- il y a 11 heures
Avec Matthieu Hocque, Secrétaire général du think tank “Le Millénaire” et François Cocq, Analyste politique, essayiste et enseignant
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10h, Maxime Liedot.
00:30Les députés font se pencher sur ce cas du 1er mai, où rappelez-vous, l'année dernière, on en avait
00:34énormément parlé,
00:35puisque notamment des boulangers avaient été pénalisés financièrement, parce qu'ils avaient décidé parfaitement, dans les règles de l'art,
00:41de faire travailler leurs salariés, et ça, ce n'est pas dans le cadre de la loi.
00:46Alors, est-ce qu'il faut l'assouplir ? On avait eu quand même ces mêmes débats au moment du
00:50travail le dimanche,
00:50est-ce qu'il faut accepter un peu plus de souplesse, ou est-ce qu'au contraire, amis auditeurs, vous
00:54faites partie des personnes qui pensent que le 1er mai, c'est sacré,
00:57et ça ne s'appelle pas la fête du travail pour rien, après tout, si on ne travaille pas un
01:01jour supplémentaire de l'année, et bien on va s'en remettre.
01:04Mais vous savez quoi ? Vous me passez un petit coup de fil en ce dimanche, Pascal, 0826 300 300,
01:08l'ami Aude vous appelle, en tout cas, décroche pour vous,
01:11elle vous fait passer en studio, et ça se passe durant les prochaines minutes, c'est notre débat du dimanche.
01:20Et pour en débattre dans un premier temps en studio, bonjour Mathieu Hock.
01:24Bonjour Maxime, bonjour à tous.
01:25Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, secrétaire général du Think Tank, le millénaire, et bonjour François Coq.
01:30Bonjour à tous.
01:31Analyste politique et essayiste et enseignant, si j'avais envie de vous parler aussi de ce sujet,
01:37c'est que dans le journal La Tribune dimanche, il y a un sondage qui nous explique que les Français
01:41souhaitent en majorité travailler le 1er mai,
01:44la semaine prochaine, donc débat dans l'hémicycle, niche parlementaire, renaissance pour évoquer ce débat,
01:49et donc une majorité de Français, à plus de 73%, c'est rare les sujets consensuels en ce moment,
01:54qui souhaitent travailler le 1er mai.
01:56Comment vous regardez cela ?
01:58Vous, est-ce que le 1er mai, en effet, est-ce que l'idée même de ne pas travailler le
02:021er mai,
02:03aujourd'hui dans le contexte, est encore défendable ?
02:05Je crois que l'idée de travailler le 1er mai, si elle reçoit une forme d'adhésion dans un tel
02:10sondage,
02:10c'est que ce sondage est fait un petit peu en lévitation, vous voyez, il n'y a pas de
02:13matérialité, de caractère concret aux choses.
02:15Je crois que si on allait un petit peu plus loin dans le débat, les choses seraient, à minima, beaucoup
02:19plus nuancées.
02:20Il faut bien se rendre compte que le 1er mai est le seul jour chômé en France,
02:24c'est-à-dire qu'il y a des jours fériés, il y en a 13 dans notre pays, mais
02:28c'est le seul jour chômé.
02:29Et obligatoirement chômé pour tous les travailleurs.
02:32Pour tous les travailleurs, avec des exceptions quand même, pour les services de santé, pour les transports, etc.
02:36Donc les choses sont organisées par convention, et c'est le seul jour chômé.
02:40Vous aurez remarqué que nous sommes l'un des pays dans lesquels il y a le moins de jours chômés
02:44dans la plupart des autres pays européens.
02:47Les jours fériés sont largement chômés, c'est le cas en Allemagne, c'est le cas en Belgique, en Autriche,
02:51même en Italie, etc.
02:53Donc finalement, nous faisons figure déjà d'exception avec aussi peu de jours chômés.
02:58Et celui-ci a une connotation, pour le coup, réellement consensuelle.
03:02C'est la fête des droits des travailleurs.
03:04Et ça a été instauré en 1947 par un gouvernement qui était largement un gouvernement issu de la libération,
03:12et avec une large diversité politique.
03:15Donc, revenir sur le tel symbole, je crois que ça heurterait non seulement les organisations syndicales,
03:21et y compris les organisations syndicales réformistes, je vous le fais remarquer au passage,
03:25mais aussi, au final, si on allait plus loin dans le débat, beaucoup de Français, je crois.
