- il y a 6 jours
- #sudradio
Avec Pierre Botton, auteur de "Sur le chemin de ma foi" éd. Fayard
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:07Vous êtes bien sur Sud Radio en ce jeudi 26 mars 2026, et est-ce que je dois dire le
00:12bonheur, en tout cas l'intérêt, de recevoir, permettez-moi de dire, un personnage controversé.
00:18Vous avez écrit quelques pages sulfureuses de l'histoire politique française il y a quelques années.
00:25Aujourd'hui, comme on dirait, vous êtes rangé des voitures, mais vous avez voulu Pierre Botton, donc je parle de
00:31Pierre Botton, le célèbre Pierre Botton.
00:34Vous avez fait des bêtises, mais vous en avez bavé, et vous avez payé vos dettes, ça je pense que
00:39même les gens qui ne vous aiment pas le reconnaissent.
00:43Vous avez fait surtout Pierre Botton, donc vous êtes le gendre de Michel Noir, vous êtes un homme d'affaires,
00:52vous êtes un entrepreneur,
00:53et puis à un moment donné, il y a eu confusion entre vos affaires, la légalité, la classe politique, vous
00:59en êtes expliqué plusieurs fois,
01:01vous avez reconnu vos fautes, et je vous dis, vous les avez payées, et en plus vous avez lancé une
01:07grande initiative,
01:08je ne peux pas dire si elle est humanitaire ni une bonne oeuvre, pour les prisonniers, pour le monde des
01:13prisons,
01:13qui est une véritable tragédie en France, et vous vous êtes engagé en créant des associations,
01:18et pour autant, et pour autant, vous avez été confronté au terrible juge courrois,
01:22on aura d'ailleurs à un moment donné un de vos témoignages sur le juge courrois,
01:25on sait que ça faisait peur de passer dans les mains de cet homme,
01:27et vous dites que ça a été pourtant un moment important pour vous.
01:30Et, aujourd'hui, vous franchissez un nouvel échelon,
01:34vous passez, alors vraiment du séculier que vous avez connu, du temporel au spirituel,
01:39et vous écrivez sur le chemin de ma foi, sur le chemin de ma foi chez Fayard,
01:44où vous témoignez de vos convictions, de votre...
01:47Alors, on peut dire chemin, c'est un chemin de Damas que vous avez fait,
01:50vous l'avez commencé en prison, vous l'avez vu,
01:52et vous dites, c'est dans le christianisme, ce sont dans les valeurs de l'évangile,
01:57et c'est dans ma foi de catholique et de chrétien,
02:01que je trouve cette forme de rédemption, et que j'entame une nouvelle vie.
02:05Voilà.
02:07C'est pas que vous demandiez pardon, c'est une confession quand même,
02:10c'est pas que vous demandiez pardon, mais vous dites, voilà, sincèrement,
02:14c'est en la foi de Dieu, que je peux aujourd'hui me redresser,
02:19et continuer à vivre avec dignité, malgré tous les tourments que j'ai subis.
02:23Pourquoi avoir eu besoin, Pierre Botton, vous étiez, bon, vos dossiers sont classés,
02:28pourquoi appartez cette précision très personnelle, très personnelle,
02:32et je commence par vous demander, est-ce que vraiment,
02:36vous êtes de culture chrétienne et d'éducation chrétienne,
02:38est-ce que vraiment il y a eu une révélation, on est en 2026, à l'époque du rationalisme,
02:43je citerai quelques phrases que vous dites, l'accident du 27 novembre 2024,
02:49est-ce que vraiment c'est dans la redécouverte de l'église catholique et du christianisme
02:55que vous entamez cette nouvelle vie ?
02:58Alors c'est le prolongement d'une vie, c'est un chemin de vie, c'est un chemin,
03:02mais ça n'a pas toujours été comme ça.
03:03Non, non, pas du tout, mais si vous voulez, la volonté d'écrire ce livre,
03:08qui est très personnel et qui est difficile, mais que j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire,
03:14c'est parce qu'en fait, la foi m'a aidé, je peux dire, m'a sauvé.
03:19En fait, il y a deux choses, c'est un livre très très compliqué,
03:22c'est quand je dis compliqué, il n'est pas du tout compliqué à lire,
03:24il a été compliqué à écrire, et dans une nouvelle foi, si vous voulez,
03:28je m'expose sur quelque chose de très personnel et qui aujourd'hui n'est pas à l'ordre du
03:32jour.
03:32En tout cas, les catholiques, nous les catholiques, on n'est pas habitués à dire
03:36ce que nous apporte la foi, ce qui est important, la colonne vertébrale que ça nous donne,
03:42et peut-être parce qu'on n'a pas assez défendu notre foi catholique,
03:46eh bien, il y a d'autres religions, sans les juger,
03:49il y a d'autres religions qui ont pris le pas ou qui...
03:55Vous voyez, il y a eu deux moments dans ma vie.
03:57Il y a eu le moment de ma deuxième incarcération,
03:59où là, je me suis aperçu de ce qui se passait.
04:01C'est-à-dire, comme le dit très justement Nicolas Sarkozy,
04:04quand on est incarcéré, c'est un moment de solitude
04:08dans lequel vous vous trouvez seul avec vous-même.
04:10Et c'est un moment de fragilité.
04:11Et Nicolas dit que quand il est rentré dans sa cellule,
04:14il a éprouvé le besoin de se mettre à genoux devant Dieu.
04:16C'est un moment extrêmement violent.
04:18Rappelons que la prison, en particulier la prison française,
04:20c'est pour des gens surtout comme vous,
04:23qui avez vécu une certaine aisance.
04:25Très honnêtement, c'est violent pour tout le monde.
04:28C'est violent pour tout le monde.
04:28Oui, mais bien sûr.
04:29Et d'ailleurs, je suis content parce que Nicolas le reconnaît.
04:32Mais donc, c'est un moment.
04:33Et dans ce moment-là, attention.
04:36Parce que vous avez deux solutions.
04:38Soit vous avez des gens qui vous aident dans la religion
04:41et qui vous aident dans une religion, je dirais, pacifique,
04:43quelque chose qui va vous aider.
04:45Soit vous avez des gens qui vont vous aider
04:47dans une religion qui va vous amener à la haine de l'autre,
04:51à cautionner vos actes,
04:54à dire, de toute façon, ce n'est pas grave, voilà,
04:57et à poursuivre là-dedans.
04:59Et là, moi, c'est ce que j'ai vu en prison.
05:01Et si j'ai éprouvé le besoin d'écrire ce livre,
05:04c'est deux choses.
05:04C'est d'abord parce que la religion aujourd'hui
05:07est très importante pour moi.
05:09Elle m'aide.
05:09J'ai vraiment le sentiment de faire un chemin,
05:12d'essayer de m'améliorer grâce à Dieu,
05:15seul vis-à-vis Dieu, vous voyez.
05:16Vous dites pardon par rapport à des affaires judiciaires.
05:18Non, Péricault.
05:19Je vous dis franchement non.
05:21Non, non, j'ai payé mes dettes vis-à-vis de la société.
05:23Vous n'êtes pas dans l'expiation.
05:24Non, non, pas du tout.
05:25Non, non, mais c'est bien que vous le disiez.
05:27Non, non, mais en plus, très honnêtement...
05:29Dans le bouquin, vous ne le dites pas.
05:30C'est moi qui vous demande si...
05:31Non, non, non, pas du tout.
05:32Non, non, mais je vous réponds.
05:34En plus, si vous voulez, je ne suis pas persuadé que...
05:38Mais ça n'a rien à voir.
05:39Mais c'est juste pour vous dire,
05:40je ne suis pas en train de m'excuser de ce que j'ai pu faire
05:44ou de ce pour quoi j'ai été excusé.
05:45Vous avez pris un risque en écrivant ce livre.
05:47Oui, bien sûr.
05:47Parce qu'on peut vous soupçonner.
05:48Bien sûr.
05:48C'est facile maintenant, oui.
05:50On se réfugie dans la religion.
05:52Oui, non, non, bien sûr.
05:52Et en disant je ne savais pas,
05:53maintenant je suis devenu...
05:54Vraiment ce qu'on appelle la conversion...
05:55Non, non, non, le dernier chapitre s'appelle Pêcheur.
05:58Pêcheur.
05:58C'est-à-dire que je dis que je suis encore pêcheur.
06:01Tout à fait.
06:01Et je dis bien, c'est un chemin.
06:03Je ne suis pas à la fin du chemin.
06:03Mais en revanche, vous voyez Péricault,
06:06la seule personne à qui je dois des comptes,
06:10c'est Dieu,
06:10qui voit mes efforts pour m'améliorer et tout.
06:13Le reste, je n'ai pas écrit ce livre pour ça.
06:15J'ai écrit ce livre pour des gens qui s'ouvrent,
06:17peut-être des gens qui ont vécu les mêmes choses que moi,
06:19pour des gens également qui ont réussi.
