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Édile de Seine-Saint-Denis depuis 2020, Karine Franclet a dû faire une pause de plusieurs mois pour protéger sa santé mentale d’une fonction très prenante. Témoignage.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#municipal #gouvernement #politique

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News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Clémentine Spiller pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Toute l'équipe de CodeSource vous souhaite une très bonne rentrée.
00:08Petite info pratique, la nouvelle appli du Parisien vous permet d'écouter CodeSource ou CrimeStory tout en lisant nos articles.
00:14N'hésitez pas donc à la mettre à jour.
00:22À six mois des élections municipales de mars 2026, le temps est à la réflexion.
00:27Pour les élus locaux qui envisagent ou non de se représenter, et pour beaucoup la réponse est non.
00:33Non pas qu'il et elle n'ait plus envie d'être maire, mais la fonction les a amenés à
00:37un état d'épuisement dangereux pour leur santé.
00:39Il n'y a d'ailleurs jamais autant eu de démission chez les maires qu'au cours de cette dernière
00:44mandature.
00:45Il et elle citent diverses raisons, une trop forte pression, un manque de moyens et des difficultés à maintenir une
00:52limite saine entre leur vie publique et privée.
00:55Pour CodeSource, notre reporter Barbara Gouy s'est rendue à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis pour interviewer Karine Franklin, élue
01:03maire de la commune en 2020.
01:04Elle a repris ses fonctions au mois de juin, après une pause de quatre mois, le temps de se remettre
01:09d'un burn-out.
01:15Karine Franklin, la maire d'Aubervilliers, me donne rendez-vous tout près de l'endroit où elle a appris sa
01:21victoire il y a cinq ans, en 2020.
01:24Depuis, elle s'est emparée des problématiques de la ville et elle a parcouru un long chemin.
01:29Quand je la rencontre, elle est tout de suite très souriante et énergique.
01:33Karine Franklin est née le 13 décembre 1981.
01:37Elle grandit dans un village de 300 habitants, près de Château-Thierry, en Picardie, avec un petit frère et une
01:44petite sœur.
01:45Durant son enfance, elle est très entourée par sa famille.
01:49C'était le village de ma grand-mère paternelle.
01:53Donc, dans le village, il y avait mes arrière-grands-parents, mon grand-oncle et ma grande-tante, mes cousins.
01:59Donc, vraiment, ma grand-mère qui était juste à côté et chez qui on allait souvent dormir le mardi soir
02:06ou alors regarder les dessins animés le mercredi.
02:08C'était vraiment sympa.
02:11On pouvait aller dehors facilement comme on voulait, faire du vélo, aller dans les bois au bord de la Marne.
02:17Puis, mes grands-parents maternels qui habitaient à Château-Thierry, donc à 7 kilomètres.
02:22Donc, oui, c'est vrai qu'on se voyait très souvent.
02:27Petite, elle est assez turbulente.
02:28Alors, à l'école, en bas de chaque bulletin, c'était
02:31« N'exploite pas ses capacités ni ses possibilités. Bavarde et perturbe la classe. »
02:37Je crois qu'on peut le dire. Je suis même passée en conseil de discipline en troisième.
02:40Malgré ses problèmes de comportement, Karine Franclay arrive tout de même à être assez bonne élève.
02:45Et très vite, elle sait ce qu'elle veut faire plus tard, être chef d'établissement.
02:49Ça peut paraître anecdotique, mais c'est aussi des moments que je partageais avec ma grand-mère paternelle
02:54où, du coup, j'allais dormir chez elle le mardi soir.
02:58Et on regardait « Madame le proviseur » avec Daniel Delorme.
03:02Je trouvais ça déjà juste incroyable.
03:05Ça me donnait envie, peut-être aussi, parce que j'avais des parents qui sont enseignants.
03:09Sa mère enseigne les langues étrangères et son père la menuiserie.
03:13Après le lycée, Karine Franclay fait des études de sciences de l'éducation à Lille.
03:18Ça la passionne tout de suite.
03:20Et elle choisit d'être conseillère principale d'éducation, CPE,
03:24avant de passer les concours pour devenir chef d'établissement.
03:27À 23 ans, Karine Franclay devient CPE à Saint-Denis, en région parisienne.
03:32Elle déménage chez son petit ami à Paris et découvre le collège où elle travaille.
