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Alors qu’Anne Hidalgo a annoncé ne pas vouloir briguer de troisième mandat à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire est choisi pour représenter la gauche, hors LFI, dans la capitale, à quelques mois des élections municipales. Ce n’était pas le souhait d’Anne Hidalgo…Récit d’une succession ratée.

Chapitres :
0:00 - Anne Hidalgo : Parcours et transformation de Paris
16:00 - Les relations politiques complexes et la question de la succession
11:41 - Les enjeux des élections municipales et l’avenir de la gauche parisienne

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler, Barbara Gouy et Clara Garnier Amouroux - Réalisation et mixage : Théo Albaric - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#codesource #annehidalgo #municipales2026 #politique #mairie

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Clémentine Spiller et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Après douze années et deux mandats passés à la tête de la mairie de Paris, Anne Hidalgo s'apprête à
00:18quitter son poste.
00:19Une fin de règne chaotique pour la maire socialiste qui n'est pas parvenue à organiser sa succession comme elle
00:25le souhaitait
00:25et a presque disparu des radars depuis son annonce en novembre 2024 qu'elle ne brigueraient pas de troisième mandat.
00:33Dans cet épisode de Code Source, retour sur le parcours, les défis et les méthodes parfois critiquées jusque dans son
00:39camp
00:39d'une maire qui a transformé la capitale française.
00:43On en discute avec Marcelo Vesfred, chef adjoint du service politique du Parisien, et Elie Julien, journaliste à l'édition
00:50de Paris.
00:56Marcelo Vesfred, Anne Hidalgo, aura passé 25 ans à la mairie de Paris.
01:01Elle y est entrée en mars 2001 après avoir été élue conseillère dans le 15e arrondissement sous l'étiquette du
01:07Parti Socialiste.
01:08Elle a ensuite gravi les échelons grâce à celui qui est devenu son parrain en politique, Bertrand Delanoé.
01:14En quelques mots, quel a été son parcours ?
01:16C'est une fille d'immigrée espagnole qui confie le franquisme.
01:20Elle a une carrière au début d'inspectrice du travail.
01:23Elle gravit ensuite les échelons un par un dans les cabinets ministériels à l'époque de Jospin.
01:27Elle a notamment travaillé avec Martine Aubry.
01:30Et puis, elle devient conseillère municipale d'arrondissement d'opposition dans le 15e arrondissement.
01:36Et c'est à ce moment-là que Bertrand Delanoé l'a choisi pour être sa première adjointe.
01:41Il est à la recherche à l'époque, disons-le, d'un profil qui ne lui fera pas beaucoup d
01:46'ombre.
01:46Et d'ailleurs, il lui donne comme première mission, comme délégation, le temps libre, bureau des temps libre,
01:52ce qui était quand même une formulation un peu atypique, et égalité femmes-hommes,
01:56là où normalement un premier adjoint a des dossiers assez lourds.
02:03Le maire de Paris l'a échappé belle la nuit dernière, alors que la fête battait son plein.
02:07« Bertrand Delanoé a été poignardé d'un coup de couteau à l'abdomen. Son agresseur... »
02:12En 2002, Anne Hidalgo va être appelée à assurer l'intérim du maire de Paris après une agression.
02:18« On est en octobre 2002, c'est la première édition de la Nuit Blanche.
02:21Vous savez, c'est cet événement parisien qui consiste à faire des jeux de lumière pendant toute une nuit.
02:28Bertrand Delanoé rentre d'un événement, il repasse par l'hôtel de ville,
02:32il me passe une tête dans un salon, et là, un individu de 39 ans lui saute dessus,
02:38lui plante un certain nombre de coups de couteau.
02:40On saura par la suite que le mobile homophobe, Bertrand Delanoé,
02:45avait rendu public quelques années auparavant qu'il était homosexuel,
02:49et c'est la raison pour laquelle il est poignardé par cet homme,
02:53que la justice reconnaîtra comme étant déséquilibrée.
02:55Toujours est-il que pendant que Bertrand Delanoé est hospitalisé à la salle pétrière,
03:01c'est Anne Hidalgo qui prend le relais et qui assure l'intérim.
03:05Bertrand Delanoé est hospitalisé pendant une semaine,
03:07c'est à ce moment-là qu'elle assure un intérim assez court.
03:10Après deux mandats, Bertrand Delanoé décide de ne pas se représenter aux élections municipales de 2014.
