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Nos deux envoyés spéciaux revenus d’Ukraine, Timothée Boutry et Philippe de Poulpiquet, racontent ce qu’ils ont vu de ce conflit qui s’aggrave et tue des centaines de civils. Récit.

Dans ce podcast : D'après l'Organisation des Nations Unies depuis le début de l'invasion russe en
Ukraine le 24 février plus de 7 120 civils ont été tués dont une cinquantaine d'enfants et plus de 1200 ont été blessés. Ce décompte au 15 mars est probablement sous-évalué, toujours selon l'ONU. Deux envoyés spéciaux du Parisien sont rentrés d'Ukraine le dimanche 13 mars, Timothée Boutry et Philippe de Poulpiquet dans Code source aujourd'hui ils prennent le temps de nous raconter ce qu'ils ont vu en Ukraine.
Timothée Boutry le jeudi 3 mars à Lviv vous prenez un train pour rejoindre la capitale Kiev train dans lequel se trouvent des hommes qui partent se battre à Kiev vous allez donc retrouver Philippe de Poulpiquet. J'arrive à Kiev dans des circonstances très particulières puisque le train arrive après 20 heures et 20 heures c'est l'heure du couvre-feu donc heureusement Philippe notre fixeur avaient au préalable été chercher un laissez-passer qui me permettait de circuler…

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/kiev-mykolaiv-avec-nos-reporters-au-coeur-de-la-resistance-ukrainienne-17-03-2022-FPCMYPIVJNHQBBMOKGQQAJOYGE.php

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archive : Euronews.

#ukraine #résistance #russie

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12D'après l'Organisation des Nations Unies, depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février,
00:18plus de 720 civils ont été tués, dont une cinquantaine d'enfants, et plus de 1200 ont été blessés.
00:25Ce décompte au 15 mars est probablement sous-évalué, toujours selon l'ONU.
00:31Deux envoyés spéciaux du Parisien sont rentrés d'Ukraine le dimanche 13 mars, Timothée Boutry et Philippe de Poulpiquet.
00:37Dans Codesources, aujourd'hui, ils prennent le temps de nous raconter ce qu'ils ont vu en Ukraine,
00:42ce que les Ukrainiens leur ont dit et comment ils ont pu travailler sur place.
00:58Timothée Boutry, Philippe de Poulpiquet, vous allez nous raconter votre reportage en Ukraine,
01:02et comme on l'a fait le 8 mars avec Christelle Brigodeau, elle aussi de retour d'Ukraine,
01:06on va d'abord vous présenter brièvement.
01:08Timothée, vous avez 43 ans, vous êtes au service Police-Justice du Parisien depuis 18 ans,
01:13mais vous allez régulièrement à l'étranger pour couvrir des événements majeurs.
01:17Oui, tout à fait. Dans le cadre de ce service, on couvre les catastrophes naturelles, les attentats,
01:22mais j'ai également couvert différents conflits, que ce soit au Liban en 2006, en Géorgie en 2008,
01:28en Libye, les printemps arabes ou la guerre au Mali, par exemple.
01:31Philippe de Poulpiquet, vous êtes photojournaliste au Parisien, vous avez 49 ans,
01:36et vous avez couvert plusieurs pays en guerre, Afghanistan, Irak, Libye, Mali ou encore la Centrafrique.
01:42Est-ce que vous pouvez nous raconter une situation dangereuse que vous avez vécue ?
01:46Ce qui me revient en tête, c'est en Libye notamment, au moment de la chute de Tripoli,
01:51où on était sur un carrefour avec des rebelles libyens qui chassaient les troupes de Kadhafi,
01:57et un des rebelles tire sur un portrait de Kadhafi à ce moment-là.
02:01Je fais une photo, et là le groupe est pris à partie par un sniper
02:05qui visiblement est posté sur une des avenues qui mène à ce carrefour.
02:09Donc on se couche par terre, les soldats qui sont là crient à la Ouagbar.
02:14J'entends là, pour le coup, on entend, c'est vraiment un son particulier,
02:18les balles qui sifflent et ses impacts sur le sable qui sont assez proches.
02:23J'attends un petit peu que ça se passe, et je rejoins en courant un confrère
02:28qui s'est caché, lui, derrière un bloc de béton.
02:31Et on arrive à s'extirper de cette situation en repartant dans un pick-up.
02:36Dans ce genre de cas, on se dit tout simplement qu'on a été trop proches
02:39et qu'on a peut-être fait une erreur.
02:42Quand Vladimir Poutine lance l'offensive sur l'Ukraine dans la nuit du jeudi 24 février,
02:47Philippe de Poulpiquet, vous, vous êtes déjà sur place dans l'est du pays,
02:50dans la région du Donbass, avec Christelle Brigodeau à ce moment-là.
02:54Timothée Boutry, vous, vous partez en Pologne le lendemain, le vendredi 25,
02:58et sur place dans la ville frontière de Korsova,
03:01vous voyez des femmes, des enfants qui sont obligés de fuir leur pays.
