- il y a 9 heures
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Timide et discret, le présentateur antistar de «Quotidien», Yann Barthès, incarne l’émission phare de TMC qui bat des records d’audiences. Portrait.
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00:00Bonjour, je suis Clara Garnier-Amourou et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:13Son émission bat des records d'audience.
00:161 700 000 fidèles en moyenne, 300 000 nouveaux téléspectateurs sur un an.
00:20Quotidien, l'émission de Yann Barthès sur TMC se porte très bien.
00:24La recette marche, un ton impertinent et décalé, des questions poil à gratter, mais tout ça contraste avec un présentateur
00:32anti-star, timide et discret.
00:35Aujourd'hui dans Code Source, on vous raconte le succès de Yann Barthès avec Benoît Daragon et François Rousseau, spécialiste
00:41média au Parisien.
00:50Il est là le ciel de Paris, bienvenue dans Cotidien, saison 4.
00:57En 15 ans, Yann Barthès est devenu une star du petit écran, mais il est très discret sur sa vie
01:01privée.
01:02Benoît Daragon, qu'est-ce qu'on sait de lui ?
01:04On ne sait pas grand-chose justement, parce qu'il refuse de parler de sa vie privée.
01:09Il n'accepte qu'une interview par an en général au moment de la rentrée.
01:12On sait qu'il est né en 1974 à Chambéry.
01:15Sa mère travaille dans une office notariale, son père est cheminot, comme son frère d'ailleurs.
01:20On sait qu'il a fait ses études dans le public et qu'après il est parti à Bordeaux faire
01:23un doc d'anglais.
01:24C'est à peu près les seules choses qu'on connaît de l'enfance de Yann Barthès,
01:28qui est très avare de confidence, qui n'aime pas ça, qui n'aime pas se raconter.
01:32Et donc voilà, sa bio de ses 20 premières années est très maigre.
01:37Est-ce qu'on sait quand même si pendant son enfance, il regarde beaucoup la télé ?
01:40Il raconte souvent qu'il regardait Christine O'Krent quand elle faisait le journal télévisé sur Antenne 2.
01:45Il doit avoir une dizaine d'années.
01:47Il dit qu'il a pleuré quand elle est partie, quand elle a décidé de quitter le journal télévisé.
01:52Et après, il a très vite eu envie d'être caméraman, de travailler l'image, il fait de la photo.
01:57Donc il a toujours été un peu intéressé par ces sujets-là.
02:00Il étudie donc d'abord l'anglais, avant de s'orienter un peu par hasard vers une école de journalisme.
02:06Exactement, et il prendra notamment des cours de sémiologie de l'image, ça veut dire d'analyse des images, de
02:10la communication.
02:11Quelque chose qu'il va utiliser après dans ses émissions, parce que c'est ça qui l'a rendu célèbre.
02:15C'est d'arriver à voir dans des séquences qu'on va voir dans des journaux télévisés,
02:18les petites choses un peu savoureuses qu'il va pouvoir monter en épingle.
02:21À 25 ans, il entre à Canal+, mais par la petite porte.
02:24Oui, il décroche un stage au service de presse de Canal+.
02:28En fait, il fait la revue de presse, c'est-à-dire que quand le patron de Canal+, arrive
02:30le matin de bonne heure,
02:31il lui faut sur son bureau une petite revue de presse avec tous les articles qui ont été écrits sur
02:36le groupe Canal+,
02:37et puis sur la concurrence, pour qu'il ait une idée de ce qui se dit dans le milieu des
02:41médias.
02:42Et donc voilà, c'est ce que fait le petit Yann Barthez le matin.
02:45Et ça lui plaît de chercher des petits trucs marrants qui pouvaient amuser les patrons de Canal.
02:50Petit à petit, il va donc gravir les échelons et il va passer d'émission en émission.
02:54C'est ça, sa première expérience, c'est à Plus Claire, qui était un magazine média,
02:57qui décryptait d'abord, il calait les invités, il était ce qu'on appelle en télévision, programmateur.
03:01Et puis après, il va faire une chronique, un magnéto, où déjà il va revenir sur la semaine média,
03:06avec déjà un petit ton ironique, un peu poil à gratter, un peu sale gosse, qu'on connaît depuis.
