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  • il y a 2 heures
Ce lundi 23 mars, Guillaume Gerino, directeur de la gestion de Carlton Sélection, et Xavier Patrolin, président d'Albatros Capital, sont revenus sur l'ultimatum posé par Donald Trump à Téhéran pour la réouverture du détroit d'Ormuz, et notamment la baisse de taux questionnée, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:06Guillaume Gérino pour Carlton Sélection, il y en est le directeur de la gestion.
00:10Bonsoir Guillaume.
00:10Bonsoir Guillaume.
00:11Bienvenue Xavier Patrolin.
00:12Bonsoir Xavier.
00:13Bonsoir Guillaume.
00:14Albatros Capital.
00:15Antoine, c'est absolument hallucinant ce qu'on a vécu sur la séance du jour.
00:19Ce matin, le CAC 40 perdait 2% avec l'ultimatum de Donald Trump.
00:22Fin de matinée, Donald Trump annonce le report de cet ultimatum.
00:25Le CAC passe directement de moins 2% en quelques secondes, de moins 2 à plus 2%.
00:30Effectivement, et il en est de même pour les futurs sur les marchés américains.
00:34Ils se sont multipliés toute l'après-midi.
00:37Alors, je n'ai pas évidemment les carnets d'ordre de la bourse des options de Chicago sous les yeux,
00:41mais des postes dignes de foi, d'analyse de Wall Street montrant que de 2 à 5 minutes avant le
00:48poste de Donald Trump,
00:49des positions à la hausse très très sensibles ont été prises sur les marchés dérivés,
00:55notamment sur le S&P 500 et sur le Nasdaq, des positions à effet de levier de 1 à 6.
01:01Donc, on chiffre déjà des gains potentiels en une demi-heure à plus de 500 millions de dollars.
01:05Mais il est évident qu'il y a un ou plusieurs intervenants qui étaient tout à fait au courant de
01:10ce qui allait se passer.
01:11Est-ce que ça a quelque chose d'étonnant ?
01:13Donald Trump le revendiquait lui-même pendant les négociations sur les tarifs douaniers,
01:17disant « Tiens, ce matin, ce serait peut-être l'occasion de retourner à la bourse »,
01:21et 6 heures après, déclarant des apaisements dans le ton sur les négociations commerciales,
01:27et se vantant même d'avoir fait gagner des fortunes à ses adjoints.
01:30Donc, voilà, ça n'a rien d'étonnant, mais voilà, c'est juste que ça se voit beaucoup.
01:35Oui, ne pensez pas que certains investisseurs ont juste eu de la chance, là, pour le coup, non ?
01:39Xavier, vous ne croyez pas à la chance, vous ?
01:41Si, si, si, non, non.
01:42Ah bah si, ah si.
01:44Il y a eu de la chance ou ils étaient initiés, des délits d'initier ?
01:46Là, c'est des délits d'initier, il ne faut pas se poser la question.
01:50Bon, il faudra les prouver, c'est ça le problème, il faudra les prouver, mais...
01:53Ils seront prouvés un jour, peut-être après la présidence de Donald Trump,
01:57mais ils seront prouvés certainement, bien sûr, ce sont des délits d'initier.
02:01Tous les événements qui se sont enchaînés durant le week-end,
02:05c'est pour ça qu'on a eu cette ouverture sur les marchés asiatiques
02:08et les ouvertures sur les marchés européens, témoignaient d'une aggravation, d'une extension,
02:14d'une régionalisation, et je passe sur le tir de missiles.
02:18Oui.
02:19Des missiles, manifestement, qui sont la découverte des Occidentaux,
02:24sur un rayon de 4000 kilomètres.
02:26Donc, imaginez un seul instant qu'il y ait pu avoir des négociations
02:28entre les États-Unis et l'Empire perse,
02:31au moment même où l'Empire perse, la République des Mola,
02:34envoyait sur une base, Diego Garcia,
02:38une base anglaise, mais qui est sous-traitée près des États-Unis.
02:43L'imaginer un seul instant relève de la farce.
02:46Donc, c'est une pure manipulation, il n'y a pas de négociation.
02:49C'est ce que disent les Iraniens.
02:50Mais bien sûr.
02:51Mais Donald Trump, avant tout, on n'a jamais discuté avec eux là,
02:54et encore moins ce week-end.
02:54Depuis quatre semaines, l'opération militaire a pour but de décapiter
03:01le régime iranien.
03:03Je ne m'en fais pas le défenseur.
03:04Mais tous ceux, vous voyez, les fameux diaporamas
03:08où vous avez des petites croix sur les visages,
03:11une grande partie des dirigeants qui sont éliminés
03:15étaient, entre guillemets, des modérés,
03:17étaient des gens qui étaient plutôt pro-occidentaux,
03:20étaient des gens qui étaient en charge des négociations
03:22depuis une dizaine, une quinzaine d'années avec les occidentaux.
03:26Souvenons-nous que le...
03:27Je termine là-dessus.
03:28Que le 29 février, quand il y a l'élimination de l'imam Ramény,
03:35il est éliminé avec 60 à 90 dirigeants,
03:38il est éliminé en partie avec l'équipe qui négociait la veille,
03:43qui négociait à Vienne avec l'équipe américaine.
03:45C'est-à-dire que tous les négociateurs qui négociaient
03:48depuis deux à trois semaines, négociateurs iraniens,
03:50qui négociaient avec l'équipe américaine,
03:52ont été éliminés au tout début du conflit.
03:54Donc c'est une farce.
03:55J'ai le plaisir d'annoncer que les Etats-Unis d'Amérique et l'Iran
03:58ont eu au cours des deux derniers jours
04:00des échanges très positifs et productifs
04:02concernant une résolution complète et totale
04:06de nos hostilités au Moyen-Orient.
04:09Poste de Donald Trump, c'était en fin de matinée tout à l'heure,
04:12les marchés sont partis comme une balle à la hausse.
04:14Vous avez vu combien de temps il a fallu au marché pour réagir là-dessus ?
04:17En 0,6 secondes après le tweet,
04:19si vous regardez vraiment le timing,
04:210,6 secondes après le tweet,
04:22le marché monte très fortement.
04:24Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
04:25C'est-à-dire que ce n'est pas un flux de conviction en se disant
04:27« ça y est, il a tweeté, c'est fini, c'est un cessez-le-feu ».