03:17Est-ce qu'Anne Hidalgo apparaît comme la candidate naturelle à gauche pour lui succéder ?
03:21Certes, il y avait des rivalités internes, des gens comme Jean-Marie Le Gouen,
03:24ou le député Patrick Bloch, mais il n'y avait pas vraiment de suspense
03:28dans la mesure où Bertrand Delanoé, assez tôt, a préparé sa succession
03:32et a dit et répété qu'Anne Hidalgo, sa première adjointe,
03:36deviendrait son poulain, si on veut, et qu'elle lui succéderait,
03:40en tout cas qu'elle serait celle qui reprendrait le flambeau pour les municipales.
03:44C'est avec fierté que je reçois cette immense et belle responsabilité.
03:50C'est avec fidélité que je l'assumerai, chaque jour, au cours des six prochaines années.
03:56Anne Hidalgo est élue maire de Paris par la majorité de gauche au Conseil de Paris le 5 avril 2014.
04:02Dès le début de son mandat, elle prend des décisions fortes
04:05qui lui valent d'être aussi applaudies que détestées. Lesquelles ?
04:09Dans les dossiers qu'elle va pousser très tôt, il y a la piétonnisation de la rive droite de la
04:14Seine,
04:15il y a la question de la Tour Triangle, qui est un gros projet immobilier qui va mettre quand même
04:19beaucoup de temps à arriver.
04:21Il y a le renouvellement du contrat Vélib qui va se révéler être un fiasco.
04:25Il y a des problèmes avec le nouveau prestataire, il faut changer les bornes, enfin c'est une catastrophe.
04:29Plusieurs chantiers comme ça qui sont lancés de façon assez rapide, très offensive,
04:35au risque assumé de braquer une partie des Parisiens.
04:39C'est pas grave, elle assume, c'est sa méthode, faire suffisamment de vagues pour que ceux qui n'aiment
04:44pas protestent,
04:45mais qu'en revanche, son électorat, ceux qui ont voté pour elle, se disent
04:48« Tiens, on a une maire qui fait quelque chose ».
04:50Mais rapidement, elle se brouille avec l'ancien maire de Paris, Bertrand Delanoé. Pour quelle raison ?
04:55Alors Bertrand Delanoé, au début, la nomme parce que c'est une première adjointe qui ne lui fait pas d
05:00'ombre.
05:01Au deuxième mandat, à partir de 2008, il commence quand même à lui donner un peu plus de responsabilité.
05:05Il lui confie l'urbanisme, ce qui évidemment à Paris est un dossier fondamental.
05:12Et peu à peu, notamment une fois qu'il a raté le congrès du PS en 2008 à Reims,
05:18qui était le début normalement de ses ambitions nationales, il va être un peu moins présent.
05:22Et donc, peu à peu, Anne Hidalgo va prendre le relais.
05:25Mais leurs relations vont un petit peu se dégrader.
05:30Bertrand Delanoé, il fait partie de ses politiques qui n'aiment pas trop partager le pouvoir.
05:34C'est la même chose d'ailleurs pour Anne Hidalgo.
05:36Et puis, il y a des événements qui vont provoquer carrément le divorce.
05:39C'est quand, en 2017, Bertrand Delanoé décide de soutenir Emmanuel Macron à la présidentielle.
05:46Elle, Anne Hidalgo, elle considère qu'Emmanuel Macron, elle l'a vu comme ministre quand il était à Bercy.
05:51Ils se sont beaucoup opposés sur la question du commerce le dimanche, l'ouverture des magasins le dimanche.
05:56C'est une personnalité avec laquelle elle aura beaucoup de mal à travailler.
05:59Et donc, ce soutien de Bertrand Delanoé au candidat marcheur Emmanuel Macron, c'est quelque chose qui va provoquer le
06:07divorce entre ces deux personnalités.
06:10En 2018, son premier adjoint à qui elle est très liée depuis le début de son mandat, Bruno Julliard, claque
06:16la porte de la mairie de Paris.
06:18Pourquoi est-ce que ça se finit mal entre eux ?
06:20Bruno Julliard, il a 37 ans. Il faut resituer un petit peu le personnage. Il vient de la gauche du
06:24Parti Socialiste.
06:25Il a été avant responsable d'un syndicat étudiant.
06:29Et c'est quelqu'un qui va avoir du mal à travailler avec Anne Hidalgo.
