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Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 02 avril 2026.

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Transcription
00:00Ils sont malheureusement pour la plupart beaucoup plus chers.
00:02Pour ce qui est des déplacements, c'est très simple.
00:05Dès que je dois faire des courses dans un supermarché, c'est 30 km aller-retour.
00:10Donc nous faisons attention.
00:11Le message de Bruno au 3210 qui fait donc partie de ces 33% de Français
00:16qui ont réduit certaines de leurs dépenses.
00:19On va évoquer ces questions de pouvoir d'achat, d'inflation et de carburant avec Thierry Cotillard.
00:25Thierry, on va d'abord accueillir Dominique.
00:28Bonjour Dominique.
00:30Bonjour Amandine, bonjour M. Cotillard.
00:32Vous nous appelez d'où Dominique ?
00:33Je vous appelle de Lyon.
00:35De Lyon. Vous avez une question pour Thierry Cotillard.
00:37Avant cela, je vois que vous avez aussi réduit un certain nombre de dépenses.
00:42Oui, tout à fait.
00:43Lesquelles ?
00:43J'avais l'habitude de déjeuner dans une brasserie le midi.
00:46Maintenant, je prends juste un sandwich.
00:48Et puis, je devais partir ce week-end pour Pâques.
00:51Je ne pars pas.
00:53Donc, je limite certaines dépenses, effectivement.
00:55Je fais très attention.
00:56Tout ça parce que l'essence vous coûte plus cher ?
00:59Ah oui, oui, largement, largement.
01:01En plus, je suis souvent sur la route.
01:03Je suis avocat, donc j'ai souvent des audiences à l'extérieur.
01:07Et donc, effectivement, j'ai vu la différence à la pompe.
01:11Je faisais un plein pour 60, 65 euros.
01:13Maintenant, c'est plus de 80, 90.
01:15Et vous faites combien de pleins par mois ?
01:18À peu près 3 à 4, facilement.
01:21Donc, un par semaine à peu près.
01:23Vous aviez une question, Dominique, pour Thierry Cotillard ?
01:25Oui, M. Cotillard, je suis un peu perplexe par rapport aux hausses de prix, que ce soit de carburant ou
01:31d'autre chose.
01:32Est-ce que vous pensez qu'il y a des abus, comme le disait votre homologue de Systemus sur RTL
01:38ce matin ?
01:39C'est-à-dire que, par exemple, pour le chocolat, il y a une hausse, mais qui a été répercutée
01:43plus fortement par les producteurs.
01:46Ou il y a, pour l'essence, c'est bien, il y a une hausse qui est répercutée immédiatement,
01:52alors qu'il s'agit des centres qui étaient en stock et n'auraient pas dû être augmentées tout de
01:58suite.
01:58On a l'impression, moi, je suis hyper plein, que j'ai l'impression qu'on se fait avoir, nous,
02:01les consommateurs.
02:02Alors, Dominique, je vais prendre les deux produits qui sont bien différents et avec des réalités qui sont à expliquer.
02:09Sur l'essence, on en a parlé, entre le baril de pétrole et nous, il y a un acteur qui
02:14est le raffineur.
02:15Ce qu'on dit ce matin, c'est que les contrôles ont été faits dans les pompes, il n'y
02:18a pas d'abus.
02:19Le métier de distributeur, surtout dans la grande distribution, c'est un métier de commerçant en en faisant un produit
02:24d'appel.
02:25Les 3-4 centimes, pour certains, sont devenus 0 centime et l'État l'a vérifié.
02:29La question qu'on pose ce matin, c'est est-ce que certains raffineurs profitent de cette aubaine d'augmentation
02:35du prix du baril de pétrole pour augmenter leur marge ?
02:38Et ça, c'est le rôle du gouvernement d'aller le contrôler.
02:40Mais c'est facile à vérifier, ça, Thierry Cotillard, non ?
02:43Ça, ça doit être assez facile, comme les contrôles ont été réalisés chez nous.
02:46Donc, en fait, il suffit que le gouvernement aille mettre son nez ou demande des comptes à Total et aux
02:51autres ?
02:51Bien sûr.
02:52Et donc, ils ne le font pas, mais parce qu'ils ne veulent pas ?
02:54Écoutez, je n'en sais rien. Est-ce qu'il y a des accords entre les raffineurs et le gouvernement
02:57?
02:58En tout cas, la préoccupation des Français est là, Dominique le confirme.
03:01Et nous, on a des millions de Français qui viennent nous dire que c'est trop cher.
03:04Donc, ce qui serait bien, c'est qu'on soit rassuré.
03:06C'est qu'il n'y ait pas d'abus. Comme ça, les choses sont claires et nettes.
03:08Ce que je ne voudrais pas, c'est que finalement, en faisant une marche chez Total, je l'aide à
03:12financer son prix coûtant de l'autre côté.
03:14C'est ce que j'allais vous dire, parce que Total, aujourd'hui, a décidé de bloquer ses prix.
03:17Résultat, tout le monde se rue dans les stations totales.
03:19Évidemment, les stations sont vides chez eux.
03:21Les stations sont vides, tout le monde y va, etc.
03:23Et en fait, on alimente peut-être deux fois la bête, s'il veut dire.
03:26Ce serait une concurrence déloyale.
03:27Et donc, c'est quand même du rôle de l'autorité de la concurrence de vérifier ça.
03:31Sur le chocolat.
03:33Le chocolat, c'est un vrai sujet.
03:34Parce qu'on avait pris l'année dernière une hyperinflation.
03:37Les tablettes avaient pris 15%.
03:39Et la réalité économique est celle-là.
03:41Et Dominique, entendez bien.
03:42C'est que le prix de la tonne de cacao est passé, depuis l'année dernière, de 12 000 à
03:474 000 dollars.
03:48Trois fois moins cher.
03:49Donc, nos acheteurs, quand ils ont fait la campagne d'achat, ils ont demandé des baisses.
03:53Ce qui s'est passé, ça a été un conflit avec les plus grandes marques nationales.
03:56Vous savez ce qu'on a obtenu ?
03:57Non.
03:58Plus 9%.
03:59Plus 9%.
04:00Alors que sur les produits où on est approvisionné par des PME, des ETI, pour faire nos marques de distributeurs,
04:08on a obtenu une baisse.
04:09Les chocolats de Pâques, cette année, par exemple, chez Intermarché, c'est moins 5%.
04:13Donc, d'un côté, plus 10.
04:15De l'autre, moins 5.
04:16Cherchez le coupable.
04:17Eh bien, il y a des gens qui ont profité, effectivement, de l'inflation latente pour repasser des hausses qui,
04:23économiquement, ne sont pas justifiées.
04:24Donc, la bonne nouvelle pour Dominique, c'est que, ce soit chez nous ou chez des concurrents,
04:28si vous faites le choix d'une marque, non pas nationale, mais à la marque de l'enseigne, ce sera
04:33moins cher que l'année dernière.
04:34Merci beaucoup, Dominique, pour votre question.
04:37On va accueillir Charles.
04:38Bonjour, Charles.
04:39Oui, bonjour, Amandine.
04:41Vous nous appelez d'où, Charles ?
04:42J'appelle Morange, en Moselle.
04:46Alors, vous avez une question pour Thierry Cotillard, allez-y.
04:48Oui, bonjour, M. Cotillard, enchanté de vous parler.
04:52Comme tous les distributeurs, alors j'ai un mauvais retour, je m'entends en retour, alors c'est difficile de
04:58parler.
04:58Vous vous entendez en retour ? Alors là, je ne sais pas, nous, on vous entend plutôt bien.
05:03Vous êtes directement avec votre téléphone ?
05:05Vous n'avez pas la radio qui est allumée ? Je pense que c'est bon, là, maintenant.
05:08Ah, c'est bon, allez-y.
05:10Comme tous les distributeurs, vous annoncez que quelques centimes de marge, l'écho est toujours pénible.
05:19Je n'arrive pas à parler.
05:21Alors, Thierry Cotillard, est-ce que vous pouvez mettre le casque qui est à côté de vous, comme ça ?
05:25Ça veut dire qu'en studio, on ne met pas trop fort.
05:28Très bien.
05:29Normalement, ça doit marcher, Charles, allez-y.
05:31Allez, j'y vais.
05:32C'est bon ?
05:33Oui, c'est très bien, là.
05:34Parfait.
05:35Alors, comme tous les distributeurs, M. Cotillard, vous annoncez que quelques centimes de marge, voire moins.
05:44Et pourtant, le consommateur que je suis, comme beaucoup d'autres, il exprime quelques doutes.
05:51Alors, moi, ma question est la suivante.
05:56Est-ce que vous seriez prêt pour, justement, lever tous les doutes et afficher toute la transparence ?
06:02Est-ce que vous seriez prêt à afficher votre comptabilité analytique du mois de mars 2026 ?
06:09Compte près à celle du mois de mars 2025.
06:16Ainsi, on pourra voir exactement quelle est la marge.
06:19Et s'il y a des produits, on va dire, exceptionnels.
06:24Naturellement, ça ne porte que sur les carburants.
06:26C'est bien compris.
