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En 2015, il avait fui le conflit qui opposait l’armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes dans l’est du pays. Aujourd’hui réfugié en France, il raconte comment il aide à distance le pays qui l’a vu grandir.

Dans ce podcast : En 2014 une guerre éclate à l'Est de l'Ukraine dans le Donbass. Le conflit pousse plus d'un million d'ukrainiens à fuir la région et certains vont même trouver refuge en France. Rodion Krotov est l'un d'entre eux. Il a 14 ans quand il arrive avec sa sœur et ses parents à Bourges dans le Cher. Mais sept ans plus tard la guerre le rattrape quand la Russie lance une vaste offensive militaire en Ukraine. Pour Code source Rodion raconte comment il vit cette guerre à distance au micro d'Ambre Rosala.
Je rencontre Rodion Krotov à Bourges dans le Cher où habitent ses parents et sa petite sœur. Il est grand blond et a les yeux bleus, depuis le début de la guerre en Ukraine il fait quasiment tous les jours le tour de plusieurs associations et entreprises de la ville pour collecter des produits qu'il enverra au peuple ukrainien.
Rodion est né le 23 août 2001 à Donetsk en Ukraine puis il grandit à Marioupol une ville portuaire dans le sud de la région du Donbass avec ses parents et sa petite sœur…

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/ukraine-comment-rodion-20-ans-exile-du-donbass-vit-la-guerre-a-distance-10-03-2022-7PCK4NPUIFGC7PLJ7MQC7LDDAQ.php

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Animation : Raphaël Pueyo - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian - Archives : France 2, Euronews.

#réfugiés #ukraine #Donbass

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Raphaël Pueyo et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12En 2014, une guerre éclate à l'est de l'Ukraine dans le Donbass.
00:16Le conflit pousse plus d'un million d'Ukrainiens à fuir la région et certains vont même trouver refuge en
00:22France.
00:23Rodion Krotov est l'un d'entre eux. Il a 14 ans quand il arrive avec sa sœur et ses
00:27parents à Bourges dans le Cher.
00:30Mais 7 ans plus tard, la guerre le rattrape quand la Russie lance une vaste offensive militaire en Ukraine.
00:35Pour CodeSource, Rodion raconte comment il vit cette guerre à distance au micro d'Ambro Rosala.
00:50Je rencontre Rodion Krotov à Bourges dans le Cher où habite ses parents et sa petite sœur.
00:56Il est grand, blond et a des yeux bleus.
00:59Depuis le début de la guerre en Ukraine, il fait quasiment tous les jours le tour de plusieurs associations et
01:05entreprises de la ville pour collecter des produits qu'il enverra au peuple ukrainien.
01:09Donc là, il y a des tentes, il y a tout ça et puis...
01:12C'est quoi ? C'est des affaires que les gens ont ramené ?
01:14Ouais, on a fait appel aux dons et ils essaient d'aider comme ils peuvent pour envoyer en Ukraine ou
01:21pour aider les réfugiés qui sont ici.
01:24Il y a quoi ? Couverture.
01:27Couverture, nourriture.
01:27Un peu de tout, ouais.
01:29Après avoir chargé sa voiture de carton et de sac rempli de produits d'hygiène, de nourriture pour bébés ou
01:35encore de vêtements, il m'emmène chez ses parents dans un appartement à Bourges.
01:40C'est tous les jours comme ça.
01:45Nous nous installons dans le salon et il commence par me raconter que c'est très important pour lui d
01:50'aider son pays depuis la France.
01:52On essaie d'envoyer tout ce qu'on peut.
01:54J'essaie de faire de mon mieux, je fais mon maximum parce que je n'ai pas le choix en
01:58fait.
01:59Je ne peux pas faire autrement.
02:00C'est mon pays, je ne peux pas ne pas le faire.
02:04Chaque petit truc, ça peut sauver une ou deux vies.
02:06On ne peut pas laisser notre pays comme ça et que ce soit ici ou là-bas, on va se
02:10battre, on va tout faire pour.
02:13Rodion est né le 23 août 2001 à Donetsk en Ukraine.
02:17Puis il grandit à Mariupol, une ville portuaire dans le sud de la région du Donbass, avec ses parents et
02:23sa petite sœur.