03:280,826, 300, 300, quand on voit toujours ces nombreux débats autour du 1er mai,
03:33est-ce que l'interdiction de travailler est encore défendable ?
03:36Mathieu Hock ?
03:37Oui, en effet. En plus, si les Français y sont favorables, c'est quelque chose qui est positif.
03:41C'est-à-dire que les Français commencent à comprendre qu'effectivement, collectivement, on ne travaille pas assez
03:48par rapport au reste des autres pays européens.
03:51Je prends un exemple pour comparer.
03:55Les Français travaillent 42 milliards d'heures par an, lorsque les Britanniques, nos voisins, travaillent 54 milliards d'heures par
04:03an.
04:04Il y a une petite différence, parce qu'on travaille moins, effectivement, dans la semaine,
04:09eu égard à la réforme des 35 heures de Martine Aubry,
04:12et on travaille moins dans la vie, puisqu'on a l'un des niveaux de départ à la retraite,
04:18qui est l'un des plus faibles d'Europe.
04:19Mais bon, ceci étant dit, moi, je trouve que c'est toujours compliqué de demander des efforts,
04:23toujours à ceux qui travaillent, et donc, plutôt que de vouloir chercher,
04:27aller chercher, comme l'année dernière, François Bayrou, les quelques jours fériés, etc.,
04:31eh bien, il faudrait plutôt s'attaquer à ceux qui ont 365 jours fériés par an,
04:36c'est-à-dire à ceux qui ne travaillent pas, parce qu'aujourd'hui, le vrai enjeu,
04:41si on veut relancer la production, si on veut relancer le nombre d'heures travaillées,
04:46ce n'est pas forcément de demander aussi aux Français d'en faire plus chacun,
04:49c'est également d'aller chercher dans ce qu'on appelle le taux d'emploi,
04:52augmenter notre taux d'emploi.
04:53Je rappelle qu'on a aujourd'hui un taux d'emploi situé à 68%, à peu près, des 15-64
04:59ans,
04:59lorsque la moyenne des pays de l'OCDE et des pays européens
05:02est plutôt autour de 70, voire 77 pour l'Allemagne, par exemple.
05:06Et on a de véritables failles en ce qui concerne les plus jeunes et les plus âgés
05:10sur le marché de l'emploi, ça reste aujourd'hui en France de véritables défaillances.
05:13Et ce qui est intéressant aussi sur ce sondage,
05:15puisque vous parliez des différentes catégories, en tout cas de la population,
05:19ce qui est assez étonnant, c'est que si 73, pour ne pas dire 74% des Français répondent que
05:24oui,
05:25nous devrions pouvoir travailler normalement le 1er mai en France,
05:29eh bien, toutes les catégories d'âge et toutes les catégories sociales y sont favorables.
05:34Que ce soit les CSP+, les CSP-, les 18-24, les 25-34, les 35-49, les 50-64,
05:40tout le monde, en réalité, est d'accord.
05:42Pour vous, François Coq, est-ce que vous pensez qu'on va réussir à préserver ce que vous rappeliez tout
05:51à l'heure,
05:51c'est-à-dire cet héritage, cette histoire, ce qui semble être normal en France ?
05:54D'abord, je suis d'accord sur le fait qu'a priori, c'est quand même une fausse bonne idée,
05:57cette idée de supprimer le jour chômé du 1er mai.
06:02Parce que si on veut agir sur le travail et sur le nombre d'heures travaillées ou le reste,
06:07il y a sans doute d'autres leviers qui feront discussion,
06:10on aura peut-être des désaccords sur le sujet,
06:11mais il y a des leviers qui sont beaucoup plus performatifs sur lesquels on peut agir.
06:17Le deuxième point, c'est que je reviens sur cette forme de pseudo-consensus,
06:22vous avez évoqué lors de votre introduction tout à l'heure, et à juste titre,
06:25la comparaison avec le travail le dimanche.
06:27Le travail le dimanche a commencé à être désacralisé progressivement.
06:31Il y a eu une loi Maillet en 2009, puis il y a eu les lois Macron en 2015,
06:34puis les lois de 2017 avec la loi travail.
06:38Et finalement, petit à petit, on a mis en place des exceptions au repos dominical.
06:44Aujourd'hui, on va être clair, le travail le dimanche est quasiment devenu un jour comme les autres.
06:49Vous pouvez sortir, vous pouvez aller faire vos courses.