06:28Charles, Thierry Cotillard va vous répondre.
06:30D'accord.
06:32C'est une bonne question et j'ai envie de vous dire, on est presque en obligation de le faire.
06:37Et on jouera à livre ouvert parce qu'il y a une suspicion.
06:39Et vous savez pourquoi il y a une suspicion ?
06:41C'est que finalement, quand on dit, pour la plupart de nos stations, on est à prix coûtant,
06:45on ne comprend pas pourquoi, d'une station à l'autre, il peut y avoir 7, 8 centimes.
06:49Donc, on se dit, s'il y a des écarts, c'est certainement...
06:51Oui, moi, j'ai regardé ce matin dans plusieurs stations intermarché, effectivement, il y a des écarts parfois de 0
06:57,10 sur un litre de gazole.
07:00Et on se dit, pourquoi, si c'est la même enseigne ?
07:03Alors, je vais vous expliquer.
07:04C'est que d'une station à l'autre, on n'a pas les mêmes débits.
07:07Donc, il se trouve, pour les magasins qui ont beaucoup de trafic, il y a un camion qui vient les
07:11alimenter tous les jours.
07:12Donc, tous les jours, si ça baisse, ça baisse.
07:14Si ça augmente, il suit exactement le prix du barril.
07:17Un magasin qui n'a pas cette fréquentation-là va être livré le lundi, son prochain camion, c'est le
07:20vendredi.
07:21Et donc, du lundi au jeudi, il va pratiquer un prix sur l'achat du lundi, alors que ça peut
07:26baisser, augmenter.
07:27Et c'est ça qui crée la confusion.
07:29Mais vous avez raison, je crois qu'on doit la transparence aux consommateurs.
07:32Vous pouvez publier ces chiffres ?
07:34Certains collègues le font, en fait.
07:36Les plus commerçants chez nous, ils ont mis une affiche où ils ont rappelé que l'État prenait 1 euro,
07:41que les pétroliers, 66 centimes, et qu'eux avaient décidé de se mettre à 1 centime, voire à 0 centime,
07:46à prix coûtant.
07:46Donc, bien évidemment, on doit cette transparence.
07:49Et moi, j'invite évidemment le gouvernement à aller ouvrir les livres comptables des grands pétroliers.
07:55Parce que ce qui serait désagréable, c'est de s'apercevoir que l'année prochaine, il y ait X milliards
07:59de profits et que le dividende augmente.
08:01Charles, vous êtes satisfait de la réponse ou pas ?
08:04Est-ce que je peux apporter un petit complément ?
08:06Monsieur Cotillère, moi j'habite en face d'une station intermarché, dans laquelle je vais faire mes courses, entre autres.
08:13Et je me souviens, le samedi, quand M. Trump, le grand Trump, a déclaré la guerre à l'erran et
08:20a attaqué, la station a affiché 1,69.
08:23D'accord.
08:24Les cours du pétrole ne sont pas cotés pendant le week-end, ils ne démarrent que le lundi à 0h
08:30GMT.
08:31Le lundi matin, je me suis dit que je vais quand même aller faire un complément de carburant pour éviter
08:41la hausse qui était inévitable.
08:43Et le lundi soir, la station affichait déjà 1,79.
08:50Celle où c'était 1,69 ?
08:52Voilà, 10 centimes. Et je me suis dit, mais en 24 heures de cotation, ce n'est pas possible.
08:57Et je peux vous dire que pour habiter à côté de la station, je n'ai pas vu de camion.
09:01Parce que le camion, quand il vient, j'entends la sonnerie.
09:05Vous savez, le petit bip quand il fait marche arrière.
09:07Et vous étiez tout le temps chez vous, les 48 heures en question ou pas ?
09:12Et le mardi, pas matin, on va dire vers 14h, c'est passé 1,92.
09:20Je me suis dit...
09:21Il y avait eu le camion là, entre-temps.
09:22Le camion était passé, rassurez-moi.
09:24Je n'ai pas vu.
09:27Le problème, c'est que vous ne savez pas si vous étiez tout le temps, Thierry Coutillen.
09:30Oui, mais même...
09:32Allez-y, posez votre question du coup, Charles.
09:34Imaginez que le camion soit passé.
09:36Comment c'est possible qu'en moins de 48 heures, c'est pris plus de 20 centimes ?
09:41Alors que, normalement, il y a quand même un délai, une inertie dans la cotation.
09:49Même si je comprends que dans toute la chaîne, il y a les pétroliers, il y a les distributeurs, il
09:54y a les raffineurs, tout le monde.
09:55Mais vous savez, le doute que beaucoup de consommateurs ont, c'est ça.
10:00C'est ce qu'ils constatent à la pompe, n'est pas cohérent à ce qu'ils entendent des distributeurs.
10:07En plus, juste, je voulais rebondir, que sur les 500 contrôles qu'il y a eu dans l'État,
10:13ils n'ont pas porté sur les prix réellement.
10:17Ils ont porté uniquement sur un affichage.
10:19Charles, il faut que d'autres auditeurs puissent intervenir aussi et que Thierry vous réponde.
10:24Alors, la première chose, c'est que très honnêtement,
10:26alors je n'étais pas sur le parking pour vérifier que le camion arrive,
10:28mais entre le premier jour, le jour où on a eu l'annonce,
10:31les quatre jours qui ont suivi, on a fait l'équivalent de dix jours de vente.
10:35Donc, je peux penser, même si vous ne l'avez pas vu,
10:37qu'à un moment, la cuve a été vide et que le point de vente a été livré d'un
10:40nouveau arrivage
10:42à une cotation qui avait pris X centimes.
10:45Je peux vous assurer, pour avoir envoyé le texto avec mes collègues de la direction d'Intermarché,
10:50on a bien précisé que c'était surtout l'erreur à ne pas commettre
10:53de vouloir aller gratter 2-3 centimes à un moment où tous les Français allaient regarder le prix
10:57parce que ça va être notre produit d'appel.
10:59Donc, écoutez, je n'ai pas l'explication à la ville,
11:01mais je sais l'état d'esprit qui était le nôtre pour, évidemment, être placé
11:04et ne pas laisser les concurrents faire venir les clients sur le parking
11:07parce que, justement, l'essence était moins chère.
11:09Merci.
11:10Il faut que je laisse passer d'autres auditeurs, s'il vous plaît.
11:14Et Thierry Cotillard doit partir dans pas longtemps.
11:16Et j'aimerais quand même qu'il y ait quelques autres auditeurs
11:19qui puissent échanger avec lui.
11:20On se retrouve dans un instant.
11:21A tout de suite.
11:31RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
11:34Oui, bonjour, c'est Stéphane, commerçant dans le nord de la France en fruits et légumes.
11:38J'observe une baisse d'environ 20% sur le commerce
11:40parce que les gens sont de plus en plus réticents
11:42et regardent de plus en plus les prix.
11:44Surtout en période des fêtes comme ça,
11:45au lieu de faire des achats coup de cœur sur les fraises,
11:47sur les asperges, sur des tas de produits,
11:49on va dire, entre guillemets, de luxe,
11:51les fournisseurs, eux, sont en train de répercuter les hausses de carburant.
11:54On a une énorme baisse au niveau chiffre d'affaires et au niveau vente.
11:57Le message de Stéphane au 3210, Stéphane, qu'on va retrouver d'ailleurs.
12:01Bonjour.
12:02Oui, bonjour Amandine.
12:03Bonjour Thierry.
12:04Bonjour Stéphane.
12:05Vous êtes donc marchand de fruits et légumes, c'est ça ?
12:08Oui, à domicile et sur les marchés.
12:11Et c'est vrai que vous nous aviez alerté il y a quelques semaines,
12:14au tout début de cette crise,
12:15en nous disant que vous aviez peur de voir une augmentation des prix sur vos produits.
12:22Oui, encore ce matin, j'ai reçu un mail de mon fournisseur principal
12:26qui m'annonce déjà 23% d'augmentation par rapport à l'huice et hausse de carburant,
12:34les répercussions des fournisseurs, des grossistes.
12:36Un fournisseur de quoi ?
12:38Il vous fournit quoi ?
12:39En fruits et légumes.
12:39Donc toutes sortes de fruits et légumes.
12:41Oui, c'est ça, toutes sortes de fruits et légumes.
12:44L'huice fournit soit à Rungis, soit dans le sud de la France,
12:47par des filières créneaux, des sociétés comme ça.
12:53Vraiment des grossistes, comme les asperges des Landes,
12:58la fraise de marmande.
13:00Et là, on se prend 23% d'augmentation parce qu'on répercute le carburant.
13:05Et justement, les asperges vertes, vous les vendez combien en ce moment ?
13:08Moi, je suis à 15,50 le kilo.
13:10Ce qui est beaucoup, non ?
13:13Hier, il y avait un reportage à la télé directement sur l'asperge des Landes.
13:19Apparemment, c'est ce qu'un de mes clients m'a dit ce matin.
13:22Et directement là-bas dans les Landes, ils étaient à 14 euros le kilo.
13:25Donc je pense que je ne suis pas...
13:26Et Thierry Cotillard confirme en disant que ce n'est pas...
