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Candidate déclarée depuis plus d’un mois et investie par les socialistes à la mi-octobre, la maire de Paris connaît un début de campagne difficile. Au PS, certains cadres et militants sont inquiets. Récit.
Dans ce podcast : Des promesses qui peinent à convaincre et des sondages en baisse, le début de campagne d'Anne Hidalgo est compliqué depuis qu'elle s'est officiellement déclarée le dimanche 12 septembre à Rouen au point que certains au PS parlent d'un accident industriel et que les verts rêvent déjà de la voir rallier leur candidat Yannick Jadot.
Anne Hidalgo s'appuie sur ce qu'elle appelle l'équipe de France des maires par exemple le maire de Nancy Matthieu Klein qui est en charge de son projet, la maire de Nantes Johanna
Rolland qui est sa directrice de campagne. Il y a aussi le maire de Montpellier Michaël Delafosse, la présidente de la région Occitanie Carole Delga. Elle veut s'appuyer sur la nouvelle génération du PS qui a notamment remporté les élections en 2020 et aux régionales en 2021 et pas sur les éléphants historiques du parti socialiste…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Clara Garnier-Amouroux, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : Cnews, BFMTV, RTL.
#annehidalgo #PS #présidentielle
Dans ce podcast : Des promesses qui peinent à convaincre et des sondages en baisse, le début de campagne d'Anne Hidalgo est compliqué depuis qu'elle s'est officiellement déclarée le dimanche 12 septembre à Rouen au point que certains au PS parlent d'un accident industriel et que les verts rêvent déjà de la voir rallier leur candidat Yannick Jadot.
Anne Hidalgo s'appuie sur ce qu'elle appelle l'équipe de France des maires par exemple le maire de Nancy Matthieu Klein qui est en charge de son projet, la maire de Nantes Johanna
Rolland qui est sa directrice de campagne. Il y a aussi le maire de Montpellier Michaël Delafosse, la présidente de la région Occitanie Carole Delga. Elle veut s'appuyer sur la nouvelle génération du PS qui a notamment remporté les élections en 2020 et aux régionales en 2021 et pas sur les éléphants historiques du parti socialiste…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Clara Garnier-Amouroux, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Des promesses qui peinent à convaincre et des sondages en baissent.
00:16Le début de campagne d'Anne Hidalgo est compliqué depuis qu'elle s'est officiellement déclarée le dimanche 12 septembre
00:21à Rouen,
00:22au point que certains OPS parlent d'un accident industriel et que les Verts rêvent déjà de l'avoir rallié
00:29leur candidat, Yannick Jadot.
00:31Cet épisode de Codesources est raconté par Yannick Halimi et Julien Duffet du service politique du Parisien.
00:45Le mardi 7 septembre, Yannick Halimi vous révélait dans Le Parisien comment Anne Hidalgo va se déclarer candidate à la
00:52présidentielle.
00:522022, ce sera dans un discours en Normandie, à Rouen, avec un 20 heures dans la foulée.
00:58D'abord, qu'est-ce qui a permis à Anne Hidalgo de devenir une candidate potentielle ?
01:03C'est tout simplement parce que c'est la personnalité socialiste qui est la plus visible et qui a une
01:08notoriété extrêmement importante.
01:11Elle a une image de synthèse entre l'écologie et la social-démocratie.
01:16Elle s'appuie sur un réseau d'élus locaux, d'élus municipaux extrêmement important.
01:20Et puis, il faut reconnaître également que c'est une candidate par défaut.
01:28Dans les sondages, elle n'est créditée que de 7 à 9% des intentions de vote.
01:33Et Anne Hidalgo est obligée de se lancer plus tôt que prévu.
01:37Julien Duffet.
01:37Oui, parce que ça bouge sur le reste de l'échiquier politique à gauche et qu'Anne Hidalgo a peur
01:43tout simplement de se faire prendre de vitesse.
01:45Il y a d'abord les écologistes qui sont engagés dans leur primaire, qui commencent à débattre, ce qui leur
01:48offre de la visibilité.
