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Cette ancienne employée, responsable de la caisse de son agence de banque postale, s’est retrouvée au centre d’un braquage armé en avril 2009. Elle en est encore traumatisée. Témoignage recueilli par Barbara Gouy.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Pierre Chanffajon - Musiques : François Clos, Audio Network

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#codesource #braquage #traumatisme

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Cet été, l'édition de l'Essonne du Parisien a publié le portrait d'une ancienne employée de la Poste
00:16qui ne s'est jamais remise d'un braquage subi en 2009.
00:21Nathalie, 58 ans, était caissière à la Poste de la Porte d'Italie à Paris au moment des faits.
00:26L'un des voleurs lui a collé le canon d'un pistolet sur la tempe.
00:31Après avoir fait preuve de courage pendant le braquage, dans les jours qui ont suivi, Nathalie a complètement craqué.
00:36Elle est tombée en dépression et cet événement la hante encore aujourd'hui.
00:41Nathalie témoigne dans Codesources au micro de Barbara Gouy.
00:58Je rencontre Nathalie chez elle dans l'Essonne en région parisienne.
01:02La télé est allumée et la décoration est épurée.
01:05On s'installe autour de la table dans son salon.
01:09Nathalie est née le 1er septembre 1967.
01:12Elle grandit en région parisienne.
01:14Sa mère s'occupe d'elle et de ses deux grandes sœurs et son père travaille à la Poste.
01:19Quand elle a 12 ans, il décède brusquement à seulement 39 ans.
01:24Nathalie soupçonne ses excès d'alcool et de cigarettes.
01:27Il a rendu son dernier souffle sur son lieu de travail.
01:30Pour Nathalie, c'est très difficile à accepter.
01:33Elle devient turbulente et elle va de moins en moins à l'école où elle fuit les professeurs.
01:38En cinquième, ils m'ont vue mais je faisais mon pitre.
01:42En quatrième, ils ne m'ont pratiquement pas vue.
01:45Et puis la troisième, je ne l'ai pas fait puisque j'avais l'âge de ne plus aller à
01:50l'école.
01:51J'ai commencé à travailler dans les jardins de Paris, à faire des promenades avec des poneys et des enfants.
02:00Avant même d'avoir 18 ans, elle entre à la Poste comme son père.
02:04En tant qu'orpheline d'agent de la Poste, on avait le droit à une place d'office à notre
02:12demande.
02:13Mes deux sœurs sont rentrées en premier.
02:16Et moi, à l'âge de mes 17 ans, j'ai fait ma demande.
02:18Et donc, j'ai commencé à la Poste le 11 février 1985 en tant que femme de ménage parce qu
02:28'on commence au plus petit grade.
02:30Et par contre, j'ai commencé là où mon père est décédé, au centre de trait de la gare de
02:36Montparnasse, dans le 14e.
02:40Petit à petit, Nathalie gravit les échelons de la Poste.
02:43Elle passe des concours et commence à monter en grade.
02:46En parallèle, elle devient maman d'un petit garçon en 1992.
02:51Les années passent et au bout de 20 ans d'expérience à la Poste, Nathalie réussit le concours pour devenir
02:57caissière.
02:57La caissière, c'est celle qui s'occupe de l'entrée et de la sortie des fonds.
03:02C'est donc un poste crucial, car c'est sous son contrôle que l'argent transite.
03:07Au travail, Nathalie se sent à l'aise.
03:10J'étais très dynamique, très souriante.
03:14J'ai toujours eu une joie de vivre, toujours un petit mot pour rigoler.
03:19On m'appelait souvent Madame Bigard parce que des fois, j'avais des plaisanteries très en dessous de la ceinture,
03:25un peu genre Bigard.
03:27Par contre, autant je pouvais être dans la rigolade, mais quand il y avait quelque chose de mal fait, tout
03:33ça, j'étais très très sévère.
03:35Ça, je reconnais qu'avec certaines collègues, par moment, j'ai pu être très dure, mais j'allais m'excuser.
03:43Nathalie a donc une place importante au sein de son bureau de poste, à Port d'Italie, dans le 13e
03:48arrondissement de Paris.
03:49Tout se passe bien, mais un jour, un samedi matin d'avril 2009, Nathalie a un mauvais pressentiment.
03:55Le bureau de poste ouvrait à 9h. Moi, je commençais à 8h10.
04:00Il faut savoir que dans un bureau de poste, la caissière ne rentre jamais la première.
04:04Il y a toujours au moins deux personnes qui rentrent avant vous.
04:08Et ce jour-là, j'avais comme un pressentiment, je ne sais pas comment vous dire, c'était très bizarre.