06:20Parce que moi j'avais tout.
06:23À 34 ans, j'avais tout.
06:24J'avais trois avions,
06:25j'avais des hôtels particuliers,
06:27des hélicoptères, tout ça.
06:29J'avais tout.
06:30Et je me suis perdu.
06:31Je n'ai pas partagé.
06:32Et je ne l'ai pas vu.
06:34Je ne l'ai pas senti.
06:35Donc si vous voulez,
06:36j'écris ce livre pour envoyer un message fort.
06:39Premièrement, la religion est peut-être une issue à la délinquance.
06:42À sortir de la délinquance.
06:44Et la deuxième chose,
06:45croyez, cela va vous aider,
06:47quelle que soit votre souffrance.
06:50Et c'est juste ça que je veux envoyer.
06:52Et vous voyez, je commence à avoir des retours des lecteurs.
06:54Et c'est fantastique.
06:55Je recommence à avoir des lettres qui me disent
06:57votre livre m'a fait du bien.
06:58Et donc j'ai eu raison d'écrire ce livre.
07:00Elle n'est pas que l'opium du peuple.
07:01La religion, pour vous,
07:02elle est un, j'allais dire,
07:04un instrument d'espoir.
07:05Alors, est-ce que vous avez,
07:06je vais commencer à vous malmener,
07:08est-ce que vous avez toujours cru en Dieu
07:10quand vous faisiez des bêtises ?
07:12Pourtant, vous êtes de culture et d'éducation christienne.
07:14Vous le dites bien, vous le dites clairement.
07:16Vous le découvrez.
07:18Alors, est-ce que si vous n'étiez pas passé
07:20par toutes ces épreuves,
07:21ces accidents de la vie,
07:22avec des tourments, je vous le dis fraîchement,
07:24vous avez fait des conneries,
07:25putain, vous l'avez payé en prison,
07:27et vous l'avez peut-être mérité,
07:29d'ailleurs, vous ne contestez pas la justice,
07:31est-ce que ce n'est pas facile
07:32de se raccrocher à Dieu après ?
07:35Ce n'est pas interdit.
07:36Voilà.
07:37Qu'est-ce que vous répondez à des gens
07:38qui vous diraient, ouais, en attendant ?
07:39Non, mais je le dis dans le livre.
07:41Dans le livre, je dis bien que je sais
07:43que je prends un risque
07:44à écrire ce livre-là.
07:47Et je prends un risque,
07:49mais vous savez,
07:49ma vie est faite de risques.
07:50Mais vous n'étiez pas obligé non plus.
07:51Non, non, bien sûr.
07:52Ma vie est faite de risques,
07:54ma vie est faite d'échecs,
07:55ma vie est faite de succès,
07:56ma vie est faite de démonstration.
07:57J'ai toujours pensé
07:58qu'il fallait dire.
07:59Et je crois qu'entre le choix
08:00entre me cacher
08:01et ne pas partager
08:03cette expérience incroyable
08:04que je vis aujourd'hui,
08:06qui me relève
08:06d'un moment difficile,
08:08et je ne parle pas du tout
08:09de la prison,
08:09puisque j'ai perdu une fille,
08:12ça me relève
08:13de la chose la plus dure
08:14qui puisse arriver à un parent.
08:17Et aujourd'hui,
08:18j'ai des certitudes,
08:19Péricault,
08:19je n'ai pas des doutes.
08:20J'ai des certitudes.
08:22J'ai la certitude
08:23qu'elle est heureuse
08:23à côté du Seigneur,
08:24et j'ai la certitude
08:25d'aller la retrouver.
08:26Et je veux envoyer ce message,
08:28je veux dire aux gens
08:28qui souffrent aujourd'hui,
08:29qui perdent des enfants
08:30et tout ça,
08:31je le dis,
08:33aujourd'hui,
08:33elle est tout le temps avec moi.
08:35Et un jour,
08:35une dame m'a dit,
08:36ce qui doit être dur,
08:37c'est l'absence.
08:38Et je lui dis,
08:38surtout pas,
08:39puisqu'aujourd'hui,
08:39elle est tout le temps,
08:40tout le temps avec moi.
08:41Et je veux partager ça,
08:42parce que je sais
08:43l'état dans lequel j'étais
08:45au moment où elle est partie,
08:47et je sais comment le Seigneur
08:49et comment quelqu'un
08:50m'a porté,
08:51m'a aidé,
08:52et vous voyez,
08:52vous avez en face de vous
08:53non pas quelqu'un d'abattu,
08:54vous avez quelqu'un
08:55plein d'espérance.
08:56C'est la parfaite définition
08:58de la foi,
08:59Pierre Bauton,
09:00que vous venez de faire,
09:01et pourtant,
09:01c'est invérifiable.
09:02Je vous crois sur parole.
09:04Je ne vais pas révéler
09:05si ma confession,
09:06ce n'est pas drôle.
09:07Je suis assez impressionné
09:08par votre...
09:09Alors, vous parlez de certitude,
09:10par votre conviction.
09:11Je ne doute pas
09:12de votre sincérité.
09:13J'ai lu ce livre,
09:14je l'ai relu,
09:15parce que vous pourriez évidemment
09:17user de ce stratagème
09:18pour vous refaire...
09:19Non, non, Perico,
09:20pourquoi faire ?
09:20Vous refaire une virginité
09:21parce que...
09:22Non, mais j'ai 70 ans,
09:24je n'ai pas besoin
09:24de cette virginité.
09:25C'est pour ça.
09:25Mais je vous le dis quand même
09:26parce qu'il y en a qui nous écoutent
09:28qui peuvent le penser.
09:29Je veux tout couvrir
09:30comme possibilité.
09:30Bien sûr, mais Perico,
09:31il faut savoir une chose.
09:31Ce n'est pas facile
09:32de vous recevoir.
09:33Ok, je vous dis...
09:34Et je reçois son cœur
09:35parce que votre sujet est formidable.
09:36Je le vois.
09:37J'ai 70 ans.
09:40Franchement,
09:40j'assume tout ce que je fais
09:42et ainsi de suite.
09:43Ce livre est un livre...
09:44Je sais qu'il est touchy.
09:45Je sais qu'il est touchy
09:46parce que je parle également
09:48de la radicalisation islamiste.
09:50C'est un sujet qui, je pense,
09:52menace notre religion
09:53et pas du fait
09:54de la radicalisation islamiste
09:55mais parce que nous,
09:56les catholiques,
09:57nous n'affirmons pas
09:57assez notre foi.
09:59Et comme j'ai toujours...
10:01Si vous voulez,
10:01j'ai la possibilité d'aider,
10:03je veux dire,
10:05moi, ce que la religion
10:06m'a apporté,
10:07d'autant plus que j'avais
10:08une âme très noire.
10:09Alors, je ne vous dis pas
10:09qu'elle est aujourd'hui blanche.
10:11Je vous dis que j'avais
10:11une âme très noire
10:12et je veux dire
10:12comment elle m'a aidé.
10:14Nous venons d'annoncer
10:14qu'il y a eu l'explosion
10:15des baptêmes.
10:17Oui, j'ai vu.
10:17Et vous avez su
10:18ta dédoille aussi.
10:19Vous avez vu ça ?
10:20Je reçois Pierre Botton,
10:22auteur de
10:23Sur le chemin de ma foi
10:25chez Fayard.
10:26Alors, pour dérésumer,
10:27je dis c'est une confession.
10:28Ce n'est pas qu'une confession,
10:29c'est un témoignage.
10:30C'est un témoignage,
10:31c'est même une proclamation.
10:32J'allais dire une bonne nouvelle.
10:33On va discuter, lui et moi,
10:35sur le fond de cette révélation
10:38et puis ensuite le contexte
10:39dans lequel c'était écrit.
10:41Ça a commencé très fort
10:42avec Pierre Botton.
10:43On se parle sans langue de bois,
10:45c'est direct.
10:45On ne se connaît pas du tout
10:46si ce n'est de réputation.
10:47On s'est peut-être croisés une fois.
10:49Voilà.
10:49Et on n'a aucune sympathie particulière
10:51l'un pour l'autre
10:51mais moi, en tant que journaliste,
10:52j'ai été interpellé
10:53par cet ouvrage
10:54et puis Pierre Botton,
10:55c'est quand même un personnage,
10:57j'allais dire truculent.
10:59Si, vous êtes quelqu'un
11:00de très particulier.
11:01Vous nous appelez
11:02au 0826 300 300.
11:04Alors, Pierre Botton,
11:05il est lyonnais.
11:05On a des éditeurs à Lyon,
11:06bien sûr.
11:07Et je suis sûr
11:08que vous avez un état d'âme,
11:09un avis, une opinion
11:10sur ce témoignage
11:12de Pierre Botton,
11:14sur la foi.
11:14Est-ce qu'on a fait des bêtises
11:15quand on est en prison ?
