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- #alileonardi
- #mauvaisemere
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Dans son livre « Mauvaise mère », sorti en mai dernier, la jeune femme raconte sa douloureuse expérience de la maternité, et sa lourde décision de renoncer à ses droits parentaux.
Elle témoigne dans Code source au micro d’Emma Jacob.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Emma Jacob - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
#alileonardi #mauvaisemere #adoption
Elle témoigne dans Code source au micro d’Emma Jacob.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Emma Jacob - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Mauvaise mère, c'est le titre d'un livre d'une jeune femme de 24 ans qui a raconté pourquoi
00:17et
00:17comment elle a renoncé à ses droits parentaux sur sa fille. Ali Léonardi, qui a été victime de
00:22maltraitance dans son enfance, a estimé qu'elle n'était pas en mesure d'être une mère aimante
00:27pour sa fille et elle a préféré l'avoir confié à une famille d'accueil. Le livre Mauvaise
00:32Mère est sorti en mai 2023 chez Fayard. Ali Léonardi témoigne aujourd'hui dans Codesources au micro
00:38d'Emma Jacob. Je rencontre Ali chez elle en Alsace, dans l'appartement qu'elle partage avec son compagnon
00:48Alex près de la gare de Strasbourg. Elle a des cheveux bouclés blonds, de grands yeux bleus,
00:53un piercing au nez et des tatouages colorés sur le buste et les bras. Ali a 24 ans et elle
00:59a
00:59toujours vécu à Strasbourg. Elle y grandit avec ses parents, sa petite sœur et son petit frère.
01:04Leur mère est assistante maternelle et leur père est employé dans une grande surface. Quand ils sont
01:09enfants, leurs parents renvoient l'image d'un couple parfait.
01:13Aux yeux de dehors, c'est un couple merveilleux, parfait. Mais ça, c'est à l'extérieur. À la maison,
01:20c'est un peu différent. C'est dispute sur dispute. C'est ma mère qui maltraite mon père. C'est
01:28des
01:28crachats. C'est lui brûler des cigarettes sur la main. C'est des coups de poing. C'est des claques.
01:35Tu ne sers à rien. On se porterait mieux si tu te suicides. Personne ne peut se douter de ce
01:41qui se
01:41passe à la maison. Quand elle a quatre ans, Ali reçoit sa première gifle parce qu'elle a fait
01:46tomber ses lunettes par terre. À partir de là, sa mère la bat très régulièrement. On tape la tête
01:53contre la machine à laver, le sèche-linge, la baignoire. J'en vomis de peur. Et puis surtout
01:59de l'emprise psychologique. Oui, mais tu sais, j'ai fait ça parce que tu m'as poussée à bout.
02:05Là,
02:05t'as fait beaucoup de bêtises. Là, je suis fatiguée. Là, c'est un trop-plein de la journée.
02:12Toujours des excuses pour minimiser ses actes, en fait. Ali grandit dans une famille catholique et
02:17reçoit une éducation stricte. En grandissant, ses parents lui répètent que le mariage et les
02:22enfants feront partie de sa vie. C'est mariage obligatoire. C'est enfant obligatoire. Enfin,
02:30de toute façon, t'es une femme, tu dois avoir des enfants. Ça, c'est sûr. C'est ton destin.
02:34Tu es faite pour ça. Que tu le veuilles ou non, ça va t'arriver. Et moi, c'était intégré
02:39depuis
02:39je suis petite, mais ça m'a jamais intéressée. Je grandis en me disant « Bon, plus tard, je serai
02:45mère ». Mais je le répète haut et fort que non, des enfants. Pourquoi j'aurais des enfants ? N
02:51'importe quoi.
02:51Après son bac, Ali commence un travail d'aide à domicile. Elle s'installe avec son compagnon
02:56Austin, avec qui elle s'est mise en couple au lycée. À ce moment-là, la jeune femme
03:01ressent d'importantes douleurs au moment des règles depuis plusieurs années. Quand
03:05elle a 18 ans, une gynécologue lui annonce qu'elle est atteinte d'endométriose, une
03:09maladie caractérisée par la présence de tissus en dehors de l'utérus. La médecin annonce
03:14alors à Ali et Austin que l'endométriose peut la rendre stérile.
