- il y a 8 heures
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Avec Michel Onfray
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:07Vous êtes bien sur Sud Radio et vous êtes d'autant mieux dans cette France dans tous ses états que
00:11je reçois Michel Onfray qui nous fait l'honneur de sa présence.
00:15C'est toujours un événement de vous recevoir Michel Onfray, on va débattre de sujets, bien entendu l'actualité va
00:21nous fournir les éléments de cette discussion, de cet échange.
00:24Vous venez de publier, c'est extraordinaire comme formule, l'anarchie positive.
00:31Je me souviens d'une phrase que mon papa m'avait inculquée, l'anarchisme est la plus haute expression de
00:37l'ordre.
00:37C'était une phrase d'Élysée reclue, alors qu'on dit toujours les anarchistes ce sont des gens qui foutent
00:41le bordel, qui sont là pour la pagaille.
00:42Mais un anarchisme bien conduit peut conduire effectivement à un ordre, à une paix absolue.
00:47Et je voudrais qu'on parle également, je ne vous présente plus, d'un ouvrage qui m'avait bouleversé parmi
00:51votre profusion, votre production.
00:53Il faudra un jour quand même que votre contexte, on le mette dans un vocal et qu'on dissèque, savoir
00:58quels sont vos systèmes cognitifs.
00:59Voilà, comment l'être humain pour arriver à une telle productivité ?
01:01Vous aviez écrit l'art d'être français, de la part d'un anarcho, on se dit bon, le patriotisme,
01:06la terre, le terroir.
01:08Et vous expliquez, c'était une lettre à des jeunes philosophes, aux éditions bouquins, et vous expliquez quel était l
01:12'art d'être français.
01:14Et moi, je considérais que c'était aussi profond et aussi puissant, même si ce n'était pas de la
01:18même obédience idéologique que du Péguy ou que du Barès.
01:21Enfin, c'était du Victor Hugo.
01:23En tout cas, c'est un manuel pour aimer la France et comprendre ce qu'est la République française et
01:27l'âme française qu'on n'a pas surproduire.
01:30Je voudrais vous en parler avec vous.
01:31Où est-ce qu'on est ? D'ailleurs, on va commencer par là.
01:33L'art d'être français.
01:35Michel Onfray, est-ce qu'on peut encore être fier d'être français aujourd'hui, avec tout ce qu'on
01:40voit dans notre pays, sa classe politique, son économie, son école, qui part à volo, cette grande nation qui se
01:45délite ?
01:46Est-ce qu'il y a encore matière à être fier d'être français ?
01:48Oui, je trouve. D'abord, merci pour tout ce que vous venez de dire.
01:51Ensuite, vous avez bien signalé que l'art d'être français, c'est un livre que j'avais écrit pour
01:55des jeunes.
01:55Oui.
01:56Et je trouve qu'il y a une jeunesse intelligente, brillante, cultivée, qui ne se laisse pas avoir.
02:02Et j'ai plutôt tendance à être pessimiste.
02:05Quand je vois ce que l'école produit, fabrique, comme crétin, comme inculture, j'arrive, je descends du train, j
02:10'ai fait deux heures de train,
02:11il y avait une gamine qui a passé son temps devant son miroir, à se maquiller, à se poudrer, avec
02:17des écouteurs dans les oreilles,
02:18et avec un truc qui hurlait dans le compartiment, et qui a passé le reste de son temps.
02:25Enfin bon, voilà.
02:26Chose vue.
02:27Je n'ai pas cette jeunesse-là, mais il y a cette jeunesse-là, et puis il y en a
02:30une autre.
02:31Et tout n'est pas perdu.
02:33Et donc, je pense qu'on peut s'adresser à cette jeunesse-là.
02:36D'abord, je crois qu'il y a deux Frances, que l'une est minoritaire mais vociférante,
02:41et que l'autre est majoritaire et silencieuse.
02:43Et que la vociférante fait beaucoup de mal.
02:45C'est-à-dire qu'elle est dans tous les endroits culturels.
02:48Il y a un islamo-gauchisme qui fait la loi.
02:50Les intellectuels vivent dans les idées.
02:51Ils n'aiment pas beaucoup le réel.
02:52Et quand le réel leur donne tort, ils changent de réel et pas d'idée.
02:57Et puis après, quand on voudrait un débat d'idées, pour le coup, et bien là, on se fait insulter.
03:01Donc, traiter de fasciste, de nazi, de néo-nazi, d'extrême droite, enfin de pétiniste, de vichiste.
03:06Donc, le débat n'est plus possible.
03:08Mais oui, on peut être encore Français, il y a encore matière.
03:11D'abord, vous et moi, on a en commun la passion de la gastronomie, des vins.
03:15Nous parlions, hors micro, d'un enjeu majeur, à savoir le fromage au lait cru.
03:22Les vins, la cuisine, mais il y a aussi la musique.
03:25Je suis très ami avec Éric Tanguy, qui est un compositeur de musique française.
03:29Ce qui veut dire quelque chose.
03:30C'est-à-dire qu'à l'oreille, les mélomanes le savent,
03:33on sait que Fauret n'est pas Brahms,
03:36on sait que Debussy n'est pas Wagner, etc.
03:41Et qu'il y a une musique française, il y a une façon française d'exister.
03:44Il y a une façon littéraire d'exister aussi.
03:46Et on pourrait imaginer que Rabelais au XVIe,
03:51Molière au XVIIe, au XVIIIe,
03:54Molière, je veux dire, pas Volière,
03:57mais même Bergson au XXe siècle,
03:59on a une tradition de la philosophie française, de la ligne claire.
04:03Et puis on a eu une parenthèse qui s'est ouverte avec Sartre,
04:06qui a collaboré en tout, avec l'Allemagne,
04:08qui en 1943 est l'auteur de l'année de la revue Commedia, revue Collabo.
04:12Il y a Camus en face de Sartre, vous êtes d'accord ?
04:14Alors voilà, il y a un Camus qui, lui, continue, maintient le flambeau, quoi.
04:18En disant qu'on peut aujourd'hui, c'est-à-dire dans les années 50,
04:22penser librement, être un libertaire.
04:24J'ai consacré un livre qui s'appelle L'Ordre Libertaire à Camus,
04:26pour en faire l'éloge aussi,
04:28avec une ligne claire, avec une clarté, une simplicité.
04:32Il faut être agrégé de philosophie pour lire Lettre et le Néant,
04:35mais il faut être juste une personne curieuse pour lire
04:38le mythe de Sisyphe ou l'homme révolté.
04:41Et on peut défendre cette France-là.
04:43Alors c'est difficile, parce qu'on s'en prend plein la figure,
04:45parce qu'on se fait insulter dans la rue,
04:47parce qu'on se fait menacer,
04:48parce que, pour faire plaisir à un copain,
04:50justement, pas très loin de Camembert,
04:53au salon du livre de Ville-Moutier,
04:54je suis menacé,
04:56une lettre a été envoyée au préfet de l'Orne
04:59en disant qu'il y avait trouble à l'ordre public.
05:01J'ai appris ça.
05:02Ce sont des gens qui vont créer le trouble à l'ordre public,
05:05qui demandent à ce que je ne sois pas là,
05:06parce que je serai responsable du trouble qu'ils vont créer.
05:09Bon, il se fait que le préfet me soutient,
05:12mais que je vais tout de même y aller, bien sûr,
05:14mais je suis un trouble à l'ordre public,
05:17de ne pas ma présence, quoi.
05:19Votre appartenance culturelle, historique,
05:22j'allais dire, philosophique à la gauche,
05:23est incontestable.
05:24On a eu deux grands écrivains,
05:26deux droites, catholiques, conservateurs,
05:28qui ont pris souvent des positions
05:29pour des valeurs dites de gauche,
05:30Georges Bernanos avec la guerre d'Espagne,
05:32François Mauriac.
05:33Est-ce que vous êtes le Bernanos Mauriac de la gauche, finalement ?
05:35Et vous défendez,
05:37peut-être des valeurs qui ne vous incoubez pas,
05:40le patriotisme, la terre, la tradition, le savoir,
05:43cette façon d'être français.
05:44Vous êtes libre-penseur,
05:46vous n'avez pas d'a priori idéologique
05:47sur une juste cause.
05:49Oui, oui.
05:49D'abord, j'ai été prisonnier
05:51des catégories de droite et de gauche
05:53pendant très longtemps,
05:54en estimant le fait
05:55qu'il y avait une gauche hugolienne
05:58et qu'elle était du côté de Cosette
06:00et de Fantine
06:01et qu'elle n'était pas du côté des Thénardiers.
06:04Et puis, quand la gauche s'est mise
06:05du côté des Thénardiers,
06:07j'ai cessé d'être de cette gauche-là.
06:09Vous êtes toujours Jean Valjean,
06:10il n'y a pas de problème.
06:11Oui, oui, oui.
06:12Vous êtes valjeaniste.
06:12Parce que je ne pense pas
06:14que Victor Hugo a redéfendu
06:16la location des utérus,
06:17l'achat et la vente d'enfants,
06:18par exemple,
06:19ou l'oubli du petit peuple,
06:21des gens simples et des gens modestes.
