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Le week-end de 16 et 17 juillet 1976, l’agence bancaire de la société générale située dans la centre de Nice est victime du plus gros casse jamais organisé en France.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties avec la journaliste Clawdia Prolongeau et Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. L’émission Faites entrer l’accusé “Albert Spaggiari, le casse du siècle”, nous a également permis de trouver des informations complémentaires.
#cambriolage #nice #vols
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties avec la journaliste Clawdia Prolongeau et Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. L’émission Faites entrer l’accusé “Albert Spaggiari, le casse du siècle”, nous a également permis de trouver des informations complémentaires.
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00:01Vous écoutez Crime Story, le casse du siècle, deuxième et dernier épisode.
00:11Le lundi 18 juillet 1976, des employés de la Société Générale de Nice découvrent à l'ouverture de la banque
00:17que la salle des coffres a été cambriolée pendant le week-end.
00:21L'opération spectaculaire a été rendue possible par un tunnel de 8 mètres de long, creusé depuis les égouts par
00:27les malfrats pendant au moins un mois.
00:30Alors que la police arrête des hommes en possession d'une partie du butin, il les renvoie vers un certain
00:34Albert Spaggiari.
00:39Albert Spaggiari est loin d'être le coupable idéal.
00:43Né le 14 décembre 1932 dans les Hautes-Alpes, il est scolarisé à Hyères où ses camarades le surnomment le
00:49Petit Spaghetti, en référence à ses origines italiennes.
00:52En 1950, à 17 ans, il part combattre en Indochine chez des parachutistes.
00:58Là-bas, trois ans plus tard, il se fait attraper pour un vol.
01:01Avec l'aide d'un complice, il a réussi à se faire remettre la caisse d'une maison close à
01:06Hanoi.
01:07Le mardi 17 août 1954, il est condamné à cinq ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de
01:13mettre les pieds en Indochine.
01:15Trois mois plus tard, en novembre, Albert Spaggiari est rapatrié en France et directement envoyé à la prison des Beaumettes
01:22à Marseille.
01:22Il vit très mal cette condamnation. Depuis sa cellule, il nourrit un fort sentiment d'injustice, mais en profite aussi
01:30pour suivre une formation en chaudronnerie et en soudure.
01:33En janvier 1957, il est libéré.
01:36De retour à Hyères, Albert Spaggiari rencontre une infirmière prénommée Audi.
01:41Il tombe amoureux et se marie en janvier 1959.
01:46Spaggiari est proche de l'extrême droite française.
01:48C'était un compagnon de Jean-Marie Le Pen à la Légion étrangère quand il était en Indochine.
01:53Et à son retour en France, il intègre l'OAS, l'Organisation Armée Secrète, une organisation terroriste clandestine, partisane de
02:01l'Algérie française.
02:02L'OAS mène des actions violentes, des attentats et des assassinats ciblés.
02:08Et c'est en tant que membre de cette organisation qu'il est arrêté le 27 février 1962 à Villefranche
02:14-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes.
02:16Il est employé dans une imprimerie clandestine de tract pour l'OAS.
02:19Et il repasse par la case prison.
02:22En 1968, Albert Spaggiari se range.
02:25Il retrouve sa femme, Audi, qui a ouvert une officine d'infirmière dans le centre-ville de Nice.
02:30Féru de photographie, il décide d'en faire sa nouvelle profession et ouvre un petit studio, juste à côté du
02:36cabinet de sa femme, au 56 boulevard René-Cassin à Nice.
02:41Dès lors, Albert Spaggiari vit des événements qui l'immortalisent.
02:45Des baptêmes, des mariages, des bar mitzvahs, des commémorations officielles.
02:50Il vend ses services à des particuliers, mais aussi à des entreprises, des associations et à la mairie de Nice.
02:57Désormais âgé de 43 ans, avec son train-train quotidien, ses grands yeux sombres, ses cheveux noirs et son sourire
03:03impeccable,
03:04Albert Spaggiari a plutôt le profil d'un suiveur que celui d'un cerveau.
03:20Damien Delsenie, les enquêteurs veulent interpeller Albert Spaggiari.