03:17Elle nous pose la question « Est-ce que vous voulez des enfants ? ». Et on répond en
03:22même temps, mais pas la même réponse. Il dit oui et moi je dis non. Donc je me suis
03:27dit « Est-ce que je vais prendre sur moi plus tard et est-ce que je vais avoir un
03:31enfant
03:31quand même ? » vu que tout le monde apparemment a envie d'en avoir. « Ou est-ce qu
03:37'on se
03:38séparera parce qu'on n'a pas les mêmes attentes ? »
03:42L'endométriose d'Ali lui a causé d'importantes lésions et elle doit subir une opération
03:45de la vessie. Pour préparer l'intervention, elle est placée sous ménopause artificielle,
03:50un traitement qui va arrêter ses règles jusqu'à l'opération qui doit avoir lieu dans
03:53quelques mois. Au fil des semaines, sa relation avec Austin se dégrade pour d'autres raisons
03:58et le couple se sépare. Le 14 octobre 2018, Ali entre au bloc. Mais à son réveil, la médecin
04:05l'informe que tout ne s'est pas déroulé comme prévu.
04:10« Là je panique un peu, je me dis « Oulala, qu'est-ce que j'ai encore ? Qu
04:13'est-ce que
04:14j'ai comme maladie qui se passe ? Moi je pense à une maladie en fait. » Et elle me
04:18dit
04:19« On a remarqué que votre utérus était vraiment très gros. » Et elle me dit « Bon, ben
04:25voilà, vous êtes enceinte d'un mois et demi. » Et là, excusez-moi, je ne suis pas
04:34censée être en ménopause. Et là, je lui demande comment on avorte.
04:39La médecin annonce à Ali qu'elle va pouvoir voir un psychologue pour discuter de sa décision
04:43d'avorter. Quelques minutes plus tard, sa mère entre dans la chambre et apprend qu'elle
04:48est enceinte.
04:48m'a regardée, ses yeux se sont ouverts et elle a sauté de choix. « Mais c'est incroyable,
04:55t'es enceinte, mais tu te rends compte ? Mais c'est un miracle de Dieu ! » Parce qu
04:58'évidemment,
04:59endométriose, elle dans sa tête, c'était infertilité. Et voilà, elle a appelé certaines
05:04de mes tantes. « Ali est enceinte. Oh, c'est génial ! » Et je reçois des messages sur mon
05:08téléphone. « Félicitations, mon petit bébé ! » J'étais tellement perdue et je me sentais tellement
05:16mal et j'étais tellement sous emprise de ma mère et sous emprise des dires de la société,
05:21de tout ce qu'on m'a inculqué quand j'étais enfant, de fil en aiguille. Je l'ai gardé,
05:27ce bébé.
05:30Ali informe Austin de sa grossesse, mais il ne veut pas reconnaître le bébé et coupe
05:34définitivement les ponts avec elle. Comme elle a décidé de prendre des distances avec sa mère,
05:39elle retourne alors vivre chez son père, qui a depuis divorcé. Ali poursuit sa grossesse et
05:44apprend qu'elle attend une petite fille. Mais elle a toujours du mal à réaliser qu'elle est enceinte.
05:50« Et mon ventre est plat jusqu'à, je crois, mes sept mois de grossesse. Comme si je faisais
05:57un déni en sachant que je suis enceinte. Super bizarre. Vers la fin de ma grossesse, je me rends
06:04compte que là, on approche du terme et je ne fais toujours pas mes affaires pour l'hôpital alors
06:10qu'on m'avait conseillé de le faire assez rapidement quand même. Mais je ne sais pas,
06:16j'ai une impression que je ne vais jamais accoucher, qu'il va m'arriver quelque chose ou qu'il
06:22va
06:22arriver quelque chose à ce bébé. Et c'est horrible, ça peut vraiment faire de la peine d'entendre ça,
06:28mais c'est ce que je ressentais. J'avais l'impression qu'elle allait perdre la vie ou que j
06:34'allais tomber dans
06:34les escaliers et que du coup, à cause de ça, j'allais la perdre. Enfin, j'avais des pensées intrusives
06:40tout le temps comme ça,
06:42mais tous les jours et ça s'est intensifié jusqu'au dernier moment, en fait. Jusqu'au moment où
06:47l'accouchement était là et que là, je me suis dit « Ah, là, il ne peut plus rien m
06:55'arriver à part que j'accouche et qu'elle, je ne sais pas, elle ne soit pas en vie. »
07:00Le 25 mai 2019, à l'âge de 20 ans, Ali donne naissance à Nina, à la maternité de Strasbourg.