06:32Anne Hidalgo, c'est quelqu'un qui lance des chantiers et qui ne s'occupe pas toujours ensuite de leur
06:36faisabilité.
06:37Elle considère que sa responsabilité de leader politique, c'est de donner des orientations.
06:42Et leur relation se dégrade. Et puis à un moment, il va claquer la porte.
06:45Il fait une longue interview au journal Le Monde dans laquelle il explique que ce n'est pas possible, qu
06:51'il y a des problèmes d'efficacité.
06:52C'est le terme qu'il utilise. Il charge vraiment Anne Hidalgo en expliquant qu'elle avance d'une façon
06:58trop brutale,
06:59qu'il n'y a pas suffisamment de préparation, de travail, qu'il y a un manque d'efficacité, dit
07:05-il.
07:05Donc c'est une charge extrêmement forte. À partir de ce moment-là, Bruno Julliard va prendre ses distances avec
07:10la mairie de Paris
07:11comme avec la politique nationale.
07:13Qui trouve-t-elle pour le remplacer, Élie Julien ?
07:16Ça sera Emmanuel Grégoire. Elle se tourne vers le bon élève. Il a 40 ans, il est père de 3
07:21enfants.
07:21Il est élu du 12e arrondissement. Son papa était communiste, préfet.
07:26Emmanuel Grégoire a grandi au Lila, donc juste aux portes de Paris, puis en Charente-Maritime.
07:31Il est brillant, il est passé par Sciences Po à Bordeaux.
07:34Et puis il s'engage en politique pour la campagne de Lionel Jospin en 2002.
07:38Et il va gravir les échelons jusqu'à être chef de cabinet du deuxième mandat de Bertrand Delanoé.
07:45Puis même de Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, après la victoire de François Hollande.
07:50Quand le premier ministre démissionne, il retourne à l'hôtel de ville.
07:53Il va enchaîner les postes d'adjoints, ressources humaines, services publics, administration et même du budget.
08:00Donc là, on monte en gamme.
08:01Et puis avant cela, il a travaillé aussi en cabinet de conseil médical plusieurs années.
08:06Quelles sont les relations entre Anne Hidalgo et lui ?
08:09Lorsqu'il est nommé premier adjoint, il est à la tête de la fédération du PS de Paris.
08:14Ils se connaissent peu, mais sa nomination comme premier adjoint est arrivée en même temps que celle de M. Lénica,
08:21comme directeur de cabinet d'Anne Hidalgo.
08:23Et ils vont à eux deux un peu sauver la fin de mandat d'Anne Hidalgo.
08:27Parce que le premier mandat était marqué par la polémique des voies sur berge piétonnisées.
08:32Rapidement, il va devenir le couteau suisse.
08:34Il est très apprécié.
08:35C'est même un atout de la mer de Paris.
08:37Elle l'envoie au front sur tous les sujets.
08:39Et lui, sa mission, c'est protéger la mer des coups et des polémiques.
08:43Et puis, il a un profil de technicien.
08:45Donc, il ne fait pas d'ombre à la mer de Paris.
08:47Et donc, ça, c'est très apprécié.
08:50Et puis, au deuxième mandat, il récupère même l'urbanisme en un autre gros dossier.
08:54Il va mener l'énorme combat-défi du plan local d'urbanisme qui régit toutes les règles d'aménagement à
08:59Paris.
09:00C'est des milliers de pages.
09:01Et c'est notamment ça qu'on retiendra de son poste de premier adjoint.
09:05Marcel Oves-Fred, Anne Hidalgo, est réélue en juin 2020.
09:10Emmanuel Grégoire, qui a fait campagne pour elle, garde son poste de premier adjoint.
09:14Mais dans les années qui suivent, les relations se dégradent.
09:17Pourquoi ?
09:17Ce qui va se passer avec Emmanuel Grégoire rappelle un peu ce qui s'est passé avec Bruno Julliard.
09:23Là, la disgrâce, elle se fait au fur et à mesure du temps.
09:26Notamment au moment où Anne Hidalgo part en campagne présidentielle
09:30et laisse les clés de la maison à son premier adjoint.
09:34Premier adjoint qui, du coup, occupe un peu l'espace.
09:37Et elle fait partie de ces politiques qui n'aiment pas trop partager l'espace.
