00:00Nous, on est parti d'une base révolutionnaire, on est parti des gilets jaunes.
00:02La question, c'était comment est-ce qu'on retire le pouvoir à ceux qui sont en place
00:05et comment est-ce qu'on arrive à le redistribuer à la population française ?
00:09C'est quoi l'enjeu ? L'enjeu, c'est éviter de se faire passer et se faire marcher dessus.
00:13Non, l'enjeu, c'est le coup d'État.
00:21On arrive bientôt à l'élection présidentielle.
00:26Vous totalisez combien d'adhérents ?
00:27Donc on a créé ce mouvement en 25 000 membres, ce qui est très bien par rapport à la France.
00:33Parce que, rappelez-vous, Renaissance, il y a 8 000 membres.
00:36Aujourd'hui, c'est vraiment pitoyable.
00:37Mais ce qui pose un problème...
00:38Comment est-ce qu'on parlait au dernier de la classe ?
00:40Voilà, ce qui est un peu pitoyable à l'échelle...
00:43C'est-à-dire que quand j'étais au Mexique, j'ai beaucoup échangé avec les responsables
00:47qui sont aujourd'hui au pouvoir.
00:49Le parti Morena a 4 millions de membres.
00:51Donc qu'est-ce que ça dit de la dépolitisation d'un pays
00:54où le parti qui a le plus d'adhérents, et il faut voir ce qui est vrai
00:57ou ce qui n'est pas vrai, c'est à peu près 100 000
01:00sur une population de quasiment 70 millions d'habitants.
01:02C'est-à-dire qu'on est dans une situation où, en réalité, il y a un désengagement massif.
01:06Et moi, j'ai beaucoup vu au début sur notre mouvement,
01:08il y avait beaucoup...
01:10Ça a été miraculeux en termes de propositions d'action et d'engagement,
01:14mais aussi beaucoup de gens qui venaient avec un comportement de consommateur.
01:17C'est-à-dire qu'ils s'attendaient à ce qu'on soit des prestataires de services.
01:20Et qui n'ont pas compris qu'en fait, ce pays, il va falloir le reconstruire
01:23et que pour le construire, il faut qu'on construise nous-mêmes notre mouvement d'abord.
01:26C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour quémander, on n'est pas là pour demander.
01:29Notre projet est un projet d'engagement, vraiment de lutte pour une souveraineté.
01:34La souveraineté, c'est facile de l'agiter, mais il faut avoir à l'esprit ce que ça...
01:41Ça me fait penser au Venezuela.
01:43On a beaucoup parlé sur Hugo Chavez et les conséquences que ses politiques économiques ont eues ou pas.
01:49La grande difficulté à laquelle a été confronté Hugo Chavez, quand il cherche cette révolution,
01:54c'était les fils de bourgeois.
01:55C'était toute cette élite comprador qui, en fait, s'était habituée depuis 30 ans, grâce au pétrole, à ne
02:01pas bosser.
02:02Et en fait, il est arrivé au pouvoir dans un pays qui ne produisait plus,
02:07qui s'était installé d'une sorte de confort qui est quand même similaire à celui qu'on connaît aujourd
02:10'hui en France.
02:11Et la question maintenant qui se pose, c'est comment est-ce qu'on remet cette partie de la population
02:15qui n'est plus active au sens profond du terme, a travaillé à nouveau.
02:19Et on lui dit maintenant, il faut offrir des horizons.
02:22Il faut en fait que ça ait un sens d'aller dans cette direction-là.
02:24Et ce sens-là, il ne peut pas exister quand on voit le niveau d'égalité, de violence sociale qui
02:29existe dans ce pays,
02:31avec surtout de prédation des ressources communes.
02:33Ce n'est pas tant.
02:34Je ne suis pas sûr que la gauche ait raison quand elle pense que...
02:38C'est vrai qu'on est un pays qui, socialement, cherche à lutter contre les inégalités.
02:42Mais la question qui se pose, c'est la prédation de la ressource commune.
02:46C'est le fait qu'il n'y ait pas de service public de base qui soit offert aux citoyens
02:49français,
02:49qu'il n'y ait pas de médecins qui soient accessibles dans une grande partie du territoire.