13:29En l'entrée de saison, c'est à peu près le prix.
13:31Dans vos magasins, Thierry Cotillard...
13:32J'ai commencé à 18,50, moi.
13:34J'ai commencé à 18,50 il y a 15 jours environ.
13:38Juste Thierry Cotillard, dans vos magasins,
13:40Est-ce que vous aussi, vous voyez une hausse des prix de certains produits ?
13:45Pas encore, mais c'est vraiment le danger qu'on voit venir.
13:49C'est-à-dire que ce soit une aubaine pour nous passer des hausses.
13:52Moi, je veux être rassurant sur les prix de tous les produits de grande consommation.
13:56On sort des négociations.
13:57L'inflation à venir, c'est celle qu'on a obtenue de l'accord avec les industriels.
14:02Et ce sera 1%.
14:03Dans lequel il y a des très bonnes nouvelles.
14:05C'est-à-dire, nous, on a bien compris qu'il y avait un problème de pouvoir d'achat.
14:08Donc, on va baisser 1 500 produits à partir de cette semaine
14:10sur des produits de grande consommation.
14:12Et ça va être de 5 à 15%.
14:14Donc, ça va se voir.
14:15Et là où il faut être extrêmement prudent,
14:17c'est que ça va être une aubaine
14:20pour que toute la chaîne se dise
14:21« Tiens, je vais en profiter pour augmenter mes prix et faire de la marge ».
14:24Donc, l'action du gouvernement,
14:25qui est hyper ciblée sur le premier maillon des agriculteurs
14:28et des transporteurs, est essentielle.
14:30Et il faut la tenir dans la durée et bien la calibrer.
14:32Pourquoi ?
14:33Parce que si l'agriculteur ou le transporteur
14:36n'a pas les aides suffisantes, qu'est-ce qu'il va faire ?
14:38Il va se retourner vers l'industriel pour lui vendre plus cher.
14:41Qui industriel va venir nous voir ?
14:42Et à la fin, ce sera les étiquettes dans les magasins qui vont augmenter.
14:46Donc, il faut absolument cibler.
14:48Et surtout, ne pas aujourd'hui commencer à acheter trop cher sans justification.
14:53On n'a pas eu de demande d'industriel de renégo au moment où je vous parle.
14:56Ça peut arriver normalement, puisque vous en sortez.
14:59En fait, la loi protège les consommateurs.
15:01Pendant un an, il ne doit rien se passer.
15:03Mais on sait que quand il y a un choc comme celui-là,
15:05le gouvernement, d'un point de vue politique,
15:07peut nous demander de renégocier.
15:09Il y a des clauses dans les contrats qui prévoient de revoir les conditions
15:12si jamais ça sort de certains couloirs de prix.
15:14On n'en est pas là.
15:15Et je tiens aussi à rassurer.
15:16C'est-à-dire que certains vont profiter de cette crise
15:19pour passer des hausses,
15:21alors que le choc est moins important que l'Ukraine.
15:23Je m'explique.
15:24Là, on a un problème à l'essence.
15:25Par contre, on n'a pas encore un problème sur l'électricité.
15:28C'était normal à l'époque qu'on augmente,
15:30puisque ça coûtait plus cher.
15:31Et il n'y a pas non plus un problème sur les matières premières.
15:34C'est-à-dire que l'Ukraine ne nous permettait plus d'avoir de blé,
15:36donc le cours avait augmenté.
15:38Donc soyons vraiment très prudents.
15:40Et il faut que nos fournisseurs n'abusent pas de cette situation.
15:43Stéphane ?
15:44Oui, excusez-moi si vous me permettez.
15:46Moi, en tant que petit indépendant comme ça,
15:49je n'ai pas le même pouvoir de négociation sur mes producteurs.
15:52C'est ça le problème.
15:53Donc moi, si mon fournisseur, si mon agriculteur,
15:56il me propose un tarif comme on a eu sur l'augmentation,
15:59sur le prix des œufs,
16:00je n'ai pas le pouvoir de lui dire,
16:02ben non, je vais aller voir ailleurs.
16:04S'il me propose ça, je suis obligé de suivre et de lui dire oui.
16:07Et d'augmenter et de répercuter cette hausse des prix.
16:10C'est ça, malheureusement, oui, c'est ça.
16:11Et nous, on a quand même notre clientèle qui est en face de nous,
16:14en direct.
16:14On n'a pas, excusez-moi, Thierry,
16:16mais on n'a pas des caissières qui ont eu un salaire en plein de mois.
16:20Et nous, on se bat tous les jours pour satisfaire notre clientèle
16:24et puis pour essayer d'être au plus juste pour eux.
16:27Et je vous assure que c'est vraiment une bagarre très, très difficile.
16:30Ben oui, c'est difficile parce que, je l'ai dit tout à l'heure,
16:32c'est vous, Stéphane, c'est nous qui présentons l'addition.
16:35Donc, en fait, on est en bout de chaîne.
16:38Moi, ce que je crois, pourtant, je ne suis pas pour un commerce administré,
16:41mais je crois que là, on sort d'une commission sur les marges.
16:44C'est après-guerre qu'ils viennent.
16:46C'est maintenant qu'il faut aller inspecter qui refacture quoi,
16:49quel est le niveau de marge,
16:50et pas nous faire une commission dans huit mois,
16:52il sera trop tard.
16:53C'est maintenant que le gouvernement doit agir, je pense.
16:55Merci beaucoup, Stéphane, pour votre témoignage.
16:57Et puis, tenez-nous au courant aussi, au fur et à mesure.
17:00C'est gentil, merci de m'avoir écouté.
17:02Bon courage, Stéphane.
17:02Merci beaucoup, Stéphane.
17:03Bonjour, Alain.
17:05Bonjour, Amandine.
17:06Bonjour, M. Cotillard.
17:07Et bravo, M. Cotillard, d'avoir le courage de venir vous expliquer,
17:11comme votre confrère l'a fait ce matin sur l'antenne,
17:14je suis doublement concerné.
17:16Je suis consommateur, je suis conducteur,
17:17mais je suis également conducteur routier,
17:19dans une toute petite entreprise,
17:21et mon emploi est en danger.
17:24Et j'en parlais hier sur une petite radio locale dans les Landes,
17:27qui s'appelle Radio Port d'Albray FM,
17:29où un petit chef d'entreprise envisageait de fermer son entreprise,
17:34parce qu'un transporteur à son compte,
17:36parce qu'il n'y arrivait plus.
17:38Et hier, on en parlait.
17:40Et donc, moi, monsieur, je vous fais confiance,
17:43je fais confiance aux distributeurs,
17:44et je ne vais pas vous taper dessus aujourd'hui,
17:47parce que vous venez, et je sais très bien,
17:49vous avez parfaitement raison de dire
17:51que le gouvernement devrait mettre son nez dans les affaires.
17:55Alors, on cite Total, parce qu'ils sont les moins chers en ce moment,
17:58mais évidemment, ils font du volume, évidemment,
18:00donc ils font des bénéfices énormes, gigantesques.
18:03Et je trouve que c'est là où se trouve l'abus en ce moment,
18:07ces pétroliers qui sont extracteurs,
18:09qui sont raffineurs,
18:10qui sont producteurs également.
18:14Et je veux dire, l'abus, il est là,
18:17et moi, je fais confiance à des petites enseignes
18:19comme Intermarché, comme Leclerc, comme Système U.
18:22Je sais très bien que c'est un produit d'appel.
18:24Alors, votre question, Alain, pardon, je vous presse,
18:27mais on est pressé par temps.
18:28Non, pardon, ma question, c'était,
18:30mais vous y avez presque répondu tout à l'heure,
18:31M. Cotillard, est-ce qu'en contrepartie,
18:34pour contrebalancer les problèmes économiques
18:38que les Français rencontrent,
18:39est-ce que vous avez l'intention,
18:41et la possibilité de baisser certains prix,
18:44mais de produits de première nécessité,
18:48pour aider justement au pouvoir d'achat ?
18:50Nous, par exemple, on n'ira pas,
18:52comme l'auditeur précédent,
18:53on ne va pas aller voir nos enfants à Pâques,
18:55et on va dépenser moins d'argent,
18:57vous parliez du chocolat,
18:58et on va en dépenser quasiment pas du tout,
19:01parce qu'on n'y arrive plus du tout,
19:03on n'y arrive plus.
19:04Donc, Alain, je résume,
19:05est-ce que pour compenser la hausse des prix du carburant,
19:07on peut s'attendre à des baisses de prix en magasin,
19:10c'est ça ?
19:11Alain, je vais vous répondre.
19:12Nous, vous l'avez compris,
19:13sur la station, on est très vigilants,
19:15et on a réduit la marge de manœuvre
19:17pour qu'évidemment, on ait un produit le plus bas possible,
19:20et qu'on ne fasse pas de résultats et de bénéfices sur ce sujet.
19:23Les baisses, elles arrivent en alimentaire,
19:25c'est ce que j'ai dit, il y a 1500 produits,
19:26parce qu'on considère finalement que quand le consommateur
19:29va venir sur notre parking,
19:31s'il a effectivement payé plus cher son essence,
19:33il faudrait qu'on puisse compenser ça
19:35par des produits qui soient plus accessibles.