03:04Oui, c'est le début de l'exode des Ukrainiens qui fuient la guerre, évidemment.
03:08Et là, c'est un poste frontière automobile, si je puis dire.
03:11C'est une grande route, c'est au bout d'une autoroute.
03:13Et là, je vois des gens qui ont porté tout ce qu'ils pouvaient.
03:16Ils ont mis trois valises, des femmes, des enfants.
03:18Les hommes ne peuvent pas quitter le pays parce qu'ils doivent rester pour combattre.
03:22Et donc voilà, c'est vraiment le fracas de la guerre et ce chaos
03:24et cette vie qui change en 24 heures.
03:26Vous rencontrez aussi des hommes qui, eux, font le chemin inverse,
03:28parce qu'ils veulent rentrer dans leur pays pour le défendre.
03:32Oui, j'étais à Premchil, qui est la grande ville près de la frontière en Pologne.
03:36Et effectivement, il y avait des Ukrainiens qui ont été surpris par la guerre
03:39alors qu'ils étaient soit en déplacement professionnel, soit tout simplement en vacances
03:42et qui ont envie de revenir.
03:43Alors, des hommes pour combattre, me disent-ils,
03:46ou des gens tout simplement, des familles pour dire
03:48nos enfants, souvent grands, étaient restés sur place
03:50parce que nous, on s'était déplacés.
03:51Ils sont avec des amis ou avec les grands-parents
03:54et on veut retrouver notre famille.
03:55On a été surpris par ce conflit à ce moment-là.
03:57Timothée Bautry, vous essayez d'entrer en Ukraine,
03:59mais visiblement, ce n'est pas possible par le train, c'est ça ?
04:02De Premchil en Pologne, là, où vraiment une grosse solidarité qui s'est mise en place,
04:07il y a un train qui partait pour le vivre, la grande ville de l'ouest ukrainien.
04:10Le train est parti, mais sans passager, finalement,
04:12parce qu'il a été rempli d'annes humanitaires.
04:14Du coup, je suis resté une soirée de plus en Pologne
04:16et le lendemain, avec des confrères photographes étrangers
04:20que j'avais rencontrés sur place,
04:21on est passé tout simplement en stop.
04:23On s'est mis au poste aux frontières de Medica, côté polonais.
04:26Là, on a été pris par une camionnette conduite par un hispano-ukrainien
04:29et il nous a embarqués, on a pu passer la frontière comme ça
04:32et il nous a déposés à quelques kilomètres de Lviv.
04:34Et à Lviv, la grande ville de l'ouest de l'Ukraine,
04:36la situation est calme,
04:37mais vous racontez dans Le Parisien comment les hommes et les femmes se mobilisent.
04:41Le premier reportage que je vais faire,
04:43c'est dans la bibliothèque de la ville, de Lviv,
04:46dans le quartier historique,
04:47et à l'intérieur, des étudiants, des étudiantes
04:50confectionnent des filets de camouflage.
04:51Vous savez, c'est ce qu'on met sur les chars
04:53pour les masquer des avions.
04:55Et donc, on est sur une confection totalement artisanale.
04:57Il y a des habits qui sont déchirés
04:59et puis, ces jeunes hommes, ces jeunes femmes
05:01les cousent sur les filets.
05:03Et à un moment donné, il y a un jeune homme
05:05qui s'installe au piano.
05:06Lui vient de Kiev, en fait, c'est un pianiste professionnel.
05:08Il commence à jouer l'hymne ukrainien
05:10et là, tout le monde s'arrête et tout le monde se met
05:12à chanter l'hymne ukrainien.
05:15Et à la fin de l'hymne,
05:17tout le monde se met à crier
05:18« Gloire à l'Ukraine, l'Ukraine vaincra ».
05:20C'est un cri de ralliement
05:21et de cette société qui veut défendre son pays.
05:36Timothée Boutry, le jeudi 3 mars,
05:38à Lviv, vous prenez un train
05:39pour rejoindre la capitale,
05:41Kiev, train dans lequel se trouvent des hommes
05:43qui partent se battre.
05:44À Kiev, vous allez donc retrouver
05:46Philippe de Poulpiquet.
05:48Philippe, dans le code source
05:49où Christelle Brigodeau a raconté son reportage
05:52pour le Parisien en Ukraine,
05:53on précise que quand elle rentre
05:55pour être relevée par Timothée,
05:57vous, vous décidez de rester dans Kiev.
06:00Pourquoi ?
06:00À ce moment-là, on sent,
06:02comme depuis le début,
06:04que Kiev peut être pris d'un moment à l'autre.
06:06Et je prends la décision,
06:08en concertation bien sûr
06:10avec la rédaction du Parisien,
06:11de rester à Kiev pour être présent
06:14et pour couvrir éventuellement
06:16l'arrivée des Russes dans Kiev
06:18en attendant Timothée.
