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La maire socialiste de Paris se lance officiellement dans la course présidentielle. Retour sur le parcours de l’ancienne première adjointe qui rêve de l’Elysée avec Marie-Anne Gairaud et Julien Duffé, journalistes au Parisien.


Dans cette vidéo : Sans attendre le vote des militants socialistes fin septembre la maire de Paris Anne Hidalgo s'est officiellement déclarée candidate à la présidentielle de 2022 c'était le dimanche 12 septembre à Rouen. Quel est le parcours d'Anne Hidalgo comment est-elle passée du statut d'adjointe de Bertrand Delanoë à celui de présidentiable ?
Anne Hidalgo a 62 ans elle a trois enfants elle est née en Espagne le 19 juin 1959 dans une famille modeste. Son père est ouvrier, sa mère est couturière ils vont finalement s'exiler en France.
Elle arrivera en France à l'âge de deux ans du côté de la région de Lyon et elle sera naturalisée française à l'âge de 14 ans. Titulaire d'une maîtrise de sciences sociales du travail et d'un DEA de droit social Anne Hidalgo commence sa carrière comme inspectrice du travail avant de débuter en politique comme conseillère de Martine Aubry au Ministère de l'Emploi en 1997. C'est d'ailleurs là qu'elle rencontre son mari le père de son troisième enfant.
En 2001 Bertrand Delanoë devient maire de Paris et il fait d'elle sa première adjointe…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie-Production : Clara Garnier-Amouroux, Timothée Croisan et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : Le Huffpost, INA, FranceTV, France Info, Europe 1, France 2.


#hidalgo #présidentielle #élections

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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Sans attendre le vote des militants socialistes fin septembre, la maire de Paris, Anne Hidalgo,
00:17s'est officiellement déclarée candidate à la présidentielle de 2022, c'était le dimanche 12
00:22septembre à Rouen. Quel est le parcours d'Anne Hidalgo ? Comment est-elle passée du statut
00:27d'adjointe de Bertrand Delanoé à celui de présidentiable ? Élément de réponse dans
00:32Codesource aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien, Marianne Guéraud de l'édition
00:36de Paris et Julien Dufay du service politique.
00:44Julien Dufay, le dimanche 12 septembre, la maire de Paris, Anne Hidalgo, est à Rouen,
00:48un déplacement suivi par de nombreux journalistes.
00:51Oui, parce qu'on attend évidemment une parole forte, un début de campagne.
00:56Elle a choisi assez minutieusement le décor, elle le fait devant les grues et les installations
01:02portuaires de Rouen. Elle est derrière un pupitre où il est écrit déclaration de Rouen.
01:08Elle le fait devant un parterre de militants, mais surtout d'élus en fait, des maires sur
01:13lesquels elle veut s'appuyer. Ce sera un discours très court d'à peine 20 minutes.
01:17Je viens ici vous parler de la France. Et aujourd'hui, sur ce port de Rouen, je pense à mon
01:25père.
01:25Qu'est-ce qu'elle dit ?
01:27Elle dresse d'abord un constat assez sombre de la situation en France. Elle dit qu'elle
01:31est inquiète. Elle parle d'une France divisée. Sans le nommer, elle cible assez durement
01:38Emmanuel Macron. Elle parle de dédain, de mépris. Et en clair, elle dit qu'elle veut réconcilier
01:45les Français avec eux-mêmes.
01:46Et au milieu de son discours, elle se déclare.
01:49Aujourd'hui, je suis prête. C'est pourquoi, humblement, consciente de la gravité de cet
01:58instant, et pour faire de nos espoirs la réalité de nos vies, j'ai décidé d'être candidate
02:05à la présidence de la République française.
02:09Dans son ton, dans la forme, comment vous la trouvez, vous ?
02:12Elle met de la solennité dans cet instant. Mais dans l'ensemble, c'est un discours très
02:18classique de déclaration de candidature.
02:21On va voir aujourd'hui comment Anne Hidalgo est passée de première adjointe au maire
02:25de Paris à candidate à la présidentielle. Avec vous, Julien Dufay et Marianne Guéraud.
02:31Un mot d'abord, Marianne. Vous êtes journaliste à l'édition de Paris. Depuis combien de
02:35temps est-ce que vous suivez, pour le Parisien, Anne Hidalgo ?
02:38Moi, je suis arrivée à l'édition Paris en 1998, sur la fin de la mandature Jean Tibéry.
