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  • il y a 9 heures
Par son ampleur, c'est une fronde inédite en France. D'abord contre l'augmentation des prix des carburants à l'automne 2018, les Gilets jaunes se sont ensuite mobilisés plus généralement contre la baisse du pouvoir d'achat. A travers tout le pays, des manifestations, des occupations de ronds-points et des barrages filtrants. Des hommes et des femmes en colère, de tous bords politiques, se parlent sur les réseaux sociaux et, après plusieurs samedis de mobilisation parfois violente, réussissent à faire reculer le gouvernement. Un an après le début de la contestation, Code source revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de 3 épisodes. Deuxième épisode : le saccage de l’Arc de triomphe. Récit de quatre journalistes du Parisien : Damien Delseny, et Timothée Boutry (service Police Justice), Maxime Bellec (community manager) et Jean-Baptiste Quentin (photographe). Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Conception et préparation : Stéphane Geneste - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian - Archives : TF1, RT France.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:42Une fronde inédite en France par son ampleur, d'abord contre l'augmentation des prix des carburants, puis contre la
00:49baisse générale du pouvoir d'achat.
00:50A travers tout le pays, manifestations, occupations de ronds-points, barrages filtrants, des hommes, des femmes en colère de tous
00:56bords politiques,
00:57se parlent sur les réseaux sociaux et vont réussir à faire reculer le gouvernement.
01:02Mais le mouvement des Gilets jaunes sera sans lendemain.
01:05Un an après, Codesources revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de trois épisodes.
01:11Deuxième épisode, les violences du 1er décembre 2018 à Paris et le saccage de l'Arc de Triomphe.
01:19Damien Delsenny, vous êtes chef du service police-justice du Parisien.
01:22Au petit matin du 1er décembre, tout semble calme sur l'avenue des Champs-Elysées et dans le quartier.
01:27Tout semble calme. Il ne faut pas oublier que la semaine précédente, le samedi précédent, Paris a connu des incidents
01:32gravissimes déjà,
01:33avec beaucoup d'affrontements sur les Champs-Elysées et dans les rues alentours.
01:37Là, c'est calme dans le sens où il y a une forte présence policière, un peu plus de 5
01:40000 policiers mobilisés sur Paris,
01:42et en fait un système de filtrage qui a été mis en place au niveau des Champs-Elysées
01:46pour normalement relever les identités de toutes les personnes qui pénètrent sur le périmètre des Champs-Elysées.
01:51Et puis il y a un deuxième pôle qui a été inventé, une espèce de fanzone qu'on a créée
01:55au niveau du Champs-Elysées
01:56où on a dit, en gros, aux Gilets jaunes, allez-y, allez manifester sur le Champs-Elysées.
01:59Donc oui, au tout début de la matinée, la situation semble à peu près calme.
02:04Maxime Béleg, vous êtes community manager au Parisien.
02:06Ce jour-là, vous êtes sur le terrain, sur place, et vous racontez en temps réel ce que vous voyez.
02:10Quand vous arrivez vers 9h, quelle est l'ambiance ?
02:13Ça commence par des échanges de slogans ou d'insultes à l'attention des forces de l'ordre.
02:21Quelques lacrymos sont tirés, donc c'est relativement calme,
02:25mais on sent très bien qu'il y a quelque chose qui se tend,
02:28et malheureusement qui va virer à l'affrontement.
02:30Les Gilets jaunes vont chercher à manifester sur les Champs-Elysées, pourquoi ?
02:34En réalité, parce que les Gilets jaunes, ce n'est pas des manifestants comme les autres.
02:36Il n'y a pas de service d'ordre, il n'y a pas vraiment d'organisation ni d'hierarchie
02:39chez eux,
02:40et qu'ils font un peu ce qu'ils veulent.
02:40Et qu'en plus, quand l'État leur dit d'aller manifester à un endroit,
02:44ils se débrouillent pour aller manifester à un autre endroit.
02:47Eux, ils ont décidé que les Champs-Elysées étaient le lieu où ils avaient envie de se rassembler depuis le
02:51début,
02:52et le fait que là, on filtre l'accès aux Champs-Elysées,
02:54va avoir en fait un effet quasiment pire que prévu,
02:57c'est-à-dire que ça va créer très tôt dans la matinée des attroupements et des tensions,
03:01parce que forcément, quand on passe un parrain, qu'on se fait fouiller,
03:04qu'on doit donner sa carte d'identité,
03:05ça crée des amas de personnes, ça crée des tensions,
03:08et très vite, en fait, ce système-là va s'avérer complètement contre-productif.
