Passer au playerPasser au contenu principal
En 1995, le meurtre de Cécile Bloch continue d’hanter les enquêteurs du 36 quai des Orfèvres. Mais cette année-là, une nouvelle technique d’identification va permettre de relancer l’enquête. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre épisodes.
Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier-Amouroux et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA, RTL

#crime #crimestory #tueurenserie

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, le grêlé, l'insaisissable tueur en série, quatrième et dernier épisode.
00:10Malgré les progrès fulgurants de la recherche en biologie, l'ADN ne permet toujours pas d'identifier le grêlé.
00:16En 2012, il est soupçonné dans cinq nouvelles affaires.
00:20Des raptes, des viols et des meurtres de fillettes, mais aussi l'assassinat d'une jeune fille au père allemande
00:26et de son employeur, chez lui.
00:29En plus de ces crimes, les enquêteurs lui en attribuent deux supplémentaires.
00:33Deux viols, un commis sur une mineure dans un ascenseur et un sur une jeune femme, de nationalité allemande elle
00:40aussi.
00:41Une profileuse de la police judiciaire qui a établi un portrait robot psychologique du criminel suppose qu'il pourrait être
00:47un ouvrier, un SDF ou un VRP.
00:50La profileuse et les enquêteurs s'intéressent alors aux personnages de faux policiers que se crée le grêlé.
00:55Car à plusieurs reprises, il a utilisé tout l'attirail du flic.
01:00Les menottes pour attacher certaines de ses victimes, la carte tricolore qu'il leur a présentée, un revolver et parfois
01:07même un talkie-walkie.
01:08Les enquêteurs partent sur la piste d'un fils de policier ou d'un candidat recalé au concours d'entrée
01:14dans l'école de police.
01:15Dans son enquête sur le grêlé pour les jours, la journaliste Patricia Touranchot rapporte que la profileuse estime que le
01:22grêlé est content de se faire passer pour un policier et qu'il cherche à afficher une certaine virilité.
01:28Il a besoin de jouer un rôle pour se sentir fort car il souffre d'un problème d'érection, d
01:33'après le carnet intime d'Irmgard et les témoignages de victimes.
01:36Au niveau de son égo, dit-elle, s'il avait réussi le concours d'entrée dans ce métier un peu
01:40viril, il n'aurait pas eu besoin de ça.
01:43Malgré ce travail, le grêlé reste introuvable.
01:4715 ans ont passé depuis la mort de Cécile Bloch et même si son ADN a été identifié, les enquêteurs
01:52ont surtout des hypothèses.
02:03Damien, en 2012, des expertises ADN sont relancées grâce à une nouvelle technique de recherche, dite en parentèle.
02:10On a la trace ADN du grêlé dans le fichier national et on essaie de chercher dans ce fichier des
02:15traces ADN qui pourraient ressembler un peu.
02:18On essaie comme ça de retrouver Andy Parentel parce qu'on peut retrouver évidemment des parents, on peut retrouver un
02:23cousin, on peut retrouver un frère, un demi-frère
02:25puisque les empreintes génétiques, c'est un peu comme des codes-barres et entre gens de la même famille, on
02:30a des morceaux de codes-barres qui sont similaires.
02:33C'est encore une fois un échec pour les enquêteurs qui sont malheureusement habitués depuis des années.
02:38On finit même par penser en tout cas que cette affaire, elle va encore se refermer et qu'on ne
02:43va jamais trouver.
02:43D'autant qu'il n'y a plus que le frère de Cécile, Luc, qui se bat encore dans ce
02:48dossier.
02:49Ses parents sont morts.
02:50C'est une famille qui a été évidemment marquée par la tragédie du meurtre de Cécile, mais aussi par bien
02:56d'autres tragédies
02:57puisque une fois qu'ils ont quitté Paris peu de temps après le meurtre de Cécile, ils se sont installés
03:02dans le Lot à côté de Fijac.
03:04Et en 1989, c'est-à-dire trois ans après le meurtre de Cécile, sa maman, Suzanne, a été fauchée
03:10par une voiture sur le bord d'une toute petite route de campagne
03:12où il ne passait quasiment jamais de voiture.
03:15Son papa, lui, s'est battu pendant des années.