02:42Donc, j'ai vu la gauche arriver et prendre le pouvoir à l'hôtel de ville, avec évidemment
02:47dans son sillage, Anne Hidalgo. On va résumer brièvement la vie et le parcours
02:52d'Anne Hidalgo. Elle a 62 ans, elle a trois enfants, elle est née en Espagne, le 19 juin
02:581959, dans une famille modeste. Son père est ouvrier, sa mère est couturière.
03:03Ils vont finalement s'exiler en France. Elle arrivera en France à l'âge de 2 ans, du
03:09côté de la région de Lyon, et elle sera naturalisée française à l'âge de 14 ans.
03:13Titulaire d'une maîtrise de sciences sociales du travail et d'un DEA de droit social,
03:19Anne Hidalgo commence sa carrière comme inspectrice du travail, avant de débuter en
03:23politique comme conseillère de Martine Aubry au ministère de l'Emploi en 1997. C'est d'ailleurs
03:29là qu'elle rencontre son mari, le père de son troisième enfant, Marianne Guéraud.
03:34En 2001, Bertrand Delanoé devient maire de Paris et il fait d'elle sa première adjointe.
03:39Pourquoi ce choix ?
03:40Bertrand Delanoé, il accorde beaucoup d'importance à tout ce qui est parité, donc il voulait
03:44de toute façon une première adjointe femme.
03:46Je suis numéro 2. Bertrand Delanoé a tenu à ce que je sois à ses côtés. C'est une
03:51marque de confiance, c'est un grand honneur et c'est un énorme travail qui nous attend.
03:55Il choisit Anne Hidalgo qui l'a soutenue dès le départ dans la campagne pour les municipales
04:00à Paris, y compris lorsqu'il y avait une primaire au sein du PS. Elle a toujours été à ses
04:04côtés,
04:04donc il l'a ses fidèles. Et il va lui confier le rôle de première adjointe, mais avec
04:10un petit bémol quand même, parce qu'il lui confie une délégation que personne ne connaît,
04:15à savoir le bureau des temps.
04:16Dans votre délégation, il y a aussi le bureau du temps. Qu'est-ce que ça veut dire ? Quelle
04:19définition vous donnez à ça ?
04:20On part du constat que vivre dans des grandes villes comme Paris, c'est souvent une galère
04:24pour les habitants. On court après le temps, on court après les transports, après les
04:28problèmes de garde d'enfants. Et que si on peut offrir aux Parisiens dans les quartiers, dans
04:33les arrondissements, une bonne articulation des horaires des différents services collectifs
04:37et privés qui leur sont proposés, on améliorera leur quotidien.
04:41Mais personne, au début, ne comprend en quoi ça consiste. Et d'ailleurs, tout le monde
04:44rigole un peu quand il dit qu'elle en fait sa première adjointe chargée du bureau des
04:47temps. Tout le monde dit que c'est un peu un titre bidon.
04:50Ses relations sont parfois compliquées avec Bertrand Delanoé ?
04:52Bertrand Delanoé, il n'est pas toujours facile à gérer. Il peut être très colérique,
04:57parfois glacial. Alors, il s'applique systématiquement à dire qu'il l'associe aux grandes décisions.
05:02La réalité, c'est quand même qu'il a un pouvoir très isolé, très solitaire et
05:06que parfois, y compris quand il la présente en public, en lui disant « ma chérie, regardez
05:10comme elle est belle », il y a un petit côté sexiste qui ne plaît pas trop à la féministe
05:14Anne Hidalgo.
05:15Au terme de son deuxième mandat, Bertrand Delanoé se retire de la vie politique. Il
05:19n'est pas candidat au municipal de 2014. Il désigne Anne Hidalgo comme Dauphine.
05:24Le 30 mars 2014, Anne Hidalgo est élue avec un peu plus de 53% des suffrages face à Nathalie
05:30Kosciusko-Morizé.
05:31Ce soir, Paris a gagné. C'est la victoire des valeurs républicaines. C'est la victoire
05:38d'une gauche fidèle à son idéal et efficace dans son action.
05:44C'est quand même un petit soulagement pour elle, même si elle était donnée favorise
05:48dans le sondage. Parce qu'il faut se rappeler qu'au premier tour, contre toute attente, Nathalie
05:51Kosciusko-Morizé est arrivée première devant elle, ce qui avait un peu refroidi et douché
05:56les espoirs de la gauche. Donc ce soir-là, il y a quand même un grand ouf de soulagement.
