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  • il y a 12 heures
Transcription
00:00Alors, Claire Chazal.
00:02Ah, c'est par rapport à ce que j'ai dit juste avant ?
00:04Ah oui, c'est vrai.
00:05Alors ça, donc, c'est très drôle.
00:07Ah, très jolie.
00:09Ah, j'adore cette photo.
00:11Un des aspects super intéressants du personnage,
00:13c'est qu'il y a une forme de jeu à l'intérieur du jeu,
00:15puisque comme elle se fait passer pour une voyante
00:17qui est capable de faire entrer en contact
00:21le personnage de Pio avec son ex-femme morte,
00:24il y a beaucoup de mensonges.
00:26Elle fait semblant d'être en transe,
00:28elle fait semblant d'être possédée par cette femme morte.
00:32Et tout ça, c'est très drôle à faire.
00:34C'est vraiment très plaisant pour une actrice
00:35de faire semblant, de le faire bien,
00:38parfois de le faire plus mal.
00:40Il y avait quelque chose qui me semblait assez évident
00:42dans le fait de jouer dans un film de Pierre Salvadori.
00:44Et pourtant, ça ne m'était jamais arrivé.
00:46Donc là, j'étais vraiment hyper contente qu'il m'appelle.
00:48Comment s'appeler l'être cher ?
00:50Irène.
00:51J'entends quelqu'un murmurer un prénom.
00:54Quel prénom ?
00:56Antoine.
00:56Hein ?
00:59Merci.
01:01Ah, Quentin Dupieux.
01:02Très jolie cette photo.
01:03Il est magnifique, dis donc.
01:07Quentin, c'est tout à fait lui.
01:08Il est toujours la même chemise bleue.
01:10Je travaille avec Quentin Dupieux.
01:13Je ne m'en lasse pas.
01:14Je pense que je ne m'en lasserai jamais.
01:16Mais j'ai vraiment le sentiment, quand je travaille avec lui,
01:21que j'ai énormément de chance d'être au contact d'un artiste,
01:26de quelqu'un qui crée, qui est dans la recherche en permanence,
01:29qui ne fera jamais le même film que celui d'avant.
01:32Il en fait beaucoup.
01:33Je trouve ça courageux.
01:35En fait, il y a des gens qui disent
01:36« Ah là là, il fait trop de films. »
01:37En fait, non, je trouve ça génial qu'il en fasse autant.
01:39Et j'adore sa façon de ne pas dramatiser le fait de faire un film.
01:43Je ne sais pas comment expliquer.
01:44C'est quelqu'un qui fait les choses avec énormément de cœur,
01:46avec énormément de passion.
01:47Vraiment, il est aimé à fond à chaque fois,
01:49comme si c'était le premier et le dernier film.
01:50Puis au passage, il m'a toujours fait jouer des personnages ultra autres,
01:54différents de moi, avec des perruques sur la tête,
01:57des accents, des prothèses de seins, de fesses,
02:01d'en fumer fait tousser.
02:02C'est toujours aussi l'occasion d'une vraie transformation.
02:05Et donc, ça me donne accès à un jeu encore différent, encore autre,
02:10qui se rapprocherait plus du jeu que je faisais quand j'étais toute petite.
02:15Quand j'ai commencé à prendre des cours de théâtre,
02:17j'adorais ça parce que je pouvais mettre des perruques,
02:19que je pouvais prendre un accent.
02:21Moi, je venais de Lille, donc je prenais l'accent du Nord,
02:23où je faisais des faux JT avec mes copines.
02:25On se mettait des foulards sur la tête, des trucs.
02:27En fait, il y a quelque chose, quand je joue pour Quentin Dupieux,
02:30qui se rapproche de ce plaisir de jeu-là.
02:33C'est très simple.
02:35Alors, Claire Chazal.
02:37Ah, c'est par rapport à ce que j'ai dit juste avant ?
02:39Ah oui, c'est vrai.
02:40Alors ça, c'est très drôle.
02:43Quand j'étais petite, effectivement,
02:45il y avait une caméra chez moi,
02:47je pense qu'elle devait, je ne sais pas,
02:48peut-être qu'elle sera mon frère ou je ne sais pas.
02:50Et en fait, avec mes copines,
02:52on faisait tout le temps des fausses pubs ou des faux JT.
02:57Et j'adorais ça.
