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Arrivée quelques heures avant le début de l’invasion russe, Laura Courtade raconte comment elle a dû aller chercher son enfant, née d’une GPA, dans la panique et en plein chaos.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.

#GPA #ukraine #russie

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Au début de la guerre en Ukraine, dans les reportages sur l'exil des femmes et des enfants ukrainiens et
00:17le rapatriement des Français,
00:18il a parfois été question de couples qui venaient d'avoir un enfant en Ukraine grâce à une mère porteuse,
00:25puisque ce pays autorise le recours à la GPA, la gestation pour autrui.
00:30Chez Codesources, on s'est demandé comment ces hommes et ces femmes ont vécu la naissance de leur enfant dans
00:35un contexte si particulier.
00:37L'une d'entre elles, Laura Courtade, 29 ans, a reçu Ambre Rosala pour Codesources, chez elle, dans le sud
00:44-ouest, dans les Hautes-Pyrénées.
00:52Laura Courtade habite une jolie maison à Artigmy, un petit village près de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, avec son
00:58mari Julien.
01:01Quand j'arrive chez elle, je remarque tout de suite l'immense drapeau ukrainien qu'ils ont accroché sur la
01:06façade de leur maison.
01:16Nous nous installons à la table du salon et je remarque tout de suite qu'elle parle beaucoup avec les
01:21mains.
01:22Elle me présente sa petite Victoria, qui vient de fêter son premier mois après sa naissance en Ukraine pendant la
01:28guerre.
01:30Par rapport à ce qu'elle a vécu, je m'étais dit que ça allait être un bébé stressé, le
01:33moindre bruit.
01:34Tout le contraire, c'est un bébé très très calme, vous voyez.
01:40Le bruit, non, ça ne la perturbe pas du tout. Je suis agréablement surprise, ouais.
01:45Laura est née en 1992 dans les Hautes-Pyrénées, où elle grandit avec son petit frère et leurs parents.
01:51Sa mère est couturière et son père livreur pour une entreprise de plomberie.
01:56Laura me raconte qu'elle a une enfance et une adolescence très heureuses et qu'après le bac, elle ne
02:01veut pas quitter son département et trouve du travail à la mairie de Tarbes.
02:05Quand elle a 20 ans, elle fait des examens gynécologiques parce qu'elle a l'impression que quelque chose ne
02:10va pas.
02:12Tout simplement, je n'avais pas de règle, donc au bout d'un moment, on a commencé à s'inquiéter.
02:17Et puis, on m'a diagnostiquée, c'est le syndrome MRKH, ou Rokitansky, on peut l'appeler de deux manières.
02:25Qui engendre une absence totale de l'utérus. Je n'ai pas d'utérus, mais j'ai quand même des
02:29ovaires.
02:30Je me doutais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, puisque bon, je n'avais pas de
02:33règle, mes copines avaient toutes leurs règles.
02:35Je me suis dit, là, il y a quelque chose qui ne va pas.
02:37Mais de là à ce qu'on m'annonce que je n'ai pas d'utérus, ça a été un
02:41peu le choc.
02:42Ça a été dur à encaisser, mais après, j'étais tellement bien entourée par mes proches, que je me suis
02:48vite relevée.
02:49Il faut avancer dans la vie.
02:52À l'époque, je m'étais dit, il y a pire, ce n'est pas un cancer, je n'allais
02:55pas mourir.
02:56Laura se dit que si plus tard, elle veut avoir des enfants, elle adoptera.
03:00Et un jour, quand elle a 23 ans, elle rencontre Julien.
03:05J'ai été invitée pour ses 18 ans par le biais d'une ancienne amie à nous, qui me l
03:10'a présentée.
03:12Et puis voilà, on a appris à se connaître.
03:15Bon, après, on a un écart d'âge, on a six ans d'écart.
03:18Donc au début, bon, lui avait 18 ans, j'avais 23 ans.
03:21Ça n'a pas été trop facile, mais on a appris à se connaître.
03:26Et puis ça a fonctionné.
03:30Julien est ouvrier agricole.
03:32Ils emménagent ensemble, et trois ans après leur rencontre, ils décident de fonder une famille.
03:38Comme Laura ne peut pas tomber enceinte à cause de son syndrome, ils s'informent sur l'adoption.
03:45Moi, de mon côté, je me suis un peu renseignée.
03:47On a parlé avec un couple qui avait essayé d'adopter et qui nous a expliqué que c'était très,
03:53très, très long et très compliqué.
