Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 15 heures
Les écrans occupent désormais une place centrale dans la vie des enfants et des adolescents. Entre 3 et 5 ans, les enfants passent en moyenne 1 h 22 par jour devant un écran, et 2 h 33 entre 9 et 11 ans, selon Santé publique France. Chez les adolescents, 57 % des moins de 20 ans disent ressentir chaque semaine au moins un effet négatif lié aux écrans, comme un manque de sommeil, du stress ou des tensions avec leurs proches, selon l'Insee. Face à ces inquiétudes, la France envisage d'interdire¿les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les écrans sont-ils vraiment dangereux pour les jeunes ? Faut-il limiter leur accès aux réseaux sociaux ou apprendre à vivre avec eux autrement ? Ou placer la limite ? Pour en débattre, Axel de Tarlé reçoit médecin et sénateur. Invités : Agnès Evren, sénatrice (LR) de Paris et Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives à Université Paris Cité. Année de Production : 2025

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente...
00:10Et la santé, ça va ?
00:13Bienvenue dans Et la santé, ça va ?
00:15Les écrans occupent désormais une place centrale dans la vie de nos adolescents.
00:19Un peu trop, on le sait, quelques chiffres pour commencer.
00:22Les enfants de 3 à 5 ans passent en moyenne 1h22 devant un écran par jour.
00:27Chez les 9-11 ans, c'est 2h30 et ce chiffre peut doubler pour les journées sans école.
00:33Le problème, c'est que plus d'un adolescent sur deux dit ressentir les effets négatifs de ses écrans,
00:40à savoir manque de sommeil, stress ou tension avec ses proches.
00:45D'où ces questions, les écrans sont-ils vraiment dangereux pour les jeunes ?
00:49Faut-il limiter leur accès aux réseaux sociaux ?
00:53Ados et écran, génération, addiction, c'est tout de suite.
01:11Nos invités, Agnès Évren, vous êtes sénatrice de Paris Les Républicains.
01:16Grégoire Borst, vous êtes professeur de psychologie du développement
01:19et de neurosciences cognitives de l'éducation à l'université Paris Cité.
01:24Vous êtes directeur du laboratoire de psychologie du développement
01:27et de l'éducation de l'enfant, la PSYD CNRS.
01:32Merci de participer à cette émission.
01:33D'abord, Grégoire Borst, est-ce qu'il y a…
01:36À partir de quand doit-on s'inquiéter quant à l'usage des écrans chez nos adolescents ?
01:42Est-ce qu'il y a un moment où ça devient problématique et il faut faire quelque chose ?
01:47À partir du moment où il y a l'expression d'une souffrance chez les adolescents,
01:50c'est assez simple finalement.
01:52Si on voit une augmentation extrêmement importante du temps passé sur les écrans,
01:55beaucoup plus qu'avant, c'est un signal de se dire
01:57« il y a peut-être quelque chose qui dysfonctionne dans la vie de mon adolescent »
02:01et à partir du moment où l'adolescent exprime une difficulté particulière,
02:04il faut pouvoir y répondre et l'orienter vers un professionnel de santé.
02:09– Agnès Évren, est-ce que les parents ne sont pas dépassés face à cette problématique ?
02:14Un adolescent détient pas moins de 8 comptes sur les réseaux sociaux.
02:19– Les parents sont parfois dépassés,
02:22mais ce qui est inquiétant si vous voulez,
02:25c'est que ça envahit aussi bien le quotidien des très jeunes,
02:28des jeunes, des ados, mais aussi des adultes.
02:30Et donc tout l'enjeu, c'est de savoir comment est-ce qu'on peut faire en sorte
02:35que l'utilisation ne se fasse pas au détriment de la santé mentale et physique de nos jeunes.
02:40Parce qu'il faut être nuancé sur le sujet, il faut le redire,
02:44le numérique est quand même porteur d'opportunités et de progrès.
02:48Nous, ce qui nous pose problème en tant que responsables politiques,
02:51c'est de se dire, attention, la surexposition des très jeunes
02:55et précocement aux écrans a des effets délétères sur la tension,
03:00sur la concentration, sur les interactions.
03:03Parce qu'aujourd'hui, on a affaire à des plateformes prédatrices,
03:06en fait, qui ont une mécanique qui est implacable,
03:09et qui est la suivante, c'est l'effet silo.
03:11C'est-à-dire que plus un jeune est, comment dire, fragile,
03:15plus, en fait, l'algorithme l'enferme et l'isole dans sa détresse.
03:20– Il va lui apporter ce vers quoi il est en train de chuter.
03:24– Et donc, le fragilise encore plus.
03:26Alors, le ministre de l'Éducation nationale a fait l'expérience à ses dépens,
03:29puisqu'il a créé un faux compte d'un adolescent de 14 ans,
03:32et en l'espace de 20 minutes, il a basculé,
03:35c'est-à-dire qu'il a été confronté à des tutos,
03:38des tutos d'incitation au suicide, des tutos de scarification.
03:42– Il suffit de les regarder pour qu'on vous en propose un deuxième.