06:52Oui, mais aujourd'hui, avec ces espèces d'exceptions territoriales,
06:55finalement, chacun trouve une raison pour être une zone territoriale à part.
06:59On a mis en concurrence d'ailleurs des territoires, je vous le fais remarquer,
07:02et des salariés à cette occasion.
07:04Et donc aujourd'hui, le dimanche est devenu une journée un petit peu comme un autre.
07:07Mais vous remarquez quand même qu'on se plaint beaucoup dans notre société
07:10du manque de liens et de liens sociaux entre les individus.
07:14Et on supprime aujourd'hui tous ces moments de respiration
07:18où justement, on pouvait faire du lien,
07:20on pouvait se retrouver dans le cadre familial, dans le cadre amical.
07:22On n'a plus de moments communs et partagés.
07:25Est-ce que c'est cette société-là vers laquelle on veut aller ?
07:27Et est-ce que finalement, supprimer ce jour-là,
07:29qui a une forte dimension symbolique,
07:31qui est le 1er mai, qui est la journée internationale des droits des travailleurs,
07:35est-ce que ça ne va pas dans ce sens ?
07:36Moi, j'y vois un biais.
07:37Vous, vous pensez que quand on parle en permanence comme ça,
07:40et qu'on se focalise autant sur cette possibilité de travailler le 1er mai,
07:43c'est une société de l'intérieur qui se dégrade d'une certaine manière,
07:46que ce soit en termes de temps, de liberté, d'espace pour réfléchir,
07:49pour profiter de ce qu'on aime,
07:50vous y voyez un mauvais signal.
07:51Qu'est-ce qui nous reste finalement ?
07:52Qu'est-ce qui nous reste comme moment réellement sacralisé
07:55dans lesquels on peut se consacrer aux autres
07:57et on peut se retrouver pour faire du partage ?
08:01Il n'y en a plus.
08:02Je vous dis, c'est le seul jour chômé de l'année.
08:04Il n'y en a pas 13 comme les jours fériés.
08:06Il y en a un.
08:07Et c'est celui-là dont on veut nous priver.
08:09Je vous ai fait la comparaison avec les autres pays européens.
08:12Quel est le modèle de société que l'on veut ?
08:14Ça participe aussi de ça.
08:16Et puis dernier point,
08:17moi je suis très attaché au symbole.
08:18Je crois qu'à partir du moment où on cède sur les symboles,
08:22c'est tout le reste qui s'en va.
08:24Si on crée une exception,
08:25alors la généralisation arrivera derrière.
08:27C'est pour ça que je vous ai pris l'exemple du travail le dimanche.
08:290-826-300-300.
08:31Mathieu, comment vous regardez ça sur la dimension ?
08:34C'est vrai quand même symbolique.
08:35Peut-être aussi que pour beaucoup ça représente une histoire,
08:37une part d'héritage familial de gens qui se sont à un moment,
08:40non pas battus,
08:41mais qui ont été fiers de porter un moment ce 1er mai
08:43comme étant une fête du travail
08:45qu'il est aujourd'hui digne de respecter.
08:47Oui, c'est souvent un héritage qui vient plutôt de la gauche.
08:50Ensuite, du point de vue des Français,
08:52effectivement,
08:54en fait le problème c'est que pour avoir des temps,
08:57pour pouvoir profiter,
08:57encore faut-il qu'on puisse vivre de son travail.
09:00Et c'est ça aujourd'hui le véritable sujet sur le travail.
09:02Ce n'est pas nécessairement les jours fériés, etc.
09:04Et je vais le dire comme ça,
09:05désolé de le dire comme ça,
09:06mais l'État voleur fait les poches
09:08des Français qui travaillent aujourd'hui dans notre pays.
09:10Et c'est ça le véritable problème,
09:12c'est qu'on a aujourd'hui un salaire qui est sursocialisé.
09:16Quand vous prenez l'écart entre le super brut,
09:19c'est-à-dire ce que paye l'employeur pour embaucher quelqu'un,
09:22et le super net,
09:24c'est-à-dire ce qu'il vous reste après,
09:25les charges patronales,
09:26les charges sociales,
09:28et l'impôt sur le revenu,
09:30plus en plus,
09:30on pourrait même rajouter la TVA,
09:32puisque c'est surtout ce que vous consommez,
09:33voire même les taxes sur l'épargne,
09:35il vous reste quasiment moins de 40% du super brut.
