Vladimir Poutine a déclaré la guerre à l’Ukraine. Le jeudi 24 février, le président russe a acté le début d’une opération militaire d’envergure pour envahir son voisin, ancienne nation de l’Union soviétique. Une attaque après plusieurs semaines de tensions diplomatiques, pendant lesquelles la France, l’Europe et les Etats-Unis, ont tenté, en vain, d’empêcher l’invasion de l’Ukraine.
Code source revient sur ces dernières semaines d’escalade, jusqu’à l’entrée en guerre de la Russie, avec Henri Vernet, journaliste au service politique du Parisien, et Christel Brigaudeau, notre envoyée spéciale en Ukraine.
Dans ce podcast : La Russie a déclaré la guerre à l'un de ses pays voisins l'Ukraine. Une opération militaire de grande ampleur a débutée le jeudi 24 février avec la volonté de Moscou d'envahir cette ancienne nation de l'Union Soviétique. Cette attaque était redoutée depuis plusieurs mois par les dirigeants occidentaux qui s'inquiétaient de voir de plus en plus de soldats russes le long de la frontière ukrainienne. Code source se refait aujourd'hui le film de ce mois de février où la France, l'Europe et les Etats Unis notamment ont tout fait pour tenter de dissuader en vain le président russe Vladimir Poutine d'entrer en guerre.
L'Ukraine est au cœur de l'Europe c'est un pays de grandes plaines entre la mer noire la Biélorussie, la Pologne, et la Russie.
L'Ukraine était l'une des anciennes républiques soviétiques. Comme la plupart des anciennes républiques soviétiques elle est devenue indépendante donc c'est un pays qui doit décider souverainement de son destin de ces alliances et qui est de plus en plus attirés par l'occident, en tout cas pour sa partie occidentale et la capitale Kiev. Il reste en revanche un noyau très important dans la partie orientale la région du Donbass qu'on dit pro-russe parce que la plupart des habitants sont russophones et restent attachés la Russie. L'Ukraine voudrait faire partie de l'OTAN une alliance militaire composé de 30 membres, dont beaucoup de pays européens et les Etats Unis mais cela ne plaît pas du tout à Vladimir Poutine…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/ukraine-lescalade-vers-la-guerre-racontee-par-nos-reporters-25-02-2022-SUSDJWI3DJCMBLV3FYLHYRZNGY.php
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Animation : Thibault Lambert - Reporter : Ambre Rosala - Production : Ambre Rosala, Marion Bothorel Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : Elysée, BFMTV, AFP, Associated Press, Le Parisien.
#ukraine #poutine #invasion
Code source revient sur ces dernières semaines d’escalade, jusqu’à l’entrée en guerre de la Russie, avec Henri Vernet, journaliste au service politique du Parisien, et Christel Brigaudeau, notre envoyée spéciale en Ukraine.
Dans ce podcast : La Russie a déclaré la guerre à l'un de ses pays voisins l'Ukraine. Une opération militaire de grande ampleur a débutée le jeudi 24 février avec la volonté de Moscou d'envahir cette ancienne nation de l'Union Soviétique. Cette attaque était redoutée depuis plusieurs mois par les dirigeants occidentaux qui s'inquiétaient de voir de plus en plus de soldats russes le long de la frontière ukrainienne. Code source se refait aujourd'hui le film de ce mois de février où la France, l'Europe et les Etats Unis notamment ont tout fait pour tenter de dissuader en vain le président russe Vladimir Poutine d'entrer en guerre.
L'Ukraine est au cœur de l'Europe c'est un pays de grandes plaines entre la mer noire la Biélorussie, la Pologne, et la Russie.
L'Ukraine était l'une des anciennes républiques soviétiques. Comme la plupart des anciennes républiques soviétiques elle est devenue indépendante donc c'est un pays qui doit décider souverainement de son destin de ces alliances et qui est de plus en plus attirés par l'occident, en tout cas pour sa partie occidentale et la capitale Kiev. Il reste en revanche un noyau très important dans la partie orientale la région du Donbass qu'on dit pro-russe parce que la plupart des habitants sont russophones et restent attachés la Russie. L'Ukraine voudrait faire partie de l'OTAN une alliance militaire composé de 30 membres, dont beaucoup de pays européens et les Etats Unis mais cela ne plaît pas du tout à Vladimir Poutine…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/ukraine-lescalade-vers-la-guerre-racontee-par-nos-reporters-25-02-2022-SUSDJWI3DJCMBLV3FYLHYRZNGY.php
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La Russie a déclaré la guerre à l'un de ses pays voisins, l'Ukraine.
00:15Une opération militaire de grande ampleur a débuté le jeudi 24 février,
00:20avec la volonté de Moscou d'envahir cette ancienne nation de l'Union soviétique.
00:25Cette attaque était redoutée depuis plusieurs mois par les dirigeants occidentaux,
00:29qui s'inquiétaient de voir de plus en plus de soldats russes le long de la frontière ukrainienne.
00:35Codesources refait aujourd'hui le film de ce mois de février,
00:38où la France, l'Europe et les Etats-Unis notamment,
00:41ont tout fait pour tenter de dissuader en vain le président russe Vladimir Poutine d'entrer en guerre.
00:47Avec nous Henri Vernet, journaliste au service politique du Parisien,
00:50et à distance Christelle Brigodeau, notre envoyée spéciale en Ukraine.
01:01Christelle Brigodeau, le jeudi 24 février, au petit matin,
01:05vous êtes avec votre collègue photographe Philippe de Poulpiquet à Avdivka,
01:10une ville dans la banlieue de Donetsk, à quelques kilomètres de la ligne de front.
