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Un chantier titanesque, des espoirs et des craintes, une météo capricieuse… Retour sur l'un des paris les plus risqués de ces jeux. Code source retrace ce feuilleton avec trois journalistes de l’édition de Paris du Parisien : Pauline Darvey, Paul Abran et Alexis Bisson.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy, Camille Ruiz et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Théo Risacher - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : INA.

#jeuxolympiques2024 #seine #baignade

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Raphaël Pueyo pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Il y a dix ans, la maire de Paris, Anne Hidalgo, faisait cette promesse en vue des JO de 2024,
00:18rendre la saigne baignable pour les athlètes, mais aussi pour les parisiens.
00:22Aujourd'hui, alors que les Jeux Olympiques débutent dans la capitale, où en est la dépollution du fleuve ?
00:27Est-il possible de se baigner sans risque pour la santé ?
00:30Est-ce que les épreuves de natation pourront se tenir normalement dans la Seine ?
00:34Et est-ce que les parisiens pourront eux aussi en profiter après les JO ?
00:38Aujourd'hui dans Codesources, on revient sur les derniers rebondissements de ce Paris-Fout d'Anne Hidalgo
00:42avec trois journalistes du Parisien, Pauline Darvé, Alexis Bisson et Paul Abram.
00:58La maire de Paris en combinaison qui va dans la Seine, les pieds en avant, vous la voyez sur l
01:06'échelle.
01:06Notre récit commence le mercredi 17 juillet 2024 à Paris.
01:11En fin de matinée, un cortège de photographes, de journalistes et de caméramans
01:15entoure Anne Hidalgo sur le quai des Célestins.
01:18Alexis Bisson, vous êtes sur place pour le Parisien.
01:21Quelle est l'atmosphère ce jour-là ?
01:22Moi j'arrive sur place sur les coups de 9h, il fait très beau, il fait même chaud.
01:27Il y a déjà beaucoup de monde, beaucoup de touristes et beaucoup de parisiens qui sont postés sur des quais
01:31de Seine.
01:31On a en décor le pont de Sully, donc vraiment l'image de carte postale de Paris.
01:38Il y a tous ces journalistes qui sont déjà en train de s'activer, en train de faire leur premier
01:42direct pour les matinales.
01:44On sent une vraie effervescence.
01:46Je suis à côté d'une présentatrice star de CNN, j'ai la télé australienne à côté, la télé chinoise.
01:52Et donc toutes les caméras sont braquées sur la maire de Paris, Anne Hidalgo,
01:55qui s'apprête donc à réaliser cette promesse qui est de se baigner dans la Seine.
02:00Juste après, la maire de Paris, Anne Hidalgo, se jette à l'eau.
02:03Comment réagissent les gens autour d'elle ?
02:05C'est comme un dénouement, il y a des applaudissements, il y a des hurrahs qu'on entend un peu
02:10partout.
02:11Alors à la fois de son équipe de la ville de Paris qui est très présente et on sent qu
02:15'il y a beaucoup de soulagement, beaucoup de joie.
02:16Mais il y a aussi beaucoup d'applaudissements qui viennent des quais et du pont.
02:20Bon, la baignade va être brève, mais elle apprécie le moment.
02:23Elle a conscience du défi qu'elle vient d'accomplir et on la sent plutôt heureuse sur les images.
02:30Alexis Bisson, vous avez pu tester par vous-même la température de l'eau en vous baignant dans la Seine.
02:34On va y revenir, mais d'abord, pour comprendre pourquoi cette baignade d'Anne Hidalgo dans la Seine est vécue
02:40comme un événement,
02:41il faut revenir plusieurs années en arrière.
02:43En mai 2016, Pauline Darvé, cette année-là, la maire de Paris fait une promesse devant les caméras.
02:49Oui, elle s'engage à améliorer la qualité de la Seine et à la rendre à la baignade.
02:55C'est un engagement qu'on trouve dans un plan d'action qui compte 43 mesures
02:59et qui est acté dans le cadre de la candidature de Paris pour organiser les JO de 2024.
03:06L'idée, c'est que si Paris remporte l'organisation des JO, des épreuves pourront se tenir dans le fleuve,
03:13notamment de natation marathon ou de triathlon.
03:16Ensuite, Anne Hidalgo veut que la baignade puisse s'ouvrir au grand public dans la foulée des JO.
03:21Comment réagissent les journalistes et les élus d'opposition à l'époque ?
