- il y a 10 heures
Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg... Avec pas moins de cinq candidats déclarés, la gauche peine à s’imposer dans la campagne présidentielle. Aucun candidat ne semble pouvoir se qualifier pour le second tour, d’après les sondages. Malgré les appels à l’union des candidatures et alors que Christiane Taubira pourrait entrer en course, la gauche apparaître très divisée. Récit de Jannick Alimi et de Julien Duffé, journalistes au service Politique du Parisien.
Dans ce podcast : Christiane Taubira l'ancien ministre de la justice dira mi-janvier si elle est candidate ou non à l'élection présidentielle. Anne Hidalgo dont la campagne n'a pas décollé se dit favorable à une primaire ouverte idée écartée aussitôt par le vert Yannick Jadot et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon. Code source raconte aujourd'hui le début de campagne à gauche marquée par la désunion et des sondages peu encourageants...
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Ambre Rosala, Marion Bothorel, Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : LCI, TF1, France Inter, Franceinfo, TMC, BFMTV, Public Sénat, France 2.
Dans ce podcast : Christiane Taubira l'ancien ministre de la justice dira mi-janvier si elle est candidate ou non à l'élection présidentielle. Anne Hidalgo dont la campagne n'a pas décollé se dit favorable à une primaire ouverte idée écartée aussitôt par le vert Yannick Jadot et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon. Code source raconte aujourd'hui le début de campagne à gauche marquée par la désunion et des sondages peu encourageants...
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Ambre Rosala, Marion Bothorel, Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Christiane Taubira, l'ancienne ministre de la Justice, dira mi-janvier si elle est candidate ou non à l'élection
00:18présidentielle.
00:19Anne Hidalgo, dont la campagne n'a pas décollé, se dit favorable à une primaire ouverte,
00:24idée écartée aussitôt par le vert Yannick Jadot et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon.
00:29Codesources raconte aujourd'hui le début de campagne à gauche, marquée par la désunion et des sondages peu encourageants.
00:36Récit de deux journalistes du service politique du Parisien, Yannick Halimi et Julien Dufay.
00:44Julien Dufay, à gauche, Jean-Luc Mélenchon est le premier à se déclarer candidat, c'est le 8 novembre 2020
00:51sur TF1.
00:52Mon intention est d'aider à déconfiner les esprits, à nouveau à se projeter sur l'avenir.
00:56Alors oui, je suis prêt et je propose ma candidature.
01:01Lui, il n'a pas vraiment de problème de désignation, puisqu'il est considéré comme légitime après avoir fait déjà
01:06deux candidatures à la présidentielle en 2012 et en 2017.
01:11Et donc, il annonce sa candidature sur TF1, mais il l'a sortie d'une condition, c'est une astuce
01:16pour finalement se donner une légitimité populaire,
01:19c'est de recueillir 150 000 signatures sur une plateforme numérique.
01:23Je serai candidat définitivement si et seulement si j'ai recueilli 150 000 signatures de parrainage.
01:31Évidemment, c'est une formalité, il va les recueillir en quatre jours et donc, au bout de quatre jours, il
01:35est formellement candidat à l'élection présidentielle.
01:37À ce moment-là, il y a plusieurs candidats potentiels à gauche, parmi eux, chez Les Verts, Yannick Jadot.
01:42Il essaie, au printemps 2021, de rassembler la gauche avec une réunion dans un hôtel parisien le samedi 17 avril.
01:49Qui est présent à cette réunion ?
01:51Il y a une vingtaine, il y a des chefs de partis, il y a Olivier Faure pour le Parti
01:55Socialiste, il y a Julien Bayou pour le Parti Europe Écologie Les Verts.
01:59Il y a des personnalités de gauche, comme Benoît Hamon, donc l'ex-candidat PS à la présidentielle, il y
02:04a Raphaël Luxman.
02:05Et puis, il y a des possibles candidats, il y a Éric Piolle ou Sandrine Rousseau qui vont ensuite participer
02:10à la primaire des écologistes.
02:12Anne Hidalgo est également présente, mais il y a quand même des absents de marques.
02:16Jean-Luc Mélenchon n'est pas là, il est en Amérique latine, il se fait représenter.