03:43– Mais voilà, c'est exactement ça.
03:45Et donc, moi, je pense à toutes ces adolescentes,
03:48et notamment Lila, Pénélope,
03:50qui sont mortes dans la solitude de leur chambre,
03:53parce que TikTok leur avait donné le mode opératoire de leur faim, malheureusement.
03:58– Grégoire Bors, t'en parlais des effets délétères,
04:00sans même aller jusqu'au suicide, quels sont-ils ?
04:02Tout à l'heure, je parlais de manque de sommeil,
04:05anxiété, repli sur soi, on ne sociabilise plus.
04:08– Alors, il y a deux choses sur lesquelles, aujourd'hui, il n'y a plus aucun débat.
04:11La première chose, c'est l'effet sur le sommeil.
04:14Et ça, c'est indépendamment des plateformes.
04:16Évidemment, c'est potentialisé par…
04:19– Alors, ça veut dire qu'on a du mal à s'endormir,
04:20ou qu'on va passer des heures dans son lit à scroller ?
04:24– Soyons très clairs, quand vous êtes exposé à la lumière artificielle,
04:27ce n'est pas propre à l'écran, mais c'est beaucoup plus le cas
04:28quand vous êtes face à un écran, seul dans votre chambre, dans le noir,
04:32et que vous mettez votre téléphone portable très proche de vos yeux.
04:34C'est ce qu'on fait tous, soyons très clairs.
04:35Si vous faites ça une heure avant d'aller vous coucher,
04:39globalement, ça a des effets délétères sur la qualité de votre sommeil,
04:42ça va repousser votre temps d'endormissement, vous allez dormir un peu moins.
04:45Et le problème, c'est que le sommeil, pour le cerveau humain, c'est capital.
04:48C'est ce qui nous permet d'être en bonne santé physique,
04:50c'est ce qui nous permet d'être en bonne santé mentale,
04:52c'est ce qui nous permet d'apprendre, c'est ce qui nous permet d'être attentif
04:54et d'être concentré.
04:56Et on voit bien là le problème, c'est-à-dire que quand on dit
04:57les écrans produisent des difficultés d'attention, non, ce n'est pas vrai.
05:02Les écrans produisent des effets sur le sommeil,
05:04qui ont ensuite des impacts sur l'attention et la concentration des jeunes.
05:07Donc on voit bien que ce qu'il faut cibler, c'est le sommeil.
05:09Donc typiquement, entre 0 et 3 ans, c'était la recommandation de la commission écran,
05:14dans laquelle j'ai fait partie, c'était pas d'exposition aux écrans entre 0 et 3 ans
05:17parce que le sommeil est multifasique, il s'opère à différents temps de la journée
05:21et comme toute exposition aux écrans va avoir un impact sur le sommeil,
05:26pour ces enfants-là, ça va impacter très rapidement leur santé physique,
05:29leur santé mentale et ainsi de suite.
05:31Ensuite, l'idée c'est d'avoir aussi une démarche qui soit progressive,
05:34de dire pas d'écran avant d'aller se coucher,
05:38c'est-à-dire au moins une heure avant une plage de sommeil.
05:40Donc si vous êtes entre 3 et 6 ans, ça va être aussi une heure avant
05:43la sieste.
05:44Donc je pense qu'il faut prendre la mesure de, finalement,
05:47comment on va réussir aussi à sensibiliser les parents sur cette dimension-là.
05:51Et la deuxième chose, c'est la sédentarité.
05:53C'est clair que quand vous êtes devant un écran,
05:55vous ne faites pas de sport, vous ne bougez pas
05:57et je rappelle qu'à ce moment-là,
05:59la solution qui est de dire il faut retirer des écrans
06:01et mettre des livres à la place, ça ne règle pas la problématique
06:03de la sédentarité.
06:04Ça règle d'autres problématiques.
06:06Mais il faut aussi faire attention à ce qu'on dit.
06:08Et puis la dernière chose, en termes d'effet avéré,
06:11c'est qu'effectivement, et vous l'avez très bien dit,
06:13pour des populations vulnérables,
06:15on a des effets d'amplification de symptômes préexistants.
06:20Mais il faut bien le comprendre comme ça.
06:21Pour la majorité des adolescents…
06:22– C'est-à-dire si on a une tendance suicidaire,
06:25ça va accentuer, ça vous enferme.
06:28– Vous ne deviendrez pas suicidaire en regardant TikTok.
06:30C'est très clair.
06:31– Mais si vous avez des prédispositions…
06:32– Par contre, si vous aviez une prédisposition,
06:33si vous avez un facteur de vulnérabilité,
06:36ça va aggraver considérablement vos symptômes.
06:39Et bien sûr que le ministre de l'Éducation nationale
06:42a fait ça en toute bonne foi.
06:43Mais je rappelle quand même que si vous essayez…
06:45– Oui, mais il a essayé justement de dénoncer
06:46cette spirale mortifère.
06:47– Je suis entièrement d'accord avec vous.
06:50– Il a fait un article 40 d'ailleurs.