03:38Et là, ça a été la grande découverte.
03:41Collège de cité, je n'avais jamais vu de cité ou alors je les avais vues de loin.
03:45Et puis, les premières semaines, elles ont été...
03:48Oui, il a fallu s'adapter.
03:51Et puis, le plus difficile, c'était la différence entre Paris, où j'habitais,
03:58et puis Saint-Denis, où je travaillais.
04:01Donc, il y avait un petit côté, une dichotomie qui était énorme.
04:05Il fallait vraiment faire l'effort de...
04:07Une fois que tu es rentré à la maison, tout ce que tu vois là-bas,
04:09tous les problèmes que tu règles la journée, toute la détresse sociale que tu vois,
04:12tu la laisses au bureau pour pouvoir mieux t'en occuper le lendemain.
04:16Ça, ça a été le plus long.
04:18Et puis, retour des vacances d'automne, ou six semaines après, je ne me voyais plus ailleurs.
04:24Karine Franclé se plaît en tant que CPE,
04:26mais elle ne perd pas son premier objectif de vue.
04:29Sept ans après, elle passe les concours pour devenir chef d'établissement.
04:33Elle les réussit.
04:35Et à 30 ans, en 2012, elle devient proviseur adjointe.
04:39Et là, l'affectation, elle se fait en fonction du rang de classement.
04:42J'étais relativement bien classée.
04:43Enfin, un classement qui me permettait d'aller partout en France,
04:46sauf Paris-Intramuros.
04:48Mais donc, j'ai choisi de rester en Seine-Saint-Denis.
04:52Et j'avais envie de quitter le collège.
04:54Moi, quand j'étais CPE, ce qui me passionnait,
04:56c'était d'avoir les élèves de 3e et de travailler avec eux leur orientation.
05:00Et du coup, j'ai eu envie d'aller en lycée professionnel
05:02pour pouvoir m'occuper des élèves les plus en difficulté,
05:05ou en tout cas, ceux pour lesquels il y avait vraiment du challenge
05:09parce que souvent, c'était les élèves les plus fragiles
05:11avec des orientations pas toujours choisies.
05:15Donc, j'ai jeté mon dévolu, j'ai eu le coup de foudre
05:19pour le lycée Jean-Pierre Thimbaud d'Aubervilliers.
05:23Karine Franclé travaille pour aider les jeunes à trouver leur voie.
05:26En parallèle, elle s'intéresse de plus en plus à la politique.
05:29Et en 2012, elle est conquise par le discours de Jean-Louis Borloo,
05:34l'ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
05:37À ce moment-là, il crée l'Union des démocrates et indépendants,
05:41l'UDI, un parti de centre-droit.
05:44Elle se reconnaît dans les valeurs du parti,
05:46décide de l'intégrer et commence à militer avec eux.
05:49Petit à petit, elle se fait remarquer.
05:53En 2015, on m'a demandé si je voulais être,
05:56parce qu'ils se sont dit peut-être que la petite,
05:58tiens, elle est quand même tenace,
05:59si je voulais être candidate pour les départementales.
06:03Donc, Aubervilliers, c'était une ville-canton.
06:05Donc là, c'était ma première candidature mars 2015,
06:08première candidature avec la première fois ma tête sur l'affiche,
06:12il fallait trouver un imprimeur.
06:14Et puis, à l'époque, le président du DDI 93 me dit
06:18« Bon, si tu fais 10, c'était le score du centre et de la droite au municipal,
06:22c'est bien, on fait 15. »
06:24Donc voilà, puis finalement, ça se prend au jeu.
06:26Et puis, l'été d'après, on me propose,
06:29c'était les élections régionales au mois de décembre,
06:31on me dit « Karine, est-ce que t'as envie d'être sur la liste ? »
06:34Karine Franclé accepte.
06:36Elle est troisième sur la liste de l'Union des droites,
06:38avec notamment l'UDI et les Républicains.
06:41La tête de liste, Valérie Pécresse,
06:43est élue et Karine Franclé entre dans la majorité
06:47pour son premier mandat en tant que conseillère régionale.
06:51En parallèle, elle continue son travail de chef d'établissement
06:54qu'elle exerce à ce moment-là à Saint-Ouen
06:57et elle devient également maman.
06:59Donc, elle doit jongler entre ces trois casquettes.