01:14Vers 7h, vous commencez à entendre des bombardements.
01:17Oui, on entend des gros bombardements, des échos de bombardements en fait,
01:21qui sont à quelques kilomètres.
01:23On se précipite sur nos téléphones, on voit que la nouvelle qui était un peu en suspens
01:27depuis plusieurs jours vient de tomber.
01:29La Russie vient de déclarer la guerre à l'Ukraine, en tout cas la Russie attaque l'Ukraine.
01:34Les bombardements, pour autant, ne vont pas tout de suite provoquer une panique,
01:38parce qu'en fait on est dans un endroit où la guerre est là depuis déjà un moment.
01:41Et en fait, ces derniers jours, on entendait déjà assez régulièrement des bombardements.
01:45Mais ce matin, à 7h, ils sont quand même particulièrement forts.
01:49Et étant donné les nouvelles qui circulent en boucle sur les réseaux au même moment,
01:53c'est quand même très inquiétant.
01:56Tout de suite, on sort.
01:58On était en train de se préparer pour partir faire un reportage.
02:01On se prépare encore plus vite et on y va.
02:04Ce qui me frappe, c'est que dans la rue, au tout début de la matinée,
02:07on a l'impression qu'il ne s'est rien passé.
02:09Les gens sont dans la rue, les gens vont faire des courses, les magasins sont ouverts.
02:14Il n'y a pas un monde fou, mais en même temps, on est dans une petite ville, il est
02:17tôt le matin.
02:17Et en fait, on va s'apercevoir au fur et à mesure de la journée que la ville se vide
02:21progressivement.
02:22Les gens, en fait, quand on les voit tôt le matin, ils sont en train de commencer à s'organiser,
02:26soit pour rester, soit pour partir.
02:28Mais en tout cas, tout le monde est un peu à sa tâche à réagir à la nouvelle.
02:36Henri Vernet, à la mi-journée, quelques heures après l'entrée des troupes russes en Ukraine,
02:41le président français, Emmanuel Macron, s'adresse à la nation dans une allocution filmée de près de 4 minutes.
02:47Cette nuit, la Russie a engagé une attaque militaire massive contre l'Ukraine.
02:51Ce choix délibéré, qui contrevient à tous les engagements pris par les autorités russes,
02:56est une violation de la Charte des Nations Unies et des principes fondateurs de l'ordre européen et international.
03:02Pour le chef de l'État, cette attaque est, je cite,
03:05« l'atteinte la plus grave à la paix et à la stabilité dans notre Europe depuis des décennies ».
03:10C'est vraiment le cas ?
03:12Oui, c'est le cas. C'est la guerre au corps de l'Europe.
03:14C'est un pays souverain qui envahit un autre pays souverain.
03:18C'est en effet du jamais vu depuis 1945.
03:20C'est pire que la guerre en ex-Yougoslavie,
03:23qui avait eu lieu en 1991, où il s'agissait de l'implosion d'un pays
03:28suite à l'écroulement de l'Union soviétique et de ces pays satellites.
03:31Le chef de l'État dit aussi que ces événements
03:33auront des conséquences durables et profondes sur nos vies.
03:37Les événements de cette nuit sont un tournant
03:39dans l'histoire de l'Europe et de notre pays.
03:42Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?
03:44Il est grave à ce moment-là.
03:45On voit d'ailleurs qu'il allait être étiré.
03:47Il n'a quasiment pas dormi de la nuit.
03:49Il veut dire tout simplement qu'on a changé de monde.
03:51On est passé à une autre ère.
03:53Clairement, tous les citoyens européens
03:55désormais peuvent vivre avec une certaine peur
03:57puisqu'un dictateur peut décider seul comme ça
03:59d'engager la guerre, de renverser
04:00toutes les frontières, toutes les règles.
04:03Il faut bien comprendre, et c'est à ça en réalité
04:05qu'Emmanuel Macron fait allusion,
04:06que l'Europe, depuis sa création,
04:09c'est la paix, c'est un projet de paix.
04:11C'était justement cette garantie
04:12de vivre dans cet ensemble apaisé.
04:15C'était là-dessus qu'est fondé le contrat européen.
04:17Poutine, ce 24 février,
04:19a fait voler tout cela en éclats.
04:27On va voir ensemble comment ces tensions diplomatiques
04:30ces dernières semaines ont abouti
04:32à cette guerre en Ukraine.
04:34Pour bien comprendre les origines de ce conflit,
04:36j'invite celles et ceux qui ne l'auraient pas fait
04:38à écouter l'épisode de Côte-Source
04:40que nous avions consacré à ce sujet
04:43le 31 janvier dernier.
04:45Rappelez-nous quand même d'un mot, Henri Vernet,
04:47où se situe l'Ukraine
04:48et quel est son lien avec la Russie ?
04:50L'Ukraine est au cœur de l'Europe.
04:52C'est un pays qui est vraiment...
04:53Ce sont les grandes plaines
04:54entre la mer Noire, la Biélorussie,
04:57la Pologne et donc la Russie.
04:59L'Ukraine était l'une des anciennes républiques soviétiques.
05:02Comme la plupart des anciennes républiques soviétiques,
05:04les Pays-Baltes notamment,
05:06ou la Géorgie, le Kazakhstan,
05:08bref, la plupart des républiques,
05:10elle est devenue indépendante.
05:11Donc c'est un pays qui doit décider souverainement
05:13de son destin, de ses alliances,
05:15et qui est de plus en plus attiré par l'Occident,
05:18en tout cas pour sa partie occidentale
05:20et la capitale Kiev.
