- il y a 11 heures
Mercredi 1 avril 2026, retrouvez Franck Lemery (Directeur Financier, Groupe Legrand) et Charles Baudouin (Partner en fiscalité, Baker McKenzie) dans DEALMAKERS SHOW, une émission présentée par Mathieu Meffre.
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00:15Bonjour à tous, vous êtes sur Bsmart4Change évidemment, vous nous retrouvez pour un nouvel épisode du DealMakers Show.
00:20Le DealMakers Show, c'est une émission qui se concentre sur le transactionnel, les grands deals, les fonds de private
00:25equity, les directions financières, les aide et m'n'a,
00:27mais que ce soit sur les aspects corporate, fiscalité, financement, on fait le point deux fois par mois.
00:33Mon acolyte Tom Leffenberger, bonjour Tom.
00:34Bonjour Mathieu.
00:35Comment allez-vous ?
00:36Très bien, merci, ravi d'être avec vous aujourd'hui.
00:37On est ravi de vous recevoir, surtout que vous venez encore prendre le contrôle, le pouvoir de cette émission,
00:42puisque vous avez un dossier spécial que vous sortez et deux invités.
00:45C'est ça exactement, on est aujourd'hui sur l'élite de la direction financière, une direction financière qui montre
00:49la voie,
00:50et inspire et ruisselle sur toutes les autres directions financières de France.
00:53Pour en parler, merci beaucoup Tom, on reçoit Franck Lémery, vous êtes directeur financier du groupe Le Grand.
00:58On vous a reçu il y a un an au sein de Smart Bourse, on est ravi de vous recevoir
01:02dans le DealMakers Show.
01:03Bonjour Mathieu, le plaisir à partager.
01:05Merci beaucoup.
01:05Charles Bedouin, partenaire au sein de l'équipe taxe de Baker & McKenzie à Paris.
01:10Une très belle franchise, merci d'être avec nous.
01:13Une très belle équipe qu'on connaît, qui est incontournable sur bon nombre des parties de la fiscalité.
01:17On aura à cœur de vous poser quelques questions pour les impacts taxes vis-à-vis des directions financières en
01:232026.
01:23Avec plaisir.
01:24Merci à tous les deux.
01:26Tom, je vous laisse peut-être commencer par rapport à vos questions que vous aviez pour Franck Lémery.
01:31Bien sûr, merci Mathieu.
01:32Oui alors effectivement, un dossier sur la direction financière, c'est aussi et surtout débuté par le parcours.
01:37Vous Franck, ça fait 30 ans maintenant que vous travaillez chez Le Grand.
01:40Est-ce que vous pouvez revenir sur les différentes étapes qui ont jalonné votre parcours ?
01:4330 ans Franck ?
01:44Oui, même 32, pour être précis.
01:48Oui, j'ai un parcours, un début de parcours qui est assez classique.
01:51Je fais le SCP en 90, je passe 2-3 ans en audite, comme beaucoup.
01:56J'adore, mais j'ai envie de passer le stade de la prestation à celui un peu de l'aventure
02:03économique.
02:04Donc je rentre chez Le Grand, que je choisis avec des critères assez précis,
02:11des choses qui me plaisaient, que je retrouve et que je retrouve 32 ans après.
02:16Et mon parcours chez Le Grand, évidemment, c'est de commencer par de l'audit financier assez rapidement sur un...
02:20J'allais dire, après un concours de circonstances, j'ai été nommé CFO d'une petite business unit.
02:27C'était dans l'attente de l'arrivée de quelqu'un, je crois.
02:29Absolument, Mathieu.
02:30Parce que vous étiez très jeune.
02:31Bon, alors, plus jeune que maintenant, effectivement.
02:35Un peu plus jeune que probablement les personnes à qui on aurait confié ce poste.
02:40Mais donc, effectivement, je fais un intérim sur le papier de quelques semaines,
02:45puis quelques mois et on me confie la direction financière d'une petite BU.
02:50Et puis après, quelques directions financières de BU un peu plus grosses, jusqu'à peu près 2005-2006.
02:58Et puis à partir de là, jusqu'à des très grosses BU, des fonctions financières au sein du corporate.
03:05Un passage hors de la finance à diriger les opérations, la performance des opérations du groupe.