01:50Et puis, il y a aussi l'ancien ministre de France Hollande, Arnaud Montebourg, qui se déclare le 4 septembre
01:55dans sa ville natale de la Nièvre.
01:57Donc, la maire de Paris est invitée par ses plus proches à accélérer le tempo, alors qu'elle prévoyait, en
02:03tout cas publiquement, c'est ce qu'elle disait, de ne se déclarer qu'en octobre.
02:06Anne Hidalgo, elle s'appuie sur qui dans cette campagne ?
02:08En fait, elle s'appuie sur ce qu'elle appelle l'équipe de France des maires.
02:12Par exemple, le maire de Nancy, Mathieu Klein, qui est en charge de son projet.
02:15La maire de Nantes, Johanna Roland, qui est sa directrice de campagne.
02:19Il y a aussi le maire de Montpellier, Mickaël Delafosse.
02:21Il y a la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
02:24Elle veut s'appuyer sur la nouvelle génération d'UPS, qui a notamment remporté les élections en 2020 et au
02:31régional en 2021.
02:33Et pas sur les éléphants historiques du Parti Socialiste.
02:36Son discours de Rouen, qui approche dans quelques jours, est présenté par son entourage comme décisif.
02:43À ce moment-là, elle n'est pas forcément dans une bonne posture.
02:46Dans les sondages, elle plafonne en deçà des 10%.
02:50Et puis, il y a aussi, effectivement, une autre entrave.
02:53C'est qu'au sein du Parti Socialiste, il y a des élus qui ne sont pas totalement favorables à
03:00sa candidature.
03:01Cette journée de lancement de campagne à Rouen est compliquée à organiser.
03:05Trois jours avant, par exemple, on n'a toujours pas de pupitres, on n'a toujours pas de micro pour
03:09la candidate.
03:10Il y a un certain nombre de matériel que le Parti Socialiste va devoir acheminer depuis son siège d'Ivry
03:15-sur-Seine.
03:16Et il y a un cadre du Parti Socialiste qui va nous dire, cette organisation, premier jour de campagne, c
03:21'est vraiment du n'importe quoi.
03:22On se croirait dans une campagne de conseil départemental.
03:27Le dimanche 12 septembre, sur les docks de Rouen, avec la Seine en arrière-plan,
03:32Anne Hidalgo prononce le discours qui officialise sa candidature.
03:36Oui, elle est donc un pupitre qu'on a finalement trouvé.
03:39Do à la Seine, mais en arrière-plan, on voit les grues, les installations portuaires de Rouen.
03:43Le discours en lui-même, il est très classique.
03:45Elle dit qu'humblement, elle se présente à la présidence.
03:48Humblement, consciente de la gravité de cet instant,
03:53et pour faire de nos espoirs la réalité de nos vies,
03:57j'ai décidé d'être candidate à la présidence de la République française.
04:02Elle oppose au mépris, à l'arrogance, au dédain d'Emmanuel Macron,
04:06sa candidature, celle du respect, de l'écoute.
04:09Elle dit que le quinquennat qui s'achève devait unir les Français,
04:13que finalement, il les a divisés comme jamais.
04:15Cette France de la liberté voit ses libertés se réduire comme une peau de chagrin.
04:21Cette France de l'égalité voit ses injustices se creuser tous les jours.
04:25Elle a tourné le doigt à l'écologie, et donc elle dit, je veux bâtir une France plus juste.
04:32Le mercredi 15 septembre, la candidate sort un livre,
04:35Une femme française, dans lequel elle est censée se dévoiler un peu,
04:39le but est de se faire mieux connaître des Français,
04:41mais on va surtout retenir de ce livre une promesse de campagne sur l'éducation.
04:47Anne Hidalgo a voulu marquer le coup en proposant dans son livre,
04:51au détour des pages, le doublement de la rémunération des enseignants.