03:25Il y a pas mal de scepticisme parce que la baignade dans la Seine, c'est vraiment le serpent de
03:29mer.
03:2930 ans plus tôt, Jacques Chirac, qui était alors maire de Paris, faisait déjà la promesse d'améliorer la qualité
03:36de l'eau de la Seine
03:37et même de s'y baigner.
03:38Au dernier recensement, plus de 25 poissons différents trouvaient des conditions de vie adéquates dans la Seine.
03:44Voilà pourquoi j'affirme que l'on peut rendre un fleuve propre.
03:48Et j'ai d'ailleurs indiqué que dans trois ans, j'irai me baigner dans la Seine devant témoin
03:52pour montrer que la Seine est devenue un fleuve propre.
03:56Donc finalement, il n'a jamais enfilé son maillot de bain.
03:59Tout le monde se dit que c'est un peu le pari impossible.
04:02La baignade dans la Seine est interdite depuis 1923.
04:05Il y a quelques compétitions sportives qui s'y sont tenues.
04:09Mais globalement, même si la qualité de l'eau s'est améliorée depuis les années 90,
04:15la pollution bactériologique, notamment du fleuve, est toujours assez importante.
04:20Et en tout cas, on est encore assez loin des normes réglementaires.
04:23Paul Abran, en 2016, dans quel état se trouve la Seine ?
04:27Dans la Seine, il y a la présence de bactéries qui indiquent une contamination fécale,
04:32ce qui empêche la baignade, pour des raisons évidentes de pollution.
04:35Ces bactéries, c'est les chérichia coli et les entérocoques.
04:39Et celles-là, elles sont dues à des rejets d'eau usée dans la Seine.
04:41Alors pourquoi il y a des rejets d'eau usée dans la Seine ?
04:43Dès qu'il pleut, le réseau d'assainissement de la ville de Paris est un peu surchargé.
04:47Donc on ouvre les vannes et on déverse dans la Seine.
04:50Et c'est ce qui provoque en grande partie la pollution du fleuve.
04:53Et ça, c'est déjà rentré dans les consciences des autorités publiques,
04:58notamment la ville de Paris.
05:00Depuis les années 70, il y a un énorme projet de mutation, d'amélioration,
05:04de modernisation du réseau d'assainissement francilien,
05:07qui a déjà un peu porté ses fruits.
05:09Parce qu'en 2016, certes, l'eau de la Seine est polluée,
05:12mais elle est beaucoup moins que 10, 20, 30 ans avant.
05:16Et ça, on le voit notamment par le nombre d'espèces de poissons qui sont de retour.
05:20On en compte une trentaine alors au milieu des années 2010,
05:22alors que dans les années 90, à peine une dizaine.
05:25À ce moment-là, en 2016, si on se baigne dans la Seine,
05:29quelles sont les maladies qu'on peut attraper ?
05:31Ça peut très bien être des réactions cutanées plus ou moins importantes,
05:34des vomissements, des gastros.
05:36Mais ça peut aller encore plus loin avec des maladies comme la leptospirose,
05:40qui est une maladie transmise par les rats.
05:42Un an après, Paris décroche l'organisation des JO 2024.
05:46Trois épreuves sont prévues dans la Seine, juste devant la Tour Eiffel.
05:49La nage en eau libre, le triathlon et le paratriathlon.
05:52D'énormes travaux de dépollution financés par l'État
05:55et les collectivités sont lancées.
05:57Paul Abran, quelles sont les principales étapes du chantier ?
06:01C'est un gros coup d'accélérateur qui va être porté à ce projet un peu fou
06:04de dépolluer l'eau de la Seine et de la rendre baignable.
06:07Donc il y a 1,4 milliard d'euros qui sont prévus pour mener à bien ce défi un peu
06:12hors norme,
06:13dont 700 millions financés par l'État.
06:16Ça comporte donc plusieurs axes qui vont être menés pendant 7 ans.
06:19La construction d'ouvrages pour dépolluer l'eau en amont et en aval.
06:23Un bassin de stockage énorme au niveau d'Austerlitz
06:26qui permet de collecter les eaux de pluie en cas de forte averse
06:30et d'éviter qu'elles se mêlent un peu aux eaux usées de la ville
06:33et qu'elles soient reversées dans la Seine.
