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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 26 mars, Jérôme Berton, pharmacien, gérant du fonds Tech Care chez Cité Gestion, s'est penché sur l'impact économique de la neurodégénérescence, et le potentiel de l'investissement dans les maladies neurodégénératives, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.



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Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Et nous retrouvons Jérôme Berton, bonjour.
00:07Bonjour Antoine.
00:08Jérôme Berton de Cité Gestion, spécialiste du secteur de la santé.
00:13Aujourd'hui, vous allez nous parler d'un secteur.
00:15C'est vrai que quand on parle de la Big Pharma et des laboratoires en général,
00:20on dit surtout que ce sont des machines à cash, des machines à dividendes
00:23qui font assez peu de cas, des maladies rares,
00:25qui demandent beaucoup d'argent pour très très peu de bénéfices.
00:28Mais non, il y a des dynamiques à jouer,
00:31et notamment celles autour des maladies neurodégénératives.
00:35Alors, on en connaît quelques-unes.
00:37Est-ce que vous pouvez nous en parler et nous montrer un petit peu le lien,
00:40justement, avec cette santé, cette énergie du secteur de la santé ?
00:44Oui, bien sûr.
00:46En fait, j'aimerais effectivement aujourd'hui qu'on parle
00:49d'un des plus importants besoins médicaux qui existent.
00:53C'est un enjeu à la fois de santé publique, c'est un enjeu économique,
00:55c'est un enjeu sociétal qui va aller en s'aggravant avec le vieillissement de la population,
01:00et ce sont les maladies neurodégénératives.
01:02Alors, il faut bien comprendre ce dont on parle, un chiffre, 55 millions.
01:06De quoi s'agit-il ?
01:08C'est le nombre de personnes atteintes de démence dans le monde,
01:11et ce chiffre devrait quasiment tripler d'ici 2050,
01:16puisque selon l'OMS, on devrait atteindre 140 millions de personnes atteintes de démence.
01:22Donc, au sein de ces maladies neurodégénératives,
01:25celles qu'on connaît malheureusement le plus,
01:27c'est la maladie d'Alzheimer, c'est à peu près 60 à 70% des cas.
01:31C'est suivi par la maladie de Parkinson,
01:34également des cas un peu plus rares,
01:35comme la sclérose latérale amyotrophique et les démences frontotemporales.
01:40Si on regarde la France,
01:41en France, on a 1,2 million de personnes qui sont atteintes de démence,
01:45à peu près 900 000 d'Alzheimer,
01:48et là aussi, c'est un chiffre qui devrait fortement augmenter d'ici 2050,
01:53puisqu'on attend plus de 1,6 million de personnes atteintes de démence.
01:58Alors, c'est une véritable épidémie qui est liée au vieillissement de la population.
02:02Oui, vous utilisez le mot d'épidémie.
02:05C'est pas n'importe quoi.
02:06Exact, épidémie, puisque en fait, ce que l'on constate,
02:10c'est qu'après 65 ans, la prévalence double tous les 5 ans.
02:15Et par exemple, actuellement, une personne sur 5 dans le monde a plus de 65 ans,
02:22et d'ici 2050, on parle d'une personne sur 4.
02:26Donc, malheureusement, cela va prendre de plus en plus d'importance.
02:29Or, l'impact économique est considérable.
02:32Au niveau mondial, on estime qu'il atteint plus de 1 300 milliards de dollars par an,
02:44et qu'il pourrait dépasser 2 800 milliards de dollars par an d'ici 2030.
02:50En France, c'est plus de 20 milliards d'euros par an, donc c'est colossal.
02:55Et c'est vrai que pendant longtemps,
02:57on a considéré que c'était un des secteurs les plus risqués.
02:59Le développement, notamment au niveau d'Alzheimer,
03:04mais la situation est en train d'évoluer.
03:07Oui, surtout qu'il y a un impact économique qui est palpable.
03:11Ce n'est pas qu'une histoire de santé,
03:15c'est une histoire sociologique,
03:17c'est une histoire économique,
03:17avec de la productivité, des aidants qui doivent se mobiliser.