06:20À Kiev, vous retrouvez Philippe de Poulpiquet
06:22et un Ukrainien, un fixeur,
06:24fixeur qui aide pour beaucoup de choses.
06:26Il sert de chauffeur, traducteur,
06:28assistant et guide.
06:29Timothée, qu'est-ce qui vous frappe
06:31en arrivant dans la capitale ukrainienne ?
06:33Moi, j'arrive à Kiev
06:33dans des circonstances très particulières
06:35puisque le train arrive après 20h.
06:3720h, c'est l'heure du couvre-feu.
06:39Donc heureusement, Philippe et notre fixeur
06:42avaient au préalable été chercher
06:44un laissé-passer qui nous permettait de circuler.
06:47Donc là, je sors, il fait nuit,
06:49c'est de l'obscurité,
06:50en plus, il n'y a pas de lumière.
06:51Et juste à côté, la veille,
06:53il y a un obus qui est tombé
06:55tout près de la gare.
06:56Donc tout de suite, on est dans l'ambiance.
06:58Et donc, on circule dans ces larges allées
07:00totalement vides.
07:01Elles ne sont déjà pas très remplies la journée,
07:03mais alors la nuit, il n'y a vraiment personne.
07:05On traverse la place Maïdan
07:06où il y a des checkpoints,
07:07un contrôle très strict à cet endroit-là.
07:10C'est une ambiance surréaliste,
07:11très inquiétante.
07:12Et je n'en avais pas beaucoup de doutes,
07:14mais je suis vraiment dans la capitale
07:16d'un pays en guerre.
07:19Le vendredi 4 mars,
07:20vous faites un reportage
07:21dans une maternité de Kiev.
07:23Dans cette maternité,
07:24parmi les nouveaux-nés,
07:24il y a un tout petit bébé,
07:26une petite fille
07:27d'à peine un kilo et demi.
07:29Alors cette petite fille,
07:29elle est née avant la guerre, en fait.
07:31Elle est née très grande, prématurée,
07:32donc elle est en couveuse.
07:34Sauf que ce que nous explique
07:36le chef du service de réanimation néonatale,
07:38c'est qu'ils ont dû déplacer
07:41leur service au rez-de-chaussée
07:42pour des raisons de sécurité
07:43et que les branchements
07:45ne sont pas adaptés,
07:46que la salle n'est pas adaptée.
07:47Ce sont des branchements
07:48qui datent de l'époque soviétique
07:49et il me dit qu'on a dû faire
07:50un bidouillage
07:51pour l'approvisionnement en oxygène,
07:53enfin voilà, système D,
07:54puisque évidemment,
07:56désormais, tout se fait
07:57à l'aune du conflit
07:57et des mesures de sécurité.
07:59Philippe de Poulpiquet,
08:00vous photographiez justement
08:02les sous-sols
08:03où chaque nuit,
08:04pour des raisons de sécurité,
08:05les mères et les bébés
08:06sont mis à l'abri.
08:07A quoi ça ressemble ?
08:08C'est un sous-sol
08:09avec des placards
08:11très peu éclairés
08:12qui n'est pas du tout adapté
08:14à recevoir des jeunes mamans
08:15et des nouveau-nés.
08:16Là, je découvre
08:17dans des couloirs
08:18des mères qui sont seules,
08:21d'autres accompagnées
08:21de leur mari,
08:22donc du père,
08:23mais beaucoup sont seules.
08:25Une d'entre elles, d'ailleurs,
08:27était en larmes
08:27en nous racontant
08:28que son mari était
08:29dans la ville de Irpine
08:31qui était bombardée
08:32à ce moment-là
08:33et qu'elle était
08:33avec sa fille aînée
08:34qu'elle n'avait pas de nouvelles
08:36et elle venait d'accoucher
08:37et c'est des moments
08:38assez terribles
08:39et bouleversants.
08:44Le même jour,
08:44vous allez aussi voir
08:46ce qui se passe
08:46justement à Irpine,
08:48une ville de 60 000 habitants
08:49dans la banlieue
08:50ouest de Kiev.
08:52D'abord,
08:52Timothée Boutry,
08:53le pont qui mène
08:54à cette ville
08:54a été détruit
08:55par les Ukrainiens
08:56dès le début de la guerre.
08:57Oui, c'est une mesure tactique
08:58qui vise à se prémunir
09:00d'une avancée trop rapide
09:01des blindés russes
09:01donc c'est assez classique
09:03dans un conflit,
09:04on détruit soi-même
09:04les ponts
09:05et les voies de circulation
09:06vers la capitale.