06:22Voir les travailleurs de la mer,
06:24voir le statut des misérables,
06:25enfin, voir tout Hugo,
06:27cette gauche-là est restée la mienne.
06:29Simplement,
06:29cette gauche de Terranova,
06:31qui a 20 ans...
06:31j'allais vous en parler.
06:32Eh oui.
06:33C'est l'Anti-Terranova.
06:34Voilà.
06:34C'est très exactement ça.
06:36Et alors, on me dit,
06:36vous n'êtes plus de gauche.
06:37Je dis, mais non,
06:37vous avez changé, vous,
06:39vous changez comme...
06:39si vous voulez,
06:40ce n'est pas mon problème,
06:41c'est le vôtre.
06:42Moi, je n'ai pas changé.
06:43Je suis resté de cette gauche-là,
06:45qui est la gauche proche du peuple,
06:47des gens simples,
06:47des gens modestes,
06:49et qui estiment que l'un utérus,
06:51il faut dire de femmes aujourd'hui,
06:53mais bon,
06:54l'un utérus,
06:55ce n'est pas fait pour être loué.
06:56Ce n'est pas fait pour être prêté,
06:57vendu, plutôt.
06:59Enfin, c'est fait pour être prêté
07:00si l'on veut,
07:00quand on veut,
07:01comme on veut.
07:02Mais je dis,
07:02mais qu'est-ce que c'est que cette gauche
07:04qui n'a que mépris pour les gens du peuple,
07:06qui méprise les gilets jaunes,
07:07en estimant qu'ils sont évidemment
07:10misogynes,
07:11phallocrates,
07:12antisémites,
07:12ce qui est très drôle,
07:13parce que c'est cette gauche-là
07:14qui l'est quand il s'agit
07:15de défendre l'islam.
07:16Là, pour le coup,
07:17il n'y a aucun problème,
07:17on peut estimer que les femmes
07:18sont inférieures,
07:19on peut estimer que les juifs
07:21sont à décapiter,
07:23pourvu que ça se fasse
07:24au nom du Hamas,
07:24tout ça est défendable.
07:25Ça n'est pas à ma gauche.
07:26L'option Terra Nova,
07:27elle est claire,
07:28c'est le score de 1,75%
07:29d'Anne Hidalgo
07:30au suffrage universel.
07:31La gauche a oublié le peuple,
07:32le peuple est allé ailleurs,
07:33il vote mal.
07:34Vous êtes la consécration
07:35de la petite fille
07:36du comte d'Andersen,
07:37parce que vous avez osé dire
07:38que le roi était nu.
07:39Vous le dites,
07:45d'ailleurs,
07:45comme vous avez constaté
07:46que le peuple ouvrier,
07:47les électeurs du Parti Communiste,
07:49du Parti Socialiste,
07:50les sans-grades,
07:51les nantis,
07:51les abandonnés,
07:52comme disait Jean-Marie Le Pen,
07:54sont allés mal voter
07:55du mauvais côté,
07:56eh bien, en 2015,
07:57je me souviens,
07:58deux pages dans l'Ibé
07:59signées Laurent Joffrin
08:00pour vous expliquer
08:01que vous étiez à la porte,
08:02vous étiez dans le fascisme,
08:03à la porte du nazisme.
08:05Cet anathème continue,
08:07ce lynchage continue,
08:08Michel Onfray ou non ?
08:09Quelques semaines après,
08:11il y avait aussi
08:11une photo en une du monde.
08:14J'ai fait la une du monde
08:16en disant,
08:17Michel Onfray fait partie
08:18de ces intellectuels
08:19dont se réclame
08:20le Front National à l'époque.
08:22Donc vous seriez passé
08:23du côté de l'Ordre France ?
08:23Oui, pour ces gens-là,
08:24oui, oui.
08:24De toute façon,
08:25c'est l'insulte depuis...
08:27Je ne sais pas quand.
08:28Depuis, je ne sais pas quand.
08:29Je pense que peut-être
08:29mon péché mortel,
08:30c'est avec Freud.
08:32J'ai touché à Freud.
08:33Là, vous avez fait fort.
08:35Alors, on vous a accusé
08:36pour la première fois
08:36d'aborder un sujet
08:38pour lequel vous n'aviez
08:38ni compétence
08:39ni légitimité.
08:41Vous avez osé toucher à Freud.
08:42C'était pas votre sort.
08:43Vous avez osé mettre le pied.
08:44Et Jean-François Kahn
08:45l'avait connu
08:45quand il avait parlé de philosophie.
08:47Il n'était pas philosophe,
08:47tu n'as pas tenu de ça.
08:48Et vous n'aviez pas
08:49à parler de Freud.
08:50Et là, vous vous êtes mis à dos
08:51des gens qui considéraient
08:52que vous aviez passé les bornes.
08:53Oui, Jean-François Kahn
08:54a fait aussi partie
08:55de ceux qui ont estimé
08:56que j'étais Marcel Déat.
08:58Oui, c'est vrai aussi.
08:59Oui, oui.
09:00Dans Marianne, à l'époque.
09:04Avec Bernard Ruy-Lévy.
09:05Lui-même qui s'était fait traiter
09:06de Doriot plusieurs fois.
09:07C'était un paradoxe.
09:08J'ai eu cette discussion
09:10animée avec lui
09:10lorsqu'il a dit ça.
09:11Lui s'est fait accuser
09:12de fascisme
09:13par rapport à la Serbie,
09:14par rapport à l'immigration et tout.
09:15Ça veut dire que j'ai porté
09:17l'uniforme nazi
09:18sur le front russe
09:19en étant français.
09:20C'est ça qu'on me reproche.
09:20Alors, rappelons que
09:21Déat et Doriot,
09:22là, il était ancien socialiste.
09:23L'ancien communiste.
09:24C'est un exemple.
09:24Bien sûr.
09:25Et Claval était ancien socialiste.
09:27C'était fait pour nuire comme ça.
09:28Sous-entendu,
09:28vous avez exactement
09:29le même trajet.
09:30Donc, BHL a dit
09:30la même chose de moi
09:31dans Le Point.
09:32Et puis, il y a eu,
09:34j'oublie son nom,
09:36une bonne conscience
09:36de la gauche
09:38qui était très sorélien.
09:39Ça ne manque pas.
09:40Aidez-moi pour retrouver son nom
09:43qui a fini
09:45par écrire dans Le Figaro
09:46après avoir été
09:47un grand homme
09:47du Nouvel Observateur.
09:48Julliard.
09:49Julliard.
09:49Jacques Julliard.
09:50Jacques Julliard.
09:51C'était dans le même numéro.
09:51Et qui a fini à Marianne
09:52également comme éditorialiste.
09:53Oui, mais c'était
09:54les deux dans le même numéro.
09:55Dans Marianne,
09:56lui aussi avait dit
09:57que j'étais Déat et Doriot,
09:59au moment de la création
10:00de la revue Front Populaire.
10:02Donc oui, ça continue.
10:03Ça continue encore aujourd'hui.
10:05Racisme, etc.
10:06Parce que je cite Darwin,
10:07parce que je parle
10:08de tribus primitives
10:09en parlant de
10:10La Filiation de l'Homme
10:11qui est un livre magnifique
10:13de Darwin
10:13dont personne ne parle.
10:15Et on a droit à ça
10:16en permanence.
10:17Le tribunal,
10:18les procès,
10:19donc oui.
10:20On vous soupçonne
10:21d'avoir été quelquefois
10:22comme on dit borderline
10:24volontairement
10:25pour susciter un débat,
10:26faire de la provocation.
10:29Michel Onfray,
10:29vous allez me confirmer,
10:30vous n'avez jamais
10:31renié votre âme
10:31et vos valeurs.
10:32Enfin, vous pourriez dire
10:33si, j'ai changé.
10:34Il y a des grands intellectuels
10:35qui ont changé
10:37d'obédience
10:38ou de sensibilité.
10:39Vous,
10:40vous êtes resté
10:41enraciné
10:42dans une,
10:42non pas des certitudes
10:43mais des convictions.
10:45Anarchie positive
10:45le confirme.
10:46Vous restez un libertaire
10:48convaincu
10:48qu'il y a un autre monde
10:49possible
10:50dans cette planète.
10:50Oui, j'ai reçu un courrier
10:52il y a quelques jours
10:52d'un italien
10:56qui me demandait
10:57une préface
10:58pour un livre
10:58qu'il a fait
10:59sur George Palandre.
11:00George Palandre,
11:00c'est mon premier amour,
11:01c'est mon premier livre,
11:021989.
11:03Et c'était sous-titré
11:04et c'est sur un
11:05Nietzschéen de gauche.
11:07Et ça me fait plaisir
11:08de reprendre mes notes
11:10parce que je n'ai pas bougé
11:11sur ces questions-là.
11:12La fameuse question
11:13de l'athéisme social,
11:14d'unitchéisme de gauche,
11:15de l'individualisme
11:16comme réponse au collectivisme,
11:18d'une gauche non-marxiste,
11:20enfin,
11:20la critique du libéralisme,
11:22etc.
11:22Tout ce qui faisait
11:24ma pensée de 1989
11:25s'est resté
11:26exactement la même chose.
