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  • il y a 9 heures
Par son ampleur, c’est une fronde inédite en France. D’abord contre l’augmentation des prix des carburants, les Gilets jaunes se sont ensuite mobilisés plus généralement contre la baisse du pouvoir d’achat. A travers tout le pays, des manifestations, des occupations de ronds-points et des barrages filtrants. Des hommes et des femmes en colère, de tous bords politiques, se parlent sur les réseaux sociaux et réussissent à faire reculer le gouvernement. Mais le mouvement des Gilets jaunes sera sans lendemain. Un an après le début de la contestation, Code source revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de 3 épisodes. Premier épisode : l’Espoir. Récit d’Aurélie Rossignol et de Valérie Hacot, journalistes au Parisien.Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Conception, préparation et production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Benoît Gillon et Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian - Archives : Europe 1, BFM TV, France Info, France 3.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:42Une fronde inédite en France par son ampleur.
00:45D'abord contre l'augmentation des prix des carburants, puis contre la baisse générale du pouvoir d'achat.
00:50À travers tout le pays, manifestations, occupations de ronds-points, barrages filtrants, des hommes, des femmes en colère de tous
00:57bords politiques
00:58se parlent sur les réseaux sociaux et vont réussir à faire reculer le gouvernement.
01:03Mais le mouvement des Gilets jaunes sera sans lendemain.
01:06Un an après, CodeSource revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de trois épisodes.
01:11Premier épisode, l'espoir.
01:19À mes côtés, Aurélie Rossignol, journaliste au Parisien qui a suivi le mouvement des Gilets jaunes depuis le début.
01:24Le 16 octobre 2018, le Parisien fait sa une sur la hausse du diesel qui devient plus cher que l
01:31'essence.
01:32Que dit cet article ?
01:33Oui, on sent qu'il y a un contexte, que c'est du jamais vu.
01:36On a remarqué dans notre édition de l'Oise à la base, pour la première fois,
01:40et on se pose la question de savoir si dans d'autres départements, c'est le cas,
01:43on met le nez dans des données sur les prix du carburant et on se rend compte que oui, il
01:48y a un vrai phénomène.
01:49C'est la première fois. Alors en titre, c'est du jamais vu.
01:51Et comment on fait concrètement pour avoir ces données ? Comment vous avez fait ?
01:54On a mis le nez avec notre cellule Data Innovation dans les données par station
01:59et on se rend compte qu'entre 20 et 30% des stations ont une essence qui est plus chère
02:04que le diesel.
02:05Au tout début, d'où part l'information ?
02:06C'est un hasard total. On a une reporter qui est dans l'Aude pour couvrir les inondations
02:13et elle se rend compte qu'en faisant le plein, que l'essence est plus chère que le diesel.
02:19Et là, qu'est-ce qu'elle fait ?
02:20Elle est interloquée, alors elle nous envoie une photo, nous ici, aux Parisiens, au siège.
02:24Et tout de suite, notre service économie est sollicité et ainsi que notre cellule Data Innovation
02:31pour qu'ils mettent le nez dans les données et voir si ça existe ailleurs ou si c'est une
02:35exception.
02:36Et donc là, qu'est-ce qu'ils trouvent ?
02:37En réalité, ce n'est pas du tout une exception locale.
02:40On se rend compte qu'il y a un phénomène.
02:42On se rend compte qu'entre 20 et 30% des stations-service sont concernées.
02:46le diesel est plus cher que l'essence.
02:50Et cette information parée, alors qu'il y a beaucoup de mécontentement en France ?
02:54On sent que ça monte, on sent qu'il y a quelque chose.
02:57Il y a un mois de ça, on fait d'ailleurs notre fait du jour, c'est notre dossier qu
03:01'on met en une qui ouvre le journal chaque jour.
03:04On se rend compte qu'il y a une recrudescence des vols d'essence.
03:07C'est le retour des siphonneurs.
03:09Et ça part d'un département en Ile-de-France, mais peu à peu, on se rend compte que les
03:13gendarmes constatent ça un peu partout en France.
03:16On sent qu'il y a quelque chose.
03:17Rapidement, l'information est reprise par d'autres médias.
03:20En regardant les prix dans cette station, on pourrait croire à une erreur.
03:241,62€ le litre d'essence.
03:271,65€ le gazole.
03:29Le gazoil, plus cher que le sang plomb d'en près d'une station sur deux en Ile-de-France.