07:04Ils ont toujours connu une maman qui était active et pas toujours là.
07:07Ils ont été...
07:08C'est vraiment un foyer qui les élève.
07:10C'est pas...
07:11Oui, ils ont eu la chance d'avoir un papa très présent,
07:14qui en plus fait du télétravail.
07:17Et voilà, c'était une équipe.
07:19Ce n'était pas le papa qui regarde ça de loin.
07:21Au contraire.
07:23Grâce à son rôle de conseillère régionale,
07:26Karine Franclé se crée une équipe dans son parti
07:28et se lance le défi de devenir maire d'Aubervilliers en 2020.
07:32On est vraiment parti de loin.
07:34Je me souviens que sur les premiers tractages,
07:36je demandais même à ma petite sœur de venir
07:40pour qu'il y ait plus de monde sur les photos.
07:43Il y a une équipe qui s'est formée avec des gens de l'UDI
07:47et puis surtout beaucoup de gens qui avaient envie de voir changer la ville.
07:52Donc, on a fait une grosse, grosse campagne de terrain
07:55pendant plus d'un an et demi.
07:56Et on est unis autour d'un projet.
07:59À ce moment-là, presque tous les maires d'Aubervilliers
08:01étaient communistes depuis la libération en 1944.
08:06Mais Karine Franclé croit à un basculement de ce bastion de gauche
08:10grâce à une union avec les Républicains.
08:12Ce qu'elle met en place avec son équipe.
08:15Et le 28 juin, les résultats tombent.
08:17Tous les bureaux étaient quasiment tombés.
08:19J'avais, je ne sais pas, déjà plus de 1000 voix d'avance.
08:21On me disait, mais c'est bon Karine, t'as gagné.
08:23Ils étaient déjà en train de le dire à la télé, sur les plateaux.
08:26Non, non, ils ne l'ont pas encore annoncé.
08:29Vraiment, il a fallu le moment où on réalise.
08:31C'est vraiment le moment où mon prédécesseur, elle a proclamé les résultats.
08:35Et là, ça a été, je ne sais pas, comme si on me mettait dans une machine à laver.
08:39Ils s'orachent 4000 tours.
08:40Et ça ne s'est jamais arrêté.
08:43Quand Karine Franclé arrive à la mairie,
08:45elle se rend compte qu'elle va avoir beaucoup de travail
08:48pour mener à bien ses projets pour la ville.
08:50C'était comme si on devait apprendre à conduire un bateau, un paquebot.
08:55Parce que c'est quand même 90 000 habitants et 1900 salariés.
08:58Il fallait apprendre à conduire le bateau, alors qu'on n'avait pas le permis.
09:02Il n'y a pas de formation pour être maire.
09:05Le bateau, il coulait quand même, parce que la ville a quand même été laissée à l'abandon.
09:10Mais quand même, il y a le bateau qui coule, il faut apprendre à conduire, il faut garder un cap.
09:14En fait, l'histoire de ce mandat, c'est ça.
09:16Karine Franclé travaille énormément pendant plusieurs années et elle ne prend pas de pause.
09:21Il y avait des moments où j'étais fatiguée, mais j'arrêtais, on va dire, deux jours.
09:25Je me reposais, puis c'était reparti.
09:27Et puis le problème, c'est que ça m'arrivait de plus en plus souvent.
09:31Et en juin 2024, c'est pas reparti, en fait.
09:34Je ne me réveillais plus le matin.
09:36C'est mes fils qui me réveillaient.
09:37On avait raté l'heure de l'école.
09:40Et puis même physiquement, mon corps lâchait.
09:43Il y a eu une période où je n'arrivais plus à marcher.
09:48Physiquement, votre corps lâche.
09:50Après, il y a eu les vacances d'été, où je me mettais à moitié reposée.
09:53Et puis il y a eu le moment où vous dites, les vacances, ça va suffire.
09:56Et puis après, il y a le moment où vous êtes encore un peu dans le déni.
09:58Après, il y a le moment où vous faites semblant d'aller mieux pour qu'on vous foutre la paix.
10:01Et puis en février, ces deux copines sont venues me voir en me disant,
10:06écoute, maintenant, t'arrêtes.
10:07Si tu ne le fais pas pour toi, tu le fais pour tes gamins.
10:10Et donc là, ma décision, elle était prise et je me suis mis en retrait.