07:06Ça se passe super vite, elle est là hyper vite. Ils la prennent, ils l'emmènent un peu la nettoyer.
07:14Et ce moment qui était censé être le plus
07:15merveilleux de ma vie en plus, vu qu'on me le répète, quand tu vois ton bébé pour la première
07:21fois, c'est là que tu vas ressentir le vrai amour.
07:24Et moi, je n'ai rien ressenti quand ils me l'ont posé sur moi, même si je la trouvais
07:29magnifique. Et au final, j'étais déjà très attachée à elle parce qu'on a partagé un corps.
07:35Et ça, je le ressentais naturellement, mais ce n'était pas ce qu'on m'avait promis, en fait.
07:43Après l'accouchement, Ali passe quelques jours à la maternité, puis retourne vivre chez son père avec Nina. Et elle
07:48consacre tout son temps à son bébé.
07:50Je joue la mère parfaite. Tout est parfait. Son armoire est très très bien, avec plein de vêtements, plein de
07:59couleurs.
08:00Je fais du cododo avec elle. Je fais des photos d'elle, des vidéos. Toujours pour mon cerveau, pour qu
08:10'il sache que c'est réel.
08:12J'ai besoin de me rendre compte que c'est réel alors qu'elle est à côté de moi.
08:16Les semaines passent et si Nina ne manque de rien, Ali ne développe pas d'un stade maternel vis-à
08:20-vis de sa fille.
08:21Et elle ne comprend pas pourquoi. Grâce à l'aide d'une assistante sociale, elle trouve un appartement où elle
08:26s'installe avec Nina.
08:28Et quelques mois plus tard, elle rencontre un nouveau compagnon grâce à une application.
08:32Il tombe amoureux et son nouveau compagnon, Alex, s'occupe très bien de sa fille.
08:36C'est lui qui m'apprend certaines bases. Et c'est là que je me prends une claque. Parce que
08:41lui, il n'a pas d'enfant.
08:43Mais il est génial avec les enfants. Et moi qui fais tout bien d'un point de vue matériel. Elle
08:50ne manque de rien.
08:52Enfin, j'essaie vraiment d'être une mère parfaite sur tous les points. Il y a juste le problème sentimental
08:56de la porter, de la chouchouter, de la câliner, de lui faire des bisous, de jouer avec elle.
09:02Je ne sais pas. Je n'arrive pas et j'ai l'impression que je n'aime pas faire.
09:08Les mois passent et Ali ne parvient toujours pas à créer un lien avec sa fille. La jeune maman sombre
09:13alors dans un état dépressif.
09:15Ça m'est déjà arrivé d'avoir des pensées intrusives à me dire, si moi je me suicide, est-ce
09:21qu'elle aura de l'accompagnement ?
09:24Ben non, elle sera toute seule. Parce qu'en fait, on est toute seule. Quand on n'est pas en
09:28seule, on est seule.
09:30Donc qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je décide de partir avec elle ?
09:33Par partir, je n'entends pas changer de ville. J'entends vraiment mourir.
09:38C'est super triste et c'est horrible, mais c'était des pensées de plus en plus intrusives. Et là,
09:43je me disais, non, je ne peux pas.
09:48En mai 2020, quelques jours après le premier anniversaire de Nina, Ali fait une tentative de suicide.
09:54Elle est hospitalisée plusieurs jours. Lorsqu'elle rentre chez elle, elle dort pendant une semaine.
09:58Et un matin, elle décide d'appeler l'assistante sociale qui la suit depuis le début de sa grossesse
10:03pour lui demander le placement provisoire de Nina.
10:07Quand je passe l'appel à l'assistante sociale, je me dis que c'est la bonne décision que j
10:15'ai à faire sur le moment,
10:16que ça va durer un temps et qu'après, ça ira mieux.
10:19Le 3 juillet 2020, une semaine après l'appel d'Ali, l'assistante sociale et la femme chez Kinina
10:24sera prise en charge en famille d'accueil, viennent la chercher.
10:27J'ai beaucoup de mal à ce moment-là parce que je sais que les larmes me montent.