03:11Ce qui se passe à ce moment-là, c'est que moi, je suis au milieu des manifestants,
03:15et à intervalles réguliers, il y a des plus ou moins grands groupes de gilets jaunes
03:19qui vont se donner du courage et dire, allez, on va par là, on fonce, etc.
03:22Et ils chargent sur les forces de l'ordre avant, fatalement, d'être repoussés par du gaz lacrymo.
03:34À ce moment-là, d'autres groupes de gilets jaunes qui s'étaient donné rendez-vous ailleurs,
03:38dans Paris, à Bastille ou au Louvre, par exemple,
03:40décident de converger à leur tour vers les Champs-Elysées.
03:43Les Champs-Elysées et la place de l'Arc de Triomphe sont le lieu où tout le monde va arriver.
03:48Alors, en sachant qu'à ce moment-là, les forces de l'ordre, elles protègent les bâtiments dits sensibles de
03:54Paris,
03:54que sont l'Elysée et la place Beauvau, le ministère de l'Intérieur,
03:57qui sont très proches des Champs-Elysées, qui sont au bout des Champs-Elysées,
03:59mais aussi à d'autres endroits de Paris.
04:01On protège Matignon, on protège l'Assemblée, on protège le Sénat.
04:03Ça veut dire qu'il y a beaucoup de forces de police qui sont mobilisées ailleurs dans Paris,
04:07qui sont complètement statiques, c'est-à-dire on a fait un barrage,
04:09on a rendu une zone complètement hermétique,
04:11mais qu'au niveau des champs, ça rentre finalement beaucoup plus simplement que prévu.
04:15Et puis, ça commence à s'agglutiner et il commence à y avoir des tensions très vite.
04:22Les forces de l'ordre, elles sont dans leur logique qu'elles ont déjà depuis 15 jours,
04:25c'est-à-dire qu'elles sont à distance de plusieurs dizaines de mètres des manifestants
04:29et elles lancent des grenades lacrymogènes.
04:32Et donc l'idée pour elles, c'est de ne pas aller au contact,
04:34pas de corps à corps, pas d'intervention physique violente.
04:37L'idée, c'est de gazer la place, de saturer la place de gaz pour que les manifestants s'éloignent.
04:42On trouve que ça ne fonctionne pas en réalité et qu'on a toute l'après-midi
04:45cette espèce de manège un peu, c'est-à-dire entre des manifestants
04:48qui se mettent autour de l'Arc de Triomphe, près de l'Arc de Triomphe.
04:51Il y a d'ailleurs des tags sur le monument qui sont faits assez tôt dans la journée.
04:55Les policiers gazent la place, ils essaient de regagner du terrain.
04:58C'est du gagne-terrain, ils gagnent 20-30 mètres,
05:00ils se rapprochent de l'Arc de Triomphe et puis ils reculent à nouveau.
05:03Et puis les manifestants reviennent et on va assister à cette espèce
05:06d'aller-venu assez bizarre pendant toute l'après-midi.
05:08Vous attendiez une ambiance comme ça, un petit peu violente quand même ?
05:11Non, non, c'est encore pire.
05:12C'est pire que...
05:13Ah ouais, c'est pire que ce qu'on attendait.
05:15On ne pensait pas que...
05:17On ne fait rien, quoi !
05:19Il faut qu'il arrête !
05:20C'est eux qui nous attaquent, nous on ne fait rien !
05:22Vous n'êtes là en pacifiste !
05:23Qu'est-ce qu'on fait ?
05:24Qu'il n'a qu'un de vivre avec 1200 euros, Macron !
05:27Il prend notre place pendant six mois
05:28et on va voir s'il va bouffer à la fin du mois.
05:30Il y a des manifestants qui vont former un cordon
05:33autour de la flamme du soldat inconnu
05:35avec les barrières grises métalliques
05:37et en quelque sorte la protéger symboliquement
05:39pendant les échauffourées sous l'arc de triomphe.
05:42Je m'approche.
05:43Pas toujours simple de voir exactement ce qui se passait au niveau de la flamme
05:46mais je voyais bien qu'il y avait des gens
05:47qui étaient plutôt agenouillés, assis, etc.
05:50La foule, un moment même, a chanté la Marseillaise
05:53et ça c'était les prémices des affrontements
05:56qui allaient se dérouler ensuite avec les forces de l'ordre.
05:58On va avoir des mini-batailles rangées
06:01entre les CRS et les manifestants.
06:03J'ai vu des CRS reculer
06:06et se prendre des bombes de peinture sur le bouclier
06:08et reculer sous l'arc de triomphe.