04:56Alors évidemment, Anne Hidalgo essaie de gagner sur tous les tableaux,
04:59elle met les pieds dans le plat sur le pouvoir d'achat,
05:02d'une catégorie de professionnels des enseignants
05:04qui était un des socles de l'électorat du Parti Socialiste,
05:08qui est parti voir ailleurs au fil des années.
05:11Donc, Anne Hidalgo a voulu marquer un grand coup.
05:13La mesure est très critiquée dans les heures et les jours qui suivent.
05:17Oui, on va critiquer une annonce assez floue, qui n'est pas chiffrée,
05:21ou alors avec des montants mirobolants par plusieurs dizaines de milliards d'euros.
05:26Et donc, beaucoup de personnalités politiques vont s'interroger,
05:29savoir comment Anne Hidalgo peut financer une telle réforme.
05:33C'est le cas du ministre de l'Éducation qui parle de sommet de la démagogie.
05:37C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon à gauche,
05:39qui se demande mais où est passée la culture de gouvernement du PS ?
05:42Le mari d'Anne Hidalgo la conseille dans cette campagne.
05:45Jean-Marc Germain, qu'elle avait rencontré en 1999 au sein du cabinet de Martine Aubry,
05:51à ce moment-là ministre du Travail.
05:53Qui est-il d'un mot ? Comment le présenter ?
05:55Alors, Jean-Marc Germain, il a 55 ans.
05:58C'est un économiste de formation,
06:00un polytechnicien qu'on présente souvent comme assez brillant.
06:03Et c'est aussi un homme politique.
06:05Il a été député des Hauts-de-Seine.
06:07Il est aujourd'hui conseiller régional.
06:09Et c'est un peu le lien entre Martine Aubry et Anne Hidalgo.
06:13Il a aussi été directeur de campagne de Benoît Hamon,
06:16le candidat à la présidentielle du PS en 2017.
06:19On ne sait pas si c'est son conseiller principal,
06:22mais certains disent qu'il a un rôle très important auprès de la candidate.
06:26Le week-end du 18 et 19 septembre,
06:29c'est le congrès du PS à Villeurbanne,
06:32où le premier secrétaire du PS, Olivier Faure,
06:34doit prendre la parole après sa réélection.
06:36Mais Anne Hidalgo décide de faire l'impasse sur ce congrès.
06:41Pourquoi ?
06:41Anne Hidalgo est un peu à cloche-pied, si je puis dire, dans sa stratégie.
06:46C'est-à-dire qu'elle est bien évidemment proche du PS dont elle est membre,
06:50et surtout dont elle a besoin pour son réseau d'élus,
06:53pour ses militants et pour son argent.
06:55Mais d'un autre côté, Anne Hidalgo ne veut pas s'enfermer dans cette image socialiste.
07:00On l'a compris.
07:00Elle, elle veut dépasser le parti,
07:02et elle veut notamment l'ouvrir sur l'écologie.
07:04Mais c'est un comportement quand même qui lui sera reproché.
07:08Le dimanche, à la tribune, Olivier Faure, le premier secrétaire,
07:11ne cite même pas le nom d'Anne Hidalgo dans son discours.
07:14Il y a un malaise entre Olivier Faure et la candidate ?
07:16Olivier Faure, qui est le leader du PS,
07:19a été un des premiers à soutenir Anne Hidalgo.
07:22Mais il est vrai qu'Anne Hidalgo, n'étant pas venue à ce congrès,
07:28Olivier Faure doit donner quelques gages, tout de même, à une partie de ses troupes,
07:32mécontente de l'absence d'Anne Hidalgo lors de ce congrès.
07:35Mais on ne peut pas dire qu'il y ait un clivage de fond entre la candidate et le leader
07:41du PS.
07:42Anne Hidalgo, bonjour.
07:44Bonjour Jean-Luc.
07:44Merci d'être avec nous.
07:45Julien Dufay, le mardi 21 septembre,
07:48Anne Hidalgo est face à Jean-Jacques Bourdin sur le plateau de BFM TV et RMC.