02:19Il y a le communiste Fabien Roussel qui lui aussi se fait représenter.
02:23Arnaud Montebourg aussi a refusé de participer et Christiane Taubira n'est pas là, elle est chez elle en Guyane.
02:28Quel est le but de cette réunion d'amour ?
02:30Officiellement, c'est pour aplanir un peu les divergences entre candidats et pour qu'il y ait un respect mutuel,
02:35un pacte de non-agression.
02:37Parce qu'on sort d'une séquence où les différentes familles politiques de la gauche sont un peu tirées dans
02:41les pattes.
02:42Et certains y voient quand même aussi une manœuvre de Yannick Jadot qui lui n'est quand même pas très
02:47favorable à la primaire des écologistes.
02:48Il aimerait un mode de désignation plus large.
02:54Yannick Halimi, cette tentative d'union ne donnera rien. Pourquoi ?
02:58Pour au moins deux raisons.
02:59D'abord parce qu'il y a un candidat qui est Jean-Luc Mélenchon qui s'est déjà lancé dans
03:03la campagne
03:04et qui estime qu'il a toute sa légitimité à y aller seul.
03:07Et il y a aussi très rapidement des questions et des clivages et des différences et des divergences de fond
03:15entre les communistes qui sont représentés, les insoumis qui sont représentés, les écologistes et les socialistes.
03:20Et de ça, ce sont des difficultés dont il est très difficile de se remettre.
03:24Julien Dufay, le samedi 4 septembre à Clamcy dans la Nièvre.
03:28L'ancien ministre de l'économie de François Hollande, Arnaud Montebourg, annonce qu'il est candidat à la présidentielle de
03:352022.
03:35Oui, on est donc à Clamcy, c'est la ville de naissance d'Arnaud Montebourg,
03:39qui fait ça dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville.
03:41Il arrive sur la chanson de Johnny, Que je t'aime, et il a un discours sur ses thèmes de
03:47prédilection,
03:49la réindustrialisation nécessaire de la France, la démondialisation, le made in France.
03:53Il dit qu'il a eu raison trop tôt. Il promet la remontada de la France.
03:56La remontada de la France, en 5 ans 2022, 2027, remonter ensemble la France, nous le pouvons.
04:03Il se lance officiellement dans la course à l'Elysée.
04:06J'ai décidé de présenter aujourd'hui aux Françaises et aux Français ma candidature à la présidence de la République.
04:13Le dimanche 12 septembre, c'est au tour de la maire de Paris, Anne Hidalgo,
04:16de se lancer dans la course à la présidentielle,
04:19dans un discours prononcé sur les docks de Rouen, en Seine-Maritime, avec la Seine en arrière-plan.
04:23C'est un discours assez classique, deux déclarations de candidature,
04:26et elle esquisse les grandes lignes de son projet,
04:28donc à la fois promesse républicaine, écologie, lutte contre les inégalités.
04:34Mais elle se revendique bel et bien du Parti Socialiste.
04:37Elle cite les grandes figures du Parti, Jaurès, Blum, Mendès France, Mitterrand.
04:41Donc voilà, elle se place dans cette filiation.
04:45Jannick Halimi, le jeudi 16 septembre, invitée sur France Inter,
04:48l'ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, dit qu'elle ne sera pas candidate en 2022.
04:55Christiane Taubira est claire, nette et précise.
04:58Elle explique qu'il y a déjà beaucoup trop de candidats à gauche,
05:02et donc elle explique qu'elle-même n'est pas candidate et ne le sera pas.
05:06Vous n'êtes pas la sixième candidate, la surprise du jeudi matin.
05:10Non, sincèrement, même les personnes qui ont beaucoup d'enthousiasme, je crois,
05:14sont capables d'être assez raisonnables pour comprendre que je ne peux pas venir contribuer à l'éparpillement.
05:20Jannick Halimi, de leur côté, les Verts ont choisi une primaire ouverte
05:24pour désigner celui ou celle qui les représentera.
05:27Dans cette campagne, Yannick Jadot est favori,
05:29mais une autre candidate, Sandrine Rousseau, ancienne cadre d'Europe Écologie Les Verts,
05:33ancienne porte-parole notamment, se fait remarquer.