03:55Donc on a un peu laissé tomber cette idée-là, parce qu'on s'est dit,
03:58« Bon, en soi, l'adoption, c'est très beau, mais c'est un parcours très stressant. »
04:03Donc du coup, je me suis orientée, de mon côté, j'ai fait mes recherches, grâce aux réseaux sociaux, sur
04:08la GPA en Ukraine,
04:10où j'ai parlé avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes ayant eu recours à la GPA.
04:15Et puis quand j'ai eu toutes mes infos, j'en ai parlé à mon conjoint,
04:19qui a, bon, au début, il n'était pas trop favorable, puisque malheureusement, on a beaucoup d'a priori sur
04:26les pays de l'Est, en France.
04:28Il me disait, « Ben non, l'Ukraine, ça craint. »
04:31Et puis il a fait ses recherches également, de son côté, on a rencontré tous les deux des couples,
04:37on s'est rendu compte que ça s'était très bien passé, et puis voilà, on s'est lancé.
04:41En décembre 2020, Laura et Julien contactent une agence de gestation pour autrui, basée en Ukraine, car c'est illégal
04:48en France.
04:49Et trois mois plus tard, en mars 2021, ils se rendent à Kiev, où ils sont accueillis par Tatiana, leur
04:56coordinatrice.
04:57Pour que leurs futurs enfants et leurs gènes, les ovocytes de Laura et le sperme de Julien sont prélevés.
05:03Ils rentrent en France, et en juillet 2021, l'agence les contacte pour leur annoncer qu'Anastasia,
05:10leur mère porteuse, a été inséminée.
05:13Julien et Laura vivent les premiers mois de grossesse à distance,
05:17et apprennent qu'ils vont avoir une petite fille, qu'ils décident d'appeler Victoria.
05:23Anastasia nous donnait des nouvelles, mais très régulièrement.
05:26Elle filmait le ventre, enfin, quand elle bougeait, elle filmait son ventre, elle nous a envoyé des photos.
05:31Mais on avait quand même un besoin physique de la rencontrer, donc voilà, en novembre 2021, on y a été,
05:37on a assisté à l'échographie, on l'a rencontrée, ça a confirmé ce qu'on pensait d'elle.
05:42Quelqu'un de très positif, très souriante, qui a pris soin de notre fille.
05:46J'ai vu qu'Anastasia, c'était une personne, contrairement à moi, qui suis assez angoissée, hyper active, entre guillemets.
05:53Elle, elle est posée.
05:54Et moi, j'étais rassurée de savoir que ma fille grandissait pendant les neuf mois dans cette ambiance-là, quoi.
06:01Zen.
06:02L'accouchement est prévu le 22 mars.
06:04Pour éviter que le bébé n'arrive prématurément, on fait à Anastasia un cerclage qui aide à maintenir le col
06:11de l'utérus fermé.
06:12En février 2022, Laura et Julien voient depuis la France les tensions montées en Ukraine, où se trouvent Anastasia et
06:20leur bébé.
06:22On voyait à la télé les tensions, mais bon, on s'était dit, bon, après les médias, il faut faire
06:28attention à ce qu'ils disent.
06:31Et donc, jusqu'au 21 février, où Tatiana, notre coordinatrice, donc notre agence, nous envoie un message pour nous dire
06:39que le cerclage allait être retiré à Anastasia le 28 février.
06:44Et beaucoup de mon entourage me disent, mais une fois que le cerclage est retiré, tu peux être sûre qu
06:49'elle va accoucher dans les heures qui suivent.
06:51Et Tatiana nous l'a confirmé, donc elle nous a conseillé de venir assez rapidement.
06:56Donc le 23 février, on a pris la décision de prendre un vol.
07:01Donc sans le savoir, je pense qu'on a une bonne étoile, on a pris, et heureusement, l'un des
07:05derniers vols.
07:05Laura et Julien arrivent à Kiev le 23 février au soir, la veille du début de l'offensive russe dans
07:11le pays.
07:12Le mari de Tatiana vient les chercher à l'aéroport et les accompagne dans leur appartement, prêté par l'agence
07:18de gestation pour autrui, dans le centre de Kiev.
07:21On trouvait la ville assez déserte.
07:25Et ce qui nous a interpellés, quand on est montés à l'appartement, on a croisé une famille, un monsieur
07:31avec sa femme et ses enfants, avec des bagages dans la main.