07:52Le présentateur l'interroge sur la voiture et les limitations de vitesse.
07:57Et notamment sur les limitations de vitesse sur autoroute.
08:00Si vous êtes présidente de la République,
08:02est-ce que la vitesse sur autoroute passera à 110 km heure ?
08:06Et là-dessus, elle a d'abord une réponse qui consiste à dire
08:10que ce n'est pas au président de prendre ses décisions.
08:13Je pense que ce n'est pas une décision à prendre au niveau national.
08:15Vous voyez, le jupitérisme nous a conduits à dire
08:20qu'il faut régler chaque détail de la vie des Français depuis très très haut.
08:24Elle veut renvoyer ce type de décision à l'échelon local,
08:28ou en tout cas à une consultation.
08:30Mais la deuxième partie de sa réponse, c'est qu'elle va dire que personnellement,
08:33elle est pour un abaissement de la vitesse sur autoroute.
08:36Je suis personnellement pour la baisse de la vitesse.
08:39130 km heure, c'est beaucoup.
08:42Et dans l'entourage de la candidate, on va un peu ramer dans les heures qui viennent
08:45pour dire mais non, ce n'est pas ce qu'elle a dit.
08:47Elle n'a pas dit qu'elle était pour l'abaissement de la vitesse sur autoroute.
08:52Yannick Halimi, une semaine plus tard, le mardi 28 septembre,
08:56Yannick Jadot remporte la primaire des écologistes contre Sandrine Rousseau.
08:59Yannick Jadot lancé, qu'est-ce que ça change pour Anne Hidalgo ?
09:03Ça ne change pas en bien pour Anne Hidalgo, pour au moins deux raisons.
09:08Tout d'abord, une primaire qui a eu un relatif succès auprès des militants et des sympathisants,
09:14puisque le nombre de vantants a été assez élevé.
09:18Donc ça donne tout de même une légitimité accrue aux vainqueurs, en l'occurrence Yannick Jadot.
09:22Mais il y a aussi un deuxième élément qui complique la tâche d'Anne Hidalgo,
09:27c'est que Yannick Jadot chasse sur les terres électorales d'Anne Hidalgo,
09:32c'est-à-dire une sorte de social-démocratie, d'écologie rose,
09:36qui pénalise et handicap terriblement les horizons d'Anne Hidalgo.
09:40À la fin de cette semaine, le vendredi 1er octobre,
09:42un sondage Ipsos pour Le Parisien et France Info est publié,
09:46et il est mauvais pour Anne Hidalgo.
09:48Oui, puisqu'elle avait été testée trois semaines plus tôt,
09:52elle était à 9% des intentions de vote au premier tour,
09:56et là elle tombe à 5,5%.
09:58C'est très bas, ça fait dire au directeur d'Ipsos, Brice Tinturier,
10:03que c'est même un effondrement,
10:05qu'en tout cas elle est inaudible en ce début de campagne,
10:07que ses propositions ne passent pas le mur du son,
10:10et qu'il y a un vrai problème de visibilité de sa candidature.
10:14Yannick Halimi, le mardi qui suit, le 5 octobre,
10:16vous publiez un article sur les doutes à l'intérieur du Parti Socialiste,
10:20sur la candidature d'Anne Hidalgo.
10:22Il y a une citation choc dans le titre,
10:25c'est un accident industriel, entre guillemets.
10:28C'est une reprise de citation que m'avaient faite plusieurs élus socialistes
10:33qui avaient préféré garder l'anonymat,
10:35parce que quelques jours, quelques semaines,
10:38tout au plus après l'annonce officielle de la candidature d'Anne Hidalgo,
10:42et bien non seulement Anne Hidalgo ne décolle pas,
10:46des 7, 8, 9% dont on parlait au début,
10:48mais elle baisse.