06:51– Vous avez entièrement…
06:52Vous avez raison.
06:53Et moi, je suis pour qu'on régule ces plateformes
06:55et le contenu qui sont sur ces plateformes.
06:57Je dis simplement que pour tout à chacun,
06:59quand on utilise TikTok, même en se créant à un compte de 14 ans,
07:03je vous mets au défi en 20 minutes de tomber sur ce type de vidéo,
07:06si vous ne commencez pas à consommer du contenu,
07:09qui est du contenu un peu…
07:10– Si vous n'avez pas liké, c'est ça.
07:11– Voilà, il faut être très clair.
07:13C'est-à-dire que si vous passez des vidéos de petits chats,
07:15vous n'allez pas tomber en 20 minutes sur un contenu suicidaire.
07:18– Voilà, donc attention, c'est des mécanismes d'amplification.
07:21– Je voudrais juste, pour reprendre un peu ce que vous avez dit,
07:24et c'est très intéressant, mais vous dites c'est le sommeil,
07:26mais pas seulement, c'est-à-dire que quand on est en classe
07:28avec le téléphone qui est dans la poche et les notifications qui tombent,
07:32c'est une source de perturbation et de distraction pour les élèves.
07:35Et l'OMS l'a démontré également, parce que…
07:37– Ça vous sort de votre cours.
07:38– … quand ça fait bzzz, bzzz, bzzz, dans la poche,
07:40et c'est pour ça que…
07:41– Vous avez entièrement raison.
07:43– Il faut une rupture entre le temps scolaire et le temps passé à la maison.
07:46Moi j'avais déposé une PPL justement…
07:48– Une proposition de projet de loi.
07:50– Voilà, une proposition de loi, parce qu'elle émane parlementaire,
07:53pour le dépôt obligatoire, en fait, des téléphones à l'entrée des établissements.
07:58– Je vous propose de voir le portrait de Luna, 15 ans,
08:01et comme beaucoup d'adolescentes,
08:03elle est capable de passer plus de 5 heures par jour sur son téléphone.
08:10– Bernay, en Normandie.
08:13C'est ici que vit Luna, 15 ans.
08:15Quand elle rentre chez elle après les cours, direction sa chambre.
08:19Et si elle prend son téléphone,
08:21ce n'est pas pour trouver les solutions à ses devoirs de géométrie.
08:26Mais pour scroller.
08:27– Les ados passent en moyenne 4 heures et demie par jour sur leur téléphone.
08:35Luna, elle, peut s'éterniser jusqu'à 5 heures.
08:39– Ça m'arrive parfois, au lieu de passer 5 minutes sur TikTok, par exemple,
08:43en fait, j'y passe une heure.
08:45Sans m'en rendre compte, en fait.
08:46– Et est-ce que tu sais pourquoi ?
08:48– Je ne sais pas.
08:50Je pense que c'est les vidéos, enfin, ça nous…
08:53Je pense que dès qu'on est dedans, en fait, on ne peut plus s'arrêter.
08:56– Conte de mode, de bijoux, de déco,
08:59l'algorithme de Luna la connaît un peu trop bien.
09:02– Vu qu'on est tout le temps sur notre téléphone
09:04et qu'après, on dit « bon, on va dormir »,
09:06en fait, on cogite dans notre tête et, en fait, limite, notre cerveau ne s'arrête pas.
09:10Parce qu'on a l'impression qu'on est encore sur les écrans, alors que pas du tout.
09:14– Mais parfois, des vidéos au contenu plus sombre,
09:17avec des ados en proie à un profond mal-être, s'affichent sur son fil.
09:21– Si, par exemple, on regarde une vidéo comme ça,
09:23après, on va en avoir plein.
09:25Même si on la regarde juste,
09:27bah, après, on change de vidéo, ça va être la même.
09:29Donc, c'est sûr que ça peut nous provoquer de l'anxiété.
09:32Et clairement, notre téléphone joue sur notre moral.
09:35– C'est incroyable.
09:36– TikTok a déjà été dénoncé par Amnesty International
09:39pour avoir encouragé l'automutilation et les idées suicidaires.
09:43Instagram et YouTube ont été récemment jugés responsables
09:46de la dépression d'une adolescente par le tribunal de Los Angeles.
09:50Un verdict historique.
09:51– En voyant d'autres filles sur les réseaux sociaux,
09:55c'est vrai qu'au début, je me sentais pas du tout...
09:57Enfin, vraiment...
09:59Ma confiance en moi, elle était pas du tout...
10:01Je me faisais pas du tout confiance.
10:03Je me...
10:04À chaque fois, je disais, non, mais elles sont beaucoup plus belles ou quoi.
10:06Et je pense que maintenant, je me dis, c'est des filles comme tout le monde.
10:10Et puis aussi, avec les vidéos, on peut quand même retoucher pas mal de trucs.
10:15Si Luna n'a pas d'idées noires, scroller à outrance a déjà eu des conséquences délétères
10:20sur sa santé mentale.
10:23– Regarde, maman, ce que j'ai trouvé.
