- il y a 13 heures
- #codesource
- #municipalelection2026
- #mairiedeparis
- #maire
🎥 Pour ne rater aucune de nos vidéos, abonnez-vous et n'oubliez pas d'activer la cloche. https://youtube.com/@LeParisien
Qui va succéder à Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, à l’issue des prochaines élections municipales ? A moins d’un mois du scrutin, le suspense est encore entier. Quels sont les éléments clés de la campagne ? Récit avec trois journalistes du Parisien : Elie Julien, de l’édition de Paris, ainsi que Alexandre Sulzer et Julien Duffé, du service politique.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : Philippe Lavieille
Archives : CNEWS, RTL, Franceinfo, TF1 et BFMTV
Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien :
🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien
✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters
👂 Retrouvez nos différents podcasts :
Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien : https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique : https://bit.ly/_Lesacre
Suivez-nous :
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien
#codesource #municipalelection2026 #mairiedeparis #maire
Qui va succéder à Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, à l’issue des prochaines élections municipales ? A moins d’un mois du scrutin, le suspense est encore entier. Quels sont les éléments clés de la campagne ? Récit avec trois journalistes du Parisien : Elie Julien, de l’édition de Paris, ainsi que Alexandre Sulzer et Julien Duffé, du service politique.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : Philippe Lavieille
Archives : CNEWS, RTL, Franceinfo, TF1 et BFMTV
Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien :
🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien
✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters
👂 Retrouvez nos différents podcasts :
Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien : https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique : https://bit.ly/_Lesacre
Suivez-nous :
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien
#codesource #municipalelection2026 #mairiedeparis #maire
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Qui va succéder à Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris depuis 2014, à l'issue des élections municipales les
00:19dimanches 15 et 22 mars prochains ?
00:22Parmi les six principaux candidats, cinq d'entre eux sont susceptibles de voir leur liste se qualifier au second tour.
00:29Le socialiste Emmanuel Grégoire et la maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, font la course en tête dans les sondages,
00:37suivi par Pierre-Yves Bournazel, soutenu par le camp présidentiel, Sofia Chikirou de la France Insoumise et l'eurodéputée Sarah
00:45Knafo, membre du parti Reconquête.
00:48Quelles sont leurs propositions pour la capitale ? Comment se déroule leur campagne ?
00:53Et pourquoi il est encore difficile, à un mois du premier tour, de faire des pronostics ?
00:59On passe en revue les enjeux de ces élections municipales avec trois journalistes du Parisien,
01:04Julien Dufay et Alexandre Sulzer du Service Politique et Elie Julien de l'édition de Paris.
01:14Elie Julien, il y a une nouveauté pour ces élections municipales 2026 à Paris, tout comme à Lyon et à
01:21Marseille.
01:21Au premier et au second tour, les électeurs vont devoir voter à chaque fois à deux reprises le même jour.
01:27Expliquez-nous ça.
01:29Cette fois-ci, les électeurs parisiens iront dans leur bureau de vote et auront deux cheminements à faire.
01:35Une fois pour voter pour leur conseil d'arrondissement et une autre fois pour le conseil de Paris.
01:40Alors essayons d'expliquer ça un peu plus en détail. Jusqu'à présent, les électeurs parisiens ne votaient que pour
01:46élire leur conseiller d'arrondissement.
01:48Ces conseillers d'arrondissement élisaient ensuite ceux qui, parmi eux, siègent au conseil de Paris.
01:54Le conseil de Paris qui élit à la fin le ou la maire.
01:58Cette fois-ci, l'élection du conseil de Paris se fait au suffrage direct, en même temps que celui des
02:05conseillers d'arrondissement.
02:06Et la victoire d'une liste dans une mairie d'arrondissement n'a plus d'influence sur la composition du
02:13conseil de Paris, puisque ce sont deux scrutins distincts.
02:17Cette réforme du mode de scrutin, elle a été votée par les députés à l'été 2025. Qu'est-ce
02:23qui a motivé ce changement ?
02:25L'idée, c'était de dire que les parisiens pourront voter plus directement pour leur maire de Paris.
02:30Ça a été voté avec la majorité des députés Rassemblement National et la France Insoumise.