03:11Et donc, directeur financier depuis début 2019 du groupe.
03:16Ça fait effectivement désormais 32 ans, 32 ans et probablement une douzaine de jobs.
03:21Que ce soit, enfin plutôt, qu'est-ce qu'il vous manque de l'époque petite BU ?
03:26S'il devait vous manquer quelque chose ?
03:28Absolument rien, en fait.
03:32Moi, j'aime beaucoup ce que je fais au quotidien.
03:36Et je pense que vous l'entendrez tout au long de l'émission, au temps de ma voix.
03:41Et Legrand, qui est désormais une belle entreprise, a à peu près 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
03:4835-40 milliards de market cap,
03:51malgré la taille, a gardé des aspects très simples, des aspects très directs.
03:58Donc, moi, je continue à participer à des choses très opérationnelles, à avoir des contacts très directs avec les équipes
04:03pays.
04:04Notre râteau est très court, on est impliqué dans beaucoup de choses.
04:09Donc non, il n'y a pas grand-chose qui me manque.
04:13Je l'aurais fait encore volontiers longtemps parce que j'ai beaucoup aimé.
04:17Un dream job, quoi.
04:19Celui que je fais depuis aujourd'hui, oui.
04:21Celui que je faisais hier également et avant-hier aussi, absolument.
04:24Et justement, ces métiers d'hier, ces différents postes que vous avez pu occuper dans la direction financière et l
04:29'aspect aussi plus opérationnel,
04:31qu'est-ce qu'ils vous ont appris aujourd'hui ?
04:32Dans quelle mesure, tous les jours, vous pouvez ressentir ce fait que, merci d'avoir pu, justement, sillonner au sein
04:37du groupe Legrand ?
04:38Je crois qu'il y a plusieurs contributions.
04:43La première, c'est, finalement, savoir apprendre.
04:50Ce qui est probablement la chose la plus importante quand on change de métier et qui est la chose la
04:56plus importante aussi par rapport au monde dans lequel on vit.
04:59Il n'y a pas un jour qui ressemble au précédent.
05:02Donc, savoir apprendre, avoir la confiance dans le fait qu'on saura faire même si on ne l'a jamais
05:06expérimenté.
05:08changer de perspective, changer de géographie, changer de problématique qui est posée.
05:15La contribution, je trouve, de l'expérience, c'est principalement ça.
05:19Certains l'appelleront l'adaptabilité et moi, un peu plus loin, je dis l'adaptabilité, c'est vraiment savoir apprendre
05:26pour, effectivement, affronter tout ce qui nous arrive de neuf tous les jours.
05:32On a entendu et on a lu plusieurs fois dans des interviews le terme d'aventure économique que vous évoquez.
05:39Qu'est-ce que c'est pour, enfin, c'est quoi ce concept auquel vous rattachez votre choix de carrière
05:43et ce que vous avez retrouvé chez Legrand ?
05:45Alors, c'est plusieurs choses.
05:47D'abord, ce sont des choses qui sont des chiffres.
05:49Quand je suis rentré chez Legrand, le groupe faisait un milliard et demi d'euros de chiffre d'affaires.
05:54Cette année, on va franchir les 10. Dans quelques années, on passera les 15.
06:00Donc, voilà, fois 10 en termes de chiffre d'affaires, probablement sur ma carrière.
06:06C'est une aventure économique en soi et une aventure économique qui est créatrice de valeur.
06:11C'est-à-dire que non seulement on croit, mais on croit de façon rentable, on croit de façon responsable,
06:16avec une feuille de route RSE qui est aussi chargée de sens, chargée d'impact.
06:22C'est également beaucoup de décisions entrepreneuriales.
06:29Un financier, c'est un investisseur.
06:31C'est un premier lieu, c'est ça.
06:33Donc, c'est beaucoup d'acquisitions.
06:35Le groupe en a fait plus de 200 dans son histoire, une vingtaine dans les 24 derniers mois.
06:41C'est également une aventure.
06:43Ce sont des rencontres avec beaucoup de gens, un comité de direction qui évolue,
06:46des rencontres internationales, l'inclusion de profils de plus en plus variés.