04:29C'est plutôt des rachats de position short,
04:31je pense de hedge fund ou de retail,
04:33plutôt de hedge fund à mon avis,
04:35qui se couvrent contre justement ce potentiel rebond.
04:39Donc ça ne veut pas dire que la situation est réglée.
04:40Et c'est pour ça aussi qu'on voit que la clôture,
04:42c'est en train de rebaisser un petit peu.
04:43Je pense qu'il y en a qui prennent des gains
04:45et qui sécurisent des gains sur la journée.
04:48Donc pour l'instant,
04:48on n'a pas vraiment de cessez-le-feu ou d'avancer.
04:51Par contre, on a un signal très positif qui est envoyé.
04:53Le signal positif, c'est que Trump a mis un ultimatum
04:55il y a deux jours, il y a un jour et demi.
04:57Il devait s'arrêter ce soir à minuit 44, heure de Paris.
05:00Sauf qu'on voit bien que les Iraniens n'étaient pas prêts
05:03à négocier avec Trump.
05:05Et ce coup de bluff ne peut pas fonctionner.
05:07Et donc Trump a été rappelé par le baril de pétrole,
05:10par les marchés à action,
05:12mais surtout par le taux de 10 ans,
05:13puisqu'il était en train de repasser au-dessus de 4,50.
05:15Et là, ce que ça donne comme signal à un investisseur,
05:18c'est que Trump n'ira pas au bout coûte que coûte.
05:20Et ça, c'est très bon.
05:21Il n'ira pas faire la guerre,
05:23il n'ira pas détruire les infras en Iran.
05:25Si ça lui coûte, c'est mi-terme.
05:26Si ça lui coûte, c'est le taux d'approbation.
05:28Si ça lui coûte, c'est une destitution.
05:29Oui, parce que les pays du Golfe ont besoin de pétrole.
05:32Leur carburant, c'est le pétrole.
05:33Les États-Unis, leur carburant, c'est la dette.
05:35Si les taux américains montent,
05:36l'économie américaine est étranglée,
05:38comme celle des pays du Golfe,
05:39l'est par la congestion du marché pétrolier.
05:41C'est un peu...
05:42On parle d'une guerre asymétrique.
05:45Économiquement, il y a une forme de symétrie.
05:47Je pense qu'il y a vraiment une puissance américaine militaire sur l'Iran.
05:51L'Iran ne pourra jamais gagner une guerre face aux États-Unis.
05:53Par contre, ils ont un pouvoir de nuisance qui est extrêmement fort.
05:56Donc en fait, l'Iran ne peut pas gagner,
05:58mais l'Iran peut faire perdre tout le monde.
06:00Donc c'est là où c'est plus difficile de négocier
06:01quand on est face à des pays comme ça.
06:03Et on le voit, rien qu'avec 20% du pétrole
06:06qui navigue dans le détroit d'Hormuz,
06:08on voit l'impact sur le pétrole mondial.
06:11C'est plus 80% depuis le début de l'année.
06:13Donc c'est absolument phénoménal.
06:15Et ça, ça impacte tout le monde.
06:16Ça impacte les États-Unis,
06:17puisque c'est un marché global, le marché du pétrole.
06:19Donc tous les prix repartent à la hausse.
06:22Donc ça impacte les États-Unis, ça impacte la Chine,
06:24ça impacte l'Europe, ça impacte les taux, les actions,
06:26l'activité économique réelle.
06:28Donc tout ça, ce n'est pas durable.
06:30En tout cas, il ne faut pas que ce soit durable.
06:32D'ailleurs, si on regarde un petit peu les courbes de forward sur le Brent,
06:34on voit qu'on revient à 70 d'ici moins d'un an.
06:37Donc c'est pour ça aussi que les actions ne baissent pas trop.
06:39Parce que tout le monde price le fait que ça ne va pas durer.
06:42Si vraiment on avait un baril à 100, 110 dollars,
06:45même à moyen terme, là, ce serait catastrophique.
06:47Et heureusement, ce n'est pas le cas, effectivement.
06:49Ce n'est pas le cas.
06:49Sur le court terme, sur les contrats,
06:51on est à 102 dollars pour ce qui concerne le Brent.
06:54Alors le Brent a perdu 14% d'un coup aussi ce matin,
06:57à la détente au moment du poste de Donald Trump.
06:59On est repassés sous les 100 dollars.
07:01Puis là, on remonte un peu au-dessus.
07:02On est à 102 dollars en ce moment sur le Brent.
07:06Xavier, Donald Trump, pour vous, a eu peur,
07:09alors peut-être de la riposte iranienne,
07:10parce que les Iraniens ont dit,
07:11si Donald Trump vise nos installations électriques,
07:14nous, on visera les usines de dessalement dans le Golfe.
07:16C'est comme viser la gourde, quoi.
07:17On est en plein désert, vous visez la gourde,
07:18il n'y a plus d'eau, il n'y a plus de développement possible.
07:20On parle toujours du pétrole pour les pays du Golfe,
07:22mais l'eau est au moins aussi importante.
07:24Donc vous visez les usines de dessalement, c'est fini.
07:26Il a eu peur de ça, ou il a eu peur, effectivement, des taux ?
07:29Il a fait un taco sur les taux en se disant,
07:31non, il n'est pas possible de voir les taux encore progresser comme ça.
07:33Est-ce que c'est le marché ?
07:34Est-ce que ce sont les taux qui ont eu raison de sa volonté ?
07:38Ça peut être une analyse.
07:40Je la partage partiellement, mais ça peut être une analyse.
07:42Moi, j'en ai une autre.
07:44C'est que les planificateurs de la guerre,
07:49c'est-à-dire l'état-major américain, pour l'essentiel,
07:52qui conseille Donald Trump,
07:54sont partis sur une base,
07:57la formulation anglo-saxonne, c'est
07:58« eat and run », c'est-à-dire qu'on décapite,
08:01on tue et on repart chez soi.
08:03La fameuse, au fond, l'exemple type,
08:05c'est la guerre des 12 jours d'avril dernier.
08:09Donc c'était quelque chose de très bref,
08:11à coups de bombardements,
08:14ciblés, et on retourne à la maison.
08:16On vient, on gagne et on s'en va.