03:24Oui, à la suite des déclarations des deux revendeurs de lingots, ils ont un nom, celui de Spaggiari, donc ils
03:30vont chercher à l'interpeller.
03:32Simplement, c'est impossible, pour une raison qui est assez surprenante, c'est qu'au moment où il se décide
03:37d'aller l'arrêter,
03:38il est en déplacement officiel au Japon, et pas avec n'importe qui, avec le maire de la ville, le
03:43maire de Nice de l'époque, Jacques Médecin.
03:45Ils attendent donc qu'Albert Spaggiari rentre du Japon.
03:48Oui, et il l'arrête immédiatement, le 27 octobre 1976, donc on est trois mois après le casse,
03:54il est interpellé dans un restaurant de Nice qui se situe juste en face de son petit studio de photos.
03:59Il le place en garde à vue et commence à l'interroger.
04:01Au début de la garde à vue, des interrogatoires, il est vraiment sur la négation totale,
04:06c'est pas moi, j'ai rien à voir avec cette histoire, je ne sais pas ce qui s'est
04:09passé, etc.
04:10Pendant ce temps-là, les enquêteurs ont quand même des billes, ils ont continué leur enquête,
04:15ils ont quelques éléments, et ils découvrent aussi que la femme d'Albert Spaggiari possède une maison,
04:21et que cette maison, elle est où ?
04:22À Castanier, ce fameux petit village des hauteurs de Nice.
04:30Audi, la femme d'Albert Spaggiari, est donc la propriétaire des oies sauvages,
04:35la maison dans laquelle la police avait retrouvé, quelques jours après le cambriolage de la Société Générale,
04:40du matériel, qui avait servi aux casses.
04:43Le lien entre les dizaines de millions volés et l'homme qu'ils ont arrêté est confirmé.
04:48Mais Spaggiari continue de nier.
04:50Sauf qu'une nouvelle trouvaille des enquêteurs va le faire changer d'avis.
04:54Dans le poulailler, au fond du jardin, sont découverts 6 millions en lire italienne.
04:59Des armes aussi.
05:01Un petit arsenal de pistolets et de fusils.
05:04Fort de cette découverte, les policiers font pression sur Spaggiari.
05:08S'ils ne collabore pas, c'est sa femme, en tant que propriétaire de la maison, qu'ils vont inculper.
05:14Cet argument fait mouche.
05:16Albert Spaggiari se résout à collaborer avec la police.
05:20En quelques heures, le suspect numéro 1 reconnaît avoir pris part au cambriolage.
05:26Mais il va plus loin.
05:27Il est selon lui, le cerveau de l'opération.
05:30Et il n'hésite pas à balancer ses complices, dont certains sont immédiatement appréhendés.
05:36Daniel Michelucci, Francis Pellegrain et deux autres hommes et une femme sont écroués eux aussi.
05:42Le dimanche 31 octobre, 4 jours après son arrestation,
05:47Albert Spaggiari est transporté dans la salle des coffres de la banque, pour une première reconstitution.
05:52« Oui, c'est moi », explique le principal intéressé.
05:56« J'ai tout préparé. J'y ai pensé pendant deux ans. Et puis je me suis décidé. »
06:01Spaggiari n'a aucune relation dans le banditisme.
06:04Alors il s'est adressé spontanément à un homme du milieu pour mettre son projet à exécution.
06:10Celui-ci a soigneusement choisi les membres du gang pour cette opération qui a duré plus de 48 heures.
06:15« J'avais loué un coffre à la Société Générale il y a deux ans », poursuit Spaggiari.
06:20J'ai pu, à plusieurs reprises, prendre des photos de la salle et observer les allées et venues du personnel.
06:27Un jour, j'ai appris qu'il n'y avait aucun système d'alarme. C'est ce qui m'a
06:31décidé à agir.
06:32Pour s'en assurer, Albert Spaggiari a même déposé dans son coffre un gros réveil matin
06:38qui l'a fait sonner à plusieurs reprises pour tester d'éventuelles alarmes sismiques ou acoustiques.
06:43Constatant que la salle n'était protégée par aucun dispositif de ce type, il a pu commencer à recruter.
06:49Deux mois avant la date prévue du casse, l'équipe était constituée.