10:26La jeune fille a eu son premier téléphone portable à 9 ans
10:28et l'accès aux réseaux sociaux à 12.
10:32Aurélie, sa mère, a bien conscience de la consommation parfois excessive des écrans de sa fille.
10:38– C'est pour nettoyer le bracelet.
10:39– Ah, OK.
10:40T'es souvent dessus.
10:41– Oui, mais dire que je suis H24 dessus.
10:44– Non, pas H24.
10:45Mais tu t'endors avec, quoi.
10:47– Je m'endors pas avec.
10:48Je l'éteins.
10:49– Oui, mais oui.
10:50Voilà.
10:51Aurélie se rassure comme elle peut.
10:53Les comptes de Luna sont privés et elle ne publie rien.
10:56– Donc vous lui faites totalement confiance.
10:58– Oui, je lui fais confiance.
11:00Et je sais que si elle a un problème, elle viendra nous en parler d'elle-même, en fait,
11:05avant que ça prenne trop d'ampleur.
11:09Mère et fille tentent bien de poser des limites,
11:11mais elles sont lucides sur l'emprise des écrans sur leur vie à chacune
11:15et sur leur vie de famille.
11:16– Déjà, on n'a pas le téléphone à table.
11:19Déjà, ça fait déjà pas mal.
11:22Mais quand on est dans le canapé le soir, en fait, mon mari regarde la télé
11:24et nous, on regarde notre téléphone.
11:26Et puis après, bon, bonne nuit, hop, et puis voilà.
11:28Mais c'est une drogue, en fait, le téléphone.
11:31Elle devrait prendre du temps avec ma fille et qu'on papote et qu'on fasse autre chose.
11:37Mais en fait, on est tellement...
11:39– Bon, après, on parle aussi.
11:41– Oui, on parle, mais je veux dire, les téléphones, ça prend beaucoup de place, quoi.
11:45Ouais, c'est dommage.
11:48– Mais voilà, c'est comme ça.
11:51– Alors, Agnès Évrenne, cette fameuse proposition de loi visant à interdire le téléphone,
11:58les réseaux sociaux, pardon, pour les moins de 15 ans.
12:01D'abord, pourquoi moins de 15 ans ?
12:03– On part du principe qu'à partir de 15 ans, on commence à devenir un citoyen un peu plus
12:07éclairé,
12:09on devient plus autonome.
12:11et donc, c'est pour ça que cet âge-là a été choisi.
12:14Mais dans le reportage, on le voit bien, avant 15 ans,
12:17ils ne sont pas armés pour lutter contre ces algorithmes totalement opaques, en fait.
12:22D'où l'importance que, comment dire, la puissance publique puisse justement réguler,
12:28pour non pas punir, c'est une mesure de protection.
12:32Et encore une fois, je le redis, il y a beaucoup d'ailleurs de proviseurs
12:36qui nous disaient qu'ils avaient besoin de consignes claires,
12:39parce qu'il y a un effet mimétisme, en fait, des jeunes entre eux.
12:42S'ils n'ont pas le téléphone, si l'un ne l'a pas,
12:45eh bien, si toute la classe accepte cette règle,
12:48alors on a un climat scolaire qui est beaucoup plus apaisé,
12:51qui est beaucoup plus serein,
12:52parce que c'est aussi un vecteur de cyberharcèlement.
12:55On sait que 90% des sujets de cyberharcèlement sont liés d'abord…
12:59des cyberharcèlement, des fake news, et de la violence.
13:04Et de la violence, parce qu'aujourd'hui, quand il y a une scène de conflit,
13:07par exemple, entre un élève et son professeur,
13:09la scène de conflit est filmée quand on a le téléphone portable,
13:12elle est viralisée et elle est exportée à l'extérieur de l'établissement,
13:15qui du coup est stigmatisée.
13:18Et donc, on exporte la violence à l'extérieur de l'établissement.
13:21Et c'est une des raisons pour lesquelles il faut évidemment bannir…
13:23– Les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
13:26– Grégoire Borst, votre regard sur cet âge de 15 ans,
13:28et on entendait la mère de Luna dire « mais moi je ne regarde pas,
13:32je lui fais confiance ».
13:33Est-ce que d'ailleurs, on peut faire…
13:35il ne faut pas s'immiscer dans la vie numérique de ses enfants ?
13:39– Je pense que c'est une double question que vous avez.
13:42La première, c'est ne pas s'immiscer dans la vie numérique de ses enfants.
13:46Je pense que ça dépend de comment vous l'entendez.
13:49C'est-à-dire que ce qui est sûr, c'est qu'il faut s'intéresser
13:51à ce que font nos enfants sur ces espaces numériques.
13:54Donc, un des exemples qu'on donne souvent, c'est
13:57et il faudrait demander à la fin de la journée non seulement
14:00ce que nos enfants commencent à passer leur journée à l'école,
14:02mais comment s'est passée leur journée sur les réseaux.
14:05Parce qu'en fait, ça fait partie de leur vie quotidienne
14:07et on a besoin de nous, effectivement, de savoir un peu plus ce qu'ils y font.