11:27Alors évidemment,
11:28il y a depuis
11:28le téléphone portable,
11:30l'ordinateur,
11:31la gestation pour autrui,
11:32il y a Internet,
11:34il y a l'intelligence artificielle,
11:35enfin, il s'est passé
11:36plein de choses
11:36depuis 20 ans.
11:38Donc, on estime
11:39que j'ai changé d'avis
11:40mais je n'avais pas d'avis
11:41sur l'intelligence artificielle
11:42il y a 30 ans
11:43pour une raison bien simple
11:44que ça n'existait pas.
11:46Donc, sur des sujets,
11:47on m'a dit que j'avais changé d'avis.
11:48Non, il y a des sujets
11:49sur lesquels j'ai donné un avis
11:50que je n'avais pas donné
11:50pour cause.
11:51Le réel n'était pas
11:53en question à cette époque-là.
11:54Mais sur le reste,
11:56non, je suis resté
11:56semblable à moi-même.
11:58J'ai voté à gauche
11:59en 1980
12:00pour des idées
12:01que Mitterrand a reniés
12:02en 1983
12:03et que je n'ai pas reniés, moi.
12:04C'est le grand tournoi
12:05auquel vous faites.
12:05Je reçois Michel Onfray.
12:07Nous parlons de l'art
12:08d'être français
12:09et de la fierté française
12:10en même temps.
12:10Est-ce qu'il y a un autre monde ?
12:11Est-ce que l'option libérale,
12:14non pas libérale-libertaire
12:15que vous avez dénoncée
12:15et qui est notre combat,
12:16la vraie anarchie positive ?
12:18Voilà.
12:18Dans quel état est la France ?
12:20Si vous avez envie
12:20d'échanger des idées,
12:23des avis avec Michel Onfray,
12:24si vous avez envie
12:25de le contredire,
12:26si vous avez envie
12:26de l'interpeller
12:27ou de partager avec lui
12:28les convictions
12:32vous êtes français,
12:33vous nous appelez au 0826 300 300.
12:35Emmanuel Galasso
12:36attend votre appel
12:37et nous savons
12:38que Michel Onfray
12:38répondra sans le moindre mélangement
12:40avec la ferveur
12:41et le franc-parler
12:42qu'on lui connaît
12:42puisque cette radio
12:44est dédiée aux parlons vrais.
12:45A tout de suite
12:46sur Sud Radio.
12:48Midi 14h, Sud Radio,
12:50la France dans tous ses états,
12:52Péricault-Légas.
12:54Mercredi 29 avril 2026,
12:56il est 13h20 sur Sud Radio,
12:58la France dans tous ses états,
12:59le face-à-face,
13:00plutôt le côte-à-côte
13:01avec Michel Onfray
13:02que j'ai le bonheur
13:03et l'honneur de recevoir.
13:05Nous dissertons
13:06de façon assez large
13:07sur la situation de ce pays,
13:08sur les idées
13:08qui animent la France,
13:10sur les maux
13:10de cette société.
13:11Faut-il encore,
13:12peut-on encore être fier
13:13d'être français ?
13:14Est-ce que l'anarchie positive
13:16sera peut-être la solution
13:17qu'il faudra proposer
13:18au peuple français
13:18pour sortir du marasme,
13:20pour dire du merdier,
13:20dans lequel on est plongé ?
13:22Vous nous appelez
13:22au 0826 300 300.
13:24Emmanuel Galasso
13:25attend votre appel
13:26et Michel Onfray
13:26se fera un plaisir
13:28de discuter avec vous.
13:29Michel Onfray,
13:31la France évidemment
13:32n'est pas morte.
13:32Il y avait une phrase
13:34de Jaurès
13:35qui disait
13:35la France ne pourra
13:36jamais mourir
13:37parce qu'elle est immortelle.
13:39Aujourd'hui,
13:39elle est quand même
13:39bien affaiblie,
13:40bien fragilisée
13:41sur certains socles
13:42qu'on pensait intouchables
13:43et qui sont en train
13:44de s'effriter.
13:45L'école...
13:47Non, non,
13:47moi je pense que
13:48la France est mortelle.
13:50La phrase est forte,
13:51vous pensez que
13:52la France est mortelle ?
13:53Oui, et l'Europe aussi.
13:54Et l'Europe aussi.
13:55Et toutes les civilisations également.
13:58j'ai fait une partie
13:58de ma thèse
13:59sur Spengler
13:59qu'il est toujours
14:01de mauvais goût
14:01de citer aujourd'hui.
14:03On cite le titre
14:03et puis on dit du mal de lui
14:04et personne n'a lu
14:06ce livre
14:06qui fait quand même
14:07mille pages
14:08et c'est assez indigeste.
14:09Mais je suis assez
14:10Spenglerien,
14:11c'est-à-dire que
14:11vous qui aimez comme moi
14:12la nature,
14:13vous savez qu'il y a
14:14des processus
14:15de naissance,
14:16de croissance,
14:16de décroissance,
14:17de disparition.
14:17Et puis voilà,
14:18c'est la vie.
14:18Que ça marche pour une étoile
14:20et que ça marche
14:20pour une mouche.
14:22Et la planète vit comme ça
14:23depuis des millions d'années.
14:24C'est l'univers
14:25et les univers fonctionnent
14:26exactement...
14:26Enfin du moins,
14:27notre univers,
14:28les autres,
14:28il y a des plurivers,
14:29des multivers,
14:30on ne sait pas trop
14:30comment ça fonctionne.
14:31Mais du moins,
14:31ça fonctionne comme ça.
14:32Et nous finirons
14:33en supernova un jour
14:34et il y aura plus de temps.
14:35Mais bien sûr,
14:36notre univers est né,
14:38il est en train
14:38de mourir,
14:40il se prépare,
14:40on a des dates,
14:41les astrophysiciens
14:42nous donnent des dates
14:43et puis il va falloir
14:44compter avec ça.
14:44C'est pourquoi des gens
14:45comme Musk
14:45préparent un véritable avenir.
14:47Ça c'est autre chose.
14:48C'est sortir de cette planète.
14:51Notre civilisation est mortelle,
14:52je ne sais plus qu'un autre
14:56pour l'avoir étudié
14:58et l'avoir vérifié.
14:59Oui,
14:59je suis en train d'écrire
15:00un livre sur Malraux et De Gaulle
15:01et l'univers des formes
15:03qui est une collection
15:03qu'avait créée Malraux
15:05m'a permis de comprendre
15:06comment tout ça fonctionne.
15:07Assure, Sumer,
15:08Babylone,
15:09les Grecs,
15:09les Romains,
15:10etc.
15:10L'Occident et autres,
15:11on voit bien
15:12que les civilisations disparaissent.
15:13Et puis même
15:13si vous démarrez avant,
15:16moi j'ai eu la chance
15:16de voir Lascaux
15:17et de voir
15:19cette grotte,
15:20la véritable grotte de Lascaux
15:22et de voir
15:23des civilisations
15:25qui ont disparu.
15:26Vous pensez que dans Milan
15:27il y aura des grottes ?
15:27On dirait
15:27« Ah, ils mangeaient du fromage
15:28au lait cru ! »
15:29C'était l'humanité de l'époque.
15:31Je le crois.
15:31Je crois effectivement que...
15:33Mais non,
15:33mais nous avons déjà,
15:35Péricault,
15:35vous le savez très bien,
15:36on a le même âge je crois
15:37ou à peu près...
15:39On a trois mois d'écart.
15:40Vous êtes du 1er janvier,
15:41moi du 21 mars.
15:41Ah d'accord.
15:42Nous avons à notre époque
15:44connu des choses,
15:45vécu des choses
15:46qui ne sont plus possibles ou pensables.
15:47Donc ça a disparu.
15:48D'abord,
15:49des enfants qui,
15:50il y a 12 ans,
15:50sortaient de l'école.
15:51Mon père avait cet âge-là,
15:53quand il a quitté l'école,
15:54il était ouvrier agricole
15:54et qu'il savait lire,
15:55écrire, compter, penser.
15:56À Chamboy.
15:56Voilà.
15:57Et ça n'est plus possible.
15:59Il connaissait des poèmes
16:00par cœur jusqu'à la fin.
16:02Mon père est mort à 88 ans
16:04et il connaissait
16:04des vers de Victor Hugo.
16:06Ça n'est plus possible.
16:07Ça n'existe pas.
16:07Vous regardiez les étoiles ensemble
16:09et quand un avion passait,
16:10il disait qu'il allait au Pôle Nord
16:11et vous l'avez amené un jour.
16:12Non, c'est moi
16:13qui lui posais des questions
16:14parce que mon père
16:14n'avait aucun désir.
16:15Et puis, effectivement,
16:16on plantait des pommes de terre.
16:17Un jour,
16:17il passait un avion dans le ciel
16:19et je lui dis
16:19mais si on avait un billet gratuit
16:20un jour alors que
16:21mes parents étaient pauvres.
16:23Où irais-tu ?
16:23Il m'a répondu au Pôle Nord.
16:25Et vous avez exaucé ce rêve.
16:27Oui, à ses 80 ans.
16:28Je me suis dit,
16:29après tout,
16:29je peux lui offrir ça aujourd'hui.
16:31Donc, on est allés ensemble
16:32au Pôle Nord.