19:37C'est la mission qu'on a demandé à nos équipes,
19:38et donc on a identifié 1500 produits.
19:40Alors, ce n'est pas tous les produits,
19:41parce qu'on parlait des chocolats tout à l'heure,
19:43quand on a pris plus de 10% par les marques nationales,
19:45on répercute,
19:46mais la bonne nouvelle,
19:47et c'est ça qui est plutôt rassurant,
19:48c'est qu'il y a des baisses qui arrivent.
19:50Et je vais rebondir sur le sujet du transport.
19:52Pourquoi ?
19:52Parce que vous êtes, Alain, transporteur,
19:56on a décidé,
19:58parce qu'effectivement,
19:58on attend du gouvernement l'aide,
20:00qu'elle soit,
20:01je vais dire,
20:01pas quoi qu'il en coûte,
20:02mais quoi qu'il arrive,
20:03qu'on soit au rendez-vous pour les agriculteurs,
20:05le premier maillon de la chaîne,
20:06et les transporteurs,
20:07donc on a décidé,
20:08on a 600 entreprises, nous Alain,
20:09pour que vous ayez une idée,
20:10qui travaillent pour Intermarché,
20:12ces entreprises,
20:13elles vont être en difficulté économique,
20:14non pas dans 6 mois,
20:15dès le mois prochain,
20:16pour payer les salariés, etc.
20:17Donc ce qu'on a décidé,
20:19c'est qu'on a réduit les délais de règlement.
20:21Normalement, on paye à un mois,
20:22la facture,
20:23on l'a ramenée à 15 jours,
20:25c'est-à-dire,
20:25c'est une avance de trésorerie
20:26de 10 millions d'euros
20:27vers 600 entreprises,
20:28pour les aider à passer la bosse,
20:30et être plus confortables,
20:31en termes de financiers.
20:32Pour tous les transporteurs
20:32qui travaillent avec Intermarché.
20:34J'ai travaillé pour vous,
20:36M. Cotillard,
20:37à l'agence,
20:38à la base de Castex,
20:40dans les Landes,
20:41à la base d'intermarché de Castex.
20:43Donc je sais tout le travail qui est fait,
20:46et voilà,
20:47contrairement à beaucoup d'autres,
20:48moi je vous fais confiance,
20:50et je vous souhaite bon courage,
20:51ainsi qu'à tous.
20:52Et on n'a pas payé Alain,
20:53je vous l'assure.
20:53Merci beaucoup Alain,
20:55pour votre témoignage,
20:58et pour nous avoir appelé Thierry Cotillard,
21:00la dernière fois que vous étiez venu nous voir,
21:02et je ne vais pas vous laisser partir
21:02juste comme ça,
21:04c'était pour nous parler.
21:04Avec le succès du loup,
21:06vous aviez promis une peluche
21:08à son effigie,
21:09c'est pour quand cette peluche ?
21:10Déjà le loup,
21:11là il se repose,
21:12il a été fatigué de sa tournée,
21:14il va revenir probablement
21:15au deuxième semestre,
21:17vous parlez de tous ses projets,
21:19et les quelques peluches
21:20qu'on a mis en production,
21:21vous s'étaient engagés,
21:21rappelez-vous,
21:22et vous pourrez vérifier,
21:23il était hors de question
21:24que ça vienne de Chine,
21:24on a dit qu'elle sera française
21:25ou européenne.
21:26Vous l'aviez dit ici même ?
21:27On l'a dit,
21:27on va le faire,
21:28et donc les premières peluches
21:29qu'on va avoir là,
21:30dans quelques semaines,
21:34pour leur remonter le moral.
21:36Et pour nous consommateurs,
21:37si on veut en acheter ?
21:38Parce que vous savez
21:38que j'ai une auditrice
21:39qui tricote des loups.
21:41On m'a offert ça aussi.
21:42J'ai des amis
21:43qui m'en ont offert
21:43un petit loup tricoté.
21:45Pour qu'on puisse l'acheter,
21:46ça sera quand ?
21:46Pour Noël prochain ou pas ?
21:48On est en train de tout faire
21:49et on s'organise,
21:50on est en appel d'offres.
21:51La réalité,
21:52c'est qu'on est en appel d'offres
21:53avec deux grosses sociétés françaises
21:54pour pouvoir la produire
21:55et permettre au pied du sapin
21:57de cette année
21:58d'avoir un petit loup
21:59qui nous rappellera la belle histoire.
22:0199% c'est pour cette année
22:03au pied du sapin.
22:04La peluche ?
22:04Oui.
22:05Probablement.
22:05Et un nouveau spot ?
22:07Je ne peux pas vous le dire
22:07parce que là il se repose
22:08et donc je ne connais pas son agenda
22:10mais il viendra personnellement
22:11vous l'annoncer.
22:12J'ai hâte de voir ça.
22:14Un grand merci Thierry Coutillard
22:15d'avoir joué le jeu
22:16des questions-réponses
22:17avec les auditeurs
22:19mais c'était important
22:19de faire un peu de pédagogie
22:21et puis aussi de les écouter
22:23parce que c'est eux
22:25qui au quotidien
22:26sont confrontés
22:27à toutes ces questions-là.
22:28Merci beaucoup.
22:29Merci à vous.
22:29A très bientôt.
22:30Vous êtes toujours le bienvenu
22:30ici sur RTL.
22:31Dans un instant
22:32on va parler d'un tout autre sujet
22:34la PMA.
22:35C'est un parcours souvent long
22:36et difficile
22:37et puis on accueillera bien sûr
22:38Jean-Alphonse Richard
22:38le programme de l'heure du crime
22:40dans un tout petit instant.
22:41A tout de suite sur RTL.
22:44Bonne journée sur RTL.
22:53RTL, votre radio.
22:54Bonjour.
22:56Jusqu'à 14h,
22:57RTL midi,
22:58les auditeurs ont la parole.
23:00Avec Amandine Bégaud.
23:02Il est 13h30.
23:03Vous allez bien sûr
23:04pouvoir continuer
23:05à échanger dans un instant.
23:06On va aborder le sujet
23:08souvent trop tabou
23:09d'ailleurs
23:09de la PMA
23:10dans un instant.
23:11Mais d'abord,
23:12l'heure du crime
23:13avec vous
23:13Jean-Alphonse Richard.
23:14Bonjour Jean-Alphonse.
23:14Bonjour Amandine.
23:15Et vous nous emmenez aujourd'hui
23:16à Clermont-Ferrand
23:17et une affaire
23:18vous m'avez dit
23:18avec beaucoup de sexe.
23:19Oui, c'est vrai.
23:20C'est une disparition
23:21et le sexe,
23:22vous allez voir,
23:22c'est la clé de cette histoire.
23:24Disparition de Sébastien Piolet.
23:26Il avait 36 ans.
23:27C'est un marchand de vélo
23:28célibataire.
23:30Il est bien connu
23:31de la petite ville
23:33où il habite.
23:34Il n'y a pas de soucis
23:35avec lui.
23:35Et il fréquente
23:36les milieux libertins,
23:38les milieux échangistes.
23:39Alors, il a suivi
23:40une petite annonce
23:41et puis depuis ce moment,
23:42on ne l'a plus revu,
23:43Sébastien Piolet.
23:44La police va remonter
23:45la piste d'un couple libertin
23:47qui aime le sexe
23:48mais aussi les armes.
23:50Et ça, c'est important.
23:51Alors, que s'est-il passé
23:52dans cette forêt de l'Ardèche
23:54où on va retrouver
23:55ce malheureux ?
23:56Qui a fait quoi ?
23:57Surtout dans un couple,
23:58vous allez voir,
23:58des plus étranges.
24:00Il y a tout un mystère
24:00autour de cette histoire.
24:02L'affaire Sébastien Piolet,
24:04le piège libertin.
24:0614h.
24:07Tout à l'heure,
24:08on sera là,
24:08bien sûr,
24:09fidèles au rendez-vous.
24:12Amandine Bégaud,
24:13RTL Midi,
24:14les auditeurs ont la parole.
24:16Oui, bonjour.
24:18C'était pour vous dire
24:19que j'avais eu une PMA
24:20en 1994.
24:23C'était long,
24:24c'était compliqué
24:25mais j'étais enceinte
24:26en 1995
24:27et en 1996,
24:29mon premier fils
24:30est arrivé.
24:31Donc, c'était
24:32juste incroyable.
24:34Le message de Véronique
24:35au 3210.
24:37On va parler PMA.
24:38Pourquoi ?
24:39Eh bien, parce que
24:39Marine Tondelier,
24:40la patronne des Verts,
24:41a annoncé cette semaine
24:41qu'elle était enceinte.
24:43Un bébé miracle.
24:44dit-elle,
24:44après un long parcours
24:46de PMA
24:46et elle souhaite profiter
24:47de cette grossesse
24:48justement pour briser
24:49le tabou autour
24:50de ce sujet.
24:51C'est vrai qu'on en parle
24:52peu, trop peu,
24:53alors même que c'est souvent
24:54un parcours du combattant
24:55long, difficile
24:57pour des milliers
24:58de personnes.