11:16Est-ce que l'Église catholique ?
11:18Est-ce que la Providence ?
11:19Est-ce que le christianisme ?
11:20Voilà.
11:20Dans une époque où,
11:22on se souvient de la phrase
11:23de Malraux,
11:24le 21e siècle sera spirituel
11:25ou il ne sera pas là,
11:26eh bien,
11:27Pierre Botton,
11:28il est dans la logique de Malraux.
11:29Il a voulu rejoindre
11:30la spiritualité.
11:31Vous nous appelez,
11:32on attend votre appel.
11:33Emmanuel Gallas
11:34vous prendra votre appel
11:34et Pierre Botton
11:35n'hésitera pas
11:36avec la foi qui est la sienne
11:37à vous répondre
11:38en toute sincérité.
11:39A tout de suite.
11:40Midi 14h,
11:41Sud Radio,
11:42la France dans tous ses états,
11:44Péricault-Légas.
11:46Vous êtes bien sur Sud Radio,
11:47il est 13h20,
11:48je reçois Pierre Botton
11:50qui vient témoigner ici
11:53après un destin
11:55tourmenté,
11:56bousculé,
11:56actif,
11:58riche en événements.
11:59Pierre Botton,
11:59vous avez connu
12:00l'opulence,
12:00la richesse
12:01et puis ensuite
12:01le déshonneur,
12:03la prison
12:03et aujourd'hui,
12:04à travers sur le chemin
12:06de la foi,
12:06vous venez,
12:07alors je le dis,
12:08j'assume en toute humilité,
12:10raconter ce qui vous est arrivé
12:11et vous avez besoin,
12:13alors que vous pourriez dire
12:14je tourne la page,
12:15je rentre chez moi,
12:16non,
12:16vous voulez affirmer
12:17que c'est votre foi,
12:18votre redécouverte de la foi,
12:20est-ce que c'est une reconversion ?
12:22Est-ce que je disais
12:23de chemin de Damas
12:23quand Paul de Sarthe,
12:26après avoir tenu
12:27les manteaux
12:27de ceux qui ont lapidé
12:28Saint-Étienne
12:30à Jérusalem,
12:31devient le patron
12:32et le fondateur
12:33de l'Église catholique,
12:34d'ailleurs on reproche
12:35un petit peu
12:35au fait qu'il est un petit peu
12:36un peu éléonné de l'Évangile,
12:38on reviendrait pour en parler
12:39puisqu'on...
12:40Là vous dites
12:41c'est ma foi
12:43dans le Seigneur
12:44qui fait que
12:45je retrouve une raison d'être,
12:47ma vie continue,
12:48voilà,
12:49c'est pas seulement,
12:50c'est pas vraiment un tournant,
12:51mais j'ai une nouvelle raison d'être.
12:54On peut vraiment aujourd'hui,
12:56au XXIe siècle,
12:58après avoir touché
12:59le matérialisme
12:59comme vous l'avez touché,
13:00vous êtes un rationaliste,
13:02vous connaissez trop la vie
13:03et les réalités de la vie
13:03pour vous faire des illusions,
13:04vous pensez vraiment
13:06qu'il y a quelque part
13:07dans cet univers
13:08une puissance divine
13:09à l'origine de la création
13:10et qui continue
13:11à gérer notre quotidien.
13:13Je fais allusion
13:14à ce 27 novembre
13:15à la porte-maillot
13:16accident de scooter
13:17et vous dites
13:18ça m'est envoyé par Dieu
13:20comme un test,
13:21une épreuve
13:21à laquelle je réponds
13:22quelque part
13:23presque avec amour
13:24parce que je suis content
13:25de pouvoir prouver
13:26que je crois en lui.
13:28C'est surréaliste
13:29aujourd'hui comme discours.
13:31Non, oui,
13:31mais enfin,
13:32si vous voulez,
13:32en fait,
13:34je répète,
13:35je veux témoigner
13:37parce que,
13:38alors,
13:39les gens vont être
13:40sans doute surpris,
13:41ça n'a rien à voir
13:42avec mon parcours
13:45de vie.
13:46Si ce n'est que
13:47je dis
13:48qu'une colonne vertébrale
13:49et la foi
13:50est une colonne vertébrale
13:51permet de faire vivre
13:53sa vie différemment.
13:54Le partage,
13:55par exemple,
13:56est quelque chose
13:56de très important.
13:57Arriver à partager.
13:59Et c'est un peu
14:00ce que j'essaie.
14:00Mais vous avez toujours partagé.
14:02Oui, mais...
14:02Même quand vous étiez
14:03dans l'opulence...
14:04Non, non, bien sûr,
14:04mais j'ai beaucoup...
14:05C'est votre tempérament.
14:06Non, non, oui,
14:07je suis généreux,
14:07mais parfois,
14:09c'était...
14:10Vous voyez,
14:10là, ici,
14:11entre parenthèses,
14:12je suis assez fier
14:13de faire ce livre
14:13parce que je sais
14:14que je me mets en danger,
14:16d'ailleurs.
14:16Vous avez posé...
14:17Vous avez posé...
14:18Faire l'a accepté,
14:19c'est déjà un signe.
14:20Vous avez posé
14:22les bonnes questions.
14:23Est-ce qu'on peut vous croire ?
14:23Vous avez posé
14:24les bonnes questions.
14:25Est-ce que vous n'êtes pas
14:25en train de vous refaire
14:26une virginité ?
14:26Non, mais vous posez
14:28les bonnes questions.
14:28Je savais qu'on allait
14:29me poser ces questions-là.
14:30Donc, j'aurais très bien...
14:31Je devais vous la poser.
14:32Bien sûr,
14:32mais c'est pas grave.
14:33Je sais très bien
14:35qu'en écrivant...
14:36Mais, pour moi,
14:37il est beaucoup plus important
14:39d'exposer mes certitudes,
14:40d'exposer ce que la foi
14:41m'a aidé,
14:42de dire aux gens,
14:44essayez,
14:44essayez,
14:45essayez une fois,
14:46aller dans une église,
14:47lisez un peu.
14:48Moi, c'est l'évangile
14:49tel qu'il m'a été révélé,
14:51qui m'a été envoyé en prison
14:53et que j'ai lu,
14:54qui, tout doucement,
14:55m'a amené à cela.
14:56Et puis,
14:57il y a une autre chose,
14:58Péricault,
14:58c'est que quand j'étais en prison,
15:00je n'osais pas sortir
15:01en croix de promenade
15:02avec mes livres.
15:03Vous le racontez.
15:04Vous étiez obligé
15:04de cacher votre foi.
15:05Aujourd'hui,
15:06vous dites,
15:06je veux la montrer.
15:07Non, vous dites,
15:07vous étiez obligé
15:09de cacher votre foi.
15:09Non, je n'avais pas le courage
15:10de la montrer.
15:11C'est pas la même chose.
15:12Oui, d'accord,
15:12mais ça veut dire
15:12qu'il y avait un risque.
15:14Je pensais qu'il y avait...
15:15Vous auriez montré
15:15dans votre cellule
15:16avec vos co-détenus,
15:17dont beaucoup de musulmans
15:18que vous aviez cette fois chrétiennes,
15:20ils disent,
15:20j'aurais peut-être risqué
15:21des problèmes.
15:21Oui, mais justement,
15:21je me rappelle encore aujourd'hui,
15:23c'est un peu pour ça,
15:24si vous voulez,
15:24que j'ai une dette
15:25envers le Seigneur
15:26et je me rappelle
15:27qu'eux,
15:28ils n'avaient pas de problème
15:29à échanger leurs livres
15:32en cours de promenade
15:33et à parler de religion
15:34en cours de promenade
15:35et moi,
15:35je ne l'ai pas fait.
15:36Et je me suis senti,
15:38après le recul,
15:39d'abord,
15:39je me suis senti un peu lâche
15:42et c'est pour ça
15:42que j'ai la volonté aujourd'hui
15:45de dire,
15:46nous devons affirmer
15:48notre religion
15:48quelle qu'elle soit.
15:49Il n'y a pas de mal.
15:49Il n'y a pas de mal
15:50à être musulman,
15:51il n'y a pas de mal
15:51à être catholique,
15:52il n'y a pas de mal
15:52à être juif.
15:53Pierre Botton,
15:53je voudrais vous expliquer...
15:54Alors, je ne vous confesse pas,
15:55je ne suis pas juste d'instruction.
15:57Je voudrais que vous nous expliquiez
15:58avec vos mots
16:00et les déductions
16:01que vous en faites aujourd'hui,
16:02surtout après ce livre,
16:03qu'est-ce qui vous est arrivé ?
16:09Un peu trivial,
16:10j'ai fondu l'armoire à fusibles.
16:12D'accord.
16:13J'ai beaucoup travaillé,
16:15je pense que j'ai gagné
16:17beaucoup, beaucoup,
16:17beaucoup d'argent.
