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Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 août 1983, sept personnes sont froidement abattues dans un hôtel de la cité des papes, en plein festival. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network.

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Transcription
00:02Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast faits divers du Parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:13Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:21Un couple et ses quatre enfants ont disparu. L'enquête se vante aujourd'hui vers un geste criminel.
00:26Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du Parisien, Damien Delsenis.
00:37Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:39Aujourd'hui dans Crime Story, la tuerie du Sofitel d'Avignon.
00:42Août 1983, Avignon, le festival, une nuit d'été, un hôtel de luxe et un bain de sang inimaginable.
00:53En 1983, Jean-Michel André va avoir 7 ans.
00:57C'est un petit garçon plutôt heureux et très choyé.
01:00Grâce au travail de diplomate de son père, Lucien André, 60 ans, il a déjà beaucoup voyagé.
01:05Sa petite enfance s'est déroulée au Sénégal et il passe désormais beaucoup de temps à Sarbrück,
01:10une ville allemande située à la frontière française, près de Forbach, où son père est consul de France.
01:16Le jeudi 4 août 1983, Jean-Michel est avec Lucien sur la route des vacances pour la Corse.
01:22Dans la voiture, il y a également la nouvelle compagne de son père, Geneviève Dupont, 45 ans,
01:28et la fille de cette dernière, à peu près du même âge que Jean-Michel.
01:32En fin de journée, la voiture qui transporte les 4 voyageurs est aux alentours d'Avignon, dans le Vaucluse.
01:38Encore très loin donc de la destination finale.
01:42Les parents ont prévu une halte pour la nuit et ont réservé une chambre dans un hôtel d'Aix-en
01:47-Provence, à 90 km.
01:49Ils sont seulement à une heure de route.
01:51Mais les enfants sont fatigués, Geneviève aussi.
01:54Finalement, la famille décide de s'arrêter à l'hôtel Sofitel du Pont d'Avignon,
01:58dans le quartier de La Balance, au pied du Palais des Papes, la plus grande construction gothique du Moyen-Âge.
02:06Petit aperçu de la grande kermesse du Hof sur la place de l'horloge à Avignon,
02:10portraitiste, équilibriste, musicien, distributeur de tracts.
02:13Nous sommes le jeudi 4 août, et le célèbre festival d'Avignon bat son plein.
02:18Comme chaque année, les grands noms du théâtre français sont réunis dans cette ville du sud de la France
02:22pour présenter aux professionnels et aux amateurs du genre les spectacles de la saison à venir.
02:28Cette année, il y a également Pina Bosch, la célèbre danseuse et chorégraphe allemande,
02:33qui vient de donner à voir deux représentations qui ont marqué les esprits.
02:37Elles auraient d'ailleurs dû rester les moments les plus forts de ce festival 1984.
02:44Mais un autre événement va venir les éclipser.
02:49Une fois garés dans Avignon, Lucien André et Geneviève Dupont se dirigent vers le Sofitel,
02:54un établissement haut de gamme dans lequel il reste des chambres libres.
02:59Ils en réservent deux, une pour eux, la numéro 209, et une pour leurs deux enfants, la numéro 207.
03:08Jean-Michel et sa demi-sœur s'endorment rapidement.
03:15A 3h32 du matin précisément, la sonnerie du téléphone du commissariat d'Avignon retentit.
03:21Au bout du fil, une femme qui se présente comme une cliente de l'hôtel Sofitel-Pont d'Avignon.
03:27Elle dit avoir entendu depuis sa chambre des sons qui ressemblent à des détonations.
03:32Il y a aussi eu des cris et d'autres bruits.
03:35Elle a peur.
03:36Le commissariat décide d'envoyer deux patrouilles sur place.
03:40En attendant qu'ils arrivent, les clients de l'hôtel commencent à sortir de leur chambre, les uns après les
03:45autres.
03:46Ils s'interpellent.
03:48Quelqu'un sait-il ce qu'il s'est passé ?
03:50Dans la chambre 207, Jean-Michel et sa demi-sœur sont réveillés par des cris.
03:59Damien, les policiers arrivent sur place quelques minutes plus tard.
04:02Deux voitures de police, six agents à l'intérieur qui vont arriver devant l'hôtel, devant l'entrée principale qui
04:09se situe au bout d'une petite impasse.
04:11L'hôtel est évidemment ouvert, mais il n'y a personne à la réception.