14:10Parce que ça permet effectivement d'exercer une parentalité éclairée de ce point de vue-là.
14:14Donc, comment je mets en place une règle, finalement, qui va pouvoir s'appliquer ?
14:17Comment je fais rentrer progressivement un adolescent dans l'utilisation de ces outils ?
14:20Ça ne doit pas être open bar tout de suite sur l'utilisation de tous les réseaux sociaux et ainsi
14:24de suite.
14:24On sait qu'il y en a qui sont quand même beaucoup plus problématiques que d'autres.
14:27Il faut un point de vigilance particulier.
14:29On l'a très bien entendu dans ce reportage.
14:32Les adolescentes sont beaucoup plus touchées par l'utilisation de...
14:34Les adolescentes, les filles ?
14:35Parce qu'elles sont des plus grosses consommatrices de réseaux sociaux
14:39et parce que pèse sur elles une pression sur l'image de leur corps.
14:44Donc, quand elles sont en comparaison sociale permanente,
14:46c'est exactement ce que disait Léna, ça aggrave certains symptômes
14:49et ça peut avoir des effets négatifs sur leur estime d'eux-mêmes.
14:52– Mais vous avez entendu ce qu'elle a dit, ça c'est quand même très intéressant à entendre d
14:56'une adolescente.
14:56Elle vous dit, oui mais à un moment j'ai compris.
14:59Donc, ils ont des mécanismes de résilience.
15:01Il ne faut pas penser que c'est des utilisateurs complètement naïfs de ces réseaux.
15:04Ils savent très bien comment ça fonctionne.
15:06Parfois, il y en a certains qui peuvent mettre en place des mécanismes de régulation de l'utilisation,
15:11d'autres moins et ceux-là, ils doivent être plus accompagnés.
15:13Et la dernière chose sur l'interdiction au moins de 15 ans,
15:16très honnêtement, l'âge de 15 ans, c'est du doigt mouillé.
15:18C'est-à-dire que moi, je peux vous le dire en tant que psychologue du développement de l'enfant
15:22et de l'adolescent,
15:23du point de vue cérébral, il n'y a aucune justification de dire 15, 14 ou 16.
15:27D'autre part, c'est une population extrêmement hétérogène, la population adolescente.
15:32Parce qu'à 15 ans, vous avez des adolescents qui sont rentrés dans la puberté à 8 ans,
15:37d'autres à 10, d'autres à 12 et d'autres à 14.
15:40Ça veut dire que leur stade de développement cérébral
15:42et donc les capacités d'autoréculation qu'ils ont
15:45sont dépendantes de l'âge dans lequel ils sont rentrés dans la puberté.
15:48Et ça, c'est extrêmement hétérogène entre les adolescents.
15:50– Mais il y a quelques… je voudrais rebondir sur ce que vous avez dit sur le rôle des parents.
15:53Moi, je le vois bien parce que les réseaux sociaux, ça fait partie, entre guillemets, de l'intimité de nos
15:57jeunes.
15:59Et donc, où est-ce qu'on met le curseur ?
16:01C'est-à-dire à la fois surveiller quand même ce qu'ils font
16:04et en même temps respecter leur intimité.
16:06C'est très, très compliqué pour des parents.
16:07Parce que quand un enfant est cyberharcelé,
16:11comment est-ce qu'on peut le savoir quand on arrive dans sa chambre
16:13et qu'il se dit « mais pourquoi est-ce que tu… »
16:15Donc c'est très, très difficile pour les parents.
16:17Justement, c'est pour ça que la puissance publique a un rôle essentiel.
16:20– On parle des législateurs, on parle des parents.
16:21Les plateformes, elles n'ont aucune responsabilité.
16:24Elles sont un tout charme.
16:24– C'est le sujet crucial.
16:25– Le premier, les premiers responsables, c'est les plateformes.
16:30Et c'est ce qu'on avait quand même fait sur ce rapport de la commission écran.
16:33Je rappelle que la première recommandation, c'est d'inverser la charge de la preuve.
16:36C'est d'arrêter de dire…
16:37– Bon courage d'aller au fin fond de la Californie pour mettre au pas…
16:41– Non, mais je ne suis pas d'accord avec vous.
16:42Je pense que le DSA, au niveau européen…
16:45– La règle européenne que Donald Trump critique tant de régulation du numérique.
16:48– Non, parce que l'Europe, c'est 450 millions d'utilisateurs de ces réseaux.
16:54– On peut mettre au pas TikTok et Snapchat.
16:55– Oui, bien sûr, moi j'espère qu'ils le pourront parce que l'enjeu,
16:59et on le voit bien sur ce qui est en train de se passer en Australie,
17:02on a mis en place l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans
17:05et les premières données, elles ne sont pas bonnes.
17:07C'est-à-dire qu'elles montrent qu'il y a encore deux tiers des adolescents
17:10qui sont sur les réseaux sociaux et se posent…
17:11– Qui contournent la règle ?