09:07Et sous ce pont,
09:08ce pont éventré,
09:10au milieu du cours d'eau,
09:11il y a des planches
09:12qui ont été mises
09:12et là,
09:13c'est un flot ininterrompu
09:15de femmes,
09:16d'enfants,
09:17de personnes âgées
09:18qui fuient les combats,
09:20les bombardements
09:20et qui nous décrivent
09:21une situation très difficile
09:23avec cette peur des bombardements
09:25et une raréfaction des vivres
09:27sachant que dans l'autre sens,
09:27parce qu'il y a encore
09:28des gens qui restent dans la ville,
09:29il y a encore aussi
09:30cette solidarité
09:31qui s'organise
09:31avec des vivres,
09:33des couches
09:33qui passent vers la ville d'Yerpine.
09:35De l'autre côté du pont,
09:37on voit des voitures
09:38qui font des allers-retours,
09:39on appelle ça
09:40les go-fasts du coup,
09:41qui roulent extrêmement vite
09:43pour éviter d'être bombardés
09:45ou d'être pris à partie
09:47par des éventuels snipers
09:49qui peuvent être là
09:50sur la route.
09:51C'est des voitures
09:51qui partent bénévolement
09:53chercher les réfugiés
09:54qui souhaitent partir.
09:55Ils foncent jusqu'au pont
09:57où là,
09:58des gens de la Croix-Rouge,
09:59des sauveteurs
10:00de la sécurité civile ukrainienne
10:02prennent en charge
10:03comme ils peuvent
10:03ce flot de réfugiés.
10:12Plus ou moins loin,
10:13on entend
10:13et on voit
10:14des colonnes de fumée
10:15et donc des bombardements
10:17qui partent
10:18et qui arrivent.
10:18On décide de ne pas
10:20aller trop loin
10:21dans cette ville
10:21pour trouver d'autres angles
10:23qui permettent
10:23de raconter des histoires
10:25autres que sur vraiment
10:26être dans le front
10:27et dans ces dangers-là.
10:28Concrètement,
10:29tous les deux,
10:29comment est-ce que vous êtes équipés ?
10:30On est très léger,
10:32on se déplace assez léger.
10:33Moi, j'ai mon appareil photo,
10:34on a des gilets pare-balles,
10:37on a un casque.
10:38Quand on est dans des endroits
10:39un petit peu plus sensibles,
10:41proches du front
10:41où on entend les bombardements,
10:43on les a en permanence.
10:46Le samedi 5 mars,
10:47vous êtes dans un autre
10:48faubourg de Kiev
10:49à Obolone,
10:50dans un quartier populaire.
10:52Et Timothée Boutry,
10:52vous racontez
10:53comment un immeuble
10:54vit avec la guerre.
10:56Moi, je voulais raconter
10:57le quotidien
10:57de ces habitants de Kiev
10:59qui ne sont pas
11:00ceux de la défense territoriale
11:01ou qui ne sont pas
11:02ceux qui ont fui,
11:03c'est ceux qui restent,
11:04qui vivent
11:04avec ce bruit permanent
11:06des bombardements.
11:07On rencontre Liouba
11:08qui nous raconte
11:09que tous les soirs,
11:09elle a peur de mourir.
11:10Elle se demande
11:11si elle va se réveiller en vie
11:12parce que c'est la nuit
11:13que c'est le plus oppressant,
11:15qu'il y a le plus de bombardements.
11:16Elle laisse sa radio allumer
11:17toute la nuit.
11:17C'est une espèce de présence
11:18qui la rassure.
11:19Il y a vraiment
11:20tout le quotidien
11:21qui est changé
11:21et tout est vécu
11:22au prisme de ce conflit.
11:23Le 6 mars,
11:24vous assistez à une messe orthodoxe
11:26dans une église de Kiev,
11:27l'église Saint-Michel.
11:28La majorité des Ukrainiens
11:29sont chrétiens orthodoxes,
11:31mais ils en veulent
11:32actuellement au chef
11:33de leur religion
11:34qui est un proche de Poutine.
11:35Expliquez-nous ça.
11:36Dans l'église orthodoxe,
11:37il y a deux branches,
11:38je peux dire,
11:38il y a le patriarcat
11:40de Constantinople
11:41et le patriarcat de Moscou.
11:42Au niveau du patriarcat de Moscou,
11:44il y a un vrai dilemme
11:44parce que le patriarche,
11:45Kyril,
11:46est un russe
11:46qui est très très proche
11:47de Vladimir Poutine.
11:48Et là,
11:49on voit des fidèles
11:50qui sont très critiques
11:51envers Kyril,
11:51qui disent
11:52mais son silence,
11:52parce qu'il ne s'est pas exprimé,
11:53son silence est impossible,
11:54il doit prendre parti,
11:55il doit dénoncer
11:56cette agression russe.
11:58Voilà,
11:58donc en fait,
11:59il y a un tiraillement
11:59de ses fidèles
12:00et quand même,
12:01au sein du monde orthodoxe,
12:02on peut voir
12:03qu'il y a une colère
12:04qui commence à monter
12:05contre le patriarche de Moscou.