16:18Les gens qui vous connaissent
16:18le reconnaissent.
16:19Beaucoup, beaucoup d'argent
16:20et à un moment,
16:23l'argent,
16:24c'est une éducation.
16:26Voilà.
16:27Vous voyez,
16:27pour faire la comparaison
16:28avec la foi,
16:29avec la foi,
16:29j'ai quelqu'un
16:30qui me tient la main.
16:31J'ai quelqu'un
16:31qui me guide,
16:32j'ai quelqu'un
16:32à qui je peux poser des questions,
16:34j'ai quelqu'un
16:34qui me répond,
16:35j'ai vraiment quelqu'un
16:36qui m'aide.
16:37C'est très important
16:38et encore aujourd'hui.
16:40Et dans l'argent,
16:41je ne l'avais pas.
16:42Je n'avais pas.
16:44Ça déconnecte des réalisateurs.
16:45On le sait.
16:46C'est bateau ce que je raconte.
16:47Non, non, ça je confie.
16:48Il y a des gens
16:48qui sont hors sol
16:49à un moment donné
16:50avec un niveau de fortune.
16:51Vous venez très vite hors sol.
16:53Je prends des choses
16:55très simples
16:56pour vous dire,
16:57c'est des exemples.
16:59Tout ça,
16:59c'est vraiment des choses
17:00que je me reproche.
17:00Ce n'est pas les affaires du chef,
17:01mais c'est un comportement.
17:02C'est que je ne supportais pas
17:05quand j'arrivais
17:05avec mon avion privé
17:07sur un aéroport
17:08que les pales
17:09de l'hélicoptère
17:09ne tournent pas
17:11pour que je sorte
17:12et que je rentre
17:12tout de suite dans l'hélicoptère
17:13et pour décoller
17:13s'il n'est pas.
17:14Oui, oui, c'est vrai.
17:15Donc, vous perdez.
17:16Et puis, plein de choses.
17:18Plus qu'emmerdeur.
17:20Très facile.
17:20Non, mais c'est même
17:22capricieux, c'est ridicule.
17:23Du coup, vous en étiez odieux
17:24ou non pour aujourd'hui ?
17:26Oui, je crois.
17:26D'ailleurs, j'ai une belle anecdote.
17:28J'ai une belle anecdote.
17:29Il y a cet été,
17:30je suis allé à Saint-Tropez.
17:33Je n'avais plus de ron,
17:33je ne savais pas où loger.
17:34Je suis allé voir un monsieur
17:35chez qui j'avais acheté mes bateaux
17:37qui s'appelle Sun Cap d'ailleurs,
17:38qui s'appelle Eric Douat.
17:39Et je suis allé le voir
17:40et je lui ai dit
17:41est-ce que tu peux
17:43me prêter un truc ?
17:44Il m'a dit
17:44écoute, je vais te faire dormir
17:45sur un bateau.
17:46Mais je veux te dire
17:46avant quelque chose,
17:47tu étais vraiment un sale con
17:48mais maintenant,
17:48je trouve que t'es un mec bien.
17:50Pourtant,
17:50vous savez bien,
17:51bien pourtant,
17:51vous les avez côtoyés,
17:52il y a des grandes fortunes,
17:54il y a des grands patrons
17:55qui ont eu un train de vie
17:56peut-être pas modeste
17:57mais je pense à Édouard Michelin,
17:58le grand Édouard Michelin.
17:59Il prenait le métro
18:00pour l'avenir de Breteuil
18:01et je me suis trouvé
18:02à côté de lui
18:03dans un restaurant,
18:04il avait pris le menu
18:04à 35 francs,
18:06il avait payé
18:06avec son petit essai extraordinaire.
18:08Je vous racontais
18:08une anecdote
18:09avec M. Michelin,
18:10quand vous rentriez
18:11dans son bureau,
18:11il laissait traîner
18:12un trombone par terre
18:13et si vous le ramassiez,
18:14alors à ce moment-là,
18:20c'est une éducation,
18:21c'est de famille
18:21en famille en famille.
18:22Moi, je n'ai pas ça,
18:23j'ai commencé à la plonge.
18:25Vous êtes de famille bourgeoise
18:26quand même ?
18:27Oui, mais j'ai quitté.
18:28Avec des valeurs chrétiennes
18:29dans votre éducation.
18:30Votre maman,
18:31votre papa, tout ça ?
18:32Maman, ma mère
18:33et ma mère a basculé
18:34lorsque j'ai eu
18:34un très grave accident
18:35en 71.
18:36On parle d'enfance malheureuse.
18:37Non, non, pas du tout.
18:38Vous auriez un prétexte
18:40d'une revanche sociale ?
18:41Non, non, non.
18:41La revanche sociale, non,
18:42mais j'avais un père
18:43très difficile qui buvait,
18:44enfin bon, peu importe,
18:45c'est compliqué,
18:47mais si vous voulez,
18:48voilà, en aisance, pas.
18:50Mais j'ai quitté chez moi
18:52et j'ai été ensuite
18:53chez Paul Bocuse,
18:55qui était mon parrain
18:56et qui m'a tout appris.
18:57Paul, c'est mon premier
18:58vol en Concorde,
18:59c'est mon premier vol
19:00en hélicoptère,
19:01c'est lui qui m'amène
19:01chez Eddie Barclay,
19:02c'est lui qui m'apprend
19:03à donner le pourboire
19:04dans un hôtel.
19:05Il y a très longtemps,
19:05je ne pensais jamais
19:06vous connaître
19:07ni vous recevoir
19:07et on parle de vous
19:09et il me dit
19:10c'est pas qui tu crois,
19:12c'est tout.
19:12C'est pas qui tu crois.
19:14Il me dit, tu sais,
19:15si je l'aime bien,
19:16c'est que c'est un type bien.
19:17On en est resté là
19:19et aujourd'hui,
19:20je suis en train
19:20de développer
19:21cette idée avec vous.
19:23Et vous devenez
19:24le genre d'un homme politique
19:26important,
19:26Michel Noir,
19:27qui était un des jeunes espoirs.
19:28Qui était mon meilleur ami.
19:30En plus, voilà,
19:32un dignitaire du RPR,
19:33on a pensé
19:34qu'il n'aurait plus
19:35de Premier ministre,
19:35proche de Chirac,
19:36qui fait partie,
19:37on a parlé,
19:38à votre arrivée en rentaine,
19:39je me souviens,
19:40les plus jeunes
19:40ne s'en souviennent pas,
19:42les rénovateurs,
19:43pas les réformateurs.
19:44Il y avait toute la bande,
19:45il y avait François Bayrou,
19:46il y avait Léotard,
19:48il y avait Michel Noir,
19:49il y avait Carignan
19:49qui a essayé ça.
19:50Et puis bon,
19:51finalement,
19:51la vieille garde,
19:54Pasqua et Séguin
19:55et Chirac,
19:56hop,
19:57disperse tout ça.
19:58Séguin surtout.
19:59Séguin qui en faisait
20:00un peu partie au départ.
20:01Oui, il en faisait partie,
20:02mais ensuite il est repris.
20:03Et finalement,
20:03ça n'a pas le même sens
20:04qu'il voulait
20:04et c'est lui
20:05qui vous torpille.
20:06Qui va retourner,
20:07M. Pasqua.
20:07Donc, vous côtoyez la politique.
20:09Oui, oui.
20:09C'est sans doute
20:10la plus grosse erreur
20:14conséquence,
20:14même si de son côté.
20:15Et tout ça se finit
20:17en prison
20:18et puis vraiment en prison,
20:19à travers le...
20:22Vous considérez aujourd'hui
20:23que vous avez payé
20:25votre faute, oui.
20:26Oui, bien sûr.
20:27La justice ne vous a pas épargné.
20:29Non, c'est pour ma parfait cadeau.
20:31C'est une faute que...
20:33Alors, est-ce que ce christianisme
20:35fait que vous l'expirez
20:36tout le temps
20:37ou à un moment donné,
20:39il y a la charité,
20:41la compassion,
20:42la miséricorde
20:43fait qu'à un moment donné,
20:44on peut aussi tourner la page
20:45dans la foi chrétienne ?
20:48Moi, vous voyez,
20:49je ne gère pas ma foi
20:50comme ça, Pierre-Croix.
20:52Ma foi, c'est d'abord,
20:53en fait,
20:54cette certitude que j'ai,
20:56elle date de trois ans,
20:57donc c'est quatre ans,
20:58c'est très peu.
20:59Donc, voilà.
21:00C'est une conversion
21:01quand même un petit peu,
21:02même s'il y a une base
21:02de foi chrétienne
21:03dans votre éducation,
21:04il y a en tout cas
21:05une découverte
21:06d'un élément
21:06que vous ne souptionnez pas
21:08dans le christianisme.
21:09Je ne peux pas dire autrement,
21:10j'ai une certitude,
21:11donc c'est compliqué
21:12à expliquer une certitude.