07:35Comme s'il quittait la ville.
07:37Et ça, on s'est regardé avec Julien, on s'est dit, c'est bizarre quand même, pourquoi il quitte
07:41la ville ? C'est bizarre.
07:42Puis bon, on s'est dit, bon, peut-être qu'ils partent en vacances.
07:47Donc voilà, après, on a été à l'appartement, et à 6h du matin, le lendemain, on a été réveillés
07:53par une détonation.
07:56Et puis, 8-10 minutes plus tard, un autre bruit assez sourd, et là j'ai vu le flash, donc
08:02vite on s'est réveillés.
08:03Et on a appelé Tatiana, qui nous a dit de prendre le strict minimum, donc on a pris les affaires
08:08pour la petite.
08:10On nous a dit, attendez en bas, mon mari va venir vous chercher.
08:13Donc on est descendus, on est en pyjama, enfin moi j'étais en pyjama, donc on avait évacué le plus
08:17rapidement possible l'immeuble.
08:19On a senti l'odeur de la poudre, donc là j'ai dit, waouh, là c'est vraiment la guerre.
08:26Et donc on a attendu en bas, et là c'était comme dans un film, les gens couraient vers les
08:31voitures avec leur sac à main, leurs animaux de compagnie.
08:34Et nous on attendait, on devait attendre.
08:36Et là, je dirais 20 minutes après, un missile qui nous passe au-dessus de la tête.
08:41Là ça a été très très stressant, avec le bruit sourd, je l'ai encore en tête.
08:45Vous voyez, le missile nous est passé au-dessus de la tête.
08:48Bien sûr, les gens criaient vite, vite, ils s'abritaient sous le hall de l'immeuble.
08:52Jamais on n'aurait pensé vivre ça.
08:57Je me dis, waouh, je vais mourir, mais il faut qu'on rentre, il faut qu'on rentre.
09:00Mais d'un autre outil, je me dis, non, non, on ne peut pas rentrer, la petite n'est pas
09:03encore née.
09:04Julien m'a raisonné, il m'a dit, non, non, non, on ne part pas, on ne rentre pas, il
09:06faut qu'il y ait la petite.
09:07Bon, il m'a vite raisonné, vite, voilà, j'ai pensé à la petite.
09:11Mais au début, je vous avoue que je voulais rentrer.
09:12Parce que bon, j'avais peur de mourir, même lui, tout le monde avait peur de mourir.
09:19Le mari de Tatiana les récupère et les emmène chez lui.
09:23Là-bas, ils rencontrent Manuela et Loïc, un autre couple de Français pris en charge par l'agence,
09:29qui viennent aussi d'arriver en Ukraine pour la naissance prochaine de leur fille.
09:33Comme ils logent dans un immeuble dans un quartier plus calme de la ville et moins dangereux,
09:38Manuela et Loïc leur proposent de venir habiter chez eux, le temps que les filles des deux couples naissent.
09:44Et Laura et Julien acceptent.
09:46On mangeait moins, on essayait de garder de la nourriture.
09:48L'eau, pareil, on ne buvait pas beaucoup.
09:51Donc on était très fatigué, moralement et physiquement.
09:54La journée, on voyait quand même le jour à travers la fenêtre.
09:57Puis il y avait la télé, on était occupé.
09:58Mais à la tombée de la nuit, c'est là que c'était très angoissant, très anxiogène.
10:02Parce que c'était à partir de là qu'on entendait les détonations.
10:06Donc c'était très anxiogène la nuit et très long.
10:08On a dormi dans la cuisine parce qu'on nous conseillait de dormir le plus loin possible des fenêtres.
10:14Et donc après, au bout du troisième, quatrième jour, on a découvert qu'on avait le bunker au sous-sol.
10:18Et là, on descendait à partir de 7h le soir quand on commençait à entendre la sirène.
10:22On mangeait et puis on descendait au sous-sol.
10:26Le cerclage d'Anastasia est retiré le 28 février.
10:30Et deux jours plus tard, le 2 mars au matin, Anastasia prévient Laura et Julien par WhatsApp qu'elles commencent
10:36à avoir des contractions.
10:40À 17h, Julien envoie un message sur WhatsApp.
10:43Je lui dis « Comment tu vas ? »
10:44Et là, elle nous dit « J'accouche, ça devrait arriver dans la nuit. »
10:49Waouh !
10:50Alors là, c'était la panique, la joie, l'excitation.