06:10C'est assez impressionnant parce que ça se passe dans un tout petit espace.
06:13Les manifestants et les forces de l'ordre vont s'affronter
06:15et reculer, avancer, etc.
06:16avec beaucoup de lacrymo dans peu de mètres carrés.
06:20J'avoue que là, c'est un moment où on a un peu peur
06:21de se prendre un pavé ou une LVD
06:24ou quoi que ce soit sur la figure tout simplement.
06:29Et les manifestants vont se disperser dans le quartier ?
06:32Ça va toucher d'autres rues, d'autres secteurs ?
06:34Il y a une saturation telle de la place
06:36que ce soit en lacrymogène ou en force de l'ordre
06:38qu'une partie des manifestants va quitter le périmètre.
06:41Mais en fait, en quittant le périmètre,
06:42ils partent dans les avenues qui constituent l'étoile.
06:45Ils partent un peu dans tous les sens.
06:47Et il y en a beaucoup qui vont se retrouver,
06:48notamment Avenue Foch, Avenue Clébert.
06:50Et là, à ce moment-là, ils se retrouvent dans une zone
06:52où il n'y a plus de forces de l'ordre en réalité.
06:53C'est-à-dire qu'ils sont complètement enlivrés à eux-mêmes.
06:55Les forces de l'ordre, elles essaient tant bien que mal
06:57de tenir ce fameux périmètre des Champs et de l'Arc de Triomphe.
07:00Mais par contre, à quelques centaines de mètres de là,
07:02dans les avenues autour, il n'y a plus de policiers,
07:04il n'y a plus rien.
07:04C'est là qu'il va y avoir les premières boutiques vandalisées,
07:07des pillages.
07:08J'ai vu un gros 4x4 tourner.
07:11J'ai vu des manifestants piller une boutique
07:12de trottinettes et de vélos électriques
07:14et repartir en trottinettes.
07:15La trottinette qui finira ensuite
07:16sur une sorte de bûcher improvisé.
07:18C'est le moment où moi, je suis témoin
07:22des premières scènes de pillage et d'émeute urbaine
07:24avec ce qui me paraît être, cette fois-ci,
07:28de façon plus identifiable,
07:29des groupes de casseurs ou de black bloc.
07:32Ce qui m'a frappé, c'est la super organisation
07:34de certains manifestants.
07:35Jean-Baptiste Quentin, photographe au Parisien.
07:37Qui n'était vraisemblablement pas là pour manifester
07:40puisqu'ils étaient équipés beaucoup
07:41avec des disqueuses thermiques
07:43qui permettent de découper dans la rue
07:45n'importe quel mobilier urbain.
07:46Tout y passe.
07:48Les panneaux de signalisation,
07:49les panneaux de coho,
07:51les panneaux de publicité.
07:52Ça fait du bruit, ça fait des étincelles.
07:54Qu'est-ce qu'on en fait après
07:56avec ces panneaux découpés ?
07:57On les projette sur la police.
07:58Ça fait des lances très lourdes.
08:00Ça fait du ligar, ça traverse les pare-brises.
08:02Là, tout le monde s'en donne un cœur joie
08:03et c'est là que l'avenue Clébert
08:04va être complètement défoncée, on pourrait dire,
08:06parce que toutes les voitures qui sont garées
08:08vont être brûlées.
08:09Il y a des magasins qui sont saccagés.
08:10On met même le feu près d'un hall d'immeuble.
08:13Parce qu'il y a une espèce de période
08:14qui dure quelques minutes.
08:16Pendant ces minutes,
08:16il n'y a pas de policier,
08:17il n'y a pas d'intervention possible.
08:19Et c'est un chaos total.
08:20C'est-à-dire que là, vraiment,
08:21toutes les exactions sont possibles
08:23pendant ces quelques minutes.
08:25La situation est suivie par les autorités
08:27dans une cellule de crise
08:28à la préfecture de police de Paris.
08:29Qui est sur place à ce moment-là ?
08:31Alors, la cellule de crise
08:32de la préfecture de Paris,
08:33elle existe depuis bien avant
08:34les manifestations de Gilets jaunes.
08:35C'est une cellule qui permet
08:36aux préfets de police,
08:37éventuellement aux ministres de l'Intérieur,
08:38de venir se rendre sur place
08:39et avec des caméras,
08:40de suivre un peu en temps réel
08:41ce qui peut se passer
08:42sur une manifestation.
08:43Donc, ce dispositif-là,
08:45il est évidemment en place ce jour-là.
08:46Après, il y a deux problèmes
08:47ce samedi précisément
08:49qui seront un peu compris par la suite.