04:15Pas de veilleur de nuit, rien.
04:17Au rez-de-chaussée, pas de bruit.
04:19Donc, on a l'impression que l'hôtel est vide.
04:21Enfin, en tout cas, le rez-de-chaussée est vide.
04:22Tout le monde semble être parti précipitamment.
04:24Pendant que des agents entrent dans l'hôtel, d'autres font le tour du bâtiment.
04:29Oui, c'est logique. Certains des policiers vont rentrer par l'entrée principale et d'autres vont passer par derrière.
04:35Et là, ceux qui passent par derrière aperçoivent deux hommes qui sautent depuis la fenêtre du deuxième étage,
04:41la fenêtre d'une chambre qui se trouve être la chambre 209.
04:44Ces deux hommes, ils font quand même une chute de 5 mètres.
04:47Et ils vont tomber, rebondir sur le capot d'une voiture, une Golfe qui est garée juste en dessous de
04:52ces fenêtres.
04:53Les policiers vont donc partir à la poursuite de ces deux hommes.
04:57Et après quelques secondes d'une petite course-poursuite dans les ruelles d'Avignon,
05:01ils attrapent un des deux hommes qui a sauté pour le maîtriser.
05:05D'ailleurs, un des gardiens de la paix, qui est un homme qui fait du karaté dans le civil,
05:08va faire une prise de karaté à cet homme et il va le maîtriser.
05:11L'autre, par contre, arrive à partir en courant.
05:15Celui qu'ils ont arrêté est déjà connu des services de police.
05:18Alors, il est même très très connu et il est recherché par tous les services de police et de gendarmerie
05:23de France.
05:23Pourquoi ? Parce que cet homme qui s'appelle Jean Roussel est un repris de justice avignonnet de 38 ans,
05:30mais surtout, c'est un prisonnier en cavale.
05:32Il était détenu à la prison de Clairvaux, la prison centrale de Clairvaux dans l'Aube, depuis 9 ans.
05:37Et il a bénéficié d'une permission de 6 jours, une permission de sortie,
05:42qui avait démarré le 26 juillet 1983, donc quelques jours plus tôt.
05:46Il avait eu cette permission pour aller à Barbantane, dans les Bouches-du-Rhône,
05:51qui est son fief en quelque sorte, pour visiter sa mère gravement malade.
05:55Il devait réintégrer la prison de Clairvaux 31 juillet au soir.
05:59Il n'est jamais revenu, donc il est considéré comme un prisonnier en cavale.
06:03Au moment où les policiers l'arrêtent, il a dans la main un pistolet.
06:06Oui, un Luger P08 de calibre 9 mm, dont le chargeur a été entièrement vidé.
06:12Il va d'ailleurs dire aux policiers qui l'arrêtent « Dommage que je n'ai plus de cartouche, sans
06:17cela, c'était la guerre ».
06:19Les policiers ne comprennent pas tout de suite cette réflexion.
06:22Ils ne vont pas la comprendre avant d'avoir vu et d'avoir constaté ce qu'il vient de se
06:27passer dans le Sofitel d'Avignon.
06:32Pendant ce temps, dans l'hôtel, les autres policiers montent doucement dans les étages,
06:36en empruntant les escaliers et avec leur arme pointée devant eux.
06:40En arrivant au deuxième étage, ils découvrent un véritable carnage.
06:45Chambre 201, le chef barman de l'hôtel, Pierre Ancinelli, 25 ans,
06:50a été abattu d'un coup de fusil de chasse dans une salle de bain.
06:53Puis il a été égorgé.
06:54Son collègue, le bagagiste René Poul, un Hollandais de 28 ans,
06:59a subi le même sort, dans la chambre 214 de l'autre côté du couloir.
07:04De l'endroit où se tiennent les policiers,
07:06on voit nettement que la porte de la chambre 209 est maculée de sang.
07:11Les agents entrent et découvrent cinq autres personnes exécutées.
07:15La réceptionniste, hollandaise elle aussi, Nicole Van Buren,
07:18âgée de 23 ans, a pris une balle en pleine tête.
07:21Tout comme le pianiste, embauché comme intérimaire dans l'hôtel,
07:25Jean Arrognan, 31 ans.
07:28Plus loin, une cliente a été abattue,
07:30une programmatrice pour la marque Télé-Tel,
07:32en mission au Festival d'Avignon, Agnès Buys, 31 ans elle aussi,
07:36et qui était la compagne du pianiste.