05:35Oui, elle se fait remarquer parce qu'elle se qualifie non pas d'écologiste pure et dure,
05:40mais d'écoféministe, et elle n'hésite pas à multiplier les déclarations contre les hommes,
05:46et dans le rapport de force qu'auraient les hommes vis-à-vis des femmes,
05:48des hommes qu'elle n'hésite pas à traiter de prédateurs.
05:52Elle estime qu'il est temps de mettre fin à une époque de souillure,
05:56de souillure des femmes par rapport aux hommes.
05:58Elle est déterminée à aller jusqu'au bout de cette campagne.
06:01Julien Dufay, le mardi 28 septembre, le résultat du second tour de cette primaire est annoncé.
06:06C'est Yannick Jadot qui l'emporte sur le fil,
06:09puisqu'il l'emporte avec 51,03% des voix,
06:13donc un peu moins de 2000 voix d'avance sur les 100 000 votants de cette primaire écologiste.
06:18Et donc, dans la foulée de sa victoire, il défend ce qu'il défend depuis toujours,
06:21c'est-à-dire une écologie de rassemblement.
06:24Il redit qu'il est là pour gagner la présidentielle,
06:26et il dit qu'il ouvrira sa porte à ceux qui sont arrivés après lui,
06:29donc Sandrine Rousseau, Éric Piolle et Delphine Bateau.
06:32Mais Sandrine Rousseau ne le rallie pas tout de suite.
06:34Il y a 36 heures de suspense.
06:36Il y a, pendant ces 36 heures, une rencontre avec Yannick Jadot,
06:40au bout desquelles, d'ailleurs, Sandrine Rousseau dit que c'était un dialogue peu constructif.
06:46Il a gagné, dit-elle, mais d'une victoire courte.
06:49On était à deux doigts de transformer vraiment le récit de cette présidentielle.
06:53Il faut qu'il entende que les courbes étaient en train de se croiser.
06:58Que les courbes étaient en train de se croiser.
07:00À une semaine près, vous dites, j'aurais pu gagner ?
07:02Oui, je pense, oui.
07:03Et finalement, la discipline partisane reprend le dessous,
07:06puisqu'il y a un ralliement officiel de Sandrine Rousseau et Yannick Jadot.
07:11Le jeudi 14 octobre, Anne Hidalgo est officiellement investie par les militants socialistes.
07:15Suite à un vote interne, elle avait pour seul adversaire le maire du Mans, Stéphane Le Folle.
07:19Mais, Julien Dufay, sa campagne ne rebondit pas dans les jours qui suivent.
07:24Oui, en fait, depuis sa déclaration de candidature à Rouen,
07:27il y a eu une baisse un peu inexorable dans les sondages.
07:30Elle était à 8-9% à la rentrée et elle va dégringoler progressivement.
07:35Elle va même descendre jusqu'à 3%.
07:36Il y a des sondages qui vont la donner à 3%, ce qui est très bas.
07:39Puis, il y a des critiques en interne sur sa façon de faire campagne.
07:42On dit qu'il n'y a pas beaucoup de messages qui impriment, comme on dit.
07:44Il y a des défections, avec notamment le départ d'un proche de Martine Aubry,
07:48qui s'appelle François Lamy, qui passe chez les écologistes,
07:50ce qui est assez mauvais signe.
07:52Il y a une campagne qui patine.
07:53Le 27 octobre, elle est en déplacement dans la Drôme, à Saint-Vallier.
07:56Elle doit visiter un hôpital, mais elle tourne aussi une petite vidéo à la gare de Saint-Vallier,
08:01qui va s'avérer très mauvaise pour son image.
08:03Oui, à la base, elle vient dans cette ville de la Drôme pour défendre l'hôpital public,
08:07et notamment 45 lits d'hôpital qui sont menacés de fermeture.
08:10Et ce qu'on va retenir, surtout, c'est cette vidéo qui va faire 2 millions de vues.
08:13Dans cette vidéo postée sur Twitter, on la voit en fait sur un quai,
08:17devant un distributeur de billets de TER.
08:19Bon, alors, je suis à la gare de Saint-Vallier.