06:00Il y a une joie qui explose au sein du QG de campagne où elle est entourée de ses plus
06:04proches collaborateurs, de sa famille. Ça y est, elle est maire de Paris. Et en plus, c'est
06:08très symbolique mais c'est important, c'est la première femme élue à la tête de l'hôtel
06:12de ville.
06:13Je serai la mère de cette ville qui ne triche jamais, ni avec ses colères, ni avec ses idéaux,
06:21ni avec son honneur.
06:23Une grande partie de son mandat à l'hôtel de ville de Paris est marquée par son combat
06:27contre la pollution automobile.
06:28Dès le départ, elle va expliquer qu'elle veut éradiquer le diesel dans la capitale.
06:32Et l'une de ses mesures phares, ça va être la fermeture de la circulation automobile
06:36sur la rive droite de la Seine, très empruntée notamment par les banlieusards.
06:41Et cette mesure-là va marquer un peu tout son mandat parce qu'elle va cristalliser
06:44pas mal de colère et d'opposition sur ce sujet-là.
06:47En 2019, à l'approche des municipales de 2020, elle est dans une mauvaise posture.
06:52Elle a beaucoup de dossiers compliqués sur son bureau.
06:54Vélib s'est arrêté, Autolib est à l'arrêt lui aussi.
06:57Il y a cette fameuse lutte contre la circulation automobile qui cristallise quand même beaucoup de colère.
07:02La dette s'est envolée quand même depuis son mandat à elle.
07:05Donc tout ça fait qu'elle est en difficulté, d'autant que les élections précédentes
07:10ont quand même marqué une implantation très importante de la Macronie sur Paris.
07:16Et donc elle est réellement en difficulté.
07:18Le vendredi 14 février 2020 éclate l'affaire de la sex tape de Benjamin Griveaux.
07:23Une vidéo intime du candidat LREM à la mairie de Paris divulguée sur Internet.
07:27La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui le remplace au pied levé, ne convaincra pas.
07:33Et le dimanche 28 juin au soir, Anne Hidalgo est réélue avec un score confortable.
07:38Plus de 48% des suffrages. Comment est-ce qu'elle réagit ?
07:41C'est l'explosion de joie. Elle est en veste blanche. Il y a un grand sourire qui s'affiche
07:44sur son visage.
07:45Même si elle était finalement donnée favorite, il y avait beaucoup d'incertitudes.
07:49Je vous rappelle qu'on était en pleine crise du Covid.
07:51Donc la question était de savoir est-ce qu'il va y avoir la mobilisation des gens de gauche
07:54ou au contraire des opposants d'Anne Hidalgo.
07:56Donc il y avait encore ce petit doute dans la tête.
07:58Là, effectivement, elle est réélue, bien réélue.
08:01Donc elle va faire la fête toute la nuit avec toute son équipe sur les bords de Seine, évidemment.
08:06Anne Hidalgo tout sourire hier soir sur les quais de Seine.
08:09Cette victoire à gauche, il fallait bien la fêter.
08:12Oubliez les polémiques en série du milieu de mandat.
08:16Après sa réélection, est-ce que Anne Hidalgo évoque la présidentielle de 2022 ?
08:20Elle est interrogée avant même sa réélection sur la présidentielle
08:23parce que tout le monde se doute qu'elle a quand même cet horizon-là en tête.
08:26À chaque fois, sa réponse, c'est de dire mon mandat, c'est Paris.
08:29Donc elle assure qu'elle ne se consacrera qu'à la capitale.
08:33Très vite après ses réélections, on lui pose la question et là, elle commence déjà à changer.
08:37Elle dit qu'elle prendra sa part dans le débat, dans tout ce qui va s'organiser
08:40autour de cette échéance électorale cruciale.
08:43Donc on voit bien qu'il y a déjà un petit changement dans sa tête.
08:46Les premiers mois de son deuxième mandat sont perturbés par l'affaire Christophe Girard,
08:51son adjoint à la culture mis en cause pour son soutien à l'écrivain Gabriel Matzneff.
08:55Dès le premier conseil de Paris, donc ça commence mal, premier conseil, premier clash,
08:59avec une manifestation sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville
09:02où des élus écologistes se joignent aux manifestants et accusent l'Hôtel de Ville de protéger les pédophiles.
09:08Les mots sont très violents, l'ambiance est vraiment très tendue.
09:12Ça va finalement conduire Christophe Girard à remettre sa démission,
09:16mais Anne Hidalgo, elle ne digère pas parce que commencer sa mandature comme ça,
09:19avec un bras de fer, avec ses alliés écologistes,
09:21elle n'était évidemment pas partie dans cette optique-là.