02:53Vous voyez, c'est des choses aussi simples que celles-ci.
02:55Si vous n'offrez plus ça, ça ne sert à rien de filer des minima sociaux, de filer...
02:59Enfin, la base de tout lien social,
03:03il doit être sur l'offre commune en termes de services de base, de services d'État.
03:09Moi, je ne suis pas du tout sur une politique de subvention à tout bout de champ.
03:13Or, malheureusement, aujourd'hui, c'est ce qui est proposé par...
03:15Le budget, il fait combien d'économies ?
03:17Je pense qu'on est sur une réduction de...
03:21Alors, c'est compliqué parce que...
03:23C'est pas compliqué.
03:23Si, c'est compliqué parce que, justement, la dévaluation fait que les ordres de grandeur sont faussés.
03:28C'est 100 milliards par rapport à la base actuelle.
03:31En réalité, il y a une partie qui est dissipée par la dévaluation qu'on met en œuvre.
03:35Si je vous dis qu'il faut faire 250 milliards d'économies, vous êtes capable de faire un budget ?
03:39100 milliards.
03:40100 milliards, on l'a fait.
03:42250 milliards, je pense que c'est pas nécessaire parce que l'investissement productif
03:46permet de faire redémarrer la politique économique.
03:49Et surtout, en fait, on a une reconfiguration des grands blocs.
03:53Ça, 250 milliards, c'est éventuellement nécessaire, et encore, ça sera discuté, à système constant.
03:59C'est-à-dire, dans l'euro, au sein du système de l'Union européenne, dans le système de libre
04:03-marché,
04:04avec les mêmes dépendances et avec une base productive qui est toujours aussi faible.
04:08Vous considérez faire des alliances avec d'autres partis ?
04:11Non, moi, je crois vraiment à l'importance du pluralisme.
04:16Il faut qu'en fait...
04:17Faire des alliances pour pouvoir prendre la présidence.
04:19Oui, mais ça, ça...
04:20Je vais vous parler cash.
04:21Oui.
04:21Peut-être que vous êtes faiseur de roi.
04:25Mais si vous voulez prendre la tête de l'État, ils vont vous marcher dessus.
04:29On va voir.
04:30Non, mais on va pas voir.
04:31Si, si, on va voir.
04:32Les alliances, il va bien falloir faire des alliances.
04:34Si je vous propose une alliance avec Françoise Lino, vous prenez ou vous prenez pas ?
04:41Mais...
04:42Vous prenez ou vous prenez pas ?
04:44Il n'y a pas de mais.
04:45Non, moi, je veux pas d'alliance.
04:46D'accord.
04:47Je veux pas d'alliance du tout.
04:48Non, c'est quoi l'enjeu ?
04:49L'enjeu, c'est éviter de se faire passer et se faire marcher dessus.
04:52Non, l'enjeu, c'est le coup d'État.
04:54D'accord ?
04:54C'est quelles sont les modalités du coup d'État ?
04:55Nous, on est parti d'une base révolutionnaire.
04:57On est parti des gilets jaunes.
04:58La question, c'était comment est-ce qu'on retire le pouvoir à ceux qui sont en place
05:01et comment est-ce qu'on arrive à le redistribuer à la population française ?
05:04Donc, on a un projet qui a été collectivement généré à partir de ces idées-là,
05:09qui vise à redonner la souveraineté au peuple français à l'égard de l'étranger,
05:13mais aussi au peuple à l'égard de ses classes dominantes.
05:18La capacité, comme en Suisse, à faire contrepoids à ceci.
05:20Donc, on n'a pas besoin de force législative.
05:23L'objectif, ce n'est pas de dominer l'Assemblée nationale.
05:26L'objectif, c'est d'organiser tout de suite des référendums avec l'article 11,
05:29qui permettent sur les grands sujets fondamentaux, institutionnels, Europe et ainsi de suite,
05:34de leur rendre la parole.
05:35Donc, l'enjeu, c'est quoi ?
05:36C'est les 500 parrainages.
05:37L'enjeu, c'est les 500 parrainages qui nous permettent d'être dans les 8 à 10 personnes
05:42qui seront candidats en 2027.
05:45Et à partir de là, j'ai envie de vous dire, ça va aller très vite.