16:33Mais vous allez me faire pleurer.
16:36On a vécu ensemble,
16:38mon père et moi,
16:39des choses difficiles à vivre
16:40pour d'autres aujourd'hui.
16:41Quand je dis difficiles
16:42parce que ça n'est plus possible,
16:43ça n'est plus pensable.
16:44Le rapport à la nature,
16:46j'ai eu un vrai père.
16:47Un père d'une de ce nom.
16:50Et donc,
16:50ce n'était pas un copain.
16:51Ce n'était pas...
16:52Un nouvel agricole.
16:53Un prolétaire.
16:54Un vrai prolétaire.
16:55Oui,
16:56un prolétaire dans le sens
16:57où il possédait sa force de travail
16:59et c'est tout.
16:59Bien sûr.
17:00Mais il possédait des vertus
17:02qu'il m'a transmises,
17:03la dignité,
17:03le sens de l'honneur.
17:04Enfin bon,
17:04ce n'est pas bien de dire ça.
17:06Ça voudrait dire que je les ai.
17:07Mais je travaille
17:08à essayer de les avoir.
17:09Mais la dignité,
17:10le sens de l'honneur,
17:11le sens du travail bien fait,
17:12le sens de la parole donnée,
17:13enfin toutes ces choses-là
17:14ont été transmises.
17:15Et surtout,
17:16transmises par l'exemple,
17:17pas par le verbe.
17:19Et donc...
17:19Donc des valeurs.
17:19Vous avez été éduit
17:20avec des principes et des valeurs.
17:21Et je trouve que
17:22c'est aujourd'hui
17:24beaucoup plus difficile
17:25que ça ne l'était à l'époque
17:25parce que mon père
17:26m'enseignait des valeurs
17:27que le curé m'enseignait,
17:28que l'instituteur m'enseignait.
17:30C'est-à-dire,
17:31on était entouré
17:31quand on avait la chance
17:32d'avoir un père comme moi
17:33mais qu'on avait la chance aussi
17:34d'avoir le catéchisme,
17:36je mets tout ça entre guillemets,
17:37enfin le catéchisme
17:38du curé du village,
17:39les leçons de morale
17:40de l'instituteur
17:41ou de l'institutrice.
17:42Au tableau,
17:43écrit au tableau.
17:43Mais bien sûr,
17:44avec des leçons de morale
17:46qui nous expliquaient
17:47bien mal acquis,
17:47ne profite jamais.
17:48Et l'instruction civique
17:49qui nous apprenait
17:50nos institutions,
17:51la démocratie,
17:52la république.
17:53La chronologie,
17:53on était capable
17:54de savoir
17:55qu'on était placé
17:56dans le temps
17:57et qu'on n'était pas
17:57le centre du monde.
17:58Alors,
17:58ce n'était pas un endoctrinement
17:59anarchiste et un libertaire.
18:01Pourtant,
18:02le père de Michel Onfray,
18:04le père de l'ouvrier agricole
18:05de Chambois,
18:05le curé et l'instituteur
18:06ont fait de vous,
18:08enfin,
18:08ils ont accompagné
18:09dans votre jeunesse
18:10et vous devenez
18:10ce que vous êtes devenu aujourd'hui,
18:12un anarchiste convaincu
18:13et sincère,
18:14apaisé.
18:15Vous n'êtes pas violent,
18:16vous ne demandez la tête de personne.
18:17Vous n'êtes pas ravachol
18:21plus proche d'Élysée Reclus
18:22et de Bacouline quand même.
18:24Non, pas Bacouline,
18:25mais Élysée Reclus, oui.
18:26Élysée Reclus,
18:26Bacouline, effectivement.
18:27Bacouline était un défenseur
18:28de la violence.
18:29Il pensait que la violence
18:30était la coucheuse de l'histoire.
18:31En ce sens,
18:32il pensait comme Marx.
18:33Moi, pas.
18:34J'ai une sensore de la violence.
18:34Vous pensez qu'il y a une solution
18:35apaisée
18:36qui pourra aller dans l'arche,
18:37c'est-à-dire
18:38on s'émancipe des pouvoirs
18:39qui finalement nous mentent
18:41et nous avilissent.
18:42Oui, parce qu'on partage
18:43ça, vous et moi,
18:44la France girondine.
18:46C'est-à-dire les paysans
18:47qui peuvent aujourd'hui
18:48organiser autrement
18:49leur production,
18:50leur distribution,
18:51leur diffusion.
18:52En passant par-dessus la tête
18:53des supermarchés
18:54qui nous expliquent aujourd'hui
18:55qu'ils sont la solution.
18:57On a Michel-Édouard Leclerc
18:58qui songe à être
18:59candidat à la présidence
19:00de la République.
19:01Enfin, on rêve.
19:01On voit où ce monde
19:02nous a conduit.
19:03C'est un cauchemar.
19:04Alors qu'on peut aujourd'hui
19:05trouver des solutions girondines.
19:06On peut dans un village
19:07dire,
19:08c'est pas parce qu'on n'a plus
19:10d'école
19:11qu'il faut qu'on renonce
19:12à l'école.
19:13On peut très bien
19:13refaire une école.
19:14L'instruction est obligatoire,
19:15pas l'école.
19:16Pas l'école comme elle fonctionne.
19:18C'est-à-dire,
19:18on peut très bien
19:18faire une école alternative
19:20dans un village
19:21en disant,
19:21allez hop,
19:22on se retrousse les manches
19:22et puis on ne va pas attendre
19:24de l'argent de Bruxelles.
19:25Vous voulez dire
19:25que le cocktail jacobinisme
19:27néolibéralisme financier
19:27peut être dramatique ?
19:28C'est la catastrophe
19:29de jacobinisme.
19:31Mais oui,
19:32tout est décidé à Paris
19:33mais comme tout ce qui est décidé
19:34à Paris est décidé à Bruxelles,
19:35on n'a plus qu'à attendre
19:36qu'une bonne âme,
19:39la plupart du temps,
19:40un maastrichtien,
19:40je dirais,
19:41de droite ou de gauche
19:42nous disent
19:42j'ai trouvé un peu d'argent
19:43pour vous,
19:43je ne sais quoi.
19:44Non,
19:44moi je suis anti-maastrichtien,
19:46anti-libéral
19:46pour une gauche anti-libérale
19:47très girondine anti-jacobine
19:51en disant,
19:52mais laissez faire
19:53les Français qui ont des idées,
19:55laissez faire
19:55des personnes âgées
19:57qui voudraient créer
19:57des maisons alternatives
19:59dans lesquelles
20:00on ne ponctionnerait pas
20:022, 3, 4 000 euros
20:03à des familles
20:03pour s'occuper
20:04de personnes âgées
20:05en leur donnant
20:05des mauvaises soupes
20:06ou des cafés tièdes
20:08à 16 heures
20:08et qu'on puisse penser autrement
20:10la vieillesse,
20:11la jeunesse,
20:12la culture,
20:13qu'on puisse penser
20:14la production,
20:15qu'on n'aille pas ennuyer,
20:17vous me donniez
20:17tous les détails
20:18qu'on ne donnera pas à l'antenne
20:20mais sur la façon
20:21qu'on a de pourrir la vie
20:22des gens qui fabriquent
20:23du fromage au lait cru
20:24aujourd'hui
20:24en leur disant
20:25on vous envoie la police
20:25de l'hygiène
20:26pour détruire vos productions.
20:28C'est une forme de police
20:29de la pensée
20:30hygiénique et alimentaire.
20:32les hygiénistes
20:32mastriciens
20:33s'en viennent
20:33compter le nombre
20:34de bactéries
20:35et vous disent
20:35en prison
20:36vous avez fait un fromage
20:36qui pourrait être dangereux.
20:37C'est tout à fait ça.
20:39Et donc
20:40un Girondin
20:41dit mais laissez faire
20:42s'ils font un bon fromage
20:43que ces gens achètent
20:44qu'ils le vendent
20:46dans un
20:47je ne sais pas
20:48un magasin fermé
20:49dans un village
20:49qu'un maire
20:50aura mis à disposition
20:51ça aussi
20:51c'est la façon Girondine
20:53de procéder.