10:54Mais bon, je lui dis « Bon, elle va naître dans la nuit. »
10:57Et 18h10 exactement, je prends mon portable.
11:03Et là, je reçois un message d'Anastasia qui me dit « Victoria est née, elle pèse 2,5 kg.
11:07»
11:08Alors là, ça a été la victoire pour nous.
11:12La victoire, même si on ne l'avait pas encore dans nos bras, on commençait à voir le bout du
11:17tunnel.
11:19Comme la situation est de plus en plus tendue à Kiev, l'hôpital accepte que Victoria ne reste pas sous
11:24surveillance à la maternité pendant trois jours, comme c'est habituellement le cas.
11:28Et Laura et Julien vont la chercher dès le lendemain de sa naissance.
11:32J'étais très angoissée, Julien aussi, d'aller la chercher à la maternité.
11:36On avait une demi-heure de route.
11:38Donc c'est Atiana avec son mari qui nous ont accompagnés.
11:40Tous les 200 mètres, on était arrêtés par les soldats ukrainiens, les checkpoints, ils appellent ça là-bas.
11:46On devait montrer nos passeports.
11:48Et puis, regardez si on n'était pas des Russes.
11:50Ils nous ont fait ouvrir le coffre de la voiture.
11:52Mais tous les 200, même les 100 mètres.
11:54Donc on est arrivés à la maternité.
11:57On a vu Anastasia avec Victoria dans les bras.
12:00Bon là, bien sûr, on s'est effondrées, on s'est prises dans les bras.
12:04Je l'ai remercié, comme j'ai pu, bon, en français.
12:06Bon, elle a compris, malgré la barrière de la langue.
12:09Mais vite, l'angoisse a pris le dessus sur la joie.
12:11Parce que juste après que je l'ai prise dans mes bras, on a entendu une détonation.
12:15Tatiana nous a dit, vite, vite, il faut qu'on parte là.
12:17Et ça, c'est très frustrant pour nous de ne pas avoir pu passer beaucoup plus de temps avec Anastasia.
12:23On aurait aimé échanger avec elle, au moins rester une heure avec elle, quoi.
12:27Et donc, on est retournés à l'appartement.
12:30Le couvre-feu était à 19h.
12:32Il était 18h50.
12:33On n'était toujours pas à l'appartement.
12:34Et il faut savoir là-bas que s'il y a 19h, au-delà de 19h, on est dehors, on
12:38est considérés comme des ennemis.
12:41Et heureusement, à 18h55, on a réussi à rentrer dans notre rue.
12:45Vite, on s'est garés, on est montés à l'appartement à 5 minutes près.
12:47On était dehors, en plein couvre-feu.
12:56Le lendemain, Laura et Julien rejoignent Manuela et Loïc, dont la fille vient aussi tout juste de naître.
13:02Ensemble, ils contactent l'ambassade française en Ukraine pour leur demander quand ils vont pouvoir rentrer en France.
13:08Et le lendemain, ils reçoivent un message leur annonçant qu'un bus avec une quinzaine de places
13:13doit partir pour la Pologne dans 15 minutes.
13:16Laura, Julien, Manuela et Loïc rassemblent rapidement leurs affaires et se dirigent vers le convoi.
13:22En tout, une trentaine de personnes, ukrainiens et étrangers, essaient de monter dans le bus.
13:27Et Laura a peur de ne pas réussir à partir.
13:31Chacun voulait sauver sa peau, ce qui est normal.
13:33Les gens nous bousculaient.
13:36Victoria, elle avait deux jours.
13:37Les gens, ils s'en fichaient qu'il y avait des bébés tout jeunes.
13:41Donc, c'était chacun l'instinct de survie.
13:44Au début, le chauffeur commençait à dire les femmes et les enfants d'abord.
13:47Là, j'ai dit non, non, c'est pas possible.
13:49Je lui ai pris la main à Julien, je l'ai tiré pour qu'il vienne à côté de moi,
13:53par force.
13:54Mais ça a été dur parce qu'on voyait les gens qui n'ont pas pu monter pleurer dehors.
13:59Enfin, ouais, c'était frustrant.
14:00On avait l'impression de piquer la place de quelqu'un, quoi.
14:02Laura et Julien et l'autre couple de Français arrivent à monter dans le bus.
14:07Anastasia, leur mère porteuse, décide de rester en Ukraine.
14:12Et ils prennent la route pour un long trajet vers la Pologne, pratiquement sans s'arrêter.