02:24Il me raconte qu'il grandit dans un quartier calme de la ville qui est pourtant l'une des plus
02:29dangereuses d'Ukraine.
02:32À l'époque, quand j'étais petit, Mariupol, c'était l'une des villes les plus criminelles d'Ukraine.
02:38Une fois avec mon amie d'enfance, on a fallu se faire qu'il n'y ait pas réussi un
02:42jour.
02:43Pas loin de chez nous d'ailleurs.
02:44C'est juste deux hommes en mode, allez, venez, on va vous acheter des trucs, nanana.
02:48Heureusement, nos parents nous avaient prévenus.
02:50Nous, en soi, on sortait, pas n'importe ce qu'il se passe autour.
02:54On ne restait jamais à la maison.
02:56Tout ce qui est les maisons abandonnées ou des constructions qui n'ont pas été finies, abandonnées, tout ça.
03:03Mais depuis tout petit, on y est allé.
03:05J'ai l'impression, grâce à mon enfance comme ça, j'ai peur de rien maintenant.
03:09Au printemps 2014, une guerre éclate dans le Donbass.
03:14Des séparatistes pro-russes veulent l'indépendance de la région.
03:17Et des affrontements éclatent dans plusieurs villes.
03:20Alerte renforcée et pas question pour l'instant d'un cessez-le-feu dans la cité industrielle ukrainienne de Mariupol
03:26où de nombreuses explosions ont retenti ces dernières heures autour de la ville.
03:31Les rebelles seraient donc en train d'avancer sur la cité portuaire de 500 000 habitants.
03:35Une nuit, Rodion, qui a 13 ans, entend des bombardements à l'est de Mariupol, à l'opposé du quartier
03:42où il habite.
03:43On entend qu'il y a des bombes qui explosent.
03:46Parce que malgré le fait que c'était à l'opposé de là où on était, c'était tellement fort
03:52qu'on entendait vraiment tout.
03:54C'est en a peur, on ne sait pas quoi faire.
03:56On ne sait pas si ça va arriver jusqu'à chez nous ou pas.
04:00T'es là et t'attends.
04:01T'attends si tu restes en vie ou pas.
04:03Et là, je me dis, il y a quelque chose qui ne va pas, on ne peut pas vivre comme
04:07ça.
04:07Les bombardements continuent les semaines qui suivent et la mère de Rodion veut fuir.
04:11Mais le père de Rodion est patron d'une entreprise de BTP et la famille ne peut pas tout quitter
04:17comme ça.
04:18Puis Rodion me raconte qu'un jour, son père est menacé par des séparatistes pro-russes
04:23qui semblent faire le tour des entreprises de Mariupol pour chercher des financements.
04:29Mon père, un jour, il était au travail dans sa boîte et il y a des gens armés, je crois,
04:34il m'avait dit que c'était 3 ou 4 avec des kalachnikovs.
04:38Et c'était des gens, soit des séparatistes, soit l'armée russe directement.
04:44Ils faisaient le tour des entreprises pour qu'on les finance.
04:47À ce moment-là, mon père, il n'a pas voulu financer.
04:50Et on lui a dit que voilà, il faudra assumer les conséquences si tu ne payes pas.
04:56Dans ce cas-là, on a changé de ville, on est parti plus dans le centre.
05:00Mais on a vu que c'était quand même assez dangereux.
05:03Même quand on est parti vers le centre, il recevait des appels en mode, ouais, t'es passé où, nanana
05:09et tout.
05:11Et ma mère a compris qu'il faut qu'on parte en Ukraine, notre famille ne peut pas être en
05:15sécurité.
05:17Il n'y avait pas le choix en fait, on ne pouvait pas rester là-bas.
05:21Rodion et sa famille se sentent toujours menacés en Ukraine, alors ils quittent le pays au début de l'année
05:252015.
05:26Ils partent en camion avec toutes leurs affaires et arrivent en France.
05:31Ils restent deux mois à Orléans, puis ils s'installent à Bourges, dans le Cher, où ils font une demande
05:36d'asile.
05:37Ils vivent d'abord dans un appartement prêté par une association d'aide aux demandeurs d'asile,
05:42puis ils déménagent dans un foyer.