20:54Moi j'adore les villages
20:55j'adore tous les villages
20:56et je suis toujours
20:57un peu ému
20:57devant des commerces
20:59qui ont disparu
21:00on voit une échoppe
21:00d'épiceries
21:02de cordonneries
21:03on passe dans un village
21:03ça c'est fermé
21:04peut-être qu'avec le maire
21:06on peut dire
21:06mais débrouillons-nous
21:08pour que ça puisse être disponible
21:09et que là
21:10on puisse rencontrer
21:11des gens
21:11qui pourraient faire
21:13des dames
21:14ou des messieurs
21:15qui sont retraités
21:16et qui voudraient faire
21:17le soir
21:17les leçons des enfants
21:18en disant
21:19on va recevoir les enfants
21:19puis on va faire les leçons ensemble
21:21je vais apprendre à lire
21:21on va faire un peu de géographie
21:23ou je ne sais quoi
21:23créer des alternatives
21:25c'est ça l'anarchie positive
21:26En 1791
21:27vous avez été beaucoup plus proche
21:28allez-y dire
21:29de Brissot
21:29des Girondins
21:30plus Baboeuf
21:31que de Mirabeau
21:32et de Robespierre
21:33que l'on met finalement
21:34dans la même
21:35qui a tapoté mon système
21:36Mon héroïne
21:36c'est Charlotte Corday
21:37qui était Girondine
21:39Je connais une de ses descendantes
21:41voilà effectivement
21:41elle était normande
21:42c'est elle qui portait
21:44les valeurs de la liberté
21:45de la république
21:46en tuant Marat
21:47qui ressemble à certains hommes politiques
21:49on ne va pas citer de noms
21:49mais il y a des maratisations
21:51du discours politique
21:52qui sont ambiances
21:54je reçois Michel Onfray
21:55avec lequel je débats
21:56et je partage évidemment
21:58des opinions
21:58même si on a pu avoir
21:59des divergences
22:00avec ferveur
22:01vous nous appelez
22:01au 0826 300 300
22:03Emmanuel Galassot
22:04attend votre appel
22:05vous pouvez poser
22:06toutes les questions
22:06à Michel Onfray
22:07sur ses ouvrages
22:08présents
22:09à venir
22:10sur l'anarchie positive
22:11sur l'art d'être français
22:12il a écrit tellement
22:13de belles choses
22:13d'autres
22:14le ventre
22:14le ventre des philosophes
22:15parce que
22:16pour Michel Onfray
22:17l'acte alimentaire est indissociable
22:19de l'humanité
22:20et de notre identité française
22:22midi 14h
22:24Sud Radio
22:25la France dans tous ses états
22:27Péricault Légas
22:29Il est 13h33
22:30je reçois
22:31Michel Onfray
22:32nous débattons
22:34non pas à bâton rompu
22:35mais j'allais dire
22:37à fromage au lait cru fleuri
22:39voilà
22:39avec tous les symboles
22:40de la terre de France
22:41et ce qui nous fait aimer
22:42cette patrie
22:43je demanderai d'ailleurs
22:44tout à l'heure
22:44à Michel Onfray
22:45si on peut être à la fois
22:46anarchiste et patriote
22:46je pense qu'il a déjà
22:48largement répondu
22:48et nous avons des appels
22:50bien entendu
22:51parce qu'à partir de 13h30
22:52cette émission
22:53vous en prenez possession
22:54elle est toujours à vous
22:54mais là un peu plus
22:55parce que vous intervenez
22:57à l'antenne
22:57on vous écoute
22:58nous avons Françoise
22:59qui nous appelle
23:00de Thérassons-la-Ville-Dieu
23:02alors pour qui connait
23:02Thérassons-la-Ville-Dieu
23:03c'est une charmante bourgade
23:04Françoise vous avez
23:06une question à poser
23:06à Michel Onfray
23:07il me semble
23:08Ah j'ai surtout
23:10bonjour
23:11j'ai surtout des remerciements
23:12à tous les deux
23:14et Michel Onfray
23:15parce que
23:15j'ai dû quitter l'école
23:17après le brevet
23:18et je l'ai connu
23:20en écoutant
23:21les universités
23:22les universités
23:23sur France Culture
23:24l'été
23:24et oui
23:25pendant des années
23:26grand instant de radio
23:27voilà
23:28grand moment de radio
23:29qu'on n'a plus du tout
23:30sur France Culture
23:31ah ben on l'a
23:31on l'a écrit tout de suite
23:32oui oui
23:33bon ben c'est clair
23:34mais franchement
23:36il m'a aidé à vivre
23:38vous vous rendez compte
23:39c'est important
23:39dans notre vie
23:40on a peu de gens
23:42qui nous montrent le chemin
23:43ou tout au moins
23:44qui nous aident à vivre
23:45à réfléchir
23:46et il m'a aidé à vivre
23:48parce que j'ai loué
23:49François
23:49qu'est-ce qui vous a plus
23:50interpellé
23:51dans les propos
23:52de Michel Onfray
23:53c'est sa simplicité
23:55sa simplicité
23:57pour expliquer Freud
23:58pour expliquer Nietzsche
23:59pour inciter à lire
24:02et surtout
24:03en nous disant toujours
24:04ne soyez pas mes adeptes
24:06réfléchissez par vous-même
24:09je suis émue
24:10je suis très émue
24:11on comprend tout ce qu'il dit
24:12c'est embêtant
24:13Michel Onfray
24:13il parle de choses
24:14très compliquées
24:14on comprend ce qu'il dit
24:15et il est courageux
24:17et il n'a pas varié
24:18et il est courageux
24:19et il pense au petit peuple
24:20si je peux faire une suggestion
24:22oui
24:23j'ai plusieurs de ses livres
24:25effectivement
24:25alors j'attends toujours
24:27qu'il paraisse en livre de poche
24:28parce que j'ai peu de moyens
24:29et donc j'attends
24:30qu'il soit en livre de poche
24:31pour les acheter
24:32et il y en a un
24:33que j'ai offert
24:34à plein de personnes
24:36d'amis
24:36qui s'appelle
24:37théorie
24:38c'est un petit topuscule
24:41théorie du voyage
24:42poétique de la géographie
24:43c'est extraordinaire
24:45un chef d'oeuvre
24:46extraordinaire
24:46je l'ai offert
24:48à plein de gens
24:49et c'est mon livre de chevet
24:52et franchement
24:53je voulais remercier
24:54Michel Onfray
24:55parce que
24:56ce ne sont pas des mots
24:59ça a du sens
24:59quand je veux lui dire
25:01qu'il m'a aidé à vivre
25:02on sent que vous parlez
25:02à votre coeur
25:04François
25:04Michel Onfray
25:06il n'y a pas que des gens
25:07qui vous agressent dans la rue
25:08et qui vous traitent de salopards
25:09non non
25:10merci François
25:11vraiment je suis très touché
25:12parce que
25:13c'est ce que je voulais faire
25:14moi j'ai été sauvé par
25:15Lucien Gerfagnon
25:16qui a été mon vieux maître
25:17et je me suis dit
25:18je voudrais pouvoir
25:20finir l'histoire romaine
25:21et en latinisme
25:23exceptionnel
25:23un trésor vivant
25:24qui nous a quitté
25:25il y a quelques années
25:25et rendre ce que j'ai reçu
25:27et là avec Françoise
25:28c'est le cas
25:28juste une petite anecdote
25:29parce que je peux le dire
25:31tout de suite
25:31mais théorie du voyage
25:33est un manuscrit
25:34que j'avais soumis
25:34à Olivier Nora
25:35qui venait d'arriver
25:36chez Grasset
25:37et je me souviens très bien
25:38du geste qu'il avait fait
25:39il avait pris le manuscrit
25:39il avait jeté sur le bureau
25:40en me disant
25:40c'est pas ton meilleur livre
25:45on va pas le publier
25:46parce qu'il dit
25:47mais il y a aucun problème
25:48il y a d'autres éditeurs
25:48qui sont tout à fait preneurs
25:50et Jean-Paul Antoven
25:51qui était mon éditeur
25:52à l'époque
25:53chez Grasset
25:54m'a dit
25:55pas de problème
25:55moi je le prends
25:56en livre de poche
25:57et on va le faire paraître
25:57directement en livre de poche
25:59je me souviens
26:00c'est la seule
26:00vous m'avez un jour
26:01passé un code film
26:02pour me consulter
26:02je me souviens plus
26:03de quoi il s'était
26:03vous m'avez posé une question
26:04est-ce que
26:05voilà
26:06et je me suis dit
26:06tiens j'aurais contribué
26:07un tout petit peu
26:08à la théorie du voyage
26:09c'était sur un phénomène
26:11social et géographique
26:12enfin je me souviens plus
26:12mais le bouquin
26:13a eu un succès énorme
26:14je sais pas
26:15auprès des gens
26:16qui s'intéressent à la géographie
26:18ça a été réédité récemment
26:19dans un volume
26:21où tout se trouve
26:22mes voyages
26:22et en fait
26:24dans tous les voyages
26:25que j'ai pu raconter
26:26j'ai fait une dizaine de livres
26:27sur des voyages
26:27en Inde
26:28enfin bon
26:28Japon et autres
26:29et bien
26:30ça reste quand même
26:32effectivement
26:32la théorie
26:33de tous ces voyages là
26:35c'était bien
26:35effectivement une théorie
26:36du voyage
26:36que je proposais là
26:38mais je suis touché
26:40Est-ce que
26:40puisqu'on parlait de girondis
26:42d'identité culturelle
26:43j'aime pas les mots territoire
26:45parce qu'il est un terme formidable
26:46qui a été récupéré aujourd'hui