02:36Et c'était porté par Achida Dati pour la favoriser.
02:40Par exemple, avant, un électeur de gauche du 16e arrondissement ou un électeur de droite du 18e était moins entendu.
02:47Désormais, sa voix ira directement au maire de Paris.
02:51On va faire le tour des principaux candidats et voir ensemble ce qu'ils proposent, comment ils font campagne et
02:56s'ils ont chacun ou chacune leur chance.
02:59Commençons d'abord par Achida Dati.
03:01A 60 ans, c'est la deuxième fois qu'elle se présente pour devenir maire de Paris.
03:06Alexandre Sulzer, comment ça s'était passé pour elle la première fois ?
03:09Ça ne s'était pas très bien passé parce que Achida Dati y était allé la dernière fois contre la
03:14plupart des élus LR parisiens, des élus locaux.
03:18Elle avait investi des candidats face à eux dans certains arrondissements.
03:22Elle considère d'ailleurs qu'elle ait une marque à elle toute seule et qu'elle ne doit pas forcément
03:25grand-chose aux républicains.
03:27Ça s'était passé dans un contexte assez tendu avec son propre parti.
03:30Et on était encore dans l'ancien système de vote indirect.
03:33Et elle n'avait pas réussi à retourner le 12e et 14e arrondissements, à avoir le vote favorable dans ces
03:39arrondissements-là,
03:40qui étaient à l'époque des arrondissements clés, pour obtenir une majorité au Conseil de Paris.
03:44Achida Dati est aussi maire du 7e arrondissement depuis 18 ans.
03:48Elle siège au Conseil de Paris et pendant les deux dernières mandatures,
03:52elle a pris soin de mettre en scène son opposition à la maire sortante, Anne Hidalgo et à sa politique
03:58de gauche.
03:58Comment par exemple élie Julien ?
04:00C'est des attaques avec des punchlines.
04:03Votre politique pénalise les familles.
04:06Vous, vous faites campagne sur les problèmes.
04:08Et nous, on résout les problèmes.
04:11Depuis que vous êtes maire, Paris a perdu plus de 30 000 élèves.
04:14Madame Dati, je crois que vous n'aimez vraiment pas cette ville.
04:19Vous pourrez nous faire changer de locaux, mais Madame Hidalgo, malheureusement pour vous, je serai toujours là.
04:23Avec le départ d'Anne Hidalgo, c'est la fin d'un duel qui avait été aussi extrêmement médiatisé
04:27entre deux femmes fortes de la politique parisienne.
04:32C'est aussi l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président.
04:37Depuis janvier 2024, elle est ministre de la Culture.
04:41Elle avait rejoint à l'époque un gouvernement macroniste,
04:44ce qui lui avait valu de se brouiller avec sa famille politique, les Républicains.
04:49Quel camp, quel parti est-ce qu'elle représente aujourd'hui dans ces élections municipales ?
04:54C'est une bonne question, ce n'est pas forcément simple.
04:57Rachida Dati avait été à un moment donné plus ou moins mis en retraite de facto de sa famille politique
05:02quand elle avait rejoint le camp macroniste.
05:06Finalement, elle a repris, non sans arrière-pensée, sa carte chez les Républicains.
05:11Aujourd'hui, elle est la candidate officielle des Républicains.
05:14En revanche, elle n'est pas soutenue par le reste de la Macronie,
05:19puisque Gabriel Attal, président de Renaissance, ainsi qu'Horizon soutiennent son adversaire, son rival, Pierre-Yves Bonazel.
05:25Mais les choses seront plus compliquées que ça encore,
05:28puisqu'on sait qu'Emmanuel Macron, lui, soutient totalement Rachida Dati.
05:31C'est sa candidate de cœur, il est proche d'elle, sa femme Brigitte Macron est très proche d'elle.
05:36Et le Modem, également, soutient Rachida Dati officiellement.
05:39Les Parisiennes et les Parisiens veulent le changement.
05:41Ils sont excédés, y compris pour des gens qui ont voté à gauche toute leur vie.
05:45Ils veulent que ça change.