04:15On m'ouvre la première porte, ça se referme.
04:18Et là, ma chef d'équipe, qui était là en renfort ce jour-là, vient et me dit, t'inquiète
04:26pas, Nathalie, t'inquiète pas.
04:27Elle m'attire vers elle et me dit, n'aie pas peur, ça va bien se passer.
04:31Et là, la porte s'ouvre et deux hommes habillés tout en blanc, en combinaison entièrement blanche comme des peintres
04:38de bâtiment, avec des masques.
04:41Un avec une mitrailleuse et l'autre avec un pistolet tout en argent, un gros, gros pistolet.
04:49Ils me disent, vous inquiétez pas, on vous veut pas de mal.
04:53Nous, ce qu'on veut, c'est l'argent.
04:55Vous inquiétez pas, on vous fera pas de mal.
04:57Nathalie pense d'abord à une plaisanterie, mais ça n'en est pas une.
05:01Deux de ses collègues sont déjà attachés au sol.
05:04Et puis là, ils demandent, c'est qui la caissière du bureau ?
05:06Et je lui dis, ben, c'est moi.
05:09C'est moi.
05:10Il me dit donc, ben, vous allez ouvrir les coffres.
05:14Et moi, je commence à lui dire, mais il n'y a rien dans le coffre.
05:20Nathalie leur ment pour essayer de gagner du temps.
05:23Ils ne la croient pas parce qu'ils savent que de l'argent a été livré dans ce bureau de
05:27poste la veille.
05:29Ils obligent Nathalie à ouvrir les coffres.
05:31Mais pour des raisons de sécurité, il faut à chaque fois attendre 25 minutes avant que les portes des coffres
05:37ne s'ouvrent.
05:39Il ne reste plus qu'un de ces comptes à rebours à déclencher.
05:42C'est le coffre de la cuisine, dissimulé dans des tiroirs.
05:46Nathalie essaie de gagner du temps.
05:48Pour pouvoir enclencher ce compteur, il faut taper un code.
05:52Et pour taper ce code, Nathalie a besoin d'une carte qu'elle fait semblant d'oublier.
05:56Et puis là, je dis, oh mince, oui, il me faut la carte.
06:00Donc, allez, on retourne à la caisse.
06:02Donc, il y a des sas, ça fait perdre un peu de temps.
06:05Je retourne, je mets la carte, je fais mon code.
06:08Et hop, 20 minutes.
06:09Au bout d'un moment, le premier coffre finit par s'ouvrir.
06:12Les braqueurs emmènent alors Nathalie pour qu'elle tape le dernier code nécessaire pour ouvrir le coffre.
06:18Il m'appuie l'arme sur la tempe encore plus puissamment.
06:22Et là, je lui dis non, je lui dis non, ça ne va pas être possible.
06:26J'ai dit là, vous risquez de me faire faire un faux code.
06:30Et j'ai dit, si je fais un faux code, non seulement le coffre, il va être automatiquement verrouillé.
06:35Et j'ai dit, ça enverra automatiquement une alarme.
06:39Si vous m'appuyez comme ça sur la tempe, vous me faites perdre mes moyens.
06:45Donc là, il a reculé d'un pas.
06:48Il m'a laissé faire le code.
06:50Et dès que j'ai eu la main sur la clanche pour ouvrir le coffre et que j'ai baissé,
06:56là, il m'a mis un grand coup d'épaule.
06:58Parce qu'il avait tellement peur que je referme.
07:00J'ai valsé dans les étagères où il y avait les produits.
07:04Et il a ouvert.
07:07Dans ce coffre, il n'y a pas grand-chose.
07:09Il y a environ 12 000 euros.
07:11Et là, il se retourne vers moi, mais avec un regard.
07:14Et son regard, je ne l'oublierai jamais, jamais, jamais.
07:17Avec un regard de...
07:19Il avait encore l'espoir du coffre de la cuisine.
07:24Le coffre de la cuisine, c'est le dernier.
07:26Mais sur celui-ci, il y a parfois quelques défaillances.
07:29Et quand Nathalie tape son code, il y a une erreur et le coffre affiche conteneur vide.
07:34Les braqueurs repartent presque bredouilles avec moins de 15 000 euros.
07:39La police arrive et libère Nathalie et ses collègues.
07:41L'inspecteur m'a félicité.
07:44Ah ouais ?
07:45Il m'a dit vous les avez enfumés, carrément.
07:48Il m'a dit parce qu'avec tout ce qu'ils ont dû payer pour avoir toutes les informations,
07:54il m'a dit croyez-moi, ils en sont de leur poche.
07:56Et ça va les amener à refaire un coup très rapidement.