05:21Parce qu'il reste en revanche
05:23un noyau très important
05:25dans la partie orientale,
05:26la région du Donbass,
05:27qu'on dit pro-russe,
05:29parce que la plupart des habitants
05:31sont russophones
05:32et restent attachés à la Russie.
05:34L'Ukraine voudrait faire partie
05:35de l'OTAN,
05:36une alliance militaire composée
05:38de 30 membres,
05:39dont beaucoup de pays européens
05:41et les États-Unis.
05:42Mais cela ne plaît pas du tout
05:43à Vladimir Poutine.
05:45Pourquoi ?
05:45Parce qu'il considère l'Ukraine
05:47comme sa petite sœur,
05:48le peuple ukrainien
05:49comme un peuple frère.
05:50Et puis il y a des intérêts
05:50tout à fait stratégiques.
05:51L'Ukraine, c'était longtemps
05:52le grenier à blé
05:53de l'ex-URSS.
05:56C'était aussi un endroit
05:57où il y avait beaucoup d'usines,
05:58de manufactures.
05:59Et puis surtout,
06:00il y a un intérêt stratégique,
06:01c'est que l'Ukraine
06:02comprend la Crimée,
06:04la presqu'île de Crimée,
06:05avec notamment son port stratégique
06:07de Sébastopol,
06:08qui est l'accès au mer chaud
06:09de la marine soviétique hier,
06:11russe de Poutine aujourd'hui.
06:12Et Vladimir Poutine ne veut pas
06:13que cette alliance,
06:14l'OTAN, s'élargisse à l'Est ?
06:16Absolument pas.
06:17Pour lui, c'est une façon
06:18d'empiéter sur ce qu'il considère
06:19comme l'espace russe.
06:20Lui, il veut garder une influence
06:22politique et stratégique
06:24sur tous ces pays
06:25qui étaient donc avant
06:26ceux de l'Empire
06:27et qui aujourd'hui
06:28sont les marches de la Russie.
06:30Donc il ne veut plus que tout
06:31stopper cette avancée
06:32de l'OTAN à l'Est.
06:41A partir du mois de novembre 2021,
06:43des dizaines de milliers
06:44de soldats russes
06:45s'amassent le long
06:47de la frontière ukrainienne.
06:48Mais jusqu'à la fin du mois de janvier,
06:50les Ukrainiens
06:50et les Occidentaux
06:52ne savent pas très bien
06:53dans quel but
06:54ces troupes sont déployées.
06:55A l'époque,
06:56c'est bien le mystère.
06:56Il y a deux hypothèses.
06:57Soit Poutine bluffe
06:59et il accumule ainsi
07:00à la fois les troupes
07:01et les manœuvres
07:01pour peser
07:02dans une négociation
07:03qui l'attend avec l'OTAN
07:05et notamment avec les États-Unis
07:06et arriver avec les cartes
07:08les plus fortes possibles
07:09dans son jeu
07:10ou bien est-ce que c'est parce
07:11qu'il prépare purement
07:13et simplement
07:13une attaque contre l'Ukraine ?
07:15Dès ce moment-là,
07:16c'est ce que pensent
07:17certains services,
07:18notamment les renseignements américains
07:20qui font valoir
07:21que si on accumule
07:22autant de soldats,
07:24autant de troupes
07:24et autant d'armements,
07:25c'est bien pour s'en servir.
07:30Christelle Brigodeau,
07:30la première semaine de février,
07:32vous vous rendez
07:33une première fois
07:34en Ukraine
07:35pour le Parisien.
07:36Les tensions diplomatiques
07:37sont très fortes
07:38à ce moment-là.
07:39Est-ce que vous sentez
07:40la population inquiète ?
07:42Je la sens surtout préparée
07:44et concentrée,
07:45plus qu'inquiète.
07:46On se rend compte
07:47que la population sait
07:48que la Russie présente
07:49un danger pour l'Ukraine,
07:51un danger de plus en plus fort.
07:53Et là,
07:54les Ukrainiens sont
07:55à un moment
07:56où ils se disent
07:56voilà, il faut qu'on se prépare,
07:57ça va arriver.
07:58Si ça n'arrive pas demain,
07:59ce sera dans un mois
08:00ou dans un an,
08:01mais on n'y coupera pas.
08:02Et donc,
08:03les gens se préparent.
08:04Par exemple,
08:05ils suivent des cours
08:06de premier secours,
08:07ils s'initient
08:08au maniement des armes.
08:10Il y a même des gens
08:10qui ont des initiatives
08:11un peu étonnantes,
08:12par exemple,
08:13des vétérans
08:13de la guerre du Donbass
08:14qui ont lancé
08:15une entreprise
08:16de livraison de pizzas
08:17proposent aux gens
08:18une ristourne
08:19sur les pizzas
08:20pour ceux qui s'équipent
08:21en armes
08:21et qui s'entraînent
08:22au maniement des armes.
08:23Donc, on voit
08:24qu'un peu partout,
08:25à Kiev,
08:31Le dimanche 6 février,
08:32les renseignements américains
08:34sont formels.
08:35Ils lancent l'alerte.
08:36Selon eux,
08:36la Russie s'apprête
08:37bel et bien
08:38à envahir militairement
08:40l'Ukraine.
08:40Oui, parce qu'ils constatent
08:41que désormais,
08:42Poutine a accumulé
08:43suffisamment de troupes.
08:44On en est à 120 000,
08:46entre 120 000 et 150 000 hommes
08:48qui sont comme ça
08:48sur le terrain,
08:49en manœuvre.