17:13– Pas que, la problématique c'est que un, les réseaux sociaux ne jouent pas le jeu,
17:16c'est-à-dire qu'en gros ils leur demandent de multiplier le nombre de fois
17:20où ils vérifient avec l'âge, avec notamment la reconnaissance faciale,
17:24et la deuxième chose qui se pose, et ça je pense que c'est un vrai problème
17:27sur la loi qui va passer, c'est comment on vérifie l'âge des adolescents.
17:31Parce qu'il y a un problème, je vous rappelle qu'on est sous le coup du RGPD
17:36et qu'il faut aussi…
17:37– La loi de protection des numériques, la protection des données individuelles,
17:41et que ça, ça se pose quand on doit donner son visage…
17:44– Techniquement, ce n'est pas au point.
17:45– Oui mais ce sera un tiers de confiance, ce ne sera absolument pas les réseaux sociaux,
17:48les plateformes n'auront pas accès à l'identité, et encore, heureux d'ailleurs.
17:54– Techniquement, ce n'est pas si facile que ça d'interdire les réseaux sociaux
17:58au moins de 15 ans, ça pose des problèmes.
18:00– On doit être conforme aux droits européens aussi.
18:03– Mais moi je pense qu'il ne faut pas dire qu'on doit ne pas avoir la volonté
18:08de réguler ces plateformes, il faut les mettre au pas,
18:11c'est-à-dire que c'est insupportable ce qu'ils font.
18:12– On a auditionné des adolescents d'ailleurs, il y en a un qui nous a dit
18:17« j'ai été choqué et ça me réveille la nuit d'être tombé sur un tuto
18:22de comment se pendre, de pendaison ».
18:24Vous voyez, il y a des contenus très choquants.
18:27Les plateformes sont entièrement responsables.
18:29Vous savez, les propriétaires de ces plateformes, eux-mêmes,
18:32interdisent à leurs propres enfants d'être sur les réseaux sociaux.
18:35Et donc ils font leur business sur le dos de nos enfants.
18:40Et donc on ne peut pas laisser notre jeunesse s'enfermer comme ça
18:42dans cette espèce de danger qui leur pend.
18:45– Alors en attendant cette régulation, votre régulation,
18:48rien de tel que la prévention et l'éducation,
18:51on retrouve Luna dans son établissement scolaire.
18:54– À la maison familiale et rurale de Bernay,
18:59un établissement de formation par alternance où Luna est scolarisée,
19:03la règle est stricte pour les quatrièmes et troisièmes.
19:06Pas plus d'une heure de téléphone par jour.
19:09Alors à la pause, tout le monde dégaine son portable.
19:15Cet après-midi, Marianne vient animer un atelier de citoyenneté numérique
19:19dans la classe de Luna.
19:21– Allez, levez la main ceux qui ont un compte TikTok.
19:24Ok.
19:25Levez la main ceux qui avaient un compte TikTok avant 13 ans.
19:28– Ok.
19:29À votre avis, l'âge moyen d'un usager ?
19:33Vincent, le responsable de la classe,
19:35constate depuis des années l'impact des écrans sur les ados.
19:39– On peut avoir de la répercussion au niveau de la santé des jeunes,
19:42plutôt en termes de sommeil, de concentration.
19:46L'utilisation prononcée des réseaux va des fois influencer
19:49leur quantité de travail fourni à la maison.
19:52Pas forcément en manque de travail,
19:54mais plutôt bâclé pour pouvoir prendre plus de temps sur son téléphone.
19:56– Si vous regardez une vidéo pendant 3 secondes
19:59ou pendant son intégralité, ça n'a pas du tout le même impact.
20:03– Marianne, elle, observe une conséquence plus inattendue.
20:08– Le sommeil, effectivement, ça se voit aussi
20:11par tout ce qui est maladies hivernales,
20:13où on a des jeunes qui sont moins résistants sur des maladies,
20:16puisque forcément, moins de sommeil, ça veut dire aussi moins d'anticorps
20:19pour se protéger des maladies hivernales qu'on n'aime pas tous avoir.
20:22– Et au-delà de ça, il y a un énorme phénomène actuel
20:24qui est la sédentarité.
20:25En ayant fait tout un travail avec une classe il y a 2 ans sur la sédentarité,
20:30on s'est rendu compte que plus de la moitié des jeunes
20:33passaient plus de 8 heures par jour en moyenne sur leurs écrans.
20:37Et donc, ils n'octroyaient que très peu de temps pour se déplacer,
20:42aller faire une activité physique en club,
20:43faire une activité peut-être un petit peu plus physique,
20:46mais pas extrême non plus, telle que du jardinage, etc.,
20:49comme on pouvait avoir il y a quelques années.
20:51Ça, ça n'existe plus.
20:52– Les Anglais, ils ont leur volant de quel côté ?
20:55– De droite, de droite, de droite, de droite, de droite, de droite !
21:00– Vous avez fait un voyage collard en quel pays ?
21:02– Pendant 3 heures, avec des jeux, des mises en situation,
21:06des questionnaires et surtout sans aucun jugement,
21:09Marianne invite les élèves à s'interroger sur leur pratique en ligne.