10:50Ce qui est pire peut-être pour Anne Hidalgo,
10:52c'est que dans les derniers sondages qui sortaient,
10:55Yannick Jadot, pour la première fois,
10:58passait devant Anne Hidalgo,
11:00et même dans un des sondages à l'époque,
11:01devant Jean-Luc Mélenchon.
11:03C'est une sonnette d'alarme,
11:05et un SOS même que lancent beaucoup d'élus
11:08et de cadres du Parti Socialiste.
11:11Dans le même papier, vous racontez qu'un adversaire socialiste d'Anne Hidalgo,
11:16le maire du Mans Stéphane Le Foll,
11:17ex-ministre de François Hollande,
11:19va soumettre sa propre candidature à la présidentielle
11:22au vote interne des militants PS,
11:24vote qui aura lieu le 14 octobre,
11:27un geste de défi vis-à-vis d'Anne Hidalgo.
11:30Le soir même, sur Libération.fr,
11:32la maire de Paris propose une mesure concernant les carburants.
11:36Elle va même préciser cette mesure sur RTL,
11:39devant un de ses plus farouches opposants,
11:41qui est le président de 40 millions d'automobilistes,
11:43Pierre Chasserec.
11:43Le prix du carburant va peser très très lourd
11:47sur le pouvoir d'achat de ces personnes,
11:49qui sont souvent des classes moyennes,
11:52des travailleurs, des gens qui cherchent un emploi,
11:54des retraités qui ont des activités bénévoles.
11:58Et donc, il faut bien sûr s'intéresser à eux.
12:01On est dans une situation exceptionnelle,
12:03et à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle.
12:06La TVA, aujourd'hui, elle est à 20% sur l'essence.
12:10Je propose qu'on puisse la passer à 5-5.
12:13C'est concret, ça Pierre Chasserec ?
12:14Et il la félicite chaleureusement.
12:15Il dit, vous avez compris ce qu'aucun candidat n'a compris ?
12:17Je ne suis pas là pour faire de la politique.
12:19Je ne suis pas là pour dire à Anne Hidalgo,
12:20c'est bien, ce n'est pas bien.
12:21Moi, je dis juste que là,
12:23vous avez compris un point qu'aucun candidat n'a compris.
12:26Ce qui est assez cocasse,
12:27quand on sait qu'il l'a combattu vigoureusement,
12:29notamment sa politique sur la voiture à Paris.
12:32Est-ce qu'on peut dire que ça brouille l'image d'Anne Hidalgo
12:35qui se bat depuis des années pour réduire la circulation des voitures dans Paris ?
12:39Ça brouille son image absolument,
12:41parce qu'elle a une image à la fois de socialiste et d'écologiste.
12:44D'écologiste, ça la brouille,
12:46puisque baisser des taxes qui pèsent sur les énergies carbone,
12:50c'est évidemment paradoxal,
12:51mais également socialiste,
12:52puisque baisser les taxes n'est pas du tout redistributif.
12:56Ça touche aussi bien les catégories modestes que les catégories plus aisées,
13:00alors que distribuer par exemple un chèque,
13:02comme le proposent beaucoup de forces politiques à droite,
13:05macronistes ou à gauche,
13:07est un élément beaucoup plus redistributif
13:09en faveur des catégories les plus modestes.
13:14Julien Dufay, on approche du vote interne des militants PS le 14 octobre.
13:18Évidemment, on sait qu'Anne Hidalgo va gagner ce scrutin.
13:21Le seul suspense, c'est son score.
13:23Mais quelques heures avant ce vote, la candidate subit une défection.
13:26François Lamy, ancien ministre délégué à la ville de François Hollande,
13:30qui a été aussi député,
13:32qui décide de rendre sa carte du PS
13:34pour rejoindre le candidat écologiste Yannick Jadot.
13:38Il dit que pour lui, le candidat de la social-écologie, c'est Yannick Jadot,
13:43et qu'il a longtemps plaidé pour une nouvelle offre politique
13:46qui inclurait les socialistes et les écologistes,
13:49et que le PS n'a pas emprunté ce chemin-là,
13:51et donc il claque la porte.