03:12François Rousseau, au début des années 2000, Yann Barthez rencontre celui qui va devenir son producteur, Laurent Bon.
03:17C'est qui ?
03:18Laurent Bon, c'est un des producteurs les plus influents de Paris aujourd'hui.
03:22C'est un homme de presse depuis toujours, qui a fait de la presse culturelle, de la presse écrite,
03:26et puis c'est devenu un des producteurs phares de Canal+.
03:30Et c'est quelqu'un qui a un vrai sens et de l'info et de l'image.
03:33Et Laurent Bon, c'est quelqu'un de très discret, vous ne trouverez pas sa photo sur Google,
03:38et qui, dans la même veine que Yann Barthez, aime le contre-champ de l'actualité.
03:44Montrer l'image secrète ou ce que les médias mainstream ne vous montrent pas.
03:47Il crée le Grand Journal en 2004, qui, à l'époque, Canal+, enchaîne les échecs dans ses plages en
03:53clair de l'avant-soirée.
03:54Et donc, il confie carte blanche à Laurent Bon, à Michel Denizot aussi,
03:58pour créer une émission qui fait à la fois de l'actualité, à la fois de la culture et du
04:02glamour,
04:03qui est chic et un peu choc.
04:05Et du coup, il pense à Laurent Bon, dont c'est exactement l'ADN,
04:08qu'aime bien quand ça brille, quand il y a des paillettes, et en même temps que ça raconte quelque
04:12chose.
04:12Et donc, il confie à Yann Barthez un magnéto qui s'appelle Le Petit Journal à l'époque.
04:17Voilà, c'est une chronique au sein du Grand Journal, dans lequel il y a plein de petites pastilles.
04:21Et c'est une chronique qui va très vite être remarquée,
04:23et qui va très vite gagner en temps et en médiatisation.
04:28C'est Bernadette Chirac qui doit faire le premier discours.
04:31Jacques Chirac s'assoit derrière et aperçoit une damoiselle qui n'a pas de place assise.
04:35Lui, très poli, insiste pour l'avoir à côté de lui.
04:38Le concept, c'est des petites séquences qui ont échappé à tout le monde,
04:41qu'on a parfois déjà vues dans les journaux télévisés,
04:43qu'on a déjà vues dans les chaînes infos continues.
04:45Et c'est ce petit détail qui va être mis en perspective,
04:48sur lequel ils vont se concentrer, et qui en fait fait rigoler.
04:50Voilà, moi j'ai le souvenir de cette séquence avec Nicolas Sarkozy,
04:53qui est président depuis quelques mois,
04:54qui va en Roumanie en voyage officiel pour signer des décrets et des accords avec le président roumain.
05:00Et pas mal le stylo qui brille.
05:02On vous le remet.
05:03Et bien, il brille.
05:06Il le masse deux fois.
05:08Il revient dessus, le prend, demande au président roumain,
05:13et hop, un truc ding-bling de plus dans la poche.
05:17Ça, évidemment, ça ne va pas être montré au journal télévisé.
05:19Et eux, ils vont se concentrer là-dessus.
05:21Et évidemment, c'est très drôle.
05:22Et évidemment, ça fait le buzz à l'époque.
05:24Et voilà, c'est ça le ton du petit journal.
05:26Au départ, ça dure quelques minutes.
05:28Après, il y a deux chroniques qui reviennent.
05:29Une partie actue, une partie plus people.
05:32Et cette chronique, elle va tellement bien marcher,
05:34qu'elle va être allongée.
05:35Et au bout d'un moment, Yann Barthes vient la présenter en plateau en 2007.
05:39C'est sa première expérience d'antenne ?
05:41C'est sa première apparition à la télé en direct tous les soirs, oui.
05:44Et il est comment ?
05:44Il a l'air vraiment jeune.
05:45Quand on revoit les images, c'est marrant parce qu'on sent que ça date d'il y a 15
05:49ans maintenant.
05:49Donc on voit qu'il est jeune.
05:51Et en même temps, il a ce petit côté sale gosse qu'on lui connaît.