10:15Le 21 février 2025, Karine Franclé annonce son retrait temporaire
10:20dans une lettre qu'elle poste sur les réseaux sociaux.
10:23Elle doit se reposer et parfaire une cure dans un centre spécialisé en post-burnout.
10:29Au bout des trois semaines, quand je rentre,
10:32moi, j'étais persuadé que j'allais reprendre le boulot.
10:33Puis on a une grosse discussion avec Clément, le directeur du cabinet.
10:37Et l'équipe des proches.
10:40Et puis, ils me disaient, mais madame la mère, vous allez pas reprendre en fait.
10:44Tout de suite, c'est peut-être un peu tôt.
10:46Mais je l'ai dit, mais je rentre à Aubervilliers.
10:48Ils me disent, mais alors ?
10:50Et en fait, pour moi, c'était même pas possible que je sois à Aubervilliers et pas à la mairie.
10:54En fait, c'est comme si c'était un...
10:55Et c'est là que je me suis rendu compte qu'en fait, ma vie était un tout.
10:58En fait, tout était mélangé.
11:00Il y avait la mairie, ma vie, la maison.
11:03En fait, c'était Aubervilliers.
11:04Et depuis ce déclic-là, c'est pas parce que je suis au Bairvilliers que je suis mis dans la
11:09mairie.
11:10Après, évidemment, je croise des gens dans la rue.
11:12Je reste madame la mère tout le temps.
11:13Et ça, ça fait plaisir.
11:15Moi, j'adore ça.
11:15En plus, le contact avec les administrés, etc., ça, c'est toujours un plaisir de m'arrêter, d'échanger.
11:21C'est pas le sujet.
11:21Mais c'est pas parce que je suis physiquement au Bairvilliers que je suis forcément obligée d'être dans la
11:26mairie en train de bosser.
11:27Je peux aussi être chez moi à faire autre chose.
11:29C'est la chose que je ne faisais pas avant.
11:31C'est finalement le 16 juin, donc près de quatre mois plus tard,
11:36que Karine Franklin annonce reprendre ses fonctions à la mairie d'Aubervilliers.
11:41Et pour tenir sur du long terme et ne pas revivre un burn-out,
11:45elle décide de changer son organisation.
11:48Je me rends compte que je ne suis pas indispensable partout.
11:51Et que, en fait, je crois que quand vous avez tendance à vouloir,
11:54à bien accepter de tout faire à la place des autres, c'est plus facile.
11:58Typiquement, mes semaines, elles étaient bourrées à moitié de comités de pilotage, de réunions.
12:07Il n'y avait pas de décision à prendre.
12:08Et en fait, je me rends compte que ça, c'est fini.
12:09Je n'y vais plus.
12:11Mais en revanche, ça veut dire aux autres qu'il faut qu'ils fassent des comptes rendus.
12:14Et moi, une réunion, on fait juste un point de situation où il n'y a pas d'arbitrage à
12:18prendre.
12:18Que je sois là ou que je lise un compte rendu bien fait, il n'y a pas de différence.
12:22Karine Franklin sent que cette nouvelle organisation est aussi bénéfique pour son travail.
12:27J'ai l'impression d'être plus efficace.
12:29En tout cas, je touche du bois depuis le retour en faisant ça.
12:33Au moins, quand j'y suis, j'y suis.
12:35Et puis, les moments où je trouve que ça commence à faire beaucoup,
12:37maintenant, j'ose le dire.
12:39On ne parle pas de 35 heures, on parle de semaines de 60.
12:41Enfin, ça reste beaucoup.
12:43Mais par exemple, là, on est quel jour ?
12:45Aujourd'hui, on est jeudi.
12:47On est un gros lundi, un gros mardi, un gros mercredi.
12:52Mercredi, j'ai senti que ce que j'avais prévu en fin de journée n'était pas essentiel.
12:55J'ai dit, ben en fait, voilà, je m'arrête là et s'il y a besoin, je suis dispo,
12:58je rentre chez moi.
12:59Son objectif est également d'arriver à séparer davantage sa vie à la mairie de sa vie privée avec ses
13:06enfants.
13:07Aujourd'hui, quand je suis avec les garçons, le téléphone, il peut sonner.
13:10Je veux dire, si ce n'est pas Clément, mon directeur de cabinet, Michel, mon DGS ou le préfet, je
13:14ne réponds pas.