03:18Il s'est presque un peu enfermé dans cette ferme qu'ils avaient dans le Lot.
03:22Il a vraiment fait sa propre enquête, dressé des tas d'hypothèses.
03:25Il s'est battu jusqu'en 2011 où il est mort d'un cancer épuisé et surtout pris dans un
03:31tout un tas d'addictions,
03:32dans des démons comme l'alcoolisme et la surconsommation de cigarettes.
03:36En 2003, Jean-Pierre Bloch témoigne devant la caméra de Thierry de Lestrade.
03:42Sa fille, Cécile, est morte depuis 17 ans.
03:46Ma fille, elle a été là.
03:48Je ne peux pas la supprimer d'un trait de plume.
03:52N'est-ce pas ?
03:54D'ailleurs, pour moi, elle est là, elle est partout.
03:56Je vis avec mes fantômes.
03:59Ils sont là, mes fantômes.
04:02Je ne vais pas oublier mes fantômes.
04:04Je suis infidèle, moi.
04:07Non, non, laisser tomber, impossible.
04:11Si j'en avais la tentation, je ne pourrais pas.
04:16Le lundi 27 septembre 2021, vers 19h30,
04:20Valérie, 57 ans, rentre chez elle, à la grande mode dans l'Héros.
04:24Elle vient de faire une balade sur la plage avec une amie.
04:27Son mari, François, ancien policier et gendarme qui devait les rejoindre, ne l'a pas fait.
04:32Elle s'attend donc à le trouver chez eux.
04:35Mais ce n'est pas le cas.
04:36Valérie s'inquiète.
04:38Vers 18h, François Vérove, 59 ans, a enfourché son vélo électrique
04:42pour aller accueillir des locataires dans un studio que le couple loue sur Airbnb
04:46au Gros du Roi, une ville voisine.
04:48Il a dit à sa femme,
04:50« Bisous, au revoir chéri ».
04:52Elle essaie de l'appeler mais il ne répond pas.
04:55Valérie pense tout de suite à une mauvaise chute à vélo.
04:58Dans la soirée, elle prévient la police.
05:01« Il était vêtu d'un bermuda beige,
05:03d'une chemise imprimée
05:04et d'un gilet bleu marine », dit Valérie.
05:08François Vérove et Valérie se sont mariés en 1985.
05:12Ils ont deux enfants et une vie de couple heureuse et sans histoire.
05:17Rien ne pourrait expliquer ce soudain départ.
05:20Trois jours plus tard, le jeudi 30 septembre,
05:23les gendarmes forcent la porte du studio du Gros du Roi
05:25et découvrent le corps sans vie de François Vérove.
05:28Il a ingéré une forte dose de médicaments
05:30et laissé une lettre d'adieu à sa femme.
05:33« Ma chérie, je vais t'expliquer pourquoi j'ai dû partir »,
05:36entame-t-il.
05:37« Tu m'as connue en 1984, jeune gendarme.
05:40Tu avais pu déjà déceler quelques difficultés que je cachais.
05:43En fait, je traînais une rage folle
05:45qui ont fait de moi un criminel.
05:48Par période, je n'en pouvais plus
05:49et il me fallait détruire, salir,
05:52tuer quelqu'un d'innocent », écrit-il.
05:54La lettre est très crue.
05:56Il parle de pulsions grandissantes.
05:58François Vérove indique que c'est à partir de 1997
06:02qu'il a pu être libéré de ses profondes obsessions.
06:06Il fait alors référence à sa dépression
06:08et au bienfait de la psychothérapie
06:10qu'il a entamée à ce moment-là.
06:12Cela a cassé cet instinct de mort,
06:14car en tuant des innocents,
06:15c'était mes propres souffrances d'enfants
06:17que je voulais détruire inconsciemment.
06:19Cette guérison,
06:20cela a été une véritable délivrance,
06:22une véritable renaissance.
06:24Les enquêteurs convoquent Valérie.
06:26Ils ont une annonce à lui faire
06:28et elle est dévastatrice.
06:30Ils ont prélevé l'ADN de cet époux
06:33qu'elle dit si tranquille.
06:34Ils l'ont comparé avec d'autres échantillons
06:37dans leur base de données
06:37et les résultats sont formels.
06:40François Vérove était le grêlé.