05:46Et donc, c'est un moment historique pour les Parisiennes et les Parisiens,
05:48avec un mode de scrutin enfin démocratique.
05:51Il ne faut pas se tromper d'agenda.
05:53Ce n'est pas une présidentielle, ce n'est pas une législative.
05:55Aujourd'hui, quelle est la candidate qui est la plus à même de porter l'alternance et le changement à
06:00Paris ?
06:00C'est ma candidature.
06:02Elie Julien, dans sa campagne, Rachida Dati préfère mettre l'accent sur la sécurité et la propreté.
06:08Qu'est-ce qu'il faudrait faire, selon elle, pour améliorer le bilan d'Anne Hidalgo qu'elle trouve catastrophique
06:14sur ses points ?
06:14Sur la propreté, elle veut notamment privatiser la totalité de la collecte des ordures ménagères.
06:21Aujourd'hui, c'est le cas que sur un arrondissement sur deux.
06:24Elle veut aussi créer des brigades spécialisées d'urgence d'intervention rapide.
06:28On a déjà un dispositif qui s'appelle l'urgence propreté qui existe.
06:32Et puis sur la sécurité, là, elle veut 5000 policiers armés, formés et puis développer beaucoup plus la vidéosurveillance à
06:41avoir avec la préfecture de police dont le sujet dépend.
06:44Et son autre cheval de bataille, c'est les finances de la ville.
06:48Qu'est-ce qu'elle propose ?
06:49Alors sur les finances de la ville, elle veut diminuer légèrement le nombre de fonctionnaires.
06:54Ils sont près de 55 000, donc elle veut un peu moins de renouvellement.
06:58Elle souhaite aussi réduire les subventions aux associations, notamment à celles qu'elle considère inutiles pour les parisiens.
07:04Et enfin, puisque la dette de Paris va bientôt atteindre les 10 milliards d'euros, probablement en 2026, elle souhaite
07:11arrêter les préemptions, c'est-à-dire les achats par la ville d'immeubles pour y faire du logement social.
07:18C'est 250 millions d'euros qui pourraient être économisés chaque année.
07:22Et Rachida Dati, vous l'avez dit, n'est pas la seule à se présenter à droite et au centre
07:26droit.
07:27Il y a aussi Pierre-Yves Bournazel, 48 ans, soutenu par le camp présidentiel.
07:33Qui est-il en quelques mots ?
07:34Pierre-Yves Bournazel, c'est un élu du 18e arrondissement, conseiller de Paris assez méconnu du grand public, mais qui
07:41est là depuis de nombreuses années.
07:42Il revendique une filiation jupéiste qui a très longtemps été élu du 18e arrondissement, une filiation chiracienne puisqu'il a
07:51aussi des attaches en Corrèze.
07:53Je mène une campagne d'idées de fond et je souhaite débattre avec les autres candidats et candidats parce que
07:58la démocratie c'est le débat.
08:00Et je vois que la maire du secteur...
08:01Elle, elle ne souhaite pas débattre avec vous visiblement, Rachida Dati ?
08:03Je le regrette car la démocratie c'est le débat, c'est le respect des parisiennes et des parisiens.
08:09Refuser le débat, c'est un peu vouloir un job, demander un travail et se refuser à faire un entretien
08:16d'embauche.
08:17Qu'est-ce qui les empêche, Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel, de proposer une liste commune dès le premier
08:22tour, de s'unir en quelque sorte pour tenter de provoquer une alternance à Paris ?
08:27Il y a des gros désaccords sur le fond entre eux ?
08:29Il y a surtout des ambitions rivales.
08:31Pierre-Yves Bournazel, c'est la première fois qu'il est formellement candidat à la mairie de Paris, mais lors
08:36des précédentes élections, il avait longtemps essayé d'être candidat, mais les sondages l'en avaient empêché.
08:41Il avait ramené un peu la raison, mais c'est une ambition chez lui qui est très forte. Rachida Dati,
08:46c'est même pas la peine d'en parler, c'est une ambition qu'elle porte chevilles au corps depuis
08:49de nombreuses années.
08:50Il y a une inimitié entre eux qui est très forte. Pierre-Yves Bournazel a été le collaborateur de Rachida
08:55Dati quand on était garde des Sceaux.