05:54Mais il incarne bien le ton de son magnéto.
06:02En 2011, le duo Yann Barthes-Laurent Bon crée sa propre société de production, Bangoumi.
06:07Et le petit journal devient alors totalement autonome.
06:10Il y a une petite bras de fer à Canal+,
06:12c'est-à-dire que le petit journal va prendre son indépendance
06:14et va sortir du grand journal.
06:16Donc le grand journal est amputé.
06:17Et après, il va s'enchaîner le petit journal
06:19qui, là encore, va devenir de plus en plus grand
06:21et qui sera produit directement par Yann Barthes et Laurent Bon.
06:24Pour Yann Barthes, c'est la consécration à ce moment-là ?
06:27C'est clairement une émancipation de Yann Barthes et de Laurent Bon.
06:31C'est-à-dire que quand le petit journal sort du grand journal,
06:33c'est enfin un espace où, pendant une vingtaine de minutes,
06:37ils vont faire de leur marque de fabrique et de ce pas de côté
06:40une émission à part entière.
06:42Et Yann Barthes est chez lui
06:44et il incarne cette forme de journalisme
06:46auquel on était moins habitué à la télé française.
06:54Ça ressemble à quoi, le petit journal, en quelques mots, à ce moment-là ?
06:57C'est une promesse éditoriale.
06:58C'est « on va vous montrer la face cachée de l'actu ».
07:00« Il s'est fait rembarrer ».
07:01On va donner le coup de pied dans la fourmilière.
07:04Et c'est ce ton sarcastique
07:06et cette capacité à moquer les politiques
07:10en dénonçant les promesses non tenues,
07:12en dénonçant les doubles discours,
07:14ils deviennent redoutés des attachés de presse, des politiques.
07:17Le symbole du petit journal à l'époque,
07:18c'est la perche, le micro,
07:20qui se balade dans toutes les inaugurations
07:22et qui va recueillir les petites phrases cachées,
07:26les offres, la coulisse.
07:27Et ça devient la promesse éditoriale du petit journal.
07:30Montrez la coulisse que les JT de 20 heures ne vous montreront pas.
07:33Et ils montrent des choses importantes.
07:34On se souvient, par exemple, du moment où ils arrivent à montrer
07:36que Nicolas Sarkozy, encore lui,
07:40refait les mêmes discours d'inauguration en inauguration.
07:43Ils avaient fait un magnéto où ils avaient mis en parallèle
07:46deux discours de Nicolas Sarkozy à un mois d'intervalle.
07:48Ils disaient exactement la même chose.
07:50Parce qu'à l'époque, les communicants
07:52ne s'ennuyaient pas à tout réécrire.
07:55Et puis eux, ils ont dit,
07:55à l'heure, dans les années 2000,
07:57tout cela est archivé, tout cela est public.
07:59Et donc, on va arriver à voir que la personne refait des discours.
08:02Donc ça, c'était très nouveau.
08:04Et ils ont fait, notamment avec ce genre de coup d'éclat,
08:07ils ont fait beaucoup parler d'eux.
08:08Ils se sont imposés comme des vrais journalistes,
08:10des vrais journalistes politiques qui racontent des choses,
08:12même si ça a l'air anecdotique.
08:14Le petit journal, c'est aussi un dénicheur de talents et d'humoristes.
08:18Oui, ils castent les gens dans Paris.
08:20Ils vont voir des shows, ils vont voir des spectacles
08:22et ils veulent trouver les humoristes tendance.
08:24Ils vont chercher Panayotis Pasco,
08:26qui aujourd'hui explose au théâtre.
08:29Ils vont chercher Vincent Dedienne,
08:31ils vont chercher Charlotte Lebon,
08:32Nora Hamzaoui, Eric et Quentin.
08:35Voilà, c'est une capacité à dénicher des talents
08:37qui ont aussi un ton, un style
08:40et qui se font complètement dans le décor du petit journal,
08:43puis de quotidien.
08:43Et c'est toujours une bande qui revient ?
08:45Oui, c'est des fidèles.