09:25Anne Hidalgo et les écologistes au conseil de Paris se déchirent à nouveau en novembre
09:29au sujet de la mémoire du professeur Samuel Paty,
09:33assassiné quelques semaines plus tôt le 16 octobre à Conflans-Saint-Honorin dans les Yvelines
09:37par un terroriste islamiste.
09:39À la séance du mois de novembre, la ville de Paris propose de rendre hommage
09:43au professeur assassiné en le donnant son nom à une place ou à une future rue de la capitale.
09:49Dans les interventions, tout le monde est unanime pour dire qu'effectivement,
09:51il faut rendre hommage à ce professeur assassiné.
09:54Mais curieusement, la présidente du groupe écologiste juste avant le vote
09:58va avoir une petite intervention qui est quand même troublante.
10:00Je vais te rappeler qu'une délibération qui date du 9 décembre 1938
10:05précise qu'il n'est pas autorisé de dénominer une voix au nom d'une personne
10:10qui est décédée depuis moins de 5 ans.
10:12Ça met un peu le doute.
10:13Anne Hidalgo est un peu interloquée et fait remarquer que ça n'est pas sa position.
10:19Je pense qu'invoquer un problème de règlement intérieur face à un événement aussi majeur
10:25que la décapitation d'un professeur dans le cadre d'un attentat terroriste islamiste
10:35ne nous permet pas de nous retrouver, mais chacun prend ses responsabilités.
10:39Même si, finalement, les écologistes votent pour cet hommage,
10:44Anne Hidalgo va commencer à attaquer les écologistes
10:47sur leur manque de ferveur sur le thème de la laïcité.
10:53Julien Dufay, à ce moment-là, Anne Hidalgo a déjà lancé plusieurs signaux
10:57sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2022.
11:00Elle y va par petites touches, par petits pas. Il y a un premier signal politique,
11:05c'est un déplacement mi-juillet à Tours, donc c'est une ville conquise par les écologistes.
11:11Elle y va avec plusieurs mères écologistes, plusieurs mères socialistes,
11:14pour lancer un réseau qui s'appelle Cité en commun, qui finalement ne prospèrera pas.
11:19Et puis, il y a des interviews, notamment dans une interview aux Parisiens.
11:22Enfin, ce n'est pas exactement ces termes, mais elle dit qu'elle participera
11:25à la constitution d'une offre écologique, sociale et citoyenne.
11:29Et puis, dans son entourage, on dit qu'à la rentrée, finalement, l'horizon s'éclaircit.
11:33On attendait peut-être des candidatures de Bernard Cazeneuve,
11:36Christiane Taubira, qui n'arrivent pas. Et donc, ça ouvre la porte.
11:38Et des personnalités socialistes parlent d'elle comme une possible candidate en 2022.
11:43Oui, à commencer par le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.
11:47Dès la fin septembre, il va dire que, par son expérience,
11:51elle pourrait être une présidente capable de mener les Français dans la transition écologique.
11:54Ce sont ses termes. Il parle même d'elle comme d'une présidente qui aurait de la maestria.
11:58Marianne Guéraud, cette année, le dimanche 10 janvier,
12:01dans le journal du dimanche, Anne Hidalgo attaque le chef de l'État,
12:05Emmanuel Macron, sur sa gestion de l'épidémie de Covid-19.
12:07Début janvier, on est au tout début, aux prémices de la vaccination.
12:11Et on trouve que ça prend beaucoup de temps.
12:13Et très vite, Anne Hidalgo va s'énerver contre ses retards à l'allumage,
12:17va dire aussi à ses lieutenants autour d'elle de commencer à monter au créneau.
12:21Et finalement, elle prend la parole pour attaquer l'équipe Macron
12:24en disant que ça va pas, ça patine et que c'est mal géré.
12:28Julien Dufay, dans la foulée, plusieurs ministres concentrent leurs critiques sur Anne Hidalgo.
12:32Et le Parisien raconte ça le mardi 12 janvier.
12:35Il y a un tir de barrage ce jour-là avec quatre ministres qui vont la critiquer tour à tour.
12:41Il y a le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui va la renvoyer au fiasco de Vélib en disant...
12:45Je suis assez surpris d'entendre des leçons de logistique de la part d'une élue
12:50qui n'a pas su gérer le Vélib, qui n'a pas su gérer l'autolib.