05:44Avec ses parents et sa petite sœur, ils vivent à quatre, dans une chambre d'une quinzaine de mètres carrés
05:49seulement.
05:50Rodion n'a que 14 ans, et il ne se rend pas bien compte de tout ce qui se passe.
05:5714 ans, je ne m'occupais pas de ça, j'étais là en mode, waouh, je vais en France, je
06:01vais pour la tour Eiffel.
06:03Au début, je ne me rendais pas compte qu'on part ici pour toujours.
06:07Moi, je pensais que c'était des vacances, des trucs comme ça.
06:10Au final, je vois, on reste, on repart pas.
06:13Je ne comprenais pas ce qui se passe.
06:15Je ne comprenais pas, enfin, j'étais là.
06:18Ouais, on vit en France, mais voilà, avant c'était mieux.
06:21Avant, mon père, c'était un entrepreneur.
06:23Là, on est là, on est comme des clochards, mais...
06:26Au début, ça a été dur.
06:28Vraiment, quand on arrivait, qu'il n'y a rien, il n'y a plus de vie, plus d'amis,
06:32on ne sait plus quoi faire.
06:34J'allais à l'école, je ne comprenais pas ce qui se passait, ce qu'ils disaient.
06:39Mais voilà, on se débrouillait.
06:41C'était déjà ça, c'est mieux que rien.
06:43La demande d'asile de Rodion et sa famille est refusée, alors ils en font une nouvelle.
06:48Rodion apprend le français en seulement quelques mois, et il se fait beaucoup d'amis dans son nouveau collège.
06:54Mais il est encore très inquiet pour ses amis et sa famille restés dans le Donbass,
06:57comme sa grand-mère et son oncle, car la guerre continue.
07:01Pour se changer les idées, il s'inscrit au judo, et le sport devient son échappatoire.
07:06Ça me libérait l'esprit, entre la guerre en Ukraine, entre faire les papiers à la préfecture, remplir les impôts,
07:13et voilà.
07:15Mon enfance, il s'est terminé beaucoup trop tôt.
07:18Ça m'aidait à extérioriser un peu de tous mes problèmes, de tout ça, d'oublier tout ce qui se
07:23passe, de me fixer sur le sport.
07:26Rodion et sa famille arrivent petit à petit à se construire une nouvelle vie.
07:30Son père devient bénévole dans une association, et un titre de séjour leur est accordé en 2018.
07:36En 2020, Rodion décroche son bac sans difficulté, et quitte alors sa famille pour s'installer en région parisienne,
07:43où il commence des études de commerce international dans le Val-de-Marne.
07:48A l'automne 2021, ses amis et sa famille, restés en Ukraine, le préviennent que les soldats russes sont de
07:54plus en plus nombreux à la frontière ukrainienne.
07:56Ses proches habitent loin de la frontière, mais Rodion leur demande quand même des nouvelles, et il le rassure.
08:02Il disait non, tout va bien se passer, t'inquiète pas.
08:05Moi je me disais, oui, peut-être si l'attaque, elle va attaquer l'Est, mais pas toute l'Ukraine,
08:09et pas avec des avions, il va pas bombarder des civils.
08:11Il s'attendait peut-être à une attaque, mais pas à une attaque massive de toutes les villes.
08:16Et surtout pas à une attaque des civils.
08:19Il est 20h, bonsoir à tous, édition spéciale ce soir.
08:22A quel point ce 24 février 2022 s'inscrira-t-il dans l'histoire ?
08:27Offensive russe en Ukraine, frappe coordonnée, installation militaire ukrainienne détruite,
08:32en quelques heures des dizaines de morts, cet exode incroyable, massif, belle levée du jour,
08:38direction l'ouest pour des milliers d'Ukrainiens fuyant les bombardements.
08:42Le jeudi 24 février 2022, au petit matin, Vladimir Poutine annonce le début d'une offensive militaire en Ukraine.
08:50Rodion est chez lui, dans sa chambre d'étudiant du Val-de-Marne, et il l'apprend en se réveillant.
08:56Je m'en réveille le matin, je vois que mon téléphone, elle explose deux messages.
09:00Je lis le premier message de mon meilleur pote.
09:03Et là, c'était plus qu'un choc.
