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Soldats déterminés, civils inquiets ou résignés… Plus de 100 jours après le début de l’invasion russe, notre reporter Vincent Montgaillard s’est rendu à l’est du pays, où les bombardements rythment le quotidien des habitants.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie – Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier Amouroux, Thibault Lambert et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : Instagram de Volodymyr Zelensky.

#ukraine #donbass

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis son déclenchement le 24 février, la guerre en Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts.
00:18Entre 15 000 et 20 000 soldats russes ont été tués d'après des sources militaires occidentales.
00:22De son côté, l'Ukraine affirme perdre une centaine de soldats par jour.
00:27Et il n'existe aucun des comptes globales des victimes civiles.
00:31Journaliste à la cellule récit du Parisien, Vincent Mongaillard vient de passer 9 jours dans la région du Donbass, à
00:38l'est du pays,
00:39où se concentrent aujourd'hui les combats. Il nous raconte son reportage.
00:51Vincent Mongaillard, le vendredi 10 juin, le Parisien consacre sa Une et son dossier du jour à la guerre en
00:57Ukraine.
00:57Et sur la photo de Une, on voit un jeune soldat ukrainien. Est-ce que vous pouvez nous décrire cette
01:02photo ?
01:03C'est un soldat qui est immortalisé dans sa chambre, assis sur son lit. Il a un visage d'adolescent.
01:11Il est très frêle, très maigre. Il a des bandes sur les jambes.
01:17On voit tout de suite qu'il a été amputé des pieds. Et si on regarde bien la photo, on
01:21voit qu'il a été amputé d'une main.
01:23Vous allez nous raconter cette rencontre à la fin de cet épisode, mais vous allez d'abord retracer votre périple
01:29en Ukraine, dans la région du Donbass.
01:31Et comme c'est vous qui êtes le fil rouge de ce podcast, on a envie d'en savoir plus
01:35sur vous.
01:36Vincent Mongaillard, vous êtes journaliste au service récit du Parisien. Vous avez 48 ans. Est-ce que vous avez déjà
01:42couvert une guerre ?
01:43Non, il m'est arrivé d'aller sur des terrains un peu sensibles, mais c'est effectivement ma première guerre,
01:48la première fois que j'entends des bombardements, le sifflement des obus au loin. Et donc pour moi, c'est
01:56une première.
01:57Avec le photographe du Parisien, Philippe de Poulpiquet, qu'on a déjà entendu dans Côte-Source,
02:01vous partez vers l'Ukraine en voiture le vendredi 27 mai. Et à partir du lendemain, le samedi, vous êtes
02:08en Ukraine.
02:09Racontez-nous la traversée de ce pays en voiture. Qu'est-ce qu'on voit ?
02:12On voit des routes souvent désertes, où pendant un ou deux kilomètres, on ne va croiser aucun véhicule.
02:22Il y a à chaque entrée et sortie de village ou de ville des checkpoints avec des sacs de sable.
02:31Et plus on se rapproche de l'Est, plus on sent cette tension militaire,
02:36puisqu'à chaque checkpoint, là, il y a des militaires ou des policiers qui procèdent à des contrôles.
02:43Et nous, pour passer, on doit montrer qu'on a une accréditation militaire.
02:47La principale difficulté que vous rencontrez pendant ce trajet, finalement, c'est tout simplement de faire le plein.
02:53Devant chaque station essence, il y a des fils interminables. Ça dure trois ou quatre heures.
02:58Alors avec nos contacts, il existe un marché parallèle.
03:00On arrive à obtenir de l'essence grâce au soutien d'élus locaux.
03:06Et là, en fait, vous faites le plein.
03:07Mais la principale difficulté pour nous, c'est de s'approvisionner en essence.
03:12Vous arrivez dans le Donbass le lundi 30 mai. D'abord, à quoi ça ressemble ?
03:17Il fait très chaud. On a l'image du Donbass hivernal avec des températures extrêmement négatives.
03:24Mais là, quand on arrive au printemps, il fait 30, 32 degrés.
03:30C'est plutôt boisé, vert, le Donbass.
03:33Mais il y a aussi des grandes villes qui font plus de 100 000 habitants.
03:37Alors aujourd'hui, évidemment, désertés.