07:39Enfin, ce sont les corps sans vie de Lucien André
07:42et Geneviève Dupont que l'on retrouve,
07:44le père et la belle-mère du petit Jean-Michel,
07:47ceux qui avaient réservé cette chambre 209.
07:50Dans la pièce d'à côté, les enfants sont choqués, mais indemnes.
07:55Est-ce la venue du consul dans cet hôtel
07:57qui a poussé les malfrats à monter cette opération d'ampleur ?
08:00Avait-il pour mission de faire disparaître le diplomate et sa famille ?
08:06C'est la première piste étudiée par le SRPJ de Montpellier
08:10et la section de recherche de la gendarmerie d'Aix-en-Provence
08:13qui se voit conjointement confier l'enquête.
08:15Mais cette piste est refermée au bout de quelques heures,
08:18quand les enquêteurs comprennent que rien ne pouvait laisser présager
08:22de la présence de la famille dans cet hôtel ce soir-là,
08:25puisque Lucien André et Geneviève Dupont
08:27avaient prévu de dormir à Aix-en-Provence avec leurs enfants.
08:31Alors pourquoi le Sofitel a-t-il été ciblé en particulier ?
08:39Au lever du jour, alors que les corps des victimes abattues dans l'hôtel
08:43sont transportés pour analyse,
08:44les policiers découvrent en face de l'entrée principale de l'hôtel
08:48une voiture garée dont l'homme qu'ils ont arrêté, Jean Roussel, avait les clés.
08:52C'est une voiture de la marque Opel
08:54qui a été volée la veille à 25 km de là, à Cavaillon.
08:59A l'intérieur, il y a une sacoche contenant des papiers d'identité.
09:04Ils sont au nom de Jacques Gouttenoir.
09:09Damien, Jacques Gouttenoir est lui aussi connu des services de police.
09:13Quand les policiers vont le passer au fichier,
09:15ils vont s'apercevoir que Jacques Gouttenoir,
09:17c'est un proxénète de 39 ans qui appartient au milieu lyonnais.
09:21Il pense que c'est donc l'autre homme qui a sauté par la fenêtre
09:25avec Jean Roussel aux alentours de 3h du matin,
09:28qui a rebondi lui aussi sur le capot de la Volkswagen
09:31qui était garé sous les fenêtres.
09:32Il semble s'être blessé au talon ou à la cheville en sautant,
09:36mais il a quand même réussi à échapper aux policiers.
09:38Et on ne sait pas à cette heure-là ce qu'il est devenu.
09:41Mais pour les enquêteurs, il a évidemment joué un rôle central
09:44dans le casse et dans le braquage.
09:46Il faut donc le retrouver.
09:47Le massacre, car il n'y a pas d'autre mot,
09:50s'est produit tôt ce matin à Avignon
09:51où l'on ne comprend toujours pas ce comportement irrationnel.
09:55Je vous préviens tout de suite,
09:57les images que vous allez voir sont quelquefois difficiles à soutenir,
10:00mais elles ne font que rappeler une réalité.
10:04Le lendemain, le samedi 6 août,
10:06la photo du hall de l'hôtel avec les 7 corps enroulés dans des draps blancs
10:10s'affiche dans la presse.
10:12La Provence, le journal local, va titrer en une
10:14Carnage à l'hôtel, Paris Match va titrer Avignon, deux points, le carnage.
10:19Donc évidemment, l'émotion, elle est nationale.
10:21Elle est tellement nationale qu'une grande partie de la presse
10:24va aussi s'en prendre à Robert Badinter,
10:27le ministre de la Justice et le garde des Sceaux.
10:29Alors, petit rappel historique, on est en 1983.
10:33Robert Badinter et garde des Sceaux depuis deux ans,
10:35depuis 1981 et l'élection de François Mitterrand.
10:38On est quand même à l'époque, simplement à peine deux ans
10:41après l'abolition de la peine de mort,
10:43qui a déjà profondément divisé le pays entre ceux qui étaient pour la peine de mort
10:48et ceux qui étaient contre.
10:49Et Robert Badinter, hasard du calendrier,
10:52a présenté, deux jours avant la tuerie du Sofitel d'Avignon,
10:56un projet de loi très ambitieux sur la refonte
10:59de l'aménagement des peines, des libérations conditionnelles,
11:02des permissions de sortie.