09:07Je ne savais pas quoi faire, en fait.
09:09Toute cette situation, ça m'a tellement choqué.
09:19Je ne comprenais pas, je me rends compte que tous mes potes sont là-bas, ma famille sont là-bas.
09:23J'ai commencé à envoyer des messages pour savoir s'ils sont en vie, si tout va bien.
09:28J'envoyais des messages tous les une ou deux heures.
09:32Moi, j'étais sur mon téléphone.
09:33Du matin au soir, je ne dormais limite pas.
09:36Je voulais juste savoir que tous mes proches vont bien, c'est tout.
09:39Tous les proches de Rodion sont sains et saufs,
09:41mais il se dit tout de suite qu'il doit partir en Ukraine pour aller défendre son pays.
09:46J'ai appelé mon meilleur proche, je lui ai dit « S'il te plaît,
09:49si jamais je pars, occupe-toi de ma famille, occupe-toi de ma petite soeur et tout ».
09:53J'étais à deux doigts de prendre ma voiture et y aller avec ma voiture,
09:57et même pas chercher les moyens d'y aller en bus ou quoi.
10:02Mais ensuite, quand mon père m'a appelé, il m'a dit
10:05« Oui, promets-moi que tu vas rester là malgré tout ».
10:08Je lui ai promis que j'allais rester là pour protéger ma mère et ma soeur et pour les aider.
10:15Moi, je suis un homme de parole, donc si je l'ai promis, je le fais.
10:18Et si mon père ne m'aurait pas dit « Oui, promets-moi de rester »,
10:21je suis sûr que je serai parti.
10:24Parce que moi, c'est même pas mon pays qui détruise, c'est mon passé, c'est mon enfance.
10:30C'est ma famille, en fait.
10:33Je peux pas, je peux pas.
10:35C'est pour ça, en fait, ici, j'essaie de faire de mon maximum,
10:38d'envoyer tout ce que je peux, d'aider les gens qui arrivent,
10:40parce que sinon, je m'en voudrais toute ma vie.
10:43Je peux pas rester comme ça, sans rien faire.
10:47Les jours qui suivent, Rodion ne dort plus beaucoup.
10:50Il reste accroché à son téléphone pour prendre des nouvelles de sa grand-mère,
10:55de son oncle et de ses amis.
10:57Il reçoit aussi régulièrement des photos de sa ville, Marie ou Paul,
11:00qu'il me montre sur son téléphone.
11:03Certains quartiers ont été détruits par les bombes.
11:07C'était un gros centre commercial, comme ça.
11:09Là, il s'est bombardé, il n'y aura quasiment plus rien.
11:12C'était l'un des plus gros de l'Ukraine, je crois.
11:16Quand je regarde ça, je me dis, je connais ces endroits-là, en fait.
11:20J'ai été là.
11:21Il y a des morts partout, et c'est des civils.
11:24C'est pas forcément les soldats qui vont s'obattre contre les Russes.
11:30C'est juste des civils qui étaient chez eux et qui voulaient juste vivre, en fait.
11:37Là, j'ai de plus en plus peur pour tous mes amis, toute ma famille.
11:43Moi, je connais des gens qui sont à Kiev, j'ai des amis qui sont à Kiev, j'ai des
11:47amis un peu partout en Ukraine.
11:49Je sais pas si j'ai réussi, je les reverrai.
11:51Quelques jours après le début de l'offensive russe, le père de Rodion lui apprend qu'il s'apprête à
11:56partir en Ukraine pour aller se battre.
11:59Rodion, qui est toujours en région parisienne, saute dans un train pour aller le retrouver à Bourges.
12:05Quand il m'a dit « je pars à la guerre », à ce moment-là, il m'a appelé
12:09le matin, c'était un vendredi matin.
12:11Vendredi après-midi, j'étais ici.
12:14Directement, je pouvais pas, enfin, si mon père, je voulais au moins le revoir.
12:18J'ai essayé de l'arrêter, mais je le comprends aussi.
12:22Il y a sa mère qui est là-bas, il y a son frère qui est là-bas.
12:27C'est le pays où il a passé toute sa vie et moi, à sa place, j'aurais fait pareil.