08:46C'était aussi une volonté de créer un esprit de bande
08:49et d'entourer Yann Barthès,
08:51deux jeunes trentenaires,
08:52tous un peu fondés sur le même moule,
08:54qui passent bien à la télé,
08:56qui s'expriment bien
08:56et puis qui ont ce côté déconne, rire facile.
09:00Donc c'est important.
09:02Un talk show, c'est pas seulement un animateur,
09:04c'est aussi la bande qui a autour.
09:05Et d'ailleurs, il crée un attachement
09:07entre le public et la bande.
09:08Moi, je suis allé plusieurs fois dans le public de quotidien,
09:11c'est-à-dire avec les gens qui viennent assister
09:13à l'émission en direct.
09:14Et quand vous parlez avec les gens,
09:16ils vous disent,
09:16moi, j'aime bien Étienne Carbonet sur le sport,
09:19moi, j'aime bien Salia Braclia sur l'instant de vérité.
09:21Il y a vraiment un attachement.
09:23Et les gens disent,
09:23on les aime parce qu'ils sont sympas,
09:25ils sont plutôt beaux dans ce qu'ils font.
09:27Et puis, ils donnent l'impression
09:28de ne pas trop se prendre la tête.
09:29Dans cette bande, il y a aussi des jeunes journalistes
09:31à qui Yann Barthez donne une première chance.
09:33Oui, bien sûr.
09:34Il n'est pas allé chercher des journalistes chevronnés,
09:37des quinquagénaires qui ont fait dix fois le tour du monde.
09:39Il va viser des petits reporters,
09:41comme il les appelle.
09:42Martin Veil, qui est le petit reporter de l'émission.
09:45Ou même Hugo Clément, qui est parti depuis,
09:47mais qui, à l'époque, était envoyé sur tous les fronts.
09:49Et là, clairement, ils ont eu cette idée
09:52de sélectionner des jeunes journalistes
09:54qui sont très présents sur les réseaux sociaux,
09:56qui ont le tutoiement facile et qui se tutoient tous en plateau,
09:58qui donnent ce petit côté bande un peu jeune
10:01dans lequel le jeune téléspectateur se reconnaît, bien sûr.
10:04Et puis, c'est des journalistes au pignâtre.
10:06Ils ne lâchent pas le morceau.
10:07Quand ils ont une proie, ils y vont.
10:09Que ce soit les interviews de Jean-Marie Le Pen,
10:11de Jean-Luc Mélenchon,
10:12ou encore récemment de Ségolène Royal,
10:14c'est des journalistes qui en veulent.
10:16Ils arrivent à avoir les petites phrases qu'ils veulent
10:19et ils arrivent aussi, du coup,
10:20à montrer les doubles discours, les mensonges.
10:23Et c'est en ça qu'éditorialement,
10:25ça remplit la promesse de cette face cachée de l'actualité.
10:28En 2016, 12 ans après la création de la première version du Petit Journal,
10:32Yann Barthès quitte Canal+, pour TMC, une chaîne du groupe TF1.
10:36Ça a été la surprise.
10:37Canal+, était en train de changer de stratégie
10:39depuis l'arrivée de Vincent Bolloré.
10:42Et puis, Yann Barthès et Laurent Bon ont décidé de quitter le giron.
10:45Ils ont été approchés par le groupe TF1,
10:46qui leur a proposé d'arriver sur TMC.
10:50Et Yann Barthès n'en croyait pas ses oreilles.
10:51Il a rigolé, il a dit « Télé Monte Carlo ».
10:54Ce qu'il faut savoir, c'est que la proposition lui est faite par Ara Apriquian,
10:58qui a été un des dirigeants de Canal+,
11:00mais qui était parti à TF1.
11:02Et en fait, Ara Apriquian est allée rechercher Yann Barthès
11:05pour l'amener sur TF1,
11:07avec l'idée de faire de TMC,
11:08qui était une chaîne qui ronronnait
11:10et sur laquelle il ne se passait pas grand-chose,
11:12à part quelques fictions et quelques programmes de télé-réalité,
11:15d'en faire une chaîne un peu branchée
11:17et d'insuffler l'esprit déconnant et grinçant de Yann Barthès sur TMC.
11:23Et en ça, le pari est réussi.