24:59Bonjour Aurore.
25:00Oui, bonjour Amandine.
25:02Et vous nous appelez
25:02d'où Aurore ?
25:03Je vous appelle
25:04de Saint-Deneu,
25:05petit village
25:06du Pas-de-Calais.
25:07Oui.
25:08Sur la côte de Pâle.
25:09Vous avez-vous eu recours
25:10à un parcours de PMA ?
25:12Oui, tout à fait.
25:13En plusieurs années,
25:15qui s'est soldé
25:16par une bonne nouvelle
25:17puisqu'on a quand même
25:18eu un petit garçon
25:19en 2024.
25:20Qui s'appelle comment ?
25:21Léon.
25:22Oh, j'adore ce prénom.
25:22Trop mignon.
25:24Et ça a été long,
25:25compliqué, difficile.
25:26On entendait tout à l'heure
25:28le témoignage
25:28d'un couple
25:29qui vit en Alsace
25:31et qui a galéré
25:32vraiment pendant des années.
25:34Ça a été votre cas ?
25:35Oui, ça a duré
25:37plusieurs années
25:37en plusieurs fois
25:38en incluant également
25:39aussi une pause
25:40parce que parfois
25:41le corps a besoin
25:41de se reposer
25:42parce que les traitements
25:43sont assez invasifs.
25:45Oui, c'est compliqué
25:46sur différents plans
25:48que ce soit
25:49sur le plan physique,
25:50moral, social,
25:52professionnel.
25:53Il y a énormément
25:55de répercussions
25:56sur énormément de sujets
25:58et voilà.
26:00Notamment aussi
26:01sur le fait
26:02que généralement
26:02les personnes
26:03qui arrivent en PMA
26:03sont en peu près
26:05entre 35 et 45 ans
26:07et on n'a plus
26:08vraiment le temps.
26:09On a un petit peu
26:09l'horloge qui tape,
26:11qui nous rappelle
26:12un petit peu
26:13qu'on n'a pas toujours
26:14le temps
26:14et les délais
26:15de prise en charge
26:16sont de plus en plus
26:16longs pour les femmes
26:17et je pense que c'est
26:18pour ça aussi
26:19que c'est assez compliqué
26:20de voir un rendez-vous
26:21qui est posé
26:22des mois plus tard
26:24en fait.
26:25Je disais, Aurore,
26:26que c'est un sujet tabou.
26:27C'est quelque chose
26:28dont vous avez parlé
26:29avec vos amis,
26:30avec votre famille ?
26:33Alors oui, tout à fait.
26:34Au début,
26:35on en parle,
26:36je pense,
26:36comme beaucoup de couples,
26:37comme une bonne nouvelle
26:38parce qu'on est content
26:39d'avoir une issue
26:40à toute cette problématique
26:41parce que déjà,
26:42il y a aussi le fait
26:42d'apprendre l'infertilité,
26:44d'avoir un diagnostic
26:45sur une pathologie
26:46et en fait,
26:47on en parle à nos amis,
26:48nos familles
26:48et qui, eux,
26:49malheureusement comme nous,
26:50quand on commence,
26:51il y a très peu
26:52d'informations,
26:53on n'est pas forcément
26:54informés sur tout
26:56et donc au départ,
26:57on nous vous pose la question
26:58et puis au fur et à mesure
26:59des échecs,
27:00quand il y a différents échecs
27:01qui arrivent,
27:02les gens un petit peu
27:02prennent du recul
27:03et ça devient un petit peu
27:04tabou parce qu'ils ont peur
27:05justement simplement
27:06d'être maladroits.
27:06Ils n'osent plus poser la question
27:07en fait.
27:08Voilà,
27:08et ça crée l'isolement
27:09en fait sur bien des plans
27:11et ça se comprend
27:12des deux côtés,
27:13tout à fait.
27:14Vous en avez souffert
27:15de ça, Aurore ?
27:16Oui, tout à fait,
27:17on en a souffert
27:18puisqu'on s'isole,
27:20on se recroqueville
27:21sur soi-même
27:22dans le couple,
27:23on essaye de comprendre
27:24pourquoi ça ne va pas.
27:26Même, j'imagine
27:27qu'au sein d'un couple,
27:27c'est compliqué.
27:29Oui, oui,
27:29sur le plan du couple,
27:31en fait,
27:32on traverse tout ça,
27:32on ne vit pas les choses
27:33de la même manière
27:34parce que la femme,
27:35elle, engrange
27:36tous les traitements.
27:39Le conjoint,
27:39quand il y a un conjoint
27:40ou une conjointe,
27:42lui,
27:43minimise aussi
27:45son parcours
27:46parce qu'en fait,
27:47il pense que sa femme
27:49justement prend tout sur elle
27:50et en fait,
27:51sa douleur à lui
27:52alors qu'il devient aussi aidant,
27:53ça crée énormément
27:54de,
27:54pas forcément de tensions
27:56mais on peut vivre
27:58les choses
27:59même si on est
27:59d'un couple soudé
28:00de différentes façons
28:01ensemble.
28:02Il peut y avoir
28:03du silence,
28:04de la fatigue,
28:05de la compréhension
28:05et voilà.
28:06Restez avec nous,
28:07Aurore,
28:07on va accueillir Aurélie.
28:08Bonjour Aurélie.
28:10Bonjour Amandine.
28:11J'imagine que vous
28:11vous retrouvez un peu
28:12dans ce que nous disait
28:14Aurore ?
28:15Oui,
28:16complètement.
28:16Complètement.
28:18C'est une période
28:20extrêmement compliquée
28:21qui,
28:22pour certains coups,
28:22peut durer
28:23plusieurs années.
28:25Il faut suivre le rythme,
28:28les hauts,
28:28les bas,
28:30les ascenseurs émotionnels,
28:32bien en haut qu'en bas.
28:34Il faut réussir à suivre.
28:35Et dans votre cas,
28:37ça a duré
28:38combien de temps ?
28:39Nous,
28:40on a commencé
28:40notre procédure
28:42TMA en 2014
28:43et je suis tombée
28:44enceinte
28:45fin 2018.
28:47Et pendant toute
28:48cette période,
28:49j'ai fait
28:51cinq fives
28:52et six ponctions
28:54en tout.
28:54Ah oui ?
28:55Oui.
28:56Et ça a été dur ?
28:58Ça a été extrêmement dur.
29:00Extrêmement dur.
29:01Là,
29:01on a tenu tête
29:02à toute l'équipe
29:04de l'hôpital
29:05qui nous suivait
29:05parce qu'ils ne trouvaient
29:07plus de solution.
29:07Donc,
29:08on a voulu
29:08faire une dernière tentative.
29:12Et c'est celle
29:13qui m'a sauvée
29:14parce qu'il y a quand même
29:15une période
29:16où on est tellement bas
29:17que moi,
29:18je savais exactement
29:19à quel arbre
29:20j'allais.
29:20ce n'était plus possible.
29:22La dernière tentative
29:23était la bonne
29:24puisque vous avez
29:24eu une petite fille.
29:26Exactement.
29:26Je vous sens encore
29:27super émue
29:27quand vous en parlez
29:28aujourd'hui, Aurélie.
29:29Oui.
29:30Pourtant,
29:30depuis,
29:30j'ai eu
29:31une deuxième procédure
29:34pour avoir mon fils
29:35parce que c'est
29:36des périodes
29:37que toutes les femmes
29:39disent
29:39non,
29:39mais tu verras
29:40ton accouchement,
29:40c'est difficile,
29:41tu vas vite l'oublier.
29:42Les accouchements,
29:42on les oublie,
29:43ça c'est clair.
29:44Mais les procédures
29:45de PMA,
29:45on ne les oublie pas.
29:46On ne les oublie pas.
29:47Surtout quand on est,
29:48comme disait Aurore,
29:51on s'isole.
29:52Ce n'est pas bien
29:53de s'isoler
29:54mais on ne peut pas
29:54faire autrement.
29:55Qu'est-ce qui vous a
29:56paru le plus difficile
29:58à vous, Aurélie ?
30:00Le plus difficile,
30:01c'est la première
30:02fille.
30:03On vous dit,
30:04bon ben voilà,
30:05on vous rappelle
30:06pour vous dire
30:06qu'elle n'a pas fonctionné
30:07et on vous donne
30:08votre rendez-vous
30:09d'échec.
30:10Rendez-vous d'échec ?
30:11Oui.
30:12C'est comme ça
30:12qu'on l'appelle ?
30:13Voilà,
30:13c'est comme ça
30:13qu'on l'appelle.
30:15Waouh.
30:15Oui.
30:16Déjà,
30:17c'est hyper péjoratif.
30:19Donc,
30:19on vous donne
30:19votre rendez-vous
30:20d'échec
30:21pour vous expliquer
30:22potentiellement
30:22pourquoi ça n'a pas
30:23fonctionné.
30:24Si on a des explications,
30:25si on n'en a pas,
30:26le plus souvent,
30:27il n'y en a pas.
30:28Et on vous donne
30:30rendez-vous
30:30pour les prochains...