08:22Je peux vous dire une chose.
08:23D'abord, c'est très beau, Saint-Vallier,
08:25mais quand les machines remplacent les humains, ça ne va pas, quoi.
08:30Je veux vraiment du service public avec des humains, des fonctionnaires,
08:36et pas des machines.
08:37C'est beaucoup mieux, beaucoup mieux pour notre équilibre collectif dans le pays.
08:42Merci.
08:43Et elle va dire en substance qu'avec elle, présidente,
08:46il y aura des services publics avec des humains, des fonctionnaires.
08:48Sur Twitter, elle est moquée par de nombreux internautes.
08:50Oui, en clair, on lui reproche un peu d'être hors-sol.
08:53C'est-à-dire, ces machines, elles existent depuis des années.
08:55On a l'impression qu'elle les découvre.
08:57Donc, ça alimente un procès en déconnexion, un petit peu, d'Anne Hidalgo.
09:02Jeannique Halimi, à ce stade, il faut rappeler que depuis le printemps,
09:04sur Internet, des militants associatifs de gauche se mobilisent
09:07pour organiser une primaire à gauche.
09:10Effectivement, il y a une sorte de mobilisation de la société civile
09:13qui prend conscience très vite,
09:16qui risque d'avoir un éclatement des candidatures à gauche
09:19et qui a un risque de défaite, quel que soit le candidat.
09:23Et donc, ils en appellent à une sorte de primaire,
09:26à un rassemblement pour que la gauche ait une chance
09:28de passer au moins le premier tour,
09:30accéder au second, voire remporter la présidentielle.
09:33Le vendredi 19 novembre,
09:35dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique Sénat,
09:38Anne Hidalgo dit clairement non à cette idée de primaire.
09:41Je ne suis pas favorable, et je l'ai dit déjà, à ce type de primaire.
09:44Elle dit clairement non, parce qu'Anne Hidalgo a décidé de partir seule.
09:49Elle est convaincue de sa légitimité.
09:52Elle veut défendre plus que jamais une ligne sociale démocrate
09:56face à l'écologiste Jadot, au communiste Rousseau,
09:59et à l'insoumis radical Jean-Luc Mélenchon.
10:02Une dizaine de jours plus tard, le mardi 30 novembre,
10:05Anne Hidalgo, Yannick Jadot ou encore Jean-Luc Mélenchon
10:07disent ou redisent qu'ils refusent de participer à la primaire populaire,
10:11mais sur le plateau de Quotidien, l'émission de Yann Barthès sur TMC,
10:15l'ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira,
10:18ne dit pas clairement non à une candidature.
10:21Alors effectivement, elle fait un pas de plus,
10:24Madame Taubira, dans cette émission,
10:26parce qu'elle ne dit pas non explicitement.
10:28En revanche, quand Yann Barthès lui pose la question...
10:32Je crois qu'il est important, ça arrive à...
10:34Vous avez assez d'autorité pour qu'il soit derrière vous ?
10:36Elle botte un peu en touche.
10:38Si ça se passait comme ça, ce serait déjà fait.
10:40C'est un pas en avant, mais un demi-pas quand même.
10:43Le mardi 7 décembre, un sondage de l'Institut Elab
10:46crédite Anne Hidalgo de 3% des intentions de vote.
10:49Et vous, Yannick Halimi, vous révélez ce jour-là dans Le Parisien
10:52que des cadres du PS vont envoyer une note interne
10:56à la direction du parti, donc à Olivier Faure,
10:58pour critiquer la façon dont est menée cette campagne.
11:01Ces cadres et ces élus du PS
11:04constatent que la campagne d'Adidalgo,
11:06non seulement ne décolle pas,
11:07mais elle s'enfonce dans les abysses des sondages.
11:10Et ils estiment qu'il manque une dynamique fondamentale
11:13à cette campagne.
11:14Et une des raisons qu'ils allèguent,
11:16c'est le fait que pour eux,
11:17la direction du Parti Socialiste,
11:19avec Olivier Faure, qui en est à la tête,
11:21ne joue pas le jeu,
11:23qui est de soutenir, apporter tous ces moyens
11:25et la motivation des élus et des militants
11:27au service et au soutien de la candidate.
