'ont pas
23:40suffisamment conceptualisé.
23:41Et donc,
23:42je crois qu'il faut aider
23:42les gens à aller
23:44penser de manière stratégique
23:45d'abord l'avenir
23:46et le présent
23:47comme la manière
23:48de produire l'avenir.
23:49Il faut envoyer ce livre
23:50à tous les candidats
23:51avec son présidentiel.
23:53Absolument.
23:54Ils ont fait le temps
23:55de lire.
23:56Ils prévèrent être
23:57sur Twitter.
23:58Ils écrivent des livres
23:59tous, ça aussi.
24:00Ils les font écrire, oui.
24:01David est avec toi
24:02au 3216.
24:03Ils nous appellent du Var.
24:03Bonjour, David.
24:05Oui, bonjour.
24:06Vous avez une question
24:06pour le général Desportes.
24:08Oui.
24:10Est-ce que vous ne pensez pas
24:11que les États-Unis
24:12font ça un peu,
24:14attaquent l'Iran,
24:15un peu contre la Chine,
24:17voire même contre la Russie ?
24:19Alors,
24:20ce qui est absolument sûr,
24:22c'est que quand Trump
24:24réfléchit à quelque chose,
24:25son axe central de réflexion,
24:27c'est l'opposition
24:29sino-américaine.
24:30Donc,
24:31il ne prend pas
24:32deux décisions
24:34sans réfléchir
24:35au conseil.
24:35Donc là,
24:35il y a quand même
24:35une stratégie alors.
24:37Non,
24:37mais il a une obsession.
24:38Et il a raison.
24:40Et il a pensé,
24:41ce qui n'était pas
24:41tout à fait vrai
24:42parce qu'il n'avait peut-être
24:43pas vérifié que la Chine
24:43avait presque un an
24:44de réserve
24:45en termes de pétrole.
24:46Mais il sait
24:48que cette affaire-là,
24:49si elle durait un certain temps,
24:50ferait du mal à la Chine.
24:51Donc,
24:52vous avez raison.
24:52En ce qui concerne Poutine,
24:54je n'en suis pas très sûr
24:55parce que Trump
24:55ne considère plus
24:56que Poutine
24:57est un adversaire systémique,
24:59évidemment,
24:59quant à la Chine
25:00qu'il l'est.
25:00Merci David.
25:01Une dernière question
25:02avant de vous laisser
25:03Général Desportes.
25:04Selon vous,
25:05est-ce que Donald Trump
25:06est fou ?
25:07Non.
25:07Il n'est pas fou.
25:08Il n'est pas fou.
25:09Vous savez,
25:09être fou,
25:10c'est dénumer
25:11toute rationalité.
25:12On voit bien
25:12qu'il y a un certain nombre
25:13de rationalités.
25:15Mais il n'est pas fou.
25:17Comme Poutine
25:18n'est pas fou non plus.
25:19Il a une rationalité.
25:20Le problème,
25:21c'est que
25:21la finalité propre
25:23de Trump,
25:24c'est lui-même
25:25et l'argent.
25:26Et donc,
25:26ce n'est pas avec ça
25:26que vous faites
25:27de la bonne stratégie.
25:28Mais il n'est pas fou.
25:29Le problème,
25:30c'est que sa rationalité
25:31fait un mal considérable
25:33tant aux Etats-Unis
25:34qu'à l'Occident
25:35et qu'au monde entier.
25:36Merci Général Vincent Desportes.
25:38Si vous avez envie
25:39d'aller plus loin,
25:40je vous conseille
25:40la lecture de son dernier livre
25:41« Stratégie,
25:42les essentiels »
25:43chez Odile Jacob.
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