11:03Et on s'aperçoit que l'un des auteurs, au moins, de la tuerie du Sofitel
11:07est justement un détenu, un détenu dangereux,
11:11un détenu condamné à une lourde peine,
11:12qui a bénéficié d'une libération de sortie de quelques jours
11:15et qui n'est pas rentré en prison.
11:17Donc, évidemment, une partie de l'opinion, une partie de la presse,
11:20s'en prend ouvertement à Badinter en disant,
11:22voilà, votre projet de faciliter les libérations conditionnelles,
11:25ça donne ça, ça donne des truands qui sont dehors
11:28et qui vont tuer des gens dans les hôtels.
11:30Donc, il y a une très forte campagne de presse.
11:32Il y a des manifestations aussi qui rendent Badinter,
11:34en quelque sorte, responsable de la tuerie du Sofitel.
11:37En fait, depuis quelques mois,
11:39les hôtels sont particulièrement ciblés par les cambriolages.
11:42Alors, ça va des petits établissements de province
11:44qui ne sont pas très sécurisés, évidemment,
11:46aux palaces un peu plus luxueux
11:48qui abritent aussi éventuellement plus de clients fortunés,
11:51donc plus de richesses.
11:52Ils sont plus sécurisés, évidemment, que les hôtels de province,
11:55mais il y a quand même une vague d'attaques
11:57contre les hôtels en France à ce moment-là.
11:59Le lendemain toujours, le samedi 6 août,
12:02un corps criblé de balles est repêché dans un canal.
12:05Ce corps, c'est celui d'un homme.
12:07Il est nu.
12:07Il a été tué par plusieurs balles de calibre 9 mm.
12:12Et les enquêteurs vont penser assez vite
12:14qu'il y a un lien entre ce corps découvert à 30 km d'Avignon
12:17et la tuerie qui s'est déroulée la nuit précédente dans le Sofitel.
12:22Et ils ont raison,
12:22parce que le corps, c'est celui de Jacques Gouttenoir,
12:26l'homme qui a sauté par la fenêtre quelques heures auparavant
12:28de la chambre 209 du Sofitel.
12:31Et Jean Roussel, celui qui a été interpellé sur place,
12:34va confirmer que c'est bien Jacques Gouttenoir.
12:38Jacques Gouttenoir et Jean Roussel se connaissent
12:41car ils appartiennent tous les deux au milieu, comme on dit.
12:44Le premier, c'est via Lyon.
12:46Le deuxième, à Avignon.
12:48Jean Roussel est né à Avignon 38 ans plus tôt,
12:51dans une famille bien implantée dans le Vaucluse
12:53et dont les spécialités sont les braquages et le proxénétisme.
12:57Avec ses frères, Vincent, 35 ans, et Roger, 33 ans,
13:02ils organisent au début des années 70 de multiples attaques à main armée.
13:06Après une condamnation par le tribunal correctionnel de Nîmes
13:09et une libération, Jean Roussel récidive à quatre reprises.
13:14En 1976, le trio est arrêté à Grenoble.
13:18Jean Roussel est condamné par la cour d'assises de l'Isère
13:20à 15 ans de réclusion criminelle.
13:24Depuis le 31 juillet 1984, il était en cavale.
13:28L'équipe du SRPJ de Montpellier se concentre sur ce qu'elle appelle
13:32le travail souterrain.
13:33Les agents tâchent d'établir avec minutie
13:36toutes les relations de Jean Roussel et Jacques Goutte-Noir
13:39et de reconstituer précisément leurs emplois du temps
13:42les jours précédant l'attaque du Sofitel.
13:45Et le scénario précis de la tuerie est reconstitué.
13:52Vendredi 5 août, vers 3h30 du matin,
13:55trois hommes au moins, armés jusqu'aux dents,
13:57descendent d'une Volkswagen noire
13:58qui vient de se garer devant le Sofitel.
14:01Récemment rénové, l'établissement haut de gamme
14:04comprend 86 chambres,
14:06dont les deux tiers sont occupés cette nuit-là.
14:08Au deuxième étage, il y a une vingtaine de personnes.
14:12À visage découvert,
14:14les hommes braquent la réceptionniste Nicole Van Buren
14:16et le bagagiste René Poul.
14:18Deux Hollandais, embauchés depuis deux ans.
14:21Brandissant un fusil à pompe et deux pistolets,
14:24il leur intime l'ordre de les conduire
14:26dans la salle des coffres, toute proche.