06:53Les membres du gang sont alors régulièrement descendus dans les égouts dont il s'était procuré les plans.
06:59C'est ainsi que les deux tonnes de matériel qui leur ont été nécessaires ont été acheminées par les souterrains
07:04et que le tunnel permettant d'accéder à la salle des coffres a pu être patiemment creusé, étayé, éclairé, aéré.
07:17Damien, est-ce qu'on sait combien de temps a duré le casse ?
07:21Plusieurs jours, quasiment la totalité du week-end du 14 juillet.
07:25Simplement, contrairement à ce qui a été dit, ce n'est pas le mauvais temps
07:28et le risque de voir le niveau des eaux de la rivière souterraine du Payon se mettre à monter dangereusement.
07:34Ce n'est pas ça qui a provoqué le départ qu'on pouvait juger précipité de l'équipe
07:38avant qu'elle ait pu ouvrir la totalité des 4000 coffres présents dans la salle.
07:42En fait, si les gangsters n'ont ouvert que les 371 coffres en portant tout de même quelques dizaines de
07:48millions de francs,
07:49c'est parce que le travail sur place s'est avéré plus difficile, plus fastidieux que prévu
07:55et qu'en fait, ils étaient pris aussi par le temps et par un temps très compréhensible,
07:59c'était que la banque allait rouvrir le lundi matin et qu'il fallait qu'il parte avant.
08:04C'est assez étonnant d'être face à un accusé qui prend tout sur lui comme ça.
08:09Oui, alors c'est une personnalité hors norme, Spadjari, c'est ce que découvrent les policiers à ce moment-là,
08:13parce qu'il y a une vraie fierté à endosser le rôle principal, celui aussi qui va lui coûter peut
08:18-être le plus d'années de prison.
08:20Mais il est comme ça, Spadjari, il fait un peu le fanfaron, y compris quand il va à cette fameuse
08:24reconstitution
08:25dans la salle des coffres de la banque où il parade, c'est un peu son heure de gloire,
08:29il fume même une cigarette avec les policiers, donc voilà, c'est la personnalité de Spadjari.
08:37Albert Spadjari est placé en détention provisoire.
08:40Il s'habitue à son nouveau quotidien, rythmé par le service des repas, les sorties dans la cour
08:45et les rendez-vous hebdomadaires dans le bureau de Richard Boisis, le magistrat instructeur.
08:50Tous les jeudis, Spadjari va voir son petit juge, comme il l'appelle.
08:55Le 10 mars 1977, six mois après son arrestation, c'est la 17e audition, le 17e jeudi.
09:03Albert Spadjari est extrait de sa cellule pour être conduit au palais de justice de Nice.
09:08Sur le chemin, à travers les vitres grillagées du fourgon, il aperçoit un motard qui lui fait un signe de
09:14la main.
09:15À 15h, Spadjari s'installe dans le bureau du juge.
09:18L'interrogatoire commence.
09:21Albert Spadjari est pâle et semble préoccupé.
09:24Le juge et son avocat lui en font même la remarque.
09:27Il répond qu'il souffre d'une rage de dents, mais que l'audition peut se poursuivre.
09:31En fait, il sait depuis qu'il a aperçu le motard près du palais de justice que quelque chose va
09:37se passer cet après-midi.
09:39Une chose à laquelle il pense depuis plusieurs semaines.
09:45Damien, il est presque 17h et Albert Spadjari fait une demande au juge Boisis.
09:50En fait, il va même faire deux demandes.
09:52Ça fait deux heures maintenant qu'il répond aux questions portant sur l'organisation du cambriolage,
09:57le matériel utilisé, la logistique.
10:00Et le juge, il a déployé sur son bureau des plans avec la carte des égouts, la carte des souterrains
10:05de la ville de Nice.
10:06Alors, toujours très courtois, Spadjari va demander deux choses au juge.
10:10Il va d'abord dire, voilà, j'ai quelque chose d'un peu sensible à vous dire,
10:14qui va peut-être impliquer des personnalités,
10:16et je ne voudrais pas que les policiers qui sont présents dans le bureau comme une escorte
10:19soient présents quand je vais vous faire ces révélations.