08:51C'est que d'une part,
08:51il y a un chef de l'État
08:52qui est en Argentine
08:53et d'autre part,
08:54un Premier ministre
08:55qui pendant une bonne partie
08:55de la matinée
08:56est à Nogent-sur-Marne
08:57à un congrès de La République En Marche.
08:58Ce qui veut dire
08:59qu'il y a deux autorités majeures
09:00en France
09:01qui ne sont pas directement
09:03en contact de ce qui se passe
09:04et qui ne peuvent pas en réalité
09:05vraiment mesurer ce qui se passe.
09:06Et en fait,
09:06il ne reste plus aux manettes
09:08entre guillemets
09:08que le préfet de police
09:10et le ministre de l'Intérieur.
09:11C'est déjà pas mal
09:11mais ça prend du temps
09:13si vous voulez
09:13avant que les décisions lourdes
09:15par exemple de changement de stratégie
09:17du maintien de l'ordre arrivent.
09:18Et Edouard Philippe
09:19va arriver sur place
09:20dans cette cellule de crise
09:20dans la journée.
09:21Il interrompt son discours
09:22à Nogent-sur-Marne
09:23et il finit par revenir sur Paris
09:24et il va dans ce fameux
09:26PC de crise
09:26pour se rendre compte
09:27de la situation
09:28et se rendre compte
09:28d'une chose très simple
09:29c'est que
09:30pendant quelques minutes,
09:31pendant quelques heures,
09:32il y a une vraie insurrection
09:33c'est-à-dire qu'on a l'impression
09:34à un moment donné
09:34que les forces de l'ordre
09:35ne maîtrisent plus du tout
09:36ce qui se passe dans Paris
09:37c'est-à-dire qu'elles ont du mal
09:38déjà à gérer
09:38un périmètre assez restreint
09:40sur les champs
09:40et que tout autour
09:42il ne se passe plus rien
09:43c'est-à-dire qu'il y a
09:44des dégradations
09:45et on ne voit pas de policiers
09:46et on voit des incidents
09:47qui se multiplient sans police.
09:50Avenue Kleber
09:51il y avait beaucoup
09:52de chantiers
09:53ouverts
09:53abandonnés
09:54comme ça
09:54aux manifestants
09:55et dans un des chantiers
09:57il y avait
09:58un énorme bulldozer
10:00un bulldozer
10:01élévateur
10:02de charge lourde
10:03que les manifestants
10:05certains manifestants
10:05ont réussi
10:06à démarrer
10:07ils l'ont fait rouler
10:08jusqu'à pouvoir
10:09faire arrêter
10:10le camion lance-à-eau
10:11qui lui était vide
10:12et où les policiers
10:13essayaient de faire le plein
10:14sur une borne d'incendie
10:15quelque part
10:15ils ont été tellement harcelés
10:17qu'ils n'ont pas pu
10:19faire reculer
10:20le camion lance-à-eau
10:22et les policiers
10:23ont été obligés
10:24d'abandonner ce camion-là
10:25à un moment donné
10:26sous la pression
10:27des manifestants.
10:30Et les grands magasins
10:31de la capitale
10:31vont même être évacués.
10:33Les grands magasins
10:33effectivement décident
10:34alors qu'on est quand même
10:35dans une période
10:35près cadeau de Noël
10:38de fermer leurs portes
10:39parce que
10:39encore une fois
10:40il y a une espèce
10:41de confusion
10:42qui règne dans Paris
10:43où on voit des gens
10:43qui courent un peu
10:44dans tous les sens
10:45et encore une fois
10:45l'impression que
10:46tout ça n'est pas du tout
10:47maîtrisé en termes
10:48de forces de l'ordre.
10:48Combien est-ce qu'il y a
10:49de gilets jaunes
10:49à ce moment-là
10:50dans Paris ?
10:51Les estimations
10:51sont toujours compliquées
10:52on parle de
10:53au moins 5000
10:55alors quand je dis 5000
10:56c'est le noyau vraiment dur
10:57de ceux qui sont
10:58sur les champs
10:58et autour
10:59en tout cas
11:00c'est sans aucun doute
11:01plusieurs milliers
11:01sur Paris
11:02et sur ce périmètre
11:03très restreint
11:04à ce moment-là.
11:05Timothée Boutry
11:05vous êtes journaliste
11:06au service
11:06police-justice
11:07du Parisien
11:08en fin de journée
11:09des gilets jaunes
11:09vont entrer dans les sous-sols
11:10de l'arc de Triomphe.