03:23Il y a une sphère qui se forme autour de ce phénomène,
03:26qui est quantifiable et qu'il faut quantifier d'ailleurs.
03:30Tout à fait.
03:31Et donc, de nouveau, les choses sont en train d'évoluer.
03:34On a les premières thérapies dites modificatrices de la maladie,
03:38qui viennent d'être approuvées dans certaines régions,
03:42notamment aux Etats-Unis et au Japon,
03:44qui ciblent des dépôts amyloïdes dans Alzheimer.
03:48Et alors, elle ne vise pas à guérir, malheureusement, encore la maladie,
03:52mais elle vise à ralentir sa progression.
03:55Et pour les investisseurs et l'industrie,
03:57c'est effectivement un potentiel qui est considérable.
04:01Et si on veut essayer d'être structuré,
04:04on a quatre axes d'innovation
04:07qui ouvrent des opportunités majeures pour le segment.
04:12Alors, le premier axe,
04:13ça va concerner des nouvelles cibles biologiques,
04:17donc les protéines taux,
04:19des protéines bêta-amyloïdes,
04:21la neuroinflammation,
04:22ça, c'est le premier axe.
04:23Le deuxième axe, ça va être les biomarqueurs,
04:25donc ces marqueurs sanguins
04:27qui vont permettre de détecter le plus tôt possible,
04:30parce que c'est là l'enjeu,
04:31le plus tôt possible,
04:33l'émergence de la pathologie.
04:36Le troisième axe,
04:37ça va être des thérapies combinées,
04:38comme ce que l'on peut observer depuis quelques années
04:41dans les traitements contre le cancer.
04:44Et enfin, le quatrième axe,
04:45ça va être des technologies,
04:47de nouvelles plateformes technologiques
04:48qui permettront d'adresser directement
04:51le système nerveux central.
04:53Et si on parle par exemple du premier axe,
04:57donc l'élimination de ces protéines toxiques
05:00qui sont responsables de ces maladies neurodégénératives,
05:04donc on pense aux protéines bêta-amyloïdes,
05:07on pense aux protéines taux,
05:08donc il s'agit de les éliminer.
05:10Oui, alors là, on en arrive au centre du truc,
05:14c'est-à-dire plutôt que d'essayer d'éviter qu'elles arrivent,
05:17on va bousiller les mauvaises cellules
05:21qui provoquent ces dysfonctionnements.
05:23Exact.
05:23Donc là, on essaye de les éliminer
05:25et c'est l'axe de développement
05:28qui est le plus avancé à l'heure actuelle.
05:31L'année dernière, donc en 2025,
05:33les ventes se sont élevées à 400 millions de dollars
05:37et d'ici 2030, on estime qu'elles pourraient atteindre
05:4013 milliards de dollars.
05:42Donc une croissance très significative.
05:46Et il y a des gros labos qui travaillent déjà dessus ?
05:49Oui, tout à fait.
05:50Ou c'est plus des biotech ?
05:51Alors il y a un peu les deux,
05:52donc j'aimerais vous parler des deux, justement.
05:53C'est ça qui est intéressant.
05:55Donc dans la large cap pharma
05:58qui est la plus avancée dans le domaine
05:59et que l'on connaît tous,
06:01pour d'autres raisons du reste,
06:03notamment dans l'obésité,
06:04mais il s'agit d'Elilili
06:06qui a donc d'autres cordes à son arc.
06:10C'est donc la large cap
06:11la plus avancée dans le domaine
06:12et qui a un anticorps
06:14contre la protéine bêta-amyéloïde
06:16qui est désormais approuvée,
06:18qui s'appelle Kinsula,
06:20donc commercialisée.
06:21On a aussi une biotech
06:23qui s'appelle Biogen,
06:24biotech américaine,
06:25qui aussi commercialise un médicament
06:27qu'elle a co-développé
06:28avec un japonais Aysai.
06:29Mais sinon, au niveau des petites capitalisations boursières,
06:33il y a aussi des petites choses intéressantes.