06:51Un groupe qui change d'envergure sur votre temps aussi, parce que même si on ne change pas de boîte,
06:55la boîte, elle, a changé.
06:56Alors, j'allais y venir et effectivement, dans cette aventure économique, ce qui est passionnant pour le grand,
07:03c'est que sur la base de quelques fondamentaux qui sont identiques,
07:07délivrer de la performance, une forme d'exigence, une forme de simplicité aussi,
07:11investir dans le M&A, faire beaucoup d'acquisitions.
07:15Tout ce modèle un peu vertueux, il a été, comme vous le dites Mathieu, il s'est beaucoup, beaucoup adapté.
07:24Sans revenir à l'époque où le grand faisait de la porcelaine de table,
07:27mais on est connu comme un acteur de l'appareillage électrique.
07:32On est peu connu, et pourtant, c'est plus de 25% de notre chiffre d'affaires désormais,
07:37pour notre activité en data center.
07:39Activité en data center qui représentera 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires cette année.
07:43Donc voilà, sur la base, des mêmes ingrédients, qui sont de très bons ingrédients.
07:46On est déjà à 30 points du CA sur le data center.
07:48On va y revenir.
07:50Enfin, pas dans du CA, mais de la...
07:52Et donc, voilà, avec ces ingrédients qui sont de bons ingrédients,
07:56cette recette-là, on a adressé tous les enjeux du monde.
08:02Les data centers, la transition énergétique, le digital dans la maison.
08:06Génial.
08:07On va revenir sur...
08:09On va vraiment scruter votre direction financière.
08:11Comment vous l'avez structurée ?
08:12On va revenir dessus dans un instant, mais d'abord, je me tourne peut-être vers Tom,
08:16qui a des questions pour Charles.
08:18Oui, effectivement.
08:19Alors, depuis un an maintenant, et l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche,
08:23l'ordre mondial a un petit peu changé.
08:24Avec les droits de douane qui sont imposés, la fiscalité revêt une importance encore plus significative.
08:30Quel accompagnement, vous, vous proposez justement à des champions nationaux comme Legrand
08:33pour faire face à ces turbulences ?
08:35Quel est votre rôle dans ce contexte qui se tend, quoi ?
08:38On a un rôle de conseil, de best friend, de business partner.
08:42C'est-à-dire que nous, on est en amont des problématiques.
08:47Donc, tout un aspect...
08:48On a un pôle européen, sur les droits de droite, spécifiquement un pôle européen
08:53et un pôle américain qui fonctionnent main dans la main.
08:55Donc, ça, c'est très important.
08:56Donc, on est capable d'avoir les informations à la source autant que possible,
09:00notamment aux États-Unis.
09:01Et à partir de là, une multitude de questions vont se poser.
09:06Donc, on a...
09:06Les entreprises, nos clients ont redécouvert leur département droit de douane.
09:11Et on a eu stock avancé, une co-terme, un TVA, des questions finalement assez anciennes,
09:17mais avec une incertitude et une évolution au jour le jour qui nécessitent une réactivité énorme.
09:24Et vous, justement, quelle prochaine évolution fiscale vous voyez poindre à l'horizon
09:28et qui va impacter les directions financières comme celle de Franck ?
09:30Alors, ce n'est pas une nouveauté, mais le sujet qui nous fait travailler les directions financières
09:36et les directions fiscales, c'est Pilartou, dans sa réalisation, année après année,
09:41et aussi dans son évolution dynamique, puisque les règles qu'on pensait figées
09:47ont finalement évolué avec la sortie des États-Unis.
09:50Et donc, tout un système, tout un écosystème...
09:53Mais ça ne remet pas en cause Pilartou.
09:54Ça ne remet pas en cause Pilartou, pas pour les autres pays, non, tout à fait.
09:57Donc, regarde, on jouera le jeu.
09:59On jouera le jeu jusqu'au bout.
10:00Ça va avoir des impacts même sur les outils, ça, parce que Pilartou, ça change les choses.
10:05Vous avez le PIB de la moitié de l'Europe à dépenser en Haïti avec toutes les directions financières du
10:12CAC, là.
10:14Non, mais...
10:16J'exagère, mais c'est là que c'est décidé.
10:17Il y a deux questions dans votre point.