11:11Oui finalement
11:12après cette journée
11:14d'aller-venue
11:14de chasse
11:15entre les forces de l'ordre
11:16et les manifestants
11:17un petit groupe
11:17plusieurs dizaines de personnes
11:18vont réussir à pénétrer
11:20à l'intérieur
11:20de l'édifice
11:21et saccager l'intérieur
11:23saccager à la fois
11:23la boutique
11:24et le musée
11:25certains vont monter
11:25sur le toit également
11:26et c'est là où
11:27les dégradations
11:28les plus importantes
11:29vont être commises
11:29sans compter évidemment
11:30les dégradations extérieures
11:31qui sont des tags là.
11:33Qu'est-ce qui est dégradé
11:33à l'intérieur précisément ?
11:34Est-ce que vous pouvez
11:34nous décrire un petit peu
11:36le sous-sol
11:37de l'arc de Triomphe ?
11:37Alors à l'intérieur
11:38il y a donc une boutique
11:39qui a été pillée
11:40des souvenirs
11:41des pièces
11:43des parapluies
11:43enfin tout ce qu'on peut imaginer
11:44dans une boutique souvenir
11:45dans un grand édifice
11:46de la capitale
11:47et il y a aussi un musée
11:49et là
11:49il y a notamment
11:50cette image
11:50qu'on a beaucoup vue
11:51qui est un moule en plâtre
11:52en fait une statue
11:53qui a été brisée
11:54en deux
11:55on a beaucoup vu cette photo
11:56il y a aussi un buste
11:57de Napoléon
11:58qui a été jeté
11:59dans les escaliers
12:00un buste de Louis-Philippe
12:01dont les yeux ont été
12:02peints en rouge
12:03voilà donc il y a eu
12:04beaucoup de dégradations
12:05dans le patrimoine
12:07conservé dans ce musée.
12:08Est-ce que les auteurs
12:09de ces dégradations
12:10ont été interpellés ?
12:11Non
12:11pas vraiment
12:12parce qu'il y a une information
12:13judiciaire qui a été ouverte
12:14suite à ce saccage
12:15c'est-à-dire qu'un juge
12:15d'instruction a été nommé
12:16la justice a considéré
12:18que c'était un événement
12:19d'ampleur
12:19et qui nécessitait
12:20la désignation
12:21d'un juge d'instruction
12:22or pour l'instant
12:23il n'y a que 14 personnes
12:24qui ont été mises en examen
12:25c'est extrêmement peu
12:26en fait la majorité
12:27des personnes
12:28qui ont été interpellées
12:29ne sont pas vraiment
12:30les casseurs
12:30c'est des gilets jaunes
12:32lambda si je puis dire
12:33qui se sont fait arrêter
12:34à 19h
12:35quand la police
12:35a enfin pu réinvestir
12:37le site
12:37et qui
12:38était là à ce moment-là
12:40explique qu'il y avait
12:41tellement de gaz lacrymogène
12:43qu'ils ont dû refluer
12:44que la porte
12:45était ouverte
12:46tout cela
12:46ont été mis en examen
12:48dans cette procédure
12:48mais pour des délits
12:50extrêmement connexes
12:51juste de participation
12:52à un attroupement
12:53qui est l'infraction
12:55classique
12:56dont la majorité
12:57des gilets jaunes
12:57ont fait l'objet
12:58et pour le saccage
12:59il n'y a que
13:00deux lycéens
13:01qui ont fondamentalement
13:02été mis en cause
13:03qui ont été reconnus
13:03par des images
13:04de vidéos
13:05en train de défoncer
13:06la porte d'accès
13:07à l'arbre de triomphe
13:08avec un extincteur
13:10donc là
13:10on a pu matérialiser
13:11la dégradation
13:12et le fait
13:13qu'il soit rentré
13:14à l'intérieur
13:14ceux qui ont vraiment
13:15tout cassé à l'intérieur
13:16dont plusieurs étrangers
13:18vraisemblablement
13:19si on en croit
13:19les témoignages
13:20de quelqu'un
13:21qui était à l'intérieur
13:22de l'arbre de triomphe
13:23pendant des dégradations
13:24n'ont pas été arrêtés
13:25comment on sait
13:26qu'il y avait
13:26des étrangers à l'intérieur ?
