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Depuis quelques semaines, la campagne de Valérie Pécresse s'essouffle et elle commence à provoquer des divisions au sein du parti Les Républicains, surtout depuis son meeting au Zénith de Paris. Récit.
Dans ce podcast : A deux mois de l'élection présidentielle la campagne de Valérie Pécresse ne décolle pas. La candidate des Républicains est vivement critiquée depuis plusieurs semaines sur son style et ses propositions. Une partie de son camp la juge peu convaincante notamment depuis son grand meeting qui s'est tenu à Paris le 13 février. A droite certains ont d'ailleurs de plus en plus de doutes sur ses chances d'accéder au second tour et de l'emporter face à Emmanuel Macron. Comment Valérie Pécresse en est-elle arrivée à cette situation on fait le point dans Code source.
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/valerie-pecresse-une-campagne-en-zone-de-turbulences-18-02-2022-IAXVVEOHWBDPVFRMUE4FBRLUDA.php
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Animation : Thibault Lambert - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thomas Valognes, Clara Garnier-Amouroux, Sarah Hamny et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : France 24, LCI, BFMTV, Les Républicains, Franceinfo.
#pecresse #lesrepublicains #elections
Dans ce podcast : A deux mois de l'élection présidentielle la campagne de Valérie Pécresse ne décolle pas. La candidate des Républicains est vivement critiquée depuis plusieurs semaines sur son style et ses propositions. Une partie de son camp la juge peu convaincante notamment depuis son grand meeting qui s'est tenu à Paris le 13 février. A droite certains ont d'ailleurs de plus en plus de doutes sur ses chances d'accéder au second tour et de l'emporter face à Emmanuel Macron. Comment Valérie Pécresse en est-elle arrivée à cette situation on fait le point dans Code source.
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/valerie-pecresse-une-campagne-en-zone-de-turbulences-18-02-2022-IAXVVEOHWBDPVFRMUE4FBRLUDA.php
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12A deux mois de l'élection présidentielle, la campagne de Valérie Pécresse ne décolle pas.
00:17La candidate des Républicains est vivement critiquée depuis plusieurs semaines sur son style et ses propositions.
00:23Une partie de son camp la juge peu convaincante, notamment depuis son grand meeting qui s'est tenu à Paris
00:28le 13 février.
00:30A droite, certains ont d'ailleurs de plus en plus de doutes sur ses chances d'accéder au second tour
00:36et de l'emporter face à Emmanuel Macron.
00:38Comment Valérie Pécresse en est-elle arrivée à cette situation ?
00:41On fait le point dans Code Source avec Alexandre Sulzer, journaliste, il couvre la droite au service politique du Parisien.
00:58Alexandre Sulzer, dans le dernier épisode de Code Source que nous avons consacré à la campagne de Valérie Pécresse,
01:04nous nous étions arrêtés au moment où la candidate remporte le Congrès des Républicains.
01:09Le 4 décembre, la présidente de la région Île-de-France est officiellement désignée candidate du parti pour la présidentielle.
01:15Valérie, 69 326 voix, 60,95, 61%.
01:23D'abord, il faut rappeler qu'au départ, elle n'était pas favorite pour ce scrutin.
01:27A priori, le favori était plutôt Xavier Bertrand, puisque c'était celui qui était en tête dans les sondages pendant
01:32de nombreux mois.
01:33Puis, ça a été Michel Barnier, qui était un peu le favori de l'appareil des élus.
01:39Et Valérie Pécresse, finalement, était un peu tapie dans l'ombre pendant la campagne.
01:42Personne n'avait vraiment misé sur elle. Elle n'incarnait pas nécessairement ni la fidélité au parti, ni une ligne
01:49extrêmement identifiée.
01:51A l'issue du premier tour, c'est Éric Ciotti qui arrive en tête, qui lui a fait une campagne
01:55sur une ligne très droitière,
01:56qui parle au cœur de l'électorat, mais elle a eu le soutien dans l'entre-deux-tours de l
02:00'ensemble des autres candidats.
02:02Et donc, finalement, elle gagne le second tour et devient donc la candidate de la droite.
02:07Décrivez-nous Valérie Pécresse à la tribune au moment où elle est désignée candidate du parti.
02:11Elle porte un tailleur rouge qui la distingue très clairement par rapport à un océan de costumes très gris que
02:17portent tous ses camarades masculins.
02:19Et, en effet, elle commence son discours en remerciant les militants d'avoir fait le choix d'une femme.
02:25Pour la première fois de son histoire, le parti du général de Gaulle, de Georges Pompidou, de Jacques Chirac, de
02:31Nicolas Sarkozy,
02:33notre famille politique va se doter d'une candidate à l'élection présidentielle.
02:41Ensuite, elle appelle immédiatement au rassemblement parce qu'elle sait que c'est un peu la maladie congénitale de la
02:47droite.
02:48Notre unité fait notre force.
02:50Alors bravo à tous pour vos belles campagnes.
02:57A partir de là, le premier défi de Valérie Pécresse, c'est d'abord de rassembler sa famille politique derrière
03:03elle
03:03et de ne pas reproduire l'erreur de François Fillon en 2017 qui avait tenté de faire campagne sans le
03:09soutien des LR.
03:11Que fait-elle ?
03:12Elle s'empresse d'aller dans les Alpes-Maritimes chez Éric Ciotti qui était le finaliste avec elle pour montrer
03:18qu'ils vont travailler désormais main dans la main.
03:21Elle se rend également chez Xavier Bertrand ainsi qu'en Savoie chez Michel Barnier.
03:24L'idée vraiment c'est de montrer que contrairement à ce que certains craignaient, la primaire n'a pas provoqué
03:30de rupture dans la famille politique.
03:32Vous interrogez des militants LR. Qu'est-ce qu'ils pensent du début de campagne de Valérie Pécresse ?
03:37Il y a une période quand même un peu d'euphorie à droite au moment où Valérie Pécresse est désignée
03:41parce que immédiatement,
03:42effectivement, Xavier Bertrand qui était un peu soupçonné d'être un mauvais perdant, il avait eu beaucoup d'espoir, fait
03:47le job, il est à ses côtés.
03:49La droite affiche une image de famille réunie.
03:52On voit très vite que Valérie Pécresse qui était en général autour de 9% dans les sondages, elle gagne
03:58automatiquement dans la foulée 6-7 points.
04:01Elle se positionne comme étant en mesure d'aller au second tour et on sait que dans un second tour
04:08face à Emmanuel Macron, les jeux sont extrêmement ouverts.
04:10Donc, elle passe de candidate qui était vraiment en retrait à potentiel présidentiable.
04:16Le 21 décembre, pour son premier déplacement en tant que candidate LR à l'étranger, elle choisit Erevan, la capitale
04:24de l'Arménie.
04:24Oui, c'est un choix évidemment extrêmement symbolique. L'Arménie est un pays chrétien en terre d'Orient qui est
04:31en guerre contre l'Azerbaïdjan sur le territoire du Haut-Karabakh que l'Arménie revendique.
04:38Et donc, ça permet d'illustrer à la fois son soutien aux chrétiens d'Orient qui est une cause qu
04:41'elle a toujours défendue, notamment en tant que présidente du conseil régional.
04:45Et c'est également une cause qui est défendue par Elie Zemmour qui, quatre jours avant, a également fait ce
04:50déplacement dans le même territoire accompagné de Philippe de Villiers.
04:52Elle va encore plus loin d'ailleurs qu'Éric Zemmour puisqu'elle se rend elle-même physiquement dans le Haut
04:59-Karabakh qui est un territoire qui n'est pas reconnu par la communauté internationale comme étant arménien.
05:05Le 4 janvier, Valérie Pécresse convoque la presse pour l'inauguration de son nouveau QG de campagne.
05:10C'est un QG qui se trouve dans le 17e arrondissement à proximité de la porte Maillot.
05:15Ça se veut un espace de co-working avec beaucoup d'open space, un peu dans une ambiance start-up
05:21avec des petits objets rigolos, des références à Star Wars.
05:24Elle veut finalement une ambiance un peu symbolique d'une droite rajeunie, d'une droite féminisée, d'une nouvelle droite
05:31comme elle dit.
05:32Deux jours plus tard, elle effectue son premier gros déplacement de l'année 2022 en région PACA, déplacement sur le
05:39thème de la sécurité.
05:40Au cours d'un point presse à Salon de Provence, elle lâche une phrase aux journalistes.
05:44Pour ressortir le Karcher, il a été remisé à la cave par François Hollande et Emmanuel Macron depuis 10 ans.
05:51Aujourd'hui, il est temps de nettoyer les quartiers.
05:54Une référence au Karcher de Nicolas Sarkozy.
05:56On se souvient de cette formule utilisée par Nicolas Sarkozy quand il était encore ministre de l'Intérieur,
06:02qui lors d'un déplacement à la Courneuve avait promis que lui, président de la République, il allait nettoyer au
06:07Karcher les cités.
06:08Valérie Pécresse veut appuyer là-dessus pour promettre une politique sécuritaire extrêmement ferme.
06:13C'est aussi une façon de reprendre la main.
06:15À ce moment-là, l'espace médiatique, politique est saturé par Emmanuel Macron, qui a promis qu'il allait emmerder
06:21les non-vaccinés.
06:22Tout le monde ne parle que de ça et Valérie Pécresse a peur un petit peu de passer sous les
06:26radars.
06:26Il lui faut reprendre la main médiatiquement et qu'on parle d'elle.
06:29Ça marche plutôt bien, puisqu'elle se fait remarquer avec cette formule extrêmement forte.
06:34Elle parvient à attirer l'attention, mais cette phrase n'a pas l'effet escompté.
06:37Et immédiatement, certains grincent dans le parti politique, parce que le Karcher, c'est effectivement le symbole, un petit peu
06:42la politique de fermeté de Nicolas Sarkozy,
06:44mais c'est aussi le symbole de son échec à tenir ses promesses pendant ses 50 de mandat.
06:48Et donc, en fait, elle fait référence à une promesse un petit peu ratée de Nicolas Sarkozy.
06:55Le 18 janvier, Valérie Pécresse inaugure la nouvelle émission politique de BFM TV, tournée en Corrèze.
07:02Ça s'intitule « La France dans les yeux ». Décrivez-nous les premières minutes de l'émission.
07:07Alors le contexte de cette émission est très particulier, puisque Jean-Jacques Bourdin, le présentateur,
07:12est accusé depuis quelques jours d'agression sexuelle par une ancienne collaboratrice de BFM TV.
07:17L'équipe de Valérie Pécresse a hésité sur la bonne stratégie à suivre.
07:23Elle décide finalement de couper un peu la poire en deux.
07:26Elle exige, comme condition à sa participation, d'avoir un petit mot introductif avant que l'émission ne commence.
07:32J'aurais voulu dire quelques mots, parce que je me suis clairement posé la question de ma participation à cette
07:39émission ce soir,
07:40en raison de l'ouverture d'une enquête par la justice à la suite d'une plainte déposée contre M.
07:47Bourdin,
07:47pour tentative d'agression sexuelle.
07:50C'est un face-à-face assez troublant, puisque Jean-Jacques Bourdin, réputé pour ses interviews assez offensives vis-à
07:57-vis des politiques,
07:58est littéralement tremblant devant elle. Donc c'est une scène assez forte.
08:02C'est par respect pour vous, les Français, qui êtes réunis ce soir pour me poser les questions que vous
08:08avez préparées depuis une semaine.
08:09Et donc je suis vraiment là pour vous répondre.
08:12Au cours de cette émission, elle dévoile une proposition de son programme concernant le travail.
08:16Et puis je veux aussi qu'on puisse convertir ces RTT en salaire.
08:22Elle propose qu'on puisse, de façon illimitée, gagner de l'argent en plus, au lieu de bénéficier de ces
08:29RTT, d'en profiter.
08:30C'est une mesure évidemment sur le pouvoir d'achat, qui est un élément central dans la campagne,
08:34et qui rappelle évidemment qu'il y a un prolongement du « Travailler plus pour gagner plus » de Nicolas
08:38Sarkozy.
08:38Dans l'ensemble, comment est jugée sa prestation ce soir-là ?
08:41Elle est jugée plutôt bonne par son équipe de campagne.
08:44Dans l'échange, l'interaction avec les Français qui sont réunis dans la salle, dans une grange en Corrèze,
08:50elle est spontanée, elle est vivante, elle est très concrète surtout par rapport aux préoccupations du quotidien.
08:55Deux jours plus tard, le 21 janvier, Valérie Pécresse se rend en Haute-Loire
08:59pour s'afficher aux côtés de Laurent Wauquiez, l'ancien patron des Républicains.
09:03Un grand président de région, Laurent Wauquiez, qui a littéralement transformé sa région.
09:09Oui, entre eux, les relations ont toujours été extrêmement compliquées,
09:13mais Laurent Wauquiez est extrêmement populaire auprès des sympathisants de droite,
09:18puis c'est un patron de région extrêmement puissant.
09:20Et Laurent Wauquiez a bien conscience qu'il ne doit pas non plus jouer le diviseur,
09:24donc il accueille Valérie Pécresse.
09:26Les deux ont des intérêts objectifs assez évidents,
09:28il faut montrer qu'ils sont prêts à faire campagne ensemble.
09:31D'abord, je suis très heureux d'accueillir Valérie Pécresse ici.
09:35C'est le symbole de mon soutien et de mon engagement total aux côtés de Valérie.
09:39Le même week-end, elle avance aux 20h de TF1 une proposition concernant les droits de succession.
09:45Elle promet de relever le plafond des droits de succession
09:48afin que 95% des Français ne payent aucun droit de succession.
09:52C'est également l'influence d'Eric Ciotti qui lui avait promis de supprimer entièrement
09:56les impôts sur les successions qu'elle reprend en tout cas dans l'esprit.
10:00Dans la semaine qui suit, Alexandre Sulzer, Valérie Pécresse accorde une longue interview intime
10:04au supplément féminin du Figaro, le Figaro Madame.
10:07Que dit-elle en substance dans cette interview ?
10:10Elle se présente en tant que femme, en tant que mère de famille.
10:15Elle ne dit pas des choses extrêmement fracassantes.
10:18Mais elle lève le voile un peu sur son intimité, sur son mari, surtout sur Jérôme Pécresse.
10:24Un exercice qu'elle avait peu fait jusqu'alors, mais qui montre son besoin également de se faire connaître.
10:29Et elle a à cœur de montrer une autre image.
10:31D'ailleurs, dans cet article, sa fille, Émilie, dit « Mes copains, on image d'une bourgeoise catho un peu
10:39raide. »
10:39Mais ce n'est pas du tout le cas.
10:40Voilà, c'est une opération de com' pour changer cette image auprès des Français.
10:44En réalité, et c'est ce que vous écrivez dans Le Parisien, à ce moment-là,
10:46Valérie Pécresse et son équipe cherchent encore la bonne stratégie à adopter dans cette campagne,
10:52autant dans le style que sur le plan des idées.
10:54Oui, le problème, c'est que Valérie Pécresse, elle a formulé beaucoup de propositions,
10:57assez techniques, mais aucune n'a passé vraiment le mur du son médiatique
11:01où elle ne reste pas très longtemps dans cette campagne.
11:04Il faut dire qu'elle est difficile parce que le Covid écrase un petit peu tout.
11:06Et sur la forme, Valérie Pécresse a des formules souvent un petit peu automatiques
11:11qui sont un peu artificielles, des artifices de communication.
11:14Elle fait référence souvent à Jacques Chirac, qui a été son mentor,
11:17ou à Nicolas Sarkozy, on l'a vu avec le Karcher, par exemple.
11:21Mais certains trouvent qu'elle n'a pas encore sa propre identité politique
11:24et lui disent « Il faut absolument que tu sois toi-même,
11:27que tu imprimes une marque un peu plus personnelle. »
11:30Le 9 février, Alexandre Sulzer, Éric Wörth, membre de la famille LR depuis 40 ans,
11:35président de la commission des finances de l'Assemblée nationale,
11:39vous accorde une interview exclusive avec votre confrère Quentin Laurent.
11:43Que dit-il ?
11:45Qu'il rejoint Emmanuel Macron, qu'il soutient en tout cas Emmanuel Macron.
11:48C'est une interview qui fait assez mal quand même à la droite
11:52parce que non seulement c'est un cadre respecté des Républicains,
11:56certes en retrait depuis plusieurs mois,
11:59et surtout il dresse un constat quand même très sévère de la campagne de Valérie Pécresse
12:03qui l'accuse en substance de courir après l'extrême droite.
12:06Il l'accuse finalement d'avoir adopté la tonalité
12:09pour laquelle elle-même avait quitté le parti 2-3 ans avant.
12:13Cette interview est publiée dans l'après-midi.
12:15Comment réagissent Valérie Pécresse et son équipe ?
12:17La réaction est très dure.
12:18Christian Jacob immédiatement demande non seulement
12:21qu'Éric Wörth ne soit plus président de la commission des finances,
12:23mais il fait explicitement référence à ses affaires judiciaires
12:28puisqu'il est mis en examen dans deux affaires distinctes.
12:31Et il laisse entendre que finalement s'il rejoint Macron,
12:33c'est pour se blanchir de ses affaires judiciaires.
12:36Donc c'est assez violent la réaction.
12:38Plusieurs défections suivent celles d'Éric Wörth.
12:40Dans la foulée, la maire de Calais, Natacha Bouchard,
12:43annonce également qu'elle soutient Emmanuel Macron.
12:46Nora Béra, également une ancienne ministre, fait de même.
12:49Ce sont des figures qui sont plus majeures au sein de la droite,
12:53mais qui introduisent quand même un peu une ligne
12:56pas forcément très à l'avantage de Valérie Pécresse dans cette campagne.
13:01Le lendemain de l'annonce du soutien d'Éric Wörth à Emmanuel Macron,
13:05la maire du 7e arrondissement de Paris
13:07et figure importante chez les Républicains, Rachida Dati,
13:10est invitée sur France Info
13:11et elle critique violemment la campagne de Valérie Pécresse.
13:15Oui, alors Rachida Dati, en fait, règle ses comptes,
13:17surtout avec Patrick Stéphanie, le directeur de campagne de Valérie Pécresse.
13:21Lui-même avait eu des mots un peu durs
13:23sur sa contre-performance à elle, au municipal.
13:26Moi, les losers, ça ne m'intéresse pas.
13:28Ça, c'est un loser, il est directeur de campagne de Valérie Pécresse, là ?
13:31Oui, je vais d'accord.
13:32Moi, je lui ai d'ailleurs dit qu'il ne faudrait pas trop qu'elle le montre.
13:35Elle a déjà d'ailleurs exprimé quelques réserves
13:37par rapport à la campagne dans une interview au Figaro quelques jours avant
13:40où, en gros, elle disait qu'il faut que Valérie Pécresse
13:43arrête d'accumuler les propositions technocratiques,
13:46il faut qu'elles soient plus transgressives.
13:48À ce moment-là, Valérie Pécresse attend toujours un soutien de poids,
13:51celui de l'ancien président Nicolas Sarkozy,
13:54mais ce dernier a l'air d'hésiter.
13:56Nicolas Sarkozy, effectivement, reste extrêmement silencieux.
13:59Il ne présente aucun signe de soutien public à Valérie Pécresse.
14:04Il ne s'est pas rendu à aucun de ses meetings,
14:06il n'a fait aucun déplacement.
14:07En revanche, des confidences privées sont distillées dans la presse.
14:11Il regrette que Valérie Pécresse parle trop de Jacques Chirac
14:13et pas assez de lui-même.
14:14Il trouve également qu'elle ne joue pas assez collectif,
14:17qu'elle ne s'appuie pas assez sur les principaux ténors de la famille politique.
14:21Le 11 janvier au matin, Valérie Pécresse se rend dans les bureaux de Nicolas Sarkozy,
14:26rue de Miro Ménil à Paris, où l'ancien président a accepté de la recevoir.
14:31Alexandre Sulzer, on sait ce qu'ils se sont dit pendant cet entretien.
14:34Valérie Pécresse a parlé d'une discussion franche.
14:37Écoutez, nous avons eu une conversation entre amis,
14:41une conversation franche et affectueuse.
14:44On imagine assez bien les reproches exprimés par Nicolas Sarkozy.
14:48Et il lui a notamment conseillé, lors d'un meeting à venir au Zénith,
14:53de donner la parole aux responsables de sa famille politique,
14:56mais également de présenter une mesure transgressive qui fasse parler d'elle.
15:00A l'issue de cette réunion, Nicolas Sarkozy n'apporte toujours pas de soutien public à Valérie Pécresse.
15:05Ce n'est pas du tout dans ses intentions de se prononcer aussitôt dans la campagne.
15:08À ce moment-là, Valérie Pécresse et son équipe misent beaucoup sur le premier grand meeting à venir,
15:14prévu le dimanche 13 février à Paris.
15:16Oui, le moment est un peu compliqué pour Valérie Pécresse.
15:19Certains rallient Emmanuel Macron, mais en plus, dans les sondages, la dynamique n'est plus là.
15:25Elle stagne, voire elle s'érode un petit peu.
15:27Et elle est dans un mouchoir de poche avec Marine Le Pen et Éric Zemmour.
15:32Elle n'est pas du tout assurée de pouvoir se visser au second tour.
15:35Ce n'est pas perdu, mais ce n'est absolument pas gagné.
15:38On en vient donc à ce meeting au Zénith de Paris le dimanche 13 février.
15:43Alexandre Sulzer, vous êtes sur place pour Le Parisien.
15:46Décrivez-nous l'ambiance dans la salle avant le début du discours.
15:48L'ambiance est assez bouillonnante avant que Valérie Pécresse n'arrive.
15:52Il y a 6000 personnes qui sont dans le Zénith, qui est une salle assez dense.
15:56C'est vraiment une ambiance de meeting à l'ancienne avec des militants surchauffés, des Ola, des Valérie Présidente, Macron,
16:07Valérie à l'Elysée.
16:09L'ambiance est surchauffée avant que le meeting ne commence.
16:12Comment est-ce qu'elle apparaît sur scène ?
16:14Elle commence à faire une tournée de la salle au milieu des militants, au milieu des caméras.
16:20Surtout, il y a beaucoup de monde, c'est la cohue.
16:22Le problème, c'est que ça dure très très très longtemps, près de 10 minutes.
16:25Il y a même un petit problème avec la musique qui s'arrête, qui reprend.
16:28Ce qui fait que juste au moment de l'entrée sur scène, il y a un petit cafouillage mineur.
16:34Mais les choses commencent un peu mal.
16:36Que dit-elle en substance dans son discours ?
16:39C'est un discours assez long de près d'une heure écart dans lequel Valérie Pécresse présente sa vision de
16:44l'après-Macron, comme elle l'avait effectivement promis.
16:47Elle parle de plein de sujets différents, à la fois sur la sécurité, qui occupe une grande partie, mais également
16:52sur la santé, sur l'écologie, sur le travail.
16:55Elle rend hommage également à ses prédécesseurs, en n'oublierant pas de cocher la case Nicolas Sarkozy.
17:00Et avec une fin beaucoup plus intimiste, où elle parle de qui elle est, de la personne qu'elle est.
17:07Exactement à la manière de Marine Le Pen, la semaine précédente, qui avait fait exactement la même chose lors d
17:12'un meeting du Rassemblement National.
17:14Elle aborde le concept de Nouvelle France. Qu'est-ce que ça signifie ?
17:17Alors Nouvelle France, c'est son nouveau slogan, effectivement, de campagne.
17:20Nouvelle, car notre histoire reste encore à écrire.
17:24Nouvelle France, car c'est elle qui se nourrit de ses racines et qui se donne des ailes.
17:29C'est la France de l'après Macron qui se veut à la fois nouvelle, donc projetée vers la modernité,
17:35puisqu'elle se veut une femme moderne.
17:36Mais le mot France renvoie également aux racines, explique-t-elle, c'est la France des cathédrales et la France
17:42des satellites, comme elle le dit dans son discours.
17:44Pendant son discours, Valérie Pécresse fait aussi référence à un concept utilisé par l'extrême droite, le grand remplacement.
17:51Pour la première fois, le sort du monde pourrait s'écrire sans nous.
17:58Face à ces questions vitales, pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement.
18:08Ce sont des références évidentes aux deux concepts clés d'Éric Zemmour, qui fait campagne autour de ces deux items.
18:14Donc on comprend évidemment qu'elle s'attaque à Éric Zemmour et qu'elle adresse un message à son électorat,
18:20dont une partie est hantée par ce vote-là.
18:26Qu'est-ce que le grand remplacement ? Qu'est-ce que ça signifie ?
18:28C'est une théorie d'extrême droite qui a été créée par un intellectuel qui s'appelle Renaud Camus,
18:33qui est une théorie complotiste selon laquelle les élites organisent sciemment le remplacement de la population française par une population
18:41extra-européenne.
18:42et singulièrement maghrébine.
18:45Mais dans la vulgate aujourd'hui du discours d'extrême droite, c'est simplement le constat qu'aujourd'hui,
18:50la population blanche est remplacée en France par une population d'origine maghrébine et africaine.
18:56De manière générale, comment est jugée sa prestation ?
18:59Elle est jugée de façon extrêmement négative par les observateurs, mais également par de nombreux cadres du parti.
19:05Sur la forme, parce que Valérie Pécresse pousse beaucoup trop sa voix,
19:08c'est une critique qui n'est pas nouvelle, parce qu'elle n'a jamais été très bonne oratrice,
19:14mais également sur le fond, parce qu'elle n'a pas proposé vraiment de mesures nouvelles,
19:19il n'y a pas de mesures tranchantes dans ce qu'elle dit,
19:22également parce qu'effectivement le terme de grand remplacement fait tiquer certaines personnes.
19:27Son équipe se réunit autour d'elle le lendemain pour débriefer ce discours.
19:31Qu'est-ce qu'il se dit ?
19:32Dès le matin, de toute façon, Valérie Pécresse avait fait amende honorable sur la forme, sur RTL,
19:35elle était invitée à la matinale, elle n'a pas fait semblant, elle a dit qu'effectivement,
19:38ce n'est pas l'exercice dans lequel elle est meilleure,
19:40et elle essaye d'ailleurs de faire de cette faiblesse une force.
19:42Elle dit, voilà, avec moi ce n'est pas des beaux discours, ce sera en revanche l'action.
19:46Sur le fond, il reste un problème effectivement sur l'utilisation de ce concept-là.
19:51Elle assure qu'elle l'a utilisé pour le rejeter en réalité,
19:55pour dire qu'elle voulait rejeter les thèses d'Éric Zemmour.
20:00Il n'empêche qu'en interne, beaucoup de monde a compris qu'elle le reprenait à son compte.
20:06Certains s'en félicitent sur l'aile droite du parti,
20:08certains ne sont pas du tout à l'aise avec ça.
20:10Et cette divergence de point de vue traduit quelque chose d'assez fondamental,
20:14c'est que la droite est prise aujourd'hui dans un entre-deux
20:17entre une aile attirée par Exemmour et une aile beaucoup plus centriste
20:22qui veut une étanchéité totale.
20:26Alexandre Sudère, est-ce que certains membres de son équipe de campagne ou du parti
20:30commencent à douter d'elle aujourd'hui ?
20:32Oui, alors effectivement, son équipe de campagne avait vendu un avant et un après-zenite.
20:35Effectivement, il y a un avant et un après-zenite, mais pas dans le bon sens du terme.
20:38La contre-performance sur la forme, les problèmes de fonds créent de gros doutes,
20:44d'autant plus que dans la foulée, deux jours après,
20:46la courbe des sondages s'est inversée avec Éric Zemmour.
20:48Donc ça y est, le doute s'est installé dans l'équipe de campagne
20:51et avec le doute, également le spectre de la maladie congénitale de la droite revient,
20:56celle des divisions.
21:04Merci à Alexandre Sudère.
21:06Cet épisode a été produit par Thomas Vallogne,
21:09Clara Garnier-Amourou,
21:10Sarah Amny et Raphaël Pueyo.
21:13Réalisation, Julien Moncouquiole.
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