08:50Ils constatent aussi
08:51que vont débuter
08:52les manœuvres en Biélorussie
08:54qui impliquent
08:5530 000 combattants russes
08:57et qu'avec un tel dispositif
08:59à sa main,
08:59le maître du Kremlin
09:00n'a plus qu'à appuyer le bouton
09:02pour lancer une attaque
09:03massive en Ukraine.
09:05Le lendemain,
09:06le lundi 7 février,
09:07Emmanuel Macron
09:08se rend à Moscou
09:09pour rencontrer
09:10Vladimir Poutine.
09:12D'abord,
09:12Henri Vernet,
09:13pourquoi le président français
09:14s'implique-t-il
09:15de la sorte
09:15dans ce conflit ?
09:16Traditionnellement,
09:17la diplomatie française
09:18est toujours très impliquée
09:19sur la scène internationale.
09:20On se souvient notamment
09:21de son activisme
09:22contre la guerre en Irak
09:24menée par l'américain Bush
09:25en 2003.
09:27Ensuite,
09:27Macron est un président
09:28qui a joué de cette carte
09:29depuis le début
09:30de son mandat
09:31et là,
09:31il se trouve qu'en plus,
09:32il est président
09:33en exercice
09:34de l'Union européenne
09:35et qu'il a donc aussi
09:36cet atout
09:36ou cette casquette
09:37à faire valoir.
09:38Et enfin,
09:39les Français,
09:39moins alarmistes
09:40que les renseignants américains,
09:42veulent croire
09:42qu'il y a encore une chance
09:44pour la paix,
09:44pour la négociation
09:45avec Poutine.
09:46Quelle relation
09:47Macron et Poutine
09:47entretiennent-ils
09:48depuis le début ?
09:49Dès son arrivée,
09:50Macron a voulu
09:51entretenir une relation
09:52avec la Russie
09:53et pratiquer
09:54ce qu'il appelle
09:54un dialogue exigeant,
09:56c'est-à-dire être ferme
09:57sur les principes
09:57mais parler avec la Russie
09:59parce qu'elle est là
10:00et qu'elle est la puissance
10:01du continent.
10:01Ça se traduit
10:02par la fameuse visite
10:04à Versailles
10:04où Macron déploie
10:06un certain faste
10:07à Poutine
10:08en lui faisant visiter
10:09personnellement
10:10le château de Louis XIV.
10:11Ce sont des images
10:12qui restent dans les mémoires.
10:13Il le recevra ensuite
10:14à Brégançon,
10:15donc dans le cadre
10:16un peu privé,
10:16un peu intimiste
10:17des vacances d'été.
10:18Donc il est l'un des rares
10:20dirigeants européens
10:21et même du monde
10:22à entretenir
10:23cette relation
10:24mais force est de constater
10:25que jusqu'à présent
10:26ce volontarisme
10:27de Macron
10:27n'a pas amené
10:28Poutine à adoucir
10:29ses positions
10:30que ce soit en Europe
10:31ou même on l'a vu
10:32en Afrique
10:32avec les mercenaires
10:33de Wagner
10:33liés au Kremlin
10:34au Mali.
10:35Henri Vernet,
10:35ce lundi 7 février
10:37vous faites donc partie
10:37des journalistes
10:39qui accompagnent
10:39le président
10:40pendant ce voyage.
10:41Décrivez-nous
10:42l'ambiance
10:42lorsque vous arrivez
10:43au Kremlin.
10:44Elle est assez glaciale
10:45parce que le Kremlin
10:46c'est une forteresse
10:47et d'autant plus
10:47en détente aussi
10:48forte tension.
10:49Les journalistes
10:50sont dans une salle
10:51de ce vaste palais
10:52avec d'ailleurs
10:52la plupart des gens
10:54de la délégation
10:54parce qu'en fait
10:55la rencontre
10:56est vraiment
10:56strictement réservée
10:58aux deux chefs d'État.
10:59Et puis il y a aussi
11:00tout un tas de contrôles
11:01tout simplement liés
11:01au Covid
11:02qui sont obsessionnels
11:04chez Poutine
11:04et donc il faut passer
11:05fort ce test PCR
11:06avant de pénétrer
11:08dans cette enceinte présidentielle.
11:12Comment se déroule
11:13le début de la rencontre
11:14entre Emmanuel Macron
11:15et Vladimir Poutine ?
11:16Le ton entre les deux
11:18est courtois
11:18il se tutoie
11:19il y a un côté
11:20presque vieux camarade
11:22qui se retrouve
11:22et en même temps
11:23on sent bien
11:24toute la lourdeur
11:25du moment
11:25et puis surtout
11:26il y a cette fameuse table
11:28longue de plus de 4 mètres
11:30qui va les séparer
11:31chacun à un bout
11:32dans cette immense pièce
11:33au plafond
11:34la salle des représentations
11:35où les deux hommes
11:37sont vraiment seuls
11:38l'un face à l'autre
11:39il y a juste
11:40une interprète
11:41qui est là
11:42en cas de secours
11:43parce que les deux autres
11:43interprètes sont dans des cabines
11:45et il n'y a
11:46ce qui est rarissime
11:47dans de tels sommets
11:49aucun conseiller
11:49de part et d'autre.
11:56La rencontre elle-même
11:56elle s'est vraiment déroulée
11:57dans le secret
11:58de ce tête-à-tête
11:59mis à part
11:59les oreillettes
12:00sur les oreilles
12:01pour les traducteurs
12:02puis ils se retrouvent
12:03chacun à son pupitre
12:05dans la conférence de presse
12:06et là on a d'abord
12:08un Vladimir Poutine
12:08qui part sur un interminable monologue
12:11sur un interminable récit
12:13et puis le président russe
12:14avec son cynisme habituel
12:16il y aura même jusqu'à dire
12:16que Macron l'a torturé
12:18ce qui évidemment
12:18dans la bouche
12:19d'un tel dictateur
12:20est assez glaçant
12:21torturé pour obtenir
12:22des avancées
12:24des compromis
12:24auxquels dit-il
12:25il serait prêt
12:26donc il y a un très mince
12:28très léger espoir
12:29qui se dessine.