26:47d'un terme idéologique
26:48on va parler de pays
26:49de provinces
26:50n'ayons pas peur
26:51des provinces
26:51et c'est l'âme de la France
26:53est-ce que vous avez pu vérifier
26:55la théorie des climats
26:56de Montesquieu
26:58la gueule de l'endroit
26:59donne une âme
27:00aux gens qui y habitent
27:01façonnent le tempérament
27:02la culture
27:02selon l'endroit où l'habite
27:04de la terre
27:04et bien on a des comportements
27:05des visions du monde
27:06différents
27:07en Grèce ce n'est pas la même chose
27:09qu'au Machu Picchu par exemple
27:10Alors oui
27:11mais ce sont des théories
27:13à replacer dans leur contexte
27:14à l'époque où Montesquieu en parle
27:15on est en plein 18ème
27:16et on se déplace
27:17avec des diligences
27:18on se dépasse à pied
27:19au pas d'un cheval
27:21et donc
27:23on ne va pas très très loin
27:24Marco Polo est un grand voyage
27:25c'est un voyageur professionnel
27:29mais je veux dire que
27:30donc même à l'époque de mon père
27:31qui était dans 21
27:32on allait chercher sa copine
27:34avec une bicyclette
27:35on l'a retrouvé à 20 km
27:37autour de son village
27:37et puis voilà
27:38et on ne quittait pas son village
27:40donc ça voulait dire quelque chose
27:41être enraciné à cette époque-là
27:43aujourd'hui c'est plus compliqué
27:45c'est-à-dire qu'on prend des avions
27:46on prend des TGV
27:47ce matin j'ai pris mon petit déjeuner
27:49à 200 km à Caen
27:50et puis voilà
27:51je suis à Paris là
27:52et si je prends un avion
27:54je suis dans l'Afrique du Nord
27:55avec le même temps de voyage
27:58que ce que ça m'aura pris
27:59pour faire qu'en Paris
28:01à peu près
28:02mais ce que je crois
28:04c'est qu'aujourd'hui
28:05il n'y a plus des différences
28:07locales ou régionales
28:08mais il y a des différences
28:10civilisationnelles
28:10il est beau prendre un avion
28:11si vous vous retrouvez au Japon
28:12c'est pas le même monde
28:13et si vous vous retrouvez
28:14sans parler de choc
28:15ou il peut y avoir un choc
28:16si il y a un choc des civilisations
28:17moi je crois
28:18je défends Huntington
28:18depuis que ce livre est paru
28:21depuis les années 90
28:22c'est ce qui faisait d'ailleurs
28:23de moi une espèce de mouton
28:25à cinq pattes
28:25chez Grasset
28:26parce qu'il fallait attaquer cet homme
28:28il n'y avait pas de choc des civilisations
28:29dire qu'il y avait un choc des civilisations
28:30c'était de le créer
28:32mais il y a vraiment des lieux
28:33on pourrait même
28:34vous bouez moi
28:35qui aime la gastronomie
28:36mais faire une carte
28:38une carte des civilisations
28:39à partir de ce qu'on mange
28:40la civilisation
28:41où l'on mange du chien
28:42n'est pas la civilisation
28:43où l'on mange par exemple
28:44du poulpe cru
28:45vous savez en Corée aujourd'hui
28:47des gens qui mangent
28:47des poulpes crues
28:48vivants
28:49avec parfois les tentacules
28:50qui vous ressortent par les trous de nez
28:52et vous avez des gens
28:53qui se trouvent étouffés
28:54parce que les poulpes
28:54descendent parfois dans les poumons
28:56et donc effectivement
28:57il y a une nourriture civilisationnelle
28:59et ce n'est pas exactement
29:00la même chose
29:01de manger au Japon
29:03moi j'ai mangé
29:03de la méduse au Japon
29:04avec des textures
29:06qu'on ne connait pas
29:06avec des goûts
29:07qu'on ne connait pas
29:07et puis si vous allez
29:09aujourd'hui en Normandie
29:10avec des vrais bons fromages
29:11on va les défendre
29:12vous avez des livareaux
29:13des ponts les verts
29:14ou des camemberts
29:14des camemberts
29:15des vrais
29:15et bien là
29:16vous avez effectivement
29:17des choses qui sont difficiles
29:19à manger
29:19pour des gens
29:21qui ont passé leur vie
29:22à New York
29:23rappelons Michel Onfray
29:24que le fast food
29:24au final tue plus
29:25que le poulpe cru
29:27ou qu'un produit fermier
29:30Michel nous avons Marc
29:31qui nous appelle de Béziers
29:32bonjour Marc
29:34bonjour Périgo
29:35bonjour Michel Onfray
29:37bon vous êtes interpellé
29:38par les propos
29:39vous êtes toujours d'accord
29:40avec Michel Onfray
29:41ou il y a des fois
29:41vous n'êtes pas d'accord ?
29:43moi je suis à la recherche
29:44de la vérité
29:45il se trouve que je la trouve
29:46souvent dans les propos
29:47de M. Onfray
29:48alors on vous écoute
29:50je dirais même plus
29:51je dirais même
29:52qu'en Corée
29:52on mange des verres à soie
29:53en bouillon
29:55et il faut faire
29:57un certain effort
29:57même si on a envie
29:58de découvrir
29:58des cultures étrangères
30:00on met le Michel
30:01à me donner une étoile
30:01je suis sûr
30:03mais eux viennent chez nous
30:04pour goûter le roquefort
30:05justement
30:06ils en raffolent
30:06on les comprend
30:07on les comprend
30:08on vous écoute Marc
30:10je suis très honoré
30:11donc de parler
30:12vous l'avez compris
30:13à Michel Onfray
30:14que je suis
30:15un peu sur tout
30:16dans tous les médias
30:17où il intervient
30:18et je suis toujours
30:21très sensible
30:21quand il se réfère
30:22à son père
30:24j'ai l'impression
30:25qu'il parle du mien
30:25et figurez-vous
30:27que le mien
30:28est décédé ce matin
30:30donc j'ai voulu
30:31lui prendre la parole
30:32puisque c'est une façon
30:33de lui rendre hommage
30:34à travers mon échange
30:36avec M. Onfray
30:37mais on ne va pas verser
30:38dans le sentimentalisme
30:39ce n'est pas le but
30:39ça c'est personnel
30:41je voulais juste
30:43évoquer deux points
30:44avec lui
30:44c'est que d'une part
30:45moi ce que je regrette
30:47énormément dans les médias
30:48c'est qu'il n'y ait pas
30:49d'échange
30:51posé
30:52constructif
30:52de deux avis
30:54opposés
30:55afin que justement
30:56les français
30:56puissent se faire
30:57leur propre idée
30:58moi je regrette
30:59l'époque où sur ces news
31:00on voyait M. Zemmour
31:02et notamment
31:03en face de M. Onfray
31:04mais en face
31:05de plein d'autres d'ailleurs
31:06et chacun après
31:06pouvait se positionner
31:08comme par rapport
31:09aux propos qui étaient tenus
31:10et puis
31:11comme vous connaissez bien
31:12les médias
31:13je voulais vous demander
31:14moi
31:15ce week-end
31:16j'ai entendu une émission
31:17sur une chaîne
31:18du service public
31:19justement
31:20où
31:21on déplorait
31:22l'évolution actuelle
31:24les tendances actuelles
31:25de le
31:25enfin
31:25le peuple
31:27qui se retournait
31:28enfin
31:28ils ne comprenaient pas
31:29c'était une chaîne
31:29du service public
31:30et ils ont parlé
31:31de matrice
31:32et précisément
31:33pour moi
31:34la matrice
31:34c'est le wokisme
31:35c'est le fait
31:36qu'à tout verrouillé
31:38il n'y aura plus
31:39d'individus
31:40et c'est ça
31:40la matrice pour moi
31:41et donc je voulais savoir
31:42si ces gens-là
31:43d'après M. Onfray
31:44est-ce qu'ils sont
31:44censés
31:45sincères
31:46ou est-ce qu'ils se font
31:47manipuler
31:48malgré le statut
31:50d'intellectuel
31:50qui se donne
31:51compris Marc
31:52nos condoléances
31:53pour le départ
31:53de votre papa
31:54et une pensée
31:55pour Gaston
31:55Onfray
31:55au passage
31:56qui aussi
31:56était un papa
31:57auquel Michel
31:58était très attaché
31:59Michel Onfray
32:00la confrontation
32:01aujourd'hui
32:01le débat d'idées
32:02qui était l'altérité
32:03quelque part
32:03vire au dénigrement
32:05à l'insulte
32:06à la violence
32:07est-ce que c'est inévitable ?
32:08Oui, quand je vous disais
32:08que nous étions d'âge
32:10à avoir connu
32:10des époques disparues
32:12souvenez-vous
32:12chez Bernard Pivot
32:13la possibilité
32:14de mettre face à face
32:16Maurice Bardèche
32:17fasciste
32:17notre vrai fasciste
32:19là pour le coup
32:19puisqu'aujourd'hui
32:20tout le monde est fasciste
32:20mais lui disait
32:21oui je suis fasciste
32:22mais au vrai sens
32:22les années 30
32:23je suis fasciste
32:24Le temps montait
32:24mais ça continue à discuter
32:25Il était fasciste
32:26et il y avait Bernard-Auré Lévy
32:27sur le même plateau
32:29et personne ne s'est insulté
32:31d'abord tout le monde
32:33a accepté
32:33le principe du débat
32:34personne n'a dit
32:35je ne rencontre pas
32:36ces gens-là
32:37je ne sers pas la main d'eux
32:38etc.