09:40C'est absolument insupportable.
09:42Un salarié aujourd'hui,
09:44pour lequel un employeur paye 4 000 euros,
09:48ce qui correspond à un super brut,
09:49il va lui rester 2 200 euros à la fin pour pouvoir vivre.
09:53C'est ça aujourd'hui le véritable problème.
09:54Donc oui,
09:55si on veut passer du bon temps le dimanche ou un jour férié,
10:00encore faut-il avoir les moyens.
10:01Et le problème,
10:02c'est que l'État fait les poches de ceux qui travaillent,
10:04dans la mesure où aujourd'hui,
10:05il dépense tellement,
10:08sans compter 57% de dépenses publiques,
10:10qu'il est obligé de prélever sur ceux qui travaillent.
10:13Et c'est ça aujourd'hui le véritable enjeu pour 2027,
10:16c'est de rapprocher le super net du super brut,
10:22en réduisant le périmètre de l'État,
10:23et en réduisant les dépenses publiques.
10:25Et cela nous rappelle les fameux débats autour de la tendance,
10:27l'année dernière,
10:28du fameux Nicolas Kippé.
10:29C'est un peu ce que vous décrivez, mon cher Mathieu Ock.
10:320826-300-300,
10:33venez participer à la conversation.
10:35Bonjour Charline.
10:37Bonjour, pardon.
10:38Je vous en prie, ma chère Charline.
10:39Comment allez-vous ce dimanche matin ?
10:41Eh bien, écoutez, bien.
10:42On se prépare à passer peut-être un repas,
10:45une chasse aux oeufs en famille dans quelques instants ?
10:47Alors, un petit peu plus tard,
10:48parce que je fais partie des gens qui travaillent le dimanche matin,
10:51puisque je suis fleuriste.
10:52Et que donc, je vais aller fleurir
10:56pour que mes clients puissent gâter leur famille,
10:59puisque c'est ça aussi, le métier de fleuriste,
11:01c'est amener du bonheur,
11:03et amener des fleurs.
11:04Et un jour de Pâques, c'est d'autant plus important.
11:06Ça, c'est sûr.
11:07On est un métier qui travaille
11:09avec des jours, des pics d'activité.
11:13Pâques en est un,
11:13même si ce n'est pas le plus gros.
11:15Le 1er mai, on est un autre.
11:17Il faut quand même vous rappeler
11:18que le 1er mai, on achète du muguet,
11:21et c'est le seul jour de l'année où on est manchette.
11:24C'est une fête qui, à la base, vient de Charles IX.
11:28Tradition qui est née à la suite d'un jour
11:31où on lui a offert du muguet,
11:32et il décide ensuite d'en offrir à toutes les femmes de la cour
11:36pour leur porter bonheur.
11:38Donc, en fait, cette fête,
11:40elle a été politisée par la suite,
11:42mais à la base, c'est juste un symbole de bonheur et de chance.
11:45Et nous, c'est ce qu'on véhicule,
11:46nous, les fleuristes,
11:47et on veut continuer à véhiculer ça.
11:49Au jour d'aujourd'hui, on veut de la fleur française.
11:52Le muguet, on est une.
11:53Et si on tue le muguet aujourd'hui,
11:55si on tue les fleuristes à ne plus les laisser ouvrir
11:58avec leurs salariés,
12:00eh bien, on tue la production française.
12:02On met un pied dedans, en fait.
12:04Parce que le muguet, il est produit en France,
12:06à Nantes, à Bordeaux principalement,
12:09en plantes un petit peu partout dans nos régions.
12:11Moi, le mien, il vient de Romorantin
12:12pour la plante de Nantes pour la fleur.
12:14Et en fait, mes petits producteurs,
12:16aujourd'hui, ils ne savent pas ce qu'ils doivent faire
12:19en plantation,
12:20parce qu'il y a cette incertitude
12:23qui plane au-dessus de nos têtes
12:24depuis maintenant deux, trois ans,
12:27où on ne sait pas si on va prendre une amende
12:29qui ne correspondra pas à nos bénéfices.
12:31Parce qu'on est d'accord que jusqu'à présent,
12:33Charline, il y a une sorte un peu de flou artistique
12:35concernant les fleuristes, c'est ça ?
12:36Vous avez le droit d'ouvrir,
12:38mais il y a toujours une petite incertitude.