12:34Le lendemain
12:34Emmanuel Macron
12:35part pour Kiev
12:36où il doit rencontrer
12:37le président ukrainien
12:39et il accepte
12:40dans l'avion
12:40de confier
12:41aux journalistes
12:42ses premières impressions
12:43que dit-il ?
12:44Il commence déjà
12:45par dire qu'il n'attendait
12:46pas du miracle
12:46parce qu'il a bien senti
12:47Emmanuel Macron
12:48que la barre
12:49avait été mise
12:50très haut
12:50dans ce voyage
12:51et que certains
12:52s'imaginaient déjà
12:53qu'éventuellement
12:54on reviendrait
12:54avec la paix sauvée
12:56Non, Macron a compris
12:58il nous le dit
12:58que Poutine est très déterminé
13:00qu'il campe fermement
13:01sur ses positions
13:02il trouve même
13:02qu'il a changé Poutine
13:03ça fait deux ans
13:04qu'il ne l'a pas vu
13:05là il a rencontré
13:06un Poutine
13:07qui est parti
13:08dans une sorte
13:09de dérive idéologique
13:11sécuritaire
13:12et surtout
13:12il ressent
13:13un grand isolement
13:14chez ce président
13:15qui n'a jamais
13:16été dans la collégialité
13:18mais qui là
13:18est plus isolé
13:20que jamais
13:20on dit d'ailleurs
13:21qu'il n'écoute
13:22quasiment aucun conseiller
13:23même ses ministres
13:24les plus proches
13:25comme notamment Lavrov
13:26ministre des Affaires étrangères
13:27depuis très longtemps
13:28mais qui n'a en réalité
13:29pas de vrai rôle
13:30de conseiller
13:31il fait donc le constat
13:32qu'il reste peut-être
13:33une marge
13:33à la négociation
13:34mais que ce sera
13:35très très dur
13:36Le 15 février
13:37Moscou affirme
13:38qu'une partie
13:38de ses troupes
13:39mobilisées à la frontière
13:40ukrainienne
13:41se retire
13:42même si certains pays
13:43l'Ukraine
13:44et les Etats-Unis
13:44en premier
13:45n'y croient pas
13:46on assiste quand même
13:47à une accalmie
13:48à ce moment là
13:49C'est en tout cas
13:49l'espoir
13:50auquel le duel
13:50s'accrochait bien
13:51des chancelleries
13:52après tout
13:53ça faisait partie
13:53des engagements
13:54pris par Poutine
13:55auprès de Macron
13:57lors de leur tête à tête
13:58mais il y a
13:59d'un côté
13:59les déclarations
14:00de retrait
14:01de l'autre côté
14:02il y a la réalité
14:03observée sur le terrain
14:04par les satellites
14:05par les renseignements
14:06américains
14:07mais aussi français
14:08et qui ne montrent
14:09pas vraiment
14:10la même chose
14:11qui constatent
14:11que non
14:12les troupes
14:12restent bel et bien
14:13massées autour du pays
14:141500 violations
14:16du cessez-le-feu
14:17en 24 heures
14:18dans le Donbass
14:19à partir du 17 février
14:21de nombreuses violations
14:22de cessez-le-feu
14:23sont signalées
14:24dans l'est de l'Ukraine
14:25dans la région
14:26du Donbass
14:27une région en guerre
14:28depuis 2014
14:29malgré des accords de paix
14:30où s'affrontent
14:32les séparatistes
14:33pro-russes
14:33d'un côté
14:34et les forces ukrainiennes
14:36aidées par les occidentaux
14:37de l'autre
14:38Christelle Brigodeau
14:39c'est à cette période
14:40que vous retournez
14:41en Ukraine
14:42pour le Parisien
14:43vous vous rendez
14:44notamment dans le Donbass
14:45pour rencontrer
14:46les habitants
14:47là-bas
14:47malgré le cessez-le-feu
14:49la guerre
14:49est une réalité
14:50oui
14:51il faut comprendre
14:52que cette guerre
14:52qui est un peu oubliée
14:53en Europe
14:54est quelque chose
14:55de fondamental
14:56dans la réalité
14:57de ce que vivent
14:58les Ukrainiens
14:59c'est quand même
14:59un conflit
14:59qui a fait
15:00plus de 14 000 morts
15:01dans toutes les familles
15:03il y a des anciens combattants
15:04du Donbass
15:05et il y a des victimes aussi
15:06on a rencontré
15:07à Kiev par exemple
15:08des vétérans
15:09qui sont marqués à vie
15:10qui ne s'en remettront jamais
15:11on a rencontré
15:13Daria
15:13la veuve d'un soldat
15:14qui est mort sur le front
15:17la guerre du Donbass
15:18est devenue
15:19quasiment une raison de vivre
15:20cette guerre
15:21en fait
15:21elle est là
15:22depuis 8 ans
15:23et d'ailleurs
15:23c'est ce que nous disent
15:24les habitants
15:25quand on leur demande
15:26est-ce que vous avez peur
15:26de la guerre
15:27en pensant à l'invasion
15:28de la Russie
15:29ils répondent à chaque fois
15:30mais la guerre
15:30on l'a depuis 8 ans
15:31elle est là
15:32on vit avec
15:35au cours du week-end
15:36vous vous rendez aussi
15:37dans un stand de tir
15:38en plein air
15:39dans la banlieue
15:40de la capitale
15:40Kiev
15:41on roule un petit peu
15:42pour sortir de la ville
15:44et là dans la banlieue
15:45il y a des bois
15:46et dans ces bois
15:47un énorme stand de tir
15:49en plein air
15:49il y a des voitures partout
15:51il y a beaucoup de monde
15:51qui s'entraînent
15:52là on rencontre
15:53plusieurs personnes
15:54notamment un juriste
15:56qui s'appelle Taras
15:57et qui nous raconte
15:58que c'est la première fois
15:59qu'il vient dans ce centre
16:00c'est pas du tout
16:00quelqu'un qui aime
16:01le maniement des armes
16:02c'est pas un fan de guerre
16:03mais il se dit
16:04que là la guerre
16:05est imminente
16:06qu'il faut qu'il se prépare
16:07donc il avait un fusil
16:08qu'il avait acheté en 2014
16:09c'est la première fois
16:10qu'il s'en sert
16:11par rapport au premier moment
16:13où on était venu en Ukraine
16:1410 jours avant
16:15il y a quand même
16:16un changement de ton
16:17un changement de comportement
16:19on sent que la guerre
16:19se rapproche
16:22Pour autant
16:22est-ce que tout le monde
16:23redoute une invasion
16:24de l'Ukraine
16:25à ce moment-là ?