10:23Le juge accepte de faire sortir les policiers de la salle,
10:25donc il ne reste plus dans le cabinet du juge que Spadjari, le juge et l'avocat de Spadjari.
10:30Deuxième demande de Spadjari, il va toujours demander au juge,
10:33il va dire, est-ce que je peux me lever pour venir à côté de vous,
10:36pour que je puisse vous montrer sur les plans exactement comment tout ça s'est passé.
10:40En parfaite confiance, le juge accepte, Spadjari se lève,
10:43il fait le tour du bureau pour se mettre juste à côté du magistrat.
10:46Il fait mine de l'aider à comprendre les schémas.
10:49Alors, il transpire beaucoup à ce moment-là.
10:51D'ailleurs, même son avocat s'en rend compte et va lui tendre un mouchoir pour qu'il s'éponge
10:54le front.
10:54Et au moment de retourner s'asseoir, Spadjari change brutalement de direction.
10:59Il ouvre la fenêtre et il saute dans le vide.
11:02Il va d'abord rebondir sur un petit parapet en béton,
11:05puis sur le toit d'une voiture qui est garée en contrebas.
11:08La chute, elle fait 8 mètres de hauteur.
11:10Le motard croisé deux heures plus tôt l'attend,
11:13démarre en trombe avec Spadjari sur le porte-bagage.
11:18J'ai pu apercevoir effectivement la moto qui s'enfuyait,
11:22direction de la place Masséna,
11:24avec sur le time-side arrière Spadjari, apparemment indemne,
11:29même un peu hilare,
11:31qui tournait vers nous, nous faisait un au revoir de la main.
11:35Ce qui montre quand même que cette évasion était préparée,
11:38si quelqu'un l'attendait,
11:39ce qui prouve également qu'en prison, il a pu préparer cette évasion.
11:42Ou assurément, il a bénéficié du concours de quelqu'un.
11:47Il est déposé par le motard quelques minutes plus tard,
11:51dans un parking souterrain du centre-ville de Nice,
11:53puis chargé dans le coffre d'une voiture.
11:55Albert Spadjari se planque pendant quelques jours
11:58dans un appartement loué par des complices, près du port.
12:01Les policiers ne le trouvent pas.
12:03La seule trace qui apparaît de lui,
12:05ce sont les 5000 francs qu'il a envoyés au propriétaire de la Renault
12:08sur laquelle il est tombé en sautant du bureau du juge.
12:11Pour le dédommager.
12:13Son exfiltration de la baie des Anges est à l'image du personnage,
12:17flamboyante.
12:19Albert Spadjari se cache dans le coffre d'une Rolls-Royce
12:21qui est chargée sur le train Nice-Paris.
12:24Un an et demi après, son procès s'ouvre en son absence.
12:28Demain, devant la cour d'assises des autres maritimes à Nice,
12:31va commencer le procès dit des Égoutiers, vous vous rappelez sûrement.
12:34Au mois d'octobre 1979,
12:36il est condamné par compte Humas à la prison à perpétuité.
12:40Cinq de ses complices sont également jugés
12:42et condamnés à huit ans de prison.
12:45Parmi eux,
12:46Pelgrin,
12:47Vigier
12:47et Michelucci.
12:53Damien, est-ce qu'on sait ce qu'est devenu Albert Spadjari ensuite ?
12:57On le sait parce que, contrairement à tous les voyous en cavale,
13:00Spadjari veut faire parler de lui.
13:02Il est exilé en Amérique du Sud,
13:04un peu entre l'Argentine et le Brésil.
13:06Il bouge un petit peu entre ces deux pays,
13:07mais il ne se cache pas vraiment.
13:09En 1978, il va d'ailleurs publier un livre qui s'appelle
13:12Les Égouts du Paradis,
13:13dans lequel il se raconte lui
13:15et évidemment où il raconte son casse,
13:17dont il est le cerveau.
13:19En tout cas, c'est comme ça qu'il se présente.
13:20Il va donner aussi quelques interviews,
13:22notamment à Paris Match,
13:23où il apparaît grimé, presque déguisé d'ailleurs.
13:27Mais son plus gros coup médiatique,
13:28c'est l'interview télévisée
13:30qu'il accorde en 1983
13:32à Bernard Pivot,
13:34le présentateur d'Apostrophe.