12:06La même journée,
12:07vous rencontrez un homme
12:08à la fois ukrainien
12:09et américain,
12:10ukrainien d'origine,
12:11il vit aux Etats-Unis,
12:12dans l'état de Caroline du Nord,
12:14il a 60 ans,
12:15il s'appelle Sergeï,
12:16il est revenu en Ukraine
12:17pour se battre,
12:18racontez-nous son histoire
12:18en quelques mots.
12:19Alors lui,
12:20il est né en Ukraine,
12:22en Ukraine soviétique,
12:23il a été membre
12:24de l'armée rouge,
12:24donc l'armée soviétique,
12:27puis,
12:27peu avant la chute
12:28de l'URSS,
12:29il a décidé
12:30de fuir le pays,
12:31de demander l'asile politique
12:32qu'il a obtenu aux Etats-Unis,
12:33donc il a eu sa vie aux Etats-Unis,
12:34il a fait des business,
12:35il est parti avec son épouse,
12:37ils ont eu des enfants sur place,
12:38des petits-enfants,
12:38et il dit,
12:39quand j'ai vu ce conflit,
12:40je me suis dit,
12:41mais l'Ukraine,
12:42c'est ma patrie,
12:42c'est mon lieu de naissance,
12:43je dois revenir,
12:44et donc il a fait le trajet,
12:46il a emmené son gilet,
12:48ses équipements tactiques,
12:49il dit,
12:50ma femme m'a demandé,
12:51mais pourquoi tu prends ça ?
12:52Parce qu'il lui avait dit
12:53qu'il faisait de l'humanitaire,
12:54évidemment,
12:54elle n'est pas dupe
12:55de ce qu'il est parti faire,
12:56et il a été intégré
12:57à la défense territoriale,
12:58et il nous explique
12:59qui coordonne un petit groupe
13:01qui mette des actions
13:02sur le terrain.
13:03Le lendemain,
13:04le 7 mars,
13:05Timothée Boutry,
13:06vous apprenez
13:07qu'un tir de mortier
13:08a décimé une famille
13:10à la sortie d'Irpine,
13:11devant une église
13:12et une statue
13:13à la mémoire des victimes
13:14de la Seconde Guerre mondiale,
13:15un endroit
13:16où vous étiez
13:17tous les deux,
13:18précisément,
13:19l'avant-veille.
13:20En fait,
13:20il y a un obus de mortier
13:21qui est tombé,
13:22vraiment pile à cet endroit-là,
13:23qui a tué 9 personnes,
13:24dont 2 enfants,
13:25il y avait des journalistes
13:27qui étaient présents
13:27à ce moment-là,
13:27qui ont saisi cette scène,
13:29il y a une photo
13:30qui a fait la une
13:31de la presse américaine
13:32avec les corps
13:33de ces jeunes victimes.
13:34Voilà,
13:34c'est vrai que
13:36quand on y était,
13:37on pouvait sentir en sécurité,
13:38c'est un bien grand mot,
13:39mais on entendait évidemment
13:41le fracas de l'artillerie,
13:42mais on se disait
13:43que de ce côté-là,
13:44bon,
13:44il y avait vraiment
13:45une fuite de civils.
13:46Enfin,
13:46on est totalement
13:47sur une cible civile,
13:48en fait,
13:48on est vraiment
13:49sur un espèce de corridor
13:50par lequel passent
13:51tous les affugés
13:52qui fuient Boucha,
13:53Irpine,
13:53et là,
13:54vraiment,
13:55on se dit surtout
13:56que c'est assez terrible
13:58qu'un obus soit tombé
14:00à cet endroit-là
14:00parce que mécaniquement,
14:02il devait tuer des civils
14:03et c'est ce qui s'est produit.
14:04Après ce bombardement meurtrier,
14:06vous décidez de revenir sur place
14:08au niveau de ce pont
14:09détruit à Irpine
14:10et vous assistez
14:11à l'évacuation
14:12de dizaines de personnes âgées
14:14qui vivaient encore
14:15dans la ville.
14:16Je vois tout de suite
14:17qu'il y a beaucoup plus de monde
14:19qui a un flux
14:19vraiment ininterrompu
14:21et là,
14:22ce qui est frappant,
14:23c'est qu'en effet,
14:23ce sont des vieillards,
14:25des vieilles dames
14:26qui sont portées
14:27à bout de bras,
14:28des chaises roulantes.
14:30Ce n'est plus une évacuation
14:31d'enfants et de femmes,
14:32c'est que des vieillards
14:33qui sont aidés
14:35par la sécurité civile.
14:37Donc,
14:37faire ces photographies,
14:40on essaye de le faire
14:41avec le plus
14:42de discrétion possible,
14:44de pudeur.
14:45Sur la fin,
14:45on arrête de faire des photos
14:48et à un moment donné,
14:49on voit un vieil homme
14:50donc moi,
14:51je m'arrête de faire des photos
14:52et évidemment,
14:53on l'aide à porter ses bagages,
14:55on l'aide à traverser
14:56cette rivière
14:57avec Timothée.