10:20Mathieu, il y a effectivement...
10:21Est-ce qu'il faut des outils pour adresser l'actualité fiscale ?
10:25Et la réponse est oui.
10:27Est-ce qu'on est face aux enjeux qui viennent d'être évoqués ?
10:31Oui.
10:32Et au-delà de Pilartou, il y a beaucoup d'enjeux de conformité autour des prix de transfert, par exemple.
10:38Et puis, la deuxième question, c'est...
10:39Est-ce qu'il y a des enjeux digitaux et effectivement de gros investissements à y consacrer ?
10:45La réponse est oui.
10:46Mais ce sont des investissements, comme tous les investissements, qui ont un P-BAC, qui ont une contribution et donc
10:50qui se font bonne intelligence.
10:53Bien sûr. Le DAF investisseur.
10:54On l'a dit dans les projets.
10:55Le DAF investisseur est en charge de l'informatique aussi.
10:57Vous parlez de compliance, on a une question, je crois, sur l'administration fiscale.
11:00Oui, justement. Est-ce que vous observez une pression accrue de la part de l'administration fiscale sur les grands
11:06groupes et notamment sur la partie contrôle et contentieux ?
11:09Oui. Il y a une inflation des contrôles ces dernières années. Il y avait eu une sorte de creux de
11:14la vague après les années Covid. Mais là, on en est clairement sortis.
11:18Donc oui, il y a une inflation des contrôles. Des contrôles qui sont souvent finalement négociés aujourd'hui. On va
11:25beaucoup moins au contentieux, aux tribunaux. On est beaucoup plus dans la négociation.
11:29L'administration fiscale est ouverte à la négociation.
11:31Tout en mobilisant le sujet pénal un peu plus qu'avant.
11:34Le sujet pénal un peu motivé la négociation. C'est un outil de négociation comme un autre. Et aussi la
11:45relation de confiance avec les grandes entreprises qui a pas mal amélioré la relation et qui est un grand succès
11:51en réalité.
11:51Ce qui permet d'avoir des relations beaucoup plus fluides avec l'administration fiscale.
11:55Une tendance peut-être sur, quelle qu'elle soit, mais sur ce qui déclenche peut-être un contrôle, en tout
12:00cas sur des moyens qu'on n'aurait pas vu il y a cinq ans.
12:03Je ne sais pas, en ce moment, sur des choses particulières ou sur un best practice pour justement un bon
12:08settlement ?
12:10Alors peut-être, ce qui déclenche le contrôle, c'est-à-dire qu'il y a une certaine régularité, sauf
12:17si vous faites des choses qui sont totalement anormales et qui vont allumer un...
12:20Mais sinon c'est juste random et aléatoire.
12:25Sur les best practices pour la négociation, je pense que c'est une très bonne question parce qu'il faut...
12:35Les inspecteurs ont tendance à avoir la main lourde dans les redressements.
12:39Il ne faut pas se dire que c'est l'horreur, qu'on a tout mal fait.
12:43Il faut se dire que c'est une position de négociation.
12:45Donc en fait, il faut gérer son contrôle fiscal dans un mindset de négociation.
12:51C'est rare qu'on dise ça à l'antenne.
12:53C'est une vraie évaluation.
12:55Donc c'est un point de départ de négo.
12:57C'est une nouvelle négo pour un dirigeant et sa direction fiscale et financière, ce n'est pas une condamnation
13:02lorsqu'on a une demande de l'administration qui parfois peut avoir la main lourde.
13:07Merci beaucoup pour vos conseils.
13:09Charles, on revient sur Franck.
13:10Je vous avais dit qu'on allait parler un peu de votre direction financière.
13:13Comment est-ce qu'elle est structurée ?
13:14Ça veut dire quoi ? Vous êtes présent en compte à 170 pays.
13:17C'est absolument énorme.
13:19Vous êtes valorisé hier soir à la clôture un peu au-dessus de 36.
13:23Ça veut dire quoi ?
13:24C'est quoi une direction financière d'un tel ensemble ?
13:27Une personne, les services, le compromis entre le HQ et le local, toutes ces questions ?
13:34C'est une question très intéressante et sur laquelle on se penche assez régulièrement.