08:57Il a écrit un livre également au cours de la campagne, au vitriol sur elle.
09:02Donc les ponts sont complètement rompus aujourd'hui et la perspective d'un rapprochement dans l'entre-deux-tours n
09:08'est pas du tout garantie.
09:09Et bien sûr, on rappelle que Pierre-Yves Bournazel est un des cadres d'horizon le parti d'Edouard Philippe.
09:14Et donc à ce titre, il représente une formation autre que les Républicains.
09:19A l'extrême droite, le Rassemblement National a désigné Thierry Mariani comme tête de liste, mais c'est surtout Sarah
09:25Knaffo,
09:26eurodéputée et membre du parti fondé par Éric Zemmour, reconquête, qui fait progresser l'extrême droite dans les intentions de
09:34vote pour Paris.
09:35Par quels moyens, Alexandre Sulzer ?
09:37Sarah Knaffo est très forte pour communiquer.
09:41Elle a négocié âprement le fait de pouvoir annoncer sa candidature au journal télévisé de TF1,
09:46ce qui est une sorte de performance eu égard à ses responsabilités politiques aujourd'hui
09:51et au poids politique à peu près nul que représente reconquête dans le paysage politique français.
09:55Je vois les femmes avoir peur dans la rue, je vois la dette qui explose, je vois les impôts qui
09:58augmentent, une ville sale, insalubre.
10:01Donc aujourd'hui, l'urgence est à l'action.
10:02C'est pour ça que je me présente, pour faire de Paris une ville heureuse.
10:05Sarah Knaffo, elle veut faire une campagne très positive, qui s'inspire un peu du candidat Amdani qui a gagné
10:12les municipales à New York.
10:13Elle a choisi comme slogan de campagne de faire de Paris une ville heureuse, c'est-à-dire une perspective
10:18positive tournée vers l'avenir.
10:20Elle n'est pas obsédée dans cette campagne, en tous les cas par la thématique migratoire ou sécuritaire.
10:25Elle préfère parler de projet, d'avenir, un grand renfort d'images générés par l'intelligence artificielle qui donne une
10:32vision de Paris un peu Amélie Poulain, une vision très proprette de la ville de Paris.
10:38Elle s'habille également avec un code couleur jaune très positive attitude qui permet, elle, de casser l'image très
10:45sombre qu'avait reconquête jusqu'alors et d'avoir une visibilité inédite,
10:48notamment par rapport effectivement à Thierry Mariani, un candidat du RN que l'on voit très peu sur le terrain.
10:54Et sa première proposition est une proposition assez choc.
10:57Une de ses premières propositions était en effet de rouvrir à la circulation les voies sur berge, mais en installant
11:03une sorte de terrasse sur les quais,
11:04ce qui permettrait à la fois aux piétons et aux vélos aux circulations douces de pouvoir quand même profiter de
11:10cet espace et aux voitures de circuler à l'étage inférieur.
11:14Une proposition qu'elle chiffre à seulement 60 millions d'euros, ce qui semble un chiffre extrêmement faible par rapport
11:21à l'ambition du projet.
11:22Est-ce que son programme pour Paris est un programme d'extrême droite à l'image du parti reconquête ?
11:27Évidemment, c'est un programme qu'elle dit de droite, qui s'assume vraiment de droite, avec des ruptures évidemment
11:33très claires avec le mandat d'Anne Hidalgo et même de Bertrand Delanoé.
11:39En revanche, les marqueurs les plus forts de l'extrême droite ne sont pas présents.
11:43C'est fait exprès, puisque Sarah Knafou veut revenir dans le débat public comme une candidate de droite et non
11:49plus d'extrême droite,
11:50mais elle compense cette absence d'extrême droite dans ce débat municipal par le fait qu'elle est quand même
11:56membre,
11:57on le rappelle, du groupe le plus extrême au Parlement européen, le groupe auquel participe l'AFD allemand,
12:02qui est bien trop extrême, même aux yeux du Rassemblement national.
12:06Donc il y a vraiment deux Sarah Knafou, une plus dépolitisée, plus « mainstream » à Paris et une qui
12:12assume ses idées radicales au Parlement européen.