11:27Le 23 juin 2016, c'est la dernière de Yann Barthès aux manettes du Petit Journal.
11:32Vous l'avez regardée ?
11:33Bien sûr, tout le monde l'a regardée.
11:34C'était un joli moment de télévision,
11:37avec Catherine Deneuve qui dit que le Petit Journal s'arrête et qu'elle est triste.
11:40Je suis Catherine Deneuve et je déclare fermer le Petit Journal.
11:44C'est quand même pas rien, Catherine Deneuve,
11:46une des plus grandes actrices françaises, qui dit ça.
11:49Et puis voilà, Yann Barthès qui est de Canal après 18 ans,
11:51donc ça lui fait quelque chose, on sent quand même qu'il est assez ému.
11:53Merci d'avoir regardé le Petit Journal.
11:55Au revoir Canal+.
12:12Comment se passe l'arrivée sur TMC ?
12:14L'arrivée sur TMC, elle se fait assez naturellement.
12:17En fait, en 15 jours de temps, il est chez lui dans le groupe TF1.
12:20D'abord, il est accueilli à bras ouverts parce qu'il apporte une modernité à TF1.
12:24Donc il arrive avec son équipe qui est jeune,
12:26avec leur volonté un peu de secouer le cocotier de la politique et de l'actu.
12:32Et donc voilà, il le dit lui-même.
12:34Il dit j'ai été très bien accueilli dans la chaîne de Jean-Pierre Pernault.
12:37Il s'en amuse, il fait de l'autodérision.
12:40Et en réalité, ils se font très vite dans le décor.
12:43Quand il rejoint TMC, Yann Barthès demande à toute son équipe de le suivre.
12:46Mais les choses ne se passent pas exactement comme prévu.
12:48Il a demandé à ce que son équipe le suive.
12:51Et à l'époque, il y a Catherine et Liliane, Alex Lutz et Bruno Sanchez,
12:55qui ont décidé de rester sur Canal+, de continuer Catherine et Liliane sur Canal+.
12:58Et ça, c'est très très mal passé pour les deux producteurs,
13:02qui ne leur ont vraiment pas pardonné.
13:03Alors là, aujourd'hui, Alex Lutz, il a eu un César de meilleur acteur.
13:06Visiblement, il a fait le bon choix de rester sur Canal+.
13:08Mais l'équipe de Quotidien ne lui pardonne pas.
13:11Puis pareil avec Hugo Clément, ce jeune reporter qui est parti d'abord sur L'Honet
13:15et qui est maintenant sur France 2.
13:16Ça aussi, ils ont eu un peu du mal à digérer le fait qu'ils s'en aillent.
13:21À quoi ça ressemble, Quotidien ?
13:23Ils sont passés de 20 minutes à plus d'une heure trente.
13:25Donc l'émission est devenue beaucoup plus longue.
13:27Ils ont des invités, ils ont de l'actualité.
13:30Donc forcément, il faut remplir cette heure et demie.
13:32Donc ils se sont beaucoup plus diversifiés au niveau des sujets abordés.
13:36Et ils ont fait du sport, par exemple, beaucoup de sport.
13:38Il y a une passée de sport, ce qui était évidemment moins le cas sur Canal+, par exemple.
13:41C'est une émission qui a gardé ses fondamentaux, mais qui s'est professionnalisée.
13:46Il y a des tranches installées.
13:49Chaque chroniqueur a son propre jingle.
13:51Il porte son propre thème.
13:52Du coup, ça rend l'émission beaucoup plus lisible pour le téléspectateur.
13:56En réalité, elle est beaucoup plus marketée.
13:58Elle est très découpée.
13:59Tout se fait au millimètre.
14:01Ils alternent parfaitement un sujet positif, un sujet drôle,
14:05où on peut jouer à fond la carte de l'humour.
14:07va succéder à un sujet sociétal plus sérieux.
14:11Certains chroniqueurs le disent eux-mêmes.
14:13La force, c'est qu'on arrive à parler des malheurs du monde,
14:16mais on arrive aussi à apporter du sourire.
14:18Et c'est ce qui fait que les gens nous regardent.
14:19Et ils ont aussi fait varier leur programmation d'invités.