13:16Alors qu'avant, je voulais toujours répondre à tout, etc.
13:18Maintenant, en fait, donc je ne réponds que s'il y a des urgences, etc.
13:22Et donc cet été, on a eu du bol.
13:25Les deux semaines où on était pendant deux semaines d'affilée en vacances,
13:29il n'y a pas eu de gros problèmes à la mairie.
13:31Donc finalement, d'ailleurs, eux me l'ont dit.
13:33Ils m'ont dit, wow, t'as prévu, je lui dis à la fin, c'était bien les vacances.
13:36Ouais, mais maintenant, t'as fait toutes les activités avec nous et en plus, t'as presque pas téléphoné.
13:41Karine Franclé réussit à tenir cette organisation depuis quelques mois.
13:45Et elle sent que ça va beaucoup mieux.
13:47Ça va super bien parce que je tire aussi les leçons et que je ne vais certainement pas refaire.
13:54Comme avant, l'idée, ce n'est pas de recommencer et de repartir dans six mois.
13:58Ça va très bien parce que j'en ai tiré les leçons et que je fais des choses différentes.
14:09Barbara, quand Karine Franclé a annoncé se retirer de ses fonctions,
14:13est-ce qu'elle a eu des réactions de la part d'autres mères ?
14:15Oui, elle a eu beaucoup de réactions, alors qu'au moment où elle a parlé de son burn-out,
14:20la première fois, c'était au Figaro.
14:21Elle ne s'attendait pas à ce qu'il y en ait autant.
14:24Elle s'est rendue compte que sa situation était finalement assez commune
14:27et que le burn-out touche beaucoup de ses homologues.
14:30Depuis 2020, plus de 2000 mères ont démissionné, d'après l'Association des mères de France.
14:35Et ce chiffre n'a jamais été aussi haut.
14:37Une autre étude de cette association explique même que 83% des mères
14:41jugent que leur mandat peut être usant pour leur santé.
14:45Donc on voit vraiment que c'est un problème général.
14:47Pourtant, c'est un sujet qui était longtemps resté tabou.
14:50En fait, c'est un métier d'image.
14:52Les mères sont une figure d'autorité, donc ils ne veulent pas décevoir les habitants.
14:56Souvent, ils travaillent beaucoup et essayent de masquer les signes de fatigue.
14:59Sauf qu'au moment où ça devient trop compliqué,
15:01ils n'osent pas forcément se retirer de la vie politique de leur municipalité,
15:05le temps de se reposer comme l'a fait Karine Franclé.
15:08Heureusement, ce tabou autour de la santé mentale des mères commence à disparaître.
15:12Cette année, on a vraiment vu la parole se libérer de plus en plus.
15:16Beaucoup se sont exprimés dans les colonnes du Parisien.
15:18Et c'est des femmes, dont Karine Franclé,
15:20qui ont ouvert la voie en témoignant en mars dernier.
15:23Et elles tiennent à lancer cette conversation sur la santé mentale des mères
15:27à l'approche des municipales.
15:28Est-ce qu'on sait si Karine Franclé va se représenter aux municipales de mars 2025 ?
15:33Alors, elle m'a dit qu'elle ne savait pas encore.
15:36Par contre, elle m'a assuré avoir l'énergie pour terminer son mandat
15:39avec la réorganisation qu'elle a mise en place.
15:41Et pour la suite, elle est prête et motivée à préparer les municipales,
15:45que ce soit elle ou un autre candidat qui représente son parti.
15:50Merci à Karine Franclé, maire de la commune d'Aubervilliers.
15:53Merci à Barbara Gouy, qui lui a tendu le micro.
15:56Cet épisode de Code Source a été produit par Thibault Lambert
15:59et Pénélope Gualquierotti, réalisation Julien Moncouquiole.
16:03N'hésitez pas à vous abonner à Code Source
16:05sur votre plateforme d'écoute préférée
16:07ou sur la chaîne YouTube du Parisien,
16:09à nous laisser des commentaires et à partager.
16:12On vous invite également à écouter notre podcast
16:14entièrement consacré aux faits divers,
16:17Crime Story, chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle
16:20racontée par la journaliste Claudia Prolongeau
16:22avec Damien Delseny, le chef du service police-justice du Parisien.
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