13:52Dans cette campagne qui commence laborieusement,
13:55Anne Hidalgo, elle a besoin de tout le monde,
13:56notamment au Parti Socialiste.
13:57Et là, quelques heures avant le vote des adhérents,
14:00ça fait mauvais effet.
14:01Le soir du jeudi 14 octobre,
14:04Olivier Faure, le chef du PS,
14:05annonce le résultat du vote des militants socialistes,
14:0872% pour Anne Hidalgo,
14:10contre 28% pour le maire du Mans, Stéphane Le Foll.
14:14D'un mot, Julien Dufay, ce score,
14:15c'est un bon ou mauvais résultat pour Anne Hidalgo ?
14:18Puisqu'on attendait cette victoire à plate couture,
14:2272%, c'est pas si important.
14:24Stéphane Le Foll tire finalement son épingle du jeu,
14:27ce qui raconte aussi un peu les difficultés de campagne
14:31d'Anne Hidalgo en ce début de campagne.
14:33Que dit Olivier Faure avant de donner la parole à Anne Hidalgo ?
14:36Il la félicite de porter les couleurs du Parti Socialiste,
14:40mais il enchaîne aussitôt en disant que ce sera une campagne difficile,
14:44que ce sera une lourde tâche.
14:46Et il a cette formule un peu maladroite quand même,
14:49dans les circonstances, puisqu'il dit...
14:51Nous savons tous que personne ne souhaite notre victoire.
14:55Il lui glisse aussi un conseil.
14:58Une campagne présidentielle, c'est un moment toujours de don de soi,
15:03où il va falloir que tu acceptes de fendre l'armure,
15:08d'être... de nous livrer un peu de toi,
15:11de nous dire qui tu es, pour qui tu te bats, pourquoi tu te bats.
15:14Que dit Anne Hidalgo dans son discours ?
15:17C'est un discours qui est extrêmement mesuré,
15:20qui n'est pas d'un enthousiasme fou.
15:23Je suis particulièrement fière et honorée
15:27de porter les couleurs de notre parti.
15:30On voit tout de même qu'Anne Hidalgo
15:33a encaissé le choc des sondages
15:36et qu'elle sait qu'elle marche sur des oeufs,
15:38y compris vis-à-vis d'un public socialiste.
15:41Toutes et tous mobilisés pour préparer l'alternance.
15:44C'est parti, allons-y, merci.
15:48Julien Duffet, le soir même,
15:49vous travaillez sur le fait qu'elle cherche toujours,
15:51à ce moment-là, un secrétaire général
15:54pour structurer sa campagne.
15:55D'abord, de quel type de poste on parle ?
15:57On parle en fait de tout ce qui est vraiment
15:59dans l'intendance d'une campagne,
16:01celui qui est vraiment dans l'administratif,
16:03qui est chargé de gérer les déplacements,
16:05d'organiser l'équipe, par exemple,
16:07de trouver un local de campagne,
16:08ce qui est un rôle très important.
16:11Surtout qu'on estime que le début de campagne
16:15a été quand même marqué par une certaine forme
16:16de désorganisation et qu'il y a urgence
16:18à trouver cette perle rare.
16:19On apprend qu'elle a essayé de débaucher
16:21un fonctionnaire de la Cour des comptes
16:23que celui-ci a décliné
16:24et qu'elle cherche depuis septembre
16:26un haut fonctionnaire chargé de cette tâche
16:28un peu délicate et qu'elle,
16:29pour l'instant, ne l'a pas trouvé.
16:31Qu'est-ce que ça montre,
16:31le fait qu'elle n'arrive pas à trouver
16:32un secrétaire général ?
16:34Ça prouve que le début de campagne est difficile
16:36et que certains hauts fonctionnaires
16:40qui seraient susceptibles de s'engager
16:41pour la candidate ne sont pas prêts
16:43à lâcher leur poste plutôt confortable
16:46pour une campagne qui s'annonce hasardeuse.