12:16Passons maintenant au principal candidat de la gauche, le socialiste Emmanuel Grégoire, 48 ans, se présente pour la première fois.
12:23Il a été l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris pendant six ans, entre 2018
12:29et 2024.
12:30Mais pourtant, Julien Dufay, la maire ne l'a pas soutenu quand il s'est lancé dans la campagne.
12:36Rappelez-nous ça.
12:37Elle ne l'a pas soutenu et pire, j'allais dire, elle l'a présenté contre lui, en interne, son
12:42candidat, un candidat concurrent qui était Rémi Ferrault,
12:45sénateur de Paris et élu de longue date de la mairie, tout simplement parce que les relations se sont distendues,
12:53voire même sont devenues glaciales avec Emmanuel Grégoire, qu'elle ne porte vraiment plus dans son cœur.
12:57En fait, elle lui reproche un manque de loyauté, voire même un manque de protection.
13:02Alors, à la fois quand elle-même s'est lancée dans la candidature à la présidentielle,
13:06on se souvient que c'était une campagne très difficile pour elle.
13:09Et puis aussi, elle estime qu'il n'a pas été assez présent pendant le Tahiti Gate,
13:13cette polémique sur ses frais de déplacement dans le Pacifique,
13:17lors d'un voyage qu'elle a effectué en tant que maire, mais aussi à titre privé.
13:22Finalement, c'est Emmanuel Grégoire qui a été désigné par les militants socialistes lors d'un vote interne des militants
13:26parisiens.
13:27Et donc, Anne Hidalgo s'est finalement rangée à la décision collective.
13:31Elle a soutenu Emmanuel Grégoire très récemment, en disant qu'elle voterait pour la gauche.
13:35Donc, Emmanuel Grégoire, c'était vraiment un soutien du bout des lèvres.
13:38Et le fait d'avoir été à la manœuvre pendant plusieurs années pour Emmanuel Grégoire,
13:43c'est plutôt une force ou un inconvénient dans cette campagne ?
13:46C'est évidemment à double tranchant, on va dire.
13:50Il peut se prévaloir, Emmanuel Grégoire, de connaître parfaitement les arcanes de l'hôtel de ville.
13:54Il a été, on l'a dit, premier adjoint à six ans.
13:57Auparavant, il avait été adjoint à l'urbanisme, il a été aussi au cabinet de Bertrand Delannoy, l'ancien maire
14:01de Paris.
14:02Il est en partie comptable aussi du bilan d'Anne Hidalgo, alors qu'il revendique,
14:07qu'il dit qu'il est totalement aligné sur la construction de logements sociaux,
14:12sur le verdissement de la ville ou encore sur la réduction du trafic automobile.
14:17De l'autre côté, son nom est associé à Anne Hidalgo, qui est quand même une personne clivante,
14:21qui focalise sur elle de nombreuses critiques depuis des années.
14:24Elle a tout fait pour torpiller ma candidature, je ne suis ni son candidat, ni son héritier.
14:30Après, on a des points communs, on a travaillé très bien ensemble.
14:33Notre rupture, elle est intervenue sur quelques sujets de fond,
14:36qui ont trait à la façon d'exercer les responsabilités,
14:39à la façon de traiter un certain nombre de sujets que je considère prioritaires,
14:43qu'elle ne considérait pas prioritaires.
14:45Je suis un homme de dialogue, d'ouverture, d'écoute, de ses oppositions,
14:49de l'ensemble des parisiens, de l'ensemble des non-parisiens,
14:51mais qui ont des intérêts à Paris.
14:53Et j'ai été très heureux de travailler avec elle,
14:55mais je suis le candidat pour une nouvelle page de l'histoire de Paris.
15:00Elie Julien, quels sont les chantiers qu'il compte mener en priorité en cas de victoire ?
15:04Il reste fidèle aux valeurs et aux idées de la gauche,
15:07alors qu'il a uni quand même pour cette élection avec les écologistes et les communistes derrière lui.