14:16Ça a été compliqué pour les petites.
14:19On n'aurait pas eu les bébés, bon, on se serait adapté.
14:22Mais avec des bébés de deux jours, ça a été compliqué.
14:24Les bibis, on ne pouvait pas chauffer le bibi.
14:27Les désinfectés, on n'a pas pu, donc on s'est débrouillés.
14:30On mettait de l'eau, on balançait l'eau à travers la vitre du bus.
14:33On a dû changer des couches dans le bus.
14:35Et j'ai eu confiance en moi, je n'ai pas eu le choix.
14:38Et j'ai fait comme je l'ai ressenti, comme je le ressentais.
14:41J'ai vu que Victoria ne pleurait pas, était bien.
14:44Donc je me suis fait confiance et puis tout s'est bien passé.
14:47Laura, Julien et Victoria passent la frontière polonaise.
14:51Puis ils prennent l'avion jusqu'à Paris, puis le train, pour rentrer enfin chez eux près de Tarbes.
14:57Tout à l'heure, vous m'avez dit qu'Anastasia, c'était un peu votre fée.
15:02Pourquoi ?
15:02Ben c'est une fée parce qu'elle a veillé sur Victoria pendant les neuf mois.
15:07Et puis parce que je veux garder le côté féerique de l'aventure qu'on a vécue.
15:11Anastasia, c'est comme une soeur pour nous.
15:13Il y a beaucoup de personnes qui pensent qu'elle nous a permis d'avoir un bébé.
15:17Et que maintenant, on s'en fiche, on n'a plus de nouvelles.
15:20Pas du tout, on est malade de savoir qu'elle est encore en Ukraine.
15:24Je lui ai proposé, je lui ai dit comment je pourrais t'aider, je peux t'envoyer de l'argent,
15:28des vêtements.
15:28Et elle m'a répondu non, non, elle m'a dit j'ai besoin de rien.
15:31Le fait que tu m'envoies des photos de Victoria et de vous voir heureux, ça me donne de la
15:35force.
15:35Ça me permet de tenir mentalement.
15:39Donc je lui envoie des photos de Victoria tous les deux, trois jours.
15:43Je le fais avec grand plaisir.
15:53Ambre, malgré son bonheur, Laura Courtade a un problème aujourd'hui.
15:57Victoria n'a pas de papier.
15:59Oui, aujourd'hui, Victoria n'a toujours pas de papier parce qu'en fait,
16:02Laura et Julien n'ont pas pu récupérer son certificat de naissance en Ukraine,
16:06tout simplement parce que les mairies sont fermées à cause de la guerre.
16:10Ils ne savent toujours pas quand et comment ce problème va pouvoir être réglé.
16:15Et Laura m'a dit que ça commençait à les inquiéter.
16:17Parce qu'en fait, sans ça, c'est impossible pour Laura d'adopter sa fille.
16:21Et qu'aujourd'hui, au regard de la loi, elle n'est rien pour Victoria,
16:25alors même que sa fille porte ses gênes.
16:27Cette naissance par GPA, combien est-ce que ça leur a coûté ?
16:30Alors, elle m'a dit que ça leur avait coûté 45 000 euros.
16:33C'est un montant important parce qu'il y a tous les frais médicaux.
16:36Il faut payer la mère porteuse, l'agence, etc.
16:39Et Laura m'a raconté qu'ils avaient dû faire un prêt pour pouvoir payer tout ça.
16:43Dernière question, est-ce que Laura compte raconter un jour à Victoria
16:46comment elle a été conçue et comment elle est née ?
16:48Oui, elle m'a dit qu'elle n'allait rien lui cacher.
16:50Elle est en train de réfléchir à préparer un album photo
16:53pour retracer tout le parcours de la GPA,
16:55avec bien sûr des photos d'Anastasia.
16:57Et Laura m'a dit qu'elle aimerait bien que plus tard,
17:00quand Victoria aura 7 ou 8 ans,
17:02ils puissent retourner tous les trois en Ukraine
17:04pour montrer à Victoria où elle est née,
17:07si la situation s'est apaisée dans le pays, bien sûr.
17:11Merci Ambre Rosala.
17:13Cet épisode de Codesource a été produit par Thibaut Lambert et Sarah Amny.
17:17Réalisation, Julien Moncouquiol.
17:19Codesource est le podcast d'actualité du Parisien,
17:22un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
17:24Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner
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