14:28À l'aide d'un pied de biche,
14:30ils tentent de forcer les coffres
14:31et finissent par en ouvrir un.
14:33Mais à l'intérieur, uniquement des documents.
14:36Ça ne les intéresse pas.
14:38Sans les clés, ils ne pourront pas faire plus.
14:40Or, le seul à les avoir est le directeur de l'hôtel.
14:45Et ils se trouvent au deuxième étage.
14:47Les malfrats prennent donc la décision de monter.
14:50Entre-temps, alertés par le bruit,
14:53le pianiste du bar, Jean Arrognan,
14:55et sa fiancée Agnès Buys,
14:56ainsi que le barman, Pierre Ancinelli,
14:59font irruption.
15:00Les malfrats les braquent
15:01et les obligent à monter avec eux jusqu'au deuxième étage,
15:04bras en l'air.
15:05Avec leurs cinq otages, donc,
15:07les brigands s'engagent dans le couloir
15:08qui mène à la chambre du directeur.
15:11Soudain, une porte s'ouvre.
15:13C'est celle de la chambre 209,
15:15où dormaient depuis quelques heures
15:16Jean André, le consul,
15:18et Geneviève Dupont, sa compagne.
15:20Ils ont entendu du bruit
15:22et s'en inquiètent.
15:24Il semblerait qu'après cela,
15:25les cambrioleurs forcent le consul
15:27et sa compagne
15:28à regagner leur chambre
15:29accompagnée de trois otages,
15:31la réceptionniste,
15:32le pianiste
15:33et sa fiancée.
15:35Ils y sont tous froidement abattus,
15:36d'une balle dans la tête,
15:38probablement parce qu'ils ont vu
15:39le visage de leurs agresseurs.
15:42Se retournant vers les deux derniers otages,
15:44le bagagiste et le barman,
15:46les bandits les exécutent
15:47dans deux autres chambres,
15:49vides,
15:49la 214
15:50et la 201.
15:52Le barman,
15:53ayant tenté de s'échapper,
15:55sera retrouvé mort
15:56dans les toilettes de la chambre.
15:57Puis les tueurs abandonnent leurs armes
15:59dans la chambre 209
16:01et deux d'entre eux
16:02se dirigent vers la fenêtre.
16:03Ils sautent dans la rue
16:04au moment où les policiers,
16:06alertés par une cliente de l'hôtel,
16:08arrivent sur place.
16:09Quelques heures plus tard,
16:11le jour s'est levé
16:12et dans le hall du Sofitel,
16:14il ne reste qu'un petit garçon
16:15de 6 ans et demi
16:16qui ne cesse de pleurer,
16:18de demander son père
16:19et de rappeler
16:20qu'il devait partir en Corse aujourd'hui.
16:25Damien, la piste privilégiée
16:27est donc à ce stade
16:28celle du braquage
16:29qui a mal tourné.
16:30Oui, c'est la thèse principale.
16:32Pourquoi ?
16:32Parce que la personne interpellée,
16:34en l'occurrence Roussel,
16:35est un braqueur professionnel.
16:36C'est aussi parce que
16:38dès qu'ils sont arrivés
16:39dans le hall du Sofitel,
16:40ils ont commencé par demander
16:41où se trouvait la salle des coffres.
16:43Une salle des coffres
16:44qui avait d'ailleurs été aménagée
16:45avec environ 24 coffres
16:46dans cette salle.
16:47Alors pourquoi il y a
16:48une salle des coffres
16:49dans un hôtel ?
16:49Ça peut paraître surprenant,
16:50mais parfois,
16:51certains clients
16:51ont besoin d'y stocker
16:53un certain nombre de valeurs
16:54ou de bijoux
16:54qu'ils estiment plus en sécurité
16:56dans une salle des coffres
16:57que dans leur chambre.
16:58Donc les policiers estiment
16:59que le profil des braqueurs
17:02plus le fait qu'ils s'intéressent
17:04tout de suite à la salle des coffres
17:05fait qu'on est plutôt
17:06sur un mobile crapuleux.
17:09Même si, on l'a dit,
17:10le SRPG de Montpellier
17:11s'est aussi posé la question
17:13de la présence
17:14de ce consul de France
17:15dans l'hôtel.
17:16Peut-être que c'était lui
17:17qui était aussi une cible,
17:18mais ça paraît quand même
17:19beaucoup plus filandreux
17:20comme hypothèse.