15:11Donc c'est pour ça qu'on retrouve dans ses projets prioritaires,
15:14de ne plus avoir d'enfants qui dorment à la rue,
15:17de produire plus de logements sociaux,
15:19arriver à 40% de logements publics, disent-ils, à Paris.
15:24Et puis enfin, continuer la politique menée par Anne Hidalgo de végétalisation,
15:29avec des rues entières qui seraient fermées parfois à la circulation,
15:33et verdies avec des plantations.
15:36Et vous l'avez dit, le candidat écologiste David Béliard
15:39et le candidat communiste Yann Brossat se sont désistés le 17 décembre
15:44pour se ranger derrière Emmanuel Grégoire
15:47et faire une liste commune de la gauche.
15:50C'est inédit ?
15:51Oui, c'est inédit.
15:51Ça n'était jamais arrivé au municipal à Paris.
15:55Habituellement, on avait plutôt une union de la gauche qui se faisait au second tour.
15:59C'était même presque automatique à chaque fois.
16:02Là, face au nouveau mode de scrutin qu'on a évoqué auparavant,
16:07et puis face aussi, face au niveau de Rachida Dati dans les sondages,
16:11qui est très élevé, qui talonne la gauche,
16:13ils ont décidé de s'unir pour essayer de garder Paris à gauche.
16:18Quelle concession le Parti Socialiste a-t-il dû faire pour obtenir cette union ?
16:22Alors, outre les côtés chiffrés du nombre de conseillers d'écologie
16:27sur la liste d'Emmanuel Grégoire, ils en ont 35,
16:30il a fallu aussi donner des gages sur les idées, sur les valeurs,
16:35donc verdir encore plus le programme d'Emmanuel Grégoire.
16:39Et puis enfin, l'acte le plus symbolique, presque,
16:42c'est le maire socialiste du 11e arrondissement, François Vogelin,
16:45qui doit laisser sa place à David Béliard, le candidat écologiste,
16:49qui sera donc le candidat de cette union de la gauche dans le 11e arrondissement.
16:54En revanche, Julien Dufay, Emmanuel Grégoire,
16:57exclut tout accord d'alliance ou d'union avec Sofia Chikirou,
17:01la candidate de la France Insoumise.
17:03Oui, il dit que jamais il ne fera d'accord avec la France Insoumise,
17:06qui depuis longtemps à Paris, en fait,
17:10est sur une ligne d'opposition frontale et assez violente
17:14face à la municipalité sortante et à Anne Hidalgo.
17:17Et en face, Sofia Chikirou, elle a commencé sur un ton très vindicatif également
17:21vis-à-vis d'Emmanuel Grégoire.
17:22Elle a dit dans son interview au Parisien qui a un peu lancé sa campagne
17:26qu'il ne fallait pas qu'il y ait un socialiste maire de Paris.
17:29Et elle a dit aussi dans son meeting de lancement
17:33qu'elle voulait faire de Paris la ville insoumise la plus grande de France.
17:37Chers amis, nous allons faire de Paris la plus grande ville insoumise de France,
17:43mais j'ai aussi envie de dire du monde.
17:45Quand on discute avec les insoumis,
17:47ils nous disent que leur objectif, c'est de faire plus de 10%.
17:5010%, c'est le seuil de qualification au deuxième tour,
17:53pour faire entrer un maximum d'élus au Conseil de Paris.
17:56Mais ça, ça nécessite un accord avec la liste d'Emmanuel Grégoire.
18:00Donc, c'est toute la difficulté de cette élection et des éloignes de second tour,
18:03à la fois s'opposer à la municipalité sortante,
18:07mais en même temps laisser entendre qu'on pourrait faire un accord avec eux.
18:09Qu'est-ce qui différencie le programme de Sofia Chikirou
18:12de celui de la gauche unie menée par Emmanuel Grégoire,
18:15si on peut nommer quelques mesures ?
18:17En fait, ce n'est pas flagrant.
18:18Il y a beaucoup de points communs sur le fond.
18:21Ses priorités, c'est le logement,
18:23qui est aussi d'ailleurs la priorité d'Emmanuel Grégoire.
18:25Sofia Chikirou dit vouloir décréter l'état d'urgence,
18:27notamment en mobilisant des places d'hébergement d'urgence,
18:30pour réduire le nombre de sans-abri à Paris.