12:53Il y a Olivier Véran qui va la qualifier de championne de la polémique.
12:57Il y a Marlène Schiappa qui va parler de petites manipulations à son propos.
13:00On sent quand même que ces critiques, ça prouve aussi une certaine fébrilité,
13:05qu'on prend au sérieux celle qui se prépare à une candidature.
13:08Marianne Guéraud, le jeudi 25 février, à la surprise générale,
13:12le premier adjoint d'Anne Hidalgo annonce une mesure très forte à Paris face au coronavirus.
13:16Ça fait plusieurs semaines déjà que plusieurs scientifiques appellent à un reconfinement.
13:21Et là, le premier adjoint d'Anne Hidalgo prend tout le monde un peu de court en disant qu'à
13:25Paris,
13:25oui, on envisage un reconfinement.
13:27Un reconfinement de trois semaines et la mesure vraiment surprend tout le monde.
13:30Oui, parce qu'en l'occurrence, de toute façon, ce n'est pas la ville qui va prendre cette décision
13:33-là.
13:34C'est évidemment une mesure qui est faite à l'échelle de la région et de toute façon prise par
13:39l'État.
13:40Donc, il y a une volée de bois vert de tout le monde en disant que ce n'est absolument
13:42pas raisonnable.
13:43Quand elle voit ça, Anne Hidalgo commence à s'affoler parce qu'elle voit que c'est un mauvais marqueur
13:49pour la ville de Paris
13:50et elle va demander à son premier adjoint de faire marche arrière.
13:52Je redis que ce n'est pas une demande de notre part.
13:55Ce n'a jamais été une demande de notre part, mais simplement une hypothèse que nous souhaitons mettre sur la
14:01table.
14:02Mais si Emmanuel Grégoire a posé cette hypothèse de travail sur la place publique, il ne l'a évidemment pas
14:07fait de lui-même.
14:08Ça a été calé en amont avec la maire de Paris.
14:11Le premier adjoint ne va pas prendre la parole sans que ce soit validé par Anne Hidalgo elle-même.
14:15Donc, il y a vraisemblablement eu un rétro-pédalage de la part d'Anne Hidalgo quand elle a vu toutes
14:20les critiques que ça soulevait.
14:24Le jeudi 4 mars, Anne Hidalgo est dans Le Parisien. Elle répond notamment à vos questions, Julien Dufay.
14:29Sans surprise, elle ne dit pas ouvertement si elle sera ou non candidate en 2022, mais elle dramatise l'enjeu.
14:35Oui, elle explique qu'elle reçoit beaucoup de sollicitations de gens inquiets que l'extrême droite arrive au pouvoir.
14:41Et elle va dire que, selon elle, la victoire du Rassemblement national est une possibilité, même une probabilité très forte,
14:47ce sont ces termes.
14:48Et elle dit qu'il faut donc trouver un autre chemin, qu'il faut s'adresser aux classes populaires, aux
14:52classes moyennes.
14:52Et elle annonce aussi qu'elle va commencer un tour de France, aller dans les zones rurales, les villes moyennes.
14:58La maire de Paris doit aussi s'adresser, si elle est candidate à la présidentielle, à tous les Français.
15:03Le 17 mars, elle est en déplacement dans le département du Nord et elle lance une plateforme de réflexion politique.
15:09De quoi s'agit-il, en fait ?
15:11Ça s'appelle Idées en commun.
15:12L'idée, c'est à la fois de phosphorer sur des idées nouvelles avec des intellectuels, des scientifiques, des gens
15:19de la société civile, comme on dit.
15:20Mais c'est évidemment aussi structuré autour d'élus qui vont pouvoir porter la parole.
15:25Et donc, elle annonce à cette occasion plusieurs soutiens de points.
15:28La maire de Lille, Martine Aubry, le maire de Dijon, François Rebsamen.
15:32Et puis des jeunes maires, Quadra ou Quinka, qui vont former ce qu'elle appelle l'équipe de France des
15:37maires.
15:38On parle de Joanna Roland, maire de Nantes, Michael Delafosse à Montpellier, ou Carole Delga, qui est la présidente socialiste
15:44de la région Occitanie.
15:45Marie-Anne Guéraud, à ce moment-là, la campagne pour les élections régionales du mois de juin a déjà débuté.
15:50Et en Ile-de-France, une adjointe d'Anne Hidalgo est candidate.
15:54C'est Audrey Poulvard, l'ancienne journaliste qui a fait son entrée en politique lors des municipales aux côtés d
16:00'Anne Hidalgo.