09:41Et puis, par ailleurs, elle va reprocher à Emmanuel Grégoire de ne pas l'avoir suffisamment soutenu.
09:46Notamment au moment de ce qu'on a appelé le Tahiti Gate.
09:49C'est-à-dire ses déplacements en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie.
09:54Où Anne Hidalgo mélange un petit peu sa vie privée et son travail, son déplacement d'élu.
10:00Et où elle considère, une fois que la polémique s'est déclenchée,
10:04qu'elle n'est pas suffisamment soutenue par celui qui est alors son premier adjoint.
10:09En juin 2024, Emmanuel Macron dissout l'Assemblée nationale.
10:13Et Emmanuel Grégoire se présente aux élections législatives de la 7e circonscription de Paris.
10:19Il est élu et quitte donc son poste de premier adjoint.
10:23Comment réagit Anne Hidalgo ?
10:24C'est un peu une surprise pour tout le monde d'ailleurs.
10:27Pour tous les socialistes, pour tous les suiveurs de la politique.
10:29Car à ce moment-là, avec le partage des circonscriptions du nouveau Front populaire,
10:32d'autres imaginaient plutôt une très proche, une des protégées d'Anne Hidalgo,
10:36candidate d'un certain circonscription,
10:38qui se découpe entre Paris-Centre, le 11e et le 12e arrondissement.
10:42On imaginait Lamia El Arraj.
10:44Mais finalement, c'est Emmanuel Grégoire qui va lui damer le pion,
10:47qui va passer juste avant elle,
10:48et obtient à l'arracher l'investiture au moment du choix du nouveau Front populaire.
10:52On comprend alors que c'est clairement une porte de sortie,
10:55qu'il n'en pouvait plus de l'ambiance à l'hôtel de ville,
10:57depuis que ses relations avec la mère étaient très dégradées.
10:59Il s'en va donc en faisant un pied de nez à Anne Hidalgo.
11:03On le pense alors s'éloigner de la mairie,
11:04et aussi de son objectif de conquérir la mairie de Paris,
11:07mais pas du tout.
11:09Officiellement, il ne parle plus des municipales,
11:11mais on sait que ça reste dans sa tête.
11:12Et moins de six mois après avoir été élu député,
11:15il se déclare candidat au municipal dans le Parisien,
11:1818 mois avant l'élection municipale.
11:21Bonjour Emmanuel Grégoire.
11:22Bonjour.
11:22Député socialiste aujourd'hui,
11:23vous avez longtemps été le premier adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris.
11:27Et aujourd'hui, votre ambition, c'est de vous asseoir dans le fauteuil de la maire en 2026.
11:33Oui, j'ai décidé d'être candidat pour être maire de Paris.
11:37Il fait cette déclaration avant l'annonce d'Anne Hidalgo,
11:40disant qu'elle ne briguera pas un troisième mandat.
11:43Le lundi 25 novembre 2024,
11:45elle réunit finalement à l'hôtel de ville
11:47les maires des arrondissements de son camp politique.
11:50Qu'est-ce qu'elle leur annonce ?
11:51Elle va mettre fin au suspense.
11:52Tout le monde dit à l'aide ses pronostics,
11:54est-ce que la maire briguera un troisième mandat.
11:56Les JO sont venues enteriner son choix
11:59comme un achèvement du travail qu'elle considère
12:01terminé et bien fait.
12:03D'autant qu'ils ont montré Paris sous son meilleur jour.
12:06C'est pourquoi certains espèrent alors
12:07qu'elle se laisse tenter par un troisième mandat
12:10sous l'euphorie de ses JO,
12:12mais pas du tout à ce repas.
12:14Elle va rapidement leur dire
12:15qu'elle ne briguera pas de troisième mandat
12:18et puis leur faire cette annonce
12:20qui claque.
12:22Est-ce que c'est une surprise ?
12:23Il y a forcément un peu d'émotion.
12:24On nous rapporte des participants à ce repas.
12:26Tous vont la remercier,
12:28lui dresser des louanges,
12:29expliquer qu'elle a transformé la ville.
12:31Elle a aussi lancé
12:32beaucoup des maires d'arrondissements
12:33qui sont autour de la table.
12:36Certains dans l'entourage proche de la maire
12:38avaient été mis au courant
12:39avant même les JO qu'elle arrêterait.
12:41D'autres pensaient qu'elle allait y retourner.