18:34Pour noter des différences, c'est que, par exemple,
18:36sur les cantines scolaires, elle propose la gratuité
18:39pour les trois premières tranches du caution familial,
18:41alors qu'Emmanuel Grégoire est sur le gel des tarifs de la cantine scolaire,
18:45qui sont de toute façon déjà très bas à Paris.
18:47Donc on voit que c'est des différences assez infimes sur le fond,
18:51et que c'est davantage sur la forme,
18:53et pour des questions de politique et de symboles qu'il se pose.
19:00Élie Julien, la campagne pour Paris a aussi été marquée
19:03par la question du périscolaire, et notamment les violences commises
19:08par des animateurs sur des enfants.
19:10De quoi on parle ?
19:11Ce thème s'est invité dans la campagne,
19:13parce que le Parisien, notamment, a révélé un certain nombre de cas
19:18de violences et d'agressions sexuelles supposées dans les écoles parisiennes.
19:24L'opposition de droite a tout de suite accusé la gauche et la majorité
19:28de ne pas assez agir et réagir.
19:31Et finalement, outre les thèmes qu'on avait prévus dans la campagne,
19:33qu'on attendait, les grands classiques, la propreté, la sécurité, le logement,
19:37ce qu'on appelle désormais le scandale des agressions dans le périscolaire,
19:40est au cœur de la campagne.
19:42Et que propose Rachida Dati à droite,
19:45ou Emmanuel Grégoire à gauche, sur cette question ?
19:48Lorsque les enfants à Paris,
19:50qui sont à l'école 4 jours et demi par semaine,
19:53c'est une des dernières villes de France à avoir gardé ce rythme-là,
19:56sont gardés par des agents de la ville.
19:58Le problème, c'est que ces horaires sont très compliqués pour les agents de la ville.
20:03Ils viennent le matin à l'accueil, le midi, sous le temps de la cantine,
20:06à 15h30 une fois les cours terminés.
20:08Ça veut dire que vous devez rester dans les parages de l'école
20:10pour des salaires extrêmement bas.
20:13On parle de 800 euros parfois.
20:16La droite, portée notamment par Rachida Dati,
20:18veut revenir sur les 4 jours et demi.
20:20Elle veut que les enfants aillent du lundi, mardi, jeudi, vendredi,
20:24à l'école, ce qui permet d'avoir tout un mercredi de temps périscolaire
20:27et avoir une situation plus attractive
20:30et donc des profils mieux recrutés.
20:33C'est aussi ce qu'elle propose pour les 14 000 agents qui s'occupent des enfants
20:37dont la très grande majorité sont des précaires.
20:40Côté Emmanuel Grégoire, il y a un gros travail de formation,
20:44de meilleure prise en charge aussi des enfants
20:47et puis des signalements lorsqu'il y en a.
20:49C'est ce qui a été reproché aussi à la ville de Paris.
20:51Emmanuel Grégoire entend déprécariser les agents
20:56puisqu'il se trouve que ça pourrait être une des raisons
20:59des soucis que connaît actuellement le périscolaire.
21:02Emmanuel Grégoire entend aussi organiser,
21:05mettre en place des contrôles aléatoires dans les écoles
21:08pour vérifier que le périscolaire se passe bien,
21:11avoir des audits extérieurs aussi réguliers
21:14et puis éventuellement des boîtes, vous savez, papillons
21:17où les enfants peuvent se confier, installés dans toutes les écoles.
21:20Il y a quelques ressemblances entre le programme de Rachida Dati
21:24et celui d'Emmanuel Grégoire, notamment sur l'écologie.
21:27Tous les deux veulent végétaliser davantage la ville, c'est ça ?
21:31Oui, on a l'impression que désormais c'est quelque chose d'acté,
21:35quelque chose de gagné, dira Anne Hidalgo,
21:37qui sourit depuis son bureau à voir que désormais la végétalisation
21:41fait partie des idées de tous les candidats.
21:44Emmanuel Grégoire et Rachida Dati veulent notamment aménager,
21:48s'occuper des voies sur berge qui sont piétonnisées depuis maintenant près de 10 ans.