06:35Et puis d'autres étapes vont être menées un peu plus significatives
06:38mais qui ont aussi leur importance,
06:39comme le raccordement de tous les bateaux, péniches, logements, etc.
06:43qui sont sur le fleuve et qui jusqu'à présent déversent leurs eaux usées dans la Seine.
06:49L'un des autres chantiers de la mairie de Paris,
06:51c'est aussi la bataille de l'opinion.
06:53Il faut pouvoir convaincre les Parisiens et les Parisiennes
06:56de se baigner sans risque dans la Seine.
06:58C'est l'un des objectifs des épreuves test de natation et de triathlon
07:01qui sont organisées à Paris en août 2023.
07:05Pauline Darvé, un an avant les JO, est-ce que ce test est rassurant ?
07:09Pas vraiment, puisque début août,
07:11il y a d'abord des épreuves de natation-marathon
07:13qui sont prévues dans la Seine.
07:15Et en fait, toutes les épreuves vont devoir être annulées,
07:17donc les épreuves hommes comme les épreuves femmes.
07:20À ce moment-là, il pleut beaucoup à Paris
07:22et donc ce sont les intempéries qui dégradent la qualité de l'eau.
07:27Puis à partir de mi-août,
07:29là ce sont des épreuves de triathlon
07:30qui doivent se tenir dans le fleuve.
07:32Le soleil est de retour, il fait chaud,
07:35donc tout va bien.
07:36Les premières épreuves peuvent enfin se tenir dans le fleuve,
07:39sauf que trois jours plus tard,
07:41les épreuves de relais mixtes doivent à nouveau être annulées.
07:47La qualité de l'eau est à nouveau dégradée
07:49et là, sur le moment,
07:50les organisateurs ne comprennent pas ce qui se passe.
07:53Et puis après quelques jours d'investigation,
07:55ils finissent par se rendre compte que
07:56cette pollution est liée à un clapet d'égout
07:59qui était mal refermé.
08:00Donc voilà, c'est un problème technique
08:02qui a engendré cette pollution.
08:04Après cet échec,
08:06quel est le discours tenu par les organisateurs
08:08et la mairie de Paris ?
08:09Les organisateurs et la ville de Paris,
08:11comme l'État, gardent la même ligne,
08:13à savoir on sera prêt pour les JO,
08:16tout va bien,
08:17la qualité de l'eau s'améliore,
08:20il y a eu des précipitations exceptionnelles,
08:22mais on sera au rendez-vous des Jeux,
08:24il n'y a pas de plan B,
08:25le seul plan B,
08:26ce sont les épreuves dans la Seine.
08:27Début 2024,
08:29Anne Hidalgo l'annonce officiellement,
08:31elle promet de se baigner dans la Seine
08:33avant le début des JO.
08:34Emmanuel Macron fait aussi cette promesse,
08:36sans donner de date,
08:37mais le lundi 8 avril,
08:39à 4 mois des épreuves,
08:41une ONG publie un rapport alarmant.
08:43Paul Abran,
08:44que dit ce rapport ?
08:45Alors cette ONG,
08:46c'est Surf Rider Foundation,
08:47c'est une association militante
08:48qui oeuvre pour la défense des océans,
08:50des cours d'eau,
08:51dont la Seine.
08:52Et à l'approche des JO,
08:54ils se sont mis à réaliser régulièrement
08:56des prélèvements dans la Seine
08:58pour mesurer la qualité de l'eau.
09:00Ils en ont réalisé entre septembre 2023
09:03et mars 2024,
09:04une quinzaine au niveau du pont Alexandre III
09:06et du pont de l'Alma.
09:07Et en fait,
09:08les mesures qu'ils en tirent
09:09sont plutôt alarmantes
09:10parce qu'elles sont largement au-dessus
09:13des seuils fixés
09:13en matière de contamination bactériologique
09:16par la Fédération Nationale de Natation.
09:20Comment se défendent les autorités
09:22après la publication de ce rapport ?
09:24La préfecture de région Île-de-France
09:26évoque l'argument principal
09:27qui est la météo.
09:29Le début d'année 2024
09:29a été catastrophique
09:31à Paris et même ailleurs.
09:32Et donc,
09:33le préfet de région Marc Guillaume
09:34leur rappelle,
09:35les conditions météorologiques
09:36de ce début d'année
09:37n'étaient pas celles d'un été,
09:39à juste titre.