08:18On présupposait un changement de régime éventuellement
08:20avec un soulèvement imaginaire.
08:22Donc ça, c'est la première version.
08:24La deuxième version, c'est que les Iraniens jouent le temps.
08:29Quand on dit que les Iraniens ne peuvent pas gagner la guerre,
08:33ils peuvent faire, comme tu l'as dit,
08:35ils peuvent faire perdre tout le monde,
08:36mais ils peuvent gagner à la sortie.
08:38Pour eux, c'est une question existentielle.
08:40C'est le rôle de puissance dominante de la région qui est en jeu.
08:44Donc leurs ressources essentielles,
08:47ce n'est pas les missiles, ce n'est pas les bombes,
08:48ce n'est pas les B-52, ils n'en ont pas,
08:50c'est le temps.
08:52Et ce que vient de faire Trump,
08:54on peut dire qu'il a bluffé tout ça,
08:57mais peut-être qu'il redonne du temps à sa stratégie.
08:59C'est-à-dire, moi j'ai fait des maths dans mon jeune temps,
09:00et il se trouve que j'ai fait des maths avec des étudiants iraniens,
09:03donc j'ai une petite idée de la mentalité iranienne.
09:07On essaye, en théorie des jeux,
09:08de réintroduire de l'aléa.
09:11D'accord ?
09:12Donc de ne pas être prévisibles.
09:14Alors avec Trump, ça tombe, c'est parfait,
09:16mais les Iraniens, eux, jouent le temps.
09:19Et le temps leur est favorable.
09:20Ils attirent globalement,
09:22ils se préparent à ce conflit depuis une vingtaine d'années.
09:25Ils attirent les États-Unis sur leur terrain.
09:30D'accord ?
09:31Et il y a plein d'exemples historiques,
09:34y compris dans l'histoire militaire américaine,
09:37où la surpuissance américaine s'est traduit
09:41par des défaites géopolitiques.
09:43On peut penser tout simplement au Vietnam.
09:45On peut penser à l'Irak,
09:46on peut penser à l'Afghanistan,
09:47on peut penser à la Libye,
09:48on peut penser à plein de choses.
09:50Donc, c'est cette approche-là qui est en jeu.
09:53Donc, on peut convenir,
09:54oui, c'est les taux d'intérêt.
09:55Il y a une peur,
09:56parce que Scott Besant lui a dit,
09:57mon gars, le coût de la dette,
09:59la charge financière qu'on a potentiellement à la sortie,
10:02c'est 5 à 6 points de PIB.
10:04Et en plus, il se trouve que le Pantagode
10:05a demandé 200 milliards additionnels
10:07pour qu'on continue la mise.
10:08Donc, ça commence à coûter.
10:12Mais on peut aussi éventuellement envisager
10:14que les planificateurs américains
10:17essayent de réintroduire du doute.
10:21Supposons que le Pantagode est un mâle fou
10:23à déployer le corps des Marines
10:26et la 92e Airborne.
10:28C'est d'ailleurs que les planificateurs lui ont dit,
10:30on a dit, attends, écoutez,
10:31moi, je veux bien faire une opération
10:32dans l'île de Cargue.
10:33On peut essayer de le faire,
10:34mais je ne peux pas le faire
10:35dans les prochains jours.
10:36Il faut que j'ai du temps.
10:37Il faut que je confie que mon dispositif...
10:39Et le dernier son de cloche,
10:40c'est, ah non, c'est trop compliqué
10:41sur l'île de Cargue.
10:42C'est le dernier son de cloche.
10:43Ce qui ne veut surtout pas dire
10:44que ça n'aura pas lieu, du coup.
10:45Bien sûr.
10:46Surtout venant de quelqu'un
10:47qui s'est vanté
10:48auprès du Premier ministre japonais
10:49quand il l'a reçu
10:50dans le bureau ovale
10:51de la Maison Blanche
10:52que l'effet de surprise
10:53en pensant à Pierre Larbord,
10:55c'était une arme maîtresse.
10:56D'accord ?
10:57Donc, là, on est sur un jeu
10:59de temporalité.
11:00Et les marchés, là-dedans,
11:01évidemment,
11:02ils ne peuvent pas trancher.
11:03Ils ne peuvent pas trancher.
11:04Donc, qu'est-ce qu'ils font ?
11:05Ils se raccrochent
11:07au grand marionnettiste supposé,
11:09c'est-à-dire Donald Trump
11:09et à ses tweets.
11:10Et là, pour le coup,
11:11à très court terme,
11:12c'était TACO ou le KO.
11:13Il a choisi TACO
11:14avant, peut-être plus tard,
11:15un KO.
11:15Oui, mais il fallait réfléchir avant.
11:18Il fallait réfléchir avant.
11:20D'accord ?
11:20Donc, si on veut négocier
11:22avec une contrepartie,
11:24c'est-à-dire qu'on suppose
11:25qu'il y a un équilibre des forces,
11:26et c'est ça aussi
11:27que ça peut vouloir dire,
11:28c'est-à-dire que la privatisation
11:29ou la prise de contrôle
11:31du détroit d'Hormuz
11:32par l'Iran
11:33a peut-être un caractère,
11:35si ce n'est définitif,
11:36en tout cas de long terme.
11:38Et ça, ça pose un problème,
11:40ça pose un problème stratégique
11:42et économique
11:43aux États-Unis
11:44et à l'économie mondiale
11:45plus généralement.
11:45Et le marché en permanence
11:46à chaque microseconde
11:47donne un prix à tout ça.
11:48Le baril de Brent,
11:50certes, a reculé
11:50depuis la fin de matinée,
11:51mais on est toujours
11:52au-delà des 100 dollars,
11:53102 dollars toujours.
11:54On reste quand même
11:54en mode tension,
11:55bien sûr,
11:55sur le baril de Brent.
11:56Et le CAC 40,
11:57qui gagnait 2,5,
11:58ne gagne plus qu'un pour cent.
12:00Alors, c'est été inespéré
12:01ce matin,
12:01le plus simple ce soir,
12:02mais on est en train
12:03de voir les gains fondre
12:03un peu comme neige au soleil.
12:04Comment on agit
12:05dans ces marchés ?
12:06Quelle lecture vous en faites ?