12:39C'est-à-dire que c'est au petit bonheur la chance.
12:42En fait, moi, j'ai deux magasins
12:43et je suis la seule à avoir le droit de travailler.
12:46Ah oui, c'est ça.
12:46Vous pouvez travailler, mais pas vos salariés, c'est ça ?
12:49C'est ça.
12:50Alors avant, on avait une noture de la loi
12:51qui nous disait que sur le bénévolat,
12:53et en payant à 100% le salaire de nos employés,
12:59on avait le droit de les faire travailler.
13:01Ce qu'on a fait pendant tous des années.
13:03Et nos employés en étaient très contents
13:05parce qu'être payé à 100% en travaillant 3 heures le matin,
13:09c'est tout bénef.
13:12Ce qui ne nous empêchait pas de profiter
13:14parce qu'on est ouvert en général que le matin,
13:16on finit à 13 heures,
13:17et après, il nous reste tout l'après-midi
13:19pour profiter de nos familles.
13:20Mais ce qui est extraordinaire concernant votre secteur,
13:22en plus, ma chère Charline,
13:23c'est que n'importe qui, le 1er mai,
13:25dans n'importe quel coin de France,
13:26se retrouve avec ce qu'on appelle, très rapidement,
13:28des vendeurs à la sauvette,
13:29avec du mulier qui vient de je ne sais où,
13:31dans des petits seaux avec un peu de flotte,
13:35et arrive à les vendre en se faisant payer en liquide.
13:38Et donc, à côté de ça,
13:39on commence tout d'un coup à traquer le fleuriste
13:41qui n'aurait pas le droit d'ouvrir.
13:42C'est ça, en plus,
13:43qui, particulièrement dans votre cas, ma chère Charline,
13:44est un peu stupéfiant.
13:46C'est tout à fait ça, en fait.
13:50Je pense qu'on est les seuls à avoir une journée
13:52où le travail au noir est autorisé
13:57pour tous ceux qui ne sont pas fleuristes, en fait.
13:59Et c'est quand même une grande...
14:00C'est une sacrée supercherie,
14:02parce qu'en fait,
14:02ils arrivent à se procurer du muguet
14:04par le biais de fournisseurs,
14:06par le biais de plein de choses.
14:07Il faut savoir que le muguet,
14:08normalement, n'est autorisé à la vente à la sauvette
14:12sans emballage,
14:13sans table,
14:14sans chaise.
14:15Il doit être ambulant.
14:16Et sans accessoires.
14:18Donc, sans pot, sans...
14:18Tout ce qu'on ne voit pas, en réalité,
14:20quand ils sont, se disant,
14:21vendeurs à la sauvette,
14:22c'est dans la totale illégalité.
14:23C'est tout à fait ça.
14:24Souvent, ils le vendent, d'ailleurs,
14:25bien plus cher que votre fleuriste du coin.
14:27C'est ça.
14:28Parce qu'ils s'imaginent avoir de l'or
14:30entre les mains.
14:30Et il tient une heure.
14:32Oui, parce que c'est une fleur
14:33qui est quand même relativement fragile,
14:35qui ne supporte pas les courants d'air.
14:36Donc, quand on est dehors,
14:37c'est quand même difficile
14:38de ne pas avoir de courants d'air.
14:39C'est ça.
14:39Et qui est complètement au vent, au soleil.
14:44Souvent, on commence à avoir
14:45les premières matinées
14:46où il fait beau.
14:47Donc, ce n'est pas quelque chose qu'il aime.
14:48La seule chose qui est autorisée
14:50à la vente, réellement,
14:52c'est le muguet des bois.
14:53Et c'est ce qu'on ne voit pas,
14:54en effet, à la vente.
14:55Et donc, on vous a bien entendu,
14:57vous, ce matin, Charline,
14:58la volonté plutôt de plaider
15:00dans le sens de l'ouverture,
15:02en tout cas, de certains commerces,
15:03dont les fleuristes, évidemment,
15:04quand on vous entend développer votre pensée.
15:06C'est sûr que ça sera
15:07un peu plus cohérent.
15:08Ça, ce sera à l'Assemblée nationale
15:10la semaine prochaine
15:11lors de cette niche parlementaire.
15:12Il me semble que c'est le 10 avril.
15:13Merci beaucoup, ma chère Charline,
15:14de nous avoir passé un coup de fil
15:16ce matin au 0826 300 300.