14:58On le laisse
14:59de l'autre côté du pont,
15:00il nous dit
15:00qu'il va attendre sa fille,
15:03il ne sait pas où elle est
15:03et très modestement,
15:05on essaye d'aider
15:05ces gens qui fuient Irpine.
15:07Les soldats russes
15:08intensifient leurs attaques
15:10contre les civils en Ukraine.
15:11A Irpine,
15:12dans la banlieue de Kiev,
15:14des Ukrainiens tentent
15:14d'atteindre à pied
15:15sous un barrage d'artillerie
15:17les bus qui vont
15:18les évacuer
15:18vers la capitale.
15:22Le jeudi 10 mars,
15:23vous descendez
15:24dans le sud du pays
15:24en voiture
15:25à Mykolaiv,
15:26une ville considérée
15:27comme stratégique
15:28car elle mène
15:29à un port important,
15:30Odessa,
15:31l'un des plus grands ports
15:32de la mer Noire.
15:34Timothée Boutry,
15:34Mykolaiv est durement
15:36touché par les bombardements
15:37russes.
15:37Oui,
15:38c'est une ville
15:39pour le coup stratégique
15:40puisque c'est à 130 kilomètres
15:41à l'est d'Odessa,
15:43donc quasiment
15:44au bord de la mer Noire.
15:45Et c'est vraiment
15:46le verrou d'Odessa.
15:48C'est-à-dire que si
15:49Mykolaiv est prise,
15:51alors vraiment
15:51l'armée russe,
15:53les mindés
15:53peuvent déferler
15:54vers Odessa
15:55qui est le poumon
15:56économique de l'Ukraine.
15:58Et là,
15:58il y a d'intenses bombardements,
16:00des civils
16:00qui sont pris pour cible.
16:02Et là,
16:02vraiment,
16:03quand on est à Mykolaiv,
16:03on entend
16:04le bruit de l'artillerie
16:05vraiment très fort.
16:06On sait que les combats
16:06ne sont pas très loin.
16:07le gouverneur de la ville
16:08nous dit
16:09qu'ils sont à 10 kilomètres
16:10ou 20 kilomètres.
16:11Les forces russes
16:12sont très proches.
16:13Vous vous rendez
16:13dans un quartier pavillonnaire
16:14de Mykolaiv
16:15où les maisons
16:16ont été détruites
16:18par les bombardements.
16:19Philippe de Poulpiquet,
16:20vous prenez des photos
16:21à l'intérieur
16:22de l'une de ces maisons
16:23éventrées.
16:24Je rentre dans le jardin
16:26de cette maison
16:26et là,
16:27je passe une fenêtre
16:28complètement ouverte
16:29et de l'autre côté,
16:31s'ouvre ce paysage
16:33complètement dévasté
16:34de ce quartier
16:35et je fais cette photo.
16:36Sur une des tables de nuit,
16:38il y a un portrait
16:39de jeunes mariés.
16:40Il y a des tableaux,
16:41un lustre
16:42qui est toujours en place
16:43et tout autour
16:45est totalement dévasté
16:46à part aussi
16:47quelques plantes vertes
16:48qui sont là,
16:49intactes également.
16:50Et c'était un paysage,
16:52une vision
16:53vraiment de cataclysme
16:55et de destruction
16:56totale de ce quartier.
16:58Timothée,
16:58un homme,
16:59un certain Vitaly,
17:0044 ans,
17:01vous raconte comment
17:02quelques jours plus tôt,
17:02le lundi,
17:03il a cru mourir
17:04avec sa femme
17:04et avec sa fille
17:05de 6 ans ?
17:06Oui, il raconte
17:06qu'il y a eu ce RAID,
17:09donc ces projectiles
17:09qui sont tombés
17:10sur le quartier.
17:11En fait,
17:11avec sa femme
17:12et leur fille,
17:13ils ont réussi
17:14à se réfugier
17:15dans l'abri
17:16qui est situé
17:17dans le garage.
17:17En fait,
17:18cet abri,
17:18c'est une trappe,
17:19il y a une petite trappe
17:20et il y a un trou circulaire,
17:21un trou profond
17:22et au fond duquel,
17:23ils ont mis
17:24deux matelas,
17:25une peluche
17:25pour leur fille
17:26et il dit
17:27voilà,
17:27à 10 secondes près,
17:27on était morts
17:28puis il y a une seconde frappe
17:29et il dit
17:29ben là,
17:29à 5 secondes près,
17:30on était morts
17:31et après,
17:31ils ont fui en courant
17:32vers la forêt
17:33puisque c'est un quartier
17:34périphérique de Micolaïf
17:35et ils ont essayé
17:36se réfugier dans la forêt
17:37et lui,
17:38là,
17:38Vitaly,
17:38il était revenu
17:39pour la première fois
17:39chez lui
17:40pour un peu constater
17:41des dégâts
17:41et c'est vrai
17:42que devant chez lui,
17:43il y a un cratère
17:44que la maison de son voisin
17:45est totalement détruite
17:46face à d'arrachés,
17:48toi,
17:49déglingués.