21:13Mais voilà,
21:15donc ensuite,
21:17il faut très honnêtement
21:18le passé,
21:19ça ne m'intéresse pas tellement.
21:20Ce qui m'intéresse,
21:21je vous le répète,
21:22c'est si je peux aider,
21:23voilà,
21:23si je peux aider,
21:24si je peux aider des jeunes,
21:26si je peux aider également
21:28les gens incarcérés,
21:29qui sont dans des...
21:30Alors, on va en parler.
21:31...qui sont dans un rythme,
21:34dans une délinquance
21:36qui est répétée
21:37et dans laquelle,
21:38je pense,
21:39la foi peut aider.
21:39On va en parler
21:40parce que vous avez eu
21:41un acte,
21:42un comportement chrétien
21:43avant d'écrire ce livre.
21:44Vous avez quand même
21:44tendu la main vers les gens
21:45avec qui vous aviez partagé
21:46une souffrance.
21:47Donc, vous avez compris,
21:48je reçois Pierre Botton
21:49qui écrit sur le chemin
21:51de ma foi édité
21:51chez Fayard
21:52et nous discutons avec lui
21:53alors vraiment,
21:55c'est pas à bâton rompu,
21:57c'est à fleur et moucheté non plus,
21:59c'est de...
21:59Voilà,
21:59de sincérité en conviction
22:01sur comment,
22:02après avoir vécu
22:03tant de tourments,
22:04la foi peut être
22:05pas seulement une lueur d'espoir,
22:07une raison d'être
22:08et comment se trouver bien
22:10dans cet univers,
22:12dans cette vie,
22:12en croyant en Dieu.
22:13Vous restez avec nous,
22:15vous nous appelez
22:15au 0826 300 300.
22:17Je suis sûr que ce thème
22:18vous interpelle,
22:20que vous avez envie
22:20de dire quelque chose,
22:21que peut-être vous avez été
22:22confronté à cette réalité
22:23ou que vous connaissez
22:24parmi vous,
22:25des gens que vous aimez
22:26ou vos proches,
22:27des gens qui ont vécu
22:28aussi cette situation
22:29ou tout simplement
22:30la redécouverte de la foi
22:32à une période
22:32où il y a quand même
22:33pas mal de barbarie
22:34et pas mal de,
22:36j'allais dire,
22:37de...
22:39comme de paganisme
22:40dans une époque
22:41qui est peut-être
22:42un peu trop païenne
22:43par rapport à ce qu'elle aurait besoin.
22:44A tout de suite sur ce...
22:46Midi 14h,
22:47Sud Radio,
22:48la France dans tous ses états,
22:50Perico-Legas.
22:52Vous êtes bien sur Sud Radio,
22:53il est 13h34
22:54en ce jeudi 26 mars 2026
22:57et je reçois
22:59en face-à-face,
23:00peut-être en côte-à-côte,
23:01c'est la phrase
23:02de M. Collomb,
23:07maire de Lyon,
23:07ministre de l'Intérieur,
23:08le jour de son départ,
23:10et puis Alexandre Devecchio,
23:13rédacteur en chef
23:13du Figaro Vox,
23:14a écrit aussi,
23:15nous étions...
23:15on était côte-à-côte,
23:17on est face-à-face,
23:19et donc là,
23:20je suis face-à-côte
23:20avec Pierre Bauton.
23:23Pierre Bauton,
23:24on va venir un petit peu
23:25dans l'actualité,
23:26tout ce que vous dites
23:27est à la fois,
23:29je vais le cuire tanné,
23:31mais c'est bouleversant
23:33et étonnant
23:34parce que c'est tellement
23:35peu conforme
23:36à ce qu'on croit entendre.
23:38Quelqu'un qui,
23:39après avoir payé sa dette
23:40à la société
23:41pour des erreurs commises,
23:43vient dire gratuitement,
23:44parce que vous n'avez rien
23:45à gagner de plus.
23:47Cette prise de conscience
23:48que vous êtes un pêcheur,
23:50je vous disais,
23:51est-ce que si vous n'avez pas
23:51eu ces accidents,
23:52vous auriez fait
23:53cette prise de conscience ?
23:54Vous me dites non,
23:55pourtant c'est une vraie
23:56prise de conscience,
23:57vous me dites,
23:57attention,
23:58je ne suis pas dans l'expiation,
24:00qu'est-ce que vous pensez ?
24:01Ça va vous toucher,
24:02vous connaissez l'actualité,
24:05Clémence de Vincent Bolloré
24:06avec Jean-Marc Morandini,
24:08et devant la commission d'enquête,
24:10on dit à Vincent Bolloré
24:11quand même
24:12ce qu'a fait Jean-Marc Morandini
24:14par rapport aux autres journalistes,
24:15vous auriez pu être plus ferme,
24:16et il dit,
24:17la justice est passée,
24:18et maintenant,
24:20miséricorde doit passer.
24:21C'est une phrase
24:22qui vous touche ou non ?
24:23C'est lui.
24:23C'est lui.
24:24Voilà.
24:25C'est juste Vincent Bolloré.
24:27Mais c'est une phrase
24:27qui vous parle.
24:28Oui, bien entendu.
24:29La justice est passée,
24:30maintenant miséricorde doit passer.
24:32Je pense que je ne veux pas...
24:35Mais je pense que...
24:36Non, mais j'aime bien
24:36votre avis là-dessus.
24:37Je pense que les gens
24:39ne connaissent pas
24:40les motivations
24:40de Vincent Bolloré.
24:42Et je vous dis,
24:43moi j'avais reçu
24:44beaucoup de messages
24:44en disant
24:45oui quand même,
24:46et tout ça.
24:46Et c'est juste lui.
24:48Parce qu'on l'accuse
24:49d'être chrétien,
24:50donc réac,
24:51et que CNews
24:52est une radio
24:54dite d'extrême droite
24:55parce que lui-même
24:55est un catholique intégriste.
24:57C'est une lecture
24:57que fait la gauche,
24:59que fait l'intelligence
24:59de gauche,
25:00vous vous dites non,
25:02c'est un chrétien.
25:02Non, non, non,
25:02je pense que c'est un
25:04fervent chrétien.
25:04C'est totalement son droit,
25:06bien sûr.
25:06C'est un fervent chrétien,
25:07c'est un fervent croyant,
25:10c'est un homme
25:11d'une force incroyable,
25:15d'une vision incroyable,
25:16et je vous dis,
25:17c'est lui,
25:17il est dans le pardon,
25:20c'est une des choses
25:21que moi j'ai parfois du mal,
25:23voilà,
25:23je vais me confesser de ça,
25:25parfois c'est vrai
25:26que j'ai du mal
25:27à pardonner
25:28à certains de nos ennemis.
25:28Vous n'avez pas tant de mal
25:30à pardonner que ça,
25:31on a un extrait
25:33qui a été diffusé
25:34dans une émission,
25:35c'est à vous,
25:36où vous êtes cité,
25:38où le juge courrois est invité,
25:39le terrible juge courrois,
25:40la terreur,
25:41des gens qui ne respectent pas la loi,
25:42on écoute votre déclaration,
25:44votre définition,
25:45on vous demande
25:45qu'est-ce que vous pensez
25:46du juge courrois.
25:47C'est un magistrat
25:50atypique,
25:51ça c'est évident,
25:52j'ai eu contact
25:53d'autres magistrats,
25:54qui a d'une rigueur,
25:57très très grande rigueur,
25:59très sévère,
26:00très très sévère,
26:01implacable,
26:03implacable,
26:06mais je ne,
26:07ce n'est pas un magistrat
26:09qui va aller chercher
26:10des charges
26:11là où il n'y en a pas.
26:14Moi je suis obligé de dire
26:16que ce magistrat là
26:18m'a remis
26:19dans les rails
26:20de la vie normale.
26:22Il m'a remis
26:23dans les rails
26:23de la vie normale.
26:24Le juge courrois répond
26:26à Anne-Elisabeth Lemoyne,
26:28il est touché évidemment
26:29de vos témoignages
26:30parce que voilà,
26:31et il fait bien allusion
26:32au fait que vous aviez
26:33en commun
26:35ces valeurs chrétiennes.
26:37Il ne va pas au-delà
26:38et vous,
26:39on a l'air de comprendre
26:41que c'est un petit peu
26:42lui qui vous ouvre
26:44la voie,
26:44cette voie du Seigneur
26:45impénétrable,
26:46il vous permet
26:47de la pénétrer
26:47et peut-être que
26:48c'est avec sa rencontre
26:50que vous commencez
26:51peut-être cette prise
26:52de conscience.
26:52Est-ce que ça peut être
26:53le cas ?
26:53Non, il a essayé
26:54mais je ne l'ai pas saisi.
26:55Parce qu'il est chrétien,
26:56il le dit comme tel.
26:57Oui, il le dit,
26:57il le dit.