08:01Il m'a dit vraiment vous les avez bien enfumés et c'est ces termes, je me rappellerai toujours.
08:13Pendant le week-end, Nathalie croit avoir des ombres chez elle,
08:16comme s'il y avait quelqu'un dans son appartement.
08:19Mais elle ne s'inquiète pas plus que ça, parce qu'elle est encore sous le coup de l'adrénaline.
08:23Dès le lundi, elle retourne au bureau de poste.
08:26Le lundi, on m'a fait venir que moi, pour remettre au moins les distributeurs en fonction,
08:33et puis aussi détailler la somme dérobée.
08:37Une question l'obsède.
08:39Comment sont entrés et sortis les braqueurs ?
08:42Quand ils se sont enfuis, elle n'a pas entendu les bips que font chaque porte à l'entrée du
08:47bureau de poste,
08:48quand quelqu'un passe.
08:49Quand elle est sur place le lundi, des agents de sécurité de la poste sont là pour enquêter.
08:54Je leur ai demandé si je pouvais venir avec eux, parce que je ne savais pas comment ils étaient entrés
09:01dans ce bureau.
09:02Comment ils étaient entrés tout le week-end, ces fameuses portes là, que je n'avais pas entendu le clic,
09:09ça me hantait.
09:11Je me disais, mais par où ils sont passés ?
09:15Elle apprend alors que les braqueurs sont passés par les caves et ont creusé jusqu'au bureau du directeur.
09:21C'est par là qu'ils sont entrés dans la nuit, avant que ses collègues arrivent.
09:25Et c'est aussi par là qu'ils sont ressortis.
09:28Le mardi, Nathalie retourne travailler.
09:30Elle ne se sent pas très bien, mais elle arrive à tenir la journée.
09:34Le mercredi, quand elle arrive au bureau, elle panique.
09:37Là, je ne sais pas ce qui s'est passé.
09:39Je suis restée figée devant le bureau de poste.
09:42J'avais l'impression que mes pieds s'enfonçaient dans le sol, dans le béton.
09:49Et là, ma chef a vu que j'avais le téléphone à la main.
09:54Je voulais appeler la police pour dire qu'il y avait un braquage.
09:58En fait, je commençais complètement à ne plus être très bien, à ne plus être en phase.
10:04Et elle vient me chercher sur le trottoir.
10:07Et là, je lui dis, non, non, ils sont revenus pour moi.
10:10Ils savent qu'il y avait de l'argent.
10:13On leur a dit, il y a une taupe et tout.
10:15Elle m'a dit, mais non, non, Nathalie, il n'y a rien et tout.
10:18J'ai passé ma matinée à pleurer.
10:21J'ai travaillé comme une automate.
10:24Et je finissais à 13h30.
10:27À 13h, j'ai dit, je me barre.
10:29Je me barre.
10:30Je n'en pouvais plus.
10:31J'ai pris mes transports.
10:32J'ai été voir mon médecin généraliste.
10:34C'était son remplaçant.
10:36J'étais en larmes.
10:37Et là, il m'a dit, je vous mets en accident de travail.
10:45Nathalie ne retourne pas travailler.
10:46Elle s'enferme chez elle, où elle vit avec son fils.
10:49Et puis là, après, je suis rentrée dans la dépression.
10:53Vraiment, j'ai commencé à boire.
10:57Je n'ai pas honte.
10:58Je n'ai pas honte.
10:59J'ai commencé à boire.
11:01J'ai été suivie par un spécialiste en post-traumatique, tout ça,
11:08avec un traitement sévère, lourd et tout.
11:11Mais bon, je buvais.
11:13Je prenais mes cachets.
11:15Moi, ce que je voulais, c'était oublier tout ça.
11:17Et puis, j'avais mon fils.
11:19Il allait sur ses 16 ans quand ça m'est arrivé au mois d'avril.
11:24Nathalie refuse d'être hospitalisée pour ne pas laisser son fils,
11:28qu'elle élève toute seule à ce moment-là.
11:30Mais au bout de quelques années, en 2011,
11:33elle demande une première hospitalisation
11:34parce qu'elle a des idées noires.
11:36Elle a envie de se suicider.
11:38Après cette hospitalisation,
11:40elle se sent un peu mieux
11:41et elle invite une de ses amies chez elle.
11:44Et elle me dit,
11:45« Nathalie, ça ne te dérange pas si je me roule un joint ? »
11:48Moi, je ne connaissais pas.
11:49J'ai dit, « Ben non, vas-y. »
11:51Et puis, elle avait un gros morceau.
11:53Elle commence à l'allumer et tout.