30:32Déjà,
30:33on vous demande
30:33si vous êtes d'accord
30:34pour continuer
30:34et puis après,
30:35on vous donne rendez-vous
30:36pour les prochaines échéances.
30:37Moi,
30:38j'ai pu enchaîner
30:40assez rapidement
30:40parce qu'à cette époque-là,
30:43il y avait
30:44beaucoup de couples,
30:45évidemment,
30:45mais il n'y avait pas encore
30:47l'arrivée
30:48des femmes célibataires
30:49et des femmes lesbiennes.
30:51Donc,
30:51il y avait encore...
30:53Les délais étaient moins longs.
30:54Et vous dites
30:55que malgré
30:55toutes ces difficultés,
30:56et on sent
30:57à quel point
30:58ça a été dur
30:59quand on vous entend,
31:00vous avez recommencé
31:02pour avoir
31:02un petit garçon.
31:03J'ai recommencé
31:05pour avoir
31:05un petit garçon
31:06parce que...
31:07Je ne pensais pas
31:08recommencer,
31:08je m'étais jurée
31:09que c'était terminé
31:10parce qu'il restait
31:13un embryon
31:14après ma fille
31:14et on n'a réimplanté
31:16l'embryon
31:16sauf que moi,
31:17j'avais eu
31:17que ça n'avait
31:19jamais fonctionné
31:20ou alors avec ma fille,
31:21oui,
31:21ça avait fonctionné
31:22et la grossesse
31:22s'est allée jusqu'au bout.
31:24Et en fait,
31:24cet embryon-là
31:26a poussé
31:27et j'ai fait
31:28une fausse couche
31:29spontanée
31:29à trois mois de grossesse.
31:30Et cette expérience-là,
31:33je ne l'avais pas vécu
31:34mais je ne l'avais surtout
31:34pas intégrée dans ma tête.
31:35Pour moi,
31:36c'était ou blanc ou noir,
31:37il n'y avait pas de gris.
31:38Et en fait,
31:39je me suis rendue compte
31:40que je pouvais toujours
31:40être enceinte
31:41et finir sur du gris,
31:43pour moi,
31:43ce n'était pas possible.
31:45Je voulais ou
31:46que ce soit
31:47un échec net,
31:49d'emblée,
31:49ça n'a pas...
31:50Rien ne s'est accroché
31:51et on arrête là.
31:54Ou avoir un bébé.
31:55Et la deuxième fois,
31:56donc ça a fonctionné
31:57du premier coup,
31:57enfin avec le nouveau parcours.
31:59Sauf que là,
31:59nous sommes allés en Belgique.
32:01Alors que nous n'étions plus
32:02acceptés en France.
32:03Ça, c'est un autre problème.
32:05Aurélie,
32:05si vous le voulez bien,
32:06restez avec nous.
32:07On va se retrouver
32:07dans un tout petit instant.
32:08A tout de suite sur RTL.
32:10Pour participer à l'émission,
32:12appelez le 30 de 10,
32:1350 centimes la minute.
32:15Carrefour.
32:17Amandine Bégaud.
32:19RTL Midi.
32:20Les auditeurs ont la parole.
32:22Et on continue à parler
32:25PM1.
32:26Pourquoi est-ce qu'on en parle ?
32:27Eh bien parce que
32:27Marine Tondelier
32:28a évoqué ce sujet.
32:30Cette semaine,
32:31elle a annoncé
32:31qu'elle était enceinte.
32:32Un bébé miracle,
32:34dit-elle,
32:34après un très long parcours
32:35de PM1.
32:36et elle souhaite profiter,
32:37dit-elle,
32:37de cette grossesse
32:38pour briser justement
32:38le tabou autour
32:40de ce sujet.
32:42Aurélie,
32:42je vous ai interrompu
32:44juste avant la pause.
32:45Vous avez donc fait
32:46un premier long parcours
32:48de PM1
32:49entre 2014 et 2018
32:50qui vous a permis
32:52d'avoir une petite fille.
32:53Et puis,
32:54vous avez recommencé
32:55quasiment 10 ans après
32:57avoir entamé
32:58la première procédure
33:00pour cette fois
33:01avoir un deuxième enfant.
33:03Et vous me disiez,
33:03vous avez été obligée
33:04d'aller en Belgique ?
33:05Oui.
33:06On a été obligée
33:07d'aller en Belgique
33:07puisque j'ai un écart d'âge
33:08avec mon conjoint
33:09et avec la nouvelle loi
33:12de PM1.
33:13Les hommes
33:14de plus de 60 ans
33:15ont été
33:16exclus.
33:17Exclus, voilà.
33:19Et donc,
33:19là,
33:20quand vous êtes partie
33:21en Belgique,
33:21ça a fonctionné
33:22dès la première fois ?
33:23Du premier coup.
33:24Du premier coup.
33:24Bravo.
33:25Merci.
33:27Et on entend
33:28le soulagement d'ailleurs
33:28quand vous avez dit
33:29du premier coup.
33:30Oui.
33:30Je voudrais qu'on accueille
33:31d'autres témoignages.
33:33Suite Véronique,
33:34d'abord.
33:34Bonjour Véronique.
33:35Oui,
33:36bonjour Amandine,
33:37bonjour à tous.
33:38Vous avez aussi eu recours
33:39à une PM1 ?
33:40Oui.
33:41Et comme les précédentes
33:44auditrices,
33:45c'est vrai que
33:45ce n'est pas un parcours
33:46facile,
33:47mais je veux vraiment
33:48juste dire une petite chose,
33:49c'est qu'il faut vraiment
33:51garder la tête froide,
33:52éviter de trop en parler
33:54autour de soi.
33:56Et moi,
33:57je sais que ça a
33:57ressoudé mon couple.
33:59Alors peut-être que
34:00je fais un cas exceptionnel,
34:02mais c'est vrai que
34:02le fait de vivre
34:03cette expérience douloureuse,
34:06eh bien,
34:07quand on m'a dit
34:08« Ah,
34:08vous avez un œuf ? »
34:09Je me dis « C'est quoi ça ? »
34:10Et ça a fonctionné,
34:12eh bien,
34:12c'était super.
34:13C'est pour ça qu'il faut
34:16positiver.
34:16Et pourquoi vous dites,
34:17Véronique,
34:18qu'il faut éviter
34:18de trop en parler ?
34:20Mais parce que,
34:21moi,
34:22quand j'ai voulu le faire
34:23et que voilà,
34:24au bout de 6 ans,
34:25ça ne fonctionnait pas,
34:26les gens disent
34:27« Ah ben,
34:27tu devrais faire comme si,
34:28tu devrais aller là,
34:29ben pourquoi ça ne fonctionne pas ?
34:30Peut-être que ça vient de ça,
34:31de ton mari,
34:32de si,
34:32d'un an. »
34:33Ah oui,
34:33tous les gens se mêlent de tout.
34:35Voilà.
34:35Et au bout d'un moment,
34:36on ne sait plus où on en est
34:38et puis donc,
34:39on le fait discrètement.
34:41T'as pas encore d'enfant ?
34:42Eh bien non,
34:42c'est un choix.
34:43Maintenant,
34:43c'est la vérité.
34:44Pourquoi ?
34:45Voilà.
34:46Donc,
34:46rester tranquille,
34:47rester posé,
34:48rester lucide,
34:49mais se dire
34:50qu'on y croit.
34:51Sauf que Véronique,
34:52et c'est ce que disaient très bien
34:53Aurore et Aurélie,
34:54c'est difficile
34:55parce que du coup,
34:56on se retrouve à être
34:57très seul
34:58avec cette souffrance
35:00parce que c'est quand même
35:01une souffrance,
35:01il faut le dire.
35:03Alors,
35:03oui et non
35:04parce que nous,
35:05on s'était dit
35:05« Si ça ne fonctionne pas,
35:07on adoptera un enfant. »
35:09Donc,
35:10il y avait toujours quelque chose
35:11qui pouvait aussi évoluer.
35:13Mais,
35:14c'est mon caractère.
35:15Oui,
35:15c'est ce que j'allais dire.
35:16Vous faites partie de ces gens
35:17qui voient le verre
35:17à moitié plein,
35:18quoi.
35:19mais c'est vrai,
35:20mais c'est bien.
35:20Toujours.
35:22Et puis,
35:22je me dis que
35:24si on n'y croit pas,
35:25autant tout arrêter.
35:26J'entendais,
35:27par exemple,
35:27j'ai une collègue de travail,
35:29elle est obligée
35:30de faire tous les pays
35:30de l'Europe
35:31parce qu'à chaque fois
35:32en France,
35:33au bout de deux fois
35:33ou trois fois,
35:34c'est pas arrêté.
35:35Elle est partie en Espagne,
35:36elle est partie là,
35:36elle est partie là.
35:38Vraiment,
35:39là,
35:39moi,
35:39je lui dis bravo
35:45on va accueillir Elodie.
35:46Bonjour Elodie.
35:47Bonjour Amandine.
35:48Vous aussi,
35:49vous avez suivi
35:49un parcours de PMA
35:51et vous dites
35:52que c'est très dur
35:53pour le corps
35:54et pour l'esprit.