21:12– Il ne faut pas diaboliser parce que si on diabolise les écrans avec les jeunes,
21:18c'est la meilleure manière de les braquer.
21:19Et une fois qu'on les braque, on n'y a plus de dialogue possible.
21:22Donc ça devient effectivement une voie, une impasse.
21:24Et plus on va les amener à échanger sur l'usage,
21:27plus ils vont se questionner sur leur usage.
21:29Et des fois, c'est eux qui ont des solutions,
21:30c'est eux qui sont forces de proposition,
21:32et ça qui est extrêmement bien,
21:33et qui se rendent compte par eux-mêmes de l'impact des écrans sur leur vie quotidienne.
21:38– Accompagner plutôt qu'interdire, expliquer au lieu d'alarmer.
21:43Pour Vincent, il faut aussi savoir faire confiance aux ados
21:46dès lors qu'on les a mis au courant des dangers.
21:48– Ce qui va le plus peser moralement chez les jeunes,
21:51c'est le fait d'être détachés de leur écran.
21:54C'est-à-dire que nos jeunes, quand ils récupèrent leur téléphone le soir,
21:58ils sont les uns à côté des autres avec leur téléphone,
22:00mais souvent, en fait, c'est leur moyen de discuter entre eux,
22:04d'utiliser un réel pour leur parler d'un sujet,
22:07de parler d'actualité, etc.
22:09Et c'est pas, on est côte-côte, on se parle pas, on regarde des écrans,
22:14c'est plutôt, on est côte-côte avec notre écran
22:16pour pouvoir échanger ensemble.
22:18– Grégoire Borst, c'est intéressant,
22:20on ne parle jamais des effets positifs des réseaux sociaux, quels sont-ils ?
22:23– C'est très très difficile d'avoir ce discours-là, vous en avez conscience,
22:26d'avoir un discours nuancé sur cette question,
22:28aujourd'hui, dans le monde médiatique actuel, c'est difficile.
22:30Mais en fait, il y en a un certain nombre,
22:32c'est-à-dire qu'ils ne sont pas complètement masos, les adolescents,
22:35c'est-à-dire que s'ils utilisent les réseaux sociaux,
22:36c'est parce qu'ils y vivent, d'ailleurs, ils le déclarent,
22:38plutôt des expériences positives.
22:39– Bon, ça divertit, d'accord.
22:40– Oui, mais c'est quand même quelque chose,
22:42attendez, il ne faut pas non plus considérer que tout le temps de l'adolescent
22:44doit être du temps passé à travailler,
22:46il a aussi le droit d'avoir des moments
22:48où il passe un temps, je dirais, récréatif,
22:52donc ça fait partie du temps récréatif.
22:53Effectivement, si ça prend tout le temps récréatif…
22:55– Est-ce que ça dépend de ce qu'on regarde ?
22:56Est-ce qu'on peut apprendre l'anglais à travers les réseaux sociaux ?
22:58J'en sais rien, moi.
22:59– On peut apprendre plein de choses,
23:00ça dépend évidemment de ce qu'on y fait,
23:02et il ne faut pas non plus être complètement naïf,
23:04ils font aussi plein de choses qui n'ont aucun intérêt,
23:06mais il y a aussi plein de choses que les ados faisaient avant
23:08qui n'avaient aucun intérêt,
23:09je pense que l'ensemble d'entre nous…
23:11– Il paraît qu'on fume moins de cigarettes
23:12parce qu'on est tout le temps en train de scroller.
23:14– Non, mais la réalité, c'est que quand même,
23:15quand nous étions jeunes,
23:16on a regardé plein d'émissions complètement débiles à la télé
23:18et on n'en est pas devenus complètement débiles.
23:20Et je rappelle aussi que ces réseaux sociaux,
23:23ils s'appellent sociaux pas pour rien,
23:24c'est-à-dire qu'à l'origine,
23:25ils avaient comme ambition,
23:27même si elle a été totalement pervertie,
23:29de rapprocher les gens.
23:31Et ils les utilisent quand même comme ça,
23:33la plupart du temps, en fait,
23:34ils interagissent avec les membres de leur communauté,
23:37c'est-à-dire leur groupe social d'appartenance
23:40qui sont ceux qu'ils connaissent dans le lycée et dans le collège.
23:44Ça ne veut pas dire que tout est fantastiquement ouvert,
23:47mais par exemple, si on pense à la capacité pour certains adolescents,
23:50notamment ceux qui sont très isolés,
23:52d'avoir accès, de rendre visibles certaines communautés
23:55qui sont totalement invisibilisées et ainsi de suite,
23:58ça c'est, je dirais, le côté positif des réseaux.
24:01Est-ce que c'est suffisant pour dire
24:03on ouvre les réseaux, on ne régule pas les plateformes ?
24:05Je ne pense absolument pas que ce soit le cas.
24:07Mais pour autant, faisons attention,
24:09s'ils les utilisent, c'est bien parce qu'il y a aussi des aspects positifs.