13:35Alors, Apostrophe,
13:36à l'époque,
13:37c'est la plus grosse émission littéraire et culturelle française.
13:41Et encore une fois,
13:42il s'agit surtout pour Spadjari
13:44de ne pas tomber dans l'oubli.
13:47Quel est votre nom ?
13:48Albert Spadjari,
13:50officiellement.
13:50C'est vraiment vous ?
13:51Oui.
13:53Profession ?
13:54Selon mon identité du moment,
13:58j'en change chaque fois que je viens d'Europe.
14:00Autrement dit,
14:00sur votre passeport,
14:01sur vos passeports,
14:02qui évidemment sont tous bidons.
14:03Soit commerçant,
14:04soit écrivain.
14:05Soit écrivain, déjà ?
14:06Oui, c'est très passe-partout écrivain.
14:09Ah bon, c'est bien vu dans les douanes ?
14:10Je suis bien habillé,
14:12je ne cherche pas de problème où je vais.
14:16Enfin, votre première profession,
14:18par laquelle vous êtes devenu célèbre,
14:19c'est voleur.
14:20Ce que j'écris, je le reviens.
14:22Mais pourquoi écrivez-vous ?
14:24J'aime.
14:26J'aime.
14:26Je ne trouve pas de meilleure façon
14:28de passer mon existence.
14:29Mais c'est peut-être pour vous justifier aussi ?
14:31Me justifier, non.
14:33Je n'ai pas besoin de me justifier.
14:37Ses finances sont inversement proportionnelles
14:39à son culot.
14:41Fauché, malade,
14:43atteint d'un cancer de la gorge,
14:44il veut revenir en France
14:45pour y mourir.
14:46Il n'y parviendra pas.
14:49Albert Spaggiari
14:50s'éteint le vendredi 9 juin 1989
14:52à 56 ans,
14:54après 12 ans de cavale
14:56dans une ferme à Belluno,
14:57en Italie.
14:58Sa nouvelle compagne,
15:00Emilia,
15:01remonte son corps en France
15:02en camping-car,
15:03sans éveiller les soupçons des douanes.
15:05Elle dépose la dépouille de Spaggiari
15:07ailleurs,
15:08chez sa mère,
15:09le 15 juin.
15:10C'est le dernier tour de passe-passe
15:12d'Albert Spaggiari.
15:18Damien, on en revient
15:20au début de cet épisode
15:21et au livre publié en 2010
15:24par un certain Amigo.
15:26Oui, alors ce Amigo,
15:27en fait,
15:27il revendique à son tour
15:28la paternité du casse.
15:30Selon lui,
15:31Albert Spaggiari
15:32n'a été que
15:33l'apporteur de l'affaire
15:35et un intervenant ponctuel,
15:36mais certainement pas
15:37le cerveau.
15:39Amigo se présente
15:40comme quelqu'un
15:40qui faisait partie
15:41du clan des Marseillais
15:43et en gros,
15:43il dit que c'est le milieu
15:44marseillais
15:45qui a mené ce casse.
15:46Alors,
15:47il sort à ce moment-là
15:48du silence,
15:49selon lui,
15:50parce qu'il est lassé
15:51d'avoir entendu
15:51tant de contre-vérités
15:53sur ce casse-record.
15:54Alors lui,
15:55il dit,
15:55ce casse,
15:56il n'avait aucune
15:57motivation politique,
15:58c'était en fait
15:59le fait de jeunes voyous
16:01intrépides
16:02en quête d'un coup
16:02d'envergure.
16:03Alors,
16:03étape par étape,
16:04dans son livre,
16:05il brosse
16:05le récit de cette épopée,
16:07l'exposition de l'équipe,
16:09les descentes
16:09dans les sous-sols
16:10en tenue des goutiers,
16:12les péripéties
16:13parfois burlesques
16:14qui manquent de faire
16:14capoter l'opération
16:16et la jouissance,
16:17évidemment,
16:18au moment où
16:19toute l'équipe
16:19pénètre dans cette
16:20fameuse salle des coffres.