11:30Et cette note est effectivement extrêmement irritante
11:33au moment où les sondages plombent la candidate socialiste.
11:39Jeanne Calimi, le lendemain, le mercredi,
11:41Anne Hidalgo est l'invitée des 4 vérités
11:43sur France 2 dans la matinale
11:44et on lui demande si elle va aller jusqu'au bout.
11:47Elle dit qu'effectivement,
11:48elle ira jusqu'au bout
11:49et que même si cette campagne
11:52n'est pas un parcours de santé,
11:54elle est déterminée à aller jusqu'au bout de cette campagne.
11:56Qu'est-ce que vous dites à ceux
11:57qui préparent déjà votre retrait
12:00de la campagne ?
12:01Écoutez, je suis déterminée, vous savez,
12:04c'est la gauche qui peut réconcilier la France.
12:07Julien Duffet, dans la foulée,
12:08Anne Hidalgo part à la gare Montparnasse
12:10et elle prend un train pour La Rochelle.
12:12Oui, elle a un déplacement ce jour-là
12:13en Charente-Maritime
12:15et subitement,
12:16elle décide de descendre du train
12:18en gare de Poitiers,
12:19c'est-à-dire au cours du trajet,
12:21pour revenir vers Paris.
12:23On sait ce qui s'est passé dans ce train ?
12:24Alors, on ne sait pas,
12:25on essaye de chercher,
12:26c'est très nébuleux,
12:27il y a des tas de rumeurs
12:29qui sont alimentées,
12:30on parle même de problèmes familiaux,
12:33on pense à ce moment-là
12:34peut-être à un abandon,
12:36c'est très mystérieux
12:37et on va passer tout l'après-midi
12:38à chercher ce que va faire Anne Hidalgo.
12:39Donc en tout cas,
12:40elle descend à Poitiers
12:41et elle remonte à Paris ?
12:41Elle remonte à Paris
12:42et donc on va apprendre à 18h
12:44qu'elle va faire le 20h de TF1
12:46le soir-même.
12:47Bonsoir Anne Hidalgo.
12:48Bonsoir Gilles Boulot.
12:49Merci d'avoir accepté notre invitation.
12:50C'est une interview très courte,
12:52ça dure trois minutes
12:54et elle va dire à Gilles Boulot
12:56ce qu'elle propose.
12:58Qu'il faut organiser
12:59une primaire de cette gauche
13:01arbitrée par nos concitoyens.
13:03Une primaire à gauche
13:04pour dégager une candidature commune
13:07qui puisse passer le premier tour
13:09l'espère-t-elle.
13:11Yannick Halimi,
13:11dans les heures qui suivent,
13:12que répondent les autres candidats de gauche ?
13:14C'est simple et unanime,
13:17c'est non.
13:18Personne ne veut y aller.
13:19Yannick Jadot,
13:20le candidat écologiste,
13:21dit qu'il n'ira pas.
13:22Ce n'est pas le choix des écologistes.
13:24Anne Hidalgo, dit-il,
13:25prend acte de l'impasse
13:27de sa candidature,
13:28dit Yannick Jadot.
13:30À la France Insoumise,
13:31on estime que l'Union,
13:34eux, ils l'ont déjà proposé
13:35autour d'un candidat,
13:36on caque la porte.
13:38Et puis Fabien Roussel,
13:39le candidat communiste,
13:41lance un appel à Anne Hidalgo
13:42en disant,
13:43écoutez, rejoignez-nous.
13:45Dès le lendemain,
13:46Julien Dufay,
13:46la rumeur d'une candidature
13:47de Christiane Taubira
13:48refait surface.
13:49Son entourage commence à expliquer
13:50que la situation a changé
13:52depuis la rentrée,
13:53que la montée des thèmes
13:55d'extrême droite
13:55dans la campagne
13:56inquiète Christiane Taubira.
13:58Et il y a eu un électrochoc,
14:00c'est les mots de son entourage,
14:02c'est le meeting
14:03d'Éric Zemmour
14:04à Villepinte
14:05qui a beaucoup choqué
14:05Christiane Taubira
14:06et qui la pousserait
14:07à vouloir s'engager
14:08et à peser de tout son poids
14:10dans cette campagne.