12:07Comment vous interprétez
12:08la situation
12:09et vous la transcrivez,
12:15Alors là,
12:16c'est vrai que c'est un marché
12:17qui est extrêmement compliqué
12:18sur lequel il y a
12:20beaucoup de volatilité.
12:21Je pense qu'il faut vraiment
12:22isoler le signal du bruit.
12:23C'est-à-dire qu'à la fin,
12:24quand vous êtes investisseur,
12:26il faut regarder
12:26sur quoi vous investissez,
12:27est-ce que vous investissez
12:28sur des obligations,
12:29sur des actions, etc.
12:30Imaginons, partons,
12:31sur ces deux classes d'actifs,
12:32sur les actions.
12:33Qui a intérêt
12:34à ce que la guerre continue
12:35et que le pétrole
12:36soit aussi haut ?
12:37La Chine, non.
12:37L'Iran, non.
12:38Les pays du Golfe, non.
12:39Les États-Unis, non.
12:40Il y a des élections en novembre.
12:42Je vous assure
12:43que là,
12:44si le pétrole reste à ce niveau-là,
12:45Trump perd les élections,
12:46les mid-termes.
12:47Et à titre personnel,
12:48je pense qu'il se fera destituer.
12:49Il n'a rien à gagner là-dedans.
12:51La Chine,
12:52elle est en train de perdre
12:52énormément en termes
12:53de points de PIB aussi
12:54chaque jour qui passe.
12:55Même si elle a des réserves,
12:56elle est en train de les consommer.
12:58Et l'Iran, bien sûr,
12:59et tous les pays du Golfe.
13:00Donc, si on enlève ça,
13:01on peut partir du principe
13:02que cette guerre-là
13:02sera temporaire.
13:03Ou alors qu'il y aura une solution.
13:04Mais que ce ne sera pas
13:05une guerre permanente.
13:06Et donc,
13:07que les prix du baril
13:07vont rebaisser
13:08et que les actions
13:09vont remonter.
13:09Donc, je pense qu'il faut
13:10rester bien positionné
13:13là-dessus
13:13et essayer d'acheter les creux.
13:14Alors, de manière
13:17assez, disons,
13:17raisonnée,
13:18il faut bien lisser
13:18ces points d'entrée
13:19pour les investisseurs
13:20qui ne sont pas encore dessus.
13:21Et votre idée,
13:21c'est que le pire
13:22n'est jamais certain.
13:22Vous restez dans cette idée-là
13:24auprès de vos investisseurs
13:24et vos clients.
13:25Pour moi, il y a deux choses.
13:26Soit on part du scénario central
13:27qu'on a
13:28et dans ce cas-là,
13:28il faut être acheteur des actions.
13:30Soit on part
13:31dans un scénario catastrophe
13:32et dans ce cas-là,
13:33les actions,
13:34ce sera vraiment
13:34le dernier de votre problème.
13:35Je pense vraiment.
13:37Donc, dans tous les cas,
13:38à mon avis,
13:39c'est presque une option gratuite
13:40sur le fait d'acheter
13:41des actions moins chères
13:42aujourd'hui
13:43que ce qu'on avait pu avoir
13:43en début d'année.
13:44Et sur les obligues,
13:45c'est encore mieux
13:46sur le marché obligataire
13:47puisqu'alors là,
13:48on a des hausses de taux
13:49pricées,
13:49notamment en zone euro
13:50qui sont complètement
13:51excessives et aberrantes.
13:52D'ailleurs,
13:53on a trois hausses de taux
13:54pricées en zone euro.
13:55Je ne sais pas
13:55si vous avez déjà vu
13:56un gérant obligataire
13:57ou un stratégiste
13:58vous dire que c'était possible.
13:59Moi, je n'en ai pas vu.
14:01Non, c'est juste
14:02un effet mécanique.
14:03C'est juste des hedge funds
14:04qui se sont encore une fois
14:05qui étaient short put
14:06sur les taux
14:07en début d'année
14:07et qui ont dû racheter
14:08leur position.
14:09Alors, on va en parler
14:10justement plus précisément
14:11des anticipations
14:12des banques centrales
14:13dans un instant,
14:13mais c'est intéressant
14:14ce que vous dites
14:14parce que vous dites
14:16qu'il y a plein d'opportunités
14:18qui s'ouvrent aujourd'hui
14:18sur le marché
14:19au cours actuel.
14:20On a perdu sur le CAC 40
14:2110-11%
14:22depuis les plus hauts.
14:22On a perdu 1000 points
14:23en gros sur le CAC 40.
14:24C'est beaucoup comme ça,
14:25mais en trois semaines.
14:27On a perdu 10-11%
14:28en trois semaines,
14:28pas par jour.
14:29C'est-à-dire que
14:29chaque séance,
14:30on descend d'une,
14:31voire deux marches,
14:32mais jamais d'un étage
14:33par séance.
14:34Jamais, jamais.
14:35On sent que les investisseurs
14:36veulent quand même
14:36rester dans ce marché
14:37parce qu'ils craignent
14:38que quand Donald Trump,
14:39comme aujourd'hui d'ailleurs,
14:40fera une annonce,
14:41paf, tout se retourne d'un coup
14:42et que l'année boursière
14:45pourrait se jouer
14:45sur 10 secondes.
14:47Il faudra être dans le marché
14:48à ce moment-là.
14:49C'est ce que tu disais.
14:49C'est qu'une histoire
14:50de probabilité,
14:51en fait,
14:51à chaque fois que la probabilité
14:53d'un conflit augmente,
14:55forcément,
14:55on dérisque.
14:56On enlève un peu
14:57de budget de risque,
14:58pardon.
14:59On dérisque le portefeuille,
15:00on dérisque,
15:00on dérisque.
15:01Et dès que ça s'améliore,
15:03on se remet risk on,
15:05pardon.
15:05Donc forcément,
15:06ça va être petit à petit.
15:08Personne ne va sortir du marché
15:09parce qu'on sait très bien
15:10qu'il suffit d'un tweet
15:11comme on a eu ce matin
15:11pour que ça rebondisse tout de suite.
15:13Donc on ne peut pas être
15:13en dehors du marché.
15:14Vous pouvez rater
15:14votre année boursière
15:15si vous n'êtes pas là
15:16dans les 10 secondes
15:17ou Donald Trump qui tra.