15:18Vous avez entendu, quand même,
15:19Mathieu et François Coque,
15:21parfois, cette absurdité du droit,
15:23quoi qu'on en pense.
15:24C'est-à-dire que c'était
15:24tout bénef pour les salariés,
15:26c'était aussi tout bénef pour les patrons,
15:28tout bénef aussi par les clients.
15:29Et je rappelle qu'il y avait eu
15:302-3 cas l'année dernière
15:32où pâtissiers et boulangers
15:33s'étaient retrouvés ouverts
15:35et s'étaient vus rattrapés
15:38par des amendes absolument considérables.
15:40Ce qui était fou,
15:41même quand il y a de la tradition,
15:42François Coque,
15:43est-ce qu'on ne peut pas se dire
15:44quand même qu'on est rattrapé
15:45par une époque,
15:46par des obligations financières
15:48et que cette petite ouverture,
15:52ce petit trou de serrure,
15:54il peut quand même aider des gens aussi.
15:55Là, vous avez un cas bien spécifique
15:57sur les fleuristes,
15:58c'est d'ailleurs effectivement
15:58dans la proposition de loi,
16:00si je ne m'abuse,
16:01mais elle va au-delà,
16:02la proposition de loi.
16:02Et c'est, comme toujours,
16:03c'est ce que je vous dis,
16:04on met un coin quelque part
16:05et ensuite, on élargit.
16:07Donc, on peut traiter effectivement
16:08le coin des fleuristes
16:09et sans doute faut-il le faire,
16:10mais il y a également,
16:11vous avez dit,
16:12on élargit au boulanger,
16:13on élargit au pâtissier
16:15et ensuite,
16:15on élargira de la même manière
16:17que pour le travail le dimanche
16:19de manière territoriale.
16:20Moi, ce que je vous dis,
16:21c'est que, d'un point de vue économique,
16:23on est sur quelque chose
16:23d'extrêmement marginal.
16:25On ne changera pas le rapport
16:27au nombre d'heures travaillées,
16:29à la productivité dans ce pays
16:30en jouant sur ce 1er mai.
16:33Donc, pourquoi s'embêter
16:35à aller casser quelque chose
16:36que nous avons en partage ?
16:38Des ajustements, oui.
16:39Un changement de fond, non.
16:41Et surtout pas en utilisant
16:42un symbole comme celui-ci.
16:43Mot de la fin, Mathieu Ock.
16:44Oui, et puis c'est vrai
16:45que l'État français,
16:46c'est un peu une forme d'absurdistan.
16:47On voit souvent ça,
16:49on va dire pénalise
16:50des activités et l'effort
16:53avec les faibles,
16:53les faibles contre les forts.
16:54Et effectivement,
16:55ils pénalisent parfois
16:55des activités,
16:56ce qui crée de l'activité illégale
16:58et donc des manques
16:59à gagner pour l'État.
17:01Et tout à l'heure,
17:01je disais,
17:01et je terminerai dessus,
17:02je disais que les Français
17:04travaillent moins
17:04que leurs homologues britanniques.
17:06Ce n'est pas vrai
17:07dans toutes les catégories
17:08d'activités.
17:09Je pense notamment aux fleuristes,
17:10les artisans,
17:11les commerçants, etc.
17:12Les agriculteurs bossent
17:13énormément, parfois 50, 60,
17:1570 heures par semaine.
17:17Et c'est pour eux aussi
17:17qu'il faut revaloriser le travail.
17:19Merci beaucoup Mathieu Haug,
17:20secrétaire général du Think Tank,
17:22Le Millénaire.
17:22Merci à vous François Coq
17:23d'avoir été avec nous ce matin
17:24analyse politique,
17:25essayiste et enseignant.
17:27Et je vous souhaite
17:27un bon week-end de Pâques.
17:29J'espère que vous aurez l'occasion
17:30demain en tout cas
17:30de ne pas travailler
17:31puisque demain,
17:32c'est férié.
17:33Ce n'est pas encore un jour
17:34touché par les débats parlementaires.
17:36Et je vous le disais,
17:37ce débat autour du 1er mai
17:38parce que niche parlementaire
17:39qu'on suivra forcément
17:40attentivement ici sur Sud Radio.
17:41Il est 8h54
17:42et dans un instant,
17:43on en parle.
17:44De quoi ?
17:45Je ne peux pas vous dire.
17:46Surprise.
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