17:49On voit qu'il y a déjà
17:50des gens qui sont à pied d'oeuvre
17:52pour essayer de réparer
17:52le système électrique
17:53et lui,
17:54il nous dit
17:54je reconstruirai ma maison,
17:56je ne veux pas partir.
17:57Voilà,
17:57c'est un discours
17:58qu'on entend beaucoup,
17:59beaucoup chez les victimes
18:00de ce conflit.
18:01Après ce reportage,
18:02l'armée ukrainienne
18:02vous propose
18:03avec d'autres journalistes
18:04d'aller visiter
18:05l'aéroport de la ville
18:06que les Ukrainiens
18:07viennent de reprendre aux Russes.
18:09Oui,
18:09évidemment,
18:10un aéroport,
18:11c'est stratégique.
18:11Il y a eu des combats
18:15les Russes l'ont pris,
18:17les Ukrainiens l'ont repris.
18:18On voit sur la route,
18:19il y a des traces
18:19de passage de blindés.
18:21On voit aussi
18:22un impact d'obus.
18:24Et là,
18:25les Ukrainiens
18:25nous emmènent en convoi.
18:27Il y a des militaires
18:28qui sont sur place,
18:29d'autres qui arrivent
18:30et ils sont effectivement
18:30osagués
18:31parce que les troupes russes
18:32sont vraiment très proches.
18:34Là,
18:34on voit des gens
18:35avec des jumelles
18:36ou en position de tir,
18:37ce qu'on ne voit pas
18:38vraiment à l'intérieur
18:38de la ville.
18:39Là,
18:39on est vraiment
18:41quasiment sur le front
18:42de ce conflit.
18:43Et vous vous dites
18:44que c'est dangereux ?
18:45On se dit que potentiellement,
18:47on peut être une cible
18:48parce qu'on est très repérable.
18:50Il y a des militaires.
18:51Même si on indique
18:54sur nos véhicules
18:55qu'on est membre de la presse,
18:58malheureusement,
18:58l'histoire prouve
18:59que ce n'est pas toujours
19:00un excellent bouclier.
19:01Philippe,
19:02à un moment,
19:02vous voyez quelque chose
19:03de suspect par terre.
19:04Je vois un espèce de fil
19:07qui pourrait ressembler
19:10à un piège,
19:11en fait,
19:11comme moi,
19:12je l'ai appris.
19:13Et sur ce genre de terrain,
19:15et on découvre
19:17des restes de combat,
19:18des douilles.
19:19On se dit que l'aéroport
19:21peut être miné,
19:23peut être piégé.
19:24Donc,
19:24ce fil,
19:25effectivement,
19:26je dis,
19:27attention,
19:27il y a ce fil,
19:28marchez au-dessus.
19:30Et voilà,
19:31je ne saurais jamais
19:32si c'était un piège ou pas.
19:34Mais on est concentré
19:35sur ce qui peut arriver
19:36et sur ce genre de choses.
19:38Effectivement,
19:39ça,
19:39ça peut arriver.
19:39que ce soit piégé
19:41et que ce fil
19:42en tire dessus
19:43et qu'au bout,
19:43il y a une explosion
19:45et qu'il y a des morts.
19:46Et d'ailleurs,
19:46on ne va pas s'éterniser.
19:47Tout le monde est conscient
19:48que c'est une zone
19:49qui est assez dangereuse
19:49et au bout de dix minutes,
19:52le combat repart.
19:53Et oui,
19:53c'est vrai que j'étais un peu soulagé
19:54quand on est reparti
19:55vers Mycolaïve.
19:56D'une manière générale,
19:57on ne s'éternise jamais.
19:59L'idée,
20:00c'est quand même
20:00de faire les reportages,
20:01d'être efficace
20:02et de ne pas s'éterniser.
20:06Timothée Boutry,
20:07Philippe de Poulpiquet,
20:08pendant ces journées-là,
20:09vous dormez à Odessa,
20:11dans le port d'Odessa,
20:12sur les rives de la mer Noire.
20:13Et cette ville,
20:14connue pour être
20:14une ville de culture,
20:15d'art,
20:16d'histoire,
20:17se prépare à se battre.
20:18Oui,
20:19c'est vraiment
20:20une atmosphère assez curieuse.
20:22Odessa,
20:22une atmosphère un peu étrange
20:24bizarre,
20:25craintive.
20:26Les Russes ne sont pas très loin,
20:27mais ne sont pas encore là.
20:29On sait que ça va forcément arriver,
20:31qu'il y aura une bataille d'Odessa,
20:32probablement.