26:58Je raconte dans le livre
26:59d'ailleurs,
26:59quand il me sort,
27:00il me sort à la...
27:02Tout à fait,
27:03vous le dites à l'heure.
27:04Oui, à une date très précise.
27:06Mais je ne l'ai pas saisi
27:09parce qu'en fait,
27:10il y avait deux choses.
27:12Je mets cette phrase
27:13de Napoléon
27:14qui dit
27:14l'homme n'est jamais aussi grand
27:16que quand il s'agenouille
27:16devant Dieu.
27:17Et moi,
27:18je ne m'étais jamais
27:19agenouillé devant personne.
27:20J'ai eu 92 auditions
27:21devant le juge de l'instruction
27:23parce qu'il me demandait
27:25de révéler des choses
27:26et j'ai été élevé comme ça
27:28et je ne balance pas.
27:30Et donc, à chaque fois,
27:31il faisait venir,
27:32c'était très compliqué
27:33pour cinq minutes,
27:34et bon,
27:35alors vous avez des choses
27:35à me dire,
27:36non, très bien,
27:37mais remettez-lui les menottes
27:38et qu'il reparte en prison.
27:39Et ça a duré 92 fois.
27:41Mais donc,
27:42je n'ai pas pu saisir,
27:42si vous voulez,
27:43parce qu'on était
27:43en opposition là-dessus.
27:44Maintenant,
27:45il a tendu une main chrétienne
27:47qui m'a parlé.
27:52Voilà,
27:52qui m'a parlé.
27:53Mais cette main chrétienne
27:55était en opposition
27:57avec l'affaire judiciaire
27:58et le comportement
27:59que je devais avoir
28:00vis-à-vis de la justice.
28:01Lui qui était
28:01le jou de la République,
28:03qui allait sanctionner...
28:04Il a sanctionné
28:06assez fortement.
28:07Fortement,
28:08sans compassion.
28:09Là,
28:10il n'y a pas eu
28:10de miséricorde.
28:11Lui,
28:11il dit,
28:11je n'ai fait qu'appliquer
28:12la loi.
28:13Et donc,
28:14la justice,
28:15et pour autant,
28:16il y avait en lui
28:16ces valeurs chrétiennes.
28:18Puisque vous êtes de Lyon,
28:19nous avons Jean-Marie
28:19qui nous appelle de Lyon,
28:20Pierre Botton.
28:21Bonjour Jean-Marie.
28:22Oui,
28:23bonjour.
28:23Merci de prendre mon appel.
28:25Au contraire,
28:26qu'est-ce que vous inspire
28:27ce témoignage
28:27de Pierre Botton ?
28:28Écoutez,
28:29je viens de recevoir
28:30avec votre émission,
28:31en recevant
28:32M. Pierre Botton,
28:34une des plus grandes émotions
28:36de ma vie.
28:36Eh ben !
28:37C'est magnifique.
28:39Eh ben !
28:40Ben c'est...
28:41Voilà, M. Pierre Botton,
28:42je peux vous dire tout de suite,
28:43moi étant un chrétien convaincu,
28:46nous fais part de sa conversion,
28:47il faut appeler ça conversion.
28:49Oui,
28:49on cherche le mot avec lui
28:50depuis le début.
28:52Il était déjà...
28:52Il est né chrétien.
28:53Il faut...
28:54On a parlé de prise de conscience.
28:55On a parlé de prise de conscience
28:56qu'il était un pécheur.
28:58Il y a une intervention extérieure
29:00à l'être humain
29:00dans sa conscience.
29:01C'est pour ça
29:02qu'il s'est converti,
29:04M. Botton.
29:04Et il parle de Saül de Tarse
29:06sur le chemin de Damas.
29:08Il faut relire...
29:09C'est moi qui l'ai comparé.
29:11J'ai dit,
29:11est-ce que c'est votre chemin de Damas ?
29:12Voilà.
29:13Non, non, mais il l'a dit,
29:15lui, dans le livre,
29:15quelque part.
29:16Moi, je me permets de parler de ça
29:19de M. Botton,
29:20parce que j'ai croisé sa route
29:22au début des années 80.
29:24Nous étions tous les deux en poste.
29:26Moi, j'étais en poste à Lyon,
29:29petit directeur de banque,
29:31comme ça, quoi.
29:31Bon, je connaissais ses parents,
29:34des gens charmants, d'ailleurs,
29:35formidables.
29:36Son père et sa mère,
29:37je les ai connus,
29:38des gens extraordinaires.
29:40Alors, chacun a ses défauts,
29:41bien sûr.
29:43Vous acceptez de révéler
29:44votre identité ou non ?
29:45Vous donnez votre nom de famille,
29:46Jean-Marie ?
29:47La banque.
29:48Le nom de la banque.
29:49Je vous donnerai hors antenne,
29:50hors antenne.
29:50Bon, et le nom de la banque ?
29:52Le nom de la banque.
29:53C'est une banque bien connue lyonnaise.
29:55C'était une des banques principales de Lyon.
29:57Bon, on croit comprendre.
29:59Allez-y, allez-y.
30:00Je dois remercier.
30:01Je dois, aujourd'hui,
30:03remercier M. Botton,
30:05mais d'une façon
30:08tellement,
30:10surnaturelle,
30:11que cet incident
30:12qu'il y a eu
30:13entre lui et moi,
30:14compte tenu de sa vie,
30:15un peu comme il l'a décrit lui-même,
30:17c'est lui-même qu'il le dit,
30:19j'ai subi
30:20le contre-coup
30:21de cette rencontre
30:23et
30:25d'un seul coup,
30:26un événement,
30:28je qualifie
30:29d'extraordinaire,
30:30parce que j'ai beaucoup souffert
30:31de cette rencontre,
30:34cette rencontre
30:35a bouleversé ma vie.
30:36J'ai changé
30:37d'orientation professionnelle
30:38et ça a été
30:39un enchaînement
30:40successif
30:41de bonheurs.
30:42Et j'ai suivi
30:45en parallèle
30:47les affres
30:48qu'a subi
30:49M. Botton,
30:50ses années de prison,
30:51etc.
30:51J'étais en Afrique
30:52équatoriale
30:52et dans le point,
30:53je voyais sa souffrance
30:54parce qu'il était
30:55en prison.
30:58Comment ?
30:59Aujourd'hui,
31:00c'est l'aboutissement.
31:01Jean-Marie,
31:02votre témoignage
31:03est simplement
31:03bouleversant,
31:05inattendu.
31:06M. Botton,
31:07vous êtes dans
31:08les voix du Seigneur.
31:11Que tous les catholiques
31:13nous écoutent aujourd'hui
31:14et qu'ils sachent
31:15que si on ne fait
31:15des choses
31:17mauvaises,
31:18ça m'est arrivé aussi,
31:19nous pouvons
31:20nous transformer.
31:22Crions notre foi,
31:24hurlons
31:25le bien de l'humanité,
31:27la fraternité.
31:28M. Botton,
31:29je vous embrasse.
31:30Merci.
31:31C'est très touchant.
31:32Merci beaucoup.
31:32Vous avez bien fait
31:33de venir,
31:33d'accepter cette invitation.
31:35Merci beaucoup.
31:36Jean-Marie,
31:36ce que vous dites,
31:37voilà,
31:37je trouve que c'est
31:38un instant de radio
31:38assez unique,
31:40inattendu.
31:41À suite de radio,
31:42on n'est pas toujours
31:43versé sur les questions
31:44religieuses et pourtant
31:45elles font partie
31:45des réalités
31:46de la société française.
31:47L'Église catholique,
31:48alors je vais jouer
31:50mon mécréant,
31:51c'est aussi l'Inquisition,
31:53c'est beaucoup de morts
31:54pendant la conquista
31:57et puis un évêché
31:59et un clergé supérieur
32:00qui bénissait
32:01les mitraillettes de Franco
32:02qui soutenaient
32:02le régime de Pinochet,
32:04mais c'est aussi
32:05des prêtres qui ont,
32:06au bas de l'échelle,
32:07des prêtres ouvriers
32:08et des prêtres,
32:09tout simplement,
32:10des prélats
32:10qui ont été proches
32:11des souffrances du peuple
32:13et une des grandes erreurs,
32:14c'est d'avoir oublié
32:15les chrétins d'Orient
32:16qui étaient le rempart
32:17de la civilisation
32:18face à la barbe.
32:19Et en tout cas,
32:20là, on a la rencontre
32:20de deux chrétiens,
32:22on précise catholiques,
32:23mais c'est surtout
32:24deux hommes
32:25qui ont la foi
32:26et qui,
32:26après avoir eu
32:27des différents,
32:28peut-être que Pierre Bouton
32:29s'en souvient,
32:30vous vous réconciliez,
32:31vous vous retrouvez
32:32dans cette fraternité.
32:33Voilà.
32:34Il y a un instant
32:35de compassion
32:35absolument extraordinaire.