11:54Elle me dit, « Tu veux essayer ? »
11:56J'ai dit, « Ben ouais. »
11:57Je tire une taf.
11:58Ça commence à me monter un peu à la tête.
12:01J'en tire deux.
12:02Et puis, là, elle me va partir à rigoler.
12:05À rigoler, en fait, à me retrouver.
12:08À avoir un rire que j'avais perdu,
12:11que je passais des journées à pleurer,
12:14à écrire mon mal-être.
12:16Et là, je rigolais.
12:18Et là, tout de suite, j'appelle mon fils.
12:20Et là, mon fils, il me dit,
12:21« Oh là là, maman, t'es bizarre, toi. »
12:25J'ai dit, « Ouais. »
12:26Je viens de tirer sur un joint.
12:28Il me dit, « Ah ouais. »
12:30Il me dit, « Mais t'as vu ça où ? »
12:31Je dis, « Ah, t'inquiète, t'inquiète. »
12:33T'inquiète.
12:33Et puis, elle me laisse le joint.
12:36« Ah, ben ouais. »
12:37Il m'a fait la soirée.
12:38« Ah, ben j'étais bien. »
12:40Le lendemain, je l'appelle.
12:42Et je lui dis, « Karine, est-ce que tu pourrais pas m'en préparer ? »
12:47Je te paye, quoi, je te... Voilà.
12:49Et puis là, ben, j'étais rentrée dedans.
12:51Donc, joint, alcool, médicaments.
12:55Nathalie souffre d'un syndrome post-traumatique
12:58et entre dans une profonde solitude.
13:00À un moment donné,
13:01je refusais tout contact avec mes proches.
13:04J'envoyais des textos à ma mère en lui disant,
13:07« Excuse-moi, maman, c'est pas contre toi,
13:08mais je ne veux pas parler.
13:10Je suis trop mal.
13:12Je devais te faire du mal.
13:13Je ne veux pas te parler. »
13:15J'avais tellement mal en moi
13:17que je trouvais que déjà, mon fils,
13:20c'était déjà pas mal, quoi.
13:22Et je tiens à dire quand même
13:23que si mon fils n'avait pas été auprès de moi,
13:27il n'y aurait plus de Nathalie pour témoigner.
13:30Il y a des fois, il me secouait.
13:31Il me disait, « Mais maman, maman, arrête, arrête.
13:34Je vais te quitter.
13:35J'en peux plus.
13:36Tu fais rien de tes journées.
13:38Tu te lèves, tu te roules un joint.
13:40Tu fais rien.
13:41Tu t'es une loque.
13:42Tu te laves plus.
13:44Tu t'habilles plus.
13:46Tu fais plus rien et tout, quoi. »
13:48Donc, c'est vrai que pour lui,
13:50ça a été très, très dur.
13:51Très, très dur.
13:52Du jour au lendemain,
13:53elle refuse de s'alimenter.
13:55Elle veut en finir.
13:56« Je vais faire de la peine à mon fils.
13:57J'en suis consciente.
13:58Mais moi, je ne peux plus vivre comme ça.
14:01J'ai trop mal.
14:02Donc, je ne m'alimentais plus.
14:04Mais je continuais mes médicaments.
14:06Je continuais mon alcool.
14:08Et je continuais surtout le juin.
14:10Jusqu'au jour où j'ai appelé ma maman.
14:13Un samedi, j'ai dit,
14:15« Maman, il faut que tu viennes. »
14:16Et elle est venue avec ma sœur.
14:18Et là, quand elle m'a vue,
14:20elle a été choquée, quoi.
14:22J'avais perdu...
14:24À l'époque, c'était la saison des cerises et tout.
14:27Elle savait que j'adorais les cerises.
14:30Elle était venue avec des cerises.
14:32Ma sœur, elle avait été en bas
14:34à chercher des glaces et tout.
14:35Mais rien, rien, rien, rien, rien, rien.
14:37Et je buvais, je buvais.
14:39Je leur ai fait passer une nuit de calvaire, de calvaire.
14:44Je voyais le GIPN entourer ma maison.
14:47J'allais me coucher.
14:48Je griffais ma mère.
14:50J'hurlais.
14:51J'appelais mon fils alors qu'il était en Espagne.
14:53J'harcelais ses copains
14:55parce que j'étais persuadée
14:56que mon fils on l'avait kidnappé.
14:58J'ai fait une paranoïa.
14:59Et le lundi, avant de partir,
15:02j'ai dit, maman, pars pas, s'il te plaît.
15:04Pars pas.
15:04Pars pas.
15:09Sa mère décide de l'interner de force
15:11dans un hôpital psychiatrique.
