00:00Si on reprend un tout petit peu de recul au-delà d'un mois,
00:02c'est surtout la fin du trou d'air pour Édouard Philippe,
00:04c'est-à-dire qu'il y a déjà eu bien des sondages,
00:06et pendant longtemps, c'est-à-dire que c'est ce qui faisait son statut
00:09d'homme fort de la présidentielle, c'est qu'il était largement à 21,
00:12voire au-dessus dans certains sondages,
00:14que malheureusement pour lui, il a parlé, il s'est un petit peu découvert,
00:18il a pris ses distances de façon jugée maladroite,
00:21chacun peut avoir son avis vis-à-vis d'Emmanuel Macron.
00:23Quand il avait évoqué l'hypothèse d'un départ anticipé du président.
00:26Ça a été vécu non pas comme une prise de distance,
00:28mais comme une forme de déloyauté.
00:30Donc il y a une forme boostée par tout ce qu'on a raconté
00:33de cette séquence municipale, de retour à la normale,
00:36et je constate que dans le même temps,
00:37celui qui lui conteste un peu cet électorat,
00:39c'est quand même en premier lieu Bruno Retailleau,
00:41qui quand il était ministre de l'Intérieur était sondé à 14,
00:44aujourd'hui est plutôt à 8.
00:45Il y a une conjonction, je ne suis pas sûr qu'il y ait un souffle Édouard Philippe,
00:49c'est sûr qu'il y a la fin d'un trou d'air.
00:50On a beaucoup parlé de l'effet municipal,
00:53c'est une vraie, si on analyse peut-être,
00:55et c'est là que ce baromètre est intéressant,
00:57sur la durée, ce qui forme le socle de sympathisants d'Édouard Philippe,
01:02et peut-être ce qui pourrait être aussi une forme de faiblesse dans ce socle.
01:06Qu'est-ce que vous pouvez en dire ?
01:07Alors, la force d'Édouard Philippe, et là il la confirme,
01:12c'est d'arriver à rassembler des sympathisants de la droite
01:17et du centre au premier tour,
01:18et au second tour, c'est ça qui donne ce 52-48% en sa faveur,
01:27à pouvoir rassembler derrière son nom des électeurs,
01:31y compris de Jean-Luc Mélenchon,
01:32qui se disent, bon, au fond, on va peut-être se mobiliser pour éviter le rassemblement national.
01:37Donc il arrive à avoir, pour le moment en tout cas,
01:41je pense que Jonathan a raison de le dire,
01:43cette figure de rassembleur.
01:44Ça, c'est vraiment sa force.
01:46Sa faiblesse, c'est en effet,
01:48dès qu'il se met à évoquer des propositions possibles en vue de la présidentielle,
01:54il dévisse systématiquement dans l'opinion.
01:57Et donc il ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens,
02:01parce qu'au fond, pour le moment,
02:03en termes de positionnement,
02:05les Français considèrent que c'est un centriste,
02:08moins le mépris que leur envoie Emmanuel Macron.
02:12En tout cas, c'est ce qu'imagine l'opinion.
02:14Maintenant, quand il voit qu'en termes économiques,
02:18il a l'air d'être encore plus libéral qu'Emmanuel Macron,
02:21et la retraite à 67 ans lui a fait grand mal,
02:24eh bien, immédiatement, il perd des points dans l'opinion.
02:27Donc c'est la grosse faiblesse d'Edouard Philippe.
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