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  • il y a 10 heures
Alors que l’épargne des Français équivaut à environ 6 600 milliards d’euros, la banque de la Transition Énergétique, fait le pari que repenser son fléchage peut être la clé pour accélérer la transition écologique. Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de l’entreprise, revient sur son engagement auprès des PME, qu’il considère comme un levier essentiel pour développer de nouveau de mode de consommation d’énergie.

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Transcription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:09économie.
00:10Je reçois aujourd'hui Pierre-Henri Grenier, bonjour, bienvenue.
00:12Vous êtes le directeur exécutif de la Banque de la Transition Énergétique.
00:16C'est quoi la Banque de la Transition Énergétique ?
00:18C'est au sein de la Banque Populaire envers le Ronald qu'on a eu cette volonté d'accélérer la
00:27transition de nos clients.
00:28On est une banque coopérative, une banque coopérative sur Auvergne-Rhône-Alpes, une clientèle, beaucoup de PME.
00:36Et je commençais à voir qu'on avait parmi nos clients des enjeux de compétitivité pour beaucoup d'entreprises
00:43qui n'arrivaient plus à satisfaire aux demandes des grands donneurs d'ordre.
00:46C'est beaucoup de sous-traitants, de rang 1, de rang 2, de fournisseurs.
00:50Et puis pour une question environnementale, il fallait accélérer la transition auprès de nos clients PME.
00:58Et je me dis qu'en tant que banque, on peut avoir une double réponse.
01:03On peut être des acteurs, des accélérateurs, d'une part au niveau macroéconomique et au niveau microéconomique.
01:10Au niveau macro, c'est simple.
01:13Le rapport Pizény-Ferry a parlé de 66 milliards d'investissements nécessaires par an pour respecter les accords de Paris,
01:19avec un État un peu surendetté, avec 6400 milliards d'épargne des Français.
01:25On se dit qu'on flècherait que 1% de cette épargne, on résout l'équation.
01:29Et qui est-ce qui sait faire ça, qui sait faire le lien entre l'épargne et les crédits ?
01:34C'est nous, les banques régionales.
01:35Donc cette idée de dire qu'on va proposer à nos clients des livrets, des comptes à terme,
01:41avec cette promesse que toutes les paroles qui vont collecter sur ces livrets
01:45vont être exclusivement utilisées pour des investissements, des projets, des financements de transition.
01:51Ça, c'était le premier point.
01:52Et puis le deuxième point, c'était sur l'esprit microéconomique.
01:56Nous, on a un actif gigantesque à la banque, qui n'est pas dans notre bilan comptable.
02:00C'est la confiance de nos clients PME.
02:02Vous savez, un patron de PME, il fait un peu de tout.
02:06Quand on lui parle de transition énergétique, que son client lui dit qu'il faut qu'il respecte certaines...
02:10Il ne sait pas comment faire.
02:12Ce n'est pas sa priorité.
02:13Ça peut le devenir, mais spontanément, ça ne l'était pas.
02:16Ça ne l'était pas forcément au départ, mais il s'aperçoit que pour répondre à des appels d'offres,
02:19il faut qu'il ne monte pas de verte.
02:20C'est de plus en plus obligatoire.
02:21C'est obligatoire, il ne faut montrer pas de verte.
02:23C'est aussi des opportunités pour conquérir des nouveaux marchés, pour se différencier.
02:29Et ce chef d'entreprise PME, il fait confiance à deux personnes, son expert comptable et son banquier.
02:34Et je me dis que si nous, en tant que banquiers, le point de commun de toutes les PME, c
02:38'est qu'elles ont une banque.
02:40Si c'est le banquier qui va proposer, même pas des financements, bien en amont, des solutions opérationnelles, on va
02:46être écouté.
02:47C'est pour ça qu'on a créé tout un écosystème d'entreprises partenaires,
02:51sur tous les sujets de la transition, qu'on va pouvoir prescrire à nos clients.
02:54Et puis si nos partenaires et nos clients font affaire, on sera là pour financer derrière les investissements nécessaires.
02:59Quelques chiffres pour bien comprendre le levier de la Banque de la Transition Énergétique.
03:05508 millions d'euros collectés en 2025, 814 millions d'encours et qui sont répartis de cette façon.
03:1341% pour des projets d'énergie renouvelable, 59% pour des projets de performance énergétique et environnementale.