12:35C'est moi qui l'ai emmené du coup à Paris pour qu'il parte.
12:38Enfin, moi, je le voulais pas, mais lui, il m'a dit « soit tu m'emmènes, soit j'y
12:41vais avec un train ».
12:42Donc, moi, je me suis dit « autant rester un peu plus avec lui ».
12:47Et je me disais, j'ai emmené mon père, moi-même j'ai emmené mon père, pour partir à la
12:54guerre, alors que j'aurais pas dû.
12:57J'aurais dû tout faire pour qu'il reste là.
13:00J'étais en colère aussi, mais j'étais fier de mon père, parce que il n'y a pas beaucoup
13:06de monde qui aurait fait ça.
13:07Au lieu de fuir la guerre, lui, il était déjà là, il avait sa vie, son travail.
13:13Il avait qu'à attendre ce que ça passe, mais lui, il a tout arrêté pour y aller, pour défendre
13:18son pays et sa famille.
13:20J'étais trop fier de lui, mais j'avais beaucoup trop peur.
13:24J'avais trop peur de pas le revoir.
13:27J'ai toujours peur.
13:50Ambre, aujourd'hui, est-ce que Rodion a des nouvelles de son père ?
13:53Alors, il en a eu au moment où son père est arrivé en Ukraine, et les jours qui ont suivi,
13:58il s'envoyait des messages.
13:59Mais là, il m'a dit que ça faisait quelques jours, 4-5 jours à peu près, qu'il n
14:02'avait plus du tout de nouvelles de son père.
14:04Il répond plus à ces messages, mais Rodion m'a dit qu'il gardait espoir.
14:08Il sait qu'il y a de gros problèmes de réseau là où se trouve son père, et donc il
14:13pense qu'il ne peut pas lui répondre à cause de ça, mais qu'il est en sécurité.
14:16Comment est-ce que sa soeur et sa mère vivent cette situation ?
14:19Elles le vivent comme Rodion.
14:21Elles sont très inquiètes pour le père de Rodion, pour leur famille restée en Ukraine, et pour leur pays de
14:26manière générale.
14:27Mais quand je les ai rencontrées, j'ai quand même eu l'impression qu'elles restaient très fortes face à
14:31cette situation,
14:32et qu'elles gardaient, elles aussi, espoir pour la suite.
14:35Comme on l'entendait au début du reportage, Rodion passe ses journées à collecter des vivres pour les envoyer en
14:40Ukraine.
14:41Concrètement, comment est-ce qu'il fait ?
14:43Alors en fait, il récolte de nombreux produits un peu partout dans la ville de Bourges,
14:47qui sont donnés par des associations comme Emmaüs ou la Banque Alimentaire par exemple, mais aussi par des particuliers.
14:53Il les regroupe, il les trie, et ensuite, lui-même, il va en camion les apporter à Paris,
14:59à des associations qui vont soit les distribuer à des familles réfugiées ukrainiennes qui arrivent en France,
15:06soit qui vont les envoyer en Ukraine pour les soldats et les civils restés là-bas.
15:11Et en fait, Rodion m'a expliqué qu'il faisait ça tous les jours depuis le début de la guerre,
15:15à récolter des produits, les trier et les envoyer à Paris.
15:18Et donc, est-ce qu'il continue ses études à Paris ?
15:21Alors non, en fait, ce qu'il m'a expliqué, c'est qu'il avait passé un accord avec son
15:24université,
15:25qui l'autorise à rater les cours en ce moment.
15:27Et en fait, là, il attend de voir comment évolue la situation pour retourner en région parisienne et reprendre les
15:33cours.
15:33Mais pour l'instant, il n'a ni l'énergie ni la force de se concentrer sur autre chose que
15:38ce qui est en train de se passer dans son pays.
15:41Merci, Ambro Rosala.
15:44Cet épisode a été produit par Sarah Amny, réalisation Julien Moncoucciol.
15:49Codesource, c'est le podcast d'actualité du Parisien, disponible sur toutes les plateformes d'écoute.
15:54Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
15:57Pour ne rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
16:01Et puis, si vous aimez Codesource et que vous voulez nous le dire ou nous laisser un commentaire,
16:06n'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr.
16:10Sous-titrage Société Radio-Canada

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