06:43Le violeur et tueur en série
06:45que trois générations d'enquêteurs
06:47ont recherché pendant plus de 30 ans.
06:52Le grêlé, c'était en fait François Vérove.
06:54Le portrait d'un ex-gendarme
06:56qui vient de se suicider.
06:57Il pourrait s'agir d'un tueur en série
06:59recherché depuis 35 ans.
07:00C'est ici que François Vérove
07:01avait choisi de passer sa retraite
07:03entouré de sa femme et de ses enfants
07:05et jamais il n'aura éveillé
07:07le moindre soupçon.
07:08Depuis son suicide et la révélation
07:10de ses crimes,
07:11les voisins sont abasourdés.
07:16Damien, jusqu'à son suicide,
07:18François Vérove n'a jamais éveillé
07:21le moindre soupçon chez ses proches.
07:23Le vendredi 1er octobre,
07:24lorsque Valérie, son épouse, est entendue,
07:26elle va décrire au policier
07:28une relation de couple normale.
07:29Le ciel lui est vraiment tombé sur la tête.
07:32Elle a vécu 36 ans avec quelqu'un
07:34qu'évidemment, elle n'a jamais soupçonné.
07:36Il faut savoir que François Vérove,
07:38il a eu deux enfants.
07:39Il est aussi grand-père
07:41au moment où il se suicide.
07:42Il n'a jamais éveillé le moindre soupçon.
07:44Il a aussi une vie, à l'époque,
07:46dans sa commune, dans l'Hérault,
07:47où il a été conseiller municipal.
07:49Donc, c'est quelqu'un
07:50qui a une vraie vie sociale,
07:52qui est ouverte sur les autres,
07:53qui est toujours dans le quartier.
07:54Ses voisins le décrivent comme quelqu'un
07:56auquel on peut frapper à la porte
07:58pour lui demander un service s'il le rend.
07:59Donc, voilà, ce n'est pas du tout
08:00un type qui vit en marge de la société.
08:03Et Daniel Zaguri,
08:04l'expert psychiatre,
08:05dira d'ailleurs que,
08:07selon lui,
08:07même s'il n'a pas pu, évidemment,
08:09expertiser directement François Vérove,
08:11il pense que tous ces crimes
08:13n'occupaient pas une grande place
08:15dans sa vie psychique quotidienne
08:17et qu'il a pu vivre relativement apaisé
08:19en repoussant ses actes,
08:21en fait, dans un coin de sa tête,
08:22comme en jachère.
08:23C'est ce qu'on appelle,
08:24en psychiatrie,
08:25un clivage.
08:26C'est-à-dire,
08:26ça permet à quelqu'un
08:27qui a commis des actes atroces,
08:29barbares,
08:29de cacher ça dans un coin de sa tête
08:31et d'avoir une vie à côté,
08:33familiale, sociale, professionnelle,
08:35qui semble presque normale.
08:40François Vérove,
08:41quand on regarde un petit peu
08:41sa biographie,
08:42y compris sa biographie professionnelle,
08:44il y a quand même
08:44quelques petites choses
08:45qu'on peut noter.
08:47Bon, d'abord,
08:47il a eu une enfance
08:48un peu particulière,
08:48il a perdu sa mère très très jeune.
08:50Son père a refait sa vie
08:51avec une femme
08:51avec laquelle ça s'est très mal passé,
08:53cette belle-mère.
08:54Il a été un peu isolé,
08:55ensuite,
08:56par rapport à ses demi-frères.
08:58Il dormait dans une pièce
08:59qui n'était pas vraiment une chambre,
09:00donc il a assez mal vécu
09:01cette période.
09:02Ensuite,
09:02quand il est devenu
09:03d'abord gendarme,
09:04puisqu'il a intégré
09:05à la garde républicaine,
09:06au début,
09:06tout se passait plutôt bien
09:07et puis il y a eu une rupture,
09:09justement,
09:09dans les années 86-87,
09:11qui sont les années
09:12où il commet la majorité,
09:14en tout cas,
09:15au moins,
09:15le meurtre de Cécile Bloch.