17:21Il y a aussi une autre piste
17:23qui va arriver aux oreilles
17:24des enquêteurs,
17:25celle d'un conflit
17:26entre différents propriétaires
17:28d'hôtels.
17:28Il y a un climat
17:28qui n'est pas très bon
17:29à l'époque,
17:30donc c'est aussi une piste
17:31qu'on ait voulu s'en prendre
17:32à ce Sofitel
17:33qui venait d'être rénové
17:34dans le cadre
17:35d'une concurrence
17:35un peu néfaste.
17:36Mais les enquêteurs
17:38pensent vraiment
17:39qu'il s'agit d'un braquage,
17:40mais d'un braquage
17:41qui a considérablement dégénéré.
17:44Le bilan est quand même
17:45tout à fait hallucinant
17:46pour ce type d'opération.
17:48Est-ce qu'on est sûr
17:49que les braqueurs étaient trois ?
17:51On sait que cinq armes
17:52ont été utilisées.
17:54Le Luger P08
17:55de calibre 9 mm
17:56retrouvé en possession
17:57de Roussel
17:58après qu'il a sauté
17:59par la fenêtre de la chambre.
18:00On sait aussi
18:01qu'un fusil à canoncier
18:03de 12 mm
18:04a été utilisé
18:05pour abattre
18:06les victimes
18:06des chambres 214 et 201
18:08et un pistolet
18:10Imberti
18:10de calibre Magnum 357
18:12à deux canons superposés.
18:14Celui-là
18:15n'était semble-t-il
18:16pas en état de fonctionner.
18:18Une autre arme
18:19a semble-t-il été
18:20emportée
18:20par les tueurs
18:21et d'après les douilles
18:23qui ont été retrouvées
18:24il s'agit
18:24d'un 9 mm.
18:26Il y a aussi
18:26un couteau
18:27au pinel
18:27de 10 cm
18:28avec une lame
18:29de 10 cm
18:30qui a été utilisée.
18:31On le sait
18:31il y a des victimes
18:32qui ont été
18:32non seulement
18:33visées par des tirs
18:34mais aussi égorgées.
18:36On sait donc
18:36que sur place
18:37il y avait
18:37à minima
18:38Jean Roussel
18:39qui est interpellé
18:39en flagrant délit
18:40et Jacques Gouttenoir
18:42qui est l'autre
18:42homme qui a sauté
18:43par la fenêtre
18:44qui a été retrouvé
18:45mort le lendemain
18:46dans un canal.
18:46Donc au vu
18:48de tous ces éléments
18:48on sait que
18:49Roussel et Gouttenoir
18:50ils ne peuvent pas
18:50être les deux seuls
18:51à avoir fait cette opération.
18:53Il y a forcément
18:53à minima
18:54un troisième homme
18:55non identifié
18:56à ce stade.
18:57Et la question
18:58évidemment
18:59qui hante les esprits
19:00c'est qui peut bien être
19:01ce troisième homme ?
19:02Et les enquêteurs
19:03pensent que ce troisième homme
19:04est lui aussi
19:05issu du milieu lyonnais.
19:07Exactement
19:07ils vont dresser
19:08un portrait robot
19:09grâce à plusieurs témoignages
19:11de clients
19:12qui étaient dans l'hôtel
19:13ou près de l'hôtel
19:14et qui vont être entendus
19:15juste après la tuerie
19:16ils vont décrire
19:17un homme plutôt jeune
19:18de petite taille
19:19portant des lunettes
19:20et qui pourrait correspondre
19:22au signalement
19:22d'un des fuyards.
19:23Les enquêteurs
19:24vont encore chercher
19:25plusieurs semaines
19:26avant de retrouver
19:27la trace
19:28de ce potentiel complice
19:30et de pouvoir identifier
19:32tous ceux
19:32qui ont participé
19:33au massacre.
19:37Vous venez d'écouter
19:38le premier épisode
19:39de Crime Story
19:40La tuerie
19:41du Sofitel d'Avignon
19:42Suite et fin de ce podcast
19:44dans le deuxième épisode
19:45déjà disponible
19:46sur toutes les plateformes
19:47d'écoute
19:48et sur leparisien.fr
19:49Crime Story
19:51est le podcast
19:52fait divers du Parisien.
19:53Au revoir.
19:55Au revoir.
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