03:22Si on reprend par exemple les projets d'énergie renouvelable, j'imagine qu'il doit y avoir du photovoltaïque, ça
03:28se dispatche comment ?
03:29Il y a beaucoup de photovoltaïques.
03:32L'objectif c'était vraiment d'accompagner nos clients.
03:34On a beaucoup accompagné en autoconso.
03:36On a financé plus de 1050 centrales en l'espace de 4 ans.
03:40Et c'est des petites, entre 100 et 500 kilos.
03:43C'est des panneaux sur le toit.
03:44Des panneaux sur le toit, des ombrières, c'est vraiment ça.
03:47Pour qu'elles permettent de produire leur propre énergie.
03:50On était aussi avec 2022-2023 dans une crise d'énergie.
03:54Donc c'était pour elles une capacité aussi à s'affranchir des prix de l'ELEC.
03:59Donc beaucoup de photovoltaïques en autoconso pour des clients.
04:04Et voilà, ça c'est une accélération énorme.
04:07Et puis en Auvergne-Rhône-Alpes, on a une autre chance, c'est qu'on a du dénivelé et de
04:11l'eau.
04:11Donc beaucoup de centrales hydro aussi.
04:13On a encore des centrales hydro à financer.
04:16Et puis un peu de méthanisation.
04:17On crée de nouvelles centrales hydroïques ?
04:20Il y a beaucoup de re-povering à faire.
04:21Il y a des centrales qui étaient anciennes.
04:23Alors il y en a quelques-unes qu'on arrive à créer de nouveau.
04:25C'est long parce que les contraintes environnementales sont réelles.
04:28Il faut assurer la continuité écologique du cours d'eau, ce qui est absolument naturel.
04:32Ce qui n'était pas forcément fait au départ.
04:34Et il y a beaucoup d'anciennes centrales justement où il y avait des conduites forcées un peu,
04:38qui dénaturaient un peu la continuité écologique, sur lesquelles il y a des investissements à faire.
04:43Et donc on finance aussi ces investissements pour leur redonner une capacité de produire.
04:48Sur les projets de performance énergétique, on est plutôt dans quel secteur ?
04:53Alors on va être performance énergétique, on va être à la fois sur du particulier,
04:59avec de la rénovation énergétique d'ampleur.
05:02Dans les différents partenaires, moi j'avais un peu de mal à trouver des partenaires hyper fiables.
05:07Parce que c'est vrai que quand on envoie un partenaire à un client, il faut qu'il soit fiable.
05:10On met en jeu l'image de la banque.
05:13Et donc j'avais un peu de mal à trouver.
05:16Et donc cette fois-ci, de manière exceptionnelle, on a racheté une entreprise.
05:19Qui s'appelle Cosinergy, qui est notre filiale maintenant.
05:22Pour justement apporter des solutions de rénovation d'ampleur, de qualité à nos clients particuliers.
05:28Et là je suis en train de lancer aussi la même chose sur les copropriétés.
05:31Parce qu'il y a un énorme enjeu sur les copropriétés de rénovation.
05:35Et puis, alors ça c'est pour les particuliers.
05:37Beaucoup de, sur le tertiaire, il y a beaucoup de rénovation énergétique aussi à faire.
05:43Il est certain que les grands bailleurs, les foncières,
05:46elles voient bien que si elles ne permettent pas d'offrir à leurs clients des mètres carrés décarbonés,
05:49ils ne seront pas pris.
05:51Donc ils ont aussi un enjeu de décarbonés.
05:53Donc on a pas mal de partenaires qui permettent aussi de,
06:00surtout d'investir en beau moment dans l'immobilier.
06:05Ça veut dire d'essayer de calibrer les travaux pour respecter le décret tertiaire.
06:09Et puis aussi pour avoir une offre de mètres carrés qui soit utile.
06:14Vous êtes présent aussi sur des projets de mobilité ?
06:16Alors on a de la mobilité, mobilité décarbonée.
06:18C'est à peu près un quart de nos financements.
06:22Et alors là c'est quoi ?
06:23C'est accompagner des entreprises dans le verdissement de leurs flottes par exemple ?
06:26Là c'est vraiment le financement des flottes d'entreprises vers de l'hybride
06:31et de plus en plus vers de l'électrique avec les bornes qui vont bien.