24:12– Agnès Évren, en général, dans cette émission,
24:15on compare ce qui se fait de mieux ailleurs.
24:18Est-ce que la France peut être le phare avancé,
24:21avec son interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
24:23sur cette nécessité de réguler un peu ce monde,
24:28ce far-ouest du numérique ?
24:29Et est-ce que vous avez des coups de fil de l'étranger,
24:32des Allemands, des Croates, qui disent
24:33alors c'est quoi votre proposition de loi ?
24:35Là, ça nous intéresse parce qu'on voudrait faire la même chose chez nous.
24:37– La France aimerait être la première en Europe justement
24:42à réguler, à interdire l'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans.
24:45Et puis encore une fois, vous avez raison,
24:47tout n'est pas négatif.
24:48quand on voit aujourd'hui sur les réseaux sociaux des vidéos,
24:53des formats très courts comme Hugo Décrypte par exemple.
24:56C'est une nouvelle façon aussi de transmettre l'actualité
25:00aux jeunes générations.
25:01Il a aujourd'hui 28 ans, il a 20 millions d'abonnés
25:04avec des podcasts, des émissions qui sont extrêmement pédagogiques.
25:09Et nous, on mène actuellement une mission d'information au Sénat
25:12sur les zones grises de l'information.
25:13Et je lui ai posé la question en lui disant
25:14mais est-ce que ce n'est pas une simplification excessive de l'information,
25:18que d'avoir des formats de 2 minutes ?
25:20Il me dit non parce que c'est la première porte d'entrée
25:22pour les jeunes vers l'information.
25:24Ensuite, il prolonge leur apprentissage avec des vidéos plus longues.
25:27Et donc en effet, il y a aussi une visée pédagogique
25:31qui est très importante.
25:32Encore une fois, là on est sur un sujet
25:34qui est de dire aujourd'hui, les plateformes font de nos enfants
25:38un business parce qu'ils fonctionnent en fait sur l'addiction.
25:43Et c'est là-dessus qu'on doit jouer notre rôle de puissance publique.
25:46Grégoire Borst, on termine avec quelques recommandations très pratiques.
25:49Je vous ai vu tout à l'heure applaudir lorsque la mère de Luna disait
25:52« pas de téléphone portable à table ».
25:54Je vais vous en citer quelques-unes.
25:56Alors, est-ce que vous en pensez ?
25:58Elles émanent du documentaire « The Social Dilemma ».
26:01Pas de téléphone dans la chambre, pas de téléphone avant l'école,
26:04pas de notification et déterminer un temps d'écran avec ses enfants.
26:08Vous applaudissez pour tout ?
26:09J'applaudis exactement tout ça parce que c'est des mécanismes de régulation
26:14sur effectivement des outils qui jouent
26:16ou qui essayent de déréguler notre contrôle de nous-mêmes.
26:20Donc tout ça, ça permet d'avoir un contrôle externe sur notre utilisation.
26:23Et je rappelle effectivement que dans les familles,
26:25il faut vraiment essayer de sanctuariser des temps sans écran.
26:29Mais sans écran complet, c'est-à-dire pas de télé en bruit de fond
26:32et des moments où on peut communiquer les uns avec les autres
26:35parce que retrouver ces temps-là dans les familles,
26:36c'est aussi des temps dans lesquels on peut échanger
26:38sur les difficultés qu'on traverse en tant que parent
26:40mais surtout en tant qu'adolescent.
26:42Parce que c'est des moments qui sont extrêmement importants pour ça.
26:44L'interaction avec des adultes, c'est tellement essentiel.
26:47Et puis rappelez quand même aux adolescents
26:48qu'il y a plein de choses qu'ils peuvent faire
26:50sur les caractéristiques et sur la régulation de leurs fils algorithmiques.
26:55C'est-à-dire qu'en fait, on peut les configurer de telle manière
26:58à justement ne pas avoir un algorithme qui pousse sans cesse des vidéos.
27:02Et alors concrètement, ça veut dire concrètement ?
27:03Ça veut dire qu'il faut rentrer dans les propriétés de son réseau social,
27:10dans les comptes et en fait de choisir par exemple d'avoir un fil d'actualité
27:14qui est chronologique plutôt que sur les préférences de ce qu'on a déjà regardé.
27:18Et ça, ça déjà permet d'ouvrir beaucoup plus.
27:20– Exactement. Mais ça, les ados ne le savent pas et d'où on voit bien l'enjeu de l
27:25'éducation.
27:26– D'où l'éducation et la sensibilisation, c'est ça.
27:40– Exactement.
27:41– On a un guide intitulé « La famille tout écran ».
27:44Vous allez voir, il y a plein de conseils.
27:45Et la santé, ça va, c'est terminé.
27:48Merci de nous avoir suivis.
27:49Émission à retrouver sur la plateforme publicsena.fr.
27:52À bientôt pour une prochaine émission.
27:53– Sous-titrage ST' 501
28:23– Et la santé, ça va ?
28:25– Avec la mutualité française.
Commentaires

Recommandations