12:44Anne Hidalgo insiste alors sur les valeurs
12:45telles que la transmission,
12:46le travail collectif,
12:47elle ne prévoit.
12:48toutefois pas de les abandonner.
12:50Elle leur annonce le nom du successeur
12:51qu'elle estime
12:52et il est autour de la table.
12:55Anne Hidalgo désigne celui
12:56qu'elle souhaite voir lui succéder
12:58à la mairie de Paris,
12:59le sénateur Rémi Féraud.
13:02Qui est-il ?
13:02C'est un apparat chic de la politique.
13:04Il ne s'en cache pas d'ailleurs.
13:06Il est un peu plus âgé
13:06qu'Emmanuel Grégoire,
13:08six ans de plus.
13:09Aujourd'hui sénateur depuis 2017.
13:11Il a été maire du dixième arrondissement,
13:13notamment pendant les attentats de 2015
13:14qui ont durement touché cet arrondissement.
13:17Durant ce mandat,
13:18il a aussi porté l'installation
13:19d'une salle de shoot
13:20pour les consommateurs de drogue
13:21dans son arrondissement.
13:22C'est vraiment un fait marquant.
13:25Il est très proche d'Anne Hidalgo,
13:26a été coordinateur de sa campagne en 2014
13:29et il a aussi été patron du PS Paris.
13:33Marcel Ovest-Fred,
13:34comment ce soutien est-il perçu
13:35par Emmanuel Grégoire
13:37et dans les rangs de la gauche parisienne ?
13:39Emmanuel Grégoire faisait guerre d'illusions.
13:41Il savait qu'Anne Hidalgo
13:42ne le soutiendrait pas.
13:43Anne Hidalgo fait le choix
13:44d'un fidèle parmi les fidèles,
13:46un Rémi Féraud.
13:47Il n'a jamais trahi Anne Hidalgo.
13:50C'est un personnage qui est très fidèle.
13:52Elle fait ce choix-là.
13:54Par contre, évidemment,
13:55ça crée une division au sein du PS Parisien
13:57puisque le PS Parisien
13:59va devoir choisir
13:59entre deux personnalités
14:02solidement ancrées
14:03dans le paysage local
14:05et depuis longtemps,
14:06qui d'ailleurs,
14:06deux personnalités qui s'entendent bien.
14:08Les maires d'arrondissement socialistes
14:10vont être sommées par Anne Hidalgo
14:12de prendre fête et cause
14:14pour Rémi Féraud.
14:15Donc, la maire de Paris fait pression
14:18pour qu'il soutienne son protégé.
14:22Élie Julien, cette année,
14:23le 30 juin,
14:24c'est Emmanuel Grégoire
14:25qui est finalement désigné
14:27comme le candidat socialiste
14:28pour les municipales à Paris
14:29à l'issue d'une primaire interne.
14:31Il l'emporte face à Rémi Féraud.
14:34Est-ce qu'Anne Hidalgo
14:35se range derrière lui ?
14:36Après une primaire violente
14:38avec des attaques fortes
14:39d'Hidalgo envers Grégoire,
14:40je cite,
14:41il n'a pas fait ses preuves,
14:42il m'a trahi
14:43ou encore,
14:44pour être maire de Paris,
14:45il faut être costaud
14:46sans dire non,
14:47savoir assembler,
14:47ne pas parler de soi.
14:49Elle dira aussi,
14:50il y a quelque chose
14:51de l'ordre de la trahison
14:52quand j'ai découvert
14:53sa candidature dans les journaux
14:54et contre notre travail commun,
14:56je ne peux soutenir quelqu'un
14:58qui,
14:59ces deux dernières années,
15:00a passé son temps
15:01à me tirer le tapis sous le pied.
15:02Des sorties fracassantes
15:03qui étonnent un petit peu,
15:05d'autant qu'elle n'aide pas
15:06vraiment son poulain,
15:07Rémi Féraud.
15:07La maire de Paris
15:08adressera un message très court
15:09sur les réseaux sociaux
15:10pour respecter le choix
15:12des socialistes parisiens
15:13à cette primaire,
15:14mais tout le monde pense alors
15:15que c'est une défaite pour elle,
15:17pour ses idées,
15:18pour son leadership
15:19dans son propre camp.
15:20Et surtout,
15:20beaucoup de cadres du PS
15:21soutenaient Rémi Féraud
15:23aussi par loyauté à Hidalgo.