32:38Non pas du tout
32:39au contraire
32:39et c'était très intéressant
32:40de voir des gens
32:41qui se respectaient
32:43avec leurs idées
32:44et la possibilité
32:45de débattre
32:47moi je regrette
32:48cette période-là
32:49de toute façon
32:49je suis interdit
32:50de service public
32:51depuis plus de 10 ans
32:52donc les gens
32:52qui aujourd'hui
32:53me reprochent ces news
32:54je me dis
32:54mais vous seriez légitime
32:56aujourd'hui
32:56si vous aviez estimé
32:58que pendant 10 ans
33:00j'ai été maltraité
33:01mais je ne vous ai pas entendu
33:02pendant 10 années de silence
33:03sur le service public
33:04je vous entends maintenant
33:05sur l'endroit
33:06où je peux parler
33:06et où je parle
33:07librement
33:07je n'ai jamais reçu
33:08un conseil désagréable
33:10de la part de Vincent Bolloré
33:12ou de qui que ce soit
33:13me disant
33:13il ne faut pas parler de ceci
33:15il ne faut pas parler de cela
33:16j'ai écrit un livre
33:17qui s'appelle
33:17Théorie de Jésus
33:18récemment
33:18pour dire que Jésus
33:19n'avait pas existé
33:20historiquement
33:21et j'ai écrit un livre
33:21qui s'appelle
33:22L'Anarchie positive
33:22dont nous parlons
33:23qui fait l'éloge de Proudhon
33:24et personne ne m'a dit
33:25il faudrait arrêter
33:26ce genre de sottises
33:27ou de bêtises
33:28l'athéisme n'a pas sa place ici
33:30ou la défense de Proudhon
33:31n'a pas du tout
33:32donc
33:33oui je regrette
33:34l'époque où il y avait
33:35des débats
33:36et où on pouvait
33:36échanger
33:37et débattre
33:38ce n'est plus du tout le cas
33:39et on insulte aujourd'hui
33:41on insulte
33:42on méprise justement
33:42avec ces mots
33:43nazis
33:44fascistes
33:44extrême droite
33:45fachos
33:46et en général
33:47témoigne d'une faiblesse
33:48d'argumentation
33:49je reçois Michel Onfray
33:51pour un dernier quart d'heure
33:5213h45
33:53vous avez plus que jamais
33:54la parole
33:55appelez-nous
33:55bien entendu
33:56alors là
33:56à partir de maintenant
33:57vous pouvez intervenir
33:59sur la totalité
34:00de l'actualité
34:00de la journée
34:01ou d'ailleurs
34:02et Michel Onfray
34:04qui va rester avec nous
34:05bien entendu
34:06répondra
34:06participera à ce débat
34:07on vous attend sur
34:08Sud Radio
34:09au 0826
34:10300
34:10300
34:11à tout de suite
34:20Vous êtes bien sûr
34:21Sud Radio
34:21il est 13h48
34:22je reçois
34:23Michel Onfray
34:24avec lequel
34:24nous discutons
34:25péniblement
34:26de l'avenir de la France
34:27et Michel Onfray
34:29admet
34:29admet
34:30que toute civilisation
34:31pourrait disparaître
34:31la France
34:32laquelle nous croyons
34:33et que nous aimons
34:33pourrait un jour disparaître
34:34si nous ne
34:35nous mobilisons pas
34:37nous ne nous rassemblons pas
34:38pour sauver
34:38dans un acte républicain
34:39citoyen et patriotique
34:41pour sauver ce pays
34:42nous avons Romain
34:43qui nous appelle
34:43de la grande mode
34:44il ne veut pas parler de ça
34:45il veut parler
34:46d'un accident
34:47des accidents du travail
34:48Romain je vous écoute
34:49sur les accidents du travail
34:50Oui bonjour à vous auditeurs
34:51et bonjour à vous deux
34:52bien entendu
34:53Oui alors effectivement
34:54un peu plus tôt
34:55j'ai entendu
34:56quelques vérités
34:57concernant les employeurs
34:58au regard des accidents du travail
34:59Je voudrais juste citer
35:01deux petits exemples
35:02très rapidement
35:03Imaginez un architecte
35:04qui construit une villa
35:06un peintre
35:08qui traîne sur le chantier
35:10le maître d'ouvrage
35:12dit
35:12je vais venir cet après-midi
35:13visiter la villa
35:14l'architecte un peu précieux
35:15dit au peintre
35:16tiens tu vas me peindre
35:17un peu les potales
35:19qui sont en haut
35:20le gars monte
35:21l'employeur n'est pas là
35:22le gars monte
35:23sur l'instruction
35:23de l'architecte
35:24il tombe paralisé
35:27le total de l'instruction
35:28qui va en découdre
35:31c'est deux ans de prison
35:32pour l'employeur
35:33pas l'architecte
35:34qui n'a même pas été appelé
35:35à la barre
35:37je vous donne un cas
35:38un seul cas
35:39un autre cas
35:39quelqu'un qui fait un trou
35:40avec une carrière
35:41bon ivre et méché
35:43il fait son trou
35:45malheureusement ça dérape
35:47une veine
35:48au niveau du bassin
35:49va exploser
35:51et puis il va mourir
35:53l'employeur
35:54à la plancarte
35:54en prison
35:56c'est à dire que
35:57en termes de contrôle
35:58alors c'est vrai
35:59que les grosses entreprises
35:59sont relativement privilégiées
36:01en termes de contrôle
36:01de systèmes de sécurité
36:03ils ont des CSE
36:04qui est HSE
36:05etc
36:06voire des intervenants
36:07un peu extérieurs
36:07mais les petites entreprises
36:08sont un peu moins protégées
36:10et qu'effectivement
36:11si on prend par exemple
36:12quelqu'un qui prend un camion
36:13un bus
36:13n'importe quoi
36:14il a fumé
36:15il a bu
36:15ou ce que vous voulez
36:16l'employeur ne peut pas
36:17le contrôler
36:18oui Romain
36:19vous faites allusion
36:20ce matin je recevais
36:21donc une militante CGT
36:23on parlait des carences
36:24de la législation
36:25dans les accidents du travail
36:26et que souvent
36:27ça incombait
36:28au patron
36:29elle considérait
36:29qu'au contraire
36:30c'était pas assez sévère
36:31Michel Onfray
36:32vous avez commencé
36:32votre carrière
36:33comme ouvrier
36:33vous étiez ouvrier
36:34en usine
36:35de produits laitiers
36:36vous n'êtes pas resté longtemps
36:38mais vous savez
36:39qu'il y a un risque
36:39quand on travaille
36:40de prendre des risques
36:41est-ce que c'est toujours
36:42la faute du patron
36:43est-ce qu'un ouvrier
36:44peut commettre une faute
36:45et être responsable
36:46de son accident
36:46ou est-ce que dans un pays
36:48où la tendance
36:48est quand même
36:49de défendre le patronat
36:50par rapport aux ouvriers
36:51quand il y a une tragédie
36:52de ce genre
36:53d'abord c'est un travail saisonnier
36:55je ne peux pas
36:55oui oui bien sûr
36:56vous avez connu
36:57le milieu de l'usine
36:58avec les chefs de service
36:59avec la chaîne
37:00effectivement deux saisons
37:02deux saisons en fromagerie
37:06on accable souvent les patrons
37:07moi je pense que le droit
37:09normalement
37:09ce n'est pas une théorie générale
37:11c'est qui a fait quoi
37:12quand, comment, de quelle manière
37:13quel est le type de responsabilité
37:15y avait-il la possibilité
37:18pour le chef d'entreprise
37:19de faire de telle sorte
37:20que ça n'ait pas lieu
37:21est-ce qu'il y a eu des défauts
37:22etc
37:22enfin je suis pour un droit
37:23qui ne serait pas idéologique
37:24et qui permettrait de dire
37:25si là effectivement
37:26ça a été fait n'importe comment
37:27et le patron est responsable
37:29ou alors non
37:30il ne l'est pas
37:31moi j'ai connu des syndicalistes
37:33à Argentan
37:33qui estimaient que
37:34dès qu'il y avait un accident du travail
37:36c'était le patron
37:36qui était responsable
37:37or ça existe les accidents
37:39et on ne va pas mettre
37:40on ne peut pas imaginer
37:41qu'un patron se moque
37:42qui plus est aujourd'hui
37:43il y a une époque
37:44où on se moquait du fait
37:45d'avoir des accidents
37:46des morts
37:46et puis voilà
37:46plus aujourd'hui
37:47la vie est sacrée
37:48et c'est tant mieux
37:49et donc je ne veux pas
37:51qu'on accable des patrons
37:52qui prennent des risques
37:54en employant
37:54en faisant travailler des gens
37:55et puis en estimant
37:57que s'il arrive un malheur
38:00le monsieur qui parlait tout à l'heure
38:01disait voilà
38:01quelqu'un qui est alcoolique
38:02Romain bien sûr
38:04comment on fait
38:04quand on a quelqu'un d'alcoolique
38:05on le met à la porte
38:06si on le met à la porte
38:07on va estimer
38:07qu'on est un salaud de patron
38:09parce qu'on devrait avoir
38:10un peu de compassion etc
38:11vous gardez quelqu'un
38:11dont vous savez qu'il boit
38:12puis après on vous dit
38:13bah oui mais enfin etc
38:14donc je comprends
38:15ce que dit monsieur Romain
38:16vous me dites
38:17ce que dit Romain
38:18parce que
38:19quand vous vous retrouvez
38:20au tribunal
38:21présenté comme un criminel
38:23parce qu'effectivement
38:23vous n'avez pas
38:25imaginé que tout était possible
38:26ou pensable
38:26et puis vous avez des ouvriers
38:27qui prennent l'exemple
38:29qui est donné
38:29en disant
38:30bah redonne moi un coup de peinture
38:31si un ouvrier dit
38:32ah bah non
38:32mettez moi ça par écrit
38:33ou je sais pas quoi
38:34enfin on y va
38:35puis on fait le travail
38:36et puis on aime le travail bien fait
38:37et puis voilà
38:38puis après vous êtes coupable
38:39oui il y a effectivement
38:40des gens qui vont au tribunal
38:42mais parfois
38:43vous allez au tribunal
38:44et vous avez des peines
38:45qui sont des peines de sursis
38:46alors elles sont infamantes
38:47si l'on veut
38:47mais pour aller vraiment en prison
38:49je pense que les patrons
38:50quand ils vont vraiment en prison
38:51c'est que la preuve a été faite
38:52qu'ils étaient véritablement coupables
38:54on va pas faire une théorie générale
38:55mais je pense qu'en matière
38:56de justice
38:57on apprécie chaque cas
38:59tel qu'il est
39:00et
39:01les responsabilités peuvent être
39:03partagées
39:04on a droit à l'erreur
39:05Michel nous avons
39:06Jean Bernard
39:07qui nous appelle
39:07de Saint-Rémy-les-Chevreuses
39:09bonjour Jean Bernard
39:11oui bonjour Péricault
39:12alors Jean Bernard
39:13vous voulez vous adresser
39:14à Michel Onfray
39:15vous voulez vous adresser
39:16au philosophe
39:16ou à l'écrivain ?
39:18aux deux
39:19alors on vous écoute
39:21je suis tellement impressionné
39:23par cette personne
39:24je suis depuis trois mois
39:27en train de lire
39:28toute la trilogie
39:30et je termine
39:30avec ce geste
39:33et en fait
39:34j'ai relu
39:35l'art d'être français
39:37ah
39:37bravo
39:38et en fait
39:39et en fait
39:40quand j'ai un petit coup
39:42de baisse de tension
39:43je relis
39:44l'art
39:45l'art d'être français
39:46en donnant du docteur
39:48Onfray
39:48de le matin
39:49de le soir
39:49de page le matin
39:50de page le soir
39:50oui absolument
39:52et en fait
39:54le conseil autour de moi
39:55j'ai une très grande famille
39:57et en fait
39:58donc je lui voulais
39:59lui poser la question
40:01est-ce que vous êtes encore
40:03capable de nous ébouillir
40:05pendant peut-être
40:06une décennie
40:07deux décennies
40:08j'ai 75
40:1014 ans
40:10donc voilà
40:11je voudrais finir
40:12mes jours
40:12avec un livre
40:13de Michel Onfray
40:15dans les mains
40:17Michel Onfray
40:18c'est la question
40:19que je vous posais tout à l'heure
40:20vous n'allez pas baisser les bras
40:21ça c'est clair
40:22est-ce que votre cortex est fatigué
40:23vous avez à un moment donné
40:24un AVC
40:25vous en avez parlé librement
40:26est-ce que vous avez gardé
40:27votre ferveur
40:28votre énergie
40:28et est-ce que les gens
40:30qui croient en vous
40:30vont encore avoir matière
40:31à espérer
40:32écoutez
40:32j'ai même eu un défibrillateur cardiaque
40:34depuis quelques mois
40:36donc oui
40:37deux AVC
40:37deux accidents cardiaques
40:38etc
40:39donc bon
40:39la santé
40:41j'ai le sens
40:42de la précarité de la vie
40:43depuis très longtemps
40:43très très longtemps
40:44ça vous êtes conscient
40:45ça peut s'arrêter
40:46oui oui oui
40:46enfant déjà
40:47j'avais une dizaine d'années
40:48que je n'imaginais pas
40:49que je passerais
40:50dans la classe supérieure
40:51que je passerais
40:52des petits secondaires
40:53aux grands secondaires
40:54du collège au lycée
40:56et donc
40:58parce que
40:59parce que j'avais un vieux papa
41:00enfin quand je suis né
41:01mon père avait 38 ans
41:02j'ai eu peur de le perdre
41:03très vite et très tôt
41:04donc je
41:05puis
41:06ma mère a eu un accident
41:07grave de voiture
41:08et quelques heures
41:09j'ai cru qu'elle était morte
41:09c'est ce qu'on m'avait annoncé
41:10puis après on m'a dit
41:11non elle est gravement accidentée
41:12etc
41:12donc j'ai un rapport à la mort
41:14qui est un rapport quotidien
41:16et donc
41:17je sais que
41:18tout ça ne durera pas
41:19et puis
41:22il y a un moment donné
41:23où on peut se retrouver
41:23avec un cerveau
41:24qui n'est plus en état de marche
41:25donc là
41:26on arrête
41:27parce que
41:28là ça va
41:29j'ai perdu un quart
41:29de mon champ visuel
41:30avec le dernier AVC
41:32mais si
41:33mon cerveau devient
41:34de la bouillie
41:34on s'arrête à ce moment là
41:35vous laissez quand même
41:36quelques messages
41:37et même si
41:38pour rassurer Jean Bernard
41:39même si
41:40alors d'abord
41:40il y a une production
41:41qui arrive
41:42sur De Gaulle et Malraux
41:44donc vous vous rapprochez
41:45de plus en plus
41:46j'allais dire
41:46de l'identité française
41:47des enjeux
41:48de ce pays
41:49mais déjà
41:50si on intègre
41:51la totalité de votre oeuvre
41:52qui est quand même
41:52assez phénoménale
41:53on a de quoi vivre
41:54sur deux ou trois générations
41:56une fois que vous serez plus là
41:56on aura encore
41:57maintien à se mettre sous la dent
41:58quelques idées
41:59quelques sources de débats
42:00qui pourront animer
42:01la vie politique française
42:02Moi je crois que
42:03je ne crois pas
42:04à la permanence de mon oeuvre
42:06d'abord
42:06j'ai toujours
42:07l'idée d'utiliser le mot
42:09mon oeuvre
42:09m'étonne un peu
42:10mais je pense que
42:11les livres sont morts
42:12que les lecteurs disparaissent
42:14que
42:15c'est Bernard
42:15qui parlait tout à l'heure
42:16Oui Jean Bernard
42:17Jean Bernard
42:17il nous dit
42:18qu'il est septuagénaire
42:20donc nous faisons encore partie
42:21du monde du livre
42:22nous sommes des lecteurs
42:23je crois que
42:24les librairies ferment
42:25les unes après les autres
42:25J.B.R. Jaune
42:26vient de
42:27être très malade
42:29va disparaître
42:30vous avez aujourd'hui
42:31des libraires
42:32qui sont des idéologues
42:33qui vendent certains livres
42:34mais pas d'autres
42:35qui vendent certains éditeurs
42:36mais pas d'autres
42:37qui font de la prescription idéologique
42:38et qui ne vendent pas des livres
42:41qui ne contribuent pas
42:42donc au commerce des idées
42:43qui font plutôt du commerce
42:44de livres idéologiques
42:46puis vous avez des gens
42:47qui aujourd'hui
42:47se font écrire des livres
42:49par d'autres
42:49et les publient sous leur nom
42:50vous avez l'intelligence artificielle
42:52qui permet à certains
42:53de produire des manuscrits
42:54etc.
42:55moi je pense que
42:55les livres vont disparaître
42:57les lecteurs vont disparaître
42:58et que
42:58nous allons nous trouver
43:00dans 3 ou 4 générations
43:01devant un livre
43:02comme on est aujourd'hui
43:02devant une pierre cunéiforme
43:03bon moi je vous dis
43:05que vous êtes le maire du bocage
43:06et qu'on aura encore matière
43:08à nourrir nos cortexs
43:09avec la prose
43:10la prose en frayenne
43:11merci Michel Onfray
43:12d'avoir été en direct
43:13en studio
43:13sur Sud Radio
43:14je pense que nous aurons
43:15l'occasion de nous reparler
43:16et vous aurez l'occasion
43:18de venir sur Sud Radio
43:19parce que
43:19l'actualité vous donnera matière
43:20certainement à des émois
43:21à des rappels à l'ordre
43:23et peut-être des interpellations
43:24à la classe politique
43:25merci d'avoir été là
43:25je vous laisse avec Michel
43:27avec pas Michel Onfray
43:29avec Brigitte Lay
43:29des considérations
43:30beaucoup plus sensuelles
43:31mais on ne pourra pas toujours
43:32parler d'anarchie positive
43:34sur le plan sentimental
43:35j'avais écrit
43:36théorie du corps amoureux
43:37qui était à l'anarchie
43:39ce que
43:39la considération anarchique
43:42à l'érotisme
43:43Brigitte Lay
43:43vous invitera
43:44certainement
43:44à très bientôt
43:45merci
43:47midi 14h
43:48la France
43:49dans tous ses états
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