20:33Et donc,
20:33la ville se barricade,
20:34se bunkerise,
20:35vraiment le centre historique
20:36de cette très belle ville d'Odessa
20:38est totalement inaccessible.
20:39On n'a pas accès à l'opéra,
20:41on n'a pas accès
20:42aux fameux escaliers Potemkin.
20:45Et il y a cette ambiance
20:47vraiment de tension.
20:49On sait que ça va arriver,
20:50on continue à vivre,
20:51il y a de la circulation,
20:52il y a des magasins,
20:53on fait les courses.
20:54Mais on sait qu'il va se passer
20:55quelque chose.
20:56Philippe de Poulpiquet,
20:57d'un mot,
20:58régulièrement pendant ce reportage,
20:59vous avez entendu
21:00les sirènes
21:01qui préviennent
21:02d'éventuels bombardements.
21:03Là, c'est à Odessa,
21:04je suis dans ma chambre d'hôtel,
21:05je vois qu'il y a des contrôles
21:06dans la rue
21:07alors que c'est le couvre-feu
21:08de militaires.
21:09Et là,
21:09commencent à hurler
21:11ces sirènes.
21:12Quelqu'un de l'hôtel
21:14frappe à ma porte
21:14et ouvre directement ma porte.
21:16Il me dit
21:16il faut descendre dans l'abri
21:17et je le suis,
21:18on descend
21:19et on reste dans cet abri
21:21pour se protéger
21:21des éventuels bombardements
21:23qu'annoncent ces sirènes.
21:26Finalement,
21:27le samedi 12 mars,
21:28vous allez rentrer en France.
21:29Philippe de Poulpiquet,
21:30vous,
21:30ça fait plus de trois semaines
21:31que vous êtes sur place.
21:33Est-ce que c'est dur
21:34de quitter ce pays,
21:35l'Ukraine et ses habitants ?
21:37On y a rencontré des gens,
21:39on a vécu des histoires fortes,
21:41on voyait que la situation
21:43patinait un petit peu
21:44et donc il était aussi
21:45temps de rentrer.
21:46En France aussi,
21:47nos proches s'inquiètent
21:48donc il faut savoir décrocher.
21:51Après,
21:51en laissant ses amis,
21:54en laissant ses histoires
21:55derrière nous,
21:56je vous avoue
21:57qu'on a quelque part,
21:58en tout cas moi,
21:59un espèce de sentiment
22:01de honte presque
22:02de partir.
22:03C'est difficile de travailler
22:04mais on le fait correctement,
22:07on a l'habitude
22:08et les gens qui souffrent,
22:09ce sont les Ukrainiens
22:11et c'est eux
22:12dont il faut parler.
22:16Vous partez d'Odessa
22:17le samedi à l'aube,
22:19vous traversez la Moldavie,
22:20vous roulez jusqu'en Roumanie
22:21où vous arrivez
22:22en fin de journée
22:23et le lendemain,
22:24le dimanche,
22:25à Yassi en Roumanie,
22:26vous prenez un vol
22:27pour la capitale
22:27de la Pologne,
22:28Varsovie
22:29et quand vous rallumez
22:30vos téléphones
22:31à l'aéroport
22:32Timothée Boutry,
22:32vous apprenez
22:33qu'un journaliste américain
22:35est mort à Irpin,
22:36Brent Renaud.
22:37Oui, c'est effectivement
22:39la première information
22:40qui crépite
22:40sur nos téléphones
22:41quand on le rallume.
22:44Évidemment,
22:45on pense à cet homme-là,
22:47on pense à sa famille,
22:48on pense à ses proches
22:50et on ressent aussi
22:51un sentiment de colère
22:52puisque notre confrère
22:54circulait dans un véhicule
22:55avec d'autres personnes
22:56et il a été atteint
22:58d'une balle dans le cou.
22:59On peut imaginer
23:00qu'il a été délibérément visé
23:02potentiellement
23:03par un sniper.
23:04C'était une voiture civile,
23:05sans doute identifiée
23:06comme une voiture
23:06de journaliste
23:07et donc voilà,
23:08c'est absolument intolérable
23:09de s'en prendre
23:10à des journalistes
23:11tout comme il est intolérable
23:12de s'en prendre
23:12à des civils.
23:14On est vraiment
23:14sur une situation
23:15qui n'est pas juste,
23:16le droit de la guerre
23:17n'est pas respecté
23:18et les auteurs
23:19devraient en répondre.
23:50Merci Timothée Boutry
23:51Philippe de Poulpiquet
23:52je précise que vos reportages
23:54textes et photos
23:55sont toujours bien sûr
23:56disponibles
23:57sur leparisien.fr
23:59Cet épisode de Code Source
24:01a été produit par
24:02Sarah Amny
24:02et Thibault Lambert
24:03réalisation
24:04Julien Moncouquiol
24:05Code Source
24:07est le podcast
24:07d'actualité du Parisien
24:08nous publions un nouvel épisode
24:10chaque soir de la semaine
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