16:26Non
16:26la menace
16:27elle est déjà là
16:28la Russie mène
16:29par exemple
16:30des cyberattaques
16:31fréquentes
16:32il y a plein d'actions
16:33de déstabilisation
16:33qui sont menées
16:34beaucoup de fake news
16:35les gens savent ça
16:36ils s'attendent
16:38à ce que la guerre
16:38dans le Donbass
16:39reprenne peut-être
16:40de l'intensité
16:41certains s'attendent
16:42à ce que la Russie
16:43essaye de grignoter
16:44d'autres territoires
16:45mais quand même
16:46l'idée d'une invasion
16:48du pays par la Russie
16:49semble quand même
16:50un peu le scénario
16:51catastrophe
16:52et il y a encore
16:53des gens à Kiev
16:54qui nous disent
16:55mais c'est que par la diplomatie
16:56qu'on s'en sortira
16:57la Russie n'a pas
16:58les moyens de cette guerre
16:59c'est pas possible
17:06Henri Vernet
17:07le dimanche 20 février
17:08Emmanuel Macron
17:09parle deux fois
17:10au téléphone
17:11avec Vladimir Poutine
17:12le deuxième appel
17:13a lieu très tard
17:14dans la nuit
17:15à quoi aboutissent
17:16ces échanges ?
17:17à la promesse
17:18en tout cas
17:18c'est ce que nous dit
17:19l'Elysée
17:20d'un sommet possible
17:22entre Joe Biden
17:23l'américain
17:24et Vladimir Poutine
17:25le russe
17:26à même de faire baisser
17:27les tensions
17:27alors c'est le principe
17:29qui est accepté
17:29on ne sait pas
17:30où il se déroulerait
17:31est-ce que ce serait
17:31à Helsinki
17:32est-ce que ce sera à Paris
17:33est-ce que d'autres
17:34y assisteraient
17:34comme Emmanuel Macron
17:35tout cela est encore
17:37dans les lames
17:37mais le simple fait
17:38que ce principe
17:39soit accepté
17:40et bien c'est un signe
17:42de la part des Russes
17:43qu'une désescalade
17:44est encore possible
17:45mais quelques heures plus tard
17:46le lendemain matin
17:47Vladimir Poutine
17:47revient sur ses déclarations
17:49oui c'est la douche froide
17:50au petit matin
17:51le Kremlin annonce
17:52que pas du tout
17:52il n'est pas question
17:53d'un sommet avec Joe Biden
17:55ni avec qui que ce soit
17:56pour aller vers la paix
17:57quelques heures après
17:58dans l'après-midi
17:59Vladimir Poutine
18:00se met en scène
18:01dans un conseil de sécurité
18:02retransmis à la télévision
18:07il est entouré
18:08de hauts dignitaires du régime
18:10décrivez-nous
18:11cette étrange réunion
18:12sérieuse
18:13oui étrange
18:14c'est vraiment le mot
18:15parce que les dignitaires
18:17c'est-à-dire
18:17les ministres concernés
18:19les différents chefs
18:20des services de renseignement
18:21la présidente
18:22de la fédération de Russie
18:24les représentants
18:24de la Douma
18:25le parlement russe
18:26sont là
18:27sur leur chaise
18:28sagement
18:29un petit peu
18:29comme des élèves
18:30et chacun
18:31est invité
18:32à s'exprimer
18:33au pupitre
18:34en vérité
18:35pour expliquer
18:36pourquoi
18:36il est important
18:38nécessaire
18:38et même indispensable
18:39d'aboutir
18:40à la reconnaissance
18:41de l'indépendance
18:42des républiques
18:43pro-russes
18:44séparatistes
18:45d'Ukraine
18:45et il y a même
18:46une scène étonnante
18:47avec le chef
18:48des renseignements extérieurs
18:49on voit celui
18:50qui est censé être
18:51l'un des hommes
18:52les plus puissants
18:53du régime
18:53qui est interrogé
18:55par Poutine
18:55qui à plusieurs reprises
18:57lui demande
18:58de préciser
18:58sa position
19:02qui le fait
19:03de telle sorte
19:04qu'on voit bien
19:05que le chef
19:06des renseignements
19:06il est terrorisé
19:11il en bafouille
19:13il bredouille
19:14et c'est un spectacle
19:15assez consternant
19:16mais qui est extrêmement
19:17révélateur
19:17de la position
19:18aujourd'hui de Poutine
19:19c'est-à-dire
19:19que c'est un chef
19:21isolé
19:21qui décide seul
19:23des hommes
19:23a priori aussi importants
19:25que le ministre
19:25des Affaires étrangères
19:26ou le ministre de la Défense
19:27n'ont en réalité
19:28même pas l'oreille de Poutine
19:29après ce conseil de sécurité
19:31Vladimir Poutine
19:32prend la parole
19:33dans une allocution
19:34télévisée
19:35qu'est-ce qu'il annonce ?