03:33Ce matin, la hausse de ce carburant suscite la colère de certains automobilistes lors de leur passage à la pompe.
03:40Et ça provoque des réactions chez les lecteurs du Parisien, réaction notamment d'une certaine Priscillia Ludoski.
03:46C'est l'une qu'on considère comme une des figures du mouvement aujourd'hui.
03:49C'est, entre autres, partie d'elle, une internaute landa, auto-entrepreneuse en Seine-et-Marne,
03:55qui, six mois auparavant, avait tenté de lancer une pétition.
03:58Elle en avait marre de payer trop cher son essence.
04:01Elle en fait une pétition, ça ne prend pas vraiment.
04:04Mais quand elle voit que le sujet revient dans l'actualité, notamment grâce aux Parisiens,
04:08elle relance sa pétition sur Facebook.
04:11Et là, c'est des milliers de signatures tout de suite.
04:13Et Priscillia Ludoski va faire le tour des médias.
04:15En plus, elle a une figure, elle parle bien, elle fait le tour des médias, y compris télé.
04:20Nous, aux Parisiens, on lui fait faire une vidéo-tribune qui est très vue.
04:24Alors, j'ai lancé une pétition qui s'intitule pour une baisse des prix du carburant à la pompe,
04:27lorsque je me suis rendu compte que ma facture de carburant augmentait de plus en plus depuis l'année dernière.
04:32J'ai fait quelques recherches pour savoir un petit peu de quoi était composé le prix du carburant.
04:36Et je me suis rendu compte à ce moment-là que les taxes y étaient pour beaucoup.
04:40Elles représentaient environ 60% du montant.
04:42Et ça, petit à petit, sa pétition récolte de plus en plus de signatures.
04:45C'est des dizaines de milliers de signatures très vite.
04:47En quelques jours, elle bat des records.
04:52Quelques jours plus tard, une autre automobiliste, Jacqueline Mouraud, exprime sa colère sur Facebook cette fois-ci.
04:57Oui, Jacqueline Mouraud aussi utilise Facebook pour poster une vidéo coup de gueule.
05:01Elles ne se connaissent pas du tout, mais au même moment, elles ont la même problématique.
05:05J'ai deux petits mots à dire à M. Macron et son gouvernement.
05:10Quand est-ce que ça va se terminer, la traque aux conducteurs que vous avez mis en place depuis que
05:14vous êtes là ?
05:15Les nouveaux contrôles techniques, la moitié des voitures ne passent plus.
05:18La hausse du prix du carburant.
05:20Ensuite, la chasse aux véhicules diesel.
05:22L'augmentation du nombre des radars.
05:24Là, maintenant, c'est...
05:25Il y en a partout.
05:27Il y a une forêt de radars en France.
05:29Où va la France, M. Macron ?
05:32Elle fait 5 millions de vues en quelques jours.
05:34C'est le moment aussi où on parle dans l'actualité des 80 km heure sur le réseau secondaire ?
05:38Oui, c'est vrai que c'est un tout.
05:39Il y a une préoccupation des Français liée à l'automobile.
05:43Il y a le carburant, il y a les 80 km heure.
05:45C'est vrai qu'il se passe quelque chose.
05:46Et ça prend tellement d'ampleur qu'Emmanuel Wargon, la secrétaire d'État à l'écologie, répond à Jacqueline Mouraud.
05:52C'est un peu fou parce que c'est une internaute lambda, Jacqueline Mouraud, en Bretagne,
05:57qui n'a pas de rôle particulier.
05:59Elle n'est pas élue.
05:59Mais sa vidéo fait tellement de vues que le gouvernement se dit, il faut répondre, il y a quelque chose.
06:05Alors, comme au départ on parle de taxes carburants et vraiment d'essence,
06:09on se dit, c'est la secrétaire d'État à la transition écologique qui va lui répondre.
06:14Alors ça tombe assez mal pour elle parce qu'elle est en vacances, elle est en famille au Royaume-Uni.
06:19Elle est dans la chambre de son fils quand elle fait une vidéo pour lui répondre,
06:22en mode selfie, elle aussi, de façon un peu spontanée.
06:25Et qu'est-ce qu'elle dit ?
06:26Eh bien, elle lui répond que non, il n'y a pas du tout de complot du gouvernement contre les
06:31automobilistes.
06:32Nous savons très bien que la voiture, c'est un mode de transport indispensable,
06:36en particulier dès qu'on sort des villes.