05:48Parce qu'en fait, la distinction va se faire très rapidement
05:50entre ceux qui sont en capacité de gouverner un État,
05:52qui ont une vision pour la France, et ceux qui ne le sont pas.
05:55Et dans les débats, nous verrons très rapidement ceux qui tiennent la route
05:58et ceux qui ne la tiennent pas.
05:59Et donc, à ce moment-là, ça va s'agglomérer naturellement.
06:01Il n'y aura pas besoin de faire des accords de partis, de négociations, d'illusions.
06:07Par exemple, vous parlez de Asselineau.
06:10Il n'a pas du tout toute la dimension de démocratisation
06:13et de souveraineté populaire que l'on propose dans notre programme.
06:16Pour vous donner un exemple, vous voyez,
06:18il n'y a pas de raison de renoncer à cette force-là
06:20au profit d'une quelconque négociation d'appareil.
06:23Question d'Internet.
06:24Monsieur Branco, vous mobilisez le peuple contre les élites
06:27avec un discours populiste assumé.
06:30Mais l'histoire montre que le populisme accouche presque toujours
06:35d'une nouvelle élite, souvent pire que l'ancienne.
06:38Chavez et sa boliburguesse-là en sont la preuve pour rester dans l'actualité.
06:47Votre révolution échappera-t-elle à ce piège ?
06:50Trois points de suspension.
06:51Où préparez-vous, malgré vous, les futurs oligarques de demain ?
06:56Non, moi je pense qu'il faut...
06:58Il y a deux éléments de réponse.
07:00Le premier, c'est que la politique est une science humaine.
07:03Et qu'il n'y a pas d'absolu en politique.
07:06Et qu'il y a des besoins à l'instant T qui ne sont plus ceux de l'instant d
07:09'après.
07:10Donc il ne faut pas croire qu'on va créer un paradis sur Terre
07:12qui va durer trois millénaires.
07:14L'enjeu, c'est de répondre à des urgences en termes oligarchiques.
07:18La personne qui pose la question mobilise l'exemple de Chavez.
07:22Chavez a détruit la pauvreté de masse dans son pays.
07:26Et c'était ça l'urgence qu'il devait répondre.
07:27Que son successeur ait régénéré des classes oligarchiques,
07:31c'est le propre, justement, peut-être d'insuffisance dans la capacité du peuple à contraindre ses dirigeants.
07:38Or nous, ce qu'on propose, c'est des instruments pour que le peuple puisse à tout moment révoquer ses
07:42dirigeants,
07:43puisse à tout moment lui donner un mandat impératif pour sur un sujet...
07:46Pourquoi le mandat impératif est devenu important pour les Gilets jaunes ?
07:49Parce que c'était au moment où ils voulaient privatiser les aéroports de Paris.
07:53Or, il n'y avait aucune raison d'y procéder si ce n'était engraisser les banques d'affaires
07:58et les petits amis qui pourraient devenir actionnaires de cela.
08:01Et donc...
08:02On résorber la dette.
08:03Oui, avec les... Je ne sais pas combien c'était, 10 milliards ?
08:06Ils en ont rajouté 1 000, non ? Sauf erreur de ma part.
08:09Donc, on voit bien que, justement, ce discours sur la dette était complètement instrumental,
08:13que ce n'était pas l'objectif réel qui était poursuivi.
08:15Et donc, à un moment donné, la possibilité, offerte au peuple,
08:18de, sur un sujet donné, dire ça non.
08:21Ça, j'ai pas envie de passer ma vie à gérer tous les problèmes de la collectivité.
08:25On ne paye pas des politiciens pour rien.
08:26C'est parce qu'en général, dans un monde idéal,
08:29on n'a pas envie d'avoir à s'occuper au quotidien du problème de trottoir
08:32jusqu'à la question de la défense nationale,
08:34de devoir tout articuler en permanence, parce qu'on ne ferait que ça, sinon.
08:36Donc, j'accepte qu'il y ait éventuellement des représentants du peuple,
08:40mais à condition que je puisse les contraindre sur tous les sujets
08:43qui, à un moment donné, font qu'on voit bien,
08:45qui ne le font pas pour l'intérêt général, mais pour leur intérêt particulier.
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