19:36il brise le tabou des tabous
19:38il annonce que Moscou
19:39reconnaît officiellement
19:41l'indépendance
19:42des deux républiques
19:43séparatistes
19:43de Donetsk et de Lugansk
19:45c'est-à-dire
19:46qu'il porte tout simplement
19:47atteinte
19:47à l'intégrité
19:48territoriale
19:49de l'Ukraine
19:50voilà donc un pays
19:51qui décide
19:52qu'une partie
19:53d'un autre pays
19:54est indépendante
19:55c'est tout simplement
19:55sidérant
19:56et en violation totale
19:57du droit international
19:57comment réagissent
19:58les pays occidentaux
19:59à ce moment-là ?
20:00c'est la consternation
20:01la stupeur
20:02et évidemment
20:02la condamnation générale
20:04ce qui vient d'acter
20:05c'est une véritable
20:06déclaration de guerre
20:08Henri Vernet
20:09on en revient
20:10au début de cet épisode
20:11la date du jeudi
20:1224 février
20:13il est presque
20:156h du matin
20:16à Moscou
20:164h à Paris
20:17quand Vladimir Poutine
20:18s'adresse aux Russes
20:20à la télévision
20:23il annonce
20:25le début
20:26d'une opération
20:26militaire
20:27d'ampleur
20:27en Ukraine
20:28comment Poutine
20:29justifie
20:30cette entrée
20:30en guerre ?
20:31il utilise toujours
20:32cette rhétorique
20:33avec des mots
20:33aussi abominables
20:34que génocide
20:35ou dénazification
20:36pour justifier
20:38son emprise
20:39sur le pays
20:39il dit génocide
20:41parce que selon lui
20:42ce sont les massacres
20:44et l'épuration
20:44auxquelles se livreraient
20:46les forces ukrainiennes
20:47dans le Donbass
20:48donc au détriment
20:49des pro-russes
20:50il n'y a absolument
20:51pas la moindre vérification
20:52de telles allégations
20:53depuis 2014
20:54quant à la dénazification
20:56dont il parle aussi
20:57là encore
20:58sans aucun fondement
20:58politique réel
20:59en Ukraine
21:00c'est un prétexte
21:01qu'il utilise
21:02pour montrer
21:02que ce qu'il vise
21:03c'est tout simplement
21:04un renversement
21:05du pouvoir à Kiev
21:06c'est à dire
21:08abattre
21:08y compris peut-être
21:09physiquement
21:10l'actuel président
21:11Volodymyr Zelensky
21:12pour mettre à la place
21:14une marionnette
21:14à la main de Moscou
21:15comme c'est le cas
21:16avec Loubachenko
21:17en Biélorussie
21:18ou dans d'autres républiques
21:19ex-soviétiques
21:23Christelle Brigodeau
21:24quelques heures plus tard
21:25à la mi-journée
21:26vous quittez donc
21:26Avdivka
21:27dans la banlieue de Donets
21:29qu'est-ce que vous voyez
21:30sur place
21:30est-ce qu'il y a
21:30beaucoup de gens
21:31sur les routes
21:31alors il y a surtout
21:32beaucoup de gens
21:33aux stations-service
21:34le gros enjeu
21:35pour les gens
21:35c'est de faire
21:36le plein d'essence
21:37tout ce que veulent
21:38ceux qui partent
21:39c'est aller le plus loin
21:40possible vers l'ouest
21:41le plus loin possible
21:42de la ligne de front
21:44donc il y a des stations-service
21:45qui sont prises d'assaut
21:46par les voitures
21:47qui peuvent partir
21:48il y a aussi des gens
21:49qui n'ont pas les moyens
21:50de partir
21:50soit ils n'ont pas
21:51de famille à l'ouest
21:52soit ils n'ont pas
21:53les moyens
21:53de payer un appartement
21:55une location
21:56en plus de leur logement
21:58qui font des provisions
21:59qui font la queue
22:00devant les distributeurs
22:01automatiques d'argent
22:03pour se préparer
22:04à un siège
22:05qui peut durer un moment
22:05il y a plusieurs comportements
22:07possibles
22:07mais en tout cas
22:08la question de l'approvisionnement
22:10en carburant
22:11en produits de première nécessité
22:12en huile
22:13en gaz
22:13est assez crucial
22:14pour cette journée
22:15c'est une journée
22:16de grands préparatifs
22:17plus globalement
22:18que vous disent
22:18les ukrainiens
22:19que vous croisez
22:20à ce moment-là
22:20est-ce qu'ils ont peur ?