09:17C'est une période
09:17où il fait une dépression,
09:19où en fait,
09:19il ne peut plus monter à cheval
09:20alors qu'il était
09:21dans la prestigieuse
09:22garde républicaine
09:23et il commence surtout
09:24à être assez mal noté,
09:25tellement mal noté
09:26qu'au terme d'arrêt maladie successif
09:29et de comportement
09:30un peu étrange,
09:31il va être radié
09:32des cadres de la gendarmerie,
09:33c'est-à-dire qu'on va
09:34clairement le virer
09:35de la garde républicaine,
09:36il va donc quitter
09:37le statut militaire
09:39et il va,
09:39c'est un truc très très rare
09:41dans ces professions-là,
09:42il va devenir policier,
09:43il va passer de gendarme
09:44à policier
09:44et à partir des années 89-90,
09:47il va donc devenir policier,
09:48il va quitter Paris
09:50et les casernes
09:50où il habitait
09:51en gendarmerie
09:51pour aller en banlieue parisienne,
09:53là où il commettra d'ailleurs
09:54d'autres crimes
09:55et dans la police,
09:57on va aussi interroger
09:57évidemment ses anciens collègues,
09:59il y en a qui le décrivent
09:59quand même comme un type
10:00qui était un peu bizarre,
10:02qui était d'ailleurs
10:02très dépressif,
10:03on lui avait même supprimé
10:04à un moment donné
10:04son arme de service,
10:05donc il y a quand même
10:06un portrait qui est
10:07un peu plus sombre
10:08et un peu plus en tout cas
10:10nuancé
10:11que le portrait
10:12qu'en font
10:12les membres de sa famille
10:13qui tombent littéralement
10:14de l'armoire
10:15quand ils apprennent
10:16que leur père
10:17ou leur mari
10:18est le grêlé.
10:23Pourquoi est-ce que
10:23François Vérove
10:24décide de révéler
10:26qui il est vraiment
10:27et de mettre fin
10:28à ses jours
10:28à ce moment-là
10:29en particulier ?
10:30Tout simplement
10:30parce qu'il est piégé,
10:31il a été contacté
10:33le 24 septembre
10:34par la police judiciaire
10:35de Montpellier
10:35qui l'a appelé d'ailleurs
10:36sur un ancien numéro
10:37qui est utilisé à ce moment-là
10:38par sa femme
10:39et en gros on lui explique
10:40qu'on va venir le prélever
10:42dans le cadre
10:43d'une vieille affaire criminelle
10:44donc lui
10:45il sait évidemment
10:45parfaitement
10:46de quoi on parle.
10:47Cette mesure
10:48elle vient d'où ?
10:49Elle vient d'une juge
10:50d'instruction
10:50qui a repris le dossier
10:51du grêlé
10:51quelques années auparavant
10:52qui s'appelle
10:53Nathalie Turquet
10:54alors Nathalie Turquet
10:55c'est une juge d'instruction
10:56qui est connue
10:56enfin en tout cas
10:57dans le milieu de la magistrature
10:58parce qu'elle a déjà
10:59traité des dossiers
11:00à la fois complexes
11:00et médiatiques
11:01elle a été notamment
11:03la juge d'instruction
11:04du dossier
11:05quant à Trintignant.
11:06Et pourquoi est-ce que
11:06cette magistrate
11:07elle a le sentiment
11:08que c'est du côté
11:09des gendarmes
11:09et des policiers
11:10en fonction
11:11dans ces années-là
11:12qu'il faut chercher
11:13la trace du grêlé ?