06:37Notre politique en matière de voiture, elle est très simple.
06:40Plus de sécurité, moins de pollution, moins de changement climatique.
06:44On parle de 4 centimes d'euros par litre d'essence, de 7 centimes par litre de diesel.
06:49Tout le reste de l'augmentation, c'est l'augmentation du prix des carburants.
06:52Bon, la réponse n'est pas vraiment entendue.
06:53Il y a un point commun entre les deux interventions, celle de Priscilla Ludovski et celle de Jacqueline Mouraud ?
06:58Oui, c'est évident, c'est les réseaux sociaux.
07:00C'est en ça que ce mouvement est inédit.
07:03Comme d'autres, il a embrasé le pays, paralysé le pays.
07:06Mais là, cette fois, il est né sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Facebook.
07:11Il y a donc les messages de Priscilla Ludovski, de Jacqueline Mouraud.
07:15Il n'y a pas de mouvement politique derrière tout ça ?
07:17Non, à ce moment-là, on a enquêté pour savoir s'il y avait de l'instrumentalisation politique derrière tout
07:22ça.
07:22On a épluché les profils, notamment sur Facebook, bien sûr.
07:25Et on se rend compte que non, ils ne sont pas spécialement liés à des partis politiques.
07:30Le 25 octobre, le Parisien publie un article avec ce titre « Hausse des prix à la pompe, la grogne
07:35s'amplifie ».
07:35Et à ce moment-là, d'autres personnes se font connaître, parlent sur Facebook.
07:39Oui, on a notamment un chauffeur de Seine-et-Marne, Eric Drouet, lui aussi deviendra une des figures du mouvement,
07:44qui lance un groupe Facebook, encore le même réseau social.
07:48Là, il lance l'idée, avec d'autres, l'idée d'une journée de mobilisation.
07:53Et petit à petit, l'idée du 17 novembre va naître.
07:57Cette idée de journée de mobilisation va prendre.
08:00Et petit à petit, on va avoir des événements Facebook qui vont être créés,
08:04avec des gens qui vont se signifier participant à cet événement.
08:08À ce moment-là, on ne sait pas du tout l'ampleur que ça va prendre,
08:10mais il se passe quelque chose sur les réseaux sociaux.
08:15À ce moment-là, quelles sont les revendications ?
08:17Alors, le problème, c'est vraiment le prix des carburants.
08:20Et la cible, c'est notamment la taxe carbone.
08:23Ce n'est pas à cause d'elle que les prix à la pompe sont élevés,
08:27mais elle rassemble tous les ingrédients qui symbolisent la lutte contre la pollution,
08:32au détriment des petits pollueurs.
08:36Le 24 octobre, apparaît pour la première fois le symbole des Gilets jaunes.
08:39Oui, ça c'est encore un hasard.
08:41C'est un certain Giselin Coutard, un arbonnet de 36 ans,
08:45technicien de maintenance, qui fait 300 km par jour.
08:49Il a entendu parler de cette mobilisation du 17 novembre.
08:52Lui aussi est en colère.
08:53Lui aussi veut y participer.
08:55Et puis, en fait, il se rend compte que le gilet jaune que ses confrères et lui posent sur le
09:01tableau de bord
09:02entre deux chantiers est très visible et que ça ferait un bon signe de ralliement.
09:06Il tourne une vidéo en mode selfie dans son camion et il lance...
09:09On a tous un gilet jaune dans la bagnole.
09:11Foutez-le en évidence sur le tableau de bord, toute la semaine, jusqu'au 17.
09:15Un petit code couleur pour montrer que vous êtes d'accord avec nous, avec le mouvement.
09:19Et qui est chaud, qui est pas chaud, ça va motiver.
09:22Ça va dire, putain, on va croiser des gilets jaunes partout, là, sur le tableau de bord, c'est un
09:26signe.
09:26Ça va vraiment peut-être bouger, c'est pas que des paroles en l'air.
09:29Il a donné un symbole et même un nom au mouvement.
09:31Et les gilets jaunes, évidemment, il y en a dans toutes les voitures en France.
09:34C'est un symbole qu'on n'a même pas besoin d'acheter, qu'on a tous en voiture.
09:37Donc il suffit de le placer sur le tableau de bord pour montrer qu'on est d'accord avec ce
09:42qui est en train de se passer.
09:43Et cette vidéo de Giselin Coutard va être très relayée aussi.