16:01Anne Hidalgo lui avait demandé de venir l'accompagner pour cette campagne puisqu'elle avait été la présidente de la
16:07fondation Nicolas Hulot et que ses convictions pour l'environnement avaient beaucoup marqué les esprits.
16:12Donc elle lui a demandé d'être la tête de liste d'Ile-de-France en commun pour ses régionales
16:18et elle a réussi à convaincre le parti socialiste d'accepter la candidature d'une personnalité dite de la société
16:24civile pour mener cette bataille.
16:25Et la candidate Audrey Poulvard va être au cœur d'une polémique.
16:28Elle va dire qu'elle comprend que l'UNEF organise des réunions de femmes noires où les hommes ne sont
16:36pas acceptés et les blancs non plus.
16:38Elle dit clairement qu'elle comprend ce genre de position et Valérie Pécresse va tout de suite s'en saisir.
16:43La candidate de droite va dire que ça discalitie Audrey Poulvard pour les élections régionales.
16:48Et curieusement, Anne Hidalgo, pendant toute cette séquence, elle reste très discrète.
16:52Elle ne va pas franchement venir soutenir Audrey Poulvard dans cette galère.
16:55À la même période au Conseil de Paris, Anne Hidalgo est de plus en plus critiquée pour ses ambitions nationales.
17:01La droite commence à râler un peu en disant qu'elle est très peu présente au Conseil de Paris,
17:05que les vrais dossiers qui intéressent les Parisiens ne sont pas à l'ordre du jour de l'hémicycle parisien
17:11et ça commence à agacer.
17:12Mais en interne aussi, d'ailleurs, il y a quelques adjoints qui, sous couvert d'anonymat, trouvent que les dossiers
17:18traînent un peu,
17:19que les décisions tardent à venir et s'étonnent un peu de voir déjà Anne Hidalgo peut-être la tête
17:24ailleurs.
17:25Julien Dufay, au niveau national, avec notre consoeur du Parisien, Jannick Halimi.
17:30À cette période, vous signez un papier dont le titre est clair.
17:33Anne Hidalgo patine. Les critiques se multiplient.
17:36Elle traverse clairement une mauvaise passe.
17:38Il y a des sondages qui sont plutôt bas, entre 5, 7, 9 au maximum.
17:43Il y a aussi la troisième vague du Covid qui la freine dans le Tour de France qu'elle voulait
17:47entamer et dont on a parlé.
17:49Et puis, il y a le fait qu'Audrey Pulvar soit aussi empêtrée dans les polémiques, que sa campagne ne
17:54décolle pas.
17:55Et au PS, on se souvient bien que c'est bien Anne Hidalgo qui a imposé la candidature d'Audrey
17:59Pulvar.
17:59Donc, on commence à lui en tenir rigueur.
18:01Clairement, c'est une mauvaise passe pour Anne Hidalgo.
18:03Le dimanche 28 juin, c'est le second tour des élections régionales, marquée par une très forte abstention et une
18:09prime au sortant.
18:10Les présidents de région sont presque tous réélus.
18:12Marianne Guéraud, qu'est-ce que ces régionales changent pour Anne Hidalgo ?
18:16Dans l'absolu, ça devrait plutôt l'affaiblir puisque sa candidate, Audrey Pulvar, est arrivée au premier tour derrière l
18:21'écologiste Julien Bayou.
18:22Donc, c'est un mauvais marqueur, un mauvais signal.
18:25Mais évidemment, dans son entourage, on ne l'entend pas de cette façon-là.
18:28On dit Audrey Pulvar, c'est Audrey Pulvar, Anne Hidalgo, c'est Anne Hidalgo et on continue sur la lignée
18:33candidature à la présidentielle.
18:35Julien Dufay, le 30 juin, vous expliquait dans Le Parisien que sa détermination pour 2022 grandit.
18:41La fin des élections régionales fait qu'on bascule dans la présidentielle.
18:44Elle va bénéficier d'une tribune signée par 200 grands élus.
18:48Et puis, elle a désormais l'appui sans réserve du Parti Socialiste et d'Olivier Faure qui dit que ça
18:52pourrait être elle qui serait candidate.
18:54Je l'ai dit à plusieurs reprises, je pense que ce serait une excellente présidente de la République.
18:59Il y a un espoir qui s'est levé.
19:01Nous pouvons très bien ne pas avoir cette fatalité sur le dos.
19:06Nous pouvons avoir un autre deuxième tour.