10:31Et là, la culpabilité est là. Et là, je me dis, c'est super dur.
10:39En fait, j'ai quand même des sentiments pour ce bébé, mais je ne suis pas apte à lui donner.
10:45Et ça me fait beaucoup de mal. Et ça me fait beaucoup de mal de devoir en arriver à un
10:50point où je pense que c'est mieux pour elle comme pour moi qu'on ne soit pas ensemble.
10:55Pendant qu'elle est placée provisoirement, Ali peut voir sa fille quelques fois par semaine.
10:59La première rencontre se déroule dans les locaux de la Protection de l'enfance de Strasbourg, accompagnée d'une travailleuse
11:04sociale.
11:05Elle arrive avec sa famille d'accueil. Elle est là. Je la vois. Et elle me voit. Et je m
11:11'approche vers elle. Et là, elle hurle.
11:15Elle hurle et elle fond en larmes. Elle pleure et elle court vers sa famille d'accueil.
11:23Et là, je ne peux pas m'en empêcher. Je fond en larmes, en fait, avec elle parce que ça
11:29a fait un petit moment déjà pour elle.
11:31Elle s'est trouvée, en fait, une nouvelle référente de protection, de sécurité. Ça, c'est dur.
11:39J'ai peut-être changé notre relation. À jamais, en fait. Et j'ai tout gâché.
11:47En parallèle, la jeune femme est suivie par la psychologue de l'aide sociale à l'enfance qui l'aide
11:52à mettre des mots sur ce qu'elle ressent.
11:53Ali revoit ensuite Nina à son domicile deux après-midi par semaine.
11:57Mais quelques mois après le placement provisoire de sa fille, elle prend rendez-vous avec la travailleuse sociale qui l
12:03'accompagne.
12:04Je lui ai fait part de mes sentiments, du fait que je n'arrive plus à avancer.
12:12que je sens que je stagne et que ça ne fait qu'empirer la situation avec Nina parce que quand
12:18elle voit sa nouvelle famille,
12:20elle est tellement heureuse et tellement soulagée alors qu'avec moi, elle s'ennuie.
12:25Elle pleure beaucoup et que je sens que c'est égoïste de ma part de vouloir continuer à la voir
12:32juste pour voir qu'elle va bien,
12:35sans faire en sorte qu'elle aille bien grâce à moi.
12:40Et je lui dis, est-ce que vous pensez que ça existe de remettre, de donner, enfin je ne savais
12:49pas les mots, je ne savais pas utiliser les mots.
12:52Donc elle m'a dit, vous parlez d'un abandon.
12:55Et là, ça me, ouh, abandon.
12:58Ah non, mais je ne la laisse pas dans le trottoir quand même.
13:02Et elle m'a dit, alors qu'on soit bien clair, quand on parle d'abandon, on ne parle pas
13:06de la laisser se débrouiller toute seule.
13:11Enfin voilà, vous avez fait les choses correctement, vous avez essayé, vous n'arrivez plus.
13:15On nous respecte totalement.
13:17On ne vous forcera jamais à faire quoi que ce soit.
13:19Mais c'est juste qu'au terme de la loi, ça ne s'appelle pas autrement en fait.
13:27Ali ne prend pas de décision tout de suite.
13:29Et Nina reste dans sa famille d'accueil.
13:31Pour renoncer définitivement à ses droits parentaux, elle doit signer un procès verbal de remise à l'Etat.
13:37Et elle continue d'être suivie par la psychologue pour l'aider à mûrir sa décision.
13:41Ce n'est pas une décision qu'on prend à la légère.
13:44Il faut vraiment réfléchir.
13:46Même si j'avais 90% en moi qui était sûre, il y avait quand même les 10% de...
13:51Il faut bien savoir que je ne pourrais plus l'avoir.
13:53Il faut bien savoir que je ne pourrais plus avoir de ses nouvelles comme je l'aimerais.
13:57Que je ne pourrais plus avoir de photos.
13:58Que je ne pourrais plus la contacter.
14:00Que je ne pourrais pas contacter sa famille d'accueil.
14:03Jusqu'au jour où j'étais sûre de moi.
14:07Donc ce 10 juin 2022.
14:10Je me suis dit là, je ne sais pas pourquoi, mais je pense que c'est le jour où je
14:15vais le faire.