09:46Ah oui, elle aussi, elle va faire des millions de vues en quelques jours, je crois, 5 millions de vues
09:50en 3 jours.
09:50Aurélie Rossignol, est-ce qu'à ce moment-là, vous vous dites que le mouvement est solide ou bien qu
09:54'il peut s'éteindre à tout moment ?
09:55On n'imagine pas l'ampleur, mais on sent quand même qu'il se passe quelque chose.
09:59Aux Parisiens, c'est vrai qu'on commence à se mettre sur Facebook et intégrer des groupes comme ça d
10:05'internautes qui se sont créés.
10:07Et on commence à voir déjà des leaders qui émergent.
10:12Valérie Hacot, vous êtes journaliste au service politique du Parisien.
10:15Le début du mois de novembre coïncide aussi avec un voyage du président Emmanuel Macron
10:20pour célébrer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.
10:23Emmanuel Macron se lance dans cet exercice pas très conventionnel de l'itinérance mémorielle.
10:27Direction Douaumont ensuite, site de recueillement incontournable de la Première Guerre mondiale.
10:32Emmanuel Macron passe les troupes en revue sur la nécropole qui compte pas moins de 16 000 tombes.
10:37Les combats ont fait ici 300 000 morts et 400 000 blessés.
10:41Ça se passe dans l'Est de la France.
10:43L'idée, c'est de commémorer les 100 ans de 14-18.
10:47Ça devait être un moment de communion entre le président et les Français.
10:50Et ça s'est pas exactement déroulé comme prévu.
10:52À chaque fois, il est interpellé.
10:53Vous sentez pas le malaise en France, Quimont ?
10:55Je sens le malaise.
10:56Mais si je veux apporter une vraie réponse, je suis obligé de changer les choses.
10:58Vous étiez trop jeune, vous n'avez pas connu, mais je vous réponds, vous étiez trop jeune.
11:01Il y a des manifestations, une femme aussi qui lui dit « vous nous massacrez ».
11:05Vous écrasez les gens tout de suite.
11:06Non, on n'écrase personne.
11:07Avec le carburant.
11:08Non, on n'écrase personne.
11:09Les gens ne peuvent plus aller travailler correctement.
11:10Non, alors, je vais vous dire.
11:11Là, vous avez raison, il faut accompagner parce que...
11:13Il faut faire quelque chose, là.
11:14Je l'ai dit.
11:14C'est pas possible.
11:16Effectivement, c'est un petit peu cette image du président des riches par rapport au peuple qui se dessine,
11:20alors que c'était évidemment tout sauf ce qui était recherché par l'Elysée avec ce voyage.
11:25Que cherche à faire l'Elysée à ce moment-là ?
11:26Eh bien, disons qu'on est un petit peu plus d'un an après l'élection d'Emmanuel Macron.
11:29Il y a effectivement ce contexte qui monte de gilets jaunes.
11:32Et on a cette volonté de permettre, en fait, une rencontre entre Emmanuel Macron et les Français
11:38qui sortent un petit peu des sentiers battus, de briser un petit peu la vitrine de verre entre le président
11:43et les gens.
11:44Le contre-exemple absolu pour Emmanuel Macron, c'est François Hollande qui s'est enfermé à l'Elysée.
11:49Donc, lui veut s'ouvrir, sortir, voir les gens et se confronter à eux.
11:53Et il y a même un Conseil des ministres décentralisé à Charleville-Mézières.
11:56Alors, c'est un petit peu un grand classique.
11:57Ça se fait dans l'itinérance mémoriale.
11:59Mais c'est vrai que le gouvernement, depuis le début du quinquennat, aime bien se délocaliser en province.
12:04Ça fait partie aussi de ces éléments de com' qu'ils font pour montrer qu'ils ne sont pas embastillés
12:08à Paris,
12:09mais qu'ils restent proches des gens.
12:10Est-ce qu'Emmanuel Macron a conscience de ce qui est en train de se passer en France à ce
12:15moment-là ?
12:15Disons que l'intérêt de ce périple, c'est que ça le met face à des Français, face aux réalités.
12:20En revanche, il n'est pas dit que l'information aille jusqu'à son gouvernement.