21:52Et puis ils veulent aussi plus de rues végétalisées.
21:57Alors chez Rachida Dati, on l'explique bien,
21:59c'est notamment pour adapter la ville au réchauffement climatique
22:02et aux étés où la température monte énormément à Paris.
22:07Le dimanche 25 janvier, le Parisien publiait un sondage IFOP fiducial.
22:13Emmanuel Grégoire y apparaît en tête des intentions de vote au premier tour à 32%,
22:18devant Rachida Dati qui est à 28%.
22:21Mais la présence d'autres candidats au-dessus des 10% et donc au second tour risque de tout compliquer.
22:28Oui, puisque beaucoup de candidats, on parle de trois candidats en plus des deux principaux
22:34qui revendent la droite et la gauche dont on a beaucoup parlé,
22:36sont en mesure de se maintenir au second tour selon les sondages.
22:40On parle de Pierre-Yves Bournazel, Sophia Shikirou et Sarah Knafo
22:44qui dans notre sondage étaient sur le point de pouvoir se qualifier
22:48et dans d'autres sondages parus depuis a dépassé cette barre des 10%.
22:51Ça veut dire qu'il y a des tas de configurations qui existent de second tour,
22:57que tout va se jouer dans l'entre-deux tours qui va être déterminant,
23:00c'est-à-dire qu'au soir du premier tour et jusqu'à mardi qui est la date de dépôt
23:04des listes,
23:05les listes vont pouvoir faire des alliances ou pas, vont pouvoir fusionner ou pas.
23:10Les configurations, les scénarios qui se dégageront pour le deuxième tour
23:13vont faire peser la balance d'un côté ou de l'autre en faveur d'Emile Grégoire ou de Rachida
23:19Dati.
23:19C'est ce qui rend cette élection si incertaine.
23:21Et c'est ce nouveau mode de scrutin, Elie Julien, qui ajoute de l'incertitude ?
23:26Oui, il présidentialise en somme le vote, c'est-à-dire que maintenant vous votez pour une personnalité.
23:32Avant c'était comme des grands électeurs dans les arrondissements
23:35et avec ce jeu-là auparavant on n'aurait pas eu la même situation qu'aujourd'hui
23:38avec des candidats des extrêmes qui juste au-dessus des 10% peuvent se maintenir
23:43et ils n'auraient pas eu intérêt à se maintenir.
23:46Alors qu'aujourd'hui, ils peuvent ou elles peuvent faire leur entrée au Conseil de Paris
23:50et donc être au Conseil municipal de la capitale de la France avec une grande visibilité.
23:55Même en cas de duel d'Ati-Grégoire au second tour, le match promet d'être extrêmement serré ?
24:02Oui, c'est une configuration qui reste très improbable, on l'a vu à cause de tous ces candidats
24:06qui sont en mesure de se maintenir, mais dans le sondage qu'on a publié,
24:10ce duel est testé et il est à 50-50, c'est-à-dire l'égalité parfaite.
24:15Ça montre à quel point le suspense reste entier avant cette élection.
24:20Ça montre aussi à quel point les derniers jours de campagne vont être déterminants.
24:24Beaucoup de candidats disent que les votes des Parisiens se cristallisent
24:27dans la dernière ligne droite avant le premier tour.
24:30Il y a une bataille qui va être menée pour chaque candidat pour gagner les électeurs,
24:34les électorats notamment, les 4 supérieurs très nombreux à Paris,
24:37les retraités, les jeunes pour d'autres candidats.
24:40Tout ça montre qu'il faut s'attendre à une fin de campagne électrique à Paris.
24:49Merci à Julien Dufay, Alexandre Sulzer et Elie Julien.
24:54Cet épisode de Code Source a été produit par Anaïs Godard et Clara Garnier-Amourou,
24:59réalisation Pierre Chaffanjon.
25:02Code Source, c'est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
25:05Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi.
25:10Et puis n'oubliez pas Crime Story chaque samedi,
25:14notre podcast consacré aux affaires criminelles,
25:17Crime Story présenté par Claudia Prolongeau
25:19et Damien Delseny, le chef du service police justice du Parisien.
Commentaires