35:56C'est extrêmement dur
35:57pour le corps
35:57parce que
35:58ce que les gens
35:59Expliquez-nous
36:00parce que les gens
36:01ne voient pas
36:01et effectivement,
36:02tous ceux qui ne sont pas
36:03passés par là,
36:04ils ont un peu tendance
36:05à dire,
36:05comme disait Véronique,
36:06oui,
36:07c'est dans la tête
36:08ou peut-être qu'il faut
36:08essayer comme ça.
36:09Dites-nous concrètement
36:11pour tous ceux
36:11qui ne savent pas.
36:13Pour le corps,
36:14c'est extrêmement difficile
36:15parce que du coup,
36:16on s'injecte quand même,
36:17nous en tant que femmes
36:18en parcours de PMA,
36:20on s'injecte quand même
36:21des hormones
36:21pour booster notre fertilité,
36:23pour avoir une ovulation
36:26qui se stimule
36:27et pour pouvoir avoir
36:28des ovocytes.
36:29Et donc du coup,
36:30ça veut dire des piqûres
36:31à répétition,
36:33des échographies à répétition
36:34parce qu'il y a tout un procédé
36:35avant même
36:36une insémination,
36:38avant de faire la cise.
36:39La cise,
36:39ça inclut déjà
36:41des premiers examens
36:43des piqûres,
36:44des échographies
36:45pour voir si notre utérus
36:49est accueillant,
36:50on va dire,
36:51des mesures de l'endomètre
36:53pour voir si tout est bien.
36:54La paroi éterine,
36:56c'est un parcours
36:57qui est quand même
36:58extrêmement exigeant,
37:00on va dire.
37:01Alors moi,
37:01pour ma part,
37:02j'étais fumeuse
37:03et du coup,
37:04pour ma cise,
37:05on m'avait demandé
37:05d'arrêter de fumer
37:06pour mettre vraiment...
37:08C'est une autre chose.
37:09Oui,
37:10ce n'était pas une mauvaise
37:11cheveu en soi,
37:12exactement,
37:12pour pouvoir accueillir
37:14ce bébé en toute sécurité,
37:16déjà,
37:16et tout ça.
37:17Et psychologiquement,
37:18c'est hyper difficile,
37:19déjà pour toi
37:20en tant que femme,
37:21mais aussi pour notre conjoint.
37:23Le conjoint qui est là,
37:24qui est dans son silence,
37:25on lui demande
37:26tel jour,
37:27telle date,
37:27à telle heure,
37:28vous allez faire
37:29votre don de sperme,
37:32en gros,
37:32c'est ça,
37:33voilà.
37:34Donc lui,
37:36il se retrouve
37:37dans une salle,
37:38c'est très particulier
37:40quand même,
37:41psychologiquement,
37:41lui,
37:42il te voit tous les jours
37:43te faire tes piqûres,
37:44voir que ça ne fonctionne pas,
37:47les hormones sont décuplées,
37:48tu n'es pas enceinte,
37:49mais tes hormones
37:49sont quand même décuplées.
37:51Oui,
37:51donc avec tes inconvénients
37:52qui vont avec,
37:53il faut le dire.
37:54Exactement,
37:54on n'est pas toujours...
37:55Brise au poids.
37:56Pour ma part,
37:56je n'étais pas toujours
37:57très délicate.
37:59Il y a eu des hauts,
38:00il y a eu des bas,
38:01tu pleures le soir
38:01parce que tu te dis,
38:02mince,
38:02mais pourquoi ça ne fonctionne pas ?
38:04Pourquoi ?
38:04On fait tout comme il faut,
38:05je fais tout ce qu'il faut
38:06pour que ça fonctionne
38:07et ça ne marche pas.
38:08Et tu as les gens derrière
38:09qui ne sont pas au courant,
38:10malheureusement,
38:11parce que tu ne peux pas le dire,
38:12enfin,
38:12moi perso,
38:13dans mon cas,
38:13je n'avais pas envie
38:14de le crier sur tous les toits,
38:15je fais une fille,
38:16on fait une fille,
38:17c'est difficile,
38:18voilà.
38:19Et tu as les gens,
38:20alors c'est pour quand le bébé ?
38:21Alors un bébé,
38:22c'est un bébé ?
38:23C'est beaucoup de pression
38:24parce que,
38:26voilà,
38:27c'est très compliqué,
38:28que ce soit pour la femme
38:30et pour le conjoint
38:30et je trouve qu'on n'en parle
38:32effectivement pas assez
38:33parce que,
38:34même mon conjoint,
38:35il y a eu des périodes
38:36où il s'est dit,
38:36mais est-ce que ça ne vient pas de moi ?
38:37Est-ce que ça va marcher ?
38:40Est-ce qu'on va y arriver ?
38:41Et au final,
38:42pour notre part,
38:44notre fille a duré trois ans
38:45et ça a fonctionné,
38:46on a une jolie petite fille
38:47de cinq ans
38:48qui est en pleine santé.
38:50Donc,
38:51voilà.
38:51Mais ça a été dur
38:52et on l'entend très bien.
38:54Élodie,
38:54vous avez raison,
38:55on met parfois un peu de côté
38:57les conjoints dans cette affaire.
38:59On va accueillir un papa
39:01dans un tout petit instant,
39:03Pierre,
39:03qui sera avec nous.
39:04A tout de suite.
39:22Et on continue à évoquer
39:24ces parcours souvent longs,
39:26douloureux,
39:27difficiles,
39:28les parcours de PMA.
39:29On en parlait à l'instant
39:31avec Élodie notamment
39:33qui nous disait
39:34que parfois aussi
39:35on oublie un peu
39:36le rôle du conjoint
39:37dans cette affaire.
39:38Bonjour François.
39:40Bonjour à vous.
39:41Bonjour.
39:41Bonjour.
39:42Oui,
39:43vous avez suivi
39:44avec votre épouse
39:46un parcours de PMA.
39:48Oui,
39:48tout à fait.
39:49Tout à fait.
39:49Donc,
39:49un parcours qui a duré six années
39:51et en fait,
39:52moi je voulais simplement
39:53effectivement témoigner
39:54de la place du conjoint
39:57ou de la conjointe,
39:57peu importe,
39:58mais en tout cas
39:58de la personne
39:59qui accompagne ce parcours
40:01en parallèle
40:01et de la violence aussi
40:04par moments
40:05des mots
40:05des médecins,
40:06même si effectivement
40:07ce n'est pas fait
40:08de manière volontaire,
40:09mais quand on a
40:10un désir d'enfant
40:11et qu'on n'arrive pas
40:12à la sourire
40:13et qu'on a
40:15comme simple réponse
40:16de certains médecins
40:18nous disant
40:18écoutez,
40:19voilà,
40:20si ce n'est pas possible,
40:21ben oui,
40:22vous êtes triste,
40:22je vois vous pleurer,
40:23vous n'avez qu'à aller
40:24voir un psychologue
40:24et puis voir pour adopter
40:25un enfant.
40:26Vous voyez,
40:27moi je trouve que la réponse
40:27elle est un peu courte
40:28par moments.
40:29Et c'est un peu froid
40:29ou c'est comme tout à l'heure,
40:31je ne sais plus,
40:31je crois que c'est Aurélie
40:32qui nous disait
40:32le rendez-vous d'échec.
40:34Oui,
40:34c'est ça,
40:34mais complètement.
40:36Vous recevez un courrier,
40:36nous on n'a même pas eu
40:37ce rendez-vous,
40:37on a reçu un courrier
40:38disant voilà,
40:39l'équipe médicale s'est réunie
40:40et puis,
40:41ben voilà,
40:41en fait,
40:41on ne va pas continuer
40:42avec vous
40:42parce qu'on n'y arrivera pas
40:43donc ça n'a pas
40:45de sens de continuer.
40:46Donc,
40:47on s'est naturellement
40:48tourné nous
40:49vers un autre établissement
40:50donc là,
40:50c'est le CHU d'Amiens,
40:51un établissement privé
40:53à Miennois également
40:54et là,
40:55le miracle a eu lieu
40:56et c'est génial.
40:57Donc,
40:58on est les parents
40:59d'un petit Paolo
41:00qui a 9 ans aujourd'hui
41:01mais qui a duré 6 ans
41:03et 6 ans
41:04de souffrance psychique,
41:05de souffrance physique
41:07parce que j'entendais
41:08l'auditrice précédente
41:09qui parlait effectivement
41:10des traitements.
41:11Moi,
41:11j'ai vu ma compagne
41:12subir ces traitements,
41:14ces injections
41:15et puis subir les échecs aussi
41:17des différentes filles.
41:18Enfin,
41:19voilà,
41:19ça a été vraiment...
41:19Et en tant que conjoint,
41:20j'imagine qu'on se sent
41:21un peu impuissant.
41:24Oui,
41:24tout à fait.
41:24Sans mauvais jeu de mots,
41:25tout à fait.
41:26oui,
41:26complètement.
41:27Oui,
41:27je n'y avais même pas pensé,
41:28pardon.
41:28Non,
41:29mais voilà,
41:29je n'y avais pensé aussi.