09:40Et que,
09:41deuxième argument,
09:42c'est le fait que
09:43tous les ouvrages,
09:45les usines de dépollution de l'eau
09:46ou le bassin d'Austerlitz,
09:48tous ces travaux
09:49qui ont été menés
09:49dans le cadre du pôle en baignade
09:50n'étaient pas encore finalisés
09:51en mars 2024.
09:53Et de son côté,
09:54la ville de Paris
09:55se veut même rassurante
09:57et elle partage
09:58les résultats de l'été précédent
09:59en 2023.
10:00En fait,
10:00sur la totalité de l'été,
10:01les épreuves de baignade
10:03dans la Seine
10:03auraient pu se tenir
10:04sur 70% des jours
10:06sur une durée
10:07où les résultats
10:08étaient positifs.
10:09En tout cas,
10:09les seuils n'étaient pas dépassés.
10:11Le jeudi 2 mai,
10:11un bassin de stockage
10:12est inauguré
10:13au niveau de la gare
10:14d'Austerlitz.
10:15Cet ouvrage est au cœur
10:16du chantier de dépollution
10:17de la Seine.
10:18Pauline Darvé,
10:19vous avez pu le visiter
10:20à plusieurs reprises
10:21lors de sa construction.
10:22D'abord,
10:23à quoi ça ressemble
10:25c'est comme une immense cathédrale
10:27qui a été creusée
10:28à 30 mètres sous terre
10:30et qui est ponctuée
10:32d'une dizaine de piliers.
10:34C'est un gigantesque bassin
10:36construit en béton
10:37qui a une constance
10:39de 50 000 mètres cubes.
10:40C'est l'équivalent
10:41de 20 piscines olympiques.
10:42Quel est le rôle
10:43de ce bassin de stockage ?
10:44Ce bassin de stockage,
10:46il va permettre
10:46de limiter la pollution
10:48en cas d'intempéries.
10:50Ce qu'il faut comprendre,
10:50c'est que quand il pleut
10:51à Paris,
10:52les eaux de pluie
10:53s'infiltrent
10:54dans le réseau d'égouts
10:55via les bouches d'égouts.
10:57Le niveau monte
10:59petit à petit
10:59dans les tuyaux.
11:01Pour éviter
11:02que ce mélange
11:03d'eau de pluie
11:03et d'eau usée
11:04ne déborde dans les rues,
11:05c'est jusqu'à présent
11:06la Seine qui sert
11:07de soupape.
11:08Ça veut dire
11:08qu'il y a des bactéries fécales
11:10qui se retrouvent
11:11dans le fleuve.
11:12Le bassin d'Austerlitz
11:14va permettre
11:15de limiter
11:16ces rejets
11:17d'eau usée
11:18et d'eau de pluie.
11:19Une partie de l'eau
11:20va pouvoir être stockée
11:21dans ce bassin
11:22jusqu'à 50 000 m3.
11:24Sur place,
11:25malgré la fierté
11:25affichée par la mairie
11:26de Paris
11:27et ses équipes,
11:28certains vous font part
11:29de leurs doutes
11:30et remettent même en question
11:31l'utilité de ce bassin.
11:32Oui,
11:33la question qui se pose,
11:34c'est notamment
11:35la capacité de stockage
11:36de ce bassin
11:37parce que 50 000 m3,
11:39c'est à la fois
11:39beaucoup
11:40et en même temps
11:41très peu
11:41puisque
11:41en cas de gros orages
11:43par exemple,
11:44le bassin ne va pas
11:45permettre d'empêcher
11:46des déversements
11:47d'eau usée
11:48et d'eau de pluie
11:48dans la Seine.
11:50Donc,
11:50une des questions
11:51qui se pose,
11:51c'est est-ce que ça valait
11:52le coup d'investir
11:53autant d'argent
11:54dans ce type d'ouvrage,
11:55en l'occurrence 90 millions
11:56d'euros pour le bassin
11:58d'Austerlitz ?
11:59Et puis,
11:59l'autre aspect,
12:00c'est celui de la bétonisation,
12:01c'est-à-dire qu'on construit
12:02des ouvrages en béton
12:03qui contribuent à
12:06imperméabiliser
12:06un peu plus le sol
12:08alors que certains élus
12:11écolos notamment,
12:12eux disent qu'une solution
12:14à long terme,
12:15ce serait au contraire
12:16de désimperméabiliser
12:18le sol,
12:19c'est-à-dire de faire
12:19de plus en plus
12:20de surfaces de pleine terre
12:21pour que l'eau de pluie
12:24puisse s'y infiltrer.