13:27parce qu'en fait
13:28dans l'enquête judiciaire
13:30il y a le témoignage
13:30d'une personne
13:31qui était présente
13:33vers 18h
13:34à l'intérieur
13:35de l'arbre de triomphe
13:36et qui a assisté
13:37à ces dégradations
13:38et il décrit
13:40devant les enquêteurs
13:41des personnes
13:42avec des marteaux
13:42et des burins
13:43en train de s'accacher
13:43les vitres
13:44dans le musée
13:45ou d'arracher des choses
13:46dans la boutique
13:46enfin voilà
13:47qu'il y a une volonté
13:49méthodique
13:49de dégrader
13:50de casser
13:51des slogans
13:51hostiles également
13:52auprès de la République
13:53qui sont criés
13:54et lui il dit
13:54qu'il entend parler espagnol
13:55notamment
13:56c'est pour ça qu'on peut penser
13:57qu'on n'est pas sur la base
14:00des gilets jaunes
14:01et de leurs revendications sociales
14:03mais sur des groupes
14:04type black bloc
14:05qui étaient venus
14:06avec des intentions différentes
14:09et il y a enfin
14:10une dernière personne
14:11qui a été mise en examen
14:12pour des dégradations
14:13commises sur la religion
14:15sur des tags
14:15et en fait là
14:16c'est un militant
14:16d'extrême droite
14:17nostalgique du 3ème Reich
14:18on a retrouvé
14:19des drapeaux nazis
14:20chez lui
14:21une personne de 40 ans
14:23qui vit chez ses parents
14:23dans les Ardennes
14:24dont le surnom est
14:25Sanglier
14:26quelqu'un qui est assez connu
14:27dans la mouvance
14:27d'extrême droite
14:28et lui il a été
14:29interpellé quelques jours plus tard
14:31puisqu'il a été identifié
14:32par la signature
14:32de son tag
14:33et dénoncé
14:34et il a été mis en examen
14:36et il a été incarcéré
14:37dans un premier temps
14:46La nuit tombe
14:47et la police
14:48commence à reprendre le dessus
14:49Oui alors la police
14:50dira et dit toujours
14:51qu'elle a repris
14:52ce samedi-là le dessus
14:53plutôt que le samedi d'avant
14:54où ça avait été
14:55très tardif
14:56où il avait failli
14:56attendre 22h
14:57pour que Paris
14:57retrouve un calme apparent
14:59là effectivement
15:00aux alentours
15:01de 19h30-20h
15:02on peut estimer
15:03que la situation
15:04est gérée
15:04sur Paris
15:05c'est-à-dire qu'il n'y a plus
15:07ces poches de violence
15:09sans contrôle policier
15:10et qu'effectivement
15:10les policiers
15:11ont repris le contrôle
15:12au moins du secteur
15:13Champs-Élysées
15:13et Arc de Triomphe
15:14et des avenues environnantes
15:16Combien de grenades
15:17lacrymogènes
15:18ont été utilisées
15:19au total
15:19pendant cette journée ?
15:20Alors c'est plus de 3000
15:21sur le simple secteur
15:24Arc de Triomphe
15:24Champs-Élysées
15:25en tout cas
15:25c'est des milliers
15:26et c'est un record absolu
15:28en termes de maintien de l'ordre
15:29On sait combien de gilets jaunes
15:30sont interpellés au total ?
15:31Ce jour-là
15:32à Paris
15:32il y a près de 400 gardes à vue
15:33Alors c'est sur toute la ville de Paris
15:35et c'est pas nécessairement
15:36mais bon
15:36c'est très majoritairement
15:37sur le secteur Champs-Élysées
15:39Arc de Triomphe
15:40Ces gardes à vue
15:40c'est plus sur le contexte
15:42la participation
15:43à cette manifestation
15:44et très très très très peu
15:46qui finissent impliqués
15:47dans le saccage
15:48de Arc de Triomphe
15:48C'est quand même ça
15:49qu'il faut bien comprendre
15:49Il y a un distinguo énorme
15:51entre le nombre de gardes à vue
15:53et le nombre de personnes
15:54qui sont actuellement poursuivies
15:55dans leur quête
15:56sur cette dégradation
15:57Ce soir-là
15:58la préfecture de Haute-Loire
15:59est incendiée
16:00au Puy-en-Velay
16:01Le ministre de l'Intérieur
16:02Christophe Castaner
16:03est invité dans le 20h de TF1
16:05Première question
16:06Monsieur le ministre
16:06Où en est la situation
16:07ce soir à Paris ?