15:25Le défi de réunir
15:26tous ceux qui se sont faits
15:27des coups bas
15:27pendant sept mois
15:28est énorme
15:29pour Emmanuel Grégoire.
15:31Marcel Ovestred,
15:32au même moment,
15:32Anne Hidalgo
15:33semble prendre
15:34beaucoup de distance
15:35avec les affaires
15:36de la ville
15:36et la campagne
15:37qui démarre
15:38pour les municipales.
15:39Pourquoi ?
15:40Ces derniers mois,
15:40on a peu vu
15:41Anne Hidalgo
15:42à l'hôtel de ville
15:43pour une raison très simple,
15:44c'est qu'elle commence
15:45à se projeter sur la suite.
15:46Et la suite pour elle,
15:47c'est de briguer
15:48un haut commissariat
15:49aux réfugiés
15:50qui est un poste
15:51de l'ONU
15:51très important,
15:53qui est un poste
15:54pour lequel
15:55elle a besoin
15:55de faire campagne
15:56auprès des hauts responsables
15:58de l'ONU.
15:58Et c'est la raison
15:58pour laquelle
15:59une grande partie
16:00de l'année 2025,
16:02elle sera
16:02par monts et par veaux
16:04en Afrique,
16:05en Amérique du Sud.
16:06Elle ira même
16:06à un sommet sur les océans
16:08comme si ça concernait
16:08la capitale.
16:09Pourquoi ?
16:10Parce qu'elle veut y croiser
16:11les responsables de l'ONU,
16:13ceux qui vont devoir désigner
16:14le titulaire de ce poste.
16:16On dirait qu'elle ne veut pas
16:18accorder son soutien
16:19à Emmanuel Grégoire,
16:20même s'il a été désigné
16:21par son camp.
16:22Est-ce qu'elle le justifie ?
16:24Officiellement, non.
16:25Simplement,
16:25ce n'était pas son candidat
16:27pour la primaire,
16:28c'est sûr.
16:28Alors que certains
16:30attendent sa prise de parole
16:31sur les municipales.
16:33Anne Hidalgo
16:34explique en coulisses
16:35qu'elle préfère attendre
16:36un candidat
16:37ou une candidate
16:38de l'Union de la gauche
16:39pour espérer
16:41de garder Paris
16:41parce qu'en face,
16:42Rachida Dati
16:43est très haute
16:44dans les sondages.
16:47Élie Julien,
16:47le 18 décembre,
16:49les socialistes,
16:50les communistes
16:50et les écologistes
16:51à Paris
16:52scellent un accord
16:53pour présenter
16:54dès le premier tour
16:54une liste commune
16:56portée par Emmanuel Grégoire,
16:57ce qui en fait
16:58de facto
16:59le plus gros adversaire
17:00de Rachida Dati,
17:01la candidate
17:01de la droite
17:02et du centre.
17:03Toutefois,
17:04aux prochaines municipales,
17:05le mode de scrutin
17:06ne sera pas le même
17:07qu'aux élections précédentes.
17:08Expliquez-nous ça.
17:09Oui,
17:10alors il faut comprendre
17:10que depuis des décennies,
17:12écologistes et communistes
17:14et socialistes
17:14partaient chacun
17:16avec une liste
17:17au premier tour
17:17et souvent,
17:18même toujours,
17:19faisaient l'union
17:20à l'entre-deux-tours
17:21pour garder depuis 25 ans
17:22Paris à gauche.
17:23Cette fois-ci,
17:24le mode de scrutin
17:25a changé.
17:26Les Parisiens,
17:27comme les Lyonnais
17:27et les Marseillais,
17:28devront voter deux fois.
17:29Voter une fois
17:30pour le maire de Paris
17:31et une fois
17:32pour leur maire d'arrondissement.
17:33Ça change tout.
17:34Ça présidentialise
17:35un petit peu
17:36l'élection municipale.
17:37Et donc la gauche se dit
17:38« On a besoin d'être unis
17:40pour essayer
17:41de garder Paris
17:42et séduire les Parisiens. »
17:44D'autant que Rachida Dati
17:45est en tête
17:46dans les sondages
17:46avant cette union.
17:47Cette union leur permet
17:48de reprendre une courte avance
17:50et relance tout le débat
17:52et toute la campagne
17:52des municipales,
17:53sachant que cette alliance
17:56se fait
17:56sans la France insoumise
17:58dont la majorité sortante
18:00ne veut pas.