15:18L'année dernière,
15:19Liberation Day,
15:20après,
15:20c'était ligne droite.
15:22Donc bon,
15:23il faut quand même suivre
15:23ce que Trump dit.
15:24Il faut quand même
15:25rester dans le marché
15:26et après,
15:28pricer le scénario catastrophe,
15:29je pense que ce n'est pas
15:29une bonne stratégie
15:30puisqu'encore une fois,
15:31personne n'a intérêt
15:32à ce qu'ils se produisent.
15:33Je pense que
15:34toutes les parties
15:35pourront agir.
15:36Il y aura des négociateurs
15:37et des médiateurs
15:38entre les deux camps.
15:39On poursuit nos échanges,
15:40il reste 13 minutes
15:41jusqu'à la clôture.
15:42Le CAC gagne 0,9%
15:43Voilà,
15:43on était à plus 1
15:44il y a 3 minutes.
15:45On est à plus 0,9%.
15:46On est en train
15:46de s'effriter.
15:47Quand même,
15:48ArcelorMittal gagne 5%,
15:49une des valeurs
15:50qui souffrent le plus
15:51depuis le début du conflit
15:51du fait de la hausse
15:52des prix de l'énergie.
15:53Bien sûr,
15:53c'est une activité
15:54extrêmement énergivore.
15:55La sidérurgie,
15:56ArcelorMittal aujourd'hui
15:56donc profite du répit.
15:58Société Générale aussi
15:59qui avait souffert
16:00en fin de semaine dernière
16:01plus 5%.
16:02Saint-Gobain,
16:02Kering gagne 4%.
16:03Puyambès,
16:04Pernod Ricard,
16:05Carrefour recule chacune
16:06d'un et demi pour cent.
16:07On en parle avec
16:08Guillaume Gérineau
16:09et Xavier Patrolin.
16:11Tiens,
16:11sur les anticipations
16:13de hausse de taux,
16:14on avait l'habitude
16:15de dire de baisse de taux.
16:16Là,
16:16ce sera peut-être
16:16des hausses de taux
16:17cette année.
16:17Le marché attend.
16:18Vous disiez
16:182 voire 3 hausses de taux
16:20de la BCE cette année.
16:20Alors ce matin,
16:21c'était 3 hausses et demi.
16:22On est passé à 2,5
16:23après le tweet de Trump.
16:24C'est un truc de fou.
16:25Ça,
16:25c'est complètement mécanique.
16:26Pour le coup,
16:27c'est vraiment mécanique.
16:28C'est-à-dire que personne
16:28n'anticipe vraiment
16:302 hausses et demi,
16:313 hausses de taux
16:31en zone euro.
16:32Donc c'est quoi ?
16:33C'est complètement
16:33de la poudre aux yeux ?
16:34C'est taux obligataire
16:35qu'on voit,
16:35les anticipations du marché ?
16:37C'est un truc hyper artificiel,
16:38aléatoire, volatile ?
16:39C'est artificiel dans le sens
16:40où moi,
16:40je pense que oui.
16:41Xavier pense que non,
16:42il va nous l'expliquer.
16:43Parce que vous avez forcément
16:45plein de hedge funds
16:46qui étaient short put
16:47sur les taux en début d'année
16:48donc qui vendaient des put,
16:49ce qui est une stratégie
16:50qui rémunère bien
16:51quand les taux ne bougent pas
16:52ou quand ils baissent.
16:53Première tension de taux
16:54avec ce qui s'est passé en Iran,
16:56ils ont commencé
16:56à racheter des positions
16:57qui ont entraîné
16:58d'autres achats de positions
16:59qui ont entraîné
17:00à une explosion
17:01du coût de couverture
17:02par les banques
17:02sur tous leurs desks obligataires.
17:05Donc forcément,
17:06tout ça,
17:06ça vous fait des coûts
17:08de protection
17:08qui sont extrêmement hauts
17:10et des taux qui remontent.
17:11Mais en réalité,
17:12qui aujourd'hui peut dire
17:13qu'il y aura 3 hausses de taux
17:14en zone euro ?
17:14C'est complètement insensé.
17:16C'est un phénomène
17:16qui est totalement exogène
17:18et temporaire.
17:19C'est-à-dire qu'une banque centrale
17:20ne va pas regarder
17:20la partie headline.
17:22Alexandre Baradez
17:23qui participe plus souvent
17:23à cette émission,
17:24tout à l'heure tweetée
17:24« Vivement les 2 voire 3 hausses
17:26d'autos de la BCE cette année
17:27pour que le trafic
17:28dans le détroit d'Ormous
17:28se fluidifie, enfin ! »
17:30Et que la guerre s'arrête.
17:31Vivement les 2-3 hausses d'autos
17:32pour arrêter la guerre.
17:33On ne montre pas
17:34des phénomènes exogènes
17:35avec des hausses d'autos.
17:36Déjà qu'il y aura
17:36un ralentissement
17:37de l'activité économique
17:38si en plus vous avez ça.
17:40Mais vous tuez l'Allemagne,
17:41vous tuez la France.
17:42Xavier, lui, il y croit.
17:42Pourquoi vous y croyez
17:43aux 2-3 hausses d'autos ?
17:44Pourquoi vous pensez
17:45que ce n'est pas un délire
17:45du marché, Xavier ?
17:46Vous avez déjà...
17:47Alors bon,
17:48comparaison n'est pas raison,
17:49mais reprenez la séquence
17:50des 2 chocs pétroliers
17:51des années 70.
17:54Et superposez
17:55ce qui est en train
17:55de se passer sur le baril.
17:57Livrez-vous à l'exercice
17:59en infographie.
18:00Ce qui se passe aujourd'hui
18:00est tout petit
18:01par rapport à ce qui se passe
18:02à l'instant.
18:03Oui, oui.
18:03Mais on a décrit
18:04la première colline.
18:08Le 1er choc pétrolier
18:10c'est au début des années 70.
18:11Le 2e, c'est à la fin,
18:12au moment de l'avènement
18:14de l'Ayatollah Khomeini.
18:15Et là, vous avez
18:16une jambe haussière.
18:17Si on fait des comparaisons,
18:18ça nous ferait un baril,
18:19toutes choses égales par ailleurs,
18:20aux alentours de 250 dollars.