06:36Ça se diffuse bien.
06:37Il y a une grosse demande sur les véhicules électriques en entreprise.
06:41Et puis on a toute la partie industrielle qui est absolument...
06:46Là c'est du cas par cas.
06:49Mais il y a de la récupération de chaleur fatale.
06:51C'est incroyable comme la crise de l'énergie a permis de se rendre compte
06:57qu'on avait de l'énergie qui partait à l'air libre et qu'on pouvait réutiliser.
07:03On pouvait faire de la récupération.
07:05Il y a de l'électrification de processus aussi pas mal.
07:08Donc ça c'est vraiment sur la partie industrielle.
07:10Là on utilise un partenaire qui est Neldeo,
07:12qui est un partenaire sur vraiment tout ce qui est industrie.
07:15Et puis on a ensuite l'accompagnement de start-up.
07:18Dans l'innovation, des start-up qui elles vont être spécialisées
07:23pour l'apport de solutions de transition à nos clients.
07:26Et puis là je suis en train d'ouvrir un énorme sujet, c'est la transition hydrique.
07:29Alors l'eau on en parle dans un instant parce que c'est très important
07:32et on y consacrera de longues minutes dans cet entretien.
07:35Mais là on vient de détailler un peu les secteurs.
07:38On va rentrer peut-être dans le détail des projets avec cette question posée par Cécile de Normandie
07:43qui était à votre place ici la semaine dernière, déléguée générale de l'association Entreprises pour l'Environnement.
07:50Question très courte qui va susciter une réponse précise.
07:56Bonjour Pierre-Henri, moi j'aurais aimé savoir quel était le projet que vous avez financé et dont vous êtes
08:02le plus fier ?
08:05C'est difficile de choisir.
08:06On a financé plus de 13 000.
08:08Alors un financement récent peut-être ?
08:10C'est celui que je préfère, vraiment mon coup de cœur.
08:12Ça s'appelle Mateco Recyclage.
08:15C'est une boîte lyonnaise qui va revitaliser les terres de chantier.
08:21Qui va, donc tous les gravats autour des chantiers, qui va les trier, concasser
08:26et revitaliser avec le compost de la métropole de Lyon et qui en refait de la terre fertile.
08:33Ça c'est extraordinaire parce que c'est vraiment le côté régénératif.
08:36Et voilà, donc c'est des gros investissements parce que pour concasser toute la terre de chantier,
08:40il faut des gros matériels et donc je suis très fier d'avoir financé ça.
08:45Comment vous choisissez les projets que vous financez ?
08:48Est-ce que, parce qu'il y a des choix qui sont des choix,
08:52alors il y a des coups de cœur, il y a des modèles économiques,
08:55mais il y a aussi, est-ce que la solution environnementale qu'on nous propose est forcément la bonne ?
09:01Vous voyez ce que je veux dire, est-ce que vous êtes obligés d'aller chercher parfois des experts pour
09:04dire
09:04« là on est dans la bonne direction » ou au contraire peut-être qu'on n'en est pas
09:07sûr ?
09:07Oui, oui, bien sûr.
09:08Oui, oui.
09:10On va vérifier.
09:11La promesse que j'ai faite à mes épargnants, c'est qu'on va décarboner.
09:15On a économisé 121 000 tonnes de carbone avec nos financements
09:19et l'objectif, c'est vraiment de s'assurer que les solutions qui nous sont proposées
09:23sont des solutions qui sont efficaces.
09:25Alors, quand on n'a pas la compétence, on a tout un écosystème qu'on va mobiliser.
09:31J'ai créé un comité consultatif au sein de la Banque de Transition Energétique
09:35avec des experts de transition, des pôles de compétitivité, l'ADEME,
09:41et donc c'est aussi des experts qui peuvent me conforter ou pas
09:45quand il y a un doute sur la solution qui m'est proposée.
09:47Alors, vous vouliez parler de l'eau, effectivement, c'est un enjeu majeur.
09:53Déjà, sur le constat, les entreprises que vous conseillez,
09:59qui viennent vous voir, qui se financent grâce à vous,
10:03est-ce qu'elles ont pris conscience de l'enjeu à la fois du stress hydrique,
10:10de la sécheresse, parfois des inondations ?
10:13Est-ce que c'est devenu un enjeu majeur pour ces entreprises ?
