00:00Raphaël, l'INSEE estime qu'à court terme, la France peut encaisser le choc pétrolier,
00:03mais que si le conflit dure, et non c'est toujours une question de temporalité,
00:07on pourrait connaître une présidentielle marquée par la crise économique,
00:10ça ne serait pas sans conséquences politiques ?
00:12Oui, effectivement, c'est un peu la question qu'on peut se poser ce matin,
00:14les conséquences politiques d'une crise économique, si elle perdure en 2027,
00:20année d'élection présidentielle.
00:22C'est un peu l'avertissement de l'INSEE ce matin.
00:24L'essentiel des effets négatifs arrivera en fin d'année et en 2027.
00:30Pourquoi ? Parce que cette année, la croissance est quasiment déjà faite en réalité,
00:34on a 0,9 points d'acquis de croissance au premier semestre,
00:37et que l'explosion du prix du baril va mettre un peu de temps à se diffuser dans les prix.
00:43Or, on sait qu'une augmentation de 10% du baril, c'est 0,1 point de croissance en moins.
00:49Ça veut dire que si le baril grimpe à 140 dollars,
00:52alors évidemment, ce matin, ça baisse un peu, mais on fait des yo-yos tous les jours.
00:55140 dollars, ça voudrait dire une augmentation de 100% du prix du baril.
00:59Ça efface tout simplement notre croissance potentielle.
01:04C'est assez simple.
01:04Ça veut dire que le paysage 2027 de la campagne présidentielle,
01:08c'est une croissance zéro, c'est un chômage qui repart d'ores et déjà à la hausse,
01:13et une inflation qui s'emballerait avec un pouvoir d'achat
01:17qui, lui, va baisser dans le courant du second semestre.
01:21Vous secouez ce petit cocktail-là et vous avez une véritable poudrière démocratique
01:26qui attend la campagne 2027.
01:29Alors, quel parti pourrait directement en profiter ?
01:31Ça, on connaît l'histoire.
01:32Crise économique doublée d'une crise inflationniste.
01:35On l'a connue en Europe avec la Grande Dépression dans les années 20-30.
01:39Ça a fini avec Hitler au pouvoir.
01:40Je ne reviens pas sur toutes les similitudes qu'on constate d'ailleurs
01:44entre les années 1920 et les années 2020.
01:47On l'a aussi connue après la crise de 2008 avec une percée des populistes
01:53et des partis anti-systèmes de partout en Europe d'ailleurs,
01:57et gauche et droite confondus.
01:59Donc, à qui ça profite ?
02:00Rarement aux partis modérés.
02:02Si la crise s'installe, c'est évidemment une prime aux radicaux et aux populistes,
02:08ce qui ne présage rien de bon pour l'économie du pays.
02:10On n'attend pas la présidentielle pour faire des demandes en tout genre,
02:13puisqu'avec la reprise des débats à l'Assemblée nationale,
02:15hier, on n'a parlé que d'essence, avec que des demandes,
02:18soit du côté des taxes, du côté des chèques.
02:20Eh bien oui, sans surprise, effectivement,
02:22ça a été un véritable concours de démagogie
02:25et sur tous les bancs de l'Assemblée,
02:28au Rassemblement national, du Rassemblement national à LFI,
02:32en passant par l'UDR, les LR, les socialistes, le Parti communiste,
02:36tout le monde y est allé de son petit chapelet,
02:39en appelant à baisser les taxes, bloquer les prix,
02:43ou évidemment distribuer des chèques aux Français.
02:48Les députés n'ont pas manqué d'attiser la colère, d'ailleurs,
02:52de l'opinion publique en faisant croire que l'État serait un profiteur de crise,
02:59ce qui est évidemment parfaitement faux, il faudra le rappeler.
03:02« Démagogie et misérabilisme », leur a répondu en substance
03:07le ministre des Finances, Roland Lescure.
03:10Il a raison, Roland Lescure, une fois n'est pas coutume.
03:14On est souvent très critiques sur ce que peut faire le gouvernement sur ce plateau.
03:18Là, il faut saluer la résistance de l'exécutif,
03:23qui tient bon face au démagogue,
03:25qui n'a pas sorti le carnet de chèques pour l'instant,
03:29parce que la vérité, c'est qu'on n'a plus un rond dans les caisses de l'État.
03:33Le roi est nu, nous a dit Patrick Martin hier.
03:34Tout simplement, le roi est nu.
03:36Et comme l'a très bien dit Sébastien Lecornu hier,
03:40derrière chaque chèque se cache bien souvent un impôt.
03:44Or, s'il y a bien une chose dont on n'a pas besoin,
03:48après tout ce que je viens de vous décrire,
03:50c'est d'ajouter une révolte fiscale,
03:52en plus sur la crise économique et de pouvoir d'achat,
03:56qui pourrait arriver.
03:57Merci Raphaël, on se retrouve dans Les Experts,
04:00tous les jours de 10h à 11h sur BFM Business,
04:02évidemment en replay et en podcast.
04:04On aura ce débat à 7h10,
04:05est-ce que l'État est un profiteur de crise ?
04:07Ça sera avec Emel Lechypre et Jean-Marc Daniel.
04:10Et puis, ceux qui demandent des chèques,
04:11les LFistes par exemple, Aurélie Trouvé,
04:13sera avec nous à partir de 8h40.
04:15Le
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