11:14Tout simplement
11:14parce que quand elle va relire
11:16les milliers et milliers
11:17de procès-verbaux
11:18du dossier
11:19elle va se rendre compte
11:20que ce travail
11:20n'a jamais été fait
11:21alors que
11:22dès le début
11:23certaines agressions
11:24sont commises
11:24par un homme
11:25qui présente
11:26alors on ne sait pas
11:26si c'est une fausse
11:27ou une vraie carte
11:28mais qui en tout cas
11:28se prévaut d'être
11:30ou policier
11:30ou gendarme
11:31et elle va se dire
11:32en fait ce travail
11:33de criblage
11:34alors qui est extrêmement fastidieux
11:35il faut savoir
11:35qu'il faut reprendre
11:37en gros les effectifs
11:38de gendarmerie
11:39des années 80
11:40essayer de voir
11:41à cette période
11:42qui et où
11:42en poste
11:43à quel endroit
11:43dans quelle caserne
11:44mais c'est ce qu'elle va faire
11:45elle va dresser une liste
11:46de plusieurs centaines de noms
11:48et elle va commander ensuite
11:50dans différents endroits de France
11:51parce qu'évidemment
11:51ces gendarmes
11:52ils ont été dispatchés
11:54ils ont déménagé
11:55ils ont changé d'affectation
11:56et parmi ces centaines
11:57de personnes
11:58il y a François Vérove
11:59puisqu'on le rappelle
12:00François Vérove
12:00il était gendarme à l'époque
12:02et affecté
12:02à la garde républicaine
12:03donc dans des casernes
12:04à Paris
12:05et donc il fait partie
12:06de la liste
12:07on va le retrouver
12:07il est devenu policier
12:08et c'est donc
12:09la police judiciaire
12:10de Montpellier
12:10puisqu'il habite dans l'Hérault
12:11qui est chargé
12:12d'aller prélever son ADN
12:14Ce n'est pas une surprise
12:16pour François Vérove
12:17qu'on finisse
12:18par venir le chercher
12:19alors c'est pas une surprise
12:20oui et non
12:21parce qu'il a quand même
12:22c'est lui qui le dit
12:23en tout cas depuis 1997
12:24depuis 1997
12:26stopper toute activité criminelle
12:28après avoir suivi
12:28soi-disant
12:29une psychothérapie
12:30donc peut-être
12:31pensait-il
12:32qu'il avait définitivement
12:34échappé à son destin criminel
12:36en revanche
12:36il ne peut pas ignorer
12:37en plus il a quand même
12:38été gendarme policier
12:39donc il est bien placé
12:40pour le savoir
12:40que son ADN
12:41il est dans le fichier national
12:42et qu'à un moment
12:43ou à un autre
12:44ça peut être évidemment
12:45un élément
12:46qui permette de l'identifier
12:47le fait qu'il date
12:48son dernier crime
12:49à l'année 1997
12:51est surprenant
12:52parce que
12:52les enquêteurs
12:53eux ce qu'ils ont
12:54c'est que le dernier crime
12:56imputé au grêlé
12:56daterait de 1994
12:59c'est le rapte
12:59et le viol d'Ingrid
13:00en Seine-et-Marne
13:01et dans l'Essonne
13:02oui mais
13:03c'est un des mystères
13:04non résolus
13:05en fait du grêlé
13:06et qu'il ne résout pas
13:07lui-même
13:07parce que dans sa lettre
13:08posthume
13:09où il explique
13:10un certain nombre de choses
13:11et où il donne
13:11quelques dates
13:12il y a des trous
13:13encore dans cette espèce
13:14de confession
13:15lui il dit
13:15moi j'ai arrêté
13:16en 1997
13:17la dernière trace criminelle
13:18qu'on a lu
13:18elle est en 1994
13:19mais les enquêteurs
13:20ils vont évidemment
13:21chercher ce qui a pu se passer
13:22entre 1994 et 1997
13:24et même après 1997
13:26parce qu'ils ne croient pas
13:26forcément au fait
13:28qu'à un moment donné
13:29il se soit totalement arrêté
13:30c'est assez particulier
13:31d'avoir affaire
13:32à un tueur en série
13:33qui commet des crimes
13:34pendant une dizaine d'années
13:35et puis qui ensuite
13:36n'en commet plus du tout
13:37pendant 25 ans
13:38alors
13:39il n'y a pas de règles
13:40strictes et établies
13:42en matière de tueur en série
13:43certains pensent
13:44qu'un tueur en série
13:45ne s'arrête jamais
13:45sauf quand il est arrêté
13:47ou sauf quand il meurt
13:49mais vous avez des experts
13:50qui disent que
13:51des criminels sériels
13:52y compris