10:15C'est un enjeu majeur, mais elles n'ont pas conscience.
10:16C'est vraiment là où j'ai fait faire une étude de marché sur Auvergne-Rhône-Alpes
10:22pour identifier, entreprise par entreprise, leur fragilité hydrique.
10:29À partir de 2035, on va manquer d'eau systématiquement, de manière récurrente, en été.
10:37La ressource estivale va être vraiment problématique.
10:43Donc, on va voir ce qu'on a vu à l'œuvre, c'est-à-dire des arrêtés préfectoraux de
10:48restrictions d'eau.
10:50On en a vu même jusqu'en Normandie l'été dernier, on va les voir se multiplier.
10:55Ça va se multiplier, c'est très inégal d'ailleurs, parce que ça ne dépend pas de l'eau qui
10:59tombe du ciel,
10:59mais du sol qui reçoit les eaux.
11:01Sur les sols argileux, ça va être beaucoup plus compliqué.
11:04Et effectivement, le risque pour les entreprises, et c'est ça qui les motive,
11:08parce que le prix de l'eau est tellement peu cher que ce n'est pas l'économie d'ébidat,
11:12l'économie de charge qui va les faire bouger.
11:14C'est vraiment ce risque que le préfet coupe le robinet, d'arrêté préfectoral, d'arrêté sécheresse,
11:22et de mise en chômage technique.
11:25Et c'est vrai que les entreprises, elles consomment plus ou moins d'eau dans leur processus industriel.
11:30Donc, il y a des solutions de sobriété hydrique à faire dès maintenant,
11:34parce que c'est maintenant le stress hydrique généralisé, c'est 2035,
11:39donc c'est maintenant qu'il faut faire les investissements.
11:41Et puis, des solutions de re-yout aussi, donc des réutilisations de l'eau,
11:45de passer en économie circulaire sur l'eau.
11:47Donc, l'eau qu'on consomme, on la nettoie et on la réutilise dans le processus industriel.
11:52Donc, c'est des gros investissements à faire aujourd'hui.
11:54Et nous, on a un travail aujourd'hui un peu d'évangélisation auprès de nos clients
11:57pour leur dire, attention, c'est maintenant qu'il faut agir sur l'eau.
12:00Ça veut dire que vous êtes à l'initiative ?
12:03Oui, oui. Nous, même sur l'énergie, au début de la transition énergétique,
12:07il y a eu la crise énergétique qui a tout accéléré.
12:10Mais en 2020...
12:11D'ailleurs, vous dites que les entrepreneurs ne veulent plus revivre 2022,
12:14ce qu'on peut reprendre, vu la flambée des prix...
12:17Ça a été un choc qui n'était pas du tout anticipé.
12:20L'énergie n'était pas chère, elle était abondante.
12:23Et le fait de certaines entreprises qui ont vu leurs factures multipliées par 8,
12:29elles avaient un enjeu de réduction de leur consommation,
12:32et puis de production, d'autoconso.
12:34Donc ça a été un accélérateur.
12:37Sur l'eau, il y a aussi cet enjeu de sobriété, très fort.
12:40Les processus, aujourd'hui, ne sont pas adaptés au manque d'eau.
12:43Souvent, on utilise de l'eau de manière abondante,
12:46alors que quelques modifications de process, sans gros investissements,
12:50permettent de réduire énormément.
12:51Moi, j'avais l'exemple d'une entreprise qui faisait des dragées,
12:58avec différents parfums,
13:00et à chaque fois qu'elle changeait le parfum,
13:02on nettoyait les cuves à grande eau.
13:03Et quelquefois, on les nettoyait les cuves 4 fois dans la journée.
13:06Il suffit de dire que tel jour de la semaine, on fait tel parfum,
13:08et on divise par 4 le volume d'eau.
13:11C'est tout bête, c'est vraiment tout bête,
13:13mais c'est beaucoup de petites choses comme ça.
13:15Et puis, ce qu'elles n'ont pas, les entreprises,
13:16c'est qu'elles, souvent, ne connaissent pas la mesure de leur consommation.
13:19Et ça, on ne peut pas attaquer un processus de sobriété hydrique
13:24quand on ne sait pas combien de mètres cubes on utilise dans chaque process.
13:27Mais on en est tous là, même chaque citoyen français.
13:30Comme l'eau n'est pas chère, ce n'est pas une facture qu'on regarde.
13:33Et donc, il y a un enjeu aussi de connaître les volumes d'eau
13:37consommés à chaque étape du process de production.
13:40Et moi, j'ai trouvé une start-up sur Lyon
13:45qui a fait le Linky de l'eau.
13:48Donc, c'est un compteur, en fait ?
13:50C'est encore plus...
13:51Ce n'est même pas des capteurs.
13:52Enfin, c'est un capteur sur le compteur.
13:54OK.
13:55Sur le compteur, il y a une roue comptée qui tourne.
13:57Il suffit de voir quand elle tourne, de mettre un capteur.
14:00Et puis, dans ces cas-là, on peut avoir, en temps réel,
14:05sa consommation d'eau.
14:06Et dès lors qu'on peut modéliser sa consommation d'eau
14:08dans la journée, sur les processus,
14:10là, on peut enfin passer à l'action pour réduire sa consommation.
14:14C'est vraiment...
14:15Donc, il y a beaucoup de choses qui bougent en ce moment
14:17sur cette capacité de sobriété.
14:20Avec des outils de l'innovation qui permettent,
14:24par exemple, je pense aux fuites.
14:25Parce que c'est vrai que le réseau, il est vieillissant.
14:28Et donc, on sait très bien qu'il y a une déperdition
14:31qui est hyper importante.
14:33Il y a des outils technologiques qui permettent d'avancer, là ?
14:35Là, avec le petit capteur en temps réel,
14:37dès qu'il y a une fuite, on voit que tout d'un coup,
14:38la consommation, elle explose.
14:39Donc, on sait qu'il y a une fuite.
14:40Alors, sur les fuites, les écologues nous diront
14:43que c'est très bon, ça remplit l'innovation.
14:45Oui, ça remplit l'innovation.
14:46OK.
14:46Mais c'est de l'eau traitée.
14:47Donc, économiquement, c'est une aberration, quand même.
14:49Oui, effectivement.
14:50Je reviens sur la question énergétique.
14:53Parce qu'il y a eu 2022.
14:55Et donc, il y a eu un certain nombre d'entreprises,
14:57beaucoup d'entreprises qui ont changé leur pratique.
15:02Est-ce que ça veut dire qu'on est aujourd'hui
15:05plus résilients, plus forts pour résister
15:08au choc qui est en cours ?
15:10Qui n'est pas exactement le même.
15:11C'est pas le même.
15:12Mais qui est quand même le même.
15:13Le prix de l'électe n'a pas beaucoup bougé.
15:16Aujourd'hui, on n'a pas fait tourner les turbines à gaz,
15:18en particulier parce que les centrales produisent
15:21et puis qu'on a aussi de l'énergie renouvelable qui produit.
15:24Alors qu'en 2022, on avait des centrales nucléaires
15:26qui étaient en pleine rénovation.
15:28Donc, c'était vraiment ça le sujet,
15:30le prix de l'électricité qui avait bondi.
15:32Là, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
15:33mais ça repose la question, malgré tout,
15:36de la sortie du fossile.
15:38Vraiment, les projets du gouvernement d'électrification,
15:42de sortie du fossile,
15:43c'est quelque chose qui est absolument indispensable.
15:45Et là, je pense qu'il y aura...
15:48La transition énergétique, c'était un peu...
15:50Les enjeux énergétiques,
15:53pour les entreprises,
15:54étaient passés un peu au deuxième rang
15:56avec la baisse du prix.
15:57Là, on retrouve qu'il y a un enjeu
15:59qui revient vraiment tout en haut de la pile,
16:01c'est de sortir du fossile.
16:02Vraiment, ça, c'est majeur.
16:04Et ça veut dire, vous parliez des projets
16:06d'électrification des flottes mobiles.
16:10J'imagine que là,
16:12ceux qui hésitaient n'hésitent plus.
16:13Là, ça va revenir beaucoup.
16:15Il y aura des pompes à chaleur aussi
16:16qui vont se développer,
16:17en faisant attention qu'elles ne cannibalisent pas l'isolation,
16:21quand même.
16:22Parce que, normalement,
16:24dans une rénovation énergétique,
16:25on commence par isoler,
16:26on fait la ventilation,
16:27et puis après, on calibre correctement
16:30la pompe à chaleur ou l'outil.
16:31Ce serait bête de mettre des pompes à chaleur
16:33dans les passoires énergétiques.
16:35Mais oui, les pompes à chaleur,
16:37il faut que ça se développe aussi.
16:39On a cette chance
16:40d'avoir de l'électricité en France,
16:43d'électricité décarbonée,
16:45et c'est une opportunité extraordinaire
16:48de sortir du fossile.
16:50Je voudrais qu'on revienne sur le modèle
16:53de cette Banque de la Transition énergétique
16:55qui, donc, s'appuie sur l'épargne
16:58des Français.
17:00Déjà, est-ce que c'est une demande
17:03des épargnants ?
17:04Ou est-ce qu'il faut les convaincre ?
17:06De verdir leurs projets qui s'accompagnent ?
17:09Quand j'ai lancé la BTE,
17:10c'était en 2020, post-Covid.
17:13Vraiment, c'était...
17:15Et là, il y avait vraiment une dynamique,
17:19post-Covid,
17:20de donner du sens à son épargne.
17:22Vraiment très clair.
17:22J'avais fait une étude de marché
17:24avant de lancer la BTE.
17:2580% de nos clients sociétaires,
17:27ils voulaient donner du sens à leur épargne.
17:30Mais 75% de ces 80%
17:31nous soupçonnaient de greenwashing.
17:33Donc, il y a aussi cette image des banques
17:36qui n'est pas forcément bonne.
17:37Ils disent beaucoup de choses
17:39et puis ils ne font pas, etc.
17:41Donc, tout l'enjeu qu'on avait eu
17:43à la BTE et qu'on continue,
17:44c'est d'avoir une rigueur exceptionnelle
17:46sur la traçabilité des crédits,
17:49comme en face de l'épargne,
17:50de cette mesure de l'impact.
17:53Je parlais tout à l'heure
17:54des 121 000 tonnes de CO2 évitées.
17:57Je pense qu'il n'y a pas beaucoup
17:58de produits bancaires monétaires,
18:00de livrets ou de comptes à terme,
18:01qui sont capables de mesurer
18:02l'impact des financements.
18:05Donc, vous avez mis en place des outils
18:06pour pouvoir prouver
18:08que les investissements
18:10que vous proposez aux épargnants,
18:11ils sont efficaces en matière.
18:12Il y a un élément de preuve
18:12absolument indispensable à avoir.
18:15Ce risque de greenwashing,
18:16il est réel.
18:17et il faut l'évacuer
18:19avec des éléments de preuve,
18:20des chiffres.
18:21Là, je le fais chiffrer
18:22par un cabinet extérieur.
18:23Là, il n'y a pas d'œil.
18:24Donc, demande forte
18:25dans la foulée de la crise Covid 2020.
18:28Est-ce qu'elle est moins forte aujourd'hui ?
18:29Elle est moins forte, oui.
18:30Moi, je sens qu'il y a...
18:31Alors, elle est moins forte
18:32côté particulier.
18:36Côté particulier,
18:37c'est vrai que
18:39la question de la rémunération
18:41des produits d'épargne
18:42est passée vraiment devant.
18:47Et en revanche,
18:48côté entreprise,
18:49c'est le contraire.
18:49On a beaucoup d'entreprises
18:51qui veulent que
18:53leur trésorerie disponible
18:54quand ils la placent,
18:56ait un impact.
18:57Donc, on voit progressivement
18:58dans notre collecte d'épargne
18:59un changement de mix.
19:06Au début,
19:07on était à 80% de particuliers,
19:0820% de l'entreprise.
19:09Maintenant,
19:09on est quasiment à 50-50.
19:11Les entreprises ont envie aussi,
19:12pour des raisons aussi
19:14d'engagement
19:15ou de rapports extra-financiers,
19:18je ne sais pas,
19:19mais de pouvoir montrer
19:20que leur trésorerie
19:21a de l'impact.
19:22Est-ce qu'il faut
19:24une aide gouvernementale ?
19:27C'est-à-dire une réglementation
19:28qui pousse
19:30l'épargne des Français
19:31vers ces projets ?
19:34Alors, l'enjeu,
19:35il est pour la transition énergétique,
19:37il est pour toute autre chose,
19:38par exemple,
19:39le financement
19:39d'un effort militaire
19:41auquel on ne va pas pouvoir y passer.