06:34Notamment en Suisse,
06:35on a une petite biotech
06:36qui s'appelle Assez Immune
06:38et qui a un pipeline assez large
06:40qui adresse à la fois les protéines amyéloïdes
06:43mais également les protéines taux
06:44et également une petite biotech aux Etats-Unis
06:47qui s'appelle Proténa
06:48qui, elle, est plutôt axée sur Parkinson.
06:52Alors ça, c'est le premier axe.
06:55Je vous ai parlé aussi d'un autre axe
06:57qui concerne la neuroinflammation,
06:59donc là, plutôt au niveau du cerveau
07:03et il s'agit de contrôler la réponse immunitaire
07:06au niveau cérébral.
07:07Alors là aussi, on va avoir
07:10à la fois des large caps concernés
07:12mais également des small caps.
07:13Donc dans les large caps,
07:14on a Roche qui est bien avancée.
07:16Sur le Suisse, oui.
07:17Voilà, Suisse qui a des projets
07:21en développement de la phase 1 à la phase 3
07:23et au niveau des small caps,
07:24on a une petite biotech américaine
07:27qui s'appelle Annexon.
07:29Donc ça, c'est au niveau de la neuroinflammation.
07:31Après, je vous ai parlé des biomarqueurs
07:33qui permettent de tester
07:34le plus rapidement possible,
07:36de déterminer...
07:37Et puis de faire des diagnostics
07:38très très en amont.
07:39Exact, et c'est l'enjeu
07:40pour essayer de prendre à charge
07:42de façon la plus efficace
07:44cette maladie.
07:45Donc au niveau des biomarqueurs,
07:48là, on retrouve encore Roche
07:50qui est un des leaders mondiaux
07:52dans le domaine des diagnostics.
07:53Donc elle a cette double casquette
07:54de pharma d'un côté,
07:56diagnostics de l'autre côté.
07:58On a aussi l'allemande
07:59Siemens Healthineers
08:00qui a également une plateforme
08:01de diagnostics.
08:03Et au niveau des small caps,
08:04on a une petite small cap américaine
08:06intéressante qui s'appelle Quanterix.
08:08Quanterix.
08:08Et enfin, je vous ai parlé
08:10de nouvelles plateformes
08:12visant à adresser
08:14le problème au niveau
08:15du système nerveux central.
08:17Alors, le cerveau,
08:18donc c'est là que ça se concentre.
08:20Le problème que l'on a,
08:22c'est qu'on a une barrière
08:24qui s'appelle la barrière
08:24hémato-encéphalique,
08:25qui est une barrière physique
08:26et qui empêche des protéines
08:28qui sont dans le sang
08:29d'atteindre le cerveau.
08:30Or, c'est là qu'on aimerait
08:31qu'elles aillent.
08:32Et il y a...
08:33Alors, on a deux façons
08:35d'adresser le sujet.
08:36Soit de façon génétique,
08:39donc avec des thérapies géniques.
08:40Et on a notamment
08:41des sociétés comme Novartis
08:42qui travaillent dessus.
08:44Soit, et on a une petite société
08:45qu'on aime bien,
08:46qu'on a nous en portefeuille,
08:47qui s'appelle Denali,
08:49une petite biotech américaine
08:51qui a une technologie propriétaire
08:55qui permet justement
08:57de faire traverser
08:59cette barrière hémato-encéphalique
09:02au médicament.
09:03Denali qui vient d'ailleurs
09:04d'avoir hier
09:05la probation de la FDA
09:07pour un médicament
09:07qui n'a rien à voir
09:08avec Alzheimer,
09:09mais qui concerne
09:11une maladie neurodégénérative rare
09:12et d'origine génétique.
09:14Donc voilà,
09:15plein de petites choses
09:16intéressantes
09:16qui sont en train
09:17de se passer.
09:17Effectivement,
09:18sur ce marché
09:18que les labos
09:20et que les biothèques
09:20essaient d'adresser au mieux
09:22et qui constituent
09:23un vrai sujet
09:23étant donné que c'est un phénomène
09:25qui est en pleine expansion
09:25malheureusement
09:26et qu'il va falloir traiter.
09:28Merci infiniment.
09:29Jérôme Martin,
09:30Cité Gestion,
09:31spécialiste santé.
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