18:01Marcelo Vestfred,
18:02avec ce nouveau mode
18:02de scrutin,
18:03est-ce que ce sera plus dur
18:04pour la gauche
18:05de l'emporter ?
18:06En tout cas,
18:06ce mode de scrutin,
18:07il ouvre le jeu.
18:08C'est ça la principale nouveauté
18:10puisque auparavant,
18:11vous aviez besoin
18:12vraiment de sécuriser
18:14des grands arrondissements
18:15qui vous donnaient
18:16beaucoup de poids
18:17au Conseil de Paris
18:17pour pouvoir l'emporter.
18:19Et du coup,
18:19la gauche faisait essentiellement
18:21campagne
18:22dans ces arrondissements
18:23clés de l'Est parisien
18:24quand la droite faisait campagne
18:25dans l'Ouest parisien.
18:26Chacun assurait ses bastions.
18:28C'est plus du tout le cas.
18:29Une voie maintenant à l'Est
18:30vaut une voie
18:30à l'Ouest de la capitale.
18:32Et donc,
18:32vous pouvez avoir
18:33des effets dynamiques
18:34entre le premier et le second tour.
18:35Sauf que vous faites
18:36une superbe campagne,
18:37vous pouvez espérer
18:39confirmer
18:39ou amplifier
18:40la vague au second tour.
18:42Ça intéresse,
18:43ça favorise potentiellement
18:45ceux qui n'étaient pas
18:47en poste
18:48ou les outsiders.
18:49C'est pour ça que la droite
18:49a beaucoup poussé
18:50pour ce mode de scrutin.
18:52La gauche,
18:52elle, ça l'oblige
18:54à aller chercher
18:55aussi des voies
18:56dans des coins
18:58où elle est moins représentée,
18:59à commencer par les quartiers
19:01les plus huppés
19:01de l'Ouest parisien.
19:03Emmanuel Grégoire
19:04aura donc mené campagne
19:05sans le soutien
19:06de la maire de Paris.
19:07Est-ce que c'est
19:08un handicap pour lui ?
19:09Handicap parce que
19:10ça vient étaler
19:11les divisions.
19:13Et c'est vrai
19:13que dans sa campagne,
19:14Emmanuel Grégoire
19:14passe beaucoup de temps
19:16dans des affaires internes
19:17pour rassembler
19:18les socialistes,
19:19pour négocier
19:20avec les écologistes,
19:21pour parler
19:22avec les communistes.
19:23Donc tout ce temps perdu,
19:24c'est du temps
19:24où vous ne faites pas campagne
19:25sur les marchés
19:26ou dans les médias.
19:27Après,
19:28ça le libère aussi
19:29d'une certaine façon
19:29et il le verbalise
19:31comme ça parce que
19:32la maire de Paris
19:32a aussi beaucoup
19:33de détracteurs
19:34et parce qu'Emmanuel Grégoire,
19:36sa problématique,
19:37c'est d'apparaître
19:37comme un candidat
19:38quand même en rupture
19:39avec la continuité.
19:40On a plus de 20 ans
19:41de gestion socialiste.
19:43Il sait que ses opposants
19:44vont attaquer là-dessus,
19:45que ce soit
19:46chez les Insoumis
19:47comme à droite.
19:47Il a donc besoin
19:48de montrer
19:48que c'est une nouvelle méthode.
19:50D'ailleurs,
19:50il la présente
19:51comme une méthode
19:51d'apaisement,
19:52sous-entendu
19:53en rupture
19:54avec une méthode
19:55plus brutale
19:56qui forçait un peu
19:57les choses d'Anne Hidalgo.
19:58Donc, cette absence
20:00de soutien
20:00peut aussi lui permettre
20:01d'essayer
20:02de montrer
20:03qu'il compte écrire
20:05un nouveau chapitre
20:06ou une nouvelle histoire.
20:12Merci à Marcelo Vestfred,
20:13chef adjoint
20:14du service politique
20:15du Parisien
20:16et Élie Julien,
20:17journaliste à l'édition de Paris.
20:19Cet épisode de Codesources
20:20a été produit
20:21par Clara Garnier-Amourou
20:22et Barbara Gouy,
20:23réalisé par Théo Albaric.
20:27N'hésitez pas
20:28à vous abonner
20:28à Codesources,
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20:44avec Damien Delsenis,
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