03:40Les seuls véhicules que le rencontre sont des véhicules militaires, soit des chars, soit des camions qui transportent des véhicules
03:51blindés.
03:52Dans la ville de Bakhmout, qui comptait près de 80 000 habitants avant la guerre, vous parlez avec deux frères
03:58qui ont choisi de rester sur place.
04:00On voit deux frères devant un immeuble qui a été bombardé et qui tiennent les murs ou ce qu'il
04:07en reste, qui discutent.
04:09C'est assez étonnant parce que de l'extérieur, ils sont en train de taper la causette avec des claquettes
04:16aux pieds, en short, donc plutôt détendues.
04:18Et on va à leur rencontre et tout de suite, ils veulent nous montrer les ravages de la guerre et
04:25le bâtiment juste à côté qui s'est effondré, qui a été la cible d'une roquette.
04:29Ces deux frères, on sait pourquoi ils restent là ? Ils se battent ?
04:32Leur papa, qui est fermier à 15 kilomètres, ne veut pas partir.
04:36Ces deux frères, son agronome, veulent aider leur papa, donc pour eux, hors des questions de partir, alors que leurs
04:42femmes et les enfants, eux, ont quitté le pays pour rejoindre l'Allemagne.
04:47Le même jour, le lundi 30 mai, un journaliste français est tué en Ukraine, près de Severodonetsk, victime d'un
04:53bombardement russe.
04:54Frédéric Leclerc-Rimov avait 32 ans, il travaillait pour BFM TV.
04:58Un autre journaliste de BFM qui était avec lui est blessé.
05:02Vincent, quand vous apprenez ça, vous venez juste d'arriver en Ukraine, vous vous dites quoi ?
05:06La mort de Frédéric Leclerc-Rimov, c'est pour nous un choc.
05:11Ça nous rend encore plus vulnérables par rapport à cette guerre.
05:16Et là, on redouble encore de prudence.
05:19Vous, ce jour-là, vous êtes à une heure de route au sud de Severodonetsk, à Soledar, une ville de
05:2511 000 habitants avant la guerre.
05:26La ligne de front est seulement à 8 kilomètres de cette ville.
05:29Est-ce que ça se voit ou est-ce que ça s'entend quand on est aussi proche de la
05:32ligne de front ?
05:33Évidemment, ça s'entend.
05:35On a des bruits.
05:36Alors, moi, pour qui c'est la première guerre, je ne maîtrise pas encore totalement les codes.
05:41On rencontre un homme, torse nu, seul dans ce village fantôme, en pleine rue.
05:48Et d'un seul coup, là, on entend un bruit assourdissant.
05:52Et moi, je sursaute devant lui.
05:54Et lui, ça l'amuse presque parce qu'il est habitué à ces bombardements depuis deux mois.
05:59Et il me dit, non, mais ne vous inquiétez pas, ces tirs d'artillerie, ce sont les nôtres.
06:04Donc, c'était une riposte ukrainienne et il ne fallait absolument pas s'inquiéter.
06:09Cet homme, torse nu, s'appelle Yuri.
06:11Il a 56 ans.
06:12Il était livreur avant la guerre.
06:13Il va vous montrer comment il vit aujourd'hui.
06:16Oui, il nous fait pénétrer dans sa maison, nous fait rencontrer son épouse, Lyuba.
06:22On descend une petite échelle et là, on se retrouve sous terre dans un abri qui avait été créé par
06:29le grand-père de Madame de retour de la Seconde Guerre mondiale.
06:33Et dans cet abri, on voit tout pour survivre des bocaux avec des légumes, des lampes de poche.
06:42C'est assez étonnant.
06:43Et comment ils vivent au quotidien aujourd'hui avec cette guerre ?
06:46Madame dit qu'elle a beaucoup de mal à dormir, qu'elle sursaute.
06:50Elle est loin de ses petits-enfants qui, eux, sont restés dans la partie russe occupée du Donbass, à Donetsk.
06:59Et puis, à l'inverse, on a un monsieur qui dit « Moi, j'arrive à trouver le sommeil.