32:37Et là,
32:38ce n'est pas préparé.
32:39Merci Jean-Marie
32:40pour votre témoignage.
32:41Merci infiniment.
32:41Pierre Bouton,
32:42poursuivez votre réponse
32:43à Jean-Marie.
32:44Non, non,
32:45je pense que
32:45c'est vraiment
32:46très très fort.
32:47Voilà,
32:48c'est quelque chose
32:48de très fort,
32:49vous voyez.
32:50Comme vous le disiez
32:51tout à l'heure,
32:51j'ai pris un risque
32:52à écrire cet ouvrage,
32:53mais vous voyez,
32:54ce témoignage
32:56montre que j'ai bien fait
32:57de prendre un risque.
32:57Donc, bien sûr
32:58que je vais me faire
32:58démolir par ailleurs.
33:00Enfin, là,
33:00vous avez un lecteur.
33:01En mon avis,
33:01Jean-Marie va aller
33:01en librairie acheter...
33:02Mais je pense...
33:0410 euros,
33:05Jean-Marie.
33:06Mais je pense surtout...
33:08Je pense...
33:09Vous voyez,
33:09dans toutes choses,
33:10toutes les fois qu'on agit,
33:12il faut savoir
33:12si on prend le risque...
33:14On ne prend pas le risque
33:15pour ne pas être abîmé,
33:17pour ne pas prendre de coups,
33:18ou si on le prend,
33:19au risque d'en avoir
33:20que deux ou trois
33:21choses positives.
33:22Moi, j'ai toujours
33:22pris ce risque-là.
33:24Je n'aime pas l'inaction,
33:25j'aime le risque.
33:26Et pour moi, d'ailleurs,
33:27prier,
33:27prier,
33:28c'est un acte d'action.
33:29Surtout qu'on ne vous avait
33:30rien demandé.
33:31Non, vraiment pas.
33:32Je suis avec Pierre Botton.
33:34Il reste encore
33:34un quart d'heure d'antenne
33:35avec nous.
33:36Appelez-nous au 0 826 300 300.
33:38Je ne sais pas
33:39si les autres auditeurs
33:40ont la ferveur
33:40de Jean-Marie.
33:41Il a eu ce témoignage
33:42incroyable,
33:43hallucinant.
33:43Très, très bel instant.
33:44Je pense qu'il restera
33:45dans les annales.
33:46Et Pierre Botton
33:47est toujours là.
33:48Vous pouvez lui poser
33:48des questions.
33:49Vous pouvez l'engueuler,
33:50si vous voulez,
33:51en disant que ce n'est pas
33:51bien ce qu'il a fait.
33:52Vous remarquez,
33:52vous en changez un petit peu
33:53quand même.
33:53Oui, bien sûr.
33:54Non, non.
33:56Oui, quand même.
33:56Je suis journaliste.
33:58Je suis obligé
33:58de vous engueuler.
33:59Ça, ça, je ne serai pas
33:59un bon journal.
34:00Obligé, non.
34:01Mais vous le faites,
34:01en tout cas.
34:02Voilà.
34:02Vous nous appelez,
34:03Emmanuel Galassot
34:04prendra votre appel
34:04et bien sûr,
34:05Pierre Botton
34:05reprendra avec la sincérité
34:07de la franchise
34:08qui est la sienne.
34:09A tout de suite sur...
34:09Midi 14h,
34:11Sud Radio,
34:12la France dans tous ses états,
34:14Péricault et Gasse.
34:16Nous sommes le jeudi 26 mars 2026,
34:19il est 13h49,
34:20je reçois Pierre Botton,
34:22auteur de
34:22Sur le chemin de la foi.
34:23Nous venons de vivre
34:25un instant assez exceptionnel
34:26de radio
34:27avec Jean-Marie
34:28qui a connu Pierre Botton
34:29et qu'ils ont partagé
34:31ensemble des instants
34:33de difficultés
34:34et Jean-Marie,
34:34en écoutant Pierre Botton,
34:35dit que c'est un instant de bonheur
34:36parce que,
34:37voilà,
34:37cette foi,
34:38cet amour de Dieu,
34:40ce christianisme
34:41nous rapproche
34:42et c'était assez émouvant
34:43d'entendre ces deux hommes
34:44et maintenant,
34:45Pierre Botton
34:46voit de qui il s'agit.
34:47Effectivement,
34:47il dit,
34:48cet homme a subi,
34:50effectivement,
34:50à cause de moi,
34:51des tourments.
34:52Donc,
34:52c'est très émouvant
34:53de ce témoignage.
34:54On continue à recevoir
34:56des témoignages.
34:57Annie,
34:57vous appelez d'Aurillac
34:58dans le Cantal.
34:59Oui.
35:01Oui.
35:01Bonjour.
35:02Est-ce que cet échange
35:03avec Pierre Botton,
35:05cette rédemption,
35:06cette prise de conscience
35:07de la foi,
35:09est quelque chose
35:09qui vous interpelle ?
35:12Oh là là,
35:12largement,
35:13largement,
35:13largement.
35:14J'ai aussi 70 ans,
35:16j'ai un parcours de vie
35:17extrêmement douloureux
35:20et c'est grâce à la foi,
35:22cet appel de je ne sais où,
35:24moi qui ne me croyais pas du tout
35:25à l'époque,
35:26qui avait une vie turbulente,
35:29une société,
35:29enfin,
35:30beaucoup de responsabilités,
35:31de responsabilités
35:32et pas du tout
35:33le temps
35:34ni la possibilité
35:36de penser
35:37à tout ce que je croyais,
35:39ces choses-là.
35:40Et aujourd'hui,
35:41si je n'avais pas eu
35:42cet appel
35:44de je ne sais où,
35:45une espèce de colonne
35:46vertébrale de la vie,
35:49eh bien,
35:49je ne m'en serais pas sortie,
35:50je pense.
35:52vous avez l'air convaincus
35:53tous les deux,
35:53vous avez l'air convaincus
35:54tous les deux
35:55de ce que vous dites,
35:55vraiment,
35:56je suis interpellé,
35:57parce que vous êtes
35:58des rationalistes,
35:59vous êtes des rationalistes
36:00quand même.
36:00Ah oui,
36:01les pieds sur terre,
36:01peut-être dans les étoiles
36:03maintenant,
36:04mais vraiment,
36:05les pieds sur terre,
36:06oui,
36:06complètement,
36:06parce que pour mener
36:08des entreprises,
36:08c'est quand même compliqué,
36:09on n'a pas toujours
36:10le temps
36:13de s'occuper un petit peu
36:15de ces choses-là,
36:16et je vous dis,
36:17il a fallu
36:19des souffrances terribles,
36:21la perte de mon compagnon
36:22dans des circonstances
36:23abominables,
36:24et il est toujours là,
36:25il m'accompagne,
36:26il y a cinq ans
36:26qu'il est parti,
36:28c'est une personne
36:29merveilleuse,
36:31mais c'est parmi
36:33bien d'autres douleurs,
36:34j'ai perdu des enfants,
36:35enfin,
36:35j'ai eu une vie
36:36assez lourde.
36:36Donc,
36:37vous croyez
36:37en la vie éternelle ?
36:40Ah mais,
36:41oui,
36:42ça m'est encore difficile
36:43de vous le dire,
36:45mais quelque chose
36:48est-ce que c'est
36:49un des éléments
36:50les plus difficiles
36:51de la vie éternelle,
36:52et surtout de se dire,
36:54je fais la vision
36:54à cette maman juive
36:55dont le petit garçon,
36:56elle franchissait
36:58la frontière allemande-suisse
36:59en 1942,
37:01et on lui retire
37:02son enfant des bras,
37:04et elle témoignera après
37:05je suis fâché avec Dieu,
37:07parce qu'il ne devait pas
37:09me faire ça.
37:10Donc,
37:10c'est vrai qu'on est ébranlé
37:11quand on traverse
37:12des périodes épouvantables,
37:14qu'est-ce que c'est
37:15avec ce Dieu
37:15qui permet la souffrance,
37:17et vous,
37:18vous ne décrochez pas,
37:19vous croyez en l'amour
37:20de Dieu
37:20et en la vie éternelle.
37:22Ah oui,
37:22et j'ai pu,
37:23je ne sais pas,
37:24c'est mon,
37:25je dirais,
37:26mon prosac de tous les jours,
37:27je me lève le matin,
37:29évidemment,
37:30j'ai toujours cette douleur,
37:31parce qu'elle nous accompagne,
37:32c'est une résilience,
37:33mais la résilience
37:34ne passe pas la douleur.