13:39Alors là encore, une particularité du groupe Le Grand, c'est d'avoir des fonctions centrales qui sont assez légères
13:47pour s'appuyer sur des fonctions locales qui sont très responsabilisées.
13:54Et typiquement, l'organisation du groupe, c'est ceci.
13:57Chaque pays, chaque géographie a un PNL dont elle est en charge, dont on va discuter du cadrage, dont on
14:04va discuter de la stratégie, du modèle qu'il doit développer, de ses options de M&A.
14:10de ses investissements, mais après, chaque pays bénéficie d'une grande autonomie.
14:15Donc on ne comprend pas beaucoup d'indépendance, mais beaucoup d'autonomie dans l'exécution.
14:19Et on retrouve ça, évidemment, dans les fonctions financières, avec probablement une population financière qui doit représenter un gros millier
14:26de personnes à l'échelle du groupe,
14:28mais 70 personnes au siège social, avec des gens qui sont plutôt là pour inspirer, battre le rythme, cadrer, mettre
14:38en place les process,
14:40s'assurer plutôt dans le faire-faire, et puis la main opérationnelle et locale.
14:49Et, deuxième point, pour que tout ceci marche bien, un peu à l'image de mon parcours, pas mal de
14:57carrières qui croisent.
14:58Alors, c'est-à-dire, c'est double croisement, des financiers qui vont de local à corporate, de corporate à
15:04local,
15:04et qui peuvent faire plusieurs allers-retours dans leur carrière, pour que, justement, nous soyons en bonne entente,
15:11et pas dans l'éternel conflit du siège.
15:14Ils n'ont rien compris, nous, c'est différent.
15:17Exactement.
15:18Et les deuxièmes croisements en mobilité qu'on aime beaucoup faire, eh bien, ce sont des mobilités fonctionnelles.
15:28C'est-à-dire que, plutôt que d'enfermer les équipes dans une expertise, dans une filière,
15:33quand on a une direction financière de 70 personnes, finalement, les gens, rapidement, seraient limités,
15:38eh bien, on croise.
15:39Voilà, quelqu'un fait de la trésorerie, et puis fait de la conso, et puis fait du contrôle de gestion.
15:46Et puis, quelqu'un peut s'occuper, aujourd'hui, de Comfi, et avoir été CFO d'un grand pays,
15:52quelques années avant, et être passé par le M&A.
15:54Voilà, on organise pas mal de mobilité.
15:56Génial.
15:57Le duo CIO-CFO, ça se passe comment ?
16:00Oh, ça se passe bien.
16:01On a, avec Benoît, des profils à ses voisins, on a le même attachement au groupe, on a la même...
16:09Je suis plus vieux que lui, mais c'est quelqu'un qui a également démarré sa carrière chez Le Grand.
16:14Nous avons pris nos fonctions quasiment en même temps.
16:19Il a été nommé une petite année avant moi.
16:22On a vécu énormément de choses ensemble, parce qu'on n'a pas encore parlé de ce monde
16:28où il se passe toujours quelque chose, mais on a été baptisés ensemble avec le Covid,
16:35la crise en Ukraine, la sortie de la Russie, toutes les acquisitions qu'on faisait,
16:38le remodelage de la stratégie pour booster le moteur de croissance du groupe.
16:45Voilà, donc beaucoup de projets partagés, beaucoup de valeurs partagées,
16:52donc un duo qui fonctionne bien.
16:54Merci Franck.
16:55Vous avez des questions, je crois, sur les trois dernières décennies passées, Tom ?
16:57Oui, effectivement, comme vous le disiez Franck, le chiffre d'affaires depuis votre arrivée
17:01a été multiplié par presque 10.
17:06Quelles sont les stratégies que vous avez pu mettre en place, justement,
17:08en termes de diversification, de M&A, de croissance géographique ?
17:11Alors, le vous, c'est collectif, bien évidemment, parce que...
17:15À l'échelle du groupe.
17:16À l'échelle du groupe.
17:18Ce que je vais évoquer, qui est un peu plus le fruit du comité de direction actuel et puis l
17:24'actualité,
17:25c'est ce que je viens de dire, c'est effectivement d'avoir beaucoup travaillé ces dernières années
17:30pour renforcer le profil de croissance du groupe.