07:03Vous savez, me dit-il, la guerre, on finit par s'y habituer. »
07:08Le lendemain, le mardi 31 mai, vous apprenez qu'un bombardement russe a fait plusieurs morts pendant la nuit dans
07:14la ville de Sloviansk.
07:16On a été en contact avec un journaliste ukrainien qui nous prévient.
07:22L'information qu'on a, c'est qu'un missile a été tiré par l'aviation militaire russe.
07:29Et quand on arrive sur place, on voit un cratère devant un immeuble.
07:36Et c'est le cratère qui a été provoqué par ce missile, qui lui-même a provoqué des éclats qui
07:42ont dévasté l'immeuble en face de nous.
07:46Vous apprenez que le bombardement a fait trois morts et six blessés.
07:49Et les habitants vous laissent entrer dans l'immeuble pour constater les dégâts.
07:53Vous découvrez l'appartement de l'une des victimes.
07:56On entre dans l'appartement au premier étage.
08:01Et là, on voit une sorte de cafarnaum avec une vitre et une fenêtre totalement déchiquetées.
08:10Des armoires qui sont tombées à terre.
08:15Et à même le sol, on voit une énorme mare de sang.
08:20Et on sait que cette dame a été victime des éclats de roquettes.
08:25Et donc est décédée.
08:27Ses proches vous racontent son histoire.
08:30Cette femme s'appelait Ina.
08:31Elle était retraitée, ancienne institutrice.
08:34Elle était veuve et elle avait 78 ans.
08:36Comment ses amis la décrivent ?
08:38C'était une personne qui vivait très simplement, qui n'aimait pas la guerre, qui n'aimait pas les politiciens.
08:47Elle parlait très très peu du conflit.
08:50Elle n'avait absolument pas envie de partir de chez elle.
08:55D'abord parce qu'elle n'en avait pas les moyens.
08:57Mais elle savait qu'en restant, elle pouvait être la cible des Russes.
09:02Qu'est-ce qu'elle faisait au moment du bombardement, en pleine nuit ?
09:05Elle se trouvait devant son poste de télévision à une heure très tardive, puisqu'il est environ 2h du matin.
09:13Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, à purer par les bombardements.
09:20Vincent Mongaillard, le lendemain, toujours dans la même région.
09:23Vous rencontrez deux soldats ukrainiens à côté de leurs blindés.
09:26Ils s'appellent Milan et Alexander.
09:28Décrivez-nous cette rencontre.
09:29On n'est pas très loin de Severodonetsk, à quelques dizaines de kilomètres.
09:36On longe un bois et d'un seul coup, on aperçoit, camouflé dans le bois, sous des feuilles généreuses,
09:44un véhicule blindé, et devant, deux hommes avec un sac de couchage, un jerrycan de jus de pomme,
09:53qui attendent de rejoindre leurs camarades qui sont sur le front.
09:59Ils nous disent qu'ils sont convaincus qu'ils vont gagner.
10:03J'ai le souvenir de Milan qui nous raconte que les Russes, même avec leurs compatriotes tués sur le front,
10:11ils les abandonnent comme des lâches.
10:14Il est convaincu que son pays va l'emporter.
10:18Et moi, je le trouve plutôt optimiste.
10:20Vous parlez avec d'autres soldats ukrainiens qui, eux, sont moins optimistes.
10:24Ils disent que le conflit va s'éterniser.
10:27Et surtout, ils mettent en avant le fait qu'ils ont très peu de moyens par rapport à l'artillerie
10:33russe,
10:33qu'ils vivent sans cesse sous une pluie de bombes.
10:39Et quand l'ennemi envoie dix roquettes, eux n'ont les moyens que d'en envoyer une seule.
10:46Donc il y a cet appel sans cesse au secours,
10:49appel aussi aux Occidentaux pour avoir davantage de moyens militaires.
10:53Ce manque de moyens des soldats ukrainiens, ça se voit concrètement quand on est dans le Donbass ?
10:57Alors, on a un Ukrainien qui nous avait alerté sur le fait que les forces ukrainiennes
11:04n'avaient pas forcément toujours la tenue militaire, notamment les jeunes appelés.
11:09Et à un moment, on croise une unité avec six chars et des militaires qui faisaient une pause.
11:16Et effectivement, pour l'un d'entre eux, il avait de simples baskets aux pieds,
11:21ce qui est quand même très étonnant.