19:09Pourquoi est-ce qu'il n'envisage plus de se ranger derrière un candidat Europe Ecologie Les Verts, ce qu
19:12'il faisait il y a encore quelques mois ?
19:14Il y a encore une fois l'effet régional, c'est-à-dire que la gauche a conservé toutes ses
19:17régions, les écologistes n'en ont remporté aucune.
19:20Et dans certaines régions d'ailleurs, les socialistes sont arrivés sans l'appui des écologistes.
19:24Donc pour Olivier Faure, l'EPS est la force motrice de la gauche, c'est son expression.
19:29Et du coup, il en tire des leçons pour la présidentielle.
19:31Et puis la deuxième raison, c'est qu'Anne Hidalgo, encore une fois, sa candidature semble s'imposer.
19:36Elle fait quasiment consensus au sein des élus PS.
19:38Et puis, accessoirement, il n'y en a pas d'autre.
19:41Quelques jours plus tard, le 12 juillet, Anne Hidalgo est à Villeurbanne, à côté de Lyon, où elle rassemble ses
19:47soutiens.
19:48Que fait-elle concrètement ?
19:49C'est une grand messe qui vise à montrer qu'elle est soutenue par de nombreux élus.
19:54Et puis, elle commence aussi à esquisser les premières pistes d'un possible programme présidentiel.
20:01Elle parle beaucoup de la valeur travail, quelle réhabilité, des petits salaires à revaloriser,
20:05la transition écologique évidemment, qui est un de ses chevaux de bataille.
20:09Et puis l'école, la laïcité, la sécurité, le régalien qu'elle veut mettre en avant.
20:13Marianne Guéraud, pendant l'été, Anne Hidalgo, on la voit aussi notamment à Tokyo, le dimanche 8 août, où elle
20:19reçoit le drapeau olympique.
20:20Elle vient recevoir le drapeau olympique parce que la prochaine ville à accueillir les Jeux, c'est Paris en 2024.
20:26Et c'est un moment important pour elle parce que les Jeux olympiques, c'est quand même elle qui est
20:30allée les chercher.
20:32Elle avait beaucoup travaillé, elle avait parcouru le monde entier pour vanter les mérites de la candidature parisienne.
20:37Donc, on peut dire que là, c'est son moment à elle.
20:40Elle vient chercher ce drapeau qu'elle a tant voulu.
20:42Et puis, c'est aussi une façon de soigner un peu sa stature internationale.
20:47Et ce sera important dans la bataille des présidentielles qu'elle s'engage à mener.
20:50Julien Dufay, le vendredi 27 août, elle participe aux journées d'été du Parti Socialiste à Blois, où son but
20:57est de séduire les militants.
20:59Qu'est-ce qu'elle leur dit en résumé ?
21:01Sans l'annoncer sa candidature, l'exercice est difficile, mais elle va essayer en clair de les séduire.
21:06Merci Blois, merci à vous, merci Marc et à tous les militants, tous les élus, merci.
21:13Elle leur promet une très belle aventure démocratique.
21:16Elle leur dit qu'il faut rester fidèle aux valeurs socialistes.
21:19Elle va citer Jean Jaurès.
21:20Ce grand parti de Jaurès, ce grand parti de Blum, ce grand parti de Mitterrand, mais aussi, je dirais, de
21:29Lionel Jospin.
21:29Bref, elle va essayer de les cajoler pour les emmener dans cette campagne.
21:34Elle sait qu'elle aura besoin des militants du Parti Socialiste, de l'appareil, des finances aussi du PS.
21:40Donc, c'est vraiment l'opération Calinothérapie.
21:43Et vu d'ici, c'est une très belle foule.
21:46C'est une foule de femmes et d'hommes qui sont restés fidèles.
21:51Fidèles à une famille politique qui a marqué l'histoire de notre pays.
21:57Et les militants à qui vous parlez, qu'est-ce qu'ils pensent de sa potentielle candidature ?
22:02Ils sont plutôt soulagés dans l'ensemble qu'il y a une candidature qui émerge au Parti Socialiste,
22:07même si tous ne sont pas dans l'enthousiasme débridé.
22:10Il y a par exemple Françoise, une militante alsacienne que je rencontre,
22:15qui résime un peu à elle seule le sentiment des militants socialistes.
22:20Elle dit qu'au départ, elle n'était pas fan du tout du personnage Anne Hidalgo,
22:24qu'elle a appris à la connaître, qu'elle a été reboostée par sa présence à Blois,
22:28où il y a eu une standing ovation à l'ouverture de l'université du PS.