37:36Peut-être même
37:36qu'elle la maintient,
37:38et c'est-à-dire
37:39qu'on est obligé
37:39d'avancer avec l'épine
37:40en pied,
37:41mais il y a quelque chose
37:43qui fait que,
37:44eh bien,
37:45cette douleur,
37:45elle est comme anesthésiée,
37:48elle ne s'en va pas,
37:49bien sûr,
37:50mais elle vous permet
37:51de repartir,
37:52de recroire en la vie
37:53et de la trouver,
37:54malgré tout ce qui nous arrive
37:56en ce moment,
37:57c'est terrible,
37:57d'ailleurs,
37:58c'est justement lié
38:00à cette espèce
38:01de retour sur soi,
38:03mais dans un égo
38:05surdimensionnée,
38:05on oublie
38:06qu'on a cette puissance
38:07en nous,
38:08moi je la sens,
38:09alors que ce qui me permet
38:11de dire ça,
38:11c'est que je l'ai ressenti
38:13dans ma vie.
38:14J'ai toujours été empathique,
38:15c'est vrai,
38:16mais pas comme ça.
38:17Annie,
38:18Pierre Botton communie avec vous,
38:20je le vois à son regard,
38:21il a envie de vous répondre,
38:23il a très envie de vous répondre.
38:24Non,
38:24je voulais vous remercier
38:25de votre témoignage,
38:26madame,
38:26parce qu'il faut
38:27qu'on soit plus nombreux,
38:28justement,
38:30à vous en parler
38:31de façon extraordinaire,
38:32et il faut qu'on soit
38:34plus nombreux
38:34à parler comme ça
38:35pour essayer de...
38:36Il ne s'agit pas
38:37de prosélytisme,
38:38il s'agit d'évangélisation,
38:39c'est-à-dire,
38:40il s'agit de dire
38:41aux gens
38:42qui souffrent
38:43que,
38:44vous voyez,
38:44vous avez visiblement souffert,
38:46sans doute,
38:47il n'y a pas de comparaison
38:47à faire dans les souffrances,
38:48et vous êtes encore debout,
38:50vous êtes encore dans la foi,
38:51vous êtes encore dans l'espérance.
38:53Et je vous remercie
38:54de votre témoignage
38:54parce que,
38:55d'abord,
38:55vous ne me laissez pas
38:56tout seul
38:56dans ce témoignage difficile
38:59et ensuite,
39:00vous en parlez
39:01tellement bien
39:02donc,
39:03il faut continuer
39:04à diffuser autour de soi
39:05pour que notre religion
39:09existe
39:09et apporte à d'autres
39:10et c'est comme ça
39:11qu'on deviendra
39:13peut-être plus fort
39:14en face d'autres choses.
39:15Voilà.
39:15Mais en tout cas,
39:16merci beaucoup, madame.
39:16Je vais vous poser
39:17une question à tous les deux.
39:18J'ai été éduqué,
39:19formé par les jésuites
39:21qui m'ont dit
39:23l'essentiel,
39:24c'est d'appliquer
39:25les valeurs des évangiles
39:27qui est le texte
39:27le plus puissant
39:28qu'on ait jamais fait
39:29dans l'humanisme.
39:31T'inquiète pas,
39:32si Dieu ne te soucie pas
39:33de savoir s'il existe
39:34ou s'il existe pas,
39:34applique l'évangile
39:35et puis c'est un peu
39:36le pari de Pascal.
39:37S'il est là,
39:38il te rendra compte
39:39s'il n'est pas la Torah
39:39fait le bien sur terre.
39:40Est-ce que l'existence
39:41de Dieu est si primordiale,
39:44si incontournable
39:44pour appliquer
39:45les valeurs de l'évangile
39:47et faire le bien
39:48autour de soi
39:48et d'aimer son prochain
39:49comme soi-même ?
39:50Je vais répondre moi
39:51et après madame répondra
39:52mais moi, Perico,
39:53j'ai pas de doute
39:54donc je ne peux pas répondre
39:55à votre question
39:56parce que pour moi
39:57c'est une certitude.
39:58C'est-à-dire que Dieu existe
39:59c'est une certitude,
40:00la vie éternelle existe
40:02et je suis...
40:03Voilà, après il faut
40:04essayer de faire le mieux
40:05tant qu'on est sur terre.
40:06Je le répète,
40:07on reste pêcheurs,
40:08la confession existe,
40:10il faut essayer
40:10de s'améliorer
40:11et notre seul juge,
40:13la seule personne
40:13à qui on a des comptes
40:15à rendre,
40:15c'est Dieu.
40:15Donc s'il est sur le lac
40:17des Tibériades
40:17et qu'il vous appelle,
40:18vous sortez du bateau
40:19et vous ne vous enfoncez pas,
40:20vous marchez,
40:21vous croyez vraiment
40:23en lui.
40:24À niveau si,
40:25la foi vous anime ?
40:27Ah oui, tout à fait.
40:27Et tout cela,
40:28ça va au-delà
40:29de toute intellectualisation
40:33de la vie.
40:34C'est profond,
40:36ça vient du puissant,
40:38du plus profond
40:39que l'on puisse,
40:40qu'une âme puisse avoir.
40:41Le mot âme a un sens
40:42tout d'un coup.
40:43Alors que jusque-là,
40:45ça me semblait être
40:47oui, oui,
40:48vous respectez tout le monde,
40:49oui,
40:50mais je ne le ressentais pas.
40:52Pierre Botton,
40:53vous avez l'air...
40:54Merci Annie
40:54pour votre témoignage
40:55traité.
40:56Merci Jean-Marie Rossi.
40:56Vous avez l'air rassuré.
40:59Oui, mais vous avez l'air empé.
41:01Vous avez l'air empé.
41:02Non, oui,
41:02parce que comme je vous l'ai dit,
41:04j'ai pris un risque
41:05avec ce livre.
41:07Tout à fait.
41:08J'ai vraiment pris un risque
41:09et je suis tellement content
41:10des témoignages
41:12qu'on a à votre antenne.
41:14C'est rassurant.
41:14Je me sens moins seul.
41:17C'est un peu bête
41:18de dire ça.
41:20Mais surtout,
41:21ça donne un sens
41:22au risque que j'ai pris.
41:23Je vous en remercie,
41:24Péricault,
41:24de m'avoir invité
41:25et de m'avoir permis
41:26d'entendre ces témoignages.
41:28Écoutez,
41:29on rend hommage
41:30à René de Châteaubriand.
41:31On vient de vivre
41:32à l'instant
41:32du génie du christianisme.
41:34Tout simplement.
41:34Un parmi d'autres,
41:35on n'a rien à révéler.
41:37Et c'est sûr
41:39que dans cette époque,
41:40je le dis,
41:41nous ditions tout à l'heure
41:42les baptêmes,
41:43il y a un renouveau
41:45des baptêmes,
41:46est-ce que dans une époque
41:48où le matérialisme
41:49est en train
41:49de faire des ravages
41:50et où la barbarie
41:51avec des confessions violentes
41:53et des idéologies
41:55mortifères
41:56sont en train
41:57de perturber
41:57l'humanité,
41:58peut-être que ce retour
42:00aux valeurs chrétiennes,
42:01je ne parle vraiment
42:01que des valeurs chrétiennes,
42:02celles des évangiles,
42:03c'est peut-être
42:04un bon signe
42:05pour l'humanité.
42:06Alors, barbarie,
42:07c'est barbarie,
42:07ça c'est autre chose,
42:08mais il ne faut pas
42:10opposer le matérialisme
42:11et la croyance.
42:14Je pense qu'on peut
42:16tout vivre correctement
42:17à partir du moment
42:18où on a une colonne
42:19vertébrale
42:19et à partir du moment
42:20où on partage.
42:22Moi, aujourd'hui,
42:22j'ai une expérience
42:23de la partage,
42:24il y a des gens
42:24qui ont de l'argent
42:25qui le partagent.
42:26Je crois que c'est ça
42:27qui est important.
42:29Je ne pense pas
42:30que Dieu nous veuille
42:31comme des gens
42:34qui sont toujours tristes
42:35et tout ça.
42:36Cette dame,
42:36vous entendez,
42:37il y a de la joie,
42:39exactement.
42:40Elle a vécu des drames,
42:41il y a de la joie.
42:42Donc, je crois
42:42que Dieu nous veut joyeux.
42:44En tout cas,
42:45ça confirme
42:46ce qu'André Malraux
42:47prédisait pour ce siècle.
42:49Allez-en paix,
42:50Pierre Bouton.
42:51Merci d'être venu.
42:53Voilà.
42:53Quant à moi,
42:54je vous dis,
42:55on va faire une pause
42:56tout en œuvrant,
42:57je vous dis à lundi,
42:58demain,
42:58c'est André Bercoff
42:59qui prend le relais,
43:00le camarade
43:01Saint-André Bercoff.
43:02Et je vous laisse
43:03aujourd'hui,
43:04là à l'instant
43:05avec Brigitte Laé
43:06qui, voilà,
43:07sa foi à elle
43:08est plus sur l'amour
43:09et le sensuel
43:10mais c'est quand même
43:10de la foi.
43:11Merci Pierre Bouton,
43:12à bientôt.
43:12Au revoir.
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