14:14Meeting qui s'est déroulé
14:15le dimanche 5 décembre.
14:16Une semaine plus tard,
14:17le dimanche 12 décembre,
14:19Anne Hidalgo renouvelle
14:20sa proposition
14:20dans le journal du dimanche
14:21sans plus de succès.
14:23Le jour même,
14:24elle est en meeting
14:24dans les Pyrénées-Orientales
14:26à Perpignan.
14:27Jeannique Halimi,
14:28vous êtes sur place
14:29pour Le Parisien.
14:30Que vous disent les militants
14:31sur l'idée d'Anne Hidalgo
14:33de participer à une primaire,
14:35de lancer une primaire ?
14:36Il y a des militants
14:37qui continuent à la soutenir
14:38quoi qu'elles disent
14:39et quoi qu'elles fassent.
14:40Mais ce n'est pas la majorité.
14:42Certains me disent,
14:43mais enfin,
14:43avec cette primaire
14:44dans laquelle veut désormais
14:46s'inscrire à Anne Hidalgo,
14:47en fait,
14:48notre candidate nous dit
14:49vous êtes libres
14:50de ne pas voter pour moi.
14:51Il y a de quoi désarçonner
14:52des militants socialistes.
14:55Et il y en a d'autres,
14:55bien sûr,
14:56qui estiment qu'ils vont devoir
14:57changer de candidat
14:58dans les semaines qui viennent.
15:00Julien Dufay,
15:01le jeudi 16,
15:02dans la journée,
15:02on apprend que Christiane Taubira
15:04va dire le lendemain
15:05si elle se présente
15:06ou non la présidentielle.
15:07Oui,
15:07on apprend qu'elle va s'exprimer,
15:09donc qu'elle va mettre
15:09fin au suspense.
15:10On se demande
15:11si ça va être une candidature,
15:12autre chose,
15:13on est dans l'expectative.
15:15Finalement,
15:15le vendredi matin,
15:16l'ancienne ministre
15:17de la Justice
15:18poste une vidéo
15:19sur ses réseaux sociaux.
15:20Oui,
15:21c'est une courte vidéo.
15:22Christiane Taubira
15:24déclare envisager
15:25une candidature
15:26à la présidentielle.
15:27Elle donne rendez-vous
15:28aux Français
15:28à la mi-janvier.
15:30Elle constate
15:31l'impasse
15:31dans laquelle
15:32se trouve la gauche.
15:33Il y a des candidatures
15:34de personnes
15:36de grandes valeurs
15:37pour qui j'ai
15:38de l'estime
15:39et de l'amitié,
15:41mais je constate
15:42l'impasse.
15:43Elle dit
15:43qu'elle ne sera pas
15:44une candidate de plus
15:45et qu'elle mettra
15:46toutes ses forces
15:47dans les dernières chances
15:48de l'Union,
15:49ce sont ses mots.
15:50J'ai toujours dit
15:50que je prendrai
15:51ma responsabilité.
15:52Pour cela,
15:53j'envisage
15:55d'être candidate
15:56à l'élection présidentielle
15:58de la République française.
16:02Et le lendemain,
16:03vous la suivez
16:04sur son premier déplacement
16:05de potentiel candidate
16:07à Saint-Denis.
16:08Elle en dit un peu plus
16:09sur ce qu'elle veut faire,
16:10c'est-à-dire qu'elle accepte
16:11de s'inscrire
16:12dans la primaire populaire
16:13dont on a déjà parlé.
16:14Elle dit que ce serait
16:15la meilleure méthode
16:16pour départager les candidats.
16:17Elle s'offre un bain de foule
16:18à Saint-Denis
16:19et elle peut mesurer
16:20quand même
16:20une certaine popularité,
16:22un certain enthousiasme
16:23des gens
16:23sur son passage.
16:24Jeanne Kalimi,
16:25Christiane Taubira
16:26est une figure importante
16:27et respectée
16:28pour beaucoup
16:28de sympathisants de gauche ?
16:30Oui, absolument.