12:26À Paris,
12:27c'est ce à quoi
12:28s'emploie
12:29la majorité socialiste,
12:31mais ce n'est évidemment
12:33pas suffisant
12:33pour contenir
12:34toutes les eaux de pluie
12:36qui s'abattent sur la ville.
12:37Fin mai,
12:38Anne Hidalgo annonce
12:39qu'elle se baignera
12:40dans la Seine
12:40le 23 juin
12:41avant d'annuler
12:42quelques jours plus tard.
12:43Pauline Darvé,
12:45quelle est la raison
12:45avancée par la maire
12:46de Paris
12:47et comment est perçue
12:48cette annulation ?
12:49Pendant plusieurs jours,
12:50il y a des rumeurs
12:51qui disent qu'à cause
12:52des conditions météo,
12:54Anne Hidalgo se baignera
12:55certainement plus tard
12:56et puis elle finit
12:58par officialiser
12:59ce report
13:00et cette fois-ci,
13:01ce n'est plus à cause
13:02des conditions météo
13:03mais à cause
13:04de la dissolution
13:05qui a été prononcée
13:06par Emmanuel Macron
13:08le 30 juin.
13:09Certains ironisent,
13:10comme Rachida Dati
13:11qui dit que la dissolution
13:14a sauvé
13:15Anne Hidalgo
13:16de la baignade,
13:16il y a un peu ce côté
13:17bon bah,
13:18encore une fois,
13:19la promesse
13:20impossible à tenir
13:21qui est reportée
13:23à chaque fois
13:24et puis à ce moment-là,
13:25on est en plein
13:25cataclysme politique,
13:27on ne sait pas
13:28comment cette dissolution
13:30va impacter
13:31l'organisation
13:32des JO
13:33et encore moins
13:34les épreuves
13:35de natation
13:36dans la Seine.
13:39Pendant ce temps,
13:40l'ONG Surfrider Foundation
13:41continue de publier
13:43des rapports alarmants.
13:44Pauline Darvé,
13:45comment riposte
13:46la mairie de Paris ?
13:47Depuis plusieurs mois,
13:48la ville de Paris
13:49comme la préfecture
13:50de région
13:51sont assez critiquées
13:52sur le manque
13:52de transparence
13:53liée à la qualité
13:54de l'eau de la Seine,
13:55c'est-à-dire que les résultats
13:56ne sont pas accessibles
13:58pour le grand public
13:59et donc ils annoncent
14:00qu'à partir du 1er juin,
14:03ils vont publier
14:04chaque semaine
14:04un bulletin météo
14:05de la Seine
14:06à savoir les résultats
14:08des analyses
14:08qui ont été faites
14:09la semaine précédente
14:11et donc à partir
14:12de ce moment-là,
14:13ça devient le rituel
14:14chaque semaine
14:15d'aller consulter
14:16ces résultats.
14:18Et donc,
14:18que donnent
14:18ces premiers résultats ?
14:19Eh bien,
14:20ils sont assez mauvais
14:21puisque les limites
14:22réglementaires
14:23sont dépassées
14:23quasiment tous les jours
14:25et il faut attendre
14:26le 4 juillet
14:28pour avoir enfin
14:29des résultats
14:31positifs
14:31plusieurs jours
14:32d'affilée
14:33et c'est aussi
14:34lié au retour
14:35du soleil
14:36à Paris.
14:37À quelques semaines
14:38des épreuves olympiques
14:39de triathlon
14:40et de nage en eau libre,
14:41est-ce que les athlètes
14:42sont inquiets ?
14:43Alors moi,
14:44je n'ai pas eu directement
14:45des athlètes
14:46pour évoquer le sujet.
14:47Par contre,
14:48j'ai pu interroger
14:49Stéphane Leca,
14:50qui est le directeur
14:51de l'équipe de France
14:52de natation
14:52en eau libre
14:53et lui,
14:54en tout cas,
14:55il répète
14:55qu'il n'est absolument
14:56pas inquiet,
14:57il est même assez agacé
14:58par la médiatisation
14:59voire la surmédiatisation
15:01du sujet
15:02et il explique
15:03que c'est à chaque fois
15:04la même polémique
15:05qui revient
15:07sur la qualité de l'eau.