12:24Parce que c'est vrai que jusqu'au 17 novembre, le gouvernement, en tout cas le message qu'envoient les
12:29ministres,
12:30c'est que ce mouvement des Gilets jaunes ne va pas être un mouvement d'ampleur,
12:33que c'est sympa de se mobiliser sur les réseaux sociaux,
12:36mais que c'est une autre chose d'aller sur les ronds-points.
12:38Donc, officiellement, au sein du gouvernement, on s'attend à quelque chose qui ne sera pas massif.
12:47La première journée de mobilisation arrive le 17 novembre.
12:51Comment est-ce qu'elle se déroule ?
12:52Là, c'est un test, parce que jusque-là, le mouvement est virtuel.
12:55Né sur Facebook, on ne sait pas exactement ce que ça va donner.
12:58Mais dès le matin, on sent qu'il y a quelque chose.
13:01Un peu partout en France, on a des ronds-points qui sont bloqués, des péages et des gens dans la
13:06rue.
13:06Et beaucoup de monde ?
13:07À la fin de la journée, on dénombre un peu moins de 300 000 personnes.
13:11Ce sont des chiffres difficiles à vérifier, parce que comme le mouvement en face n'est pas organisé,
13:15ils sont incapables de fournir des chiffres officiels.
13:18Et que disent les principaux animateurs du mouvement au soir de cette première journée ?
13:22Les Gilets jaunes considèrent que c'est un succès, mais il y a quand même eu un drame dans cette
13:26journée,
13:27puisque en Savoie, une manifestante de 63 ans, Chantal Mazet,
13:31est écrasée sur un barrage filtrant par une automobiliste en panique.
13:35Et il y a eu plusieurs blessés aussi cette journée-là ?
13:37Oui, on dénombre au moins 200 blessés un peu partout en France.
13:40Et comment ça se passe à Paris ?
13:41À Paris, il y a eu une réelle tension, les Champs-Elysées sont envahis,
13:44et plusieurs manifestants essaient plusieurs fois d'approcher l'Elysée.
13:48Ils sont tenus à l'écart, mais il y a eu une vraie tension jusque tard dans la nuit.
13:53À la fin de la journée, on dénombre une centaine d'interpellations.
13:57Donc là, on se rend compte qu'il y a beaucoup de Français qui ont été manifestés à travers le
14:02pays.
14:02Que se dit le gouvernement à ce moment-là ?
14:03Le gouvernement se pose des questions, se demande si ça va être pérenne ou pas.
14:07Ça, c'est quand même la première question.
14:08La première réaction, c'est aussi d'essayer de décrédibiliser le mouvement,
14:12de faire valoir que c'est des gens qui sont un petit peu extrêmes,
14:15qui sont un petit peu racistes aussi, ça on l'entend quand même beaucoup,
14:17qui ne sont pas représentatifs des Français.
14:19Mais très vite, le gouvernement se rend quand même compte
14:22que dans les sondages et dans les enquêtes d'opinion,
14:24l'opinion publique française adhère plutôt au mouvement.
14:26Donc ça, c'est vraiment ce qui les embête.
14:28Ce n'est pas tant le nombre de personnes sur les ronds-points,
14:30c'est le fait qu'il y ait des sondages.
14:31Mais au départ, le gouvernement se dit, ça ne va pas tenir,
14:34on va réussir à s'en sortir, on reste droit dans nos bottes,
14:37on est sûr de nos mesures, sûr de notre bon droit et on ne bouge pas du tout.
14:40Jusque-là, les manifestants parlaient du 17 novembre
14:42comme d'une journée de mobilisation sans évoquer de suite.
14:45Qu'est-ce qui se passe après ?
14:45Très vite, dès le soir, il est question d'une nouvelle mobilisation,
14:50le samedi suivant, pour un samedi jaune.
14:53C'est le point de départ d'une mobilisation qui va tenir comme ça
14:56jusqu'à au moins l'été 2019.
14:58Et tous les samedis vont être rythmés par les Gilets jaunes.
15:05Merci à Aurélie Rossignol et Valérie Hacot.
15:13Dans le prochain épisode de notre série anniversaire Gilets jaunes,
15:16les violences du 1er décembre.
15:18Cet épisode a été conçu, préparé et produit par Clara Garnier-Amouroux,
15:23réalisation Benoît Gilon et Alexandre Ferreira.
15:27Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
15:29Nous sommes disponibles sur toutes les applications de podcast,
15:32mais aussi Deezer et Spotify.
15:34Vous pouvez dialoguer avec nous par Twitter
15:36ou à l'adresse codesource.fm.
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