16:31C'est une femme
16:33qui manie le verbe
16:35comme un tribun,
16:37celle qui a fait passer
16:38contre vents et marées
16:39la loi sur le mariage
16:40pour tous.
16:41Et enfin,
16:42c'est la ministre
16:43qui a osé claquer la porte
16:45du gouvernement Valls
16:46lorsque François Hollande,
16:48à la suite
16:49des attentats terroristes,
16:50a tenté d'inscrire
16:51dans la Constitution
16:52la déchéance de nationalité
16:54pour les terroristes
16:55qui ont une double nationalité.
16:56Et pour une partie
16:58de l'électorat de gauche,
16:59ce sont des faits d'armes
17:00d'une grande importance.
17:02En même temps,
17:03pour beaucoup,
17:03elle est aussi associée
17:04à tort ou à raison
17:05à l'élimination
17:06du candidat PS
17:07Lionel Jospin
17:08au premier tour
17:09de la présidentielle
17:09en 2002,
17:10le 21 avril 2002,
17:12avec la qualification
17:13de Jean-Marie Le Pen
17:13au second tour
17:14face au président sortant
17:15Jacques Chirac.
17:16Une des raisons
17:17qui avaient été avancées
17:19pour expliquer cette défaite,
17:20ça a été le nombre
17:21de candidats à gauche
17:22qui évidemment auraient
17:24dilué le score
17:26de Lionel Jospin.
17:27Et parmi ces candidats,
17:29il y avait Christiane Taubira
17:30qui avait réalisé
17:31le score de 2,32%.
17:33Avec le recul,
17:35beaucoup estiment
17:36que ce procès
17:37qu'on avait fait
17:38à Christiane Taubira
17:38était infondé.
17:40Ce n'était pas
17:40la seule candidate
17:41qui participait
17:42à cet éclatement
17:43de la gauche.
17:43Et il suffit
17:44de revoir aussi
17:46la campagne
17:46de Lionel Jospin.
17:48Lionel Jospin
17:49ayant fait au premier tour
17:50une campagne
17:51du second tour,
17:51ce qui n'a pas favorisé
17:53son passage
17:54justement au second tour
17:55de la présidentielle.
17:57Le 3 janvier,
17:58le Parisien titre
17:59à gauche
17:59une rentrée
18:00désunie.
18:02Dans votre article,
18:03Yannick Halimi,
18:03vous précisez
18:04qu'Anne Hidalgo
18:05pourrait bien finalement
18:06participer à une primaire
18:08même sans Yannick Jadot
18:09avec donc
18:10Christiane Taubira
18:11et Arnaud Montebourg.
18:13Yannick,
18:13pour être clair,
18:14Yannick Jadot
18:15et Jean-Luc Mélenchon,
18:16ils iront jusqu'au bout
18:17quoi qu'il arrive ?
18:18Les deux iront jusqu'au bout
18:20quoi qu'il arrive
18:21sauf évidemment
18:22circonstances exceptionnelles.
18:23Jean-Luc Mélenchon
18:24reste le candidat de gauche
18:26parmi les plus populaires
18:28et les plus crédibles.
18:29C'est sa troisième
18:30et sa dernière campagne
18:31donc il ira juste au bout.
18:33Yannick Jadot également.
18:34Il est convaincu
18:35que l'écologie
18:35est la nouvelle idéologie
18:37qui peut porter
18:38toute une partie
18:39du peuple de gauche
18:40donc il ira lui aussi
18:41jusqu'au bout.
18:43Merci Yannick Halimi,
18:45Julien Duffet,
18:45je rappelle que vous êtes
18:46journaliste au service
18:47politique du Parisien.
18:48La présidentielle en France
18:49ce sera les 10 et 24 avril.
18:51Nous y consacrons régulièrement
18:53des épisodes de Codesources.
18:54Toute l'actualité
18:55de la campagne électorale
18:56est à suivre sur
18:57leparisien.fr.
19:00Cet épisode a été produit
19:01par Ambre Rosala,
19:02Marion Bottorel
19:03et Thibaut Lambert.
19:05Réalisation,
19:05Julien Moukoukiol.
19:07Codesources,
19:07le podcast d'actualité
19:09du Parisien
19:09est disponible
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