15:08Donc ça a été le cas
15:09à Rio,
15:10ça a été le cas à Tokyo,
15:11ça a été le cas à Londres
15:12et lui,
15:13il explique que les athlètes
15:13sont habitués à nager
15:15dans des eaux
15:16partout dans le monde,
15:18parfois avec des conditions
15:19sanitaires
15:20qui sont moins bonnes
15:21que celles de la Seine
15:22à Paris.
15:23et donc il rappelle
15:24que sa seule préoccupation
15:26c'est la performance
15:28des athlètes.
15:29Le vendredi 5 juillet,
15:31le président du comité
15:32d'organisation des JO,
15:33Tony Estanguet,
15:35dévoile un plan B
15:36en cas d'annulation
15:36des épreuves olympiques
15:37dans la Seine.
15:38Paul Abran,
15:39est-ce que c'est vu
15:40comme un aveu d'échec ?
15:41C'est pas vu
15:42comme un aveu d'échec
15:43parce que finalement
15:44c'était pas sorti avant
15:46mais l'organisation des Jeux
15:48avait réfléchi
15:49à des solutions
15:50en cas de météo
15:52désastreuses
15:53pendant les JO.
15:54Cet effet un peu
15:55tiens on se pose
15:56des questions
15:57est-ce que...
15:58ça soulève
15:59de nouvelles interrogations
16:00là où la communication
16:02était très sereine
16:03sur ça va le faire,
16:06les ouvrages ont été construits,
16:07la dépollution de la Seine
16:08est en bonne voie.
16:09Le fait d'annoncer
16:10des plans B
16:10à quelques jours
16:11du coup d'en haut
16:11de la compétition
16:12ça marque un coup
16:13en tout cas dans la confiance
16:14et ça peut soulever
16:16des questions
16:16à quelques jours
16:17de la compétition.
16:20Alexis Bisson,
16:21que fait la ministre des Sports
16:22Amélie Oudea-Castera
16:24une semaine plus tard
16:25le samedi 13 juillet
16:26à Paris ?
16:27Le 13 juillet
16:27à la surprise générale
16:28la ministre des Sports
16:31choisit de se baigner
16:32dans la Seine.
16:34Amélie Oudea-Castera
16:35a souhaité griller
16:37la politesse
16:37à sa rivale
16:38Anne Hidalgo.
16:39Pour la ministre des Sports
16:40les images sont
16:41assez désastreuses
16:42on la voit
16:42qui s'élance
16:43et qui glisse
16:44et qui ne maîtrise pas
16:45du tout son entrée
16:45dans la Seine.
16:46On la voit faire la planche
16:48et crier
16:48et un peu surjouer
16:49l'événement.
16:51C'est des images
16:52qui au début
16:52vont beaucoup déplaire
16:53à Anne Hidalgo
16:54voire carrément
16:56la fâchée
16:56avant très vite
16:58de relativiser
16:59et elle se dit
16:59qu'elle ferait
17:00forcément mieux
17:01une semaine plus tard
17:02le 17 juillet.
17:03Ce mercredi 17 juillet
17:05vous assistez donc
17:06à la baignade
17:06d'Anne Hidalgo
17:07dans la Seine.
17:08Alexis Bisson
17:09pourquoi cette baignade
17:10de la mer de Paris
17:11est présentée
17:12comme un événement ?
17:13Cette baignade
17:14ça fait des mois
17:15maintenant qu'on en parle
17:15elle a même été repoussée
17:17à plusieurs reprises
17:19Jacques Chirac
17:20ne se sera finalement
17:21jamais baigné
17:21dans la Seine
17:22mais en tout cas
17:23Anne Hidalgo
17:24quand elle se baigne
17:25ce jour-là
17:25elle a bien en tête
17:27la promesse
17:27de Jacques Chirac.
17:28J'ai une pensée
17:29pour Jacques Chirac
17:30aujourd'hui
17:31parce que
17:32très sincèrement
17:32je crois qu'il avait
17:34très envie
17:34de se baigner
17:35dans la Seine
17:35et vous voyez
17:37parfois ça met
17:37un peu de temps
17:38mais je veux penser
17:39à lui
17:40parce qu'aujourd'hui
17:41nous le faisons.
17:42Elle sait qu'elle réalise
17:43une vieille promesse
17:44une vieille
17:45de presque 40 ans.