15:14Petit à petit, elle recommence à manger.
15:16Au bout de quelques semaines,
15:18Nathalie peut rentrer chez elle.
15:20Mais pendant encore des années,
15:21elle souffre de dépression.
15:23Et pendant cette période difficile,
15:25Nathalie se sent abandonnée par la poste.
15:27Elle regrette de ne pas avoir eu
15:29de suivi psychologique après le braquage.
15:31Pour moi, la poste, c'était ma deuxième famille.
15:34Je suis rentrée 17 ans et demi.
15:36J'ai tout donné.
15:37Je compte pas les heures supplémentaires
15:39que j'ai faites à la poste.
15:40Je compte pas le dévouement que j'ai eu
15:42quand j'étais en congé
15:44et que mes collègues qui me remplaçaient à la caisse
15:46avaient des embêtements,
15:49qui galéraient.
15:50Je leur disais, appelez-moi,
15:51je peux vous aider, je vous aide.
15:54Alors j'en fais énormément à la poste.
15:59Nathalie a essayé plusieurs fois
16:01de reprendre le travail,
16:02mais elle n'y arrive pas.
16:03Elle ne supporte plus
16:04d'être dans les transports en commun.
16:06À cette période,
16:08Nathalie décide d'entamer une thérapie.
16:10Pendant 10 ans,
16:11elle est en accident du travail.
16:12Et puis d'après Nathalie,
16:14la poste la met en retraite en 2020
16:15sans lui demander son accord.
16:18Au bout de quelques années,
16:19elle parvient à arrêter le cannabis.
16:21Et en janvier 2019,
16:23elle arrête ses médicaments,
16:25sauf ceux qui l'aident à dormir.
16:26Car cette journée d'avril 2009,
16:29la honte encore pendant la nuit.
16:30Je ne peux plus dormir
16:33sans avoir le son de quelque chose.
16:37Il me faut le son de la télé
16:39pour pouvoir m'endormir.
16:41Je ne supporte pas le silence.
16:43Le silence, pour moi,
16:44j'entends tous les bruits.
16:46Et ça revient, en fait,
16:48au jour du braquage
16:49où je n'entendais pas
16:51ces fameux bips des portes.
16:54Il faut toujours que j'ai du son.
16:56La télé allumée,
16:58je la programme.
16:59Des fois, quand je n'arrive pas à dormir,
17:01je la remets.
17:02Puis il y a des fois,
17:03il m'arrive de faire
17:03des nuits blanches aussi.
17:05Donc, malgré le traitement,
17:07je sais très bien
17:08qu'à un moment donné,
17:09il va falloir que je me libère de ça.
17:10Mais je n'arrive pas.
17:25Barbara, dans ton sujet,
17:26tu n'évoques pas de procès.
17:28Les auteurs de ce braquage,
17:29braquage qui a fait basculer
17:31la vie de Nathalie,
17:32n'ont pas été retrouvés ?
17:33Non, personne n'a été inculpé
17:34dans cette affaire.
17:35Par contre, la police judiciaire
17:37a tout de suite fait le rapprochement
17:38entre le mode opératoire
17:40de ces braqueurs
17:41et celui du gang des termites.
17:42Un gang qui passait par les sous-sols
17:44pour faire des braquages.
17:45Et ces braquages avaient souvent lieu
17:47dans des bureaux de poste,
17:48principalement à Marseille
17:50et en région parisienne.
17:51Pour ces braquages,
17:52ils ont été condamnés à des peines
17:53entre 5 et 17 ans de prison en 2013.
17:55Mais donc, les membres du gang des termites
17:57n'ont pas été inquiétés
17:58pour l'affaire qui concerne Nathalie ?
18:01Non, même si la police judiciaire
18:03les a soupçonnés,
18:04ils n'ont jamais avoué.
18:05Et Nathalie, elle par contre,
18:07est persuadée que ce sont eux
18:08qui ont braqué le bureau de poste
18:10où elle travaillait.
18:11Merci Barbara Agoui
18:13et merci à Thomas Dicquattreau
18:14pour son aide.
18:15Cet épisode de Code Source
18:16a été produit par
18:17Clara Garnier-Amourou,
18:19Thibaut Lambert
18:19et Pénélope Gualquierotti.
18:21Réalisation,
18:22Pierre Chafonjon.
18:23Code Source est le podcast
18:24quotidien d'actualité du Parisien.
18:27N'oubliez pas Crime Story,
18:28chaque samedi,
18:29une affaire criminelle
18:29racontée par Claudia Prolongeau
18:31avec Damien Delsenny,
18:33le chef du service
18:33police-justice du Parisien.
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