13:53qui peuvent être très actifs
13:54pendant quelques mois
13:55ou quelques années
13:55peuvent s'arrêter d'eux-mêmes
13:57c'est ce que dit d'ailleurs
13:58le même expert
13:58qu'on a cité tout à l'heure
13:59Daniel Zaguri
14:00il dit
14:01je ne peux pas affirmer
14:01qu'il n'a pas recommencé
14:02mais il ne faut pas
14:03tomber dans le mythe
14:04qui voudrait que
14:05les tueurs en série
14:06sont addicts
14:06à leurs propres crimes
14:07qu'ils veulent continuer encore
14:09et encore
14:09si on ne les arrête pas
14:10il n'y a pas de mécanique
14:11implacable selon lui
14:12il y a des profils différents
14:13des profils psychologiques
14:14et psychiatriques différents
14:15et certains
14:16sont capables
14:17de s'arrêter eux-mêmes
14:19donc est-ce que c'est le cas
14:20de François Vérove
14:20est-ce qu'effectivement
14:21il s'est arrêté vraiment
14:22en 1997
14:24après s'être soigné
14:25et qu'il n'a plus jamais recommencé
14:26ça c'est lui qui le dit
14:28mais comme on ne peut plus
14:29l'interroger
14:29il reste quand même toujours
14:31un tas de questions
14:31sur ce point en particulier
14:32Dans tous les cas
14:34François Vérove est mort
14:35il n'y aura donc
14:36jamais de procès
14:37Non parce qu'en France
14:38on ne juge pas les morts
14:40ça s'appelle
14:40l'extinction de l'action publique
14:42quand un auteur
14:43a mis en examen
14:44même quelqu'un
14:45qui est en prison
14:46décède
14:46on arrête les poursuites
14:47on ne va pas continuer
14:49puisque la personne est morte
14:50simplement dans l'affaire
14:51du Grêlé
14:52c'est un peu particulier
14:53parce que
14:53depuis le suicide
14:54de François Vérove
14:55il y a une instruction
14:56qui continue
14:57il y a des enquêtes
14:58qui continuent
14:59à être menées
15:00surtout en fait
15:01pour essayer de donner
15:01des réponses à des familles
15:02sur des affaires
15:03qui sont non résolues
15:05depuis quelques années
15:05et qu'on peut peut-être
15:06imputer à François Vérove
15:08donc il y a un travail
15:09qui se poursuit
15:10mais qui n'aboutira
15:11jamais à un procès
15:12et surtout
15:13avant même le procès
15:14on ne pourra évidemment
15:15jamais interroger
15:17entendre François Vérove
15:18on ne pourra même pas
15:19l'expertiser
15:19ce qui aurait été d'ailleurs
15:20sans doute
15:21à la fois intéressant
15:23et révélateur
15:23de plein de choses
15:24mais ça voilà
15:24son suicide
15:25prive de tout ça
15:26et prive évidemment
15:27d'un procès
15:31dans la deuxième partie
15:32de sa lettre d'adieu
15:33François Vérove
15:34justifie son suicide
15:35et s'adresse directement
15:36à ses proches
15:37je ne pouvais effacer
15:39le passé
15:39après plus de 30 ans
15:41le système judiciaire
15:42m'a rattrapé
15:43afin d'éviter un procès
15:44qui aura des conséquences
15:45sur vous
15:46j'ai pris la décision
15:47de partir
15:48je ne pourrai jamais
15:49effacer le mal
15:50que j'ai fait
15:50à ma famille
15:51ainsi qu'aux familles
15:52des victimes
15:53c'est mon plus grand regret
15:55je ne sollicite aucun pardon
15:56parce que tout ceci
15:57est impardonnable
15:58je vous aime plus
15:59que tout au monde
16:00et déteste ce criminel
16:02que j'ai été
16:035 victimes du grêlé
16:04ont formellement été identifiées
16:06grâce à son ADN
16:07mais les enquêteurs
16:08estiment à ce jour
16:10qu'une trentaine d'affaires
16:11pourraient lui être imputées
16:12dont 9 meurtres
16:13vous venez d'écouter
16:27Crime Story
16:27le podcast fait divers
16:28du Parisien
16:29avec à la production
16:31Clara Garnier-Amourou
16:32Barbara Gouy
16:33et Raphaël Pueyo
16:35à la réalisation
16:36Julien Moncouquiol
16:37et à la rédaction en chef
16:39Jules Lavi
16:40un épisode raconté
16:42avec Damien Delsenis
16:43et un podcast
16:44à retrouver chaque samedi
16:46sur le site
16:47leparisien.fr
16:48et sur toutes les plateformes d'écoute
16:50Sous-titrage Société Radio-Canada
16:52Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations