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En scellant un accord avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste accepte de porter sur certaines mesures qu’il rejette depuis des années. Code source raconte comment le PS a fini par s’y résoudre, avec Jannick Alimi et Julien Duffé, journalistes au service politique du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : AFP, BFMTV, France Inter, France Info.
#PS #LFI #legislatives
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le Parti Socialiste se déchire à l'approche des élections législatives.
00:16Le mercredi 4 mai, la direction du parti a conclu un accord pour rejoindre la nouvelle alliance de la gauche
00:22et des écologistes en vue du scrutin des 12 et 19 juin prochains.
00:27Avec cette union, le PS espère obtenir une trentaine de sièges à l'Assemblée, mais en échange, il doit se
00:33ranger derrière le programme décidé par la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon.
00:38Plusieurs figures du PS et des militants ne sont pas d'accord avec cette stratégie.
00:42L'ancien président François Hollande, quant à lui, craint une disparition du parti après des années de déclin.
00:49Cet épisode de Code Source est raconté par Jannick Halimi et Julien Dufay. Ils couvrent la gauche au service politique
00:55du Parisien.
01:06Jannick Halimi, le parti socialiste a été fondé il y a plus d'un siècle, en 1905, d'abord sous
01:12le nom de la SFIO, avant de devenir le PS.
01:15En 1969, suite au congrès d'Épinay, il domine l'histoire de la Vème République.
01:20Deux présidents de la République, François Hollande et François Mitterrand, étaient socialistes.
01:25Un premier ministre aussi, Lionel Jospin, pendant le premier mandat de Jacques Chirac.
01:29Très concrètement, qu'est-ce que le socialisme a apporté aux Français ?
01:33Le socialisme a apporté notamment des conquêtes sociales, tout ce qui a touché au temps libre, en fait, au temps
01:39libre et au temps payé.
01:41Et puis aussi la reconnaissance des droits syndicaux, petit à petit, qui se sont amplifiés, mais dès 1936, avec la
01:47reconnaissance des conventions collectives,
01:50c'est-à-dire un droit de négociation des syndicats avec le patronat.
01:53Le socialisme a aussi apporté des mesures fortes pour la société.
01:56C'est le deuxième pan après les mesures sociales, et c'est essentiellement, bien sûr, l'abolition de la peine
02:03de mort avec Robert Badinter, garde des Sceaux sous François Mitterrand,
02:06et également la reconnaissance du mariage pour tous sous François Hollande avec Christiane Taubira qui a apporté ce projet de
02:13loi.
02:17On va voir ensemble comment l'EPS en est arrivé à cette situation inimaginable, il y a encore quelques années,
02:23devoir négocier un accord électoral avec la France Insoumise.
02:28Pour raconter ce déclin, il faut remonter justement plusieurs années en arrière.
02:32On a donc choisi de commencer cet épisode au jeudi 1er décembre 2016.
02:37Ce soir-là, le président François Hollande annonce dans une allocution qu'il n'est pas candidat à sa réélection.
02:43Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour
02:53d'elle.
02:55Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle.
03:00Pour quelles raisons Julien Duffet ?
03:02Parce qu'il a acquis la certitude à ce moment-là que c'était perdu d'avance pour lui en
03:06fait.
03:06À cette époque, il est à un niveau très bas dans les enquêtes d'opinion, seulement 20% des Français
03:11sont satisfaits de son action.
03:12On lui prédit la cinquième place à la présidentielle de 2017.
03:17Donc, il paye en fait un quinquennat qui a été miné par les difficultés.
03:21Sur le front du chômage, dont il promettait d'inverser la courbe, il a échoué.
03:25Et puis, il paye aussi les divisions internes.
03:27On sait qu'à partir de 2014, lorsqu'il nomme Manuel Valls au poste de Premier ministre, son camp se
03:31fragmente en fait,
03:33avec notamment l'apparition de ce qu'on va appeler des frondeurs qui vont durablement critiquer l'orientation libérale de
03:40sa politique.
03:40L'ancien ministre de l'économie de François Hollande, Emmanuel Macron, est élu président le dimanche 7 mai 2017.
03:47Et dans la foulée, pendant les législatives de juin, La République En Marche, son nouveau mouvement,
03:52récolte la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.
03:56Comment s'en sort le Parti Socialiste ?
03:58C'est une déroute, on peut le dire, puisqu'il n'obtient que 30 sièges.
04:0130 sièges de députés, c'est son plus faible score depuis 1969.
04:06Et dans la foulée d'ailleurs, le premier secrétaire d'alors, Jean-Christophe Cambadélis, démissionne sur le champ.
04:11Et il appelle à une renaissance du parti.
04:14Il explique qu'il faut le changer de fond en comble.
04:16Le 29 mars 2018, le député de la Seine-et-Marne, Olivier Faure, 49 ans, est élu premier secrétaire du
04:24Parti Socialiste par les adhérents.
04:26Julien Dufay, quel est son parcours ?
04:28C'est un homme plutôt discret, quasi inconnu du grand public.
04:31Il est rentré au Parti Socialiste à 16 ans.
04:32Il a été notamment chez les jeunes rocardiens.
04:36Et puis il va avoir un parcours dans les cabinets, chez Martine Aubry, qui est alors ministre du Travail.
04:40Il va être aussi directeur de cabinet adjoint de François Hollande, lorsque celui-ci est à la tête du Parti
04:45Socialiste.
04:46C'est un peu ses deux mentors politiques.
04:49Et il va aussi également être au cabinet de Jean-Marc Ayrault, lorsque celui-ci sera à Matignon, au début
04:54du quinquennat Hollande.
04:55Mesdames et messieurs, je veux d'abord saluer ces milliers de militantes et militants qui ont, hier soir, fait le
05:04choix de la renaissance.
05:05Je veux leur dire mon émotion de devenir, dans les prochaines semaines, leur premier secrétaire.
05:12Quand il prend la tête du Parti Socialiste, il récupère un parti qui est un peu à l'agonie et
05:17qui est au bord de l'asphyxie financière aussi.
05:18Et donc une de ses premières mesures, ça va être de vendre le siège historique du parti, rue de Solferino,
05:24pour déménager à Ivry-sur-Seine.
05:26Donc c'est une ville populaire de la banlieue parisienne.
05:30Et puis politiquement, il va dresser un inventaire assez implacable du quinquennat Hollande.
05:34Il va expliquer qu'il ne croit pas, lui, à la théorie des deux gauches irréconciliables, c'était les mots
05:39de Manuel Valls,
05:40et qu'il a la volonté de travailler avec la gauche tout entière.
05:44Pour les élections européennes prévues en mai 2019, le Parti Socialiste décide d'apporter son soutien à Raphaël Glucksmann
05:52et à son mouvement Place Publique, qui prône l'union de la gauche sans la France insoumise,
05:57plutôt que de présenter une liste socialiste. Pourquoi ça, Jeanne Calimi ?
06:01Olivier Faure a fait le constat de l'affaiblissement, pour lui, assez long et assez profond, du Parti Socialiste.
06:08Donc pour Olivier Faure, c'était une façon d'élargir le champ politique,
06:13et pensait-il le champ électoral du Parti Socialiste.
06:15Ça a été un choix qui n'a pas été validé par les électeurs,
06:19puisque la liste de Place Publique et du Parti Socialiste n'a recueilli que 6,2% des voix et
06:266 sièges au Parlement européen,
06:29ce qui est une deuxième déroute après les législatives en France.
06:33Ce choix a entraîné une contestation renforcée d'Olivier Faure par toute une partie des troupes du Parti Socialiste,
06:39qui refusait cet effacement au profit d'un autre parti ou d'un autre mouvement.
06:44En 2020 et 2021 ont lieu les élections municipales, puis régionales, où l'EPS réalise plutôt de bons scores.
06:52Julien Dufay, est-ce que le quinquennat d'Emmanuel Macron a parmi de nouvelles figures socialistes d'émerger ?
06:57Ce sont surtout des figures locales qui vont émerger à la faveur de ces élections,
07:01qui sont plutôt réussies pour le Parti Socialiste.
07:03On peut penser au maire de Marseille, Benoît Payan, ou à celui de Nancy, Mathieu Klein,
07:07même s'il reste assez confidentiel.
07:10On pense aussi à la présidente de la région Occitanie, qui va être la présidente de région la mieux élue
07:15en 2021,
07:16qui s'appelle Carole Delga.
07:18Mais on ne peut pas dire qu'il y ait de personnalité ou de leader qui émergent sur la scène
07:23nationale,
07:23et notamment une personnalité présidentiable incontestable.
07:28Le 12 septembre 2021, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo,
07:33annonce dans la ville de Rouen qu'elle est candidate à l'élection présidentielle.
07:37Consciente de la gravité de cet instant, et pour faire de nos espoirs la réalité de nos vies,
07:45j'ai décidé d'être candidate à la présidence de la République française.
07:51Julien Dufay, quelles sont ses relations avec la direction du parti pendant la campagne ?
07:55On ne peut pas dire qu'il y a une grande entente dans l'ensemble entre Olivier Faure et Anne
07:59Hidalgo,
07:59mais au moins au début, ils vont se rapprocher dans un intérêt commun, bien compris.
08:04En fait, Hidalgo, qui n'a jamais été très proche du Parti Socialiste,
08:07et qui a même envisagé de partir un peu hors parti à la présidentielle,
08:12va se rapprocher du Parti Socialiste.
08:14Elle va comprendre qu'elle a besoin des moyens du Parti Socialiste pour mener campagne.
08:18Et puis Olivier Faure, qui est en plein congrès à ce moment-là pour sa réélection à la tête du
08:22parti,
08:23va lier son destin à celui d'Anne Hidalgo.
08:26Il va la mentionner dans sa motion, le document qu'il va présenter aux militants socialistes.
08:30Mais très vite, les relations vont se distendre,
08:33et dans toute la deuxième partie de la campagne,
08:35il va y avoir un éloignement entre Olivier Faure et Anne Hidalgo,
08:38et même une relation assez glaciale dans toutes les dernières semaines.
08:41Les deux ne s'adressent plus à la parole.
08:43On en vient à cette année 2022.
08:45Le dimanche 10 avril, Anne Hidalgo réalise un score historiquement bas
08:50au premier tour de l'élection présidentielle.
08:52Elle termine à la dixième place avec 1,75% des suffrages.
08:58Trois jours plus tard, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon,
09:02arrivé troisième avec près de 22% des voix,
09:05appelle les Français à l'élire Premier ministre sur BFM TV.
09:08Je demande aux Français de m'élire Premier ministre.
09:12Je leur demande pour m'élire Premier ministre
09:15d'élire une majorité de députés insoumis.
09:17Julien Dufay, fort de son score,
09:19Jean-Luc Mélenchon, il espère obtenir une majorité aux législatives
09:23pour imposer un gouvernement de gauche à Emmanuel Macron.
09:26Mais il sait qu'en partant de 17 députés sortants,
09:29c'est son contingent à l'Assemblée de députés insoumis,
09:32la marge va être haute.
09:33Et donc qu'il faut, dans chaque circonscription, un seul candidat,
09:37qu'il faut passer des accords avec les autres formations de gauche,
09:39le Parti communiste, les écologistes, le Parti socialiste,
09:42qu'il fasse l'union derrière lui dans chaque circonscription.
09:45Julien Dufay, le 19 avril, le Parti socialiste décide,
09:49lors d'un bureau politique, d'entrer en négociation
09:52avec la France insoumise en vue des législatives.
09:54Pour quelles raisons exactement ?
09:56Au-delà de l'enjeu politique, il y a des raisons très prosaïques,
09:59financières en fait.
10:00Il en va de la survie aussi du parti comme entité,
10:02puisque les législatives, sans entrer dans les détails,
10:05c'est l'élection qui conditionne le financement des partis politiques en France,
10:09notamment en fonction du nombre de députés
10:10et aussi du nombre de voix reçues au premier tour des législatives,
10:14d'où la nécessité d'avoir des candidats en nombre suffisant
10:17pour avoir des voix en nombre suffisant au premier tour des législatives.
10:20Très concrètement, l'EPS doit présenter combien de candidats ?
10:23S'ils veulent avoir accès à une partie du financement politique,
10:27c'est d'avoir 50 candidats dans autant de circonscriptions différentes
10:32et que ces candidats fassent plus de 1%.
10:35Et donc après ce premier tour des législatives,
10:37on obtient un nombre d'électeurs qu'on multiplie par 1,64 euros,
10:42c'est le montant que touche par an le parti
10:44au titre du financement de la vie politique française.
10:47Le jeudi 27 avril, une délégation du Parti Socialiste
10:50se rend au siège de la France Insoumise
10:53dans le 10e arrondissement de Paris.
10:55Décrivez-nous cette arrivée.
10:56On voit six négociateurs du Parti Socialiste
10:58qui arrivent tout sourire.
11:01Olivier Faure n'en fait pas partie,
11:02mais on va retenir notamment le visage de son négociateur en chef
11:05qui s'appelle Pierre Jouvet, qui est un élu de la Drôme trentenaire.
11:10Et cette seule image, elle dit quand même beaucoup du chemin parcouru
11:12puisqu'il y a encore quelques mois,
11:14c'est une rencontre qui aurait été inimaginable
11:16en raison de la guerre que se livrent un peu les deux formations politiques.
11:19On construit, on avance, on vous l'a dit.
11:22C'est un temps collectif nécessaire.
11:26On doit avancer.
11:27Notre objectif, c'est d'arriver à construire une coalition politique
11:31qui permette d'avoir une majorité le 19 juin au soir.
11:36Jeanne Calimi, qu'est-ce qu'il se dit à la sortie
11:38après ses premières heures de négociation ?
11:41Alors, ce n'était pas gagné d'avance.
11:42Comme on vient de le dire, il y avait des tensions extrêmes
11:45entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti Socialiste en général.
11:49Et là, quand même, grosse surprise,
11:52Pierre Jouvet a parlé avec Manuel Bompard,
11:55qui est le négociateur de la France Insoumise,
11:57pour estimer l'un et l'autre,
11:58au bout de trois heures de discussion,
12:00qu'il n'y avait aucun point insurmontable
12:03entre la France Insoumise et le Parti Socialiste,
12:06qu'ils allaient continuer à négocier.
12:08Le lendemain, le 28 avril,
12:10l'ancien président François Hollande
12:11est l'invité de la matinale de France Info
12:14et il emploie des mots forts contre ce projet d'accord.
12:17Ce n'est pas une discussion qui était en cause,
12:20c'est une disparition.
12:22Discuter, c'est nécessaire,
12:23disparaître, c'est impossible.
12:25L'accord électoral, si j'ai bien suivi,
12:28c'est de dire, on part des résultats
12:30de l'élection présidentielle.
12:32Et pour la première fois dans l'histoire de la gauche,
12:34il n'y aura plus de candidatures plurielles,
12:37il y aura des candidatures uniques
12:39de l'Union Populaire.
12:42Ce qui voudrait dire que,
12:43dans la trois quarts des circonscriptions de France,
12:47il n'y aurait plus, au premier tour,
12:49de candidats socialistes,
12:50pas davantage de candidats d'ailleurs écologistes ou communistes,
12:53il n'y aurait que des candidats,
12:54dans ces circonscriptions-là,
12:56de l'Union Populaire.
12:57Enfin, jamais, jamais,
12:59dans l'histoire de la gauche,
13:01on a eu ce type de comportement,
13:03y compris quand le Parti Socialiste
13:06faisait 25 ou 30%
13:07et que ses alliés supposés ou réels
13:10faisaient 5 ou 6%.
13:12Dans l'après-midi,
13:14le Parti Socialiste annonce par écrit
13:16qu'il approuve les principales mesures
13:18du programme de la nouvelle Union Populaire,
13:21écologique et sociale
13:22voulue par la France Insoumise.
13:24D'abord, Jeannique Halimi,
13:25parmi ces mesures,
13:26lesquelles ne posent aucun souci au Parti Socialiste.
13:29Essentiellement des mesures sociales,
13:31c'est la revalorisation immédiate du SMIC
13:34à 1 400 euros net,
13:35c'est une allocation jeunesse,
13:38c'est aussi le blocage des prix immédiats
13:40des produits de première nécessité
13:42et le renforcement de la représentation des salariés
13:45au sein des conseils d'administration.
13:47Voilà les points sur lesquels
13:49l'EPS a très peu de difficultés
13:51à accepter les propositions de Jean-Luc Mélenchon.
13:53En revanche, il y a une autre mesure sociale
13:55sur laquelle l'EPS a négocié
13:58et fortement, c'est la retraite à 60 ans
14:01que demande, donc impose
14:03la France Insoumise
14:04au sein de sa plateforme programmatique
14:08et que finalement,
14:09le Parti Socialiste a accepté de signer.
14:11Le Parti Socialiste accepte aussi,
14:13en cas d'accord,
14:14de revenir sur la loi El Khomri
14:16votée pendant le quinquennat de François Hollande,
14:19une loi qui permet, pour faire simple,
14:21aux entreprises de négocier plus facilement
14:23le temps de travail avec leurs salariés.
14:25Parmi les autres mesures du programme,
14:27Jeannick Halimi, il y en a que l'EPS
14:29accepte par dépit ?
14:31Oui, c'est les mots utilisés
14:33vis-à-vis de la guerre en Ukraine,
14:35c'est la sortie de l'OTAN
14:36prônée par la France Insoumise
14:38et le Parti Socialiste,
14:39jusque-là, n'en voulait pas.
14:40Et il y a surtout
14:41le Parti Socialiste
14:43à accepter
14:44que dans certains cas,
14:45les règles européennes
14:47ne soient pas respectées
14:48par la France.
14:49Et là, c'est effectivement
14:50un recul pour les socialistes
14:52purs et durs,
14:53une concession importante,
14:55mais pas déterminante,
14:56pour les socialistes signataires
14:58de l'accord.
14:59Bonjour Olivier Faure.
15:00Bonjour à vous.
15:01Mon pied pyromane,
15:02vous nous direz tout à l'heure.
15:04Le dimanche 1er mai,
15:05Olivier Faure est l'invité
15:06de Questions politiques
15:07sur France Inter.
15:08Comment est-ce qu'il justifie,
15:10Julien Dufay,
15:10cette volonté de parvenir
15:12à un accord
15:13avec la France Insoumise ?
15:14Il dit qu'il a une volonté,
15:16c'est de renouer
15:17avec les grandes histoires
15:19des conquêtes sociales
15:20de la gauche.
15:20Et donc il faut un SMIC,
15:22effectivement,
15:221400 euros.
15:23Et puis après,
15:23il faut en faire en sorte
15:24que pendant la vie,
15:26au travail,
15:27on soit protégé.
15:28Et ça suppose
15:29de revenir
15:30notamment sur les ordonnances
15:31pénicaux.
15:32Et il renvoie en fait
15:33ceux qui s'opposent
15:33à un tel accord.
15:34Il leur dit
15:34mais pour lui,
15:36il n'y a pas de plan B.
15:36Ce serait laisser Macron
15:38gouverner.
15:38Donc il est déterminé
15:40à inscrire le Parti Socialiste
15:42de nouveau pleinement
15:43à gauche
15:43et dans l'opposition
15:45à Emmanuel Macron.
15:45Jeanne Calimi,
15:46le maire du Mans,
15:47Stéphane Le Foll,
15:48ancien ministre de l'Agriculture
15:50sous François Hollande,
15:51vous accorde une interview
15:53publiée dans Le Parisien
15:54le lundi 2 mai.
15:55Il est clairement opposé
15:57à cette alliance.
15:57Il emploie des mots très forts
16:00comme en politique,
16:01il faut des valeurs
16:03et de l'honneur,
16:04sous-entendu évidemment
16:05qu'Olivier Faure
16:06n'a ni les unes
16:07ni l'autres.
16:08Il regrette
16:09que le Parti Socialiste,
16:11plutôt que de s'allier
16:12avec la France Insoumise,
16:13n'ait pas négocié
16:14avec les écologistes
16:15et le Parti Communiste.
16:17Et à partir de là,
16:18il estime que
16:19ce n'est pas sûr du tout
16:20que le Parti Socialiste
16:22remporte énormément de sièges
16:24que s'il était parti seul,
16:26premièrement.
16:26Deuxièmement,
16:27il pense que
16:28beaucoup d'électeurs
16:29écologistes et socialistes
16:31ne voudront pas voter
16:31pour un candidat insoumis
16:33si c'est le candidat
16:34retenu dans certaines circonscriptions
16:36et ils préféreront
16:37l'abstention
16:37ou voter pour Emmanuel Macron.
16:39Surtout,
16:40il appelle les militants,
16:42les intellectuels
16:43à se réunir
16:44le 16 juillet
16:45dans un petit bourg
16:47près du Mans
16:48qui s'appelle Arnage
16:49pour essayer
16:50de reconstruire
16:51le Parti Socialiste.
16:52Pour le moment,
16:53il ne sait pas
16:54si ce sera encore
16:55de l'intérieur
16:56du Parti Socialiste
16:57ou alors contraint
16:58de le faire
16:58de l'extérieur.
17:00Le même jour,
17:01un accord est trouvé
17:02entre la France Insoumise
17:03et le parti
17:04Europe Écologie Les Verts.
17:05Le parti communiste
17:07intègre la nouvelle
17:08Union Populaire
17:09Écologique et Sociale
17:10le lendemain.
17:11Mais entre le PS
17:12et les équipes
17:13de Jean-Luc Mélenchon,
17:14les discussions
17:14s'éternisent.
17:16Qu'est-ce qui bloque ?
17:16C'est essentiellement
17:18l'accord électoral,
17:19c'est-à-dire l'attribution
17:20à chacun des quatre parties
17:22des circonscriptions.
17:23Or,
17:24avec les 70 circonscriptions
17:26que lui attribuait
17:27la France Insoumise,
17:28dont une trentaine gagnables,
17:30les partis
17:31socialistes
17:31estimaient
17:32qu'il avait été
17:33injustement défavorisé
17:34au profit
17:35non seulement des Verts,
17:37mais bien sûr
17:37de la France Insoumise
17:38qui se taillait
17:39la part du lion.
17:40On en vient
17:41au mercredi 4 mai,
17:43au matin,
17:43après des négociations
17:44qui ont duré
17:45jusque très tard
17:46dans la nuit,
17:47le PS
17:47et la France Insoumise
17:49annoncent
17:50dans un communiqué commun
17:51qu'ils ont trouvé
17:52un accord,
17:53accord qui devra
17:54être validé
17:55par un conseil national
17:56du PS.
17:58A l'arrivée,
17:58Jeannique Halimi,
17:59combien le PS
17:59a-t-il obtenu
18:00de circonscriptions ?
18:01Au final,
18:02le PS a obtenu
18:04ce que la France Insoumise
18:05lui proposait
18:06dès le début,
18:07c'est-à-dire 70 circonscriptions
18:09dont une trentaine gagnables.
18:11Et sur le fond,
18:11que donne l'accord,
18:12notamment sur la question
18:13de la désobéissance
18:14aux traités européens ?
18:15Le Parti Socialiste
18:17essaie de ne pas employer
18:19spécifiquement
18:19le terme de désobéissance,
18:21mais entre désobéissance
18:22aux traités
18:23qui est clairement inscrite
18:24sur les documents
18:25avec les Verts
18:26et les communistes
18:26et le non-respect
18:27à certaines règles
18:28qui est inscrit
18:29dans l'accord
18:30avec les socialistes.
18:31Le Parti Socialiste
18:32est sur une ligne de crête.
18:35Dans la foulée
18:36de cet accord,
18:36les réactions
18:37des ténors du parti
18:38se multiplient.
18:39Oui,
18:39des ténors du parti,
18:40c'est-à-dire notamment
18:41de la Hollandie.
18:42Stéphane Le Folle,
18:44l'ancien ministre
18:44de l'Agriculture,
18:46Bernard Cazeneuve,
18:47ancien Premier ministre,
18:48François Hollande
18:49lui-même,
18:50donc les uns les autres
18:52criant à la reddition,
18:53à la capitulation,
18:54à la mort
18:56pratiquement inscrite
18:57d'avance
18:57du Parti Socialiste,
18:58donc des propos
18:58extrêmement forts.
18:59Et au milieu
19:01de ce cœur
19:02unanime
19:03dénonçant
19:03Olivier Faure,
19:05il y a Martine Aubry,
19:06on sait qu'elle est
19:07extrêmement favorable
19:08à l'Europe,
19:08mais malgré tout,
19:09Martine Aubry,
19:10maire de Lille,
19:11qui appelle
19:12à soutenir
19:13cet accord,
19:13même si elle dit
19:14explicitement
19:15qu'elle est inquiète
19:16sur les clauses
19:17relatives à l'Union Européenne.
19:19Vous avez cité Bernard Cazeneuve,
19:21l'ancien Premier ministre
19:22de François Hollande,
19:23il annonce d'emblée
19:25qu'il quitte le parti.
19:26Le jeudi 5 mai,
19:28le Conseil national du PS
19:29se réunit en début de soirée
19:31au siège du parti
19:32à Ivry-sur-Seine
19:33dans le Val-de-Marne.
19:34L'accord pour les législatives
19:36est soumis au vote
19:37d'une assemblée
19:37composée de 303 membres.
19:39Jeannique Halimi,
19:40vous êtes sur place
19:41pour Le Parisien.
19:42Racontez-nous
19:43le début de ce Conseil.
19:44Le début de ce Conseil
19:45est à la fois
19:46sous haute tension
19:47parce qu'on ne connaît pas l'issue.
19:49Olivier Faure
19:50n'est pas assuré du tout
19:51d'avoir la majorité
19:53du Conseil
19:54en sa faveur.
19:55Donc,
19:55il y a de la tension
19:56et il y a du suspense.
19:57Plusieurs opposants
19:58à cette alliance
19:59prennent la parole
20:00et ils sont très critiques
20:02notamment envers Olivier Faure.
20:03Il y a notamment
20:04plusieurs représentants
20:05du courant minoritaire
20:06qui s'appellent
20:07Debout
20:07les socialistes
20:08qui représentent
20:09environ 30%
20:10du Parti socialiste
20:12qui ont pris la parole
20:13que ce soit
20:13Philippe Doucet
20:14ou la leader
20:15de cette motion
20:17qui s'appelle
20:17Hélène Geoffroy
20:18qui est également
20:19la maire socialiste
20:20de Vaud-en-Velin.
20:21Les propos sont
20:22assez durs.
20:23Par exemple,
20:24Patrick Menouchi
20:25demande clairement
20:27à Olivier Faure
20:28si l'accord était signé
20:29s'il allait renvoyer
20:31tout simplement
20:32les personnalités socialistes
20:33qui s'opposaient
20:34à cet accord.
20:35Certaines prises de parole
20:36étaient extrêmement fermes.
20:37Si vous pensez
20:38que vous n'appartenez plus
20:40à l'espace commun
20:41de la gauche,
20:42si vous pensez
20:43que votre avenir
20:44est plutôt
20:45avec Emmanuel Macron,
20:48mais très bien,
20:49si tu veux clarifier
20:50tes positions,
20:52mais je vais aller
20:53jusqu'au bout.
20:56Mais il faut reconnaître
20:57aussi que pendant
20:58les 4h30 à 5h
21:00qu'a duré
21:00ce Conseil national,
21:02le ton
21:03était plutôt
21:04pacifique.
21:05Il est à peu près
21:06minuit moins le quart
21:07lorsque l'Assemblée
21:08se met à voter.
21:09Que donne le vote ?
21:10Le vote donne
21:11une majorité
21:12assez écrasante
21:13en faveur d'Olivier Faure
21:14et donc de la signature
21:15de l'Alliance
21:16avec la France Insoumise
21:17puisque le verdict
21:19est à 62%
21:21en faveur de la Corse
21:23qui est un score
21:24extrêmement important
21:25et c'est un vote
21:26qui marque
21:28l'approbation
21:29de la stratégie
21:30d'Olivier Faure
21:30dont le poste
21:31sera remis en question
21:32lors d'un congrès
21:33d'ici la fin de l'année.
21:34Julien Dufay
21:35que dit Olivier Faure
21:36après ce vote ?
21:36Que Jean-Luc Mélenchon
21:37même si l'accord est conclu
21:39que Jean-Luc Mélenchon
21:40porte une responsabilité lourde
21:41que les socialistes
21:43sont prêts à l'aider
21:43mais qu'en échange
21:45ils devraient respecter
21:46la sensibilité de chacun
21:47il a notamment cette phrase
21:49Nous ne sommes pas
21:49devenus insoumis
21:50les écologistes
21:51ne sont pas devenus insoumis
21:52les communistes
21:53ne sont pas devenus insoumis
21:54pas plus qu'hier
21:55ceux qui nous rejoignaient
21:57étaient devenus socialistes
21:58Insoumis et socialistes
22:00vont devoir cheminer ensemble
22:01il appelle à ce que
22:02chacun se respecte mutuellement.
22:06Le lendemain
22:07Jeanne Calimi
22:07vous interrogez
22:08la présidente
22:09de la région Occitanie
22:11la socialiste
22:11Carole Delga
22:12fermement opposée
22:14à cet accord
22:15qu'est-ce qu'elle vous dit ?
22:16Elle nous dit très clairement
22:17qu'elle refuse
22:18la liquidation
22:19du parti socialiste
22:20puisque cet accord
22:21aurait cette conséquence-là
22:22à ses yeux
22:24elle décrit
22:25un accord
22:26purement
22:26électoraliste
22:28donnant la place
22:29à Jean-Luc Mélenchon
22:30et donc à l'effacement
22:31du parti socialiste
22:32et puis deuxièmement
22:33surtout
22:33elle prend de fait
22:35une sorte de tête
22:36de la fronde
22:37au sein du parti socialiste
22:38contre Olivier Faure
22:40et elle appelle
22:41les militants
22:42à se réunir
22:43entre les deux tours
22:44de législatives
22:45pour défendre
22:46les couleurs
22:46du PS stricto sensu
22:47et également
22:48plus tard
22:49cet été
22:50à la réunion
22:51d'États généraux
22:52à laquelle elle convie
22:53tous les militants
22:54les élus
22:54les grandes personnalités
22:55qui se reconnaîtraient
22:56dans un parti socialiste
22:58entre Jean-Luc Mélenchon
22:59et Emmanuel Macron
23:00Jeanne Calimi
23:02on l'a vu
23:03cet accord
23:03pour les législatives
23:04a mis en lumière
23:05les faiblesses
23:06du parti socialiste
23:07les désaccords
23:08en interne
23:09sur la ligne
23:10à adopter
23:10mais selon vous
23:11est-ce que le parti
23:12est en train
23:13de s'effacer
23:14de disparaître
23:15comme le disent
23:15certains ténors ?
23:17Non
23:17moi je crois
23:17d'abord
23:18que la social-démocratie
23:19représente un espace
23:20politique réel
23:22maintenant
23:22il lui manque
23:23peut-être
23:24une incarnation
23:25et il lui restera
23:26surtout à se définir
23:27comme étant
23:28plutôt à gauche
23:29en soutien
23:30d'une gauche
23:31plus radicale
23:31ou alors plutôt
23:32au centre-gauche
23:33en soutien peut-être
23:34d'un grand parti
23:35autour des macronistes
23:37autour du Modem
23:39l'avenir
23:40du parti socialiste
23:41reste à écrire
23:42mais je ne pense pas
23:43que ce soit
23:44une chronique
23:44d'une mort annoncée
23:51merci à Yannick Halimi
23:53et Julien Duffet
23:54cet épisode de Code Source
23:55a été produit par
23:57Marion Bottorel
23:58réalisation
23:59Julien Moncouquiol
24:00Code Source
24:01c'est le podcast
24:02d'actualité du Parisien
24:03disponible sur
24:04toutes les plateformes
24:05d'écoute
24:05nous publions
24:06un nouvel épisode
24:07chaque soir de la semaine
24:08pour ne rater aucun
24:09n'oubliez pas
24:10de vous abonner
24:11sur votre application
24:12audio préférée
24:13si vous voulez nous écrire
24:14c'est possible
24:15sur twitter
24:15mais vous pouvez aussi
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