16:49Il y a d'autres signaux inquiétants.
16:51Son livre,
16:52Une femme française se vend mal.
16:543000 exemplaires à la date du 9 octobre
16:56d'après nos confrères du Monde.
16:57Elle ne fait pas non plus de bonnes audiences
16:59à la télé.
17:00Jeanne Calimi, au sein du PS,
17:02certains parlent aujourd'hui
17:03de débrancher carrément la candidature à Nidalgo ?
17:06Personne ne le dit officiellement.
17:09Pourquoi ?
17:09Parce qu'ils estiment,
17:11même encore une fois,
17:12ceux qui sont extrêmement critiques,
17:13que c'est un peu tôt
17:15pour débrancher qui que ce soit
17:17et donc à Nidalgo en l'occurrence.
17:19Beaucoup de choses peuvent encore se passer
17:20d'ici la fin de l'année
17:21ou même le début de l'année prochaine
17:24au regard des expériences passées,
17:27premièrement.
17:27Et deuxièmement, pour le moment,
17:29il n'y a pas de solution alternative
17:31à Nidalgo.
17:32Julien Dufay, à gauche,
17:33certains espèrent que Nidalgo
17:35n'ira pas jusqu'au bout ?
17:36C'est clairement le pari
17:37de certains responsables écologistes
17:39qui parient, eux,
17:41sur la dynamique en faveur de Yannick Jadot,
17:43qui rappellent qu'en 2017,
17:45ce même Yannick Jadot
17:46qui avait été désigné par les écologistes
17:48s'était effacé
17:49au profit du candidat socialiste
17:51Benoît Hamon
17:52et que dans quelques mois,
17:53en janvier, en février,
17:55ce serait peut-être à Nidalgo
17:57de laisser sa place
17:58au candidat écologiste Yannick Jadot.
18:01Yannick Halimi,
18:02avec Julien Dufay,
18:02le lundi 18 octobre,
18:04vous interrogez
18:04l'ancien président François Hollande
18:06pour la sortie de son livre
18:08deux jours plus tard,
18:09livre intitulé
18:10Affronté, ER.
18:11Est-ce qu'il se positionne
18:13en recours potentiel ?
18:14C'est vrai que son livre
18:15est une sorte de
18:17bilan critique
18:18du quinquennat Macron,
18:19mais également
18:20de toutes les forces politiques
18:21de l'extrême droite
18:22à l'extrême gauche.
18:24De ce point de vue-là,
18:25on peut estimer
18:25que c'est un livre
18:27de pré-campagne.
18:29Mais François Hollande
18:30le nie.
18:31Il estime
18:32qu'aujourd'hui,
18:33il y a une candidate
18:34socialiste
18:34qui est Anne Hidalgo.
18:36François Hollande
18:36soutient Anne Hidalgo
18:38pour le moment.
18:40Et il la critique.
18:41Il la critique
18:42de façon mesurée,
18:43mais tout de même,
18:44il estime,
18:45comme beaucoup d'autres,
18:46mais il le dit explicitement,
18:47en tout cas dans notre interview,
18:48qu'il est temps
18:49pour Anne Hidalgo
18:50de publier
18:51un vrai projet,
18:52ce qu'elle n'a pas fait
18:52encore aujourd'hui,
18:53se contentant,
18:54selon François Hollande,
18:56de mesures catégorielles.
19:03Merci,
19:04Yannick Halimi,
19:05Julien Duffet.
19:05Je rappelle que vous êtes
19:06journaliste au service
19:07politique du Parisien.
19:08L'actualité de la campagne
19:10présidentielle de 2022
19:12est à suivre sur
19:13leparisien.fr
19:15et dans CodeSource,
19:16le podcast d'actualité
19:17du Parisien,
19:18disponible sur toutes
19:19les plateformes audio.
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19:28Thibault Lambert,
19:29Marion Bottorel
19:30et Sarah Amny.
19:32Réalisation,
19:33Julien Moncouquiol.
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