16:22Alors,
16:22outre cette aventure
16:23palpitante aux accents
16:24un peu cocasses,
16:25on a là un document
16:26sur les codes
16:27et les valeurs
16:28du banditisme
16:28des années 70
16:29en France,
16:30ainsi qu'une pièce
16:32assez précieuse
16:32à verser au dossier
16:33d'une affaire
16:34qui, en réalité,
16:35n'a jamais été
16:36complètement résolue.
16:37Alors,
16:38ça ne va pas tellement
16:39lui réussir ce livre
16:40à Amigo
16:40parce qu'il va finir
16:41par d'abord être identifié
16:43et puis jugé
16:44à cause de ça.
16:45Alors,
16:45le cas sans lui-même,
16:46il est prescrit
16:47mais il va être impliqué
16:48dans d'autres affaires
16:49et le mercredi 4 avril 2018,
16:52il prend trois mois de prison
16:53après avoir finalement dit
16:55que le livre
16:55n'est pas un témoignage
16:57mais un roman,
16:58c'est-à-dire une fiction.
16:59Finalement,
17:00est-ce qu'on sait aujourd'hui
17:01qui a réellement préparé
17:03ce cambriolage ?
17:04Pas vraiment.
17:05Il y a quand même
17:05toujours une sorte
17:06de brouillard,
17:07peut-être d'ailleurs volontaire
17:08de la part de ses auteurs
17:09autour de ça.
17:10On peut penser
17:10que Spaggiary,
17:12connaissant le personnage,
17:13a assez largement
17:14exagéré son rôle,
17:16que Amigo
17:16s'est peut-être aussi
17:17donné un rôle
17:18plus important
17:19que celui
17:19qui était réellement le sien.
17:21On se dit
17:21que plutôt
17:22les cerveaux,
17:23c'était peut-être
17:23Michelucci et Vigier
17:25qui ont été parmi
17:25les premiers
17:26à être interpellés
17:27puisque c'est eux
17:28qu'on a repérés
17:29dans cette fameuse
17:29villa de l'arrière-pays
17:31niçois
17:31quelques jours
17:32avant le cambriolage.
17:33Mais tous ceux
17:33qui ont participé
17:34à ce cas
17:35n'ont pas pu être identifiés
17:36et finalement,
17:36on sait qu'ils étaient
17:37certainement beaucoup
17:38plus nombreux
17:38et qu'une grosse partie
17:40de l'équipe
17:40n'a jamais été identifiée.
17:42En réalité,
17:42Spaggiary,
17:43ça a été un peu
17:43l'idiot utile
17:44de cette affaire.
17:45Il a attiré
17:46les caméras,
17:47il a attiré la police,
17:48il a attiré un peu
17:49tout le monde
17:49et toute la lumière
17:50s'est mise sur lui
17:51et a permis
17:52à d'autres,
17:52peut-être des commanditaires,
17:54peut-être des cerveaux,
17:55peut-être des exécutants,
17:56de rester dans l'ombre
17:57et de ne jamais
17:58être identifié.
18:01Après le transfert
18:02de son corps en France
18:03par sa compagne,
18:04Albert Spaggiary
18:05a été enterré
18:06à Laragne-Montgelin,
18:07dans son village natal
18:09en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
18:11Dans les mémoires,
18:12et même si son rôle
18:13a probablement été exagéré,
18:15il reste le cerveau
18:16du plus gros cambriolage
18:17de banque en France.
18:19Les 40 à 60 millions
18:20de francs dérobés
18:21lors du week-end
18:22des 16 et 17 juillet 1976
18:25n'ont à ce jour
18:26jamais été retrouvés.
18:41Vous venez d'écouter
18:42Crime Story,
18:43le podcast fait divers
18:44du Parisien,
18:45avec à la production
18:46Clara Garnier-Amourou
18:48et Thibaut Lambert,
18:49à la réalisation
18:50Julien Moncouquiol
18:51et à la rédaction en chef
18:53Jules Lavi.
18:54Un épisode que je vous raconte
18:56avec Damien Delsenis
18:57et un podcast à retrouver
18:59chaque samedi
18:59sur le site
19:00leparisien.fr
19:02et sur toutes les plateformes
19:03d'écoute.
19:04Et si vous voulez
19:05vous informer tous les jours,
19:06vous pouvez écouter
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