19:42Est-ce que vous avez besoin
19:44d'un aiguillon réglementaire
19:45ou pas forcément ?
19:47Vous n'en avez pas eu besoin
19:47jusqu'à présent.
19:48Réglementaire, je ne pense pas,
19:49mais qu'il y ait une demande
19:50de la part des épargnants
19:51de savoir à quoi sert leur épargne,
19:53ça, c'est vraiment
19:53un mouvement de fond.
19:55Et qu'on leur laisse le choix
19:57de dire,
19:57mon épargne,
19:58elle va servir à la transition,
20:00servir à la défense,
20:01servir à l'éducation,
20:03je ne sais pas.
20:03Je pense que c'est important.
20:05Et ça,
20:06ça nécessite aussi
20:08de vérifier
20:09qu'il n'y a pas
20:09de fausses promesses.
20:10Donc, comment on fait
20:11pour tracer ?
20:12Mais je pense que oui,
20:13je pense que le mouvement
20:15pour donner du sens
20:16à l'épargne,
20:16c'est un mouvement
20:17qui ne s'arrêtera pas.
20:19Effectivement,
20:19alors vous l'avez évoqué
20:20très rapidement,
20:21on a parlé de l'eau
20:22qui était un thème
20:23très important,
20:23mais moi,
20:24je voudrais bien
20:24qu'on parle aussi
20:25des copropriétés
20:26parce que vous en avez
20:28parlé très vite
20:28et je pense qu'il y a là
20:30un levier de décarbonation
20:33qui est quand même majeur.
20:34Oui, qui est majeur
20:35et qui est mal adressé.
20:37Alors, les copropriétés,
20:38les HLM,
20:39déjà,
20:39il y a eu des gros efforts
20:40de faire.
20:40Là, je parle
20:41de la copropriété privée,
20:43ce qui n'est pas toujours
20:44très simple.
20:44La copropriété privée,
20:45il faut mettre d'accord
20:46l'Assemblée générale,
20:48il y a un alignement
20:49d'intérêts
20:50qui est toujours évident.
20:53Ce qu'on voit,
20:53c'est qu'avec
20:55l'interdiction de location
20:56des passoires énergétiques,
20:57les bailleurs,
20:58qui au début,
20:59ils me disaient,
21:00vous savez,
21:00ce n'est pas nous
21:00qui payons le prix
21:02de l'électricité,
21:02donc on n'est pas
21:03très motivés.
21:03dès lors qu'ils voient
21:04qu'il y a un risque
21:05de ne plus pouvoir louer
21:08des passoires énergétiques,
21:09les bailleurs sont vraiment
21:10très favorables
21:11à faire des travaux.
21:12Pour les propriétaires occupants,
21:14il faut les convaincre
21:15et il y a objectivement,
21:17on a vu avec le rapport
21:21des notaires cette année,
21:22il y a une valeur patrimoniale
21:24qui augmente
21:24en fonction du DPE
21:27des...
21:27Ça, c'est l'argument principal
21:29à donner aux propriétaires.
21:31Et sur une copropriété,
21:32c'est très compliqué
21:33d'améliorer le DPE
21:34d'un appartement
21:35si on ne fait pas les travaux
21:35au niveau de la structure
21:36de la copropriété.
21:37Donc oui,
21:38il y a un enjeu.
21:39Aujourd'hui,
21:40je trouve que le marché
21:41de la rénovation
21:42des copropriétés
21:43s'est enfin réveillé
21:44et il y a une grosse demande.
21:45Après, le financement
21:46est compliqué.
21:47Parce que,
21:48est-ce qu'on finance
21:48chaque copropriétaire ?
21:49Est-ce qu'on finance
21:50collectivement
21:51le syndicat des copropriétés ?
21:53Le syndicat des copropriétés
21:54a une personnalité morale
21:55qui n'est pas évidente
21:57à appréhender.
21:57Donc là,
21:58vous faites comment ?
21:59C'est au cas par cas ?
22:01Là, on a développé
22:02une offre de prêts collectifs
22:03donc on prête
22:04au syndicat des copropriétaires.
22:06Eux-mêmes,
22:07chaque copropriétaire
22:08ayant le choix
22:08ou pas d'adhérer
22:09aux prêts collectifs.
22:10Est-ce qu'il y a une forme
22:11de...