02:58En fait, il y a quand même une grosse partie du métier d'acteur
03:01qui consiste à imiter, en fait,
03:03et qui, je crois, relève d'une forme d'observation
03:07vraiment ultra minutieuse des gens.
03:09Et moi, en fait, j'étais complètement...
03:11Enfin, j'ai passé mon enfance à faire ça.
03:13Et ça, je l'ai réalisé il n'y a pas très longtemps.
03:14Et donc, bah oui, il y avait la télé allumée.
03:16Je voyais Claire Chazal, les trucs bonsoirs, machin,
03:18les attitudes, les trucs sérieux et tout.
03:21Et j'adorais, en fait, refaire, quoi.
03:23Refaire, refaire, refaire.
03:24Même quand je suis arrivée à Paris, par exemple,
03:25parce que je venais de Lille,
03:27je me rappelle d'être dans le métro avec ma sœur
03:29qui me disait, mais arrête,
03:30genre arrête de regarder les gens comme ça.
03:32Et en fait, c'est vrai que je pense que ça m'échappe,
03:33je ne me rends pas vraiment compte.
03:34Mais en fait, je le fais tout le temps, quoi.
03:36C'est-à-dire que je scrute les gens.
03:38Et donc, je les...
03:40Oui, je pense que j'intègre un peu leur façon
03:42de parler, d'être.
03:44Et ça doit me nourrir pour d'autres choses, quoi.
03:48Alors...
03:49Ah, ça, c'est Sandrine Bonner.
03:51C'est à nos amours ?
03:52Ah, OK.
03:54Ah, je n'ai pas reconnu l'acteur.
03:55Les filles au lycée,
03:58les petits minais et tout,
03:59ça compte vachement pour elle.
04:01Moi, ça me laisse froide.
04:06Quand je rencontre un type,
04:07je pense à mon père.
04:10Je pense qu'en fait,
04:11quand j'étais petite,
04:13j'étais assez...
04:15J'étais assez bonne élève.
04:17J'étais assez...
04:18Enfin, j'étais un peu
04:18une jeune fille sans histoire, quoi.
04:20Je n'ai pas fait du tout
04:21de crise d'adolescence.
04:23Ça roulait plutôt bien.
04:24Pour autant, je pense que j'avais un attrait
04:27pour une forme de danger,
04:28de risque d'ailleurs, quoi.
04:30Et je ne savais pas trop
04:30où placer ça.
04:32Mais j'ai trouvé ça
04:33dans les cours de théâtre
04:34que j'ai fait.
04:35Et en fait, après,
04:35j'ai commencé à regarder des films,
04:37beaucoup des films
04:37qui m'ont été effectivement
04:38montrés par mon frère
04:39qui avait 10 ans de plus que moi,
04:40enfin, qui a toujours
04:4110 ans de plus que moi, Stéphane.
04:42Et il m'a montré des films
04:43avec des jeunes héroïnes,
04:45genre À nos amours
04:46avec Sandrine Bonner,
04:47genre L'effrontée
04:48ou La petite voleuse
04:49avec Charlotte Gainsbourg.
04:51Et toujours, je pense,
04:51par rapport à ce même procédé
04:53d'identification,
04:54en fait, de voir des jeunes filles
04:55qui avaient l'air
04:56d'avoir à peu près mon âge
04:57dans des films,
04:58ça m'a énormément attirée,
05:00donnée envie.
05:01Et j'ai vraiment la sensation,
05:03enfin, le souvenir
05:03d'avoir eu la sensation
05:04de vouloir rentrer dans la télé,
05:06de vouloir être dans le film
05:08avec elle.
05:09Et il se trouve que c'est vrai
05:10que c'était des héroïnes
05:11quand même assez rebelles,
05:12assez insolentes,
05:13qui n'avaient pas leur langue
05:14dans leur poche et tout.
05:15Donc, je pense que le cinéma,
05:16moi, m'a permis ça,
05:17m'a permis d'extérioriser
05:19des choses que je ne m'autorisais
05:22pas à extérioriser dans la vie
05:23parce que j'avais l'impression
05:24qu'il fallait être sage.
05:26Je vous laisse les couvées tomber.
05:28Ah, sérieux ?
05:28Ah, trop sympa !
05:30Merci, elles sont trop belles.
05:32Surtout Claire Chazal,
05:33je vais les mettre sur mon frigo.
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