18:23Pourquoi on ne peut pas
18:24balayer d'un revers de main
18:25les probabilités
18:27de montée des taux ?
18:28Parce qu'on s'aperçoit
18:29premièrement qu'avec
18:31la séquence Covid,
18:33conflit russo-oukrainien
18:34et ce qui est en train
18:34de se passer,
18:36si on essaye
18:37de mettre ces événements
18:40en perspective,
18:40ils traduisent quand même
18:41une notion de finitude.
18:44D'accord ?
18:45C'est-à-dire que la fluidité
18:46de la mondialisation heureuse
18:48est en train
18:49à des obstacles.
18:52Et donc, il y a des tensions
18:53qui sont en train
18:53de se mettre en place.
18:54Alors, le Covid,
18:55tu me diras,
18:55ça n'a rien à voir,
18:56mais quand même,
18:57ça induit des choses.
18:58Et d'ailleurs,
18:59Jérôme Pouest,
19:00dans sa conférence de presse
19:01jeudi dernier,
19:02il rappelait quand même
19:03que l'inflation était sticky.
19:05C'est-à-dire qu'elle restait collante
19:08en dépit
19:09de ce qui se passait
19:11au Moyen-Orient.
19:12Et là, ce qui se passe
19:13au Moyen-Orient
19:14depuis bientôt un mois
19:16a déjà des effets
19:17dits de second tour.
19:19Parce que là,
19:19on parle du baril
19:20des 20 millions
19:21de bruts
19:22qui passent par le détroit
19:23d'Ormous.
19:24Mais au fond,
19:24c'est presque assez secondaire.
19:26Ce qu'il faut regarder,
19:27c'est ce qui se passe
19:27sur les produits raffinés.
19:28Ce qu'il faut regarder,
19:30c'est ce qui se passe
19:30sur l'hélium.
19:31Parce que les pétromonarchies
19:33du Golfe
19:34ont intégré
19:35dans la chaîne de valeur.
19:36Elles transforment
19:37le gaz
19:37en hélium.
19:40L'hélium est hyper utile
19:41pour la tech,
19:42pour les microprocessions,
19:43etc.
19:43Les engrais,
19:44vous le disiez,
19:45l'agriculture.
19:45On s'aperçoit
19:46de tensions immédiates
19:47sur le jet fuel,
19:48par exemple,
19:48pour équiper
19:50le carburant
19:51des avions.
19:52Ce qu'on appelle
19:55le crack spread.
19:57C'est-à-dire,
19:57on parle de crack
19:58parce qu'on craque
19:59dans des...
20:01L'aluminium aussi.
20:02Une partie de l'aluminium
20:03mondial passe par
20:04le défendre mousse.
20:04On a déjà
20:05les effets de second tour
20:06sur des produits
20:07qui sont
20:09des dérivés
20:09du pétrole.
20:11Et donc ça,
20:11ça a déjà des...
20:12Donc ça,
20:13forcément,
20:14ça a introduit
20:14un régime
20:16d'inflation
20:17dans les 6,
20:1812 prochains mois.
20:19Ça me semble évident.
20:20Donc c'est
20:21pour les banques centrales.
20:22Les banques centrales
20:23sont là,
20:24pour le coup,
20:24prises à revers.
20:25Oui,
20:26mais vous prolongez
20:28peut-être les courbes là.
20:29C'est-à-dire que
20:29est-ce que le pétrole...
20:30C'est pour ça que je défend
20:31la cause inverse.
20:32On est dans une prévoirie.
20:33Bien sûr.
20:34Monsieur le Président.
20:34Faisons un rêve.
20:35Révons ensemble.
20:36On est dans un grand rêve aussi.
20:37Imaginons que tout se termine bien
20:38et que tout se termine bien
20:40au point que le pétrole iranien
20:41revient sur le marché mondial.
20:42Les cours du pétrole
20:43s'effondrent
20:44et là,
20:44on n'a plus d'inflation.
20:45On a peut-être même
20:46un risque de déflation
20:46ou de désinflation en tout cas.
20:48Ça peut se retourner
20:49très très vite.
20:49Ça peut se retourner très vite.
20:50Alors,
20:51les effets de second tour,
20:52on va les avoir,
20:52comme vous aviez dit,
20:53sur la partie sûrement alimentaire.
20:56Mais ça ne va pas être encore
20:56sur la partie corps.
20:57Si on regarde les salaires en Europe,
20:59c'est en train de baisser.
20:59C'est un rythme de décélération.
21:02Si on regarde les services,
21:03c'est la même chose.
21:04Tout ce qui, pour le coup,
21:05est assez long à s'ajuster,
21:07ne s'est pas encore ajusté.
21:08Et heureusement,
21:08ça fait que trois semaines et demie
21:09que le pétrole remonte.
21:11Pour l'instant,
21:12regardez,
21:12la semaine dernière,
21:13on a eu les réunions
21:14de toutes les banques centrales,
21:15les plus grandes.
21:16Qu'est-ce qui s'est passé ?
21:17Zéro hausse de taux,
21:18zéro baisse de taux.
21:19Normal, on va dire.
21:20Par contre,
21:21on a eu un discours
21:22qui était plus au quiche.
21:23Mais le but d'une banque centrale,
21:24c'est ancrer
21:24les anticipations d'inflation.
21:27Montrer qu'elle sera là
21:28pour agir s'il y a besoin
21:29et que les anticipations d'inflation
21:30ne partent pas trop haut
21:32ou trop bas.
21:32Elles restent un peu
21:33en ligne de mire de l'objectif.
21:34Mais pour l'instant,
21:35elles n'ont rien fait.
21:35Et je pense vraiment
21:36que monter les taux
21:38alors qu'on a un événement
21:39qui est complètement exogène
21:40et qu'il n'y a pas encore
21:42de boucle prix-salaire
21:43et prix-profit,
21:44c'est une vraie erreur
21:45alors que tous les indicateurs sous-jacents
21:47sont plutôt à la désinflation
21:49massive en Europe.
21:50Oui, alors voilà.
21:51Il y a un marché de l'emploi
21:51qui est faible aussi aux Etats-Unis.
21:53Oui, effectivement.
21:54Et qui pourrait l'être aussi en Europe.
21:56Je ne sais pas ce que dit Jérôme Powell.