11:24Le vendredi 3 juin marque un triste anniversaire.
11:27Cela fait 100 jours que l'invasion russe a débuté en Ukraine.
11:31Et le président ukrainien Volodymyr Zelensky se veut optimiste dans une nouvelle vidéo sur Instagram.
11:37Les forces armées de l'Ukraine sont ici.
11:40Et le plus important, le peuple, les représentants de l'Etat sont ici.
11:45Défendant l'Ukraine depuis déjà 100 jours.
11:47La victoire sera la nôtre.
11:50Gloire à l'Ukraine.
11:51Le même jour, toujours dans cette région du Donbass, dans le village de Siversk,
11:56Vincent Mongaillard, vous assistez à une distribution d'aide alimentaire.
11:59Il y a à peu près une vingtaine de personnes.
12:02Et immédiatement, on sent qu'il y a un peu de tension lorsque l'on arrive,
12:07puisque les habitants nous prennent à partie et ont un message à nous faire passer.
12:12C'est-à-dire ?
12:13Ils demandent un cessez-le-feu immédiat.
12:16Alors, on est dans une zone sous bombardement avec des victimes.
12:19Ça peut évidemment se comprendre par rapport à d'autres parties de l'Ukraine qui ne sont pas visées par
12:25les bombes.
12:26Ils veulent la paix.
12:28Ils en ont ras-le-bol.
12:29Et surtout, c'est la première fois que j'entends des critiques vis-à-vis de leur armée ukrainienne.
12:36Ils nous racontent que les Ukrainiens viennent se servir dans les garages en voiture,
12:42en réquisitionnant des voitures.
12:44Cela est possible en temps de guerre, mais il faut respecter un certain protocole.
12:50Et là, on a carrément un monsieur qui accuse l'armée ukrainienne de voler directement les voitures dans les garages
12:57sans respecter le protocole.
13:04Vincent Mongaillard, le dimanche, le 5 juin, est un jour important pour l'Ukraine.
13:08Le pays joue sa qualification pour le prochain mondial de football au Qatar cet hiver.
13:13Match disputé au Pays de Galles, à Cardiff, contre les Galois.
13:17Vous, à ce moment-là, vous avez quitté la région où il y a le plus de combats, le Donbass.
13:21Où est-ce que vous allez suivre ce match de foot ?
13:22Nous sommes de retour à l'ouest de l'Ukraine, à Lviv, à 70 kilomètres de la frontière polonaise.
13:31Et nous avons trouvé un pub très étonnant qui s'appelle le Cantona Pub,
13:36qui est un bar à la gloire d'Eric The King, Eric Cantona, la star de Manchester United.
13:43Pour ce match qualificatif pour la Coupe du Monde, il y a environ 80 Ukrainiens qui sont rassemblés.
13:52Et on sent tout de suite une énorme ferveur lors de l'hymne national de l'Ukraine.
13:59L'assistance se lève, met la main sur le cœur et chante avec une très très grande émotion.
14:11Et finalement, l'Ukraine perd 1 à 0 et rate sa qualification pour le mondial.
14:17Vincent Mongaillard, le lendemain, toujours à Lviv, vous vous rendez dans un hôpital où sont soignés des soldats grièvement blessés.
14:23Et c'est là que vous rencontrez le jeune soldat dont on parlait au début de cet épisode.
14:28Quelle est son histoire ?
14:31Il s'appelle Danil. Il a 19 ans. Ses parents sont divorcés. Sa maman est institutrice et le soir couturière.
14:41Il a grandi à 140 kilomètres de Kiev, dans une ville qui s'appelle Jitomir.
14:49Lui, tout de suite, il a la vocation de l'armée puisqu'après le bac, il a fait l'école
14:54militaire.
14:54Vous l'avez dit, il a 19 ans, il sort à peine de l'école militaire. Où est-ce qu
14:58'il est mobilisé au début de l'invasion russe en Ukraine ?
15:01Il est mobilisé au nord de Kiev, vers une ville qui deviendra tristement célèbre qui s'appelle Butcha,
15:09puisqu'elle a été le théâtre de massacres commis par les forces russes.
15:15Il est dans une unité d'infanterie.