17:47Pour la mer de Paris
17:48Anne Hidalgo
17:48cette baignade
17:49est donc un enjeu politique
17:51mais c'est aussi
17:51un enjeu symbolique
17:52pour les Jeux Olympiques.
17:53Il y a une carte postale
17:55vraiment parfaite
17:56et on sent
17:56qu'Anne Hidalgo
17:57veut envoyer
17:58une belle image
18:00aux caméras
18:00du monde entier.
18:01Ce que moi je ressens
18:02en tout cas
18:03c'est que le coup d'envoi
18:04des JO
18:04il est donné
18:05ce jour-là
18:06sur les quais de Seine.
18:07Juste après
18:07la prise de parole
18:08d'Anne Hidalgo
18:09vous avez pu vous baigner
18:10dans la Seine
18:11alors Alexis Bisson
18:13racontez-nous
18:13comment ça s'est passé
18:14cette première baignade
18:15dans la Seine.
18:16ça s'est super bien passé
18:18je dois être honnête
18:19et dire que j'avais
18:19une fine combinaison
18:22mais c'est vrai
18:22que je me suis tout de suite
18:23senti très bien
18:24ce qui moi m'a interpellé
18:26je me suis fait la réflexion
18:27quand j'étais en train
18:28de me baigner
18:29en train de faire la planche
18:30avec le pont de Sully
18:32et les quais de Seine
18:33sous un grand soleil
18:34c'est qu'en fait
18:35j'ai très vite oublié
18:36que j'étais dans ce fleuve
18:37qu'est la Seine
18:38et un fleuve
18:38qui est souvent décrié
18:39pour sa saleté
18:41je me sentais bien
18:42je serais bien resté
18:43un peu plus longtemps
18:45s'il n'y a pas eu
18:45ce courant très fort
18:47qui m'a vite contraint
18:48à regagner la berge
18:51Anne Hidalgo
18:51est peut-être en passe
18:52de réussir son pari
18:53pris en 2016
18:55trois sites de baignade
18:56doivent ouvrir
18:57dans la Seine
18:57dès l'été prochain
18:59Pauline Darvé
18:59est-ce que cela veut dire
19:00que l'image de la Seine
19:01est en train de changer
19:03dans l'esprit
19:04des parisiens
19:04et des parisiennes ?
19:05certainement oui
19:07même s'il y a encore
19:08beaucoup de réticences
19:09quand on interroge
19:10les parisiens
19:11beaucoup nous disent
19:12que jamais
19:13n'iront se baigner
19:14dans la Seine
19:16mais en même temps
19:16on peut imaginer
19:17que les derniers épisodes
19:18avec la baignade
19:20de Dan Hidalgo
19:20la future baignade
19:23des athlètes
19:24on peut imaginer
19:25que tout ça
19:25va faire évoluer
19:27leur regard
19:27depuis 2017
19:29il est déjà possible
19:30de se baigner
19:31dans le bassin
19:31de la Villette
19:32donc dans le nord de Paris
19:34dans le 19ème arrondissement
19:35au départ
19:36il y avait aussi
19:37pas mal de scepticisme
19:38et puis finalement
19:39on se rend compte
19:39été après été
19:40que ce sont des zones
19:41de baignade
19:41qui rencontrent
19:42un assez grand succès
19:43donc on peut imaginer
19:45que si la baignade
19:46ou bien au grand public
19:47en 2025
19:48on peut imaginer
19:49que ces zones de baignade
19:51auront aussi
19:51un certain succès
19:52même si certains parisiens
19:54n'iront sans doute jamais
20:07merci à Pauline d'Harvey
20:08Alexis Bisson
20:09et Paul Abran
20:10cet épisode a été produit
20:12par Barbara Gouy
20:13et Camille Ruiz
20:15réalisation
20:16théorisachée
20:17si vous aimez
20:18Code Source
20:18parlez-en autour de vous
20:20et puis pendant
20:21ces Jeux Olympiques
20:21n'hésitez pas
20:22à rattraper
20:23les épisodes du Sacre
20:24notre podcast
20:25où des médaillés d'or
20:26se confient au micro
20:27d'Anne Lorbonnet
20:27ne ratez pas non plus
20:29Crime Story
20:29le podcast fait divers
20:31du parisien
20:32et sa série
20:33en 6 épisodes
20:33sur l'affaire Dupont
20:34de Ligonnès
20:35déjà disponible
20:36en intégralité
20:37sur toutes les plateformes
20:39d'écoute
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