14:23C'était beaucoup le bling-bling, le chic.
14:25Ça l'est toujours un peu, quand ils décrochent Pénélope Cruz ou Marion Cotillard.
14:29Mais depuis quelques mois, ils ont mis l'accent sur ce qu'ils appellent les penseurs.
14:34Donc ils invitent des intellectuels, des philosophes.
14:38Et c'est avec des gens comme ça qu'ils font des records d'audience.
14:40C'est avec François Gemmène, qui est le chercheur français spécialiste de réchauffement climatique,
14:45que l'émission atteint son record historique d'audience à 2 millions de téléspectateurs le 2 décembre dernier.
14:50Aujourd'hui, il y a 30% de personnes de plus de 50 ans en plus qui la regardent,
14:56bien que leur cœur de cible, ce soit les 15, 49 ans.
14:59Mais ils sont en train de s'institutionnaliser.
15:01Ils sont en train de conquérir un public beaucoup plus large.
15:03Et il y a des personnes de plus de 50 ans qui ne sont plus effrayées par le ton jeune
15:07de quotidien.
15:08Et qui regardent cette émission qui s'empare de causes sociétales,
15:12qui s'empare des scandales MeToo, du féminisme, des sujets LGBT,
15:17des inégalités, des sujets de sexualité,
15:20enfin tout ce qui traverse les générations et dans Quotidien.
15:24Est-ce que les audiences ont tout de suite été à la hauteur de ce qu'ils attendaient ?
15:27Quand il est arrivé sur TMC, Quotidien a remplacé une fiction allemande,
15:33Alerte Cobra, qui faisait 300 000 téléspectateurs.
15:36Yann Barthès a dit que si on fait 600 000 téléspectateurs à Noël
15:39et si on fait 1 million en juin prochain, on débouchera le champagne.
15:42En réalité, ils ont tout de suite atteint les 600 000 téléspectateurs
15:45et la courbe n'a fait que s'envoler d'année en année,
15:48au point qu'aujourd'hui, en janvier 2020,
15:51Quotidien signe ses records historiques d'audience depuis 3 ans et demi.
15:56Et du coup, ça veut dire quoi pour Yann Barthès ?
15:58Yann Barthès, c'est l'homme fort de TMC parce que c'est lui qui porte cette chaîne
16:01et c'est lui qui a permis de la repositionner et de lui insuffler un nouvel esprit.
16:06Et puis, c'est aussi un des animateurs les mieux payés du PAF
16:10avec une boîte de production qui est la sienne et qui est celle de son associé Laurent Bon,
16:13qui produit pour M6, pour France 5, pour TF1 évidemment.
16:19Enfin voilà, si on regarde l'histoire avec un peu de distance,
16:22au départ, c'était une séquence de quelques minutes dans le grand journal de Canal+.
16:26Et aujourd'hui, c'est le plus grand talk show d'actualité de la télé.
16:33Par contre, même si Quotidien continue d'attirer les téléspectateurs,
16:37l'équipe accepte, peu les critiquent.
16:39Je vous trouve insupportable d'infiltration, de techniques avec des perches au-dessus, en dessous.
16:46C'est bien pensant, c'est progressif, c'est pro-migrant, pro-LGBT, pro-minorité,
16:51pro-tout ce que vous voulez.
16:52Quand ils font la une de Valeurs Actuelles, comme il y a quelques semaines,
16:55qui dénoncent la tyrannie de Quotidien et de l'équipe de TMC,
16:59ils n'aiment pas du tout, ils proposent l'article gratuitement sur leurs réseaux sociaux,
17:04en disant que ce n'est pas la peine de dépenser de l'argent pour lire cet article qu'ils
17:07n'aiment pas.
17:07Donc oui, ils aiment assez peu les critiques, fustelles gratuites et infondées à leurs yeux.
17:12En septembre 2018, Yann Barthès participe à un face au lecteur du Parisien,
17:16et il se confie notamment sur sa manière de travailler.
17:18Qu'est-ce qu'il dit ?
17:19Qu'il écrit beaucoup de ses magnétos, qu'il est tout le temps au bureau,
17:23et qu'il suit l'émission de A à Z.