22:21oui ils ont peur
22:22juste la veille
22:24des premiers bombardements
22:25donc mercredi soir
22:26on était dans un bar
22:28où se retrouvent
22:28les jeunes
22:29d'Advivka
22:30et ces jeunes
22:31nous expliquaient
22:32que peut-être
22:33la guerre allait arriver
22:34mais qu'ils se sont foutés
22:35et puis que c'était pas la peine
22:36d'avoir peur
22:36et le lendemain
22:38j'ai rappelé
22:38l'une des jeunes filles
22:39qu'on a vue
22:40ce soir-là
22:41et elle était en train
22:42de faire ses valises
22:43et elle avait très peur
22:44et ils allaient partir
22:45dans l'heure
22:50cette opération militaire
22:51est condamnée
22:51par de très nombreux pays
22:53dans le monde entier
22:53à l'exception notable
22:55de la Chine
22:56qui ne la dénonce pas
22:57fermement
22:58les Etats-Unis
22:59ou encore l'Union Européenne
23:00promettent de durcir
23:01les sanctions
23:02contre la Russie
23:03principalement économiques
23:04qu'ils avaient déjà prises
23:06en début de semaine
23:07Henri Vernet
23:08est-ce que ces sanctions
23:08peuvent suffire
23:09à arrêter le Kremlin ?
23:11là on va certes
23:11monter d'un cran
23:12avec des sanctions
23:14qui risqueraient
23:15d'assécher à terme
23:16l'industrie russe
23:17des sanctions également
23:18contre ces exportations
23:20gazières
23:20avec notamment
23:21l'annonce par l'Allemagne
23:22du gel
23:22du fameux gazoduc
23:23Nord Stream 2
23:24qui est une source
23:24quand même de recettes
23:25extrêmement importantes
23:27pour Poutine
23:27mais tout cela
23:28pour l'instant
23:29n'a jamais montré
23:29son efficacité
23:30non il y en a une
23:32qui apparemment
23:33pourrait être
23:34vraiment dommageable
23:34pour la Russie
23:35c'est le fameux
23:37système international
23:38de paiement électronique
23:39le fameux système SWIFT
23:41dont la Russie
23:42pourrait être exclue
23:43et pour l'instant
23:43en tout cas
23:44cette décision
23:44n'a pas encore été prise
23:45parce que
23:46comme toutes les sanctions
23:47elle est à double tranchant
23:49c'est à dire
23:49que ceux qui punissent
23:50peuvent être aussi
23:51touchés par des contre-sanctions
23:52ou par tout simplement
23:53les répercussions
23:54de ces sanctions
23:55Est-ce qu'il était possible
23:56dans le fond
23:57d'arrêter Vladimir Poutine ?
23:58C'est toujours facile
23:59de refaire l'histoire
24:00mais sans doute que oui
24:01on aurait pu l'arrêter
24:01en réalité depuis 20 ans
24:03les occidentaux
24:04européens et américains
24:05ont laissé faire Poutine
24:06quand il a envahi la Géorgie
24:07quand il a mis la main
24:08sur la Crimée
24:09quand il a attaqué
24:10le Donbass
24:11et les Européens
24:12parce que
24:12trop habitués à la paix
24:14on a oublié
24:15que la guerre était possible
24:16et c'est d'ailleurs
24:17le projet d'un Macron
24:18depuis son arrivée à l'Elysée
24:19et singulièrement
24:20pendant cette présidence française
24:21de l'Union Européenne
24:22d'instaurer
24:23une souveraineté stratégique
24:25européenne
24:25une défense européenne
24:26en quelque sorte
24:28que l'Europe se réarme
24:29qu'elle ne laisse plus
24:30agir des Poutines
24:33Henri Vernet
24:34est-ce qu'il est possible
24:35que la France
24:36entre en guerre
24:37contre la Russie ?
24:38Non
24:39clairement
24:39elle n'enverra pas
24:40de troupes en Ukraine
24:41où elle pourrait donc
24:42se confronter à la Russie
24:43ça il n'en est pas question
24:45maintenant
24:45de manière très indirecte
24:47oui
24:47elle sera impliquée
24:48dans cette guerre
24:49parce que
24:50la décision a été prise
24:51de livrer
24:52de fournir des armes
24:53et une certaine assistance
24:54à la résistance ukrainienne
24:56qui va forcément
24:57s'organiser
24:57dans les jours
24:58dans les semaines à venir
25:00et puis malheureusement
25:01on ne peut pas exclure
25:02que ce conflit déborde
25:03et notamment
25:03qu'il déborde
25:04aux pays voisins
25:05de l'Ukraine
25:06dont beaucoup sont des membres
25:07à la fois de l'Union Européenne
25:08et de l'OTAN
25:09la France a d'ailleurs
25:10des soldats
25:11dans des pays comme l'Estonie
25:12elle en aura bientôt
25:12en Roumanie
25:13le flanc Est
25:14et bien si c'est le cas
25:15si cette étincelle se produit
25:17là la France sera impliquée
25:18militairement
25:19parce qu'on est membre de l'OTAN
25:21et qu'un des principes
25:23fondamentaux de cette alliance
25:24c'est que si l'un de ses membres
25:25est attaqué
25:25tous les autres
25:26viennent à son secours
25:45Merci à Henri Vernet
25:47et Christelle Brigodeau
25:48toutes les dernières informations
25:49sur cette guerre en Ukraine
25:51sont à suivre
25:52sur leparisien.fr
25:54Cet épisode a été produit
25:55par Ambre Rosala
25:57Sarah Amny
25:58et Marion Bottorel
25:59réalisation
26:00Pierre Chaffanjon
26:01Code Source
26:02c'est le podcast d'actualité
26:03du Parisien
26:04disponible sur toutes
26:05les plateformes d'écoute
26:06nous publions
26:07un nouvel épisode
26:08chaque soir de la semaine
26:09pour n'en rater aucun
26:10n'oubliez pas
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