41:31Mais oui,
41:31complètement,
41:32on se sent impuissant
41:33et puis on est obligé
41:36de garder en tout cas
41:37l'espoir pour deux
41:38par moments
41:39parce que,
41:40oui,
41:40c'est long,
41:41c'est compliqué
41:41mais ça ne se passe pas
41:43que dans la thèse
41:44parce qu'à aucun moment
41:45il faut arrêter aussi
41:46de dire cela.
41:47Effectivement,
41:48c'est ça en préambule
41:49que ça peut être aussi
41:51une sensation,
41:52enfin en tout cas
41:54une vue de l'esprit.
41:55Mais oui,
41:55il y a plein de gens
41:55qui disent
41:56que c'est dans la tête
41:56et il y en a même
41:57qui ajoutent,
41:58regardez la preuve,
41:59il y en a qui,
41:59après un long parcours,
42:01finalement,
42:01arrivent naturellement
42:02à avoir des enfants
42:02mais ce n'est pas aussi simple
42:03que ça.
42:04Voilà,
42:05c'est ça.
42:05Peut-être qu'il y a une partie
42:06effectivement,
42:06une partie de psychisme,
42:08je n'en doute pas.
42:08Mais quand bien même,
42:09on ne peut pas dire
42:10à quelqu'un qui souffre
42:11que c'est dans la tête.
42:12C'est exactement ça
42:13et moi,
42:14c'est plutôt
42:14ce témoignage-là
42:15de l'autre côté,
42:16en fait,
42:17de l'autre moitié
42:18d'un couple
42:20qui peut aussi subir
42:21cette violence
42:23et cet échec.
42:25Mais quand on est soudé,
42:27comme je vous dis,
42:27on a réussi
42:28et on est très heureux
42:29aujourd'hui.
42:30Et vous diriez
42:30que ça a ressoudé
42:31votre couple ?
42:32Véronique,
42:32par exemple,
42:32elle disait
42:33ça a ressoudé
42:34mon couple.
42:35Oui,
42:35clairement,
42:36oui.
42:36En tout cas,
42:37ça a gravé des choses,
42:38ça a afflu des choses
42:39pour la durée du couple,
42:40je veux le dire comme ça,
42:41puisqu'on était déjà soudé.
42:42Sinon,
42:43on n'aurait jamais réussi
42:44à tenir ce parcours,
42:46mais ce qui est réel,
42:48en tout cas aujourd'hui,
42:49ce qu'on constate,
42:50c'est que ça a gravé des choses
42:51et on sait comment
42:52on peut compter l'un sur l'autre.
42:54Merci beaucoup,
42:54François,
42:55pour votre témoignage.
42:56On va accueillir Pierre.
42:57Pierre, bonjour.
42:58J'imagine que vous vous retrouvez
42:59dans le témoignage de François.
43:01Oui,
43:01je me retrouve
43:02dans le témoignage de François
43:03et puis aussi des auditrices
43:04parce que c'est vrai
43:05que c'est un parcours
43:05qui est compliqué,
43:06que ce soit pour notre femme
43:08ou pour nous-mêmes.
43:09On a mis 8 ans
43:10pour la faire.
43:12Il ne faut pas oublier
43:12que pendant le parcours
43:14de FIV,
43:15si jamais ma femme
43:17a eu deux fois
43:18des petits soucis
43:19au niveau de l'utérus
43:20qui ont dû être opérés,
43:21ce qui fait que ça
43:23retarde 8 mois
43:24le processus.
43:25Il faut tout recommencer
43:25à zéro.
43:27C'est assez compliqué
43:29et long.
43:30Concernant les piqûres
43:31dont l'auditrice précédente
43:31parlait,
43:32ma femme n'aime pas
43:33les piqûres.
43:34Elle ne voulait pas
43:34se les faire,
43:34donc c'est moi
43:35qui lui faisais.
43:36Vous lui faisiez
43:36les piqûres ?
43:37Il ne faut pas oublier
43:38qu'il y a une autre contrainte
43:39pour ces piqûres,
43:40c'est qu'elles doivent être
43:40passées à heure fixe
43:41tous les jours.
43:42C'est-à-dire qu'on rentre
43:44dans un processus
43:45tous les jours,
43:46on est programmé
43:46pour faire les mêmes choses,
43:47les mêmes gestes.
43:49C'est vrai que l'attente
43:50de savoir
43:50si elle ouville correctement,
43:52s'il y a assez d'auvère,
43:53s'il y a assez de...
43:55Il faut prendre...
43:56C'est compliqué.
43:57C'est compliqué,
43:58j'imagine,
43:58et c'est lourd
44:00au quotidien,
44:01bien sûr.
44:018 ans,
44:02il n'y a pas un moment
44:03où vous vous êtes dit
44:03« Allez, tant pis,
44:04on laisse tomber ? »
44:05Non, non,
44:06parce que ce n'était pas
44:07notre faute à nous
44:08si ça ne fonctionnait pas.
44:10Non, mais ce n'est pas
44:10ce que je voulais dire,
44:11mais vous auriez pu être...
44:12Non, parce qu'on n'avait pas
44:13encore fait les tentatives,
44:14donc en fait,
44:14on ne savait pas
44:15si ça allait échouer ou pas.
44:16Donc on voulait au moins
44:16faire des tentatives
44:17de fécondation
44:18pour savoir si ça fonctionnait.
44:20Voilà,
44:20mais c'est vrai
44:21qu'on n'a pas pu en faire beaucoup
44:23parce qu'on était
44:24tous les deux,
44:25entre guillemets,
44:26ma femme avait
44:28un mitérus hostile
44:28et moi,
44:29j'ai des soins de suite
44:30qui n'étaient pas très
44:32performants,
44:33et du coup,
44:33on n'a pas pu avoir
44:34beaucoup d'ovules
44:35pour faire beaucoup
44:36d'essais.
44:37C'est aussi compliqué.
44:40Merci en tout cas, Pierre,
44:41pour votre témoignage.
44:42Laetitia, bonjour.
44:44Bonjour.
44:45Vous avez vous aussi
44:46bénéficié d'une PMA.
44:48Depuis tout à l'heure,
44:48on évoque ce parcours
44:49long, difficile,
44:51douloureux,
44:52à la fois physiquement
44:53et mentalement
44:56et puis ce sentiment
44:57aussi parfois de solitude.
44:58Vous vous retrouvez là-dedans,
44:59j'imagine ?
45:00Tout à fait
45:01et en plus,
45:01moi, contrairement
45:02aux autres auditeurs,
45:03c'était il y a plus de 23 ans,
45:07on était encore plus seuls.
45:09Dans le sens où
45:10quand on a commencé
45:11les premières réunions,
45:12on était que 3-4 familles,
45:14enfin 3-4 couples,
45:15je dirais,
45:16présents lors des réunions.
45:18Même si je trouvais
45:18que l'âge des couples
45:19était relativement jeune,
45:21on avait tous moins de 30 ans
45:22et il y a 23 ans,
45:25des couples de moins de 30 ans,
45:26ça restait encore rare.
45:29Et là où on est seul,
45:30c'est que oui,
45:31il y a des accompagnants,
45:32ils sont là,
45:33aussi bien le gynécologue,
45:34le spécialiste,
45:35les infirmières,
45:36etc.
45:38On n'a pas d'aide psychologique.
45:39Il n'y a pas d'aide.
45:40Et vous trouvez du coup,
45:43j'imagine,
45:43que c'est important
45:44d'en parler ?
45:45Je disais,
45:45on en parle aujourd'hui
45:46parce que Marine Tondelier
45:47a évoqué ce sujet-là
45:48en annonçant sa grossesse
45:49et a dit qu'elle voulait
45:50en faire un des thèmes
45:51de la campagne présidentielle.
45:52Vous trouvez que c'est important
45:53d'en parler,
45:54qu'on n'en parle pas assez ?
45:55Alors,
45:56nous,
45:56on n'en a parlé
45:57qu'à certaines personnes.
45:59On sélectionnait vraiment
46:01les personnes
46:01à qui on en parlait
46:02parce que,
46:03justement,
46:03il y avait le regard,
46:05les plus anciens,
46:05ils ne comprenaient pas
46:07d'où on peut apprendre
46:08un spermatozoïde
46:09d'un homme.
46:11Enfin,
46:11c'était incompréhensible
46:12à l'époque.
46:14Et puis,
46:15il y avait aussi le regard
46:17mais pourquoi tu vas t'embêter
46:18à faire ça
46:19alors que c'est tellement
46:20plus simple de...
46:22Ah non,
46:22ce n'est pas si simple
46:23que ça, quoi.
46:24Donc oui,
46:25c'est très difficile.
46:26C'est très très difficile.
46:27Merci beaucoup,
46:28Laetitia.
46:29On a en tout cas essayé
46:30aujourd'hui,
46:31à notre manière
46:32et avec vous,
46:33de lever ce tabou.
46:34Je suis sûre que c'est un sujet
46:35dont on reparlera
46:37dans ces prochaines semaines
46:38ou ces prochains mois.
46:39Dans un instant,
46:40vous avez rendez-vous...
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