22:12Je ne sais pas quel terme employer
22:13mais d'évangélisation ?
22:14Enfin, vous disiez tout à l'heure
22:15qu'il faut parfois
22:16qu'on soit nous
22:17à l'initiative,
22:17par exemple sur l'eau,
22:19le risque hydrique
22:20pour aller convaincre
22:21les chefs d'entreprise.
22:22Est-ce que de la même façon,
22:23vous êtes obligé
22:23de prendre votre bâton de pèlerin
22:24pour convaincre
22:25les copropriétés ?
22:27J'avais fait une étude
22:28que j'avais créée
22:29avec Grenoble École Management
22:30d'une chaire
22:31où j'avais fait travailler
22:31sur la sociologie des copros
22:32pour voir justement
22:34les freins et les leviers.
22:35Alors, ça rend très humble
22:37parce que l'un des freins
22:39majeurs qu'on a identifiés,
22:41c'était la crainte
22:43du désagrément lié aux travaux
22:44et du risque de cambriolage
22:46lié aux échafaudages
22:47qu'on met.
22:48Donc, il faut savoir
22:49que c'est très concret.
22:51Et là, il y a des solutions
22:52pour rassurer.
22:53Et en revanche,
22:54le levier principal
22:55qu'on voit émerger,
22:56et ça, je pense,
22:58qui va encore s'accentuer
22:59dans les années à venir,
23:01c'est le confort d'été.
23:03On voit, étonnamment,
23:05la réduction de la facture
23:06n'était pas en premier.
23:07Mais le confort d'été
23:08arrive vraiment tout en haut.
23:10On aura, dans les villes,
23:11on aura un vrai sujet
23:12de confort d'été.
23:13Et si on n'isole pas,
23:15ce n'est pas que de la clim
23:16qu'on va s'en sortir.
23:17Est-ce que cette transition,
23:18elle est dépendante
23:20de subventions publiques
23:22et d'une manière générale,
23:23est-ce que l'efficacité
23:26d'une transition
23:26n'est pas inversement proportionnelle
23:29à sa dépendance
23:30aux subventions ?
23:31Vous voyez ce que je veux dire ?
23:32Dans la rénovation,
23:36les subventions comptent beaucoup.
23:38Elles comptent beaucoup.
23:41Ce qui pose un vrai sujet
23:42avec les variés changements
23:44réglementaires incessants
23:45qu'on a sur ma prime rénov'
23:46avec du stop-and-go permanent.
23:48Oui, je pense qu'il faut
23:49une stabilité des aides.
23:50Ça, c'est absolument indispensable.
23:55Et puis, faire comprendre aussi
23:57que la rénovation énergétique,
23:59au-delà de l'aspect financier,
24:01c'est du confort en plus.
24:03Je pense qu'on faut vraiment
24:03insister sur le confort d'été,
24:05confort d'hiver,
24:06et puis sur la valorisation patrimoniale
24:08que ça va engendrer.
24:10Et donc, ce n'est pas uniquement
24:12un effet d'aubaine
24:12pour aller chercher
24:14des subventions.
24:16Vous êtes une vigie,
24:17en quelque sorte.
24:18Vous avez parlé de l'eau.
24:18Il y a d'autres sujets
24:20comme ça que vous voyez émerger ?
24:22Il y a des sujets
24:23que je n'arrive pas à adresser.
24:25La partie environnementale,
24:27biodiversité.
24:28Je ne sais pas comment
24:29l'appréhender, par exemple.
24:31Tout le monde va trouver
24:31un modèle économique
24:32pour l'appréhender.
24:34Ça, j'ai beaucoup de mal.
24:35On travaille beaucoup
24:35avec le monde agri.
24:36Il y aura des enjeux
24:37sur le monde agri
24:38qui sont énormes.
24:38mais je n'arrive pas aujourd'hui
24:39à identifier le modèle économique
24:41qui est associé à ça.
24:43Il n'y a plus qu'un.
24:44On va essayer collectivement
24:45de trouver la réponse.
24:46Merci beaucoup.
24:47T'es-Henri Grenier
24:48et à bientôt
24:48sur Bsmart4Change.
24:50On passe tout de suite
24:51à notre rubrique
24:52consacrée aux startups,
24:53aux innovations.
24:54C'est parti.
24:55Merci.
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