16:08Elle est plus apaisée
16:09Elle n'est pas totalement sécurisée
16:11même si aujourd'hui
16:12à l'heure où je vous parle
16:13la place de l'Étoile
16:15par exemple
16:15et l'Arc de Triomphe
16:16le sommet de l'Arc de Triomphe
16:17ont été repris
16:18par nos forces de sécurité
16:19Il y a quelques groupes
16:20de quelques dizaines de personnes
16:21qui continuent à errer dans Paris
16:23et que nous tentons de neutraliser
16:25Il y a encore quelques incendies
16:27mais la plupart ont été neutralisés
16:28par nos forces des sapeurs-pompiers
16:30Et ce soir-là
16:31Christophe Castaner
16:32vient aussi constater
16:33les dégâts
16:33place de l'Étoile
16:34Oui, il vient au pied
16:35de l'Arc de Triomphe
16:36avec le préfet de police
16:37Il vient saluer
16:38les forces de l'ordre
16:39qui sont encore présentes sur place
16:40Il vient même prendre
16:41un pavé dans sa main
16:42pour dire
16:42regardez ce qu'on a acheté
16:43sur les forces de l'ordre
16:43toute la journée
16:44Là le problème
16:45c'est qu'on est dans
16:47une situation très compliquée
16:48c'est-à-dire que
16:48toute la journée
16:49un symbole très très fort
16:50de notre pays
16:51a été totalement délaissé
16:53quelque part
16:54et abandonné
16:55au saccage
16:55et au pillage
16:56et que le soir
16:57une fois qu'on a repris
16:58le terrain
16:59en termes de force de l'ordre
17:00et de maintien de l'ordre
17:01on vient dire
17:02ça y est c'est terminé
17:03mais on sent bien
17:03que ça ne va pas être suffisant
17:05de dire
17:06on a repris le périmètre
17:07Qu'est-ce qui va changer
17:12après cette journée
17:13dans la façon
17:13de maintenir l'ordre
17:14pour les journées suivantes
17:16de manifestations
17:16de gilets jaunes ?
17:17Là on a atteint
17:18un peu le point de non-retour
17:18c'est-à-dire que c'est
17:19le deuxième samedi
17:20quand même
17:20sur Paris
17:21où on sent
17:23que la police
17:23ne maîtrise pas totalement
17:24ce qui se passe
17:25sur le territoire parisien
17:27et surtout
17:27c'est la fin
17:28d'un principe fondateur
17:29du maintien de l'ordre
17:30en France
17:31qui est le maintien
17:31de l'ordre quasi-statique
17:32c'est-à-dire
17:33on se positionne
17:34on attend
17:35on fait quelques charges
17:36pour repousser le manifestant
17:38ou essayer de juguler
17:38une manifestation
17:39mais on ne va jamais
17:40chercher à interpeller
17:41des gens
17:42qui sont en train
17:42d'enlever des pavés
17:44pour les jeter
17:44de mettre le feu
17:45à une poubelle
17:45on évite le corps à corps
17:47on évite
17:47à la fois des images
17:49qui pourraient être
17:49extrêmement négatives
17:51de policiers
17:51en train de matraquer
17:53quelqu'un au sol
17:54on évite aussi
17:54la possibilité
17:55qu'il y ait des blessures
17:55beaucoup plus graves
17:56parce que quand vous partez
17:57au corps à corps
17:57vous ne savez pas tellement
17:58comment ça peut se terminer
17:59donc là
18:00on sent bien
18:00que ce système
18:01de maintien de l'ordre
18:02historique français
18:03il est arrivé un peu
18:04au bout de sa logique
18:05et puis surtout
18:05il y a une autre chose
18:07qui commence à monter
18:07c'est que ça fait
18:08deux samedis d'affilée
18:09que les chanceliers
18:10sont saccagés
18:11et qu'on comprend aussi
18:12que les forces de l'ordre
18:13elles ont eu pour ordre
18:14de sanctuariser cet endroit
18:16c'est-à-dire
18:16on leur a dit
18:17voilà
18:17tous les manifestants
18:18vont s'agglutiner ici
18:20vous gérez cette situation
18:21nous tout ce qu'on veut
18:22c'est que ça ne parte pas
18:23vers l'Elysée
18:23que ça ne parte pas
18:24vers Matignon
18:24que ça ne parte pas
18:25vers l'Assemblée
18:26il faut que ce périmètre là
18:27il soit tenu
18:28mais c'est un peu comme
18:30fermer une cage
18:30et laisser les gens
18:31dans la cage
18:32faire un peu ce qu'ils veulent
18:32dans cette cage
18:33et c'est comme ça
18:34qu'on le ressent
18:34nous en tant que spectateurs
18:36mais c'est aussi comme ça
18:37que le ressentent
18:38les policiers eux-mêmes
18:39parce que beaucoup de policiers
18:40nous diront
18:41la semaine suivante
18:42mais nous on était
18:43dans des camions
18:43on aurait très bien pu intervenir
18:44sauf que l'ordre d'intervenir
18:46n'est jamais venu
18:46c'est-à-dire qu'on a géré
18:48une crise
18:49on a géré
18:49une insurrection
18:50sans qu'on nous donne
18:51les moyens
18:52et sans qu'on nous donne
18:52le feu vert pour intervenir
18:53et donc qu'est-ce qui va changer
18:54après ça ?