14:16Et j'ai regardé le papier, j'ai fondu en larmes et j'ai signé parce que je sais que
14:23c'est la meilleure décision que je peux prendre pour elle.
14:27Le 11 août 2022, deux mois et un jour après la signature des papiers, Nina est officiellement considérée comme pupille
14:34de l'Etat.
14:35Elle est définitivement placée dans sa famille d'accueil en attendant une possible adoption.
14:39Et Alina n'a plus aucun droit sur elle.
14:40Je ne me dis jamais que c'est possible que je regrette un jour parce qu'on est passé par
14:47plein d'étapes en fait.
14:49J'ai d'abord cherché de l'aide, j'ai essayé et donc je suis sûre que je ne regretterai
14:54pas.
14:55J'en suis certaine.
14:56Parce que pour une des premières fois de ma vie, j'ai pris une décision qui m'appartient en fait.
15:03Personne n'a décidé pour moi.
15:07Je pense qu'elle va vivre une très belle vie avec eux et je n'ai jamais eu envie d
15:12'aller voir comment ça se passe parce que je respecte sa vie.
15:18Je l'ai choisi pour elle, pour que ce soit la meilleure des vies possibles.
15:24Ce n'est pas pour que je gâche tout en étant égoïste.
15:28Je leur fais confiance et je sais que tout se passe bien.
15:32Et pour qu'elles se construisent correctement, il faut qu'elles se construisent sans moi.
15:44Emma, Ali n'aura plus jamais de nouvelles de Nina ?
15:47Non, parce que c'est la loi.
15:48Par contre, Ali est en train de constituer un dossier pour Nina qu'elle va remettre bientôt à l'aide
15:53sociale à l'enfance,
15:54avec des informations sur elle, sur leur histoire à toutes les deux et aussi le livre qu'elle a écrit
15:59qui s'appelle Mauvaise Mère.
16:00Et ce dossier, Nina pourra y avoir accès quand elle aura 18 ans à sa majorité.
16:05Et si elle veut contacter et voir Ali à ce moment-là, elle en aura tout à fait le droit.
16:09Comment a réagi la propre mère d'Ali suite à sa décision ?
16:12Elle a très mal réagi quand Ali lui a envoyé un message comme au reste de sa famille pour la
16:17prévenir du placement définitif de Nina.
16:20Elle l'a traité de monstre, entre autres. Elle lui a dit qu'elle, en tant que mère, elle n
16:24'aurait jamais pu faire ça.
16:25Et depuis, Ali n'a plus du tout de nouvelles d'elle.
16:27Comment Ali a eu l'idée d'écrire son livre sur son histoire Mauvaise Mère ?
16:32C'est un journaliste du média en ligne, Combini, qui a entendu parler de l'histoire d'Ali et qui
16:37l'a contacté à ce moment-là.
16:38Elle a témoigné pour ce média. Et ensuite, le même journaliste, qui s'appelle Mathieu Abasque, lui a proposé d
16:43'en faire un livre.
16:44Et c'est comme ça qu'est née Mauvaise Mère, qu'ils ont écrit tous les deux.
16:46Dernière question, Emma. Ali pense que son témoignage peut aider d'autres femmes ?
16:51Oui, parce que quand elle a compris qu'elle ne pourrait pas s'occuper de sa fille et qu'elle
16:55a cherché à se documenter,
16:56elle n'a rien trouvé, aucun témoignage qui pouvait lui faire penser à ce qu'elle vivait, ce qu'elle
16:59ressentait à ce moment-là.
17:01Donc elle se dit que, bien sûr, si d'autres femmes sont dans son cas, son témoignage, son histoire peut
17:05les aider à savoir quoi faire.
17:07Merci Emma Jacob et je redonne le titre du livre d'Ali Leonardi, Mauvaise Mère, publié chez Fayard.
17:14Cet épisode de Codesource a été produit par Thibault Lambert, réalisation Julien Moncouquiol.
17:19Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
17:22Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi.
17:25Pour nous retrouver facilement, abonnez-vous sur une application audio,
17:29comme Apple Podcasts, Google Podcasts, Spotify ou encore Amazon Music.
17:33Vous pouvez nous écrire directement pour nous faire des retours.
17:37Codesource at leparisien.fr
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