15:18Et le 7 mars, il tombe dans une embuscade tendue par les russes.
15:23Il est également blessé, mais il doit se terrer puisque le village est encerclé par les russes.
15:30Et pendant 48 heures, il va être dans un froid avec des températures négatives la nuit,
15:37ce qui va lui provoquer aux extrémités, aux pieds comme aux doigts, des engelures.
15:42Que se passe-t-il ensuite pour lui ?
15:44Il est arrêté par les russes qui vont le faire prisonnier pendant 46 jours.
15:51Qu'est-ce qu'il raconte de sa détention ?
15:52Il va être trimballé d'un hôpital à l'autre pour être soigné,
15:58notamment amputé d'une main par les soignants russes.
16:04Il raconte qu'il est humilié parfois.
16:09On lui dit que les Ukrainiens, son peuple, son armée vont l'abandonner,
16:14qu'ils l'ont oublié.
16:17Lui dit parfois qu'il trouve de l'humanité chez ses geôliers,
16:22notamment de la part d'un médecin qui a été, dit-il, gentil avec lui en lui offrant du saucisson.
16:29Mais globalement, ce qu'il a sauvé, il nous le répétera à plusieurs reprises,
16:35c'est d'être presque mort.
16:37Il était trop faible pour parler et c'est ce qu'il a sans doute sauvé.
16:44Et il est libéré au bout de 46 jours, échangé avec des prisonniers russes.
16:48Que se passe-t-il ensuite pour lui ?
16:50La première chose qu'il va faire, c'est d'appeler sa mère.
16:55Et là, il nous raconte que lorsque sa mère a entendu sa voix,
16:59elle est tombée dans les pommes.
17:02Sa mère n'a jamais perdu espoir qu'il soit vivant,
17:07mais elle pensait aussi qu'il pouvait avoir été tué au combat.
17:11Et donc, ça a été une énorme surprise d'entendre son fils au téléphone.
17:16Et quel est son état de santé à ce moment-là ?
17:17Les Russes ne lui ont pas amputé les deux pieds qui pourrissaient
17:23et qui avaient été victimes d'enjelures liées au grand froid.
17:28Donc, dans l'hôpital ukrainien, il va être amputé des deux pieds,
17:34ce qui est pour lui un traumatisme.
17:37Mais ce garçon, c'est ce qui m'a beaucoup étonné,
17:41fait preuve d'une grande résilience.
17:43Il dit que ça va, qu'il n'a pas besoin d'antidépresseurs,
17:48qu'il va s'en sortir.
17:50Il se projette même dans l'avenir puisqu'il a envie de devenir psychologue.
17:58Vincent Mongaillard, on le disait au début de cet épisode de Code Source,
18:01c'est la première fois que vous couvrez une guerre.
18:04Après ces neuf jours de reportage en Ukraine, et donc surtout dans le Donbass,
18:08qu'est-ce que vous vous dites le lundi 6 juin,
18:10quand vous rentrez chez vous, à la maison, en région parisienne ?
18:13Moi, je les trouve extrêmement courageux.
18:17Je sens une force au sein de la population,
18:22vraiment cette envie de gagner.
18:24Ce qui m'a marqué aussi, c'est une sorte de fracture dans le pays.
18:29D'un côté, l'est du Donbass, qui est la cible quotidienne des bombardements.
18:36Et puis l'ouest, où la vie semble avoir repris ses droits,
18:41même si la population sait bien qu'elle peut toujours être la cible d'un bombardement,
18:49ce qui arrive parfois ces dernières semaines.
18:53Mais on voit des gens dans la rue, on voit des gens dans les bars.
18:57Donc c'est aussi cette vision de l'Ukraine aux deux visages,
19:02une Ukraine en guerre et puis une Ukraine qui continue de vivre.
19:18Merci Vincent Mongaillard.
19:20Je précise que vos reportages en Ukraine avec les photos de Philippe de Poulpiquet
19:23sont à retrouver sur leparisien.fr.
19:27Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou,
19:30Thibaut Lambert et Lola Sauti.
19:33Réalisation, Julien Moncouquiol.
19:35Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
19:37un nouvel épisode publié chaque soir de la semaine.
19:40Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner
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