17:33Et on le voit, l'année dernière, on aura une croissance en change de 13%.
17:39Nous visons, en 2026, 10 à 15, et d'ici à 2030, autour de 10%.
17:46Et ça, c'est en combinant vraiment les deux moteurs de croissance du groupe.
17:51Un moteur historique, qui est le M&A.
17:54Un M&A que nous faisons de façon quasi industrielle.
17:58Vous avez quand même des banques d'affaires en buy-side, où vous savez maintenant très bien ?
18:03Pratiquement pas.
18:04Et ce n'est pas parce qu'on ne veut pas, c'est qu'on fait du bolton.
18:09On est acquéreur de sociétés de petite et de moyenne taille,
18:13qui sont souvent nos meilleurs concurrents,
18:17qui à un moment deviennent nos meilleures cibles,
18:19parce qu'on n'achète que des leaders, et donc on les connaît très bien.
18:22Et l'un des succès, justement, l'une des recettes pour continuer à faire ceci vite,
18:27c'est de bien les connaître, d'avoir un processus décisionnel assez rapide.
18:32Et donc, par nature, ce ne sont pas des sociétés que les banques d'affaires nous apportent.
18:40Une bonne intégration, parce que sur le PMI, un plus un égale pas souvent deux.
18:44Et effectivement, un track record d'intégration...
18:48D'ailleurs, on n'appelle pas ça une intégration, culturellement c'est intéressant,
18:50on appelle ça un arrimage.
18:52C'est plus doux, mais quand on achète un leader,
18:54il faut bien se dire que la première chose, c'est de ne pas le casser.
18:56Et ensuite, d'aller créer de la valeur à travers des synergies, principalement de revenus.
19:01Et on parlait du rôle des directions financières,
19:04cette phase d'arrimage, la responsabilité de ce process est au sein des équipes de la direction financière.
19:09Génial.
19:10Et pour finir sur la question, pardon,
19:13c'est qu'il y a quand même un deuxième moteur de croissance,
19:15et qui en ce moment fonctionne à toute vapeur.
19:17C'est la croissance organique, l'année dernière, près de 8%, tirée par les data centers.
19:23Et là, ça a été un choix très conscient, très avéré stratégiquement,
19:30de faire pivoter notre portefeuille, via des acquisitions,
19:34via des investissements dans les produits nouveaux,
19:36via l'organisation, vers la transition digitale et la transition énergétique.
19:41Ces data centers qui sont localisés où ?
19:43Enfin, c'est du service au data center ?
19:45Alors pardon, non, non, ce sont bien des composants, des produits,
19:48mais des produits électriques que l'on...
19:49Oui, produits et services, vous n'êtes pas opérateur de data centers.
19:52Pas du tout.
19:52C'est un secteur que vous avez décidé de couvrir,
19:55et sur lequel vous devenez leader.
19:56Absolument, parce que c'est un secteur que nous avions identifié comme étant un adjacent,
20:00il ne s'agit pas du tout d'une diversification pour le groupe.
20:03Et cette stratégie d'aller vers le data center,
20:06d'ailleurs c'est une stratégie un peu historique du groupe,
20:09qui est de dire, voilà, j'opère sur un marché accessible donné,
20:13et puis régulièrement, je cherche un adjacent.
20:16Un adjacent dont on souhaite qu'il ait quelques caractéristiques
20:19pour que le groupe fonctionne bien,
20:21qu'il faut qu'il soit fragmenté pour qu'on puisse faire des acquisitions,
20:23il faut qu'il y ait des leaders,
20:24où on puisse être, nous, avoir notre stratégie de géant dans des niches,
20:28qui est la stratégie la plus rentable,
20:30celle qui attire les talents, celle qui capitalise sur la marche,
20:32celle qui permet d'avoir du pricing power.
20:35Et les data centers ont été identifiés il y a quelques années
20:37comme étant un adjacent de notre activité.
20:41Donc on y amène des produits historiques du groupe,
20:45et on y amène aussi des produits qui sont spécifiquement dédiés aux data centers.
20:49Merci pour cette précision, Franck.