21:57Sur le marché de l'emploi,
21:58il ne le trouve pas si faible que ça.
22:00Nous, on peut de l'extérieur
22:01le trouver faible.
22:01Je suis d'accord avec toi
22:02qu'on peut en discuter.
22:03Mais lui, il n'a pas dit ça.
22:05Jeudi dernier, il l'a dit au contraire
22:06qu'il a trouvé que le marché de l'emploi
22:07n'était pas si mal que ça.
22:09Donc, on peut avoir ces deux approches.
22:12Je ne cherche pas à m'opposer.
22:13Alors du coup, je travaille
22:14pour les investisseurs.
22:14Ça veut dire que,
22:15de votre point de vue,
22:15il ne faut toujours pas racheter le marché.
22:17Il ne faut pas prendre les baisses.
22:19Mais bien sûr que non.
22:19D'accord.
22:20Ça ne veut pas dire qu'il faut vendre.
22:22Je pense que la bonne stratégie,
22:24c'est pour l'instant,
22:25rester l'arme au pied.
22:26C'est de ne pas rajouter du...
22:27Tant qu'on n'a pas une idée
22:28du scénario central,
22:30puisqu'on voit qu'il y a
22:30plein de scénarios alternatifs
22:32qui allaient libéralisation
22:33du, entre guillemets,
22:35du Golfe Persique
22:36ou du Détroit d'Ormouz
22:37à une troisième guerre mondiale.
22:39Tout est possible.
22:40Voilà.
22:41Pour l'instant,
22:41on avance dans quelque chose
22:42qui a plutôt tendance à s'aggraver.
22:44Et avec une direction américaine
22:47qui reste quand même,
22:48pour le moins, engluée.
22:51Je ne sais pas.
22:52Si on regarde l'historique
22:55des guerres passées,
22:56alors là, pour le coup,
22:57je ne suis pas un fan
22:57de faire l'historique à chaque fois
22:58parce que chaque situation
22:59est complètement différente.
23:00Mais c'est plutôt, généralement,
23:02des bons points d'entrée.
23:03Évidemment, il ne faut pas
23:04que cette guerre dégénère.
23:05Et comme je le disais,
23:06ce n'est vraiment pas un scénario
23:07qu'on a chez nous.
23:08Alors, on va regarder
23:08les 1000 points.
23:11Depuis, c'est plus haut.
23:11Le CAC 40 a perdu 1000 points.
23:13Depuis, c'est plus haut
23:14en février dernier aussi,
23:15l'or a perdu 1000 dollars.
23:18Vous achetez quoi, vous ?
23:19Plutôt, vous rachetez quoi ?
23:20Vous rachetez le CAC
23:20qui a perdu 1000 points
23:21ou l'or qui a perdu 1000 dollars ?
23:22Qu'est-ce qu'il faut racheter
23:23en priorité ?
23:24C'est deux regards,
23:25deux scénarios différents
23:25de marché, là.
23:26Plutôt des actions,
23:27actifs, productifs, toujours.
23:29Le problème de l'or,
23:31c'est que je pense
23:31qu'il y avait beaucoup d'acteurs
23:33qui étaient déjà très longs là-dessus.
23:35Et à mon avis,
23:36ça peut souffrir encore
23:37d'une hausse du dollar.
23:38Donc, un peu moins fan de l'or,
23:40je ne dirais plus ces actions.
23:41Et on voit qu'aujourd'hui,
23:42alors que les actions remontent,
23:43l'or ne remonte toujours pas.
23:45Manifestement,
23:46il y a des moyens orientaux
23:46qui souffrent beaucoup
23:47de la baisse de la valeur
23:48de l'immobilier à Dubaï,
23:49à Abu Dhabi,
23:50qui, de coup,
23:51ont besoin peut-être
23:52de retrouver un peu de cash aussi
23:53pour se couvrir
23:53et font partie des vendeurs
23:55sur l'or.
23:56Aujourd'hui,
23:56les actions montent,
23:57pas l'or.
23:57Xavier, s'il fallait choisir l'or
23:59ou les actions pour l'or ?
24:00L'or.
24:00Voilà.
24:02Deux écoles aujourd'hui.
24:02Non, non, mais c'est bien.
24:10C'est la vraie monnaie.
24:11Le dollar,
24:12c'est une fausse monnaie.
24:13Le dollar a monté,
24:14parce que c'est le côté
24:15au refuge,
24:16rapatriement du capitaux
24:17aux Etats-Unis.
24:18Mais la vraie monnaie,
24:18c'est l'or,
24:19ce n'est pas le dollar.
24:21Si les Etats-Unis sortent,
24:24si j'ose dire,
24:25la queue entre les jambes
24:26de ce conflit,
24:28ça va avoir
24:28de très lourdes conséquences.
24:30Pour les pétro-monarchies
24:31qui transformaient
24:34leurs excédents
24:34en pétro-dollar,
24:36je pense qu'elles ont
24:37une interrogation
24:38de moyen terme
24:38sur le statut
24:39de l'économie américaine,
24:41sur le statut
24:41de la puissance américaine
24:42et sur le statut du dollar.
24:43Donc, à mon avis,
24:44elles vont mixer
24:46leurs influences
24:46et elles vont regarder
24:47du côté chinois.
24:48Elles ne vont pas nacher,
24:49si j'ose dire.
24:50Ça ne veut pas dire
24:50qu'elles vont vendre
24:51le dollar
24:51et acheter du yuan,
24:53mais en tout cas,
24:54elles ne vont pas nacher.
24:55Donc ça,
24:55ce n'est pas favorable au dollar.
24:57Donc déjà,
24:57il y a un bon...
24:58Alors, tu me diras,
24:59mais oui,
24:59mais le dollar a monté
24:59contre l'euro tout récemment.
25:00Oui, mais ça,
25:01c'est la problématique
25:01de la zone euro
25:02qui se trouve enclavée
25:08de la Russie.
25:10Mais sinon,
25:10moi, je suis baissier de l'art.
25:11Donc, je ne vais pas dire...
25:13Voilà.
25:13Et donc, l'euro, non.
25:14Par contre,
25:15l'euro a été victime
25:16des ETF,
25:17a été victime
25:17de la haute monnaie,
25:19de l'effet de levier.
25:19C'est devenu
25:20à un moment une hyperbole.
25:22Bon, ben, voilà.