22:33Mais elle lui conseille de se déparisianiser, ce sont ses termes.
22:36Elle dit qu'il faudrait qu'elle descende de son piédestal pour davantage parler au territoire.
22:41Vous dites que les militants sont soulagés d'avoir un candidat, une candidate.
22:45Le socialiste Stéphane Le Folle, l'un des adversaires d'Anne Hidalgo,
22:48il a des mots assez durs contre elle.
22:50Oui, il dit que le parti a la peur du vide, qu'on se range de manière trop précipitée
22:56derrière la candidature d'Anne Hidalgo et qu'il faut un débat en vue de la présidentielle.
23:01Le mardi 7 septembre, Le Parisien révèle comment Anne Hidalgo va annoncer sa candidature le dimanche 12,
23:07ce qui nous ramène au début de cet épisode.
23:09Elle se lance officiellement à Rouen et quelques heures plus tard,
23:13elle est invitée au journal de 20h de France 2 présenté par Laurent Delahousse.
23:16Bonsoir Anne Hidalgo.
23:17Bonsoir.
23:18Merci d'être avec nous.
23:19Il y a quelques mois, vous étiez clair, on vient de le voir,
23:21vous ne serez pas candidate à l'élection présidentielle à celle-ci.
23:25Aujourd'hui, c'est oui.
23:25Cela veut dire quoi ? C'est votre choix ou on vous a poussé à le faire ?
23:29J'ai rassemblé, j'ai écouté et je n'échappe pas à cette responsabilité.
23:33J'ai décidé, oui, de me porter candidate à l'élection pour la présidence de la République française.
23:39Laurent Delahousse l'interroge sur une promesse choc qui figure dans son livre
23:42Apparaître ces jours-ci une femme française.
23:45Oui, il l'interroge sur sa volonté de multiplier par deux le salaire des enseignants en France.
23:50Vous imaginez combien de Français devant la télévision ce soir se disent
23:53paroles, paroles, encore des promesses.
23:55Elle le confirme implicitement.
23:57Elle dit que faire de la politique, c'est faire des choix et elle rappelle.
24:00Vous savez, le fait qu'aujourd'hui, des enseignants gagnent deux fois moins que des enseignants en Allemagne ou aux
24:07Pays-Bas,
24:07vous croyez que c'est normal alors qu'ils ont une mission essentielle ?
24:10Cette promesse de campagne, elle est très critiquée par beaucoup de personnalités politiques.
24:14Oui, elle est critiquée notamment par Jean-Luc Mélenchon, qui est candidat et directement concurrent à Anne Hidalgo,
24:20qui dit qu'en clair, ce n'est pas possible.
24:24Et elle est aussi ciblée par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer,
24:28qui dans nos colonnes va dire que c'est de la démagogie pure.
24:32Marie-Anne Guéraud, cette candidature, est-ce que c'est déjà une victoire pour elle,
24:36qui était dans l'ombre de Bertrand Delanoé au départ ?
24:38Oui, réellement, parce qu'il faut souvenir quand même que ces années,
24:42en tant que première adjointe derrière Bertrand Delanoé, n'ont pas été faciles à vivre pour elle.
24:48Et puis voilà, elle a gagné l'élection de 2014 sur son nom,
24:52elle a été réélue en 2020 contre toute attente.
24:55Donc pour une femme qui vient encore une fois de l'immigration,
24:59c'est un modèle d'intégration de la République, Anne Hidalgo, quand même.
25:02Ça doit sans doute être inespéré et sans doute une étape très importante dans sa vie.
25:07Marie-Anne Guéraud, les sondages ne sont pas bons pour Anne Hidalgo, moins de 10%,
25:11et elle a, face à elle, à gauche, six adversaires,
25:15en comptant le ou la candidate qui remportera la primaire écologiste.
25:18Ça va être compliqué pour elle de rassembler toutes ses forces de gauche
25:21et pourtant ce sera une étape indispensable si elle veut s'inviter au second tour.
25:25Mais dans son entourage, ils en sont convaincus.
25:27Cette entrée en campagne officielle d'Anne Hidalgo, ça va lui donner un coup de boost
25:31et ça va forcément la propulser, selon eux, en première place, des forces de gauche
25:35pour rassembler toutes ces dynamiques face à Emmanuel Macron.
25:49Merci à Marianne Guéraud et Julien Dufay.
25:52Code Source est le podcast quotidien du Parisien, disponible sur leparisien.fr
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