20:50On est dans le D-Maker Show,
20:52la question traditionnelle qu'on aime bien poser,
20:53c'est le dossier de votre vie, celui où vous avez le plus appris,
20:56que ce soit le deal le plus important de votre vie à date,
20:59à tous les deux.
21:00C'est un dossier un peu plus compliqué.
21:01Charles, justement, est-ce qu'il y a un dossier dont vous souhaitiez particulièrement nous faire pas ?
21:06Plutôt en fiscalité des transacts, quoi.
21:08Enfin, un deal, quoi.
21:09Un closing sur lequel vous étiez particulièrement fiers.
21:14Alors, le problème, c'est qu'il y a toujours la confidentialité.
21:20On ne peut pas non plus...
21:22On peut parler d'un secteur, sinon.
21:23On peut parler d'un secteur, peut-être.
21:25En fait, moi, ce que j'aime bien,
21:26parce que je rebondis sur votre notion d'arrimage.
21:29Parce que, voilà, chez Baker, on a ce département Global Reorg
21:34dont la fonction, c'est de faire le cycle du deal.
21:38Donc, aussi bien le carve-out avant le deal que l'intégration après le deal.
21:41Et donc, sur cette intégration,
21:43quand nous, Baker, on conseille l'intégration d'Alcatel dans nos cas
21:51pour prendre des vieux dossiers, comme ça, je ne prends pas de risque,
21:54eh bien, c'est effectivement un succès pour nous aussi de porter cet arrimage.
21:58C'est-à-dire que ce soit créateur de valeur et non pas destructeur de valeur.
22:02Voilà.
22:02Donc, je pense que c'est quelque chose qu'on aime faire,
22:05que ce soit d'ailleurs à la vente,
22:06de faire un sous-groupe autonome ou bien à l'achat,
22:11d'intégrer, d'arrimer la cible dans le...
22:14En carve-out ou en acquise.
22:15Voilà.
22:16Merci, Charles.
22:16Et vous, Franck, est-ce qu'il y a un dossier ?
22:18J'imagine que oui.
22:18Vous en avez fait plein, mais on nous en regardait un quand même.
22:21Il y en a bien un qui vous a particulièrement...
22:23Non, non, mais...
22:25Alors, sans pivoter d'un point de vue de communication,
22:31je trouve que ça ne ressemblerait pas tellement à l'histoire de Legrand
22:34de sortir un deal d'abord,
22:35parce que toutes les autres actrices à l'image pourraient m'en tenir rigueur.
22:40Et puis ensuite, l'histoire de Legrand n'est pas faite de grandes ruptures,
22:45de tout ça.
22:45Je trouve que ce qui est très intéressant,
22:47c'est le fait qu'on fasse ça de façon industrielle.
22:50C'est qu'on est un sérieux, le dealmaker.
22:53Voilà.
22:54Et que ça transpire dans toute l'organisation.
22:57C'est dans la stratégie du groupe.
22:59Évidemment, ça transpire dans l'organisation de notre financement.
23:03Ça guide aussi une certaine exigence financière,
23:06parce qu'on alloue plus de la moitié de nos free cash flow à des deals.
23:10Donc, il faut délivrer ces free cash flow.
23:12Et Legrand est une société très rentable,
23:15et on s'attèle à ce qu'elle le reste.
23:18Et puis après, il faut réussir toutes les intégrations.
23:20Et là encore, c'est confié au pays, les arrimages.
23:24Donc, c'est plutôt ça, moi, que je retiens,
23:26la régularité de cette pratique
23:31à un niveau très exigeant.
23:36Je vais vous parler, parce qu'il nous reste quelques minutes,
23:38mais je vais vous parler d'un ciel nuageux, quand même.
23:40Parce qu'autour de vous, on s'est fait le Covid,
23:43vous avez fait la sortie de la Russie.
23:44La Russie, c'était combien de pourcentage du CA ?
23:46Un et demi.
23:47Un et demi, tout de même, je veux dire, à cette échelle.
23:50Il y a évidemment des zones middle-east qui ne vont pas mieux.
23:54Quand même, le BTP, la construction,
23:56ce n'est pas la folie, ces derniers temps.
23:58Il me semble que chez Legrand,
23:59c'est un des socles historiques, quand même, de l'activité,
24:01puisque vous fournissez toute cette industrie.