25:23Il y a les lois
25:24de l'apesanteur.
25:25Newton est de retour.
25:28Oui.
25:28On va entrer
25:28dans un instant
25:29dans la data room.
25:30Juste avant,
25:30dans l'actualité aussi,
25:31il y a eu le décès
25:32de Denis Jospin
25:33quand même hier,
25:33l'ancien Premier ministre
25:34pendant cinq ans.
25:35C'est rare.
25:36Un Premier ministre
25:36qui reste à Matignon
25:37cinq ans durant,
25:37de 1997 à 2002.
25:40La gauche plurielle,
25:40bien sûr, à l'époque.
25:41Alors, évidemment,
25:42une bonne partie
25:43de la classe politique
25:44lui rend hommage
25:45et particulièrement à gauche,
25:47l'homme des 35 heures.
25:48Mais aussi,
25:48on l'oublie peut-être
25:49un peu trop souvent,
25:50l'homme des privatisations.
25:52Il est le Premier ministre
25:52qui a procédé
25:53au plus de privatisations
25:54sous la Ve République,
25:55Xavier.
25:56Oui, oui, tout à fait.
25:57C'était quelqu'un
25:57de très pragmatique.
26:00Il y avait,
26:01à un moment,
26:01comme ministre
26:02de l'Économie
26:02et des Finances,
26:03Dominique Strauss-Kahn.
26:07Avant qu'il lui arrive
26:08quelques problèmes.
26:10Mais oui,
26:11on était dans la période,
26:14c'était une période
26:15très particulière
26:16de la société,
26:17j'allais dire,
26:18française et européenne
26:19et surtout de l'économie européenne.
26:21C'était la bulle technologique.
26:23Donc, c'était une phase
26:24d'expansion.
26:25Il y avait un reflux
26:27du chômage.
26:28Souvenons-nous
26:29que le débat
26:29au cours des étés,
26:30c'était de distribuer
26:31la recette fiscale.
26:32c'est-à-dire qu'on était
26:34la cagnotte fiscale.
26:36Donc, on était
26:37dans une situation
26:39budgétaire
26:39qui était,
26:40on va dire,
26:41nettement meilleure
26:41à ce qu'elle est aujourd'hui
26:43et on était
26:44dans un courant
26:46d'idées,
26:46si j'ose dire,
26:47qui était lié
26:48à l'avènement
26:50de cette révolution
26:51technologique,
26:52la new economy.
26:54Voilà.
26:54Et donc,
26:55Lionel Josselin
26:56était quelqu'un
26:56de très pragmatiste.
26:58Moi, ce que je retiens,
26:59c'était quand même
26:59quelqu'un
26:59qui était très intègre,
27:01qui est venu
27:02du trotskisme,
27:04sans que c'est une notion
27:06péjorative dans ma bouche,
27:07mais qui a su,
27:08et qui était l'homme
27:09de confiance
27:09de François Mitterrand
27:10parce qu'il était en charge,
27:13François Mitterrand
27:13avait plusieurs hommes
27:14de confiance,
27:15mais lui,
27:15il en était un,
27:16il avait en charge
27:17des négociations
27:17avec le Parti communiste
27:19français.
27:20Et quand on voit
27:20aujourd'hui
27:21la scène politique
27:22française
27:22et particulièrement
27:23à gauche,
27:25on est en mal
27:26de chercher
27:26au sein du Parti socialiste
27:28quelqu'un
27:28qui serait en charge
27:29de négocier,
27:30notamment avec LFI.
27:32En fait,
27:33d'un coup,
27:34j'avais clair
27:34une lueur
27:35qui est peut-être
27:35un peu trompeuse,
27:36mais je me dis,
27:36en fait,
27:36il était très chinois,
27:38dans le sens où
27:39socialistes,
27:40le fond avec les communistes,
27:41et c'est lui
27:41qui réalise les privatisations,
27:43des privatisations pragmatiques
27:44qui ont rapporté à l'État
27:4531 milliards d'euros
27:46à l'époque.
27:46Le ministre,
27:47par exemple,
27:47parmi les privatisations
27:48sous Lionel Jospin,
27:50il y a eu celle
27:50de France Télécom,
27:51celle d'Air France,
27:52celle de Thomson,
27:53enfin,
27:53il y en a eu énormément,
27:54EADS aussi,
27:55où l'État a cédé
27:56une partie du capital,
27:57et ça a rapporté
27:58tout ça,
27:5831 milliards d'euros.
27:59Le ministre des Transports
28:00à l'époque,
28:01on parle d'Air France,
28:01c'était un communiste,
28:03c'était un peu de guesso,
28:03qui a été muni aussi
28:04en alliance avec les communistes.
28:05C'était très chinois,
28:06on retrouve la chinoise
28:07avec un communisme pragmatique.
28:09Voilà,
28:09et puis il y avait
28:09une capacité
28:11d'entraînement,
28:12c'était quelqu'un qui,
28:13malgré toute cette fameuse
28:14gauche plurielle,
28:15qui était capable
28:15de discipliner
28:16tout ce beau monde.
28:17Alors,
28:17il se trouve qu'il n'a pas
28:18discipliné tout ce beau monde
28:19pour l'élection présidentielle,
28:21puisque la gauche plurielle
28:21s'est retrouvée bien plurielle
28:23et elle a participé
28:24de ces divisions,
28:25et elle a quand même
28:27conduit à ne pas être présent
28:28au second tour.
28:29Mais il y avait
28:30cette dimension de...
28:32Oui,
28:32c'était quelqu'un
28:33qui tenait bien la boutique.
28:36Il s'entendait plutôt mal
28:37avec le président de l'époque,
28:39Jacques Chirac.
28:40C'était deux personnalités
28:41totalement différentes.
28:43Selon le Wall Street Journal,
28:44Mark Zuckerberg
28:44est en train de développer
28:45une IA,
28:46un agent d'IA
28:46pour l'aider
28:47dans ses fonctions
28:48de patron,
28:48figurez-vous.
28:49On en parlait,
28:49oui,
28:49une IA pour l'aider,
28:50l'assister dans ses fonctions
28:51à la tête de Meta.
28:52John Plassard nous en parlait,
28:53c'était dans USA Today,
28:54à retrouver en replay
28:55sur l'application BFM Business.
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