17:25Il y a beaucoup d'animateurs qui arrivent un peu au dernier moment,
17:26leur tendent des fiches, qu'ils relisent au maquillage,
17:28pendant qu'ils testent les tenues qu'ils vont porter,
17:31et puis ils arrivent et puis ils improvisent un peu dans la bonne humeur,
17:34en mettant un peu de ton.
17:35Yann Barthès, ce n'est pas du tout ça, lui, il va écrire,
17:38il a longuement expliqué au lecteur, je me souviens que quand il fait un magnéto,
17:41il faut que ce qu'il raconte tombe pile avec le moment où on va entendre le son
17:45de la personne dont il parle, c'est-à-dire qu'il y a des images, d'illustrations,
17:48souvent c'est à la seconde près.
17:49Et donc ça, il l'écrit et il va le répéter pour que quand il est en plateau en direct,
17:54ça tombe pile à la seconde près.
17:55Et donc ça, il n'y a que lui qui peut le faire, c'est du travail de répétition, d
17:59'écriture,
18:00et donc voilà, il leur explique qu'en fait il bosse,
18:02et qu'il a un petit côté geek et qu'il est tout le temps devant son ordinateur.
18:05François Rousseau, c'est quel genre d'animateur Yann Barthès ?
18:08C'est un animateur qui, à la différence des autres, n'aime pas trop la lumière.
18:12C'est quelqu'un qui est maladivement timide,
18:14et puis qui n'aime pas être en couverture des magazines.
18:18Il ne veut pas se mettre en scène dans Paris Match, dans la presse People,
18:21il ne veut pas donner des interviews à outrance,
18:24parce qu'il ne veut pas devenir un objet qu'on puisse décortiquer,
18:30dont on puisse mettre bout à bout les répétitions, les formules dans les interviews.
18:35Lui, son métier, c'est justement de décortiquer tous ces gens qui sont sous les feux des projecteurs.
18:41Et donc, s'il lui-même se met à courir les dîners parisiens,
18:45à sourire devant les photographes et à se mettre en scène dans sa cuisine,
18:49il devient un sujet à décortiquer.
18:52Et comme sa marque de fabrique, c'est de faire un pas de côté,
18:55il faut aussi que dans sa vie privée et dans sa façon de se comporter comme animateur,
18:59il garde ce pas de côté.
19:00Yann Barthès a aujourd'hui 45 ans.
19:02Est-ce que Le Petit Journal et Maintenant Quotidien vont marquer le paysage de la télé ?
19:05C'est vrai qu'ils ont déridé un peu le ton des journalistes politiques.
19:09Quand on voit Cache Investigation, aujourd'hui, Élise Lucet,
19:11qui court après des patrons ou des hommes politiques pour les faire réagir
19:15et qui repose 10 fois, 15 fois sa question sans avoir de réponse,
19:18c'est un peu l'école Petit Journal.
19:20Tout ça a déridé complètement le côté très respectueux
19:24que les journalistes politiques pouvaient avoir avec les politiques.
19:27Il n'y a plus du tout aujourd'hui.
19:28Aujourd'hui, ils sont défiés, ils sont mis sur le grill en permanence,
19:31y compris quand ils font un déplacement au salon d'agriculture
19:34ou pour inaugurer une école sur leur commune.
19:36Ils ont marqué le paysage parce qu'ils ont été des précurseurs
19:39pour insuffler une culture pop,
19:42pour ouvrir les sujets de société,
19:45pour décortiquer la classe politique.
19:47Et donc, ils ont imprimé un style
19:49et ils ont un peu renouvelé le talk show à la française.
19:58Merci à Benoît D'Aragon et François Rousseau.
20:01Épisode conçu et préparé par Marion Bottorel.
20:05Réalisation, Julien Moncouquiole.
20:09Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
20:12disponible chaque soir du lundi au vendredi à 18h.
20:15Vous pouvez nous écouter sur toutes les applications de podcast,
20:19mais aussi Deezer et Spotify.
20:21Et n'hésitez pas à nous écrire
20:23codesource.fr
20:26C'est le podcast d'Aragon et François Rousseau.
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