18:55ce qui va changer
18:56c'est qu'en fait
18:56on va dire aux policiers
18:57maintenant on va faire
18:58le contraire
18:58de ce qu'on vous a expliqué
18:59depuis des mois et des années
19:00en France
19:00c'est-à-dire qu'à partir
19:02de la semaine prochaine
19:02on va constituer
19:03des équipes mobiles
19:05plus légères
19:05des petits groupes
19:06de 5-6 policiers
19:07qui ne seront pas aussi
19:10lourdement chargés
19:10en bouclier
19:11en plastron
19:13etc
19:13et on va leur dire
19:14vous votre rôle
19:14c'est d'aller interpeller
19:16les gens
19:16dès que vous les voyez
19:17casser une vitrine
19:18mettre le feu à une poubelle
19:18vous vous projetez
19:19vous prenez cette personne
19:21vous l'interpellez
19:21vous la ramenez
19:22et puis il va aussi venir
19:23beaucoup le côté
19:25interpellation préventive
19:26c'est-à-dire que la semaine d'après
19:27outre les moyens très lourds
19:28qui vont être mis en place
19:29comme les blindés
19:30qui vont arriver dans Paris
19:31les moyens quasi militaires
19:32qu'on n'avait jamais vus
19:33dans Paris
19:33on va dire aussi aux policiers
19:35maintenant vous allez vous mettre
19:36en amont dans les gares
19:37et à l'arrivée
19:38des manifestants
19:39des gilets jaunes
19:40le matin très tôt
19:40vous faites des fouilles
19:42vous faites des contrôles
19:42et puis dès que vous trouvez
19:43un marteau
19:44un extincteur
19:45un boulon
19:45n'importe quoi
19:46pouf garde à vue
19:47en interpellation
19:47et donc là on se dit
19:48qu'en intervenant
19:49très très en amont
19:50on va peut-être éviter
19:51d'avoir 400
19:53500 casseurs
19:54présents l'après-midi
19:57Et est-ce qu'il y a
19:58une volonté ensuite
19:59de réprimer plus fortement
20:01les manifestations
20:02de gilets jaunes
20:02notamment avec des LBD ?
20:03Il y a surtout
20:04une consigne très simple
20:05c'est que les forces de l'ordre
20:06pendant au moins deux samedis
20:08ont donné l'impression
20:09d'être des spectateurs
20:10de ce qui se passait
20:11et que ça
20:11c'était plus possible
20:13politiquement certainement
20:14et que même pour les forces
20:15de l'ordre
20:15ça devenait compliqué
20:17parce qu'ils étaient
20:17mis en cause
20:18alors qu'eux-mêmes disaient
20:19mais qu'on nous donne
20:19juste le feu vert
20:20et nous on va y aller
20:21interpeller des gens
20:22Donc à partir du moment
20:23où on leur donne
20:24ce feu vert
20:24la semaine d'après
20:25on leur dit
20:25bon bah maintenant
20:26ça suffit
20:26il faut aller au contact
20:28il faut interpeller des gens
20:29bah ce petit clapet
20:30dans la tête
20:31il se soulève tout seul
20:31c'est à dire
20:32vous vous dites
20:33bon bah ok
20:33maintenant j'ai le feu vert
20:34donc maintenant on va y aller
20:35et on va répondre
20:36et on va répondre
20:37de manière dure
20:38et de manière forte
20:38aux menaces
20:39qui nous sont faites
20:42Merci à Damien Delseni
20:44Maxime Belec
20:44Jean-Baptiste Quentin
20:46et Timothée Boutry
20:51A suivre
20:52La Désillusion
20:53troisième et dernier épisode
20:54de notre série anniversaire
20:56Gilets jaunes
20:56Cet épisode a été conçu
20:58et préparé par
20:59Stéphane Jeuneste
21:00Productions
21:00Clara Garnier-Amouroux
21:02Réalisation
21:03Alexandre Ferreira
21:04Code Source
21:05et le podcast
21:06d'actualité du Parisien
21:07nous sommes disponibles
21:08sur toutes les applications
21:09de podcast
21:10mais aussi Deezer
21:11et Spotify
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