24:05Et malgré ça, là, en 5 ans, vous faites plus de 86%.
24:09Alors, il y a un peu de volatilité sur le cours de bourse cette année,
24:12mais qui concerne un peu tout le monde sur les 6 derniers mois.
24:14C'est quoi la formule miracle pour arriver à se positionner ?
24:18Non, mais c'est vrai, on n'est pas là pour dire que vous êtes les meilleurs,
24:21on est là pour se poser la question.
24:22Comment vous faites alors qu'il n'y a que des nuages ?
24:25Vous, ça va.
24:27Oui, alors, merci pour le retour.
24:32C'est vrai qu'on a été gâtés, entre guillemets,
24:37vous n'avez même pas cité les tarifs,
24:39mais vous auriez plus, 140 millions de dollars la facture l'année dernière.
24:43L'actualité nous a gâtés.
24:46Je crois que ça tient à plusieurs choses.
24:50Ça tient d'abord au modèle organisationnel dont on a parlé tout à l'heure,
24:52qui est un modèle responsabilisant, très réactif dans l'organisation du groupe,
25:00des circuits de décision courts, des décisions qui sont prises de façon très éclairée aussi,
25:06très rationnelle.
25:07Un positionnement de la finance qui fait aussi qu'on est autour de la table,
25:11bien évidemment, avec nos collègues.
25:13Des collègues très éduqués, d'ailleurs, sur la matière financière.
25:19Ça tient aussi à une stratégie qui a voulu que le groupe soit toujours très agile.
25:25Asset light, mobile, c'est important parce que lorsqu'on est confronté,
25:31par exemple, à de nouveaux droits de douane, il faut pouvoir réagir,
25:33il faut pouvoir réajuster sa supply chaine.
25:35Les usines ne sont pas sur des roulettes,
25:36mais si on a construit des cathédrales, c'est encore moins sur des roulettes.
25:42Et puis, une grande confiance dans les équipes, dans les modèles,
25:51un changement permanent à petits pas,
25:54sans grand coup de barre à gauche et barre à droite.
25:57Toujours une stratégie, il est très important.
25:59Plus la météo est turbulente,
26:02plus il faut avoir quelque part son étoile polaire.
26:09On regardera de très près
26:10comment vous continuerez à organiser cette croissance organique
26:14et peut-être externe sur les data centers
26:16et sur ce que vous pouvez faire autour d'eux.
26:18Peut-être même d'ailleurs que ce sera une percée service.
26:21Parce que les data centers, il y a du service associé.
26:24Absolument.
26:24Et d'ailleurs, c'est aujourd'hui déjà 10% de notre chiffre d'affaires
26:27dans les data centers,
26:29on va dire, sont du service,
26:30soit en testant l'installation,
26:32soit en aidant à l'installer,
26:35soit en la maintenant.
26:36Bon, alors on suivra tout ça de très près.
26:38On vous espère que le ciel s'éclaircisse un peu
26:41parce que quand on performe dans de telles conditions,
26:44on a hâte de voir ce que vous ferez
26:46quand on reviendra peut-être un jour à la normale.
26:48Charles, qu'est-ce que vous souhaitez dire aujourd'hui
26:51aux directions financières par rapport à cette période justement,
26:55peut-être en conclusion de cette émission ?
26:57Oui, la conclusion, elle est évidente.
27:00C'est-à-dire qu'il faut être agile
27:02et il faut se tenir informé,
27:05donc être proche de ses sources,
27:07proche des sources en général
27:10et ne pas hésiter à se faire aider
27:12puisque c'est notre métier aussi à nous
27:15de vous accompagner pour performer ensemble.
27:18du contentieux au prix de transfert
27:20en passant par la fiscalité des transactions
27:22et la réorganisation des grands groupes.
27:23Baker et Mackenzie étaient avec nous aujourd'hui.
27:25Merci évidemment Charles Baudoin.
27:27Merci Franck Lémery.
27:28C'était un plaisir de vous accueillir pour cet entretien.
27:31Merci Tom Lefenberger.
27:33Merci Mathieu. Merci à vous.
27:34Et vous nous retrouvez dans un instant
27:35